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François Mauriac: Thérèse Desqueyroux, la chair et le désir

Publié le par Perceval

Francois-Mauriac-et-jeanne-lafon---mariage-1913--.jpgFrançois Mauriac et Jeanne Lafon ( Le mariage est célébré en 1913 )

 

François Mauriac: Souffrances et Bonheur du Chrétien:

Jeanne et François Mauriac paris 1932
Jeanne et François Mauriac paris 1932

Cet ouvrage édité en 1931 chez Grasset est la réunion de deux titres : Souffrance du chrétien paru à la NRF, qui était un " supplément au traité de la concupiscence de Bossuet ", et Bonheur du Chrétien, publié également à la NRF, où Mauriac se " réfute " lui-même.

 Dans le premier, Mauriac est au plus fort de sa crise personnelle et religieuse. Son œuvre est un cri de révolte contre l'inhumanité d'un certain catholicisme.

 Pour Mauriac, l'étreinte amoureuse est une "possession qui, l'espace de quelques minutes, ne nous leurre pas".

"Dans ce bref intervalle de l'union charnelle, nous avons cru n'être qu'un, et de nouveau nous sommes deux : ce corps, cet autre corps ; ce mur, cette poitrine fermée, monde clos de chair et de sang autour duquel nous tournons, satellite misérable."

 


francois Mauriac 2« 
Le christianisme ne fait pas sa part à la chair ; il la supprime »: ( Mauriac : Souffrance du Chrétien)... Mauriac, par chair, entend l'objet du désir sexuel. Il dénonce, la «  honteuse plaie de la concupiscence et l'attrait de la fragile et trompeuse beauté des corps. », «  la folie qui nous porte à sacrifier l'éternel au périssable ». La volupté, déclare Mauriac, « singe la mort », elle est une fausse agonie, «  la recherche des abords immédiats du Néant. »
 
Il n'est personne, écrivait Mauriac, qui, « livré à toutes les délices de la chair, demeure en union avec Dieu ». Si bien que la « vie charnelle » était à ses yeux peu compatible avec « la vie spirituelle » : «  une chair qui s'assouvit accompagne toujours un esprit incapable d’adhérer au surnaturel »
Henry-Fuseli-Nightmare-II.jpgHenry Fuseli Nightmare II

Le problème est autant celui de l'âme que celui du corps. « Combien le corps pèse à l'âme » ( Mauriac ) « Cette concupiscence qui lie l'âme au corps, par des liens si tendres et si violents, dont on a tant de peine à se déprendre, et qui cause, aussi, dans le genre humain, de si effroyables désordre ? » .. On pourrait vaincre le désir, renoncer à un corps qui ne serait qu'un corps. Mais c'est l'âme qui aime, c'est l'âme qui est aimée. »

jeanne Mauriac album paris18
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Raymonde Heudebert, artiste, avec Jeanne et François Mauriac. Portrait par Raymonde Heudebert

Il est certain que Souffrances exprime une pensée chrétienne du corps mais qui n’est pas tout à fait doctrinalement juste. C’est celle du corps coupable de se laisser conduire par ses passions.... Une compréhension authentiquement chrétienne du corps voudrait qu’on l’envisage d’abord « avec son sexe, sa masculinité et sa féminité, c’est-à-dire la faculté d’exprimer l’amour dans lequel l’homme-personne devient don et réalise le sens même de son être et de son ‘exister’ » ( Jean-Paul IIHomme et femme il les créa, Une spiritualité du corps, Cerf, 2004, p.83 )

 François Mauriac, pris dans l’étroitesse d’un système d’éducation et dans les aventures du cœur, ne pouvait penser un corps de don en relation avec la totalité de la personne et avec son destin. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’en avait pas l’intuition, de sorte qu’il puisse un jour écrire : « Le bonheur c’est d’être cerné de mille désirs, d’entendre autour de son corps craquer les feuilles » ( sources: fr. Joël-Marie Boudaroua, o.p.

