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Colette - Julia Kristeva -2- Le pur et l'impur

Publié le par Perceval

Colette-yeux2.jpg« Un temps, Apollinaire qualifia Colette de « perverse », mais il retira l’adjectif pour lui préférer celui d’espiègle (« une âme plus espiègle que perverse »), et n’hésita à comparer son audace provocante à l’impudeur tragique des premières chrétiennes : « C’est ainsi que, délivrées de la pudeur, les martyres romaines entraient dans le cirque. » »

 Julia Kristeva ajoute : « Elle écrit là où le pervers jouit ». « Les passages à l’acte pervers jalonnent sa vie : de Willy en passant par Missy et jusqu’à Bertrand. » ( Bertrand de Jouvenel ( le fils que son mari avait eu de Claire Boas ))

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Missy ( duchesse de Morny) et Colette Colette et derrière elle, Bertrand de Jouvenel.

« D’autant que la psychanalyse, du moins dans ses développements les plus soucieux de vérité, se départit aujourd’hui de la normativité qui entache ses notions fondamentales — notamment celle de perversion — et considère nombre de comportements « pervers » comme des passages obligés jalonnant une construction complexe de la personnalité »

 

Barbara-Monacelli-_-le-pur-et-l-impure-Colette-3.jpg« Nous pouvons comprendre la bisexualité de Colette ainsi que ses passages à l’acte pervers de la même façon. Elle-même le suggère discrètement : dans ses rapports avec Willy, l’acte génital normatif, de surcroît accompagné de blessures narcissiques, ne lui apportait probablement qu’une quasi-satisfaction. Aussi « la catastrophe amoureuse, ses suites, ses phases », commence-t-elle par dénier avec force, ne font pas partie de « l’intimité d’une femme ». D’ailleurs, en divulguant ces « demi-mensonges » (comme Colette l’a fait elle-même !), la femme « sauve de la publicité des secrets confus et considérables, qu’elle-même ne connaît pas très bien », enfouis comme ils sont dans « le même secteur féminin, ravagé de félicité et de désordre, autour duquel l’ombre s’épaissit ». Ces ravages-là purent être compensés par la possibilité de s’abandonner affectivement à autrui en passant par le détour de la perversion (homosexuelle, incestueuse). 

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Grâce à elle et après elle, Colette acquiert la capacité d’être seule : celle de l’extase dans une solitude extrême, quoique relative puisque l’écrivain sollicite sans cesse ses amis, s’appuyant sur le « meilleur » d’entre eux, mais elle ne sombre plus jamais dans une dépendance dramatique. Qu’elle qu’en pût être la vigueur réelle, l’importance que revêtent ces passages à l’acte (homosexualité avec Missy, sexualité incestueuse avec Bertrand) s’avère — avec le recul du temps et par le destin littéraire que Colette a su leur donner — passagère et, à tout prendre, moindre que la complétude affective qu’ils apportaient, que l’orgasme du moi qui les accompagnait, que l’extase ressentie comme un remaniement de la relation maternelle, lui-même indissociable de sa mise en mots : bref, comme « Sido ».

 

Pour Julia Kristéva, la position de Colette est simultanément, une conduite psychique et un style d’écriture. "L’écrivain Colette forge l’art, non pas de creuser ce chagrin, de le dévoiler et de le dépasser  Non, ses héroïnes, préfèrent masquer par la désinvolture la tristesse qu’elles ressentent. Colette préfère réprimer le chagrin, tuer ce tueur qu’est le désespoir, afin de bâtir sur sa tombe. « Je pleure aussi mal, aussi douloureusement qu’un homme. Mais on se vainc, pourvu qu’on le veuille. Dès que mon entraînement a été mené à fond, je me suis presque complètement privée de pleurer. "

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Chez Colette, tous les sens sont des organes sexuels. Colette décrit un orgasme gigantesque du sentant et du senti. Colette, actrice, écrit encore que « les plaisirs de son corps métamorphique qui « joue » sont inséparables des « tourments » (faim, soif, froid, fatigue, tristesse) qui « empêchent de penser ».

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Colette dans sa loge avant une représentation.

Julia Kristéva, affirme : comme Colette le prétend - pour contrer les rumeurs qui voulaient la compromettre - le music-hall fut sa manière très personnelle de rentrer dans « un couvent moderne » ? J’aime à penser que la scène a été le meilleur refuge pour l’éclosion de son corps métamorphique, puisqu’il y est enfin désapproprié — rien que des gestes et des rôles. En passant de l’autre côté de la rampe, Colette quitte la place figée de spectatrice « raidi[e] de fatigue » et d’« orgueil défensif » et devient... une bacchante. « Car je danserai encore sur la scène, je danserai nue ou habillée, pour le seul plaisir de danser, d’accorder mes gestes au rythme de la musique, de virer, brûlée de lumière, aveuglée comme une mouche dans un rayon.. »

      Sources : Julia Kristeva :  Le génie féminin, t .3, Colette ou la chair du monde, Fayard,  2002

- Les peintures sont de Barbara Monacelli, inspirées par "le pur et l'impur " de Colette.

