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Ouvrir son " salon "

Publié le par Perceval

Le salon, ou « bureau d'esprit », est une réunion dont le point de cristallisation est une femme. 42500_3.jpgLes habitués s'y rendent régulièrement mais il est ouvert aux étrangers de passage. On s'y intéresse à la littérature, aux arts, aux comédiens, à tous les sujets d'actualité. Bref c'est un lieu où les intérêts et les curiosités intellectuels peuvent librement s'exprimer.

Déjà, Madame de Lambert (1647-1733) avait ouvert son salon en 1710 ; alors qu'au château de Sceaux, on ne pensait qu'à se distraire... Pour la première fois, se rencontraient des hommes appartenant à des milieux sociaux différents et que la culture réunissait. Fontenelle, Marivaux, Montesquieu étaient ses amis les plus proches. 


mme de tencin
Madame de Tancin

Puis ce fut le salon de Mme de Tencin (1682-1749). Elle aussi avait eu une jeunesse tumultueuse Intrigues amoureuses et politiques continuèrent de remplir sa vie. Dans son salon, rue Saint Honoré, au coeur du Paris à la mode, on parlait sans doute plus souvent de politique que de littérature mais elle y développa ainsi l'art de recevoir, d'écouter, de faire parler ses hôtes. Elle savait, avec délicatesse, imposer des relations courtoises; chacun apprit à écouter l'autre, à placer ses remarques sans une véhémence de mauvais aloi. Souvent son "bureau d'esprit" s'élargissait à des visiteurs de passages, diplomates ou savants étrangers. Chez elle, écrit Marivaux: "Il n'est point question de rang ni d'état. Personne ne se souvient  du plus ou moins d'importance qu'il a; ce sont des hommes qui parlent à des hommes" (…) "Les uns y portaient le savoir, les lumières,les autres, cette urbanité et cette politesse que le mérite même a besoin d'acquérir. Les gens du monde sortaient de chez elle plus éclairés, les gens de lettres plus aimables"

Dans les salons une sociabilité, propre à ce siècle, où la conversation est tout un art de vivre. La correspondance également se veut être un prolongement de la conversation de salon. Elle a rarement un statut privé. On lit les lettres à haute voix, on les transmet ; les habitués les commente. C'est un véritable genre littéraire .

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De gauche à droite  Fontenelle, Houdar de La Motte et Saurin, sous le regard de Madame de Tencin

Vers le milieu du siècle, le processus qui mêle gens de lettres et gens du monde est irréversible.
 Autour de 1750, en quelques mois, surgissent ou s'annoncent les oeuvres majeures des Lumières. 1748 l'esprit des lois de Montesquieu.Deux ans plus tard c'est , Le Discours sur les arts ,de Rousseau... En 1750,  d'Alembert fait paraître le Prospectus qui annonce la parution de L'Encyclopédie. C'est la nouvelle génération de ceux qu'on appelle alors des philosophes (des intellectuels engagés).Ils ont préparé cette oeuvre majeure des Lumières, une victoire sur les préjugés, L'Encyclopédie.

 

Vers 1747, Madame du Deffand, à son tour, décide d'expérimenter, à son compte, la formule du salon qu'elle a patiemment mise au point durant ces longues années d'apprentissage mondain, toutes ces années pendant lesquelles elle a mis son talent au service des autres. Elle cherche où s'installer.

 Elle trouve un appartement -dans le Couvent des Filles de Saint Joseph- , celui qu'avait été occupé Madame de Montespan après sa disgrâce. Mme du Deffand a 50 ans.

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Madame Deffand n'est pas romanesque ...

Publié le par Perceval

Au zénith de la cour du roi -sous Louis XIV- la belle favorite à l'instant de sa chute quitte les salons lambrissés de Versailles, pour le couvent, telle Louise de La Vallière où elle rédige d'émouvantes « Réflexions sur la miséricorde de Dieu »... Ou, madame de Montespan, en pénitence, qui achève sa vie au couvent Saint Joseph qu'elle avait fondé.

A partir de 1749, c'est la marquise du Deffand (1697-1780) qui, après avoir épuisé les charmes pimentés de la galanterie du Régent au Palais Royal, s’installe dans l’ancien couvent des Filles de Saint-Joseph ( et oui, celui de Mme de Montespan)... De ce cadre religieux, elle va faire un Salon, un haut lieu de l'esprit du XVIIII° siècle, celui-là même qui va préparer la chute de la royauté.

 

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La courtisane amoureuse de Pierre Subleyras (1699 - 1749)

Madame Deffand n'a jamais été très croyante; enfant, au couvent de la Madeleine-du-Traisnel, la plus belle pension de Paris, elle détourne ses jeunes compagnes de leur piété et de leur foi, leur prêchant l'athéisme, sans bien savoir encore ce que cela veut dire ...

Dès sa sortie du couvent, elle n'a qu'un but : se marier. Le marquis du Deffand – brave gentilhomme de province qui aspire plutôt à une vie calme de famille – fera l'affaire. Ce mariage, selon ses mots n'est qu’une " une indécence convenue", et a l'avantage de l'insérer dans la société, qui deviendra, par la suite, sa seule raison de vivre.

La jeune épousée impose au marquis de vivre à Paris. A chacune de leurs sorties, de beaux messieurs entourent la jeune marquise, et -ce qui sidèrent le mari- cherchent véritablement à attirer ses grâces. Le mari rentré dans sa province, elle a de nombreuses liaisons et mène une vie des plus dissolues dans les salons de la Régence.

Elle fait le choix d'un amant, de haute position sociale, Charles-Jean-François Hénault, président de la 1re chambre des enquêtes du Parlement de Paris et ami de la reine, qui l'introduit chez la duchesse du Maine qui régente alors les plaisirs à la cour de Sceaux. Elle fait la connaissance de Voltaire qui restera son ami toute sa vie.

jean-francois-de-troy--lecture-de-moliere-detail.jpgSans doute Hénault, ne peut échapper à la fascination qu'il éprouve pour elle, mais il se défie … elle est trop redoutable !

Elle lui écrit :" Tous vos sentiments pour moi sont d'autant plus beaux  qu'il n'y en a pas un qui soit naturel. Pour moi, je suis fâchée de ne pas vous voir mais je supporte ce malheur avec une sorte de courage parce que je crois que vous le partagez pas beaucoup  et que tout vous est assez égal."

 Mais quand il lui écrit qu'un soir," il faisait le plus beau temps du monde, la lune était belle, mon jardin semblait vous demander. Enfin, je vous regrettais d'autant plus que je vous pouvais vous prêter des sentiments qu'il n'y a que votre présence seule qui puisse détruire "
Elle lui répond: " C'est le clair de lune, ce sont certaines circonstance qui font que vous me désirer ...moi je vous désire partout . Je n'ai ni tempérament ni roman ".

Délicatement, mais résolument, après plus de 15 ans d'apprentissage mondain, Mme du Deffand va peu à peu reprendre sa liberté, malgré les véhéments appels de la duchesse du Maine. Elle est décidée à ouvrir son propre salon.

La-cour-du-roi-Louis-XV--1715-1774--au-chateau-de-Versaill.jpg

Chronologie:

1715-1723 : La Régence

1743 : Mort de Fleury. Louis XV assume à lui seul le pouvoir.

1745-1764 : Liaison de Louis XV avec une bourgeoise, Jeanne Poisson, qu'il fait marquise de Pompadour et l'installe officiellement à Versailles. Pendant 20 ans, c'est elle qui gouvernera.

1751-1772 : Publication de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert; dictionnaire universel. La plupart des écrivains et savants ont contribué à sa rédaction (Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Buffon, Quesnay, Turgot, etc).

1756-1763 : Guerre de sept ans. Les alliances s'inversent. L'Angleterre s'allie à la Prusse et la France à l'Autriche. La Grande-Bretagne entreprend une guerre coloniale et maritime contre la France.

1763 : Traité de Paris qui met fin à la guerre de sept ans. Louis XV cède aux Anglais le Canada, la rive gauche du Mississipi, une partie des Antilles françaises, les comptoirs du Sénégal et renonce à l'Inde.

1774 : Mort de Louis XV.

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Interdit de séjour à Versailles par décret du roi Louis XV, Voltaire recevait à sa table de Ferney les grands esprits de l'époque. Sur ce tableau de son ami Jean Huber (1721 - 1786), on peut reconnaître Diderot à droite du vieux philosophe et Condorcet à gauche, en discussion avec le père Adam.

1775 : Guerre des farines. Suite à une mauvaise récolte le prix du pain monte. Des bandes armées pillent les boulangeries de Paris et de Versailles.

1776 : Abolition des corporations et de la corvée royale. Disgrâce de Turgot à la suite de ces mesures qui lui ont valu beaucoup d'ennemis.

1776 Ministère de Necker qui poursuit les réformes comme l'abolition du servage.

1781 : Necker est lui aussi disgrâcié.

1787 : L'assemblée est dissoute.

1788 : Révolte de la magistrature. Rappel de Necker.

5 mai 1789 : Convocation des Etats Généraux. Le Tiers Etat demande dans ses Cahiers de Doléances la mise en place d'une constitution qui limite les pouvoirs du roi, définit les droits du peuples et abolit les privilèges de la noblesse et du clergé.




 

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Les salons au XVIIIème siècle …

Publié le par Perceval

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Voilà plusieurs jours, que je me perds dans les salons littéraires et mondains de cette période étrange de la fin de l'ancien régime...

La cour a sans doute perdu son éclat, pour que l'on soit ainsi attiré vers les salons, les cafés ou les clubs... On y rencontre les plus grands intellectuels : savants et écrivains … Ce qui est étonnant c'est la liberté des propos qui s'y affichent …

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Bienvenue-dans-la-Cour-de-Louis-XVI_portrait_w674.jpg

L'aspect divertissant des propos prime ; il s'agit de raconter des événements, d'expliquer des faits, de discuter des opinions... et tout cela sans lasser l'auditoire.

On y célèbre parfois l'insolence et la gaieté...

