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Univers Steampunk -2/3-

Publié le par Perceval

 

paysage-urbain-Steampunk-1.jpg

Pour parler du Steampunk, il faut d'abord parler un peu de ses origines, il trouve ses racines au début des années 80 et est à la base un héritages d'oeuvres littéraires diverses écrites par des amateurs de science fiction, on peut remonter cependant un peu plus loin dans le temps, Jules Verne célèbre écrivain né en 1828, a notamment écrit de nombreux romans de science fiction et d'anticipation qui sont devenus des grands classiques, tels que Vingt milles lieux sous les mers ou encore Voyage au centre de la terre, mais à ce moment là le terme n'existe pas encore.

Space-1889-Conspiracy-of-Silence.jpg steampunk-world.jpg
   



Le steampunk traduit littéralement par punk à vapeur, est un croisement entre la science fiction et l'ambiance rétro de l'époque victorienne, c'est assez rapidement résumé, on peut aussi parler de rétrofuturisme qui convient assez bien au mouvement. 

Sous genre de la SF, il se différencie toutefois de celui ci car il fait souvent référence à des éléments anachroniques comme les ordinateurs ou les manipulations génétiques.

M_steampunk_romance_by_deltamike-petit-copie-1.jpg 

Les thèmes abordés dans les romans Steampunk sont assez variés, cela va de l'aventure au policier, il fait d'ailleurs parfois référence à la SF en reprenant les voyages dans le temps. 

Le genre ne se limitera plus à la littérature mais envahira aussi un grand nombre d'autres média, tels que la musique, le cinéma, la bande dessinée, et même les jeux vidéo.

Budapest-Fantasy-landscape1.jpg

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L'Art Steampunk évoque une réalité alternative où la vapeur est la source principale d'alimentation. Technologie, bien que très avancé, a pris un aspect très différent et se sentir, et la mode est fortement influencé par les styles victoriens. Dans cet épisode, nous explorons l'esthétique Steampunk et le mouvement de l'art. Nous parlons d'un artiste Steampunk, un compositeur qui a créé une pièce entière de musique inspirée par Steampunk, et un collectif d'arts de la scène dont le travail s'inscrit naturellement dans ce monde fascinant.

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Univers Steampunk -1/3-

Publié le par Perceval

Peut-être ne connaissez-vous pas le « Steampunk »... ?

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From the cover of Steam Punk Magazine (2011) Cover of The Bookman Histories (Angry Robot, 2012) by Lavie Tidhar

- Il s'agit -sans doute – d'une ramification de l’Uchronie -, un genre qui prend de la consistance en puisant dans les marges des « mauvais genres » … Il y a sans aucun doute une volonté de dérision...

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C'est une sorte de « fantaisie victorienne ».

K. W. Jeter écrit Morlock Night qui relève de cette démarche de fantaisie victorienne. Il s’agissait, selon Jeter, d’écrire un titre s’inscrivant dans une série consacrée au retour du roi Arthur. Diverses époques devaient servir de cadre aux aventures du souverain breton. Le récit se déroule finalement en Angleterre à l’époque victorienne et propose une suite à La Machine à explorer le temps de H.G. Wells. 



Dans des limites restreintes, le steampunk n’est qu’une imitation de l’anticipation du XIXème siècle et une mise en scène de gadgets technologiques anachroniques. Dans un cadre large, il lorgne vers la Fantasy urbaine, le Fantastique, l’Uchronie biaisée, voire un exercice de style très référencé mêlant des personnages historiques réels et des héros de roman populaire. 

L'une des spécificités du steampunk est d’être une extrapolation du potentiel technique d’une époque précise : le XIXème siècle. Une anticipation à rebours...

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Le steampunk préfère éviter une réflexion sur l'avenir, où plutôt « Ils préfèrent se demander ce qui se serait passé si le futur était arrivé plus tôt plutôt que de s’interroger sur NOTRE avenir. C’est une manière d’écrire une SF qui ne risque pas d’être démentie, ni de se démoder sur le plan technoscientifique - d’autant que le recours à des éléments surnaturels, comme chez Tim Powers, rapproche certaines œuvres de la fantasy. » Roland C. Wagner

Le Steampunk est un genre visuel puisqu’il introduit dans le récit une esthétique singulière, celle des machines à vapeur, du rétro-futurisme, de la confusion des époques et des technologies. Certains dessinateurs y ont vu le moyen développer des univers graphiques propices à de trépidantes aventures.