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Colette - en images -

Publié le par Perceval

Biographie de Colette (1873-1954)Colette, Portrait par René Carrère

1) Une enfance campagnarde heureuse

Naissance de Sidonie-Gabrielle Colette à Saint-Sauveur en Puisaye le 28 janvier 1873

Colette n'est pas son prénom, mais le nom de son père, le capitaine Colette.

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Parler de Colette, c'est avant tout chose parler de sa mère, Adèle-Eugénie-Sidonie Landoy, dit Sido, qui restera sa conscience campagnarde et lui donnera le goût de la liberté. Sido épouse en secondes noces son amant, Jules-Joseph Colette avec qui elle vivra en Bourgogne.

Colette connaît une jeunesse heureuse, partageant le plaisir de la lecture avec celui des jeux avec les animaux.

 

2) Une vie de bohême sans plaisir

A Paris, Colette rencontre Henri Gauthier Villars, dit Willy, don Juan scandaleux de la Belle Epoque. Elle l'épouse le 15 mai 1893, à 20 ans. Willy l'introduit dans le Paris mondain et l'entraîne dans une vie de bohème qui surprend plus que n'intéresse Colette. Timide, avec son accent bourguignon, elle fréquente cependant des salons parisiens. Willy se lance dans la littérature en faisant travailler une troupe de négres comme Debussy ou Fauré pour des chroniques musicales et va demander à sa femme de lui écrire un livre de souvenirs d'enfance, du genre "Le petit Chose" d'Alphonse Daudet qui connaît à l'époque un vif succès. C'est ainsi qu'en 1900, Claudine à l'école paraît sous la signature de Willy, celui-ci prétendant avoir reçu le manuscrit d'une inconnue, créant ainsi la légende da la fameuse Claudine.

Willy-et-Colette.jpg colette-et-toby-le-chien.jpg

 

Devant le succès, Willy pousse sa femme à écrire 3 suites (Claudine à Paris 1901, Claudine en ménage 1902, Claudine s'en va 1903) assorties d'un volume intitulé Minne (1904) et des Egarements de Minne (1905).

1906, Colette se sépare de Willy.

COLETT-1.jpg  Colette-dans-La-Chair-2.jpg

 

Elle noue des amitiés féminines scandaleuses et en 1907, fait scandale en se produisant au Moulin Rouge aux côtés de Mathilde de Morny, surnommée Missy, déguisée en homme.

1910 : elle divorce de Willy.

Jusqu'en 1912, pour gagner sa vie, elle se produit sur des scènes parisiennes et provinciales.

3) Colette, journaliste et écrivain reconnue

Colette-3.JPGEn 1910, "La vagabonde" est a deux doigts d'obtenir le prix Goncourt.

Sido meurt en octobre 1912.

Deux mois après, le 19 décembre 1912, elle épouse Henry de Jouvenel, codirecteur au journal "Le matin".

Le 3 Juillet 1913, de cet amour, naît une petite fille, Colette dite Bel-Gazou.

Colette délaisse le music hall pour se consacrer au "Matin". A la fin de la guerre, elle en devient la directrice littéraire.

Elle continue d'écrire, l'Entrave, l'envers du music hall (1913) tout en soignant des malades réfugiés dans le lycée Janson de Sailly.

"Chéri" paraît en 1920 pour devenir l'année suivante une pièce à succès.

Henry de Jouvenel commence une carrière politique le conduisant de sénateur en Corrèze en 1921 vers la Société des Nations. Il prône le désarmement européen avec Briand.

1923, Colette se sépare d'Henry et signe pour la 1ère fois de son nom le blé en herbe.

colette_portrait-evous.fr.jpg colette_stylo.jpg

4) La consécration

En 1925, Colette rencontre Maurice Goudeket qui devient en 1935 son 3ème époux.

Elle poursuit son œuvre littéraire mais le scandale la suit lorsqu'elle publie en feuilleton ces plaisirs…rebaptisés plus tard le pur et l'impur" (1932).colette-gigi.jpg

Elle entre à l'Académie royale de Belgique en 1935.

1940, elle commence son Journal à rebours.

En 1941, son mari, en tant que juif est arrêté par les allemands. Colette arrive à le faire libérer.