 Le marquis de Bombelles écrit en 1788 dans son Journal : « [le baron de Breteuil] ne revient pas de tout ce qu’il voit, de tout ce qu’il entend : nombre de nos amis deviennent fols ; quiconque ose élever la voix en faveur des anciennes formes est regardé avec dédain, et l’on regardera bientôt comme synonymes les qualifications de bête ou de royaliste. » Les inventaires montrent que les trois quart des bibliothèques nobles parisiennes de la seconde moitié du XVIIIe comportent des ouvrages interdits soit sur le plan politique, soit religieux...

 

Parmi les nombreux salons littéraires qui sont ouverts à Paris en ce milieu du XVIIIe siècle, il faut citer d’abord celui de la marquise Marie du Deffand (1697-1780), dont la rare et solide raison qu’elle apportait dans les causeries et discussions auxquelles elle présidait était encouragée par Voltaire en ces termes : « Ce qui est beau et lumineux est votre élément ; ne craignez pas de faire la disserteuse, ne rougissez point de joindre aux grâces de votre personne la force de votre esprit. »

La marquise du Deffand représente le siècle avant Jean-Jacques Rousseau et Julie de Lespinasse le siècle après l’invasion du roman en toutes choses.

Une-Soiree-chez-Madame-Geoffrin-par-Gabriel-Lemonnier.jpgUne Soirée chez Madame Geoffrin par Gabriel Lemonnier

Le salon de Marie-Thérèse Geoffrin a moins de portée littéraire … Elle veut éviter l’imprévu dans la causerie, en mettant toujours en présence les mêmes personnes, et divise les habitués de son salon en trois catégories. Le lundi, elle reçoit les artistes, peintres, sculpteurs, architectes ; le mercredi, les gens de lettres et les savants parmi lesquels on distingue surtout Diderot, d’Alembert, Dortous de Mairan, Marmontel, Raynal, Saint-Lambert, Thomas, d’Holbach, de comte de Caylus, etc.

À côté de ces salons du XVIIIe siècle, il y a aussi ceux de Louise d'Épinay, et de Doublet de Persan. On voit, dans le salon de Louise d’Épinay qui est restreint à un petit cercle de hommes de lettres et de philosophes les plus éclairés :le baron Grimm, Diderot et d’Holbach.

Chez l’actrice distinguée de la Comédie-Française :Jeanne-Françoise Quinault, dite Quinault Cadette se retrouvent un grand nombre d’habitués, parmi lesquels on distingue des hommes de lettres comme d’Alembert, Diderot, Duclos, Rousseau, Destouches, Marivaux, Caylus, Voltaire, Piron, Voisenon, Grimm, Lagrange-Chancel, Collé, Moncrif, Grimod de La Reynière, Crébillon fils, Saint-Lambert, Fagan de Lugny, l’abbé de La Marre, le chevalier Destouches et des hommes de pouvoir comme Maurepas, Honoré-Armand de Villars, le duc de Lauragais, le duc d’Orléans, le Grand Prieur d’Orléans, le marquis de Livry, Antoine de Fériol de Pont-de-Veyle etc... La conversation a lieu surtout à table, au souper. Au milieu de la table est une écritoire dont chacun des convives se sert tour à tour pour écrire un impromptu.

Madame-Necker.jpg

Suzanne Necker (1737-1794 ) ne put jamais se livrer à son goût pour l’écriture, que son mari estimait ne pas ressortir de la condition féminine. Elle prend soin, parallèlement, de donner à sa fille - la future Madame de Staël - une excellente éducation, bien supérieure à celle dont bénéficiaient les jeunes filles de son milieu à la même époque.

Il ne faut pas non plus oublier le salon de la marquise de Turpin, où se trouvent Favart, Voisenon et Boufflers, et où l’on vient de fonder l’ordre de la Table ronde, qui a produit le petit recueil intitulé la Journée de l’amour.

Enfin, à la veille de la Révolution, on trouve encore le salon de Suzanne Necker, où Germaine de Staël, alors enfant prodige, s’entretient avec Grimm, Thomas, Raynal, Gibbon, Marmontel : et le salon de Anne-Catherine Helvétius, connu sous le nom de « Société d’Auteuil », et qui rassemble Condillac,d’Holbach, Turgot, Chamfort, Cabanis, Morellet, Destutt de Tracy, etc.

 


Oui... Il y a de quoi faire tourner la tête, et jusqu'aujourd'hui, si l'on en croit tous les passionné(e)s de cette période... Également, tout récemment au théâtre : L’Antichambre de Jean-Claude Brisville dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Danièle Lebrun et Sara Biasini... lebrun.1241810494.jpg

 

 

Nous sommes dans un salon à Paris vers 1750 au temps des encyclopédistes. Mme du Deffand, aussi réactionnaire que libertine, engage sa nièce Julie de Lespinasse comme lectrice car elle n’y voit plus clair...


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Rencontre de la "beauté-féminité"

Publié le par Perceval

Illustration de cette rencontre: Il faut " contempler " Maggie Cheung , dans In the mood for love ...

"Une ville rétrécie à une rue, un escalier, un couloir, une chambre. Des mots et des gestes qui se heurtent et se répètent, comme des vers inextricables ou des refrains familiers.

 

A deux, les versatiles Tony Leung Chiu-wai et Maggie Cheung interprètent tous les rôles, les amants fautifs et les amants éplorés, le chevalier servant, la confidente chaste, le Don Juan irrésistible et la maîtresse en peine.

