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Mathilde Kindt ( épouse Stevens ), pseudo : Jeanne THILDA (1833-1886)

Publié le par Perceval

Mathilde Stevens, née Kindt, fut une des figures emblématiques - aujourd'hui oubliée - du Second Empire et de la Belle Époque.Thilda-Jeanne.jpg

Camille Delaville (1838-1888) – journaliste qui incarne l’image de la femme instruite, indépendante, émancipée...- elle collabora au lendemain de la Commune à plusieurs journaux, sous différents pseudonymes. - décrit ainsi Mathilde :  " grande femme à la fois grasse et mince, mais dont la carnation rappelle un peu les figures de Rubens dans ses toiles modérées ; elle a les yeux bruns, les cheveux artificiellement dorés en faune, la bouche rieuse […] et de l'esprit à revendre ; c'est une personne littéralement étourdissante ; aussi est elle entourée avec enthousiasme, partout où elle va" Camille Delaville, " Courrier de Paris " in Les Matinées Espagnoles, juin 1883 .

MATHILDE-stevens-Thilda-Jeanne.jpg

 

 

 

Née à Bruxelles en 1833, Mathilde Kindt grandit dans un milieu aisé et cultivé : son père est sénateur bruxellois. Elle épouse en 1856 le critique et marchand d'art Arthur Stevens, le frère des peintres Joseph et Alfred Stevens. Ils divorceront en 1863 ou 1870, selon les sources. L'année de leur mariage le couple s'installe à Paris.

Armand Silvestre ( 1837-1901 ), écrivain français, romancier, poète, conteur, librettiste et critique d'art, publie au «  Gil Blas », et est ami de Guy de Maupassant, nous apprend que «  le blanc est sa couleur préférée. […] Elle est passionnée de Gounod en musique et de Delacroix en peinture. Victor Hugo et Banville sont ses poètes, Gustave Flaubert son prosateur. Son parfum favori est le Ylang-Ylang "

Alors que son époux devient le marchand des peintres de Barbizon et soutient Millet,Corot, Daubigny, Whistler et Courbet, Mathilde tient un des salons les plus courus de Paris.

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S'y réunissent Baudelaire, un ami du couple et dont Alfred Stevens favorisera la venue à Bruxelles,Flaubert, Gautier, Renan, Tourgueniev, Verlaine, Offenbach, Rimski-Korsakov. Si elle séduit Barbey d'Aurevilly, Gambetta, elle inspire à son ami Maupassant : Mme Forestier, figure féminine majeure de Bel Ami (1885). 

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Bel Ami de Maupassant

Elle est la séductrice, l'égérie des hommes politiques, la femme de tête, capable de faire et de défaire l'avenir d'un jeune loup.

Mathilde Stevens ne se contente pas de jouer les égéries et les salonnières, elle se lance également dans une carrière littéraire. Elle débute en 1858 avec Le Roman du Presbytère, sous le pseudonyme Mathilde Hamelinck. Sa parution en feuilleton dans un quotidien bruxellois est rapidement interrompue : certains passages étaient susceptibles de choquer les lecteurs. 

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L'année suivante, elle donne ses Impressions d'une femme au Salon de 1859 en feuilleton dans Le Monte Cristo, journal d'Alexandre Dumas père, un habitué de ses réceptions. ... . Ses écrits piquent la curiosité du public et Mathilde Stevens voit son ouvrage réédité une vingtaine de fois. Définitivement lancée, la jeune femme débuta " sérieusement comme journaliste à La France sous le règne de Girardin, mais là, elle écrivait des choses anodines ; une fois au Gil Blas, elle a pu se livrer à sa verve étonnante et on s'arrache le journal le jour où ses articles, très pimentés et très littéraires y paraissent " . Signant Jeanne Thilda, elle donna jusqu'à la fin de sa vie une chronique hebdomadaire à ce journal républicain conservateur. Elle puise le sujet de ses chroniques dans les sphères artistiques parisiennes où elle évolue, défendant des auteurs comme Maupassant, Barbey d'Aurevilly ou encore George Sand, ou au contraire fustigeant les hommes politiques les plus en vue, les peintres comme Gérôme qui se vengea en provoquant en duel Arthur Stevens. En 1882, elle signe également dans Le Passant, revue de Camille Delaville, quelques articles.