Dès 1943, elle souffre de l'arthrose qui finit par l'immobiliser.

Sa notoriété ne cesse de croître après la guerre. Elle est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt. Ses "œuvres complètes" paraissent en 1948, certaines sont mises en scène, d'autres portées à l'écran. Audrey Hepburn donne vie à Gigiet triomphe aux Etats Unis.

1953, Colette devient grand officier de la légion d'honneur.

1954 : des obsèques nationales, dérangeant une dernière fois la France bourgeoise catholique, lui sont données dans la cour d'honneur du Palais-Royal.

Michèle Jacquemelle

http://www.alalettre.com/colette-bio.php

 

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Louis Icart illustre les " Années folles"

Publié le par Perceval

Louis Icart Justin Laurent (1888-1950)Bandeau-Louis-Icart.jpg


Louis Icart est né en 1888 à Toulouse, France. Il commence à dessiner dès son jeune âge. Sa tante, ( elle possédait une boutique de modiste en vogue appelé Maison Valmont) impressionnée par son travail, l'emmène à Paris.


Icart a commencé sa carrière dans un studio qui produit des cartes postales sexy. Il réalise des copies d'images existantes, mais commence rapidement à concevoir des œuvres originales. Il réussit a présenter ses œuvres à des magazines et est chargé de concevoir des couvertures pour La Critique Théâtrale. Il s'est particulièrement intéressé à la mode, et est rapidement devenu célèbre pour ses croquis.

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En 1913, il est invité à exposer au Salon des Humoristes.
La tradition des gravures artistiques de belles femmes est devenu populaire en France avec des artistes comme Paul-César Helleu et Manuel Robbe . Icart apprend la technique de la gravure sur cuivre et accompagne cet art vers de nouveaux sommets. Il devient l'un des artistes les plus populaires de son temps.

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      Icart rencontre sa seconde épouse Fanny en 1914, elle devient son modèle le plus populaire. Elle est elle-même une artiste et une belle et ravissante blonde.

 

 

 

 

 

 

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Louis Icart est enrôlé dans l'armée et devient pilote ...Louis-Icart-1888--1950-patriote.jpg Il a réalisé de nombreuses gravures à thème patriotique. Icart est mondialement connue pour ses eaux-fortes, on pense qu'il a créé plus de 500 eaux-fortes de son vivant. Il a également illustré de plus de trente livres, dont beaucoup très érotiques, et est devenu ainsi un peintre accompli. Il est passé par plusieurs styles distinctifs au fil des ans, dont la plupart sont exprimées dans sa palette de couleurs. 

le travail d'Icart a été influencée par les impressionnistes... Ses peintures sont très personnelles et moins commerciale que ses gravures, ils les a réalisées pour son propre plaisir et n'étaient pas spécifiquement destinées à atteindre un large public. Il a exposé fréquemment dans les galeries parisiennes et plusieurs fois à New York.

En 1922, Louis et Fanny Icart se rendent à New York pour sa première exposition en Amérique.  

Après l'invasion allemande en 1940, Icart se tourne vers des sujets plus sérieux, en particulier, sur les horreurs de l'occupation. Cette collection a été appelé L'Exode, Icart comme beaucoup de ses compatriotes fuit Paris. 

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 C'est à partir des années 70, que le travail d'Icart a rencontré un regain d'intérêt... Plusieurs de ses peintures, ainsi que plusieurs grands travaux antérieurs ont été découverts dans un grenier d'une école d'art à Paris.

Louis-Icart-You-Have-Got-To-Be-Kidding--1935.jpg Louis-Icart-1888--1950-16.jpg


Icart a capturé le roman des Années Folles, et son travail est associé Art DécoSon érotisme et son inspiration sans bornes, lui ont valu une renommée mondiale et le firent très riche. A partir de 1930 il a vécu dans une magnifique maison à Montmartre avec une vue imprenable sur Paris.

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18 novembre 1952, Paul Eluard ...

Publié le par Perceval


paul EluardIl y a 60 ans... L
18 novembre 1952, à neuf heures du matin, 
le poète Paul Éluard (1895-1952) succombe à une crise cardiaque, à l’âge de 57 ans, à son domicile de Charenton.

De son vrai nom Eugène Grindel, publie ses premiers poèmes à l’âge de 18 ans ; cette même année il rencontre une jeune russe prénommée Héléna et qu’il surnomme Gala. Elle deviendra sa muse et il l’épousera en 1917 (avant qu’elle ne devienne ensuite la femme de Dali). Il lui dédie le recueil Capitale de la douleur.
E
n 1917 à l’âge de vingt et un ans il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme ( de Tristan Tzara) et devient vite l’un des éléments fondateurs du surréalisme avec André Breton et Philippe Soupault en 1922.