 

Ses robes spectaculaires semblent cousues à même la peau, ce sont elles qui lui dictent sa démarche souveraine, elles qui la subliment et l’emprisonnent jusqu’au cou. Dans In the Mood for Love, une fleur ne peut pas flétrir.

 

Insaisissable, hors de la réalité, Su Li-zhen refuse de se laisser cueillir.

 

Le poids des apparences et le désir d’absolu sont autant d’obstacles à un amour irrésolu et tacite.

 

La proximité étouffe et bâillonne, les deux silhouettes forment une symétrie trop parfaite pour s’embrasser. Maggie Cheung et Tony Leung ne quittent ni leurs cols ni leurs cravates. Les regards se touchent, mais les mots ne sortent pas, les mains s'effleurent mais les poings se referment. Seul un secret enfoui dans un sanctuaire rappelle l'exquise beauté d'un amour qui ne se dit pas."
 

Dans ce film, la Femme  n'est pas  ' l'objet ' insaisissable, l'homme se situe en miroir, aucun des deux ne s'impose à l'autre. 


Il est amusant de savoir que Chow Mo-wan souhaite écrire un roman de chevalerie, genre littéraire dont Li-zhen est très friande. ...
 

 

 

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Avec « In the mood for love », le film de 'Wong Kar-wai' reprend une quête inlassablement répétée en art, et encore une fois cette quête reste inachevée et semble nous emplir d'une souffrance en suspend.


Pour l'homme ( je ne peux pas parler pour la femme... !), la recherche et la rencontre de la Féminité peut susciter dans son âme, un désir d'apprentissage d'une ' Voie ', qui donnerait sens et justifierait, cette souffrance que diverses autres expériences mettent en valeur.

La plupart du temps, l'humain reste fixé à cette expérience, voire se complait à vivre de sa nostalgie...


Maggie Cheung et Tony Leung évoquent les figures sublimes et langoureuses de l'amour courtois.

Nous sommes dans un roman de chevalerie médiéval, où la dame et le chevalier ont le devoir de rester en marge de la réalité, afin d'inciter chacun à la bravoure, à la conquête perpétuelle.

 

J'ai repris ici, un article que j'avais publié dans un autre de mes blogs: Perceval ...

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Delphine ( Gay) de Girardin (1804-1855) -3-

Publié le par Perceval

Ceci est le troisième article au sujet de Sohie Gay et Delphine Gay ...

Hommes-d-aujourd-hui-girardin-1806-1881.jpg

Emile de Girardin (1806 - 1881), précurseur du journalisme moderne

Émile de Girardin fonde La Presse :
« Journal quotidien, politique, littéraire, agricole, industriel et commercial. »

Le premier numéro sort en kiosque le 16 juin 1836.

C’est le premier journal bon marché en France, Émile de Girardin ayant fait appel à des annonceurs divisant par deux le prix de l’abonnement.

Le quotidien innova également en publiant des romans feuilleton et en collaborant avec, entre autres, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Balzac….

Le quotidien innova également en publiant des romans feuilleton et en collaborant avec, entre autres, Victor HugoAlexandre DumasBalzac….

Le succès fut immédiat !


Le 1er juin 1831, Delphine Gay épouse Emile de Girardin (1806-1882), journaliste, fondateur de La Presse et député de Bourganeuf (Creuse). Dès lors son salon éclipse celui de sa mère. En tête de liste des habitués, figurent Victor Hugo, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Frédéric Soulié, la duchesse d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Louis Ganderax, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas (père), George Sand, Fortunée Hamelin.

Son mariage lui ouvre de nouveaux horizons littéraires.

Ensemble ils conquièrent la Société par l’entremise des journaux pour « l’ambition personnelle et l’utopie sociale ». A cette époque E. De Girardin a fondé «  Le voleur »,1828, et «La Mode »,1829. Tous les jeunes talents y écrivent  des articles: Dumas, Karr, Sue, Balzac, G. Sand … Il crée ensuite le « Journal » et l’ «Almanach de France ». Elle contribue au succès du journal « La Presse » lancé par son mari, elle y écrit ses « Lettres Parisiennes » signées Vicomte de Launay. parues de 1836 à 1847 en feuilleton.

Le Vicomte raconte l’érection de l’obélisque place de la Concorde, tient les lectrices au courant des tendances de la mode, chapeaux, manches bouffantes ou ajustées, dentelles, plis, volants. Va écouter l’Opéra, applaudir Rachel au théâtre français, frissonne à la Porte Saint Martin, rit aux Variétés. Contemple le défilé de Longchamp, mange des glaces chez Tortoni, assiste aux séances de l’Académie française. Visite le salon de peinture, les expositions de produits de l’industrie. Détaille les toilettes dans les bals. Delphine de Girardin exprime ainsi son sens comique.

Ces chroniques ont été rassemblées dans un seul ouvrage intitulé Lettres parisiennes l'année 1843.

delphine-de-girardin.jpgAmie de Balzac, admirant sincèrement son oeuvre, elle lui consacra en 1836 un petit livre flatteur : la Canne de Monsieur de Balzac.

 

Delphine Gay est aussi connue pour son salon au 41 rue Laffite, à Paris puis dans l’Hôtel  Marbeuf  sur Les Champs Elysées. Elle reçoit ses intimes tous les soirs mais sa soirée de réception où l’on fait de la poésie et de la musique  se tient le mercredi. Elle ne supporte la médiocrité, il faut se distinguer par la naissance, ou posséder un talent réel. Elle convie Gautier notamment, en lui disant que le but de la soirée est de prendre des glaces et de dessiner des girafes. Après l’Opéra ou avant d’aller dans le monde, entre onze heures et minuit viennent Lamartine, Hugo, Balzac, Musset… salon_litteraire-parisien-1850.gifMais aussi des politiques tel le ministre Guizot, le préfet de police Delessert, un homéopathe à la mode, le docteur Cabarrus. Le couple De Girardin réunit charme, talent, pouvoir, influence, intelligence et humour. La caricature ci-dessous montre Balzac à gauche et Hugo à droite à l'une de ces réceptions.

 

Cette même année, et forte de son influence, elle n’hésite pas à critiquer le résultat de l’élection à l’Académie, refusée au candidat Victor Hugo : « Si l’on pesait les voix, Hugo serait élu ; malheureusement on les compte. » 
Après l’exil du poète, elle poursuit une correspondance, très hostile à Bonaparte le Petit, qu’elle appelle Boustrapa. Elle écrit à Hugo le 6 avril 1853 : " Vous vous rappelez cette belle Eugénie, que vous avez vue chez moi et avec laquelle vous parliez espagnol si facilement. La voilà l’épouse de Boustrapa… C’est une femme charmante et qui mérite mieux. Une chose m’étonne : c’est que, quand elle a dit oui, elle avait lu votre livre [Napoléon le Petit] en cachette, avec mille précautions, mais enfin elle l’avait lu. Moi, cette lecture m’aurait un peu refroidie… " .
Le 6 septembre 1853, elle arrive à Jersey et entreprend le 11 septembre d’initier ses hôtes au spiritisme. Elle a pratiqué à Paris cette démarche qui consiste à évoquer les morts et à les faire parler, grâce a des " médiums ".. Mme de Girardin repart le 14, mais Hugo restera très influencé par cette forme de spiritisme …

Delphine meurt des suites d’un cancer, le 29 juin 1855.

 

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launay-texte.gif

Ses poésies sont désormais inspirées par la politique : l'Epître à la Chambre, la Diatribe contre le général Cavaignac. On lui doit des romans : le Lorgnon (1831), le Marquis de Pontanges (1835), Contes d'une vieille fille à ses neveux (1832), Marguerite (1853), Il ne faut pas jouer avec la douleur (1855), la Croix de Berny (1846), en collaboration avec Méry, J.Sandeau et Théophile Gautier ; et des oeuvres dramatiques : l'Ecole des journalistes (1840), Judith (1843), Cléopâtre (1847), C'est la faute du mari (1851), Lady Tartufe (1853), La joie fait peur(1854), le Chapeau d'un horloger (1855).

Delphine de Girardin a écrit de nombreux romans et drames sous divers pseudonymes: Charles de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel.

Delphine de Girardin n'est pas seulement connue par ses oeuvres poétiques et ses chroniques. Elle tient aussi son renom de ses oeuvres de fiction telles que le Marquis de Pontanges, Contes d'une vieille fille à ses neveux, la Canne de Monsieur de Balzacet il ne faut pas jouer avec la douleur.
Elle s'est aussi exercée en drames et en comédie avec ses célèbres oeuvres dontl'école des journalistes, Cléopâtre, La joie fait peur, C'est la faut du mari et  la femme qui déteste son mari.

 

SOURCES : Wikipédia, LA VIE ELEGANTE par Anne MARTIN-FUGIER, Editions FAYARD, site sur Victot-Hugo ...etc

 

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PROUST: Melle de Stermania

Publié le par Perceval

 

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Joaquim Sorolla (1863-1923) Clotilde en el jardín  1919-20

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Fille d’un hoberau appartenant à une vieille famille bretonne. Le narrateur voit pour la première fois Mlle de Stermaria au restaurant du Grand-hôtel de Balbec alors qu’elle vient y déjeuner avec son père. Il est vivement impressionné par sa grâce et se beauté (1).


 (1)

La « race » en ajoutant aux charmes de Mlle de Stermaria l’idée de leur cause les rendait plus intelligibles, plus complets. Elle les faisait aussi plus désirables, annonçant qu’ils étaient peu accessibles, comme un prix élevé ajoute à la valeur d’un objet qui nous a plu. Et la tige héréditaire donnait à ce teint composé de sucs choisis la saveur d’un fruit exotique ou d’un cru célèbre. (JF 684).

Le souvenir de la jeune femme restera gravé dans son esprit. Plus tard, à Paris, le narrateur apprend par son ami Robert de Saint-Loup que madame de Stermaria (elle s’est mariée puis a divorcé depuis) sera de passage à Paris. Il s’enflamme à nouveau au souvenir de la jeune fille qu’il a connue à Balbec et lui envoie aussitôt une invitation à dîner (2)

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(2)

Françoise m’apporta une lettre qui me remplit de joie, car elle était de Mme de Stermaria, laquelle acceptait à dîner. De Mme de Stermaria, c’est-à-dire, pour moi, plus que de la Mme de Stermaria réelle, de celle à qui j’avais pensé toute la journée avant l’arrivée d’Albertine. C’est la terrible tromperie de l’amour qu’il commence par nous faire jouer avec une femme non du monde extérieur, mais avec une poupée intérieure à notre cerveau, la seule d’ailleurs que nous ayons toujours à notre disposition, la seule que nous posséderons, que l’arbitraire du souvenir, presque aussi absolu que celui de l’imagination, peut avoir fait aussi différente de la femme réelle que du Balbec réel avait été pour moi le Balbec rêvé; création factice à laquelle peu à peu, pour notre souffrance, nous forcerons la femme réelle à ressembler. (Guer 370).

*****

sorolla-3.jpg

Dans l’attente de ce rendez-vous il va passer par des périodes d’euphorie puis de doute (3)

(3)

Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria, car depuis plusieurs jours, avec une activité incessante, mes désirs avaient préparé ce plaisir-là, dans mon imagination, et ce plaisir seul, un autre (le plaisir avec une autre) n’eût pas, lui, été prêt, le plaisir n’étant que la réalisation d’une envie préalable et qui n’est pas toujours la même, qui change selon les mille combinaisons de la rêverie, les hasards du souvenir, l’état du tempérament, l’ordre de disponibilité des désirs dont les derniers exaucés se reposent jusqu’à ce qu’ait été un peu oubliée la déception de l’accomplissement… (Guer 383).

*****

Finalement, au tout dernier moment, Mme de Stermaria annule le rendez-vous (4). Le narrateur pensera souvent à elle et à ce rendez-vous manqué mais il ne la reverra plus jamais.

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(4)

Sur la carte : Vicomtesse Alix de Stermaria, mon invitée avait écrit : « Je suis désolée, un contretemps m’empêche de dîner ce soir avec vous à l’île du Bois. Je m’en faisais une fête. Je vous écrirai plus longuement de Stermaria. Regrets. Amitiés. » Je restai immobile, étourdi par le choc que j’avais reçu. A mes pieds étaient tombées la carte et l’enveloppe, comme la bourre d’une arme à feu quand le coup est parti. Je les ramassai, j’analysai cette phrase.  (Guer 391).

 

 

Les illustartions reprennent des peintures de Joaquin Sorolla, peintre espagnol (1863-1923), maître du naturalisme.
Ce qui frappe dans chacune de ses créations, c'est la lumière. Chaque oeuvre est un hymne au soleil, à la vie...

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Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII

Publié le par Perceval

Etienne Chevalier, conseiller du roi et bienfaiteur de sa ville natale, a connu une ascension fulgurante au sein de la cour de Charles VII. Il reconstitue le trésor royal après la Guerre de Cent ans., et devient Grand Trésorier de France en 1452. Il est l'amant d'Agnès Sorel (1421-1450), elle-même favorite officielle de Charles VII, roi de France (1422-1461). En 1452, deux ans après la mort d’Agnès Sorel, Chevalier commande le « diptyque de Melun » pour l'église de sa ville natale. Il est Exécuteur testamentaire d’Agnès Sorel en 1450, et sera chargé des mêmes fonctions à la mort du roi Charles VII en juillet 1461.

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De Jean Fouquet:  Étienne Chevalier et Saint Etienne (Diptyque de Melun, h.1452), Staatliche Museen, Berlin La Vierge entourée d'Anges, Jean Fouquet

*****

Ce tableau est étonnant. A cette époque les usages sont à représenter des scènes de la vie du Christ, des saints, ou de brosser les portraits des grands de ce monde. Néanmoins, Agnès Sorel, reine officieuse, est représentée telle une icône à vénérer, sous l'identité de la Vierge Marie, et de plus scandaleusement dénudée pour les conventions de l'époque... ! Seuls, le regard baissé, signe d'humilité, respecte le sens religieux du tableau...

Ce sein audacieux a beau susciter la réprobation du clergé, il reste exposé à notre Dame de Melun jusqu’en 1493. Il est aujourd'hui au musée des Beaux-Arts d’Anvers.

De Jean Fouquet ( ), ce tableau ne devrait être qu'une Vierge à l'enfant. Elle a quelque chose de l’icône byzantine, elle ressemble à une statue avec des étoffes de pierre de l'âge gothique avec des formes et des tons simples.

La femme a le teint pâle et le front haut, le nez joli droit et pointu, la bouche menue, le menton délicat creusé d'une fossette, des yeux en amande baissés vers l'enfant.

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Portrait d’Agnès Sorel – peinture du 16ème siècle, château de Loches, Indre-et-Loire

Agnès Sorel, fait la mode à la cour : sourcils et cheveux toujours soigneusement épilés afin de dégager très haut un front d’un bombé parfait, hennins énormes surmontant son beau visage ovoïde, robes suivies de trames qu’elle veut plus longues que toutes les princesses environnantes, décolletés vertigineux attirant tous les regards.

Un jour, l’archevêque de Reims s’était voilé la face en la croisant la gorge nue. Il s’était plaint ensuite auprès de Charles VII des ouvertures permettant de voir les seins des femmes... !

Charles VII est plutôt chétif, mélancolique, assez renfermé sur lui-même. Cet homme peu engageant va se transformer au contact d'Agnès Sorel. Elle va le détendre et lui donner 3 filles...

Devenue le premier personnage féminin de la cour, la "Dame de Beauté", du nom du fief de la Beauté-sur-Marne qu'elle a reçue, a besoin de beaucoup de moyens, elles se lie avec Jacques Cœur. Ses intrigues, l'opposent au parti du Dauphin, le futur Louis XI : l'histoire veut qu'il soit « exilé », après avoir poursuivi la belle l'épée à la main jusque dans la couche paternelle... Il est curieux de savoir, que Agnès Sorel outrepasse l’interdiction depuis Saint-Louis de porter des diamants (symbole de force et de puissance guerrière et amoureuse à l’époque). Le premier diamant taillé au monde lui fut offert, en 1444, par le roi.

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Tombeau d'Agnès Sorel (Collégiale de Saint-Ours, Loches) Détail du tombeau d'Agnès Sorel (Collégiale de Saint-Ours, Loches)


Elle décède des suites d'un empoisonnement au mercure, ingurgité pour se débarrasser des vers qui lui ravageaient les entrailles, son médecin qui était également l'un des heureux bénéficiaires de son testament fut fortement soupçonné d'avoir été par trop négligent dans ses dosages. Mais les autres commanditaires potentiels ne manquent pas : le Dauphin, Jaques Coeur, ou encore Antoinette de Maignelais, sa cousine qui la remplace rapidement dans la faveur royale.

Sa fin est édifiante, elle fait de larges donations à l'Église, et Charles VII fait faire deux fort belles sculptures funéraires.

 

agnes-Sorel-DETAIL.jpgPour en revenir au tableau, Marie, ou plutôt Agnès ( point de blasphème .. ! ), au corps idéalement proportionné « ne cache rien de ses attraits, tel ce sein dardé surgissant comme un fruit vivant dédié non à l’Enfant Dieu mais au regard désirant de l’homme. Il continue, ce sein, le mouvement contradictoire que cette femme, creusant son dos, imprime à sa poitrine et à son ventre qu’elle semble pousser vers nous alors qu’elle « retient » son visage, légèrement penché, saisi de trois quart et dont le regard chaste est religieusement baissé. Comme si elle réfutait, tout en l’attisant, le trouble que son corps inspire. » ( sources : Med Médiène ).

 

Ainsi, quelle puissance dans l'Art, pour avec de la matière humaine faire d'une maîtresse une reine du ciel... !

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Yaroslav Kurbanov

Publié le par Perceval

Yaroslav Kurbanovest né à Makhatchkala, au Daghestan en 1968. Il est diplômé du Collège d'Art Jamal Daghestan . Il a travaillé autour des costumes et des décors au Théâtre de Saint-Pétersbourg...

L'art de la Renaissance a une grande influence sur Kurbanov, en particulier le travail de Botticelli et Léonard de Vinci. Il a également passé des heures à copier les maîtres flamands à Saint-Pétersbourg, au musée de l'Ermitage Musée. 


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Kurbanov est connu pour ses peintures  figuratives. Ses formes sont simplifiées et sensuelles, il met l'accent sur ​​les lignes sinueuses et l'aspect lisse de la peau . Il en ressort un état d'esprit calme et introspectif. Les sujets féminins de Kurbanov apparaissent souvent proche du spectateur, ils remplissent le plan de l'image. Lorsque la composition est coupée , une perspective intéressante est créé et la figure semble faire partie de l'espace du spectateur. Les sujets sont contemporains, et de la mise en scène émane un sens du drame, ou du questionnement.

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Delphine Gay -2-

Publié le par Perceval

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Albert Besnard, figurant la première représentation du drame Hernani

Ce 25 février 1830, à la Comédie-Française, le jour de la Première d’Hernani, quand radieuse, dans une robe blanche, une écharpe bleue de la couleur de ses yeux jetée sur ses épaules, Delphine Gay entre dans loge et se penche pour regarder la salle : sa beauté suspend un instant le tumulte de la salle et lui vaut une salve d’applaudissements.

Sa carrière fut conduite par sa mère, figure assez connue dans la société littéraire. Elle permet à sa fille adolescente, de par sa beauté et ses dons poétiques, de publier et de rencontrer une véritable gloire qui lui valut le surnom de « Muse de la patrie »

Elle fait la connaissance - dans le salon de sa mère Sophie Gay - de l'élite du début du XIXème siècle. Elle fut l'amie d'enfance du futur Napoléon III.

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Delphine Gay par Louis Hersent

En 1822, Alfred de Vigny tombe amoureux d'elle.

Victor Hugo la rencontre en 1823 chez Charles Nodier, elle fait partie ensuite du groupe de la revue : La muse française.

Lors d’ une visite en Italie en 1827, elle est accueillie avec enthousiasme par le monde littéraire romain. Elle obtient même un couronnement au Capitole.

 


Oeuvres de 1822 à1833 ( natureculture.org ):

En 1822, elle obtient un prix académique pour un petit poème intitulé : les Soeurs de sainte Camille ; elle publie alors des meilleurs morceaux poétiques : Madeleine, Ourika (1824), le Bonheur d'être belle (1825), le Sacre de Charles X qui lui vaut une pension ; la Mort de Napoléon, la Mort du général Foy, qui lui attribuent les sympathies des libéraux.

Ces premiers vers, qu'on trouve réunis dans Essais poétiques (1824) et Nouveaux essais poétiques (Canel, 1825), se font remarquer par une élégance brillante et classique. Au retour d’Italie, Elle compose de nouvelles poésies élégiatiques : le Retour, Palerme, le Dernier jour de Pompéi, et surtout Napoline (1833), qui dénote l'influence de Musset.

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Fait divers à la présidence...

Publié le par Perceval

Le 16 février 1899 après un conseil des ministres orageux... Le président de la république, Félix Faure, reçoit, au sujet de l'affaire Dreyfus, le capitaine du Prince Albert de Monaco et le cardinal Richard. Le Président, 58 ans, encore bel homme, est pressé d’écourter les entretiens....Felix-Faure-mort.jpg

Marguerite attend au salon bleu. Sitôt les fâcheux dans la cour, un grand verre d’aphrodisiaque à base de quinquina et, hop !

Des cris traversent les portes capitonnées. La dame mérite bien sa réputation. Oui mais le silence se fait et incongru, il persiste. Le chef de cabinet, s'inquiète et ose ouvrir la porte. Il tombe sur le président couché au sol, en flanelle, les mains crispées dans la chevelure de sa maîtresse nue. La dame y laisse quelques mèches et un corset que le chef de cabinet, selon la légende, conservera en souvenir. Exit la dame.
On réveille Madame Faure qui dort tout près. C’est l’heure des phrases célèbres.

 « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? »

Non elle est sortie par la petite porte .


 La petite Marguerite vient au monde à Beaucourt en 1869 sur le territoire de Belfort. Elle appartient à une riche et puissante famille protestante dont la fortune vient des activités industrielles, notamment la fabrication de pompes renommées.

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Elle courre les bals de garnisons.... Dire qu’elle est belle est bien peu, elle est éblouissante, raffinée, irrésistible. Elle a étudié le violon et le piano, elle monte à cheval. Ses parents refusent un lieutenant... A l'occasion d'un séjour à Bayonne, on trouve à la belle, le neveu du peintre officiel de la IIIè, le Pape du Pompier, Meyssonier. Elle regimbe un peu mais en juillet 1890, Marguerite devient Marguerite Steinheil. . Elle a vingt ans, il en a quarante.

Elle devient, ensuite, une figure importante de la vie parisienne. Son salon est fréquenté par la bonne société : Gounod, Lesseps, Massenet, Coppée, Zola, Loti.steinheil-5.jpg

En 1897, Félix Faure rencontre, à Chamonix, Marguerite Steinheil : dite « Meg », épouse volage du peintre Adolphe Steinheil, auquel fut confiée la commande officielle d'une toile monumentale... et pour ce faire .. ;Félix Faure se rend souvent à la villa « Le vert logis », au no 6 de l'impasse Ronsin à Paris, où réside le couple Steinheil. Marguerite devient rapidement sa maitresse et le rejoint régulièrement dans le « salon bleu » du palais de l'Élysée.

 

Félix Faure ne peut plus s’en passer. Maîtresse quasi-officielle elle est de toutes les fêtes. Elle est couverte de cadeaux. Diamants et perles la récompensent. Lors d’un voyage présidentiel au Havre, elle est logée dans une villa proche. La notoriété de la dame atteint des sommets. Elle n’a pas trente ans. 


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Cécile Sorel

 

 

Officiellement, la mort du président est due à une hémorragie cérébrale. Certains journaux affirment, tel le Journal du Peuple du 18 février, qu'il est mort d'avoir « trop sacrifié à Vénus ».. On cite même Cécile Sorel, une actrice, avec qui Félix Faure entretient une liaison … Ce n'est que dix ans plus tard, que furent révélés les faits et l'identité de la dame.

 

 

Anecdote: 

Le modèle de la divinité – un croquis montre une jeune femme posant sur un banc dans l’atelier (RF 51939 – f°29 verso) – serait Marguerite Steinheil, la fameuse connaissance du président Félix Faure.  l’État acquiert la statue polychrome et la dépose au palais du Sénat le 4 janvier 1910. Hugues---Muse-de-la-Source.JPGQuelques facétieux sénateurs, notant une légère ressemblance avec la sulfureuse veuve, prennent alors l’habitude de surnommer l’effigie de bronze Madame Steinheil. Ainsi le bruit se répand-il… ( Marguerite Steinheil (1869-1954) aurait matériellement pu poser pour la statue du Salon de 1893. )

Madame Steinheil trônaient dans le salon Berthelot du musée du Luxembourg jusqu’en 1984, année où elle partit au musée d’Orsay.

Avant chaque séance, les sénateurs ne pouvaient s’empêcher de lui caresser le sein gauche – qui portait bonheur.

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