La Ligue des Gentlemen extraordinaires de Alan Moore et Kevin O’Neill, est La bande dessinée à lire pour illustrer le steampunk...

 

 

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Steampunk-affiche.jpg Lady-Mechanika-2.jpg

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Les fées, ça n'existe plus ! -3/3-

Publié le par Perceval

Aux XIIe et XIIIe siècles, alors que s'écrit la légende arthurienne ; le merveilleux païen fait irruption dans la la culture savante sans grande opposition de l’Église, car elle ne représente plus un véritable danger.
f3be4dd10048Cependant, l'opposition entre l'interprétation des chevaliers et une interprétation des clercs, s'exprime clairement. Les clercs veulent intégrer au surnaturel chrétien une mythologie assez irréductiblement étrangère, et les chevaliers et troubadours exploitent cette mythologie parce qu'elle est précisément étrangère à l’Église…

L'Eglise va jouer la rationalisation, et assimiler les fées aux sorcières. Ce phénomène de rationalisation et de diabolisation va dénaturer – radicalement - la fonction des fées.
La nature fantastique de la fée du lai de Lanval n'est jamais mise en doute par Marie de France. Mais dans les romans en prose à partir du du XIIIe s., les fées vont devenir des mortelles douées de pouvoirs surnaturels.


Vers 1220, le Lancelot en prose donne une définition des fées dans la littérature profane, à propos de la Dame du Lac qui enlève l'enfant Lancelot à sa mère pour l’élever dans son royaume aquatique :

lancelot-et-viviane« Le conte dit que la demoiselle qui emporta Lancelot dans le lac était une fée. En ce temps-là, on appelait fées toutes celles qui se connaissaient en enchantements et en sorts; et il y en avait beaucoup à cette époque, en Grande Bretagne plus qu'en tout autre pays. Elles savaient, dit le Conte des Histoires bretonne, la force des paroles, des pierres et des herbes, par quoi elles se maintenaient en jeunesse, en beauté et en richesse, autant qu'elles le désiraient. Et tout cela fut institué à l'époque de Merlin, le prophète des Anglais, qui savait toute la science qui des diables peut descendre. C'est pourquoi il était tant redouté des Bretons et tant honoré que tous l'appelaient leur saint prophète, et les petites gens leur Dieu. Cette demoiselle, dont le conte parle, tenait de Merlin tout ce qu'elle savait de science occulte; et elle l'apprit par une très subtile ruse. »

Si la dame du lac, est réduite à l'état de magicienne, elle n'habite plus qu'un fantôme de lac :

« La dame qui l'élevait ne résidait jamais ailleurs que dans des forêts grandes et profondes ; et le lac, dans lequel elle avait sauté avec lui, lorsqu'elle l'avait emporté, n'était que d'enchantement. Et cette habitation était si bien cachée que personne ne pouvait la trouver ; car l'apparence du lac la protégeait de telle manière qu'on ne pouvait pas la voir. »

Chevalier dame sans merciLes fées ont acquis la science des clercs et se posent en rivales de ceux-ci, possédant une autre forme de maîtrise du surnaturel.
Cette opposition en recouvre deux autres : clercs/laïcs et masculin/féminin.
« Ainsi les thèmes féeriques peuvent être compris comme une manière, pour la littérature aristocratique, de conférer dans l'imaginaire aux chevaliers des pouvoirs surnaturels indépendants de ceux qui, dans le fonctionnement réel de la société, en constituent le pôle central et dominant : le sacré défini par les théologiens et dont la mise en œuvre est contrôlée par l’Église. »

Deux textes, deux discours parallèles qui exaltent l'idéal chevaleresque, sont révélateurs à cet égard ; tous deux, étonnamment, sont placés dans la bouche d'une fée, prêtés à la dame du lac et à mélusine.

La Dame du lac tient le premier jour au jeune Lancelot avant de la conduire à la cour d'Arthur où il recevra l'adoubement. Ce discours est très orthodoxe : il définit les devoirs du chevalier, qui doit défendre les faibles et les opprimés et servir fidèlement la sainte Église.
Le discours de Mélusine à ses deux fils Urien et Guy, est plus pragmatique, et concerne le bon gouvernement... Il faut être un bon seigneur, attentif aux besoins de son peuple …. Le plus remarquable est ce ces discours soient placés dans la bouche et d'une femme et d'une fée. C'est que le savoir des fées rivalise une fois de plus avec celui des clercs. Les forces féeriques sont mises au service de la chevalerie pour lui donner un caractère héroïque et sacré.

Chrétien de Troyes, joue avec subtilité sur les incertitudes : Laudine est-elle une fée ou non ? Les pucelles ponctuant le parcours de Lancelot en sont elles ? Espace de l’interrogation qui permet plusieurs lectures, mais qui montre aussi que la fée, en dépit de son originelle ambivalence, peut avoir une place véritable dans l’imaginaire médiéval et chrétien.
Morgane a perduré sous le nom de fée Margot et l’on trouve un peu partout en France des « Caves à Margot », des « chambres de la fée Margot », des « fuseaux de Margot », des « Roche Margot ».

 

St. Margaret of Antioch (France, 1490-1500)


Si la christianisation a diabolisé Morgane, tout comme elle l’a fait de Gargantua et de Mélusine. Elle l’a christianisée en sainte Marguerite, représentée « issourt » du dragon, ou avec le dragon à ses pieds, le dragon-vouivre symbolisant alors les énergies telluriques.

St. Margaret of Antioch (France, 1490-1500)


Après les déesses, les fées, on observe le triomphe d'une autre femme : Marie (Notre-Dame, la Vierge Marie) au début du XII° siècle, qui change terriblement le regard porté sur les fées et les dames. Notre-Dame donne son nom aux 3/4 des grands édifices gothiques qui s’érigent dans un monde nouveau qui explose.
L’évangélisation souvent brutale des populations n’avait jamais aboli l’héritage des fées maîtresses de la pierre, des eaux et du vent. On conserve des témoignages de la fin du XVII° siècle selon lesquels les druidesses de l’île de Sein seront alors et seulement, converties au christianisme.

Sources : Un livre important sur le sujet des fées, si on souhaite comprendre la place qu'elles avaient au Moyen-âge :
- Laurence Harf-Lancner, Le Monde des fées dans l’Occident médiéval, Paris, Hachette (« Littératures »), 2003

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Femmes peintres: autoportrait -4-

Publié le par Perceval

 Autoportrait – Alina Bondy Glassowa (1865-1935) Autoportrait – Elin Danielson Gambogi (1861-1919) 
 Autoportrait  – Alina Bondy Glassowa (1865-1935)  Autoportrait – Elin Danielson Gambogi (1861-1919)

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Georg_Pauli_-_Hanna_i_bla_klanning_-_1896_-_Jonkopings_.jpg
Autoportrait – Hildreth Meière (1892-1961)
 Autoportrait  – Hanna Hirsch-Pauli (1864-1940)  Autoportrait – Hildreth Meière (1892-1961)

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Autoportrait – Lluisa Vidal (1876-1918) Autoportrait – Ludovica Thornam (1853-1896)
 Autoportrait  – Lluisa Vidal (1876-1918)  Autoportrait – Ludovica Thornam (1853-1896)

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Autoportrait – Lydia Field Emmet (1866-1952) Autoportrait – Margaret Foster Richardson (1881-1945)
 Autoportrait  – Lydia Field Emmet (1866-1952)  Autoportrait – Margaret Foster Richardson (1881-1945)

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Autoportrait – Margaret Lesley Bush-Brown (1857-1944) Autoportrait Sabine Lepsius (1864-1942)
 Autoportrait – Margaret Lesley Bush-Brown (1857-1944)  Autoportrait   Sabine Lepsius (1864-1942)

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Autoportrait – Thérèse Schwartze (1852-1911) Autoportrait – Zinaida Serebriakova (1884-1967)
 Autoportrait – Thérèse Schwartze (1852-1911)  Autoportrait – Zinaida Serebriakova (1884-1967)

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Femmes peintres: autoportrait -1-

Femmes peintres: autoportrait -1-

Femmes peintres: autoportrait -1- - Main de femme, peinture rupestre, grotte de Pech Merle …
Femmes peintres: autoportrait -3/6-

Femmes peintres: autoportrait -3/6-

Femmes peintres: autoportrait -3/6- - Abraham Solomon (1823-1862) …
Femmes peintres: autoportrait -2/6-

Femmes peintres: autoportrait -2/6-

Femmes peintres: autoportrait -2/6- - autoportrait – Adelaide Labille-Guiard (1749-1803) …

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George Barbier -2/2-

Publié le par Perceval

George-Barbier-L-eventail-et-La-Fourrure-Chez-Paquin.jpg*****

Les chansons de Bilitis

George Barbier (1882 – 1932, French) 1 George Barbier (1882 – 1932, French) La belle Hélène
George Barbier (1882 – 1932, French) L'Athénienne 3 George Barbier Les Chansons de Bilitis 1
George Barbier Les Chansons de Bilitis 2 George Barbier Les Chansons de Bilitis 3

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Les liaisons dangereuses.

George Barbier (1882 – 1932, French ) The Morning, Erotic George Barbier Les Liaisons Dangereuses 1
George Barbier Les Liaisons Dangereuses 2 George Barbier Les Liaisons Dangereuses 3
George Barbier Les Liaisons Dangereuses 4 George Barbier Les Liaisons Dangereuses 5
George Barbier Les Liaisons Dangereuses 6 George Barbier Les Liaisons Dangereuses 7


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Il était une fois..., avec Georges Barbier

Publié le par Perceval

George-Barbier--1882---1932--French--Sous-l-arbre.jpg

Georges Barbier est né à Nantes, en France, en 1882, dans une famille bourgeoise prospère. En 1907 il entre à l'Ecole des Beaux-Arts, il est sous la houlette du peintre Académiste Jean-Paul Laurens, de 1908 à 1910. Il commence à exposer lors du Salon des Humoristes de 1910, sous le pseudonyme d'Edouard William. Falbalas et Fanfreluches, Georges Barbier

C'est au Salon des Artistes Décorateurs que ses gouaches, aquarelles, et projets de décoration et de textiles au style déjà affirmé plaisent au public. Barbier a 29 ans...

La même année, l'artiste présente des oeuvres déclinées sur le thème de La Comédie Humaine à La Galerie Georges Petit. La finesse de son trait et sa maitrise séduisent les éditeurs d'ouvrages de luxe : en 1913, Barbier devient célèbre grâce à l'illustration des volumes des "Danses de Nijinski". Les sauts, pirouettes et arabesques du danseur sont mis en page avec une admirable virtuosité.

L'artiste a l'âme facétieuse, et illustre régulièrement des journeaux satiriques tels que "La Baïonnette" et "Le Rire". Il retrouve son sérieux pour la revue de mode "Gazette du Bon Ton", créée en 1912, pour laquelle son talent d'écrivain est aussi pertinent que son talent de dessinateur. Il reproduit les robes des grands couturiers, en particulier de Worth, où l'on retrouvait le charme des laques d'Extrême-Orient. (On peut voir ces gravures aujourd'hui au Victoria and Albert Muséum.)...

george-barbier la gourmandise george-barbier La Paresse (Laziness)
george-barbier Le Jugement de Paris george-barbier l'oiseau volage
george-barbier L'Orgueil (Pride) Georges Barbier - la danse


Barbier illustre "les éditions de luxe", des éditions limitées de la poésie et des romans par C. Baudelaire, P.Verlaine et autres. Son premier est un album de dessins de Nijinski, danseur russe, 1913; en 1914 -. un album similaire de Karsavina 
En 1923, il conçoit également des costumes pour spectacles ....

Dès sa première parution française en 1920, "Vogue" se pare des couvertures de Barbier. Mais Vogue n'est pas le seul magazine à solliciter Barbier, l'artiste collabore également à "Modes et Manières d'Aujourd'hui", à "Harper's Bazaar" dès 1916, puis "Comoedia Illustré", "Fémina", "l'Illustration" et "Les Feuillets d'Art". Barbier dessine aussi des bijoux pour Cartier, créait verrerie, tissus et papiers peints...

george-barbier Au revoir george-barbier LAmour Est Aveugle
george-barbier le gout des laques george-barbier Le Grand Decolletage
George Barbier Minuit ou lappartement a la mode Georges Barbier - Chez la marchande de pavots


Il travaille sur les publicités pour des marques célèbres -. Elizabeth Arden, Renault et Cartier 

Il conçoit les costumes remarquables pour Rodolfo Valentino ("Monsieur Beaucaire", 1924). 
Il meurt en plein succès en 1932, à l'âge de 50ans. 
Pendant son séjour à Paris, Barbier fréquentait les milieux homosexuels - il était un intime du dandy et poète Robert de Montesquiou. 

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Exquises aquarelles de soirées mondaines dans de luxueux intérieurs Art Déco, gravures de scènes galantes ou rêveries dans des parcs luxuriants, apartés dans des jardins d'Hiver japonisants, longues silhouettes féminines vêtues d'atours aux étoffes précieuses, modèles des couturiers en vogue, Paul Poiret, Frederick Worth, Jeanne Paquin, Madeleine Vionnet,  ces illustrations séduisent toujours et encore le spectateur... 

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Les fées, ça n'existe pas ! -2/3-

Publié le par Perceval

Qui ne s'imagine pas, posséder la lumière qui fera reculer les ténèbres... ? En ce Moyen-âge, la religion catholique voulait posséder la raison, et faire reculer les ténèbres païennes.
Vers 1023, Burchard, évêque de la ville de Worms, rédige un pénitentiel – à l'usage des prêtres – le Decretum dans lequel il énumère les principaux délits commis dans son diocèse et les pénitences adéquates.
 
Jaloux battant sa femmeRappelons que, Grégoire VII ( pape en 1073, à 1085) continue l’œuvre de réforme et donne son nom au mouvement. Dans ce contexte, le statut des femmes change et se durcit. On théorise leur place selon un ordre précis : la virginité, le mariage, le veuvage. Seules ces catégories sont reconnues dans une hiérarchie définie : vierge, sainte, moniale, veuve, femme mariée puis, tout en bas, la femme célibataire qui équivaut au diable en chair et en os. tenue d'une femmeLes réformateurs sont particulièrement misogyne : Hildebrand (clunisien), Pierre Damien, Burchard de Worms (dont le livre 19 de son Decretum n’est pas flatteur et développe les idées de sorcellerie inhérente à la femme).
Pour l'évêque de Worms, l’enfer c’est les femmes. Elles sont impies par nature et peuvent même aller jusqu’à remettre en cause la trinité, se tiennent mal à l’église (bavardent, marchent sur les sépultures…).. Il faut ranger les femmes dans les parties froides de l’église pour calmer leurs ardeurs…
 
Mais, revenons aux croyances en ces fées.... :
bruxa001«  As-tu cru à ce que certains ont l’habitude de croire, que celles que le peuple appelle les Parques existeraient réellement et auraient le pouvoir, lorsqu’un homme naît, de le marquer comme elles veulent, de sorte qu’à tout moment cet homme pourrait se transformer en loup, qu’en langue teutonique on appelle loup-garou, ou en n’importe qu’elle autre figure? Si tu as cru que cela s’est fait un jour et que c’est possible que l’image divine puisse être transformée en une autre forme ou espèce par quelqu’un, excepté par Dieu tout-puissant, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau.
 
As-tu cru à ce que certains ont l’habitude de croire, qu’il existe des femmes habitant les champs, appelées sylphes, ayant, disent-ils, un corps matériel, et lorsqu’elles veulent elles se montrent à leurs amants et prennent plaisir avec eux, et de même lorsqu’elles veulent elles se cachent et disparaissent? Si oui, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau.
 
As-tu fait ce que certaines femmes ont l’habitude de faire à certaines époques de l’année: quand tu prépares la table dans ta maison, tu déposes la nourriture et la boisson ensemble avec trois couteaux sur la table, pour que si viennent les trois sœurs, que l’héritage et la stupidité antique appellent les Parques, elles puissent se restaurer là; ainsi tu as pris à la piété divine son pouvoir et son nom pour les transmettre au diable, croyant que celles que tu appelles sœurs peuvent t’être utiles maintenant ou dans le futur? Si oui, tu feras pénitence un an au pain et à l’eau. » Burchard évêque de Worms

Walter Jenks Morgan (British, 1847-1924), Where Rural Fays and Fairies Dwell
Les Parques, déesses de la mythologie romaine, font bon ménage avec une autre mythologie plus locale …John Melhuish Strudwick ~ Acrasia
Ce texte évoque parfois des scénarios que nous connaissons dans nos contes de fées … Les « femmes de la forêt » qui recherchent l'amour des mortels, nourrissent un type de conte universel, qui s'épanouira dans la littérature du Moyen-âge.
 
Les fées apparaissent en littérature, avec la naissance de la littérature. C'est au XIIe s. que naît le roman, qui désigne, au sens propre, tout texte écrit en langue romane ( par opposition au latin). La « matière » de cette littérature est triple : bretonne, romaine et française... En 1170, Chrétien de Troyes écrit le premier de ces romans, Erec et Enide, à partir d'un conte d'aventures. Marie de France – dans le prologue de ses Lais – écrit son projet de sauver les contes des anciens bretons, pour les sauver de l'oubli.
 
Midsummer Eve Edward Robert Hughes
Dans le discours d’autorité de l’Église, les fées sont intégrées au surnaturel chrétien par le biais de la satanisation... ou de la sanctification … !

 

 

Les textes profanes, défendent les valeurs de l'aristