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L'incandescente Emily Dickinson -2/4-

Publié le par Perceval

Churchill, William Worcester (1858-1926) -Woman reading in a settee c.1905-1910

Churchill, William Worcester (1858-1926) -Woman reading in a settee c.1905-1910

J’étais la plus menue de la Maison –

Je pris la Chambre la plus exiguë –

La nuit, ma petite Lampe, mon petit Livre –

Et un seul Géranium –

 

Installée de façon à attraper les lingots

Qui ne cessaient de tomber –

Et juste mon Panier –

Laissez-moi réfléchir – je suis sûre

Que c’était tout –

 

Je ne parlais jamais – sauf quand on m’adressait la parole –

Et alors, je répondais brièvement à voix basse –

Je ne pouvais supporter de vivre – à voix haute –

Le tapage me gênait tant –

 

Et si ça n’avait pas été si loin –

Et si quelqu’un de ma connaissance

S’y était rendu – J’ai souvent pensé

Que je pourrais mourir – sans qu’on s’en aperçoive –

« Emily ne fut pas emprisonnée malgré elle, non elle voulait vivre à distance de tout, loin des chairs et des réalités ; Des lettres à des amants jamais rencontrés, des articles découpés, et le rituel de l’écriture. » (2)

Elle écrit, « pour brûler, ses passions mutilées, castrées, elle les déverse en mots enflammés. Presque 40 ans à tenir son journal et le rendre plus réel que la réalité. Sa seule obsession fondamentale est la mort, toujours à ses côté comme un gros chat fidèle et indifférent. Elle la nourrit et l'engraisse pour vieillir ensemble. » (2)

 

Je cessai de souffrir, mais si lentement

Que je ne vis pas partir l’angoisse –

Et sus seulement en me retournant –

Que quelque chose – avait anesthésié le Chemin de la douleur –

 

Je ne pourrais non plus dire quand cela changea,

Car je l’avais portée, chaque jour,

Aussi constamment que ma robe de Fillette –

Que j’accrochais à la Patère, le soir.

 

Seul le Malheur ne changea pas – il se Lova tout contre moi

Comme les Aiguilles – que les dames enfoncent doucement

Dans des Molletons ronds comme des Joues –

Pour ne pas les perdre –

 

Impossible de trouver la trace, de ce qui consola –

Sauf que, à la place du Désert –

C’est mieux – presque la Paix –

 

 

* Emily Dickinson est née le 10 décembre 1830 à Amherst (Massachusetts) ; fille d’Edward Dickinson, homme de loi, plusieurs fois membre du Congrès, et d’Emily Norcross. Austin. Son frère aîné, est né un an auparavant. Lavinia, sa sœur cadette, naîtra en 1833.

En 1846, publication en Angleterre des poèmes des Brontë et, l’année suivante, de leurs trois romans : Jane Eyre, Wuthering Heights et Agnes Grey.

- 1848, est l'année du début d’amitiés précieuses, notamment avec Benjamin Newton, stagiaire chez son père, qui joue un rôle d’initiateur (il lui enverra en 1850 les poèmes d’Emerson) et Susan Gilbert, sa future belle-sœur et principale destinataire de ses poèmes.

En mai 1855, elle voyage à Washington et à Philadelphie, où Emily a pu entendre et rencontrer le Révérend Charles Wadsworth.

Leaves of Grass, de Walt Whitman ; et Aurora Leigh, poème-roman d’Elizabeth Barrett Browning.

- En 1856 a lieu le mariage d’Austin avec Susan Gilbert.

Pour récapituler, Emily a passé hors de chez elle, une année au collège de Mount Holyoke à South Hadley et lors de rares séjours, à Washington ou à Boston.

 

Puis, elle prend la décision de ne plus quitter « la maison familiale, voire même sa chambre à coucher quand il y avait des invités. C’était une femme de chambre qui donnait à présent les bonbons aux enfants. Emily ne s’habilla plus qu’en blanc. Comme la page blanche ? » (1)

 

Les êtres d’Épreuve, sont Ceux

Que signale le Blanc –

Les Robes Étoilées, parmi les vainqueurs –

Marquent – un moindre Rang –

Tous ceux-là – ont Conquis –

Mais ceux qui vainquirent le plus souvent –

Ne portent rien de plus commun que la neige –

Nul Ornement, mais des Palmes –

La Reddition – est un genre inconnu –

Sur ce sol supérieur –

La Défaite – une Angoisse surmontée –

Remémorée, tel le Mille

Tout juste franchi par notre Cheville en fuite –

Quand la Nuit dévorait la Route –

Mais nous – chuchotant à l’abri dans la Maison –

Nous bornions à dire – « Sauvé » !