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Rendant hommage à son amie Mathilde Stevens, décédée en 1886 suite à une longue maladie, Camille Delaville écrivait qu'elle " avait un talent tout spécial : c'était à la fois celui d'un fin lettré du XVIIIe et celui d'une parisienne quintessenciée de notre époque outrancière ", elle possédait " un style d'étrange exquisité, doué d'une bizarre saveur, c'était son secret que jusqu'ici aucun écrivain féminin n'a trouvé, même les authoresses qui ont plus de talent qu'elle

sources : Nelly Sanchez, et Claude Arthaud

 

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Dorothy Parker: à lire ... -2-

Publié le par Perceval

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Dorothy Parker fut un modèle pour bon nombre d'Américaines. Brillante en société, poète, romancière, critique de théâtre et scénariste très courtisée, ses réparties en font une sorte de Guitry new-yorkaise.Elle n'épargna point ses contemporains, ni les hommes, ni les femmes, ni elle-même, et il faut voir ces bourgeoises décrites comme autant de masques déformés.

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De gauche à droite:Art Samuels, Charlie MacArthur, Harpo Marx, Dorothy Parker, et Alexander Woollcott

"Dottie" vécut une bonne partie de sa vie en pension à l'hôtel sans jamais un sou devant elle.

La plume assassine, le verbe qui claque comme un coup de trique, l'ironie sans concession, l'humour ravageur... sont tout ce qui caractérise le style alerte de Dorothy Parker

 *****

  • "Big Blonde" est une nouvelle incontournable. Elle reçut en 1929 la plus haute récompense américaine qu'est le prix O'Henry. Somerset Maugham y décellera un chef d'oeuvre.

  • A lire : « La Vie à deux », un recueil de nouvelles où les petits ratés de la vie de couple prennent souvent l'allure d'une tragi-comédie...

  • « Mauvaise journée demain » : recueil de courtes histoires dans lequel l'auteure brosse le portrait d'hommes et de femmes dans les années 30 et décortique leurs travers. Et c'est toujours d'actualité.

Un film sur la vie de l'écrivain new-yorkaise est sorti en 1994. Intitulé 'Dorothy Parker', c'est Jenifer Jason Leigh qui en tient le rôle-titre.  

*************

Et, pour en voir beaucoup plus .... C'est ICI: http://www.youtube.com/playlist?list=PL08EA9E04F33116A0

 

Extrait de Hymnes à la haine (Hate Verses), ici dans la traduction de Patrick Reumaux.

Je hais les Femmes :
Elles me portent sur les nerfs.

Il y a les femmes d'Intérieur...
Ce sont les pires.
Chaque instant est ficelé de Bonheur.
Elles respirent avec méthode
Et pour l'éternité se hâtent à grand pas vers la maison
Où il faut surveiller le dîner...
Il y a aussi les douces
Qui disent avec un tendre sourire « L'argent ne fait pas le bonheur »
Et ne cessent de me faire admirer leur robe
En me confiant : « Je l'ai faite moi-même »...
Et vont épluchant les pages féminines des magazines ;
Toujours à essayer de nouvelles recettes...
Ah, que je les hais, ces sortes de femmes !

Et puis il y a les Petites Fleurs Sensibles.
Les Pelotes de Nerfs...
Elles ne ressemblent pas aux autres et ne se privent pas
De vous le rappeler.
Il y a toujours quelqu'un pour froisser leurs sentiments,
Tout les blesse... très profondément,
Elles ont toujours la larme à l'œil...
Ce qu'elles peuvent m'enquiquiner, celles-là, à ne parler jamais
Que des Choses Réelles,
Des choses qui Importent Vraiment.
Oui, elles savent qu'elles aussi pourraient écrire...
Les conventions les étouffent :
Elles n'ont qu'une seule idée, partir...partir Loin de Tout !
Et moi je prie le Ciel : oui, qu'elles foutent le camp !

Et puis, il y a celles qui ont toujours des Ennuis.
Toujours.
En général avec leur Mari...
On est injuste avec elles,
Personne jamais ne les comprend, ces femmes.
Elles arborent un petit sourire désenchanté
Et quand on leur parle elles sursautent.
Elles commencent par vous dire que leur lot est de souffrir
En silence :
Personne ne saura jamais...
Et en avant le déballage...

Et puis, il y a les Madame-Je- Sais-Tout.
Elles sont la peste !
Elles savent tout ce qui de par le monde arrive
Et sont au régal de vous en informer.
Il est de leur devoir de corriger les impressions fausses,
Elles connaissent les Dates de Naissance, les Second Prénoms
De tout un chacun
Et leur être sue la Banalité Factuelle.
Pour moi, elles sont l'Ennui !