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En 1924 il connaît une crise personnelle et entame un voyage autour du monde.

En 1927 il adhère au PCF dont il sera exclu en 1931. Il est fortement engagé politique. En 1929 il quitte Gala pour Nusch qu’il épouse en 1934. Elle est l’incarnation de la femme sensuelle et sensible.

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Eluard et Nusch

Durant la guerre son engagement ne faiblit, notamment aux côtés de la Résistance. Son poème intitulé « Liberté » sera parachuté au dessus des terres françaises par des avions anglais à des milliers d’exemplaires.

La mort brutale de Nusch en 1946 le plonge dans le désespoir. Son œuvre alterne poésie amoureuse et poésie engagée, politique.

*********

L'amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

E crit entre  1914 et 1921 - Ce poème provient du recueil intitulé " Capitale de la douleur "

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Man Ray_ Groupe de dadaïstes en 1921

 

La Courbe de tes yeux ( Ecrit pour Gala )

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,Kees-van-Dongen-1.jpeg
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Ecrit  entre Oct. 1924 et aout 1926 -;          
Ce poème provient du recueil intitulé " Capitale de la douleur "


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Colette - Julia Kristeva -1-

Publié le par Perceval

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Julia Kristeva exalte le « génie féminin » de Colette : pourquoi ? Au-delà du plaisir de lire son écriture, Colette a trouvé un langage pour dire une étrange osmose entre ses sensations, ses désirs et ses angoisses, ces plaisirs que l'on dit légers et l'infini du monde. Ce langage transcende sa présence de femme dans le siècle – vagabonde ou entravée, libre, cruelle ou compatissante.

Colette-dans-La-Chair.jpg
Colette dans "La Chair"

 

Piégée par les mœurs de la Belle Époque et blessée par les infidélités de son mari Willy, 

Colette passe une très brève saison dans un enfer dépressif dont elle ne reniera pas l'expérience, mais qu'elle distillera, au contraire, approfondira puis traversera. L'épouse trahie se lie aux maîtresses de son inconstant époux, s'intègre au brillant milieu des lesbiennes fortunées de Paris, provoque autant qu'elle peut le monde du spectacle en se montrant – Ô délices, Ô scandale des bourgeois ! - nue dans La Chair ( à l'Apollo en 1907)...

En 1910, elle divorce d'avec Willy ( il meurt en 1931) ; en 1923, elle divorce d'avec Henry de Jouvenel ( il meurt en 1935) ; en 1905, elle a rencontré la marquise de Morny ( Missy), puis, elle s'en est séparée en 1911, non sans conserver la belle villa de Rozven ( Bretagne) que celle-ci lui a offerte. Missy se suicidera en 1944, abandonnée et à demi ruinée...

Cruelle Colette ? Une grosse abeille ( Mauriac ). Son œuvre transpirerait une «  infernale méchanceté » ( Liane de Pougy), ou le « dessous de bras » ( encore Mauriac!)...

 

oeuf cosmique
oeuf cosmique: vision d'Hildegarde de Bingen

Alors que les grandes œuvres littéraires de ses consœurs européennes et américaines excellent dans la mélanclie – d'Emilie Dickinson à Virginia Woolf, en passant par Anna Akhmatova, Collette la française, si elle eût pu devenir «  favorite à Versailles, elle eût gouverné le roi et le royaume » (Nourissier). C'est par son cantique de la jouissance féminine qu’elle domine la littérature de la première moitié du XXème siècle.

Colette revendique une sensualité polyphonique... dans un dialogue permanent entre ce qu'elle appelle « le pur » et « l'impur », et en se décrivant d'emblée comme un « hermaphrodite mental ».«  Nul, mieux que Colette, n'a su écrire comment la liberté d'une femme ne se conquiert qu'à la condition de s'arracher et à ses pulsions et à l'autre ; et cela, moins pour accéder à une fusion mystique avec le Grand Autre, que pour s'immerger dans un orgasme singulier avec la chair du monde. Lequel la fragmente, la naufrage et la sublime. Et où il n'y a plus ni moi ni sexe, mais des plantes, des bêtes, des monstres et des merveilles : autant d'éclats de liberté. Jamais au-delà du sexe, mais toujours à travers la sexualité, par une exaltation orgasmique du moi dont la souveraineté s'achève dans une joie aux limites de l'extraordinaire, du monstrueux. Telle est la jouissance de Colette, continue et éparse, scrupuleuse et sensuelle : elle comprend la décharge phallique virile sans se limiter à son battement ; elle se prolonge en vibrations rythmées dans les recels de l’Être, qu'elle s’approprie par la justesse musicale de son style ainsi rendu physique. » ( Julia Kristeva : Colette, page 25 )

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Le « genre » entre nature et culture.