 

Emily Norcross Dickinson, mother of Emily Edward Dickinson

 

 

Point n’est besoin d’être une Chambre – pour être Hanté –

Point n’est besoin d’être une Maison –

Le Cerveau a des Couloirs – qui surpassent

L’Espace matériel –

 

Bien moins dangereuse, la rencontre à minuit

D’un Fantôme extérieur

Que la confrontation avec celui qu’on a à l’intérieur –

Invité plus glaçant-

 

Bien moins dangereux, de traverser une Abbaye au galop,

Poursuivi par les Pierres –

Que désarmé, de se rencontrer soi-même –

Dans un Lieu solitaire –

 

Nous-mêmes derrière nous- mêmes, cachés –

Devrions tressaillir plus fort –

Un Assassin dissimulé dans notre Appartement

Est infiniment moins horrifiant –

 

Le Corps – emprunte un Revolver –

Et verrouille la Porte –

Sans prêter attention à un spectre supérieur –

Ou Pire encore –

Sources :

  1. Daniel Thomières - Université de Reims Champagne-Ardenne

  2. Gil Pressnitzer - Site Esprits Nomades :

  3. Christine Savinel ( le nouveau dictionnaire des auteurs)   

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Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
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Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

"Accroupi dans les vapeurs bleu et rose d'une aube naissante, le Winter Palace étirait le long du Nil sa façade de vieux cake rassis, entre deux bouquets de palmiers mités par la pollution du gasoil. Le vieil hôtel, toutefois, perpétuait crânement une époque disparue, celle où Thomas Cook and Sons étaient encore les seuls dispensateurs d'exotisme. Des rechampis jaune d'oeuf soulignaient dans un ensemble marron indécis les détails d'une architecture où l'entrelacs modern'style le disputait aux palmettes de lotus pharaoniques. Immuable, le vieux caravansérail tenait la dragée haute aux années dans l'alignement du grand temple des Thoutmosis et des Aménophis, y maintenant un tourisme qui avait glissé, par les effets du temps, de la villégiature chic à une industrie de masse. Cependant des stores orange, flambant neufs, tirés sur les terrasses et un vieux mobilier en rotin, ressorti des greniers pour remplacer les sièges et les tables de plastique, plus conformes au goût de la clientèle des tours-operators, laissaient présager un changement...." Pierre Combescot - Le Songe de Pharaon.

Le Steam Ship Sudan est le dernier témoin de la navigation sur le Nil à la Belle Epoque. Dans son sillage flotte l’esprit visionnaire de Thomas Cook et l’histoire des plus belles croisières sur le fleuve.

En 1869, la création du canal de Suez ouvre la voie au transport maritime entre Europe et Asie. L’économie et le tourisme de l’Egypte en profitent. Thomas Cook, visionnaire entrepreneur britannique, mise alors sur ce pays mêlant des millénaires d’histoire à une douceur de vivre unique. Convaincu que ce potentiel attirerait l’aristocratie britannique, Cook et son fils (Cook & Son) organisent la première croisière sur un bateau vapeur loué au khédive.

En 1876, L’Egypte passe sous protectorat britannique. Cook développe alors ses voyages sur le Nil. En 1880, il obtient la concession de toute la navigation touristique.

1911-1921 : Une nouvelle flottille de vapeurs Cook composée de l’Egypt, l’Arabia et le Sudan, est créée. Plus rapides, ils réduisent à 20 jours la durée d’une croisière Le Caire-Assouan. Ladies et gentlemen se précipitent à bord.

1922-1935 : Sudan et tourisme fluvial coulent des jours heureux sur le Nil. Diplomates, hommes d’affaires, archéologues naviguent à la découverte de l’Egypte et de ses sites. En 1933, Agatha Christie, accompagne son mari alors en mission archéologique à bord du bateau. Lors de ce voyage, la romancière trouve l’inspiration de Mort sur le Nil.

1939-1991 : La Seconde Guerre Mondiale sonne le glas du tourisme en Egypte. Le Sudan est laissé à quai pendant plus de 50 ans. Au début des années 90, face à la démocratisation du tourisme et le nouveau boom des croisières sur le Nil, un armateur égyptien remet le Sudan en exploitation pour le compte d’un tour opérateur allemand, puis le bateau est à nouveau abandonné.

 

« Nous abordons; le voyage est fini, tout à fait fini, voyage charmant, si facile que œ n'est qu'une longue promenade, cinq semaines pendant lesquelles, libre de tout souci matériel grâce aux soins incessants et prévoyants de l'agence Lubin, je n'ai eu qu'à me laisser vivre et à admirer, voyage ou je n'ai pas eu une désillusion, où tout ce que j'attendais s'est trouvé être plus intéressant, plus beau, plus grandiose que je ne l'attendais, où le rêve a été surpassé par la réalité, dont pas un accident, pas même un ennui n'a assombri une seule journée, voyage accompli au milieu d'aimables compagnons qui, inconnus la veille resteront, je l'espère, les amis de demain, heures enfin qui compteront parmi ces belles heures de la vie dont le souvenir vous charme encore longtemps après qu'elles se sont écoulées.

Et pourtant, quand le lendemain, lourd d'une nuit passée en wagon, je me réveille à l'aube, que les paysages familiers courent derrière les vitres, coteaux bourguignons aux sommets boisés, vallées encore voilées de la brume matinale, moutonnement des collines, allées de peupliers au bord des ruisseaux, jolis villages dont les toits fument, rivières paisibles glissant dans les prés argentés du givre de la nuit, et, quand sur tout cela, pointant soudain au-dessus du plateau ondulé, le soleil lance sa première flèche, que tout renaît, frémit, s'illumine, pâlissent les souvenirs des longues rives basses du grand fleuve, des champs verts déployés au seuil des rochers jaunes troués d'hypogées, des palmiers balancés au-dessus des villages où passent les hommes bruns aux robes claires et les femmes voilées, pâlissent même ceux des énormes temples à demi ensevelis, des colonnes debout ou écroulées, et je répète la phrase du vieil Heinsius : « Après celui du Ciel, il n'est pas de royaume plus beau que le tien, ô France, ô douce France ! » H.R. ''Cinq semaines en Egypte'' 1903.

Autre source : Un Voyage En Egypte; Au Temps Des Derniers Rois - Alain Blottiere

Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
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Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

Voir aussi:

Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.- - Il était une fois ...

 - L'Égypte a sa saison : on n'y séjourne que de Novembre en mars, quand le pays prodigue la douceur de ses journées tièdes. Le fou furieux ...

Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.- - Il était une fois ...

 - Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-. Arrivée à Alexandrie : « A notre dernier dîner à bord, le cadran est encore avancé de 25 minutes = total ...

Néfertiti, la Belle venue d'ailleurs... -1/3- - Il était une fois ...

 - Une reine ( et ancienne princesse d'Égypte) qui vient de mettre au monde une petite fille... Son père est le souverain d'un royaume prospère et ...
 

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Sophie Busson

Publié le par Perceval

 

 

 

 

 

 

Sophie BUSSON ( née en 1945) , vit et travaille en Bretagne .

Critique

Au moins, Sophie BUSSON ne saurait faire de l'ombre à d'autres peintres soucieux de protéger leurs acquis et leur technique !

Sa façon de travailler, de créer, d'imaginer son oeuvre, se place entre le trompe l'oeil et un surréalisme historique qui laissent coi, non seulement d'admiration, mais provoquent une stupeur peu courante au su et vu de la composition et de l'audace qui président à la genèse des multiples rites et mythes développés par l'artiste. Par le dessin, la gravure, l'aquarelle, la peinture et la litho, Sophie BUSSON a totalement métamorphosé son existence, et en véritable autodidacte habitée par le talent, sa voie s'est tracée vers l'expression vivace et méthodique des multiples sortilèges émis par les contes merveilleux ou libertins, les échos bibliques, ou la magie incomparable de paysages idylliques ou de jardins mythiques où se love une végétation maléfique. Quelle grâce dans les attitudes de ses modèles féminins, captivants ou mystérieux, dont la nudité fruitée se pare de tissus généreux aux multiples plissés. Exprimant la poésie, l'émotion, la nostalgie ou l'angoisse, tous ces êtres obsèdent par leur présence déliée, sous la magie d'un pinceau, d'un crayon, d'un burin bouleversant d'élégance et de promesses

André RUELLAN, critique d'art

 

 

Sophie Busson
Sophie Busson
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L'incandescente Emily Dickinson -1/4-

Publié le par Perceval

L'incandescente Emily Dickinson -1/4-

En 1862, Emily Dickinson a 32ans.

« C’est la fille de l’homme le plus riche d’Amherst, Massachusetts. Elle n’a pas besoin de travailler, sa famille a plusieurs domestiques, elle a accès à la grande bibliothèque familiale, elle a pu faire d’excellentes études et son père lui a offert un piano pour ses quatorze ans. Elle aide la cuisinière à faire des gâteaux pour le repas du soir et elle distribue des bonbons aux enfants du voisinage. Il serait impossible de trouver vie plus réglée. » (1)

Emily est fille de petite bourgeoisie puritaine, nourrie à la Bible à haute dose, de Ralph Waldo Emerson (poète et philosophe, figure de proue du courant de pensée transcendantaliste) (note*), de Hawthorne, mais aussi Shakespeare, Dickens, Emily Brontë et les romantiques anglais, sans oublier ses contemporains américains, le sentimental Henry Longfellow par exemple... Elle semble vivre dans une cellule intellectuelle fermée, provinciale et hantée par le péché. Elle était vieille avant que d’être, cousant et tissant, comptant ses deuils nombreux qui se succédaient autour d’elle.

« Tout semble ridicule et excessif : père autoritaire, mère douce et transparente, sœur aussi, effacée qu’elle, un frère incapable d’habiter à plus de quelques mètres de cette maudite maison qui dévorait ses habitants. » (2)

Le Vent n’est pas venu du Verger – aujourd’hui –

Mais de plus loin –

Il ne s’est pas arrêté pour jouer avec le Foin –

Ni menacer un Chapeau –

C’est un gars- toujours de passage –

Tu peux en être sûr –

 

S’il laisse une Pigne devant la porte

Nous savons qu’il a grimpé à un Sapin –

Mais Où est le Sapin – Dis –

Tu y as été, toi ?