Il y a aussi celles qui s'avouent Incapables de Deviner
Pourquoi tant d'hommes sont fous d'elles !
Elles vous disent qu'elles ont essayé mais en vain.
Elles vous parlent du mari d'une telle :
Ce qu'il a dit
Et sur quel ton...
Ensuite elles soupirent et demandent :
« Chérie, en quoi cela d'ailleurs me concerne-t-il ? »
Ne les détestez-vous pas, celles-là, vous aussi ?

Il y a enfin celles qui ont toujours le Sourire aux Lèvres.
Elles ne sont pas mariées,
Passent leur temps à distribuer de menus cadeaux,
A préparer de petites surprises,
Elles me conseillent de prendre, comme elles, les choses
Du Bon Côté.
Ah, que deviendraient elles si elles venaient à perdre leur sens
De l'humour ?...
Et moi qui brûle de les étrangler !...
N'importe quel jury m'acquitterait.

Je hais les femmes :
Elles me portent sur les nerfs. 

 

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Jacob Kramer, 'Dorothy Parker' 1928

 

 

*****

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Dorothy Parker en 1945

   

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Dorothy Parker: biographie -1-

Publié le par Perceval

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Algonquin Round Table Campaign

À compter de 1920, un groupe d'écrivains, d'éditeurs et de beaux esprits se réunirent durant une dizaine d'années à New York, à l'Hôtel Algonquin, sous le nom d'Algonquin Round Table. Surnommé par ses propres participants «le Cercle vicieux», ce salon comportait aussi une sympathique brochette d'alcooliques invétérés et d'illustres inconnus de la littérature.

Dorothy Parker by Vivienne Strauss

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Autour d'une table de l'hôtel Algonquin, dans les années 1920: avaient l'habitude de se réunir une série de personnages marquants du monde du théâtre, de la presse et de l'édition: une seule femme, Dorothy Parker (1893-1967) la seule d'entre eux à être passée dans la postérité.

Malgré la prohibition, on s'y rencontrait, on buvait, on discutait, on cancanait et on buvait encore ...

Dorothy Parker, née à Long Branch (New Jersey) le 22 août 1893  d'une famille d'origine juive allemande. Elle s'entend mal avec sa famille, en particulier avec sa belle-mère. Elle est élevée dans une pension catholique... Après la mort de son père en 1913, elle joue du piano dans une école de danse pour gagner sa vie.

Dorothy-Parker-2.jpegElle vend son premier poème à Vanity Fair Magazine en 1914, puis débute dans la critique littéraire et théâtrale... Elle agace les producteurs, et est renvoyée... Elle a eu le temps de se faire un nom, et rejoint le « New Yorker ». Ses éreintements sont très mordants comme ses enthousiasmes sont communicatifs. Elle publie dans cette presse new-yorkaise des poèmes plutôt désabusés qui, réunis en recueil, font un grand succès de librairie en 1928, avec de nombreuses rééditions.

En 1917, elle rencontre et épouse un courtier en valeurs mobilières de Wall Street : Edwin Parker.

Elle se sépare de son mari, et divorce en 1928. Elle eut divers amants dont le journaliste-dramaturge Charles Mac Arthur,  et l'éditeur Collins Seward . Sa relation avec Mac Arthur aboutit à une grossesse. Elle avorte, et tombe dans une dépression avec une première tentative de suicide. 

Dorothy Parker a connu trois mariages (deux avec le même homme) et a survécu à plusieurs tentatives de suicide, mais elle est de plus en plus dépendante de l'alcool.

Dorothy Parker commence à militer politiquement, en particulier avant l'exécution de Sacco et Vanzetti ( 1927 ) . Elle se rend à Boston pour protester contre la procédure. Elle et sa collègue Ruth Hale sont arrêtées.

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Dorothy Parker et son mari, Alan Campbell. 1937

Dans les années 1950, elle est l'une des victimes du maccarthysme et inscrite sur la liste noire du cinéma ; elle a aidé à fonder la « Hollywood Anti-Nazi League » en 1936.

Son mariage avec Alan Campbell (12 ans plus jeune qu'elle ), en 1934, est orageux, avec des tensions exacerbées par la consommation d'alcool de D. Parker, Alan entretient une liaison avec une femme mariée, alors qu'il est en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils divorcent en 1947, puis se remarient en 1950 .

Avec Robert Carson et Campbell, elle écrit le scénario du film « Une étoile est née » 1937 , pour lesquels ils ont été en nomination à l' Academy Award du meilleur scénario.  Elle a écrit un dialogue supplémentaire pour « The Little Foxes » en 1941 et reçoit une autre nomination aux Oscars, avec Frank Cavett, pour « Smash-Up » 1947 : l'histoire d'une femme , qui met en vedette Susan Hayward .

 

Elle meurt seule dans une chambre d'hôtel avec son chien et une bouteille d'alcool, à l'âge de 73 ans.

Elle légue ses biens au mouvement de Martin Luther King.

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La " Ziegfeld girl "

Publié le par Perceval

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Alfred Cheney Johnston (1885-1971) est né à New York. A l'âge de 18 ans, il s'inscrit à l'Art Students League de New York, et plus tard, à la National Academy of Design de New York afin de devenir illustrateur.

Son mentor Charles Dana Gibson, créateur de la "Gibson Girl", une icône américaine de la fin du XIXe et au début du XXe siècle le persuade de se spécialiser dans le portrait photographique.

Vers 1916 les photographies de Cheney retiennent l'attention de Florenz Ziegfeld: Il l'invite à devenir le photographe officiel des « Follies ». Ses photos deviennent rapidement très populaires .

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En 1893, le père de Ziegfeld ouvre les portes du Trocadéro, une discothèque qui mélange musique classique et de la variété... Après avoir sauvé son père de la faillite ; il tente sa chance à Broadway ; au cours des douze prochaines années Ziegfeld produit sept comédies musicales à Broadway, chacune fonctionne pendant quelques semaines à New York avant les tournées.

Dès le début, Ziegfeld offre à son public, une combinaison de spectacle visuel créatif, de comédie d'actualité et des belles filles...

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Après la "Gibson Girl", Alfred Cheney Johnston crée la «Ziegfeld girl" qui est devient le nouveau standard de la beauté pour une nouvelle génération d'Américains.

Sa photographie de nu redéfinit le genre, à la faveur d'un érotisme raffiné, à côté de la carte postale « vulgaire » française... L'approche de Cheney est picturale, parfois même il peint directement le fond sur le négatif.

Alfred-CHENEY-JOHNSTON--1884-1971--by-Catherine-La-copie-3.jpg Alfred-CHENEY-JOHNSTON--1884-1971--by-Catherine-La-copie-4.jpg

Cheney a eu une carrière très lucrative grâce aux « Follies » jusqu'àu krach boursier de 1929. Les Follies sont durement touchées: Ziegfeld perd tout son argent et meurt en 1932. 

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Ici, le Ziegfeld Follies de Broadway a été mal orthographié, il s'agit d'une image de la bande-annonce du prochain film The Great Gatsby ...

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La " Gibson Girl "

Publié le par Perceval

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Il y a d'abord un coup de cœur pour de magnifiques photos … Elles datent des années 20, et l'auteur américain en est : Alfred Cheney Johnston(1885-1971). Ces jolies demoiselles travaillent dans des revues de music-hall appelées les « Ziegfeld Follies ».

*****

Auparavant: ...


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Gibson Girl by Charles Dana Gibson Gibson Girl

L'histoire de ce travail commence : vers 1887 quand la première vraie représentation de l'idéal de la beauté américainevoit le jour sous les pinceaux de Charles Dana Gibson (1867 -1944). Evelyn-Nesbitt-EternalQuestion.gifElle est principalement représentée au crayon ou à l'encre de Chine. On lui donne le nom de « Gibson Girl » 
La Gibson Girl est grande, mince mais avec de la poitrine, des hanches. Elle porte un corset qui souligne ses courbes en forme de « S ». Elle a les traits fin et elle est belle.

 

La Gibson Girl la plus célèbre était probablement l'actrice de théâtre Américo-Danoise, Camille Clifford, avec une coiffure très haute imposante, les robes élégantes enroulées autour de sa silhouette de rêve (en forme de sablier) et corsetée étroitement lui donnant une taille de guêpe.

 

 

On retient également: Florence Evelyn Nesbit (1884 - 1967) qui fut une danseuse de revue américaine. Attirant l'attention par sa beauté frappante, elle posa pour plusieurs artistes et photographes de renom.

