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La mode, 1910-1914, -2-

Publié le par Perceval

La mode à la Belle Epoque (  ), c'est le luxe et l'extravagance ...

La profusion des tissus raffinés, les dentelles, les rubans, les perles, la recherche des détails poussée à l'extrème sont une source d'inspiration infinie.  Les "robes abat-jour" avec des cercles de fourrures flottant autour des hanches, les tenues mélangeant allègrement les styles antiques et orientaux, les chapeaux spectaculaires... L'inventivité de ces costumes est fascinante. Cette exubérence et cette audace ont finalement un aspect très moderne que l'on retrouve aujourd'hui sur certains défilés haute couture.

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L'actrice Gertie Miller sur la scène de The Dancing Mistress - 1912

 Elle porte une robe de soirée taille empire, le nouveau style classique et fluide. Les longs gants blancs étaient les accessoires indispensables le soir.

Paul Poiret dans son atelier

On ressent une atmosphère de légèreté en regardant les photos du début du XXe siècle. La frivolité de la mode française traduit la prospérité que connait le pays depuis les années 1870. Avec les maisons de couture Doucet, Décroll, Worth, Paquin et Soeurs Callot, Paris est le centre de la mode du monde occidental, et se permet de créer une mode joyeuse, colorée et théâtrale.

Durant cette période, la mode évolue en libérant lentement le corps des femmes. Le couturier Paul Poiret délivre la femme du corset. Il ouvre son salon à Paris en 1903 et avec la maison Paquin, il introduit la ligne Empire. Il signe de sublimes robes fluides qui dessinent une nouvelle silhouette féminine. La taille est haute, sous la poitrine, et le tissu tombe au sol en un drapé souple. Les baleines disparaissent au profit d'un corset en tube plus élastique qui tient les hanches et libère la poitrine. Puis les costumes orientaux créés par Léon Bakst pour Cléopatre etSchéhérazade emportent la ville dans une vague d'exotisme. Inspiré par les tenues orientales et les couleurs du fauvisme, Poiret adopte un style théâtral hardi: tunique souple, pantalons bouffants, kimonos, turbans et longues plumes pour orner la chevelure.

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 L'actrice Ina Claire - robe "abat-jour" de Poiret

 

La fameuse robe "abat-jour" créée par Paul Poiret. Le cercle de fourrure flottant au niveau des hanches est soutenu par un fil métallique de façon à le maintenir écarté du corps. Ce cercle contraste avec la ligne souple et drapée de la robe taille empire.

L'actrice Carol McComas en robe du soir - 1905

 

Tenue typique de la femme élégante de l'époque, avec quantité de dentelles et de volants. Le corsage tombe droit, la taille est serrée dans un corset, la jupe est longue et évasée, ample et légèrement bouffante.

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L'actrice Isabel Jay

 

Sa robe est typique de l'engouement de l'époque pour les brocarts et les broderies de type oriental. Des fleurs ou des rosettes de soie ponctuaient souvent la taille haute des robes de jour comme du soir.

Robe Fortuny

 

Ce plissé est typique du style "Fortuny". Il teignait ses soies avec des dégradés de couleurs, et employait des perles de verre de Murano pour lester de façon décorative les bordures et les manches. Ses créations sont inspirées de la Grèce antique et l'Orient.

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Robe "de visite" de la Belle Epoque

 

On aperçoit les trois rangées de jupons portés pour maintenir la forme de la jupe. La journée d'une femme de la haute société est une succession d'habillages et de déshabillages, entre robe du jour, de visite, d'après-midi et du soir.

  L'actrice Gaby Deslys

 

Robe de ligne Directoire. La fluidité de la silhouette, dénuée de volants, de "frou-frou" ou de bordures compliquées contraste avec les robes du début des années 1900. La jupe tombe en ligne droite, et les autoirs de perles sont typiques de la mode de l'époque.

 

Sources: l'Atelier de couture de Constance.

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La mode, 1910-1914, -1-

Publié le par Perceval

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La mode féminine de cette période se caractérise par une silhouette très féminine, privilégiant les formes souples, les courbes, les dentelles, dans l’esprit direct de l’Art Nouveau. La silhouette s’élance, s’affine. 