 

S’il apporte des Odeurs de Trèfles –

C’est Son affaire – pas la Nôtre –

Alors c’est qu’Il était avec les Faucheurs –

Aiguisant les Heures qui passent

En douces pauses de Foin –

Sa façon à Lui – par un Jour de Juin-

 

S’il lance du Sable, et des Galets –

Les Chapeaux des petits Garçons – et du chaume-

Avec parfois un clocher –

Avec un cri rauque « Ôtez-vous de mon chemin, que diable »,

Qui serait assez idiot pour rester ?

Hein – Dis-

Tu serais, toi, assez idiot pour rester ?

Le Vent commença à faire danser l’Herbe

Sur un Ton comminatoire et grave –

Il lança une menace à la Terre –

Et une autre menace, au Ciel –

Les Feuilles se dégrafèrent des Arbres

S’éparpillant de-ci- de-là –

La Poussière comme des Mains se creusa pour former une coupe

Et lança la Route au loin –

Les Chariots se pressèrent dans les rues

Le Tonnerre se hâta lentement –

L’Eclair montra un Bec Jaune

 

Puis une Griffe livide-

Les Oiseaux Barricadèrent leurs Nids_

Le Bétail se terra dans sa Grange-

Puis vint une Goutte de Pluie Géante

Et puis comme si les Mains

Qui tenaient les Barrages, avaient lâché,

Les eaux naufragèrent le Ciel,

Mais négligèrent la Maison de Mon Père –

Fendant seulement un Arbre en quatre morceaux –

( note *) C'est dans l'est de l'Etat du Massachusetts, à Concord, au nord de Boston, où aux côtés d'Emerson vivaient notamment Henry David Thoreau et Nathaniel Hawthorne, que battait au XIXe siècle le coeur de ce « mouvement » tout à la fois intellectuel, spirituel et littéraire. Un mouvement anticonformiste qui bouscula l'Eglise unitarienne, dominante en Nouvelle-Angleterre, en prônant le primat de l'intuition sur la raison, et secoua la société de Nouvelle-Angleterre tout entière en rejetant le positivisme matérialiste au profit d'un retour à la nature. Thèmes qui infusent dans les poèmes d'Emily Dickinson, où l'émerveillement face au monde et à la Création, doublé d'une sensualité intense, se mêle à un mysticisme inquiet assez éloigné de l'orthodoxie protestante :

« Je me dis, la Terre est brève

Et l'Angoisse -- absolue

La douleur partout,

Et alors ?

Je me dis, on peut mourir

Les Forces les plus vives

sont vouées à la Corruption,

Et alors ?

Je me dis qu'au Ciel

Cela risque d'être la même question

Avec une nouvelle Equation

Et alors ? »

Sources :

  1. Daniel Thomières - Université de Reims Champagne-Ardenne

  2. Gil Pressnitzer - Site Esprits Nomades :

  3. Christine Savinel ( le nouveau dictionnaire des auteurs)

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Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Le Caire :

« Un tel encombrement pourrait faire croire à quelque fête, s'il n'y manquait cette expression particulière qui se dégage des foules lorsqu'un événement commun tourne les esprits dans un même sens ; procession rituelle, enterrement d'un notable, élections générales ou marché. Ici, rien ne réunit les éléments de ce puzzle humain que notre voiture frôle à chaque tour de roue. Mais pourquoi vouloir les réunir ? C'est encore céder au goût de la couleur locale et croire que des êtres vêtus autrement que nous sont des acteurs, qu'ils sont une pièce à jouer. Il ne s'agit heureusement plus de cela. Nous sommes dans un autre monde » Claude Aveline.

L'hôtel Oberoi Mena House, est construit en 1869 face aux pyramides.

Le khédive Ismâil Pacha, vice-roi d'Égypte, ne pouvait choisir meilleur emplacement pour y édifier, en 1869, son pavillon de chasse et y accueillir ses invités de marque. Le souverain fait agrandir les lieux à l'occasion de l'ouverture du canal de Suez, y reçoit l'impératrice Eugénie. Et construit une route entre Le Caire et Gizeh pour qu'elle puisse accéder commodément aux pyramides. Vendu à de riches Anglais, le pavillon prend ensuite le nom du pharaon Mena, s'agrandit à nouveau et, dès 1889, est équipé d'un golf. Au tournant du siècle, le Mena House devient un hôtel de luxe pour les premiers touristes fortunés, les têtes couronnées et les politiques. En 1943, il accueille ainsi la « Big Three Conference » entre Chiang Kai-shek, Roosevelt et Churchill, qui devint un habitué de l'hôtel.

"Nous avions été prendre le déjeuner du matin aux pyramides, sur la terrasse du Mena House. Le ciel ne s'était pas encore couvert. Le soleil étincelait. Les oiseaux chantaient. Chéops ressemblait à un gigantesque pâté de sable fait au moule". Jean Cocteau, Maalesh.

A partir de 1880, l'Egypte devient une station à la mode et chic hiver pour les voyageurs européens. Le climat près de la Grande Pyramide de Gizeh, en dehors du Caire, est évidemment meilleur que dans la ville. . Pendant l'hiver, il y a pas de routes boueuses (dues à la pluie occasionnelle), pas de poussière dans l'air et aucun trafic...

Le palace Old Cataracte d'Assouan, trône au-dessus du Nil tel un monolithe rose de l’âge d’or. Sur la terrasse de l'hôtel, les gourmets apprécient à l'heure du thé un délicieux High Tea et la vue sur l’île Éléphantine. Agatha Christy a trouvé ici l'inspiration pour son roman policier devenu un 'classique' :« Mort sur le Nil (1933)». Winston Churchill, le roi Farouk et Lady Diana comptent également parmi les illustres visiteurs de ce palace construit en 1899.

« Assouan est une vraie beauté d'Orient. La lumière y est violente, le soleil âpre mais tempéré par une brise fraîche qui aide à supporter la chaleur du jour. » Comtesse de La Morinière, 1911

 

Le Old Winter Palace, est situé sur la Corniche, en plein coeur de Louxor. Ses suites ont accueilli les plus grands personnages de l'histoire. Ce palais, construit en 1886 et rénové en 1995, est la plus belle illustration de l'architecture victorienne de la fin du siècle dernier et combine parfaitement l'opulence de son glorieux passé avec la modernité d'aujourd'hui. Le Old Winter Palace offre une plongée dans les fastes de temps anciens.

Architecture victorienne, jardin tropical, mobilier refait à l’identique… tout évoque l’ancien Palais d’Hiver où se retrouvaient autrefois princes, archéologues et écrivains dans un havre de luxe, au bord du Nil, à quelques minutes des fabuleux temples et tombeaux de l’antique Thèbes.

En 1907, "L'Egyptian Gazette" annonce ainsi l'ouverture du Winter Palace de Louxor. "La party a commencé par un lunch inaugural dans le site prestigieux de la Vallée des Rois puis s'est poursuivie par des discours et une distribution de nourriture aux équipes qui ont travaillé à la construction du bâtiment".
Le Winter Palace de Thomas Cook est, dès lors, prêt à accueillir la bonne société cosmopolite d'Égypte et du monde : "Ses aménagements sont tout ce qu'il y a de plus moderne et de plus luxueux, lumière électrique et ascenseur" (Comment visiter l'Égypte, 1911-1912).

En 1907, Pierre Loti écrit: « le Winter Palace, un hâtif produit du modernisme qui a germé au bord du Nil depuis l'année dernière, un colossal hôtel, visiblement construit en toc, plâtre et torchis, sur carcasse de fer ». Visiblement, très remonté, il continue ainsi "Dans l'alignement pompeux du Winter Palace, des boutiques se succèdent : on y vend tout ce dont s'affublent les touristes : éventails, chasse-mouches, casques et lunettes bleues. En plus la bimbeloterie du Soudan : vieux couteaux de nègre, peaux de panthère et cornes de gazelles".
En 1914, l'égyptologue Georges Legrain fait le constat suivant "Les touristes étrangers, Cooks and Cookesses, sont 'quelques milliers' chaque année à Louxor et en Haute-Egypte. La ville vit en grande partie au rythme de ses occupants étrangers, touristes, voyageurs, savants et administrateurs, à savoir du mois d'octobre au mois d'avril, la haute saison se situant de janvier à mars. Il est difficile d'évaluer leur importance."

Voir aussi:

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -1/.-

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -2/.-

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima à Zurich -2/2-

Publié le par Perceval

Hans Bülow et Cosima descendent d'abord à l'hôtel. Mais leur séjour débute avec des problèmes : Bülow, est pris d'une fièvre rhumatismale et doit garder la chambre. Lorsque son état se rétablit, deux jours plus tard, les époux Bülow se rendent chez Wagner... Hans est en admiration devant Wagner...

Cosima a rencontré Richard Wagner pour la première fois à Paris en 1853, c'était encore une adolescente. Des années plus tard, elle rencontre un homme dont le charisme l'enchante et l'effraie à la fois. Wagner, grand séducteur, aborde ses interlocuteurs d'une manière vive et directe, et fait preuve d'une séduisante brutalité ...

Minna ne sait encore rien de la liaison de son époux avec la femme de son financier. L'atmosphère , dans « l'asile » de Wagner, entouré de Minna, Mathilde et Cosima est électrique … Un soir, alors que Wagner lit son livret de Tristan, Cosima fond en larmes... !

Fin septembre 1857, les Bülow prennent congé de « l'asile »... Cosima,dans ses lettres, s'amuse de cet étrange ménage à trois formé par Wagner, Minna et Mathilde... Elle se moque de « la face de citron » qu'affichait Minna en présence de la « belle Mathilde ».

En septembre 1857, Minna se plaint des façons de la « jeune Mme Wesendonck », si méprisante, si hautaine, jusqu'à refuser toutes les invitations ; puis devant les excuses de la jeune femme elle se réconcilient … Pas pour longtemps … En cause, les commérages des domestiques et des voisins qui l'incitent à surveiller son mari. Elle intercepte une lettre ( un rouleau qui contient le prologue de Tristan et une lettre enflammée), une lettre passionnée de Wagner à Mathilde Wesendonck (1858)

Minna s'éloigne pour une suivre une cure médicale. Wagner voyage à Venise. Il finit ''Tristan und Isolde''. Voyage à Paris et Minna le rejoint.

 

Richard Wagner va revoir Cosima en 1863, à Berlin, mère de deux filles... Le 28 novembre 1863, au moment où Richard quitte Berlin, Cosima et lui, après s’être longuement promenés tous les deux dans la ville, « prirent, avec des larmes et des sanglots, l’engagement de s’appartenir l’un à l’autre ».

 

 

 

 

L’année suivante, au milieu des pires difficultés morales et matérielles, Wagner est sauvé par l’intervention du roi Louis II de Bavière, qui l’appele à Munich... Un des premiers gestes de Richard est d’inviter le ménage Bülow à venir le rejoindre, et Hans est nominé pianiste de la Cour et chef d’orchestre. Assez rapidement, semble-t-il, Cosima devient la maîtresse de Wagner. En tout cas, le 10 avril 1865, elle met au monde une fille, qu’elle nomma Isolde...

En 1868, c'est officiel, et fait la une du ''People Zeitung'' Cosima s’enfuit du domicile conjugal pour retrouver son amant, Wagner et emporte avec elle les quatre filles du couple (dont les deux dernières sont en fait celles de son amant). Bülow refusera toujours de laisser ces dernières prendre le nom de Wagner. Le divorce entre Hans et Cosima est prononcé en 1870.

 

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

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La légende de Lady Godiva

Publié le par Perceval

La légende de Lady Godiva

Lady Godiva ( ou Godgyfu en saxon) est la très belle épouse de Léofric (968-1057), comte de Mercie et seigneur de Coventry. Elle est aussi une héroïne de la culture anglo-saxonne... Son mari, pour financer ses guerres, harcèle violemment ses sujets et les couvre de taxes ; et Lady Godiva – sensible aux conditions difficiles d'existence des habitants de Coventry- régulièrement plaide auprès de son époux, une réduction des impôts. A chaque fois, près de l'oreiller, Léofric promet de supprimer des taxes ; mais ensuite le besoin d'argent se fait sentir … Par ailleurs, si lady Godiva est fort belle, elle est aussi fort prude ; et malgré la vigueur de son mari, elle refuse de se montrer entièrement déshabillée, la dame ne se livre que dans l'obscurité …

lady Godiva Edmund Leighton dépeint point de décision (1892) Ce jour là, Léofric, exaspéré, fait comprendre à sa femme qu'il ne réduirait les impôts qu'à la condition, qu'elle-même traverse - nue à cheval – la ville de Conventry. Il pense qu'ainsi, lady Godiva ne l’ennuiera plus jamais avec cette question de taxes ... Après une longue réflexion, Godiva accepte le défi.

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Lady_Godiva - Alfred Joseph Woolmer out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation

La dame demande alors aux habitants de rester chez eux lors de son passage, pour que personne ne puisse la voir nue. L'annonce à la population ajoute que toute personne qui enfreindrait cette règle serait durement puni... Il n'est pas précisé si la punition serait divine, ou séculière ...

Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865 Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865

 

Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847 http://www.tate.org.uk/art/work/N00390 Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847

 

Ainsi, vêtue uniquement de ses longs cheveux, qui cachent sa poitrine, lady Godiva passe à dos de cheval, accompagné d’une servante.

Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

On dit que seul un tailleur, du nom de ''Peeping Tom'' a osé transgresser cette règle. Effectivement, le malheur s’est abattu sur lui... Il devint aveugle pour le restant de ses jours. C'est de là que vient l'expression anglaise « Peeping Tom », que nous connaissons sous l’expression « voyeur ». On dit aussi, que le Conte lui aussi, a regardé ( enfin) sa femme nue... On ne sait quel malheur l'a frappé... Peut-être s'en est-il expliqué avec son épouse... Il tint parole, et l'on sait – documents historiques à l'appui, que le roi Édouard 1er (XIIIe ) lui-même, a pu vérifier dans les annales de Coventry, que l’impôt n’a plus été perçu à partir de 1057. Une forme plus ancienne de cette histoire raconte la traversée du marché de Coventry par Godiva, alors que le peuple était rassemblé, surveillée seulement par deux cavalières (vêtues). Cette version est narrée dans Flores Historiarum de Roger de Wendover (mort en 1236) [caption id="attachment_5255" align="aligncenter" width="873"]Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586 Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586