 

 

Le développement de la « Gibson Girl» à partir de 1890, crée une popularité et une mode qui déclinent après la Première Guerre Mondiale... 

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Camille Clifford Evelyn Nesbit


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Schéhérazade, entre orient et occident 2: Joumana Haddad

Publié le par Perceval

Joumana Haddad est une femme «  en colère », en particulier si on parle de Schéhérazade... Joumana Haddad, née à Beyrouth en 1970, est poètesse, secrétaire générale du Booker Prize arabe, responsable des pages culturelles du « Nahar » et du premier magazine érotique en langue arabe, « Jasad »... elle a publié « J'ai tué Schéhérazade » (Actes Sud) en 2010, et Le retour de Lilith en 2004, recueil dans lequel elle retrace le mythe de la première femme. Elle parle sept langues et prépare un doctorat ayant pour thème la traduction poétique.

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            Joumana Haddad, écrivaine et journaliste libanaise Odile de Schwilgué née en 1952 à Strasbourg,
études aux Arts Décoratifs de Strasbourg

Joumana Haddad, dans la quarantaine, offre le portrait d'une séduisante femme arabe cultivée, polyglotte et émancipée. Bravant les interdits d’un conservatisme aveugle, elle a osé écrire de la poésie érotique. Ecrits qui lui ont valu d’ailleurs des menaces de mort.

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Pour Joumana, Schéhérazade - intarissable conteuse et incurable bavarde - a assez fabulé, jacassé, biaisé (tout en n'excluant pas de baiser), trompé et retardé les moments fatals ou d'ennui... Il est temps qu'émerge une nouvelle Schéhérazade, moins image de carte postale d'un Levant magique entre danseuse de ventre, cuisinière émérite ou bobonne dans l'ombre. En termes plus directs, la femme ni putain ni potiche.
Pour cette quête redéfinissant une nouvelle féminité, assumant en tout équilibre et conviction : maternité, succès professionnel, besoins du corps et intermittences du cœur, au rythme contemporain, Joumana Haddad s'est lancée dans un récit-analyse mêlant témoignage personnel, méditations, réflexions, cris et poésie, dans un style vif, incisif et pétulant. 

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*****

Les deux petits livres illustrés : JouManiyat et Kitab eL-jiM (2012) , sont une Introspection sans préjugés à travers les vocables, avec un sens païen du plaisir et de la volupté, jusqu’au plus profond de l’être. L’autre et le poème sont inspiration et nourriture. Plongée aux abysses de soi pour mieux retrouver tous les miroirs intérieurs, elle fouille sans complexes dans les viscères pour tirer au clair même ce qui est nauséeux, voyage intrépide au gré du flux du sang pour emboîter le pas au pouls de la vie. Bain de salive, de semence, de lait, débauche des sens en tous sens pour la volupté du corps et la vibration de la peau. On entre ici en terrain intime dès le premier jet de mots, dès le premier cri de la naissance. Véhémente, farouche, prédatrice, féline, rebelle, redoutable cavalière d’une traversée humaine sans frontières ni barrières, l’auteure revendique le droit à la liberté, à la singularité, au rêve, à l’indépendance, à la copulation, à l’isolement, à l’épanouissement, à la créativité. Une femme qui dit tout cela, sans crainte de représailles, dans un monde régi par les hommes, est-ce du toupet, du cran, de la révolte, du défi, de l’inconscience, ou de la poudre aux yeux, de la surenchère, de la provocation ? Bien sûr la poésie est le royaume de la métaphore, mais les vents de la réalité n’en sont pas moins perceptibles. (Edgar DAVIDIAN dans l'Orient Littéraire)

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Cette volonté farouche de s’affirmer passe alors par un meurtre salutaire: tuer Schéhérazade, obligée de quémander au pouvoir masculin sa liberté, ses droits et le respect qui lui est dû. Tuer cette instigatrice qui entretient l’infériorité des femmes, alors que ses droits fondamentaux  - Le droit de vivre. De choisir. D’être libre. D’être soi même - devraient être des acquis indiscutables». Joumana Haddad.

 

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Shéhérazade, entre orient et occident 1: Jacqueline Kelen.

Publié le par Perceval

Extraits d'interviews de J. Kelen, par Anne Ducrocq, et Anik Doussau

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Jacqueline Kelen: écrivaine initiatrice Albena Vatcheva, peintre

«  Shéhérazade : et, cette extraordinaire descente aux enfers qu'elle propose à l'homme impérieux qui doit se taire pendant mille nuits. Et à la fin de ce huis clos, l'amour émerge, l'amour dont l'homme ne connaissait justement que l'érotisme, non l'érotique. Toutes les grandes femmes des mythes me semblent être de grandes amoureuses, des Dames d'Amour, comme la Dame à la Licorne. La Reine de Saba est une autre figure extraordinaire, une belle "païenne" qui va voir un Roi Salomon au fait de sa puissance pour le conquérir. Mystère insondable dont on ne sait rien. On ne peut rien saisir, et c'est pour ce rien, ce mystère de l'autre, qu'il nous faut entreprendre le voyage. La Reine de Saba n'a laissé aucune trace, c'est pour moi le symbole même de l'amour et de l'érotique."

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Tout de même, elle a eu de la chance, la Magdeleine : elle a rencontré un homme aussi fou qu’elle, et aussi épris d’absolu. Et la petite Reine des sables, qui a voyagé jusqu’à Salomon pour lui poser des énigmes et lui faire oublier sa sagesse ! Isis s’est affrontée à la mort et à Seth, le meurtrier, tandis que Shéhérazade tenait tête à un affreux misogyne, au demeurant Sultan de Bagdad, pendant des myriades de nuits. »

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- Ne craignez-vous pas de choquer en mettant sur le même plan la relation physique entre un homme et une femme, et la spiritualité ou l’expérience mystique ?

« Si j’en choque certains, c’est parce que nous voyons tout en termes antinomiques: on a voulu séparer le corps et l’esprit comme si la spiritualité était d’ordre mental. Comme si elle impliquait de renoncer aux sensations, aux émotions et à la plus belle chose qui soit en ce monde: le désir. Ce serait une spiritualité d’eunuque. Si nous sommes vivants, nous sommes dans ce corps qui nous a été donné et l’amour, alors, passe par lui. Or, peut-être parce que la femme a la possibilité d’héberger en elle un enfant, elle est moins portée que l’homme à dissocier le corps et l’âme. Elle a gardé plus que lui le souvenir que le corps est sacré et qu’il est infiniment précieux. Elle reste la mémoire de ce lieu de plénitude et de lumière qu’est le paradis… »

« Dans l’acte amoureux, la femme fait cadeau à l’homme de son corps à lui, elle lui donne le sens de son corps à lui. Il est rare, en effet, que l’homme ait un contact juste et amical avec son corps. Même un sportif ou un homme très actif n’est pas vraiment dans son corps. Il n’éprouve aucune reconnaissance à son égard. Mais dans l’étreinte, l’homme prend conscience que son corps est infiniment plus qu’un corps. Il s’éveille à cette dimension d’éternité où tout se rejoint, le corps, l’esprit et l’âme, le ciel et la terre, ici et là-bas… »

«  La femme a un peu perdu contact avec elle-même, avec sa nature féminine. Les féministes de la première heure contesteraient violemment cette notion de nature féminine… Mais, pour moi, ce qui fait le fondement même de l’éternel féminin, c’est la capacité qu’a la femme à aimer, sa faculté de transfigurer le monde visible et de montrer qu’il peut prendre une autre dimension grâce à l’amour qu’elle incarne. »

      Albena-Vatcheva-7.jpg 

« Aujourd’hui, trop de femmes ne cherchent plus l’amour mais un homme dans leur vie. Aimer fait peur, c’est une expérience qui envahit tout l’être, le bouleverse, le déborde et le dépouille. Si l’amour vient du cœur... il dure par-delà le conflit, la séparation, le trépas. Aimer est une grâce et une gravité. ( … )

« Une femme, tout particulièrement, devrait inviter à cette aventure chevaleresque et à cette passion qu’est l’amour. Quand on considère le code de le Fin’Amor (“parfait amour”) des xiie siècle, quand on lit les poèmes et les romans courtois du XIIe et XIIIe siècles ainsi que les récits mystique des Fidèles d’Amour persans, c’est toujours la Dame - une femme “sage et belle”, autant dire éveillée - qui inspire et oriente chevaliers et troubadours dans leur quête. »

(… ) l’amour humain est d’abord une union mystique des âmes et des esprits. Ensuite seulement, et comme de surcroît, l’union des corps peut s’accomplir, tels un cantique et une prière.

«  Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d’imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... » (… ) Avoir une “bonne vie”, c’est tout embrasser, ne rien rejeter, c’est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...

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«  Qui a imaginé le conte de La Belle au bois dormant, de la jeune fille passive attendant que le courageux prince la réveille ? Dans nombre de traditions, c’est la femme (le principe féminin) qui anime, éveille, réveille ; c’est la femme (Reine) qui va au-devant de l’homme, qui va le tenter, le séduire, le dérouter, lui faire perdre tête, ou le ressusciter. Notre époque actuelle est celle de l’homme au bois dormant, de l’homme qui attend, qui n’ose pas un geste, ou dont les sentiments sont pris en glace. » (…) L’homme au bois dormant se recroqueville, et je crains qu’il n’attende même pas une Belle : il préfère jouer avec l'Internet, feuilleter des revues érotiques. Ça n’engage pas, on en reste aux fantasmes, au désir d’un jour, tout ça est bien propre, bien ordonné, bien tranquille. » J. Kelen



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Shéhérazade

Publié le par Perceval

Shéhérazade, entre émancipation et oppression:

« Les Mille et une nuits » est une prise de pouvoir de Schéhérazade, pour éduquer un homme, et sauver sa vie et celle de ses semblables.

Georges-Barbier--1882-1932--Scheherazade.jpgGeorges Barbier (1882-1932) Scheherazade

Les Mille et Une Nuits, recueil, d'origine persane, de contes moyen-orientaux, qui remonte au XIVe siècle, racontent comment la jeune sultane, Scheherazade (Shah-razad), déjoue les intentions de son mari à son égard. L'on se souviendra que le roi de Perse, Shehriyar, trompé par sa première femme, décide ensuite d'en prendre une nouvelle tous les soirs et de la faire étrangler le lendemain matin.

Quand vient son tour, la fille du vizir, Shéhérazade, ayant obtenu que sa sœur, Dinarzade, passe la nuit dans la chambre nuptiale, se met à raconter à celle-ci en présence de son époux une histoire qu'elle ne saurait terminer avant l'arrivée de l'aube. Pour entendre la fin, le roi remet au lendemain l'exécution de son épouse, mais celle-ci recommence tous les soirs la même manœuvre jusqu'à ce que, après mille et une nuits, impressionné par sa fidélité, le roi renonce à son projet. Shéhérazade a ainsi la vie sauve.

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Les femmes revendiqueraient-elles cette figure comme championne de l’émancipation par la fiction, ou comme victime d’une oppression qui l’oblige à des moyens de lutte détournés et dérisoires ?

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Nabila ben Youssef, conteuse tunisienne

 Shéhérazade des temps modernes

Ida Rubinstein en 
Scheherazade: 1910

 

Suite ... , avec Jacqueline kelen et Joumana Haddad

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François Mauriac: Thérèse Desqueyroux, la chair et le désir

Publié le par Perceval

Francois-Mauriac-et-jeanne-lafon---mariage-1913--.jpgFrançois Mauriac et Jeanne Lafon ( Le mariage est célébré en 1913 )

 

François Mauriac: Souffrances et Bonheur du Chrétien:

Jeanne et François Mauriac paris 1932
Jeanne et François Mauriac paris 1932

Cet ouvrage édité en 1931 chez Grasset est la réunion de deux titres : Souffrance du chrétien paru à la NRF, qui était un " supplément au traité de la concupiscence de Bossuet ", et Bonheur du Chrétien, publié également à la NRF, où Mauriac se " réfute " lui-même.

 Dans le premier, Mauriac est au plus fort de sa crise personnelle et religieuse. Son œuvre est un cri de révolte contre l'inhumanité d'un certain catholicisme.

 Pour Mauriac, l'étreinte amoureuse est une "possession qui, l'espace de quelques minutes, ne nous leurre pas".

"Dans ce bref intervalle de l'union charnelle, nous avons cru n'être qu'un, et de nouveau nous sommes deux : ce corps, cet autre corps ; ce mur, cette poitrine fermée, monde clos de chair et de sang autour duquel nous tournons, satellite misérable."

 


francois Mauriac 2« 
Le christianisme ne fait pas sa part à la chair ; il la supprime »: ( Mauriac : Souffrance du Chrétien)... Mauriac, par chair, entend l'objet du désir sexuel. Il dénonce, la «  honteuse plaie de la concupiscence et l'attrait de la fragile et trompeuse beauté des corps. », «  la folie qui nous porte à sacrifier l'éternel au périssable ». La volupté, déclare Mauriac, « singe la mort », elle est une fausse agonie, «  la recherche des abords immédiats du Néant. »
 
Il n'est personne, écrivait Mauriac, qui, « livré à toutes les délices de la chair, demeure en union avec Dieu ». Si bien que la « vie charnelle » était à ses yeux peu compatible avec « la vie spirituelle » : «  une chair qui s'assouvit accompagne toujours un esprit incapable d’adhérer au surnaturel »
Henry-Fuseli-Nightmare-II.jpgHenry Fuseli Nightmare II

Le problème est autant celui de l'âme que celui du corps. « Combien le corps pèse à l'âme » ( Mauriac ) « Cette concupiscence qui lie l'âme au corps, par des liens si tendres et si violents, dont on a tant de peine à se déprendre, et qui cause, aussi, dans le genre humain, de si effroyables désordre ? » .. On pourrait vaincre le désir, renoncer à un corps qui ne serait qu'un corps. Mais c'est l'âme qui aime, c'est l'âme qui est aimée. »

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Raymonde Heudebert, artiste, avec Jeanne et François Mauriac. Portrait par Raymonde Heudebert

Il est certain que Souffrances exprime une pensée chrétienne du corps mais qui n’est pas tout à fait doctrinalement juste. C’est celle du corps coupable de se laisser conduire par ses passions.... Une compréhension authentiquement chrétienne du corps voudrait qu’on l’envisage d’abord « avec son sexe, sa masculinité et sa féminité, c’est-à-dire la faculté d’exprimer l’amour dans lequel l’homme-personne devient don et réalise le sens même de son être et de son ‘exister’ » ( Jean-Paul IIHomme et femme il les créa, Une spiritualité du corps, Cerf, 2004, p.83 )

 François Mauriac, pris dans l’étroitesse d’un système d’éducation et dans les aventures du cœur, ne pouvait penser un corps de don en relation avec la totalité de la personne et avec son destin. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’en avait pas l’intuition, de sorte qu’il puisse un jour écrire : « Le bonheur c’est d’être cerné de mille désirs, d’entendre autour de son corps craquer les feuilles » ( sources: fr. Joël-Marie Boudaroua, o.p.

Le-bonheur-de-vivre--Henri-Matisse--1905-06.jpgLe bonheur de vivre, Henri Matisse, 1905-06

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Thérèse Desqueyroux: que s'est-il passé ?

Publié le par Perceval

Thérèse repense à ce temps qu'elle n'imaginait pas ressentir à présent, comme un temps de paix :  « Jamais Thérèse ne connut une telle paix – ce qu'elle croyait être la paix et qui n'était que le demi-sommeil, l'engourdissement de ce reptile dans son sein. » ( fin chap III)

« Tout ce qui précède mon mariage prend dans mon souvenir cet aspect de pureté ; contraste, sans doute avec cette ineffaçable salissure des noces » 

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Edgar Degas: l'Interieur (1868 or 1869)

« Le jour étouffant des noces, (…) ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. »
Qu'est ce donc, ce qui a été assassiné, ce soir de la nuit des noces... ? : « ce que son corps innocent allait subir d'irrémédiable. » ? ( …) Thérèse, songeant à la nuit qui vint ensuite, murmure : << Ce fut horrible... >> !

Thérèse est horrifié par le désir de cet homme, comment « cet homme pudique » peut-il être le même que celui, qui « Un soir, à Paris quitta ostensiblement un music-hall dont le spectacle l'avait choqué :  « Dire que les étrangers voient ça ! Quelle honte ! Et c'est là-dessus qu'on nous juge... » (…) « dont il lui faudrait subir, dans moins d'une heure, les patientes inventions de l'ombre. » 

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Henry Fuseli (1741-1825), The Nightmare

Est-il pire qu'un autre ? « Mais le désir transforme l'être qui nous approche en un monstre qui ne lui ressemble pas. Rien ne nous sépare plus de notre complice que son délire: j'ai toujours vu Bernard s'enfoncer dans le plaisir et moi, je faisais la morte, comme si ce fou, cet épileptique, au moindre geste eût risqué de m'étrangler. Le plus souvent, au bord de sa dernière joie, il découvrait soudain sa solitude ; le morne acharnement s'interrompait. Bernard revenait sur ses pas et me retrouvait comme sur une plage où j'eusse été rejetée, les dents serrées, froide. » ( extrait de Thérèse Desqueyroux de Fr Mauriac )

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