Les vêtements perdent progressivement de leur ampleur, en abandonnant la crinoline pour la tournure puis en donnant du volume aux jupes à l’aide de simples jupons. Ainsi, dans un premier temps, grâce à de nouveaux corsets, les fesses sont projetées vers l’arrière, les reins sont très cambrés et les femmes affichent une silhouette dite en S. Puis, avec un renforcement de la lutte pour la libération de la femme et le développement des tenues de sport, le corset est abandonné au profit de culottes bouffantes (les bloomers) et de jupons. 
Les décolletés deviennent pigeonnants et les dessous sont mis à l’honneur avec des dentelles, rubans et autres frous-frous qui embellissent les sous-vêtements. Les lignes se simplifiant, les accessoires principaux sont le chapeau, s’affublant des décorations diverses (fruits, plumes, fleurs ...), l’ombrelle et l’éventail

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Les débuts du couturier sont fracassants, faisant déjà scandale de 1901 à 1904 chez Worth (maison encore attachée à des traditions périmées) en proposant des robes simples. 
En 1908, il impose des jupes tombant à 5 ou 6 centimètres du sol en un drapé souple, telle une colonne. La taille est placée sous la poitrine, rendant inutile l’usage du corset au profit de hautes ceintures renforcées de baleines. Poiret plaide ainsi en faveur de ce qu’il juge être la beauté naturelle, montrant davantage un corps féminin naturellement svelte. 
En 1909, avec la première session parisienne des Ballets russes, puis en 1910, avec le succès du spectacle Schéhérazade qui provoquent une vague d’orientalisme, Poiret fait évoluer ses inspirations et rénove notablement son univers décoratif. Ses couleurs deviennent flamboyantes (avec des dominances de mauves, lilas, violets, oranges foncés, rouges, verts bouteille) et s’opposent aux palettes en demi-teintes de l’époque. Ses tenues s’agrémentent également de paillettes, perles, fil d’or et d’argent. Empruntant à tous les exotismes, Poiret développera des robes tuniques, des pantalons bouffants, des manteaux à la coupe kimono ... 

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Et, La Belle Epoque à Paris: images animées de la tour Eiffel, des inondations 1910, de l' exposition universelle de 1900, la crue de 1910, la constuction du nouveau métro ...

 

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Il y a cent ans: 1913

Publié le par Perceval

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1913 : en villégiature,

le Tout-Paris débarque à Deauville

Monte-Carlo en 1913

 La bourgeoisie n'a pas disparu depuis la grande guerre mais elle c'est beaucoup transformée. Pour elle 1913 c'était vraiment la belle époque. La bourgeoisie est un ensemble de familles qui occupe certaines positions sociales et transmette une fortune. La fortune est essentielle. Songez que pour marier sa fille à un officier il faut lui donner 50.000 francs de dot. Ce n'est pas rien. A l'époque un instituteur en fin de carrière gagne 2.400 francs par an....

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 Le président, et Mme Poincaré qui arbore un béguin creusois. En Septembre 1913, Bourganeuf, Guéret, Aubusson, Felletin et La Courtine ont acueilli le président Poincaré

Arrivée du Président Poincaré,

à la revue du 14 juillet 1913.

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 Manifestation de la Ligue des patriotes le 14 juillet 1912. Au centre Paul Déroulède et Maurice Barrès (respectivement à gauche et à droite)

L'empereur Guillaume II en manœuvres en Lorraine, 1908.

 1913-06-06-La-Croix-une-extrait-La-loi-de-trois-ans-Gallica.jpg  Jean-Jaures-a-la-tribune-des-orateurs-en-juin-1913-contre.jpg
 En juin 1913, la loi des 3 ans (le service militaire de 3 ans, évidemment) fait encore la une de tous les journaux. Les débats font rage à la Chambre. elle est votée en juillet...  Jean Jaurès à la tribune des orateurs en juin 1913 contre la loi des trois ans.
 Proust-1913-et-la-Recherche.jpg  Camille-Claudel-10-mars-1913.JPG
 Le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie chez Grasset Du côté de chez Swann, premier tome d'À la recherche du temps perdu. 10 mars 1913. Camille Claudel est jetée à l'asile à la demande de sa mère et de son frère Paul. Victime d'un complot familial, Camille passe les 30 dernières années de sa vie enfermée, sacrifiée par son frère Paul.
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 Jacques Henri Lartigue: Bois-de-Boulogne été 1913  Coco Chanel devant l'entrée de sa boutique, trônant entre ses deux amants, c'est la reine de cet été 1913 à Deauville.
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 Des comédiens du Vieux-Colombier autour de Jacques Copeau, chez lui, au Limon (Seine et Marne), été 1913             Carte Postale - Vitré 1913
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 À partir de son premier recueil, Le Coeur innombrable (1901), couronné par l’Académie Française, Anna de Noailles composa neuf recueils de poèmes, trois romans (dont le savoureux Visage émerveillé, en 1904), un livre combinant histoires courtes et méditations sur les relations hommes-femmes (Les Innocentes, ou La Sagesse des femmes, 1923), un recueil de proses poétiques (Exactitudes, 1930), et une autobiographie couvrant son enfance et son adolescence (Le Livre de ma vie, 1932).