En 1586 : le peintre Adam van Noort a représenté l'épisode et a montré Léofric en train de regarder sa femme par la fenêtre...

godiva-modern Lady_Godiva_Jedburgh_Festival_2011
Lady-Godiva Affiche lady Godiva_1955_American_film_star_M

La légende de Lady Godiva donne lieu chaque année depuis 1678 à un festival annuel au cours duquel une jeune femme personnifiant la jeune comtesse parcourt sur un cheval blanc les rues de la ville de Coventry. La seule condition, absolue, est d'avoir des cheveux longs et dorés.Godiva_statue_Broadgate_Oct_2011 petit    

 

 

 

Une statue représentant Lady Godiva à également été élevée près de la place du marché de Coventry afin de rappeler l'événement.

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

Publié le par Perceval

A Leipzig, Richard Wagner est le chef d'orchestre du théâtre de Magdebourg. Tout lui déplaît dans cette station balnéaire, il aurait abandonné ce contrat, si la rencontre de « la plus aimable et la plus jolie fille qu'il y eut à Lauchstaedt en ce moment » n'avait pas brusquement modifié ses projets...

Elle s'appelait Minna Planer... Agée de vingt-cinq ans, elle avait l'aspect gracieux, le visage souriant ...etc. Il tomba jaloux d'un jeune aristocrate qui lui faisait une cour plus pressante … La coquetterie de Minna servait les intérêts de sa profession d'actrice, mais elle avait toute jeune, passé par une épreuve qui la mettait en garde contre des assiduités poussées trop loin. Elle fut séduite et abandonnée à l'âge de seize ans, mit au monde une fille, qu'elle fit passer toujours pour sa sœur, afin de dissimuler sa faute. Sa beauté, plus que son talent, la fit engager dans un théâtre. Jolie, simple, décente, elle plaisait par la grâce de son maintien...

Wagner étaient hantés par des soucis d'argent, ses créanciers l'accablèrent de plaintes en justice … Richard et Minna se marièrent à Königsberg en 1836, et Minna suivit son mari à Riga, en Lettonie. Wagner rêvait d'un « port du repos », et il apportait en dot à sa femme, du génie, un mauvais caractère et des dettes … !

S'en suivirent, malgré une « affection réelle et cordiale » pour sa femme, jalousie, colère, crises de nerf, excuses, et réconciliations, mais « l'aventure insensée de son malheureux mariage » rendait Minna plus accessible aux hommages de sympathie que les familiers du théâtre lui prodiguaient...

Le 31 mai 1837, accompagnée de sa fille Nathalie, dont son mari acceptait la présence, elle s'enfuit avec un certain Dietrich, un homme riche, qui lui avait « attesté sa compassion d'une manière infiniment séduisante ». Wagner se mit à leur poursuite … Puis Minna revint chez sa mère, Wagner eut des remords... Il revint chercher sa femme … Mais, Dietrich enleva Minna ; avant de l'abandonner … !

Minna écrivit à Wagner, lui disant son infidélité, sa détresse … et son amour... Wagner, ému, retrouva sa femme...

1939 : Richard et Minna sont contraints de fuir les créanciers, et se rendent à Londres et à Paris...

À Zurich (1848), Minna, est tombée dans une profonde dépression.

Richard Wagner et Minna habite depuis peu une vaste maison avec jardin au-dessus du lac de Zurich : ''son asile'' que le riche négociant Otto Wesendonck met à sa disposition, depuis 1852...

 

En Mathilde Wesendonck, la femme de son riche mécène, Richard Wagner trouve une âme sœur qui inspire son travail. Mathilde devient la muse de Wagner, elle a un impact sur la création de « das Rheingold » (1853) , Le compositeur a consacré le prélude à la "Walkyrie" pour elle, et le triangle amoureux entre lui, Minna et Mathilde inspire "Tristan und Isolde" …

Août 1857 : Hans et Cosima von Bülow, en voyage de noces, répondent à l'invitation lancée par Richard Wagner... ( Cosima von Bülow, est la fille illégitime de Franz Liszt et la comtesse française Marie d'Agoult. )

A suivre ...

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

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Joanna Hiffernan : James Whisler Courbet

Publié le par Perceval

Courbet-Gustave-Autoportrait-a-la-pipe-1849-Muse-copie-1.jpgCherchez deux peintres :James-Abbott-McNeill-Whistler-copie-1.jpg

 

Gustave Courbet ( Français ), et James Whisler ( américain ),

 

et vous trouvez la même femme :

Joanna Hiffernan, dite Jo.

joanna-hiffernan.jpg

Joanna Hifferman, au moment où Courbet en fit ces portraits, était le modèle et la compagne de James Whistler. Courbet aurait fait sa connaissance alors que le couple se trouvait, comme lui, en résidence à Trouville, rencontre qu'il n'évoque que tardivement dans une lettre à  Whistler, en 1877 : «  Rappelez-vous Trouville et Jo qui faisait le clown pour nous égayer. Le soir elle chantait si bien des chants irlandais, car elle avait l’esprit et la distinction de l’art. (…) Gustave-Courbet-Joanna-Hifferman.jpg

 

 

- Gustave COURBET --- >

"J’ai encore le portrait de Jo que je ne vendrai jamais, il fait l’admiration de tout le monde. ».