Publié le par Perceval

«  On ne naît pas femme, on le devient » ( S. de Beauvoir : le deuxième siècle) signifie que la « féminité » est un concept culturel, au même titre que les croyances, le langage ou la politesse...

Evelyn-Williams_faceinthecrowd.jpgPar « nature », on entend ce qui constitue les caractères propres : il est dans la nature du gland de devenir chêne...

La nature contient en germe les virtualités qui sont appelées à se réaliser...

La « nature » cependant, ne serait pas une sorte d'esprit interne à la chose ( animisme), mais un ensemble de propriétés ( biologiques, génétiques, …) que la science synthétise .

Ce qui est naturel, c'est l'inné et le corps ( en particulier, mais, est-ce le seul … ? ) en est le support. L'acquis, est ce qui est culturel …

Le sexe est une donnée naturelle; qu'en est-il du genre ( féminin ou masculin ) ?

 

La féminité, pourrait s'apprécier comme un « artifice », qui a trait à la manière de vivre, à la morale et au désir... L'érotisme est éminemment culturel .

Evelyn-Williams_question6.jpgÊtre une femme, un homme, ce serait donc s'identifier à tel ou tel stéréotype... aussi, la valeur du féminisme est d'avoir combattu l'idée d'une femme à l'image du désir de l'homme ( la femme-objet ), et d'avoir initié un mouvement d'émancipation... N'est-il pas scandaleux d'avoir attendu si tard pour que les femmes obtiennent le droit de vote ?! Et, si la « guerre des sexes » n'a aucun sens … il faut bien reconnaître qu'elle fut compréhensible...

Aujourd'hui, et dans l'avenir ; il n'est pas évident de penser la pornographie, l'érotisme, et encore moins la mode, au travers de l'idée récurrente de la « femme-victime » …

 

L'essence de la féminité... ?

Evelyn-Williams-the-garden-of-love.jpgDans tout acte courageux, il y a l'essence du Courage... Dans toute femme réside -t-il l'essence de la féminité ? Existe -t-il une dimension intérieure de la féminité ? ( un éternel féminin ?).

Pour Jung, dans les profondeurs de l'âme, naissent les archétypes universels : « anima » et « animus » sont présents en chacun de nous comme formes archaïques. L'âme porte en elle du masculin et du féminin.

La féminité s'exprimerait au travers de manifestations de l'âme qui réside dans les profondeurs de la conscience et ne constitue en rien le moi de surface ; et les expression de surface en sont des interprétations culturelles... ( vierge noire, Sita …).

 

Dans une optique spiritualiste, nous pourrions reconnaître dans l'essence même de la féminité ou du masculin, une part du Sacré : c'est à dire cette part divine qui s'incarne …

Les peintures sont de l'artiste: Evelyn Williams

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Vierge noire St Romain d'Ay Sita  dans le Ramayana

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Dora Carrington et ses passions sans fin -3-

Publié le par Perceval

Selon les proches de Dora, si elle et Lytton, ont bien été amants, ils étaient heureux de s'abstenir de relation physique... Lytton se considérait comme impuissant, et Dora avait des difficultés de se sentir femme... Cependant, chacun a essayé de compenser ce que l'autre ne pouvait donner par le nombre d'aventures...

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 Frances Partridge née Marshall

En 1926, Frances Marshall  est amoureuse de Ralph Partridge; ensemble, ils partent vivre à Londres. . Elle racontera plus tard: «C'était un homme de grande taille, beau et très large d'épaules .... Ses yeux bleus dégageaient une impression de grande vitalité, vitalité cependant tenue en échec … Il m'observait, et je ne pouvais pas m'empêcher de le remarquer. »

 

Dora Carrington, eut une liaison avec Gerald Brenan , un ami de l' armée de Ralph Partridge de 1919 à 1928.  Après la guerre, il avait été présenté au Groupe de Bloomsbury. Brenan avait ensuite déménagé sud de l'Espagne, Carrington avait entamé un échange de correspondance avec lui. 

 

David Garnett, écrit : " Quand elle ( Dora C. ) me parlait, elle semblait confier un secret, et j'ai été flatté... Elle semblait être une adolescente à la puberté... Elle ne surmontait pas sa honte d'être une femme, et ses lettres sont pleines de références à la menstruation. Bien que son désir sexuel ait considérablement augmenté entre sa liaison avec Mark Gertler et Gerald Brenan, un curieux schéma se répétait avec à peu près les mêmes déceptions, les mêmes excuses et les auto-accusations répétées de part et d'autre ..."

Gerald-Brenan-et-Dora-Carrington.jpg Gerald-Brenan-par-Dora-Carrington.jpg
Gerald Brenan et Dora Carrington Gerald Brenan par Dora Carrington


Carrington a développé plusieurs fortes relations affectives avec les femmes. 

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Henriette Bingham peinte par Dora Carrington

En 1923, Dora Carrington renconte Henriette Bingham, la fille de l'ambassadeur américain auprès de la Cour de Saint-James. Carrington poursuit activement Henriette et elles deviennent amantes. Relation tumultueuse...

 

Je pourrais, ainsi, décliner toutes les combinaisons affectives et passionnées entre les membres du groupe de Bloomsbury... C'est un peu trop pour ici !

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Dora Carrington, Stephen Tomlin, Walter John Herbert  Sprott and Lytton Strachey  1926 Dora Carrington_ Julian Ottoline Vinogradoff (née Morrell) with her pug Soie_ Michael Llewelyn Davies_ Ralph Partridge

Dora Carrington écrit dans son journal en 1929 que ses relations sexuelles ont un impact négatif sur son art. «Je voudrais cette année (puisque pour la première fois je suis « libre ») faire plus de peinture. Mais c'est une résolution que je fais depuis dix ans... !"  Cependant, elle commence une relation avec Bernard ('Beakus') Penrose, un ami de Partridge et le frère cadet de l'artiste Roland Penrose.... etc

 

Dora Carrington semblait posséder un charme magique qui attire et a attiré de nombreux artistes : En plus de ceux qu'elle a aimé, il faudrait citer : DH Lawrence, Wyndham Lewis, Rosamund Lehmann, Aldous Huxley …

.En Novembre 1931, Strachey devient gravement malade et à la fin de Décembre, un cancer à l'estomac laisse présager le pire... Carrington tente de se suicider , mais Partridge la sauve. Elle récupére suffisamment pour passer les derniers jours de la vie de Strachey à le soigner.

Il décéde en Janvier après dix-sept ans de vie avec Dora. 

Dora Carrington devient dépressive, elle emprunte l'arme d'un voisin, et se tire une balle. Ralph Partridge, Frances Marshall et David Garnett arrivent à temps, à Ham Spray House, pour lui dire adieu. Elle venait d'avoir 39 ans .

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Peintures de Dora Carrington ( 1893-1932 )

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Le " mystère " avec Barbara Cassin

Publié le par Perceval

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Barbara Cassin ( 1947- ) est une philologue et philosophe française. Directrice de recherches au CNRS.

"Je recommanderais d'aller visiter la villa des Mystères, à Pompéi. D'abord parce qu'elle est de toute beauté, mais aussi parce qu'elle est pleine de couloirs, de détours, de pièces imprévues, très sombres, très claires. Et que sur la fresque des murs se déploie, en toute splendeur, on ne sait quoi au juste : les apprêts d'un mariage, une initiation aux mystères dionysiaques, les deux ? Le fond est de ce rouge pompéien intime et grandiose. Il y a des personnages qui regardent, placidement ou pensivement : une femme mûre qui saurait déjà, un amour appuyé sur une lance ; la fiancée, tout à son ignorance, ne voit qu'elle en son miroir ; et puis il y a ceux qui détournent le regard, mais de quoi ? Une femme agenouillée à demi nue se cache le visage, et dans les yeux d'une autre qui s'enfuit on lit quelque chose comme « l'effroi/la joie », comme l'a formulé René Char. On sent que cette initiation est une initiation au moins autant du corps que de l'âme, avec, paraît-il, dans un van d'osier, un phallus invisible, que l'on dévoile pourtant. Les nudités y sont sexuées, mystérieusement sexuées, entre dieux, silènes, bacchantes, servantes, bergers aux oreilles de faune, enfant botté, vie ordinaire et vie extraordinaire mêlées, si bien que des actes aussi courants que lire, porter, laver, allaiter, boire, et surtout regarder, n'ont plus tout à fait le même sens. L'identité, le rôle de chacun, ne va pas de soi."

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"Lorsqu'on voit aujourd'hui les jeunes mariés napolitains venir se faire photographier à la villa, avec au détour d'un couloir ces jeunes femmes en robe blanche immaculée et froufroutante, on perçoit que quelque chose du mystère s'est perpétué. Il a été transmis par les murs, comme un rite de passage."

Le mystère est lié aux cultes à initiation. On est initié à des mystères. C'est le cas dans les religions gréco-romaines, en particulier dans le culte de Déméter pratiqué à Pompéi. Le verbe grec à l'origine de mystère, c'est muein, qui veut dire « se fermer », en parlant des yeux, des lèvres, des fleurs, des coquillages. Il se dit aussi des blessures en train de cicatriser, ou de la terre, des forêts, des vents apaisés et silencieux. Il a donné le mot « myope » : celui qui ferme les yeux pour mieux voir... En grec, on distingue celui qui est en cours d'initiation et celui qui est parvenu au degré suprême, donc après l'initiation. Le premier, le mystês, ferme les yeux, parce que ce qu'on lui montre est trop aveuglant. Et tient les lèvres closes, parce qu'il ne doit pas révéler ce qui doit demeurer secret. Le second au contraire, l'epoptês, regarde bien en face, il a les yeux grands ouverts. « Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille », ce vers de Baudelaire décrit pour moi parfaitement l'atmosphère du mot mystère.

Le « mystique », c'est celui qui va jusqu'au bout  du « mystère », jusqu'à l'intuition, l'extase,  l'union intime et directe avec Dieu.

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L'initié et la Menade    IIe Style  Pompei, Villa des Mystères

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Toilette de la jeune femme  -  IIeme Style  Pompei, Villa des Mysteres

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La Revelation - IIe_Style_Pompei_Villa_des_Mysteres

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Dora Carrington et Lytton Strachey -2-

Publié le par Perceval

Dora Carrington se lie d'amitié avec Philip Morrell et Ottoline Morrell . 

Dora-Carrington---Partridges-et--Strachey.jpgDora Carrington , Partridges et  Strachey

En 1915, les Morrells achète Garsington Manor près de Oxford et il devient le lieu de rencontre pour les « intellectuels de gauche » de 1886 à 1919: le fameux "Bloomsbury". On y trouve : Virginia Woolf , Vanessa Bell , Clive Bell , John Maynard Keynes , EM Forster , Duncan Grant ,Lytton Strachey , Dora Carrington , Bertram Russell , Leonard Woolf , David Garnett , Desmond MacCarthy ,Dorothy Brett , Siegfried Sassoon , DH Lawrence , Frieda Lawrence , Ethel Smyth , Katherine Mansfield ,Goldsworthy Lowes Dickinson , Thomas Hardy , Vita Sackville-West , Herbert Asquith , Harold Nicolson et TS Eliot .

Carrington devient particulièrement proche de Katherine Mansfield . 

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Mark Gertler in his studio, 1920 Thomas Stearns Eliot, Mark Gertler, et Lady Ottoline Morrell sa protectrice.

 

Le couple Morrell, interfère dans les relations entre Carrington et Mark Gertler. Philipp après le dîner prend à l'écart Dora, pour lui reprocher son refus d'avoir des relations sexuelles avec Mark... Dora est furieuse ! Ottoline reprend la conversation, jusque loin dans la nuit... Elle se sent comprise.

Carrington, et Ottoline ont une relation physique.

Dora Carrington - Lytton Strachey -
Par Dora Carrington :   Lytton Strachey -

Carrington, s'est laissée convaincre, elle vit des relations sexuelles avec deux hommes, Gertler, et Strachey. En 1917, elle quitte Gertler, pour aller vivre avec Strachey dans un moulin loué ( Mill House)

 

L'année suivante, elle rencontre Ralph Partridge, un ami d'Oxford de son jeune frère Noël.

Dora Carrington et Lytton Strachey entament tous les deux une liaison avec Partridge... Elle épouse Partridge en 1921, et Strachey paye le mariage. Tous les trois partent à Venise, pour leur lune de miel.

 

Frances Marshall  écrit sur cette période « Son amour pour Lytton était le centre de sa vie, mais elle était loin d'être indifférent aux charmes de jeunes hommes ou de jeunes femmes de passage, elle était pleine de vie et aimait s'amuser, mais rien ne pouvait interférer avec l'attachement qu'elle portait à Lytton. Aussi, si elle a répondu à l'amour de Ralph, elle a d'abord fait son possible pour le détourner de son désir de l'épouser. Quand à la fin elle a donné son accord, c'est en partie pour le rendre heureux, et en partie parce qu'elle connaissait le lien fort qui unissait Ralph et Lytton. »

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Lytton Strachey & Ralph Partridge in France Dora Carrington


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Dora Carrington (1893-1932) -1-

Publié le par Perceval

Slade-School-of-Fine-Arts-de-pique-nique--circa-1912.jpgSlade School of Fine Arts de pique-nique, circa 1912

 

Dora Carrington (1893-1932), reçoit une éducation très puritaine. Ses professeurs décèlent chez Dora un talent artistique. En 1910, son père accepte qu'elle fréquente  l'école d'art Slade à Londres , elle y rencontre Mark Gertler qui est «  le génie du lieu, et le plus grave... . Elle commence une liaison avec ce dernier. 