En haut, suffragettes, 1913: 10e Congrès international des femmes.

 

En bas, des femmes au travail.
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Un remouleur - 1913 1913

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Il y a cent ans: Pourquoi la guerre ?

Publié le par Perceval

Les historiens font remonter la cause première de 14-18 à la guerre de 1870, qui a été perdue par le Second Empire français face à la Confédération de l’Allemagne du Nord et qui s’est traduite, en France, par un esprit durable de revanche.

Le contexte de 1914, sur fond de compétition coloniale, est marquée par des haines, des rancœurs et une agressivité entre les pays qui traversent toutes les franges des sociétés d’alors : enseignants, intellectuels, rentiers, petits entrepreneurs, politiciens, militaires et même ouvriers. Ce malaise général, sur le plan politique, se traduit par une multitude d’alliance diplomatiques et militaires entrecroisées. L'Autriche-Hongrie est l'alliée de l'Allemagne, la Serbie est la protégée de la Russie et la Russie est l'alliée de la France qui a conclu une entente avec l'Angleterre. L'Italie et la Roumanie, alliées des Empires centraux, sont incertaines. Le détonateur de la Grande Guerre est prêt et il va suffire d'un ultimatum autrichien d’enquête sur le territoire serbe refusé - légitimement - par la Serbie pour le faire fonctionner... L’été de 1914 est celui de l’engrenage fatal qui va conduire à la Première Guerre Mondiale.

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La montée des tensions

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 La cannonière SMS Panther. En 1911, sur fond de rivalité coloniale, la tension monte entre la France et l’Allemagne à Agadir.

• 31 mars 1905 : Guillaume II à Tanger critique les visées de la France sur le Maroc.

• 31 août 1907 : La Grande Bretagne se joint à la France et à la Russie dans la Triple-Entente.

• 5 octobre 1908 :L’Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine.

• 1er juillet 1911 : Guillaume II envoie la canonnière Panther dans la baie d’Agadir, au Maroc.

 

 

 

1ère Guerres balkaniques - situation apres la premiere gue 2ème Guerres balkaniques - situation apres la premiere gue

1ère Guerres_balkaniques

2ème Guerres_balkaniques

 

• 18 octobre-3 décembre 1912 :Première guerre balkanique.

17 janvier 1913-Raymond Poincaré président de la républi
17 janvier 1913: Raymond_Poincaré Président de la république

 

 

• 17 janvier 1913 : Raymond Poincaré élu président de la République française.

• 29 juin-10 août : Deuxième guerre balkanique.

• 7 août : Vote en France de la loi qui porte la durée du service militaire de deux à trois ans.

• 10 mai 1914 : 2e tour des élections législatives françaises qui reconduit la majorité de gauche.

• 13 juin : René Viviani devient président du Conseil.

 

 

 

31 mars 1905 assassination of Archduke Franz Ferdinand in
• 28 juin : Assassinat à Sarajevo de l’archiduc François-Ferdinand, héritier d’Autriche-Hongrie, par un nationaliste serbe.

 

• 15-29 juillet : Raymond Poincaré et René Viviani en visite en Russie et dans les pays scandinaves.

• 23 juillet :L’Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie.

 

 

Jean-Jaurès est assassiné à Paris par Raoul Villain, nat
Jean-Jaurès est assassiné à Paris par Raoul Villain, nationaliste d’extrême droite

 

 

 

 

 

 

 

 

• 31 juillet : Jean Jaurès est assassiné à Paris par Raoul Villain, nationaliste d’extrême droite.

• 1er août : La mobilisation générale est décrétée en France et en Allemagne. Cette dernière déclare la guerre à la Russie. • 

3 août : L’Allemagne déclare la guerre à la France.

 

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Guillaume II salue un défilé de la garde à Berlin en 1914

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Poincaré visite les troupes en manoeuvre en 1913

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Doris Lessing (1919 - 17 nov 2013 )

Publié le par Perceval

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Doris Lessing est décédée dimanche 17 novembre, à 94 ans, à Londres où elle vivait. Prix Nobel de littérature en 2007, elle représentait une femme au fort esprit critique, hostile à la bien-pensance : « Pourquoi ai-je vécu toute ma vie avec des gens qui se dressent automatiquement contre le pouvoir, “le gouvernement”, qui considèrent que toute autorité est mauvaise d’emblée, qui attribuent des motifs douteux et vénaux aux politiques, à l’establishment, à la classe dirigeante, au conseil municipal, au directeur d’école ? » Dans ma peau (1994)

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Doris Lessing avec sa mère et son frère.

 Doris Lessing est née en 1919 en Perse, où son père, officier de l’armée britannique, était alors affecté. Mais c’est en Rhodésie, où s’était installée sa famille en 1925, qu’elle a passé la majeure partie de son enfance et sa jeunesse.

Elle vit très mal son séjour en pensionnat catholique et est en conflit constant avec sa mère, elle arrête ses études à 15 ans. Elle se lance dans de petits boulots (jeune fille au pair, standardiste), avant de revenir à la ferme familiale pour s’adonner à sa passion pour la littérature, dévorant les grands classiques du XIXe  siècle qui ne cesseront de l’influencer.

Cette future féministe n’a que 19 ans quand elle se marie pour la première fois à un fonctionnaire, qu’elle quitte pour épouser, en 1943, un Allemand, communiste et juif exilé, Gottfried Lessing. Six ans plus tard, de nouveau divorcée, elle embarque, avec le benjamin de ses trois enfants – elle laisse derrière elle les deux aînés –, pour Londres où son premier roman, Vaincue par la brousse, est publié, suivi d’un recueil de nouvelles africaines. Elle a trente ans, et ce sont les premiers jalons d’une ample bibliographie forte, au total, d’une soixantaine d’ouvrages.doris-Lessing-1.jpg

Deux fois mariée et deux fois divorcée, elle estimait que "le mariage était un état qui ne lui convenait pas". (…) "Il n'y a rien de plus ennuyeux pour une femme intelligente que de perdre un temps infini avec des enfants en bas âge. J'aurais fini en alcoolique ou en intellectuelle frustrée comme ma mère", dira-t-elle.


Engagée politiquement, à l’instar de beaucoup d’intellectuels parmi ses contemporains, elle est une militante antiapartheid, anticolonialiste et adhère au parti communiste qu’elle quitte cependant en 1956 suite aux événements de Budapest.

Dans les années 60, Doris Lessing va marquer les esprits avec un cycle de cinq ouvrages autobiographiques, Les Enfants de la violence, dominés par son chef-d’œuvre : Le Carnet d’or (1962). Longtemps refusé par les éditeurs à cause de sa forme audacieuse, ce livre retrace la désillusion politique de son auteur...

« Le Carnet d'or », raconte l'histoire d'une femme écrivain, Anna, qui se bat pour exister et qui, face à un monde éclaté, s’escrime à retrouver une identité en se confessant dans quatre carnets de couleurs différentes... il s'agit une incursion dans l'intimité de la romancière (sa chambre sous les combles, ses chats adorés) et c'est surtout une exploration de son jardin secret: tous les auteurs qu'elle dévore depuis l'adolescence. Ils ont été les vrais maîtres de cette autodidacte qui, à travers eux, a appris à déchiffrer le monde. Ceux qu'elle commente ici forment une véritable bibliothèque idéale, de Jane Austen à Virginia Woolf, de Tolstoï à Stendhal, de D.H. Lawrence à Boulgakov, de Muriel Spark à Jaan Kross. C'est donc aussi un exercice d'admiration que l'on découvre dans ce recueil, à la fois mordant et fraternel - les deux mots qui définissent le mieux l'auteur du Carnet d'or. 

Doris Lessing devient malgré elle une icône féministe, souvent comparée à Simone de Beauvoir. Traduit en français en 1976, son livre est alors couronné du prix Médicis étranger.

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S’essayant à d’autres styles littéraires, elle s’engage dans l’écriture d’une littérature visionnaire explorant les remous de la psyché humaine, et se voit influencée par différentes formes de spiritualités tel que le mysticisme soufi, comme en témoigne d’ailleurs « Descente aux Enfers », paru en 1971. L’ouvrage donne une nouvelle orientation à son écriture, qui après avoir flirté avec le surréalisme, côtoie la science-fiction notamment dans « Shikasta » en 1981 et dans son cycle tétralogique, « Canopus dans Argos : Archives » (1979-80). Entre 1983 et 1984, elle entre dans une phase sombre, mélancolique, en publiant deux romans - sous le pseudonyme de Jane Somers  et refusés par son éditeur habituel ( qui ignorait l'identité de l'auteur) - évoquant des problèmes plus tristement réalistes comme la vieillesse, la maladie et la mort : « Journal d’une voisine » et « Si la vieillesse pouvait ».

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En 2001, au Festival du livre d'Edimbourg, elle déclare que les féministes sont « horribles avec les hommes ». Et de confier au « Monde » en 2007 : « Après avoir fait une révolution, beaucoup de femmes se sont fourvoyées, n'ont en fait rien compris. Par dogmatisme. Par absence d'analyse historique. Par renoncement à la pensée. Par manque dramatique d'humour ».

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Dans son discours de réception du Nobel, Doris Lessing livre peut-être les clés qui permettent de comprendre sa passion pour le Verbe et son désir de ne jamais arrêter de raconter des histoires, une tradition «née dans le feu, la magie, le monde des esprits», explique-t-elle. Et elle ajoute ces mots qui résument toute une vie, toute une œuvre: «Le conteur est au fond de chacun de nous, le faiseur d’histoires se cache toujours en nous. Supposons que notre monde soit ravagé par la guerre, par les horreurs que nous pouvons tous imaginer facilement. Supposons que des inondations submergent nos agglomérations, que le niveau des mers monte… Le conteur sera toujours là, car ce sont nos imaginaires qui nous modèlent, nous font vivre, nous créent, pour le meilleur et pour le pire. Ce sont nos histoires qui nous réinventent quand nous sommes déchirés, meurtris et même détruits. C’est le conteur, le faiseur de rêves, le faiseur de mythes, qui est notre phénix: il nous représente au meilleur de nous-mêmes et au plus fort de notre créativité.»

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Avant la grande guerre: la femme bourgeoise... -2-

Publié le par Perceval

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Les représentations rigoristes n'empêchent cependant pas une approche plus sexuée, donc plus séduisante de la femme:À La Parisienne, Hiver 1913-1914 c'est l'image de la " Parisienne" qui représente la bourgeoise de la Belle Epoque:

Bien sûr, le quotidien de la bourgeoise est surtout fait de ce que l'on attend d'elle:

- A la mauvaise saison,sa journée s'organise invariablement autour de tâches répétitives. Le matin, elle consacre son temps à son ménage, donnant ses ordres au personnel, s'occupant de ses fournisseurs, de sa toilette, de ses enfants. L'après-midi se compose de visites, de courses dans les grands magasins; pomponnée de haut en bas, elle utilise, si elle ne dispose pas d'un équipage propre (haute bourgeoisie), les transports en commun, tels que à l'époque, l'autobus à chevaux, le tramway, l'omnibus, et à Paris dès 1900, le métropolitain. Chaque jour elle se doit d'effectuer des dizaines de visites (si elle ne reçoit pas, elle-même) ...  Elle doit aussi se rendre chez certains commerçants, la couturière,la lingère,la modiste, le coiffeur, l'épicier....Elle fréquente assidûment les grands magasins par la grâce de l'industrialisation et du productivisme croissant. 

 

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- Les femmes de la "haute" aiment changer fréquemment de toilette; l'après-midi se différencie du matin où elle porte un tailleur, tenue plus "décontractée". après le déjeuner elle s'embellit et met une robe de tulle, de mousseline; des rubans, de ruchés. Les chapeaux sont fleuris et empanachés. Le soir elle arbore de somptueux et provocants décolletés; munies d'épaulettes, en velours épais en hiver ou en soie légère l'été... La mode change deux fois par an. 

Inactives, les bourgeoises créent de nombreuses ligues de charité. Chacune veut participer aux œuvres caritatives encouragées par une Église omniprésente. 

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A la saison estivale, la bourgeoise aisée s'adonne à d'autres activités. La bonne société organise ses étés autour des "trains de plaisirs" et fréquente Etretat, Cabourg, Trouville, Dinard, Biarritz...

La Belle Epoque justifia l'hégémonie de la bourgeoisie. En effet son ascension entamée au XIXeme siècle, après la Révolution Française et avec l'industrialisation, atteint son apogée au début du XXème siècle. Elle s'ingénie à manifester ostentatoirement sa réussite, et donc sa richesse : hôtels et résidences magnifiques, vie mondaine, la mode, les fêtes, les réceptions somptueuses, les premières vacances dans les lieux balnéaires, les cures, les technologies récentes (train, automobile, aéroplanes...)...

 

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Avant la grande guerre: la femme bourgeoise... -1-

Publié le par Perceval

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De Jacques Henri Lartigue ,

photographe de mode de rue

alors qu'il n'a que 14 ans, vers 1910 ...

 

Au XIXème siècle, se développe, dans les milieux bourgeois, une conception de la femme qui tend à la fragiliser. La jeune fille est protégée des influences extérieures néfastes en restant chez elle. Puis en tant qu'épouse et pleinement consciente de ses responsabilités, elle ne gère son foyer qu'aidée d'un ou plusieurs domestiques. famille 1900

Dans cet environnement, la femme se conforme à ce que l'on attend d'elle, c'est à dire la tenue de son ménage. Elle se doit de plus de servir au mieux son mari et l'avenir de sa progéniture. En principe cela doit suffire à son bonheur et, le fait de déranger cet ordre des choses ou de déroger à la règle est perçu comme une atteinte à l'idéal familial.

Bourgeoise-salon france 1912

La société bourgeoise de la Belle époque méprise le travail. Le salariat féminin y est considéré comme un acte de pauvreté absolu, d'autant plus si la femme est mariée. Leur travail est jugé comme responsable de la dégradation des mœurs et de l'institution qu'est la famille.

LE NEOS 1909

 

 

Le désœuvrement de la femme bourgeoise lui permet de se consacrer à sa « féminité » ( terme d'autant plus ambigüe, que cette "féminité" est imposée par les moeurs de l'époque ...) . En effet, le souci du paraître la fait s'employer à se maquiller, se farder, s'embellir. Les femmes s'attribuent une image resplendissante et idéalisée.


Déjà en 1900, on se plaint que la femme tende, pour certaines d'entre elles, vers l'émancipation et s'éloigne des canons rigides de la bienséance en vigueur sous le Second Empire... On dénonce, qu'au nom des principes d'égalité, la femme aspire à «  singer l'homme », par exemple, en fumant ...

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Femmes peintres: autoportrait -1-

Publié le par Perceval

 Main de femme, peinture rupestre, grotte de Pech Merle Self-portrait – Caterina van Hemessen (1528-après 1587) 
 Main de femme, peinture rupestre, grotte de Pech Merle  Caterina van Hemessen (1528-après 1587)

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Autoportrait – Sofonisba Anguissola (1532-1625) Autoportrait Artemisia Gentileschi (1593-1652)
 Sofonisba Anguissola (1532-1625)  Artemisia Gentileschi (1593-1652)

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Autoportrait – Elisabetta Sirani (1638-1665) Autoportrait– Anna Waser (1675-1714)
 Elisabetta Sirani (1638-1665)  Anna Waser (1675-1714)

 

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Manet, Zuloaga , et leur modèle

Publié le par Perceval

Il est possible  de faire des rapprochements entre des peintres et leurs modèles, et déceler peut-être quelque influence:
Ici:  L'un des peintre français majeur du XIXème siècle: Édouard Manet ( 1832 -1883)  et l'une des figures principales de la peinture espagnole entre 1880 et 1920:  Ignacio Zuloaga y Zabaleta ( 1870 -1945 ):
Voici, pour l'un et l'autre, deux toiles d'un même modèle: Victorine Meurent pour Manet , et Madame Souty pour Zuloaga.
Edouard_Manet_-_Mlle_Victorine_Meurent_in_the_Costume_of_an.JPG zuloaga-y-zabaleta-ignacio-mademoiselle-souty-habillee-en-.jpg

Edouard Manet:

Mlle Victorine Meurent en costume de torero.

Zuloaga :

mademoiselle Souty habillée en torero

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Olympia--d-Edouard-Manet.jpg
Olympia de Manet peint en 1863, qui fit scandale: Outre sa nudité, on considère que le le modèle (Victorine Meurent) affiche une insolence et une provocation que l'on dénonce ...
Ignacio-Zuloaga-Madame-Souty-Reclinada-en-un-Sofa-1921-2.jpg
ZULOAGA ZABALETA, Ignacio (1870-1945). Mademoiselle Souty. 1921.
La peinture de Zuloaga a été considérée et critiquée comme crue, voire décadente ...
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Et, je ne résiste pas, à montrer dans le cadre des rapprochements à faire , le Portrait de la comtesse Anna de Noailles, peint en 1913 par Ignacio Zuloaga
Au moment où Zuloaga la portraiture elle est une des femmes les plus connues de la haute société parisienne car elle tient un salon où se pressent toutes les célébrités artistiques et littéraires de l'époque, Gide, Barrès, Valéry, Proust, Cocteau, Loti, Montesquiou.  Elle est aussi considérée comme un des plus grands poètes français avec des recueils comme Le cœur innombrable (1901) ou Les éblouissements (1907). 

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Lady Esther Stanhope: la reine du désert. -2-

Publié le par Perceval

Damas--1843--pris-de-la-terrasse-Baudin--Joseph-Girault-de-.jpgDamas, 1843, pris de la terrasse Baudin, Joseph Girault de Prangey

En mai 1812, Lady Stanhope quitte le Caire pour la Palestine attirée par le désert et ses monastères habités par des moines solitaires. Elle voyage toujours avec Bruce qui pourvoit généreusement à ses fastueuses dépenses. Ils se dirigent vers à Jérusalem.

Elle est reçue par L’émir Bachir, le chef des Druzes, qui lui propose de visiter Sidon (Saïda) au sud du Liban. Elle apprécie particulièrement les montagnes du Liban, ses sources, ses chemins escarpés... Le prince de la montagne lui offre un superbe cheval arabe.

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Lady Hester Stanhope, la reine du désert. Lady Hester Stanhope


Elle poursuit son expédition jusqu’à Damas la ville, à l’époque, la plus belle du monde musulman. Non voilée et chevauchant son pur-sang arabe, elle est prise pour un homme, et est reçue par le Pacha... Acceptée dans son style de vie, elle visite le luxe raffiné des appartements, les soixante chambres immenses qu’occupent le harem, les cours pavées de marbre, les porcelaines, les fontaines, etc ..

lady-hester-stanhope-5.jpg Doussault-Charles--1814-1880---La-Porte-dOrient-a-Damas.jpg
Lady Hester Stanhope Doussault Charles (1814-1880), La Porte dOrient à Damas


Le pacha met à sa disposition un palais. Elle sait qu'elle ne retournera plus à Londres. Ensuite, elle est attirée par la mythique Palmyre... En avril 1813, escortée de centaines d’hommes commandés par le chef Bédouin, dont Palmyre et - les routes qui y mènent - dépendent, elle entame son expédition accompagnée de sa secrétaire Mrs Fry, Bruce qui est revenu d’Alep et le docteur Meryon. Elle y est couronnée « reine du désert »

Palmyra_02.jpg

Le retour vers le pays druze sera plus compliqué. Bruce, dont le père a coupé les vivres, la quitte... On lui prête une liaison avec le Colonel Vincent Yves Boutin (1772-1815.) en mission pour Napoléon. Il sera tué par des brigands... 

Elle contracte la peste en novembre 1813.  Une fois remise sur pied, elle visite Baalbek, supervise des fouilles pour retrouver un trésor à Ascalon, puis venge l’assassinat du colonel Boutin dans les montagnes Ansarieh. Le docteur Meryon décide en 1817 de rentrer en Angleterre. Il lui rendra visite à trois reprises.

Elles s'installe à Djoûm, entre 1817 et 1825,  près d’un monastère abandonné situé près de l’actuelle Saïda. Alphonse de Lamartine, la rencontrera... Le gouvernement britannique lui supprimera la pension de 1200 livres qu’il lui versait. Sa fortune dépensée, elle va se renfermer dans sa maison et meurt le 23 juin 1839.

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Alexandre Gabriel Decamps: jeune-orientale-assise-sur-un-divan-fumant-dans-un-interieur-avec-un-ecureuil Lady Hester Stanhope

Source principale: http://www.mmediene.fr/, et le travail de Catherine Traverso ( thèse )

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