Le-bonheur-de-vivre--Henri-Matisse--1905-06.jpgLe bonheur de vivre, Henri Matisse, 1905-06

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Thérèse Desqueyroux: que s'est-il passé ?

Publié le par Perceval

Thérèse repense à ce temps qu'elle n'imaginait pas ressentir à présent, comme un temps de paix :  « Jamais Thérèse ne connut une telle paix – ce qu'elle croyait être la paix et qui n'était que le demi-sommeil, l'engourdissement de ce reptile dans son sein. » ( fin chap III)

« Tout ce qui précède mon mariage prend dans mon souvenir cet aspect de pureté ; contraste, sans doute avec cette ineffaçable salissure des noces » 

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Edgar Degas: l'Interieur (1868 or 1869)

« Le jour étouffant des noces, (…) ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. »
Qu'est ce donc, ce qui a été assassiné, ce soir de la nuit des noces... ? : « ce que son corps innocent allait subir d'irrémédiable. » ? ( …) Thérèse, songeant à la nuit qui vint ensuite, murmure : << Ce fut horrible... >> !

Thérèse est horrifié par le désir de cet homme, comment « cet homme pudique » peut-il être le même que celui, qui « Un soir, à Paris quitta ostensiblement un music-hall dont le spectacle l'avait choqué :  « Dire que les étrangers voient ça ! Quelle honte ! Et c'est là-dessus qu'on nous juge... » (…) « dont il lui faudrait subir, dans moins d'une heure, les patientes inventions de l'ombre. » 

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Henry Fuseli (1741-1825), The Nightmare

Est-il pire qu'un autre ? « Mais le désir transforme l'être qui nous approche en un monstre qui ne lui ressemble pas. Rien ne nous sépare plus de notre complice que son délire: j'ai toujours vu Bernard s'enfoncer dans le plaisir et moi, je faisais la morte, comme si ce fou, cet épileptique, au moindre geste eût risqué de m'étrangler. Le plus souvent, au bord de sa dernière joie, il découvrait soudain sa solitude ; le morne acharnement s'interrompait. Bernard revenait sur ses pas et me retrouvait comme sur une plage où j'eusse été rejetée, les dents serrées, froide. » ( extrait de Thérèse Desqueyroux de Fr Mauriac )

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Thérèse Desqueyroux: le mariage, en ce temps...

Publié le par Perceval

therese_desqueyroux-film-Emm-Riva.jpg therese-desqueyroux-62-mariage.jpg

mariage-religieux-debut-siecle.jpgMariage religieux: début du XXème siècle

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Claire Mauriac (1853-1929). Entourée de ses cinq enfants François Mauriac 1931

Thérèse Desqueyroux, film de Claude Miller 2012

Therese-Desqueyroux-Film-4.jpg

Therese-Desqueyroux-Film-2.jpg

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Therese-Desqueyroux-Audrey-Tautou--Gilles-Lellouche.jpg

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Voir également: La-femme-au-temps-de-therese-desqueyroux-1-; et article: la-femme-au-temps-de-therese-desqueyroux-2-

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La femme au temps de Thérèse Desqueyroux -2-

Publié le par Perceval

menagere-380-trucs.jpgCependant, « en province », ces « années folles » n'ont rien d'une révolution radicale des moeurs. Les problèmes liés à la reconstruction sont bien présents : la natalité se redresse trop faiblement et l'inflation est grandissante.

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Kees van Dongen (1877 – 1968)  Ma gosse et sa mère.

Le pain, est passé de 0,20 F le kilo en 1914 à 1,75 F en 1921. Les salariés protestent contre la vie chère ; grèves et révoltes ouvrières secouent les entreprises françaises. La crise de 1929, avec ses conséquences sociales, politiques et économiques, met un terme à l'euphorie.

 Les images traditionnelles de la représentation de la femme persistent dans la peinture à cette période : maternité et, « La femme » comme être qui ne se suffit pas à lui-même... On y voit toujours malgré les avancées en terme de travail féminin, s’exercer l’exaltation de la femme au foyer ...


« Heureux l’homme dont la femme est fière de son foyer…qui aime faire les choses bien, afin de le rendre fier d’elle et de ses enfants » écrit un magazine féminin dans les années 30.  Épouse, mère, ménagère : destin des filles, mission des femmes, soigneusement construits par l’éducation parce que voulus par la « nature ». Celle-ci est relayée par l’État qui désormais intervient sur la natalité, protège et valorise la maternité (Fête des mères, 1926) et la femme au foyer. L’éloge de la ménagère promeut l’image nouvelle d’une professionnelle de l’organisation taylorisée de l’espace domestique s’appuyant sur une technologie de machines que l’on peut admirer au premier salon des Arts ménagers en 1923.

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Family group, William Glackens 1919

Depuis toujours, en occident, la femme n'a jamais eu de vraie liberté. Elle passait du statut de fille sous la garde de son père à celle de femme sous celle de son mari. Jamais elle ne pouvait disposer personnellement de son argent. Il y eu des progrès puis des régressions dans sa liberté mais c'est réellement pendant ces années que les plus grands changements vont avoir lieu....

L'enseignement secondaire pour les jeunes filles, établi début 1880, contribue à l'émancipation féminine de cette époque.

 

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La femme au temps de Thérèse Desqueyroux -1-

Publié le par Perceval

Prisonnière des conventions de son époque (les années 20) et de sa classe (la bourgeoisie de province). Qu'est-ce qui conduit Thérèse Desqueyroux  à empoisonner son mari ?

- La peur de passer à côté de sa vie, le rejet du conformisme mortifère de la bourgeoisie provinciale, la révolte de la femme tapie derrière l'épouse ...?

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C'est le temps des années folles … Entre la première guerre mondiale et la crise de 29.

Dans une France exsangue, ou sur 10 hommes partis au combat, 2 sont morts et 4 sont revenus invalides, la jeunesse se voit chargée de reconstruire et certains rêvent d'une société nouvelle...

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Les années folles, c'est aussi les temps modernes, avec l'apparition des nouvelles techniques de communication et de reproduction : la TSF, le téléphone, l'offset, le bélinographe pour transmettre à distance des photographies.

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Aux champs, dans les usines, dans les hôpitaux, les femmes ont répondu massivement aux besoins de la guerre et ont remplacé ainsi leurs hommes. A la paix retrouvée, elles ont pris goût à l'indépendance... S'il n'est pas encore question des 35 heures et des RTT, pour les ouvriers et les employés ; la bourgeoisie, elle, veut profiter de la vie et de « la Belle Epoque ». Avec l'essor de l'automobile, le nouvel aéroport international de Berck, les nouvelles lignes de train, les plages attirent une clientèle parisienne qui s'adonne aux plaisirs des bains de mer, des casinos et des grands hôtels.

Three_Women_at_desk_c._1920-30-35.JPG Bains-annees-vingt.jpg

Le genre "garçonne" s'illustre bien ci-dessus avec la masculinisation de la tenue vestimentaire : les sous-vêtements superflus sont supprimés, les jupes se raccourcissent aux genoux, les bas de coton noir sont laissés au profit des bas de soie roses.

la-garconne.jpg « La Garçonne » paru en 1922, a eu un très grand succès au moment de sa sortie, il s'est vendu à 1million d'exemplaires entre 1922 et 1929 et a suscité de nombreux débats au sujet de la nouvelle féminité décrite par l'auteur. 

 Le roman décrit la parabole de la jeune Monique Lerbier, son parcours d'affranchissement des conventions bourgeoises, sa libération sexuelle qui passe par la relation avec une femme, la déchéance entre des relations sans lendemain et la drogue, le retour final à un ordre hétérosexuel et enfin au mariage.

Bien que le thème ne surprenne pas spécialement aujourd'hui, il était considéré à l'époque comme choquant. Malgré la conclusion moralisante, c'est la sexualité de l'héroïne de Margueritte qui provoque les réactions les plus scandalisées et devient le centre d'un débat concernant la jeune femme française. L'auteur est en effet critiqué à la fois par les conservateurs, qui l'accusent de pornographie, et par des groupes féministes, inquiétés par la conduite sexuellement libérée de l'héroïne du roman. A la suite du scandale causé, Victor Margueritte se vit retirer la légion d'honneur...

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Barbara

Publié le par Perceval

Barbara décède le Lundi 24 novembre 1997 à 16 h 10.

Barbara-par-Francis-Legault.jpg

Lundi 9 juin 1930 à 14 h 45 : naissance près du square des Batignolles, à Paris de Monique Andrée Serf. Ses parents sont tous deux d'ascendance juive. La branche maternelle trouve ses racines en Moldavie en Ukraine, la branche paternelle en Alsace Lorraine.

En 1937, la famille quitte Paris pour Marseille, première étape d'un itinéraire sinueux et troublé.

Durant l'été 1942, Barbara et sa petite sœur se cachent chez des cultivateurs près de Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente. A quelques kilomètres de là, les parents se terrent dans un village isolé. A vélo, souvent elle rejoint ses parents.

En 1947, elle entre au Conservatoire de musique, rue de Madrid dans la classe de maître Paulet en auditrice libre.

Au mois de février 1950, elle fugue pour Bruxelles. Son cousin Sacha Piroutsky l'héberge. Il joue de la balalaïka. Elle ne reste que deux mois chez lui. Il devenait violent. Pendant quelques temps elle loge dans une chambre de l'hôtel Central à Bruxelles. Elle croise la route de Peggy une jeune fille enceinte, paumée, originaire de Charleroi. Toutes deux louent la même chambre. Tous les jours elles ne mangent pas  à leurs leur faim. Elles rejoignent la ville natale de Peggy, s'installent à La Mansarde de l'étoile au dessus L'étoile du sud à Marcinelle dans la banlieue de Charleroi. L'étoile du sud abrite un dancing ouvert les après-midi et aménagé en salle de concert. Dans ce lieu se produit un groupe d'artistes, des amis d'enfance de Peggy : Ida Benet, Sarah Sand, Edmée Feuroge, Yvan Delporte, Boby Jaspar (1926-1963)... Barbara chatonne et joue maladroitement sur un piano. Cette joyeuse bande ouvre neuf mois plus tard toujours à Charleroi un cabaret Le Vent vert. Barbara effectue de nombreux allers retours entre Charleroi et Bruxelles en auto stop. Elle chante ensuite à L'Arche de Noé, rue de l'Écuyer à Bruxelles. Elle fredonne dans ces différents lieux les dimanches après-midi sous le nom de Barbara Brody (Brodsky est le nom de famille de sa mère). Toujours au piano elle chante L'hymne à l'amour de Edith Piaf, les chansons de Mireille, Monsieur William de Jean Roger Caussimon et Léo Ferré quelques titres de Bruant. Chaque fois le maigre public la siffle copieusement. ( sources: Fr. Faurant )...

 

Barbara 2


 

" Ce qui m'a frappé quand je l'ai vue,  
c'est la beauté...
  "

Quand tu fais une photo d'une femme  
qui devient de plus en plus belle,  
tu ne peux que devenir son ami...
 "

La beauté c'est pas le photographe,
c'est la personne qu'il y a dessus... 
"

Quand on fait un travail, 
il y a toujours une histoire d'amour, 

de complicité, 

je préfère dire d'amitié, de confiance...

Marcel Imsand



 


 




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Portraits mondains - Elinor Glyn Philip par Alexius de Laszlo 1914

Publié le par Perceval

Philip Alexius de Laszlo's Elinor Glyn 1912 bElinor Glyn peinte par Philip Alexius de Laszlo en 1914

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Elinor Glyn1927Cette peinture ci-dessus a été commandée par l'amant d'Elinor Glyn, le politicien Lord Curzon, qui lui a donné les saphirs qu'elle porte.

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Elinor Glyn est née à Jersey le 17 octobre 1864.

ElinorGlyn1908.jpg
Elinor Glyn en 1908

Dans son adolescence et jeune fille, elle a souvent voyagé en Europe. Elle a les yeux verts, et les cheveux roux. Elle est très entourée de nombreux admirateurs …

Le 27 Avril 1892, elle épouse Clayton Louis Glyn (1857–1915) un riche propriétaire terrien.  Ils ont deux filles, Margot et Juliette. Le couple ne s'entend pas...

Elinor vit diverses liaisons avec des aristocrates britanniques. Ses « Three Weeks» , au sujet d'une reine exotique des Balkans qui séduit un jeune aristocrate britannique, aurait été inspiré par sa liaison avec Lord Alistair Ker Innes, frère du duc de Roxburghe... Elle a eu une aventure de longue durée entre 1906 et 1916 avec George Nathaniel Curzon, 1er marquis Curzon de Kedleston .

  • Dès 1897 , elle écrit des articles de beauté et de mode pour Scottish Life et Cosmopolitan magazine.

  • Elinor-Glyn--three_weeks_-_film_poster.jpgElle va devenir une romancière de « best-seller » en ce début du 20e siècle. Elle est d'abord célèbre pour ses illicites et controversées "Trois Semaines» (1907)

  • 1908 - Glyn se rend aux États-Unis, inspirant, Elizabeth Visites Amérique . Elle a eu une liaison avec Lord Curzon, vice-roi des Indes.

  • 1919 - Elle est l'une des deux femmes qui sont présentes lors de la signature du Traité de paix de Versailles.

  • 1920 - Après la mort de son mari, elle se rend à Hollywood où son roman Le Grand Moment a été filmé.

  • 1927 elle publie « It », son roman le plus connu. Le mot « IT», ( qui n'entretient qu'un rapport très lointain avec le « çà » de la théorie freudienne...) , désigne ce qu'on appelle « le sex-appeal ».IT-avec-Clara-Bow-de-Elinor-Glyn-1927.jpg

  • Personnalité excentrique, Elinor Glyn est surtout connue pour sa carrière en tant que scénariste et réalisatrice à Hollywood, où les studios MGM et Paramount ont produit des versions cinématographiques de ses romans, dont "Beyond the Rocks" (1922), mettant en vedette Rudolph Valentino et Gloria Swanson. Son film le plus réussi pourrait être "It" (1927), mettant en vedette Clara Bow, dont la célébrité comme «  IT Girl » (1) … découle de ce rôle. Elle a eu ainsi une énorme influence sur la culture populaire des « années 20 », et peut-être sur la carrière de plusieurs stars d'Hollywood ...

En 1940, son dernier roman à paraître est Third Eye . 

Le 23 Septembre 1943, Elynor Glyn est décédée à Londres après une courte maladie.

Elinor-Glyn-1.jpg Elinor-Glyn--1920.jpg
  Elinor Glyn, 1920

(1) La célébrité d'Elinor Glyn est liée à Clara Bow, qui, dans une campagne de publicité grand Paramount, est  étiquetée comme la "it" girl - un terme qui a collé ensuite à l'image de Clara Bow et par la suite entré dans le lexique Hollywood. Pour bénéficier de cet "IT Girl" ," l'heureux possesseur doit avoir ce magnétisme étrange qui attire les deux sexes ... Dans le monde animal» Il désigne, par exemple, les tigres et les chats: les deux étant des animaux fascinants et mystérieux.... " E. Glyn

elinor-glyn-1903.jpg Elinor-Glyn--roman.jpg
Elinor Glyn 1903  







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Sur le sexe de Sainte Marina

Publié le par Perceval

sainte-Marina-1.jpgA l'heure où certains craignent la « confusion des genres », il est amusant, je trouve, d'observer des situations de « confusion » dans les temps anciens. Le personnage de Sainte Marina, qui passa route sa vie déguisée en homme dans un monastère en plein désert de Bithynie, au VIIIè siècle de notre ère, est pourtant célébrée par l'Eglise... !

Cette histoire porte en elle l'énigme de la femme ( et donc de l'homme) : présentée comme pécheresse, puis sainte ; vierge puis mère, ascète et sensuelle, mystique et … Des contradictions apparentes, pour l'unité d'un destin humain ...

C'est d'abord l'histoire d'un père – Oganios - qui devient moine à la mort de sa femme Sara. 

Le  père souffre de l'absence de sa fille, qui n'a que dix-sept ans. Il lui coupe les cheveux, la fait passer pour son fils. Marina, déguisée en homme promet à son père de ne jamais dévoiler sa véritable identité. titus-moine-Rembrandt.jpgLe père Abbé donne à Oganios et Marina une cellule et les met à l’épreuve durant une certaine période... Ils étonnent les gens du monastère par leur très grande piété, leur obéissance et leur capacité à s’adapter à leur nouvelle vie...

Oganios meurt sept années plus tard.

Régulièrement, les réserves alimentaires du monastère s’épuisent, l’abbé du monastère envoie alors 4 moines dans les villages avoisinants pour s'approvisionner.

Les moines passent la nuit chez un hôtelier qui est riche, de bonne réputation... Le lendemain, le jeune moine Marin ( Marina ) reste à l'auberge, pendant que les trois autres se dispersent pour acheter des denrées … Un autre hôte qui est à l’hôtel ce jour là, est un riche messager. Ce dernier est séduit par la beauté de la fille de l’hôtelier et le soir venu, il couche avec elle. Enceinte, elle ment à son père, et lui dit que c'est le jeune moine Marin qui l'a séduite... L’hôtelier en grande colère manifeste son mécontentement au Père Abbé.

L’abbé du monastère convoque Marina et les 3 autres moines qui l’accompagnaient. Marina se défend une première fois, mais alors qu'elle est confrontée à ces très graves accusations et que toutes les apparences sont contre elle, elle se déclare coupable ( et, ne pas avouer qu’elle est une jeune fille d’un côté et, aussi, par excès de piété et d'obéissance d’un autre côté). Elle ne peut que pleurer !

L’abbé du monastère ordonne aux autres moines de chasser Marina.

« Le moine Marin » supporte la honte, le déshonneur et la désolation et reste dans une grotte près de la porte du monastère, elle passe son temps à jeûner et à prier plus que jamais.

le-sanctuaire-de-Sainte-Marina--grotte-ou-a-sejourne-Ste.JPG "Marin" recueille « son » enfant, mais doit vivre hors du monastère. Cinq ans plus tard, "elle" est réintégrée. En effet les moines ont supplié l’abbé du monastère d’accorder à Marin une seconde chance et de le faire revenir parmi eux. Il accepte à la condition de lui donner les tâches et les corvées les plus fatigantes. Marina accueille cette décision avec joie ... Elle supplie le prêtre de baptiser l’enfant et elle l’élève comme son propre fils. Quand l’enfant grandit, il devient moine et essaye d’aider Marina en faisant plusieurs tâches à sa place.

Couvent-de-Mar-Lisha--Saint-Elisee-.-Il-fait-corps-avec-la.JPG
La Grotte de Saint Marina se trouve près du monastère de Notre-Dame de Qannoubine ( Liban )

"Marin" a accepté cette austérité et s'en est toujours acquitté avec courage. Puis, cela est devenu « au-dessus de ses forces et "il" succombe après quelques jours de maladie.

L’abbé du monastère a demandé aux moines d’emmener frère Marin à l’endroit où ils lavaient les morts. Ils lui ôtent ses vêtements de moine, et voient que c’est une jeune femme et non un homme. Ils crient tous - au comble de l’étonnement - disant : « ô Dieu ait pitié de nous et pardonne-nous nos péchés... ! »

L’anniversaire de la mort de sainte Marina à lieu le 15 Misra ( selon le calendrier copte)..

Cette sainte Marine est fêtée le 18 juin en Occident et le 12 février en Orient.

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Promenade en compagnie de Barbara Monacelli

Publié le par Perceval

barbara-Monacelli-Italia.jpgBarbara Monacelli, artiste peintre italienne:

Henri Miller (1891-1980): La ville... PARIS

Barbara-Monacelli-Silences-in-Paris-5.jpgL’Europe devient pour lui synonyme de liberté de pensée, morale et politique. Avec sa femme June, Miller débarque une première fois à Paris en 1928. Quatre ans auparavant, il a épousé June et décidé de n’être qu’écrivain. 
Ils logent d’abord à l’hôtel de Paris, 24 rue Bonaparte, pendant environ un mois, puis entreprennent un périple de six mois en Europe. Barbara-Monacelli-Silences-in-Paris-3.jpg
Ils reviennent ensuite à Paris, où ils séjournent en particulier à l’hôtel des Ecoles, avant de… parcourir la France à vélo. En janvier 1929, ils regagnent New-York. Le 4 mars 1930, poussé dehors par June, il débarque à Paris pour de bon, seul et, comme depuis longtemps, sans le sou. Il choisit Paris pour devenir un vrai écrivain. Il ne vient pas chercher les éditeurs, mais l’inspiration, les rencontres et la vie dont Rimbaud a parlé (Miller traduira plus tard en anglais Une saison en enfer). 
Barbara-Monacelli-Silences-in-Paris-2.jpgL’hôtel Saint-Germain-des-prés, 36 rue Bonaparte, l’accueille, puis un hôtel rue du Maine, l’hôtel Central, la rue, les amis… Le Dôme, la Coupole, le Wepler place Clichy et d’autres cafés le voient habiter en terrasse, où il écrit pendant des heures (parvenant à vivoter de ses articles), ou rencontre les prostituées et observe les passants.Barbara-Monacelli-Silences-in-Paris.jpg Il ne fréquente ni la librairie Shakespeare and Co ni Adrienne Monnier rue de l’Odéon. Miller, autodidacte de l’écriture, veut écrire ce qui n’est pas dans les livres. En 1931, il fait la connaissance d’Anaïs Nin à Louveciennes. Son ami Michael Fraenkel l’héberge Villa Seurat, près de Montparnasse. Miller écrit beaucoup, entre dix et quinze pages chaque jour. Il a commencé Tropique du Cancer. Il se promène beaucoup aussi, et perfectionne son français pour lire Breton, Giono, Céline et Cendrars, qu’il rencontrera en 1934 après la publication du Tropique (Cendrars est le premier à saluer publiquement sa sortie).

( http://www.terresdecrivains.com )

 

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Barbara-Monacelli-Hollywood-calls-Paris.jpg Barbara-Monacelli-_Tropic-of-Capricorn-June.jpg

 

 


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Colette - Julia Kristeva -2- Le pur et l'impur

Publié le par Perceval

Colette-yeux2.jpg« Un temps, Apollinaire qualifia Colette de « perverse », mais il retira l’adjectif pour lui préférer celui d’espiègle (« une âme plus espiègle que perverse »), et n’hésita à comparer son audace provocante à l’impudeur tragique des premières chrétiennes : « C’est ainsi que, délivrées de la pudeur, les martyres romaines entraient dans le cirque. » »

 Julia Kristeva ajoute : « Elle écrit là où le pervers jouit ». « Les passages à l’acte pervers jalonnent sa vie : de Willy en passant par Missy et jusqu’à Bertrand. » ( Bertrand de Jouvenel ( le fils que son mari avait eu de Claire Boas ))

Colette-et-Missy.jpg colette-Rozven-1920.jpg
Missy ( duchesse de Morny) et Colette Colette et derrière elle, Bertrand de Jouvenel.

« D’autant que la psychanalyse, du moins dans ses développements les plus soucieux de vérité, se départit aujourd’hui de la normativité qui entache ses notions fondamentales — notamment celle de perversion — et considère nombre de comportements « pervers » comme des passages obligés jalonnant une construction complexe de la personnalité »

 

Barbara-Monacelli-_-le-pur-et-l-impure-Colette-3.jpg« Nous pouvons comprendre la bisexualité de Colette ainsi que ses passages à l’acte pervers de la même façon. Elle-même le suggère discrètement : dans ses rapports avec Willy, l’acte génital normatif, de surcroît accompagné de blessures narcissiques, ne lui apportait probablement qu’une quasi-satisfaction. Aussi « la catastrophe amoureuse, ses suites, ses phases », commence-t-elle par dénier avec force, ne font pas partie de « l’intimité d’une femme ». D’ailleurs, en divulguant ces « demi-mensonges » (comme Colette l’a fait elle-même !), la femme « sauve de la publicité des secrets confus et considérables, qu’elle-même ne connaît pas très bien », enfouis comme ils sont dans « le même secteur féminin, ravagé de félicité et de désordre, autour duquel l’ombre s’épaissit ». Ces ravages-là purent être compensés par la possibilité de s’abandonner affectivement à autrui en passant par le détour de la perversion (homosexuelle, incestueuse). 

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Grâce à elle et après elle, Colette acquiert la capacité d’être seule : celle de l’extase dans une solitude extrême, quoique relative puisque l’écrivain sollicite sans cesse ses amis, s’appuyant sur le « meilleur » d’entre eux, mais elle ne sombre plus jamais dans une dépendance dramatique. Qu’elle qu’en pût être la vigueur réelle, l’importance que revêtent ces passages à l’acte (homosexualité avec Missy, sexualité incestueuse avec Bertrand) s’avère — avec le recul du temps et par le destin littéraire que Colette a su leur donner — passagère et, à tout prendre, moindre que la complétude affective qu’ils apportaient, que l’orgasme du moi qui les accompagnait, que l’extase ressentie comme un remaniement de la relation maternelle, lui-même indissociable de sa mise en mots : bref, comme « Sido ».

 

Pour Julia Kristéva, la position de Colette est simultanément, une conduite psychique et un style d’écriture. "L’écrivain Colette forge l’art, non pas de creuser ce chagrin, de le dévoiler et de le dépasser  Non, ses héroïnes, préfèrent masquer par la désinvolture la tristesse qu’elles ressentent. Colette préfère réprimer le chagrin, tuer ce tueur qu’est le désespoir, afin de bâtir sur sa tombe. « Je pleure aussi mal, aussi douloureusement qu’un homme. Mais on se vainc, pourvu qu’on le veuille. Dès que mon entraînement a été mené à fond, je me suis presque complètement privée de pleurer. "

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Chez Colette, tous les sens sont des organes sexuels. Colette décrit un orgasme gigantesque du sentant et du senti. Colette, actrice, écrit encore que « les plaisirs de son corps métamorphique qui « joue » sont inséparables des « tourments » (faim, soif, froid, fatigue, tristesse) qui « empêchent de penser ».

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Colette dans sa loge avant une représentation.

Julia Kristéva, affirme : comme Colette le prétend - pour contrer les rumeurs qui voulaient la compromettre - le music-hall fut sa manière très personnelle de rentrer dans « un couvent moderne » ? J’aime à penser que la scène a été le meilleur refuge pour l’éclosion de son corps métamorphique, puisqu’il y est enfin désapproprié — rien que des gestes et des rôles. En passant de l’autre côté de la rampe, Colette quitte la place figée de spectatrice « raidi[e] de fatigue » et d’« orgueil défensif » et devient... une bacchante. « Car je danserai encore sur la scène, je danserai nue ou habillée, pour le seul plaisir de danser, d’accorder mes gestes au rythme de la musique, de virer, brûlée de lumière, aveuglée comme une mouche dans un rayon.. »

      Sources : Julia Kristeva :  Le génie féminin, t .3, Colette ou la chair du monde, Fayard,  2002

- Les peintures sont de Barbara Monacelli, inspirées par "le pur et l'impur " de Colette.

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