Frances Marshall ,amie de Dora Carrington en 1914, dit d'elle: 

Dora Carrington , Barbara Hiles et Dorothy Brett en 19
Dora Carrington , Barbara Hiles et Dorothy Brett en 1911

«Elle était une figure joyeuse et populaire avec ses grands yeux bleus et sa chevelure épaisse de la couleur du blé... Elle avait le sens de la fantaisie et du plaisir, et elle était d'une compagnie charmante... Ses peintures à l'huile ont été fortement influencées par Mark Gertler dans leur soin, la technique lisse, les effets de densité et une richesses des couleurs... Ottoline Morrell la compare à « un poney des landes, sauvage »

Elle n'employait pas son prénom "Dora", préférant qu'on l'appelle "Carrington". Elle devint très proche de Dorothy Brett et de Barbara Hiles toutes deux à l'école Slade. Brett et Hiles copiaient Carrington, ainsi en 1911 quand elle coupe ses cheveux longs,. Elles sont nommées les «Cropheads Slade» et fixent la mode chez les étudiantes....

Dora est très courtisée : Mark Gertler,  CRW Nevinson, Albert Rutherston , David Garnett , tous tombent amoureux... Son éducation lui a appris à réprimer ses sentiments les plus intimes. Elle est encore à la recherche de l'âme soeur platonique, et Gertler se plaint de son manque de passion (physique en particulier...).

Dora Carrington quitte la Slade School en 1914. Elle manque de confiance et elle est réticente à exposer ou même à signer son travail. Cependant, elle a des amis qui ont toujours essayé d'aider sa carrière. Ainsi, Virginia Woolf lui commande plusieurs travaux (Elle couvrit de fresques l'intérieur de Ham Spray et réalisa des bois gravés pour la Hogarth Press, la maison d'édition de Virginia Woolf.)...

 

Aldous Huxley tombe sous le charme de Carrington au cours de cette période. Elle, apprécie sa compagnie, mais elle ne tient pas à avoir une relation physique avec Huxley. Elle partage alors à  Dorothy Brett sa volonté de « rester une vestale » pour le reste de sa vie …

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Strachey et Carrington

Le 16 Avril 1915, elle écrit à Gertler qui se plaint: « Ne croyez pas que je me réjouisse d'être sans sexualité, mais cela est mieux pour moi... Cela m'est douloureux aussi. »

 

Elle rencontre alors, Lytton Strachey qui semble attiré par Dora, il tente de l'embrasser, mais elle éprouve une sorte de dégoût du fait de sa barbe hirsute... Selon la légende, Carrington la nuit suivante alla jusque dans la chambre de Lytton avec l'intention de couper la barbe détestable. Au lieu de cela, elle est fascinée par ses yeux, qui s'ouvrent brusquement et la regardent attentivement . A partir de ce moment, les deux sont devenus presque inséparables.  

Tout le groupe de Bloomsbury, s'entendait à penser que le couple « Carrington - Strachey », était le plus improbable qu'ils eurent pu imaginer … !


 

Lytton Strachey (1880-1932) , homosexuel, et objecteur de conscience, passa son temps avec des personnes qui partageaient ses convictions, comme Lady Ottoline Morrell et les Bloomsberries. Il a rencontré un succés littéraire avec les « Victoriens éminents » des biographies de grandes figures de l'époque victorienne. Avec un humour froid, irrévérencieux, il y exposait les faiblesses humaines et ce qu'il voyait comme l'hypocrisie au centre de la morale victorienne.

C'est à la campagne chez Virginia Woolf que Lytton Strachey rencontre Dora Carrington à l'automne de 1915. Il a trente-cinq ans, des bras et des jambes arachnéens, des dents gâtées, une barbe hirsute et, par delà ces déficiences physiques, une préférence avouée pour les hommes. De son côté Carrington affiche une fantaisie débridée, des manières gauches et le tempérament impulsif d'une jeune peintre de vingt-deux ans. Comment Lytton, l'érudition personnifiée, homosexuel qui redoutait les femmes, sera-t-il séduit ? Comment Dora, sauvageonne pudibonde, tombera-t-elle sous le charme de l'escogriffe à la voix de fausset ?

Virginia-Woolf-looking-impossibly-glamorous-with-Lytton-Str.jpg 

Virginia Woolf looking impossibly glamorous with Lytton Strachey...!

 

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