 

Courbet connaissait déjà l’existence de Jo, par le biais de « La dame en Blanc » tableau que Whistler avait exposé en 1861 à Paris et qui avait retenu son attention. 

Elle fut vraisemblablement le modèle de L’Origine du monde, et la raison du différend entre les deux hommes…

Dante-Gabriel-Rossetti--1828-1882-.---Lady-Lilith---Version.jpgIl n'est pas impossible que la fréquentation de Whistler ait donné à Courbet l'occasion de mieux découvrir le travail des Préraphaélites , ainsi le portrait qu’il fit alors de Joanna  à  Trouville (puis les copies ultérieures) soit en partie marqué par les modèles de Dante Gabriel Rossetti lequel était depuis 1862, un ami de Whistler.

Dante Gabriel Rossetti (1828-1882). - Lady Lilith - Version de 1868 avec le visage de  Fanny Comforth, la prostituée dont il est tombé amoureux après la mort de sa femme: ... 

Whistler rencontra pour le première fois Joanna Hiffernan en 1860 alors qu'elle posait dans un atelier de Rathbone Place. Des amis (les Pennells ) ont ecrit d’elle : "Elle n'était pas seulement belle. Elle était intelligente,et sympathique. ... Il ne pouvait pas vivre sans elle." Elle était donc, en France, avec Whistler pendant l'été de 1861. Ils ont cotoyé ensemble Dante Gabriel Rossetti à Chelsea en 1863, et ont passé l'été et l'automne de 1865 à Trouville.

En 1866, Whistler donne à Hiffernan  ‘procuration’ sur ses affaires alors qu'il est à Valparaiso pendant sept mois, et lui donne le pouvoir d'agir en tant qu'agent dans la vente de ses œuvres.

Ci-dessous: Le Sommeil de G. Courbet

gustave_courbet-Le-sommeil.jpgPendant l'absence de Whistler, Hiffernan voyage à Paris et pose pour Courbet dans les traverses, ou Le Sommeil  qui représente deux femmes nues au lit, endormies. Il est probable qu'elle a une liaison avec Courbet à cette époque. Après la fin de sa relation avec Hiffernan, Whistler retourné à l' États-Unis , et laisse un testament en sa faveur.

Après avoir été séparés de Whistler, Hiffernan contribue à élever le fils de Whistler, Charles James Whistler Hanson (1870-1935), le résultat d'une liaison avec une femme de chambre.

Le collectionneur d'art Charles Freer Lang a rencontré Joanna Hiffernan lors de l'enterrement de Whistler en 1903. « Alors qu’elle a soulevé son voile, j'ai vu ... ses cheveux épais, ondulés, rayés de gris. J’étais sûr qu’il s’agissait de Johanna, la belle Irlandaise» que Courbet a peint avec ses cheveux magnifique et un miroir dans sa main .... Elle s’est tenue longtemps à côté du cercueil, près d'une heure je pense .... . »

******

nb/ Autre chose ... Reprenons la peinture de Courbet ci-dessous ....

Si l’on regarde attentivement cette versions du portrait de Jo, la Belle Irlandaise, ne peut-on pas voir dans la chevelure tissée par la main droite, le visage de quelqu’un... ?

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Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-

Publié le par Perceval

Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
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Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-

Henry Patrick Raleigh (1880-1944) est extrêmement prolifique, sa création compte 20 000 illustrations sur sa carrière, à un rythme d'environ 800 par an, presque trois dessins par jour. Il a une excellente mémoire visuelle et travaille presque exclusivement sans modèles ni référence de photo. Une seule illustration de lui peut se vendre 3500 $...

A l'apogée de sa carrière, Raleigh gagne assez d'argent en trois à quatre mois pour être en mesure de passer le reste de l'année à voyager à l'étranger avec sa famille et ses amis.

Dans ses meilleures années, le revenu annuel de l'artiste était d'environ 100 000 $.

Mais Raleigh dépense facilement son argent. Il prête et distribue son argent, s'offre un yacht, un manoir et un grand studio dans le centre de Manhattan.

Comme l'impression couleur est entré dans les magazines, et que les dessins sont remplacés par des peintures, il essaie d'introduire de la couleur dans son propre travail, mais il n'apprécie pas les illustrations peintes...

La photo prend le pas sur l’illustration. Le goût du public change, et ses œuvres sont moins demandées, Raleigh s'adapte difficilement, aussi fait-il faillite... En mauvaise santé, sans économies, il se suicide en 1944 en sautant d'une fenêtre de l'hôtel de Times Square.

Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
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Henry Patrick Raleigh – Illustrateur -2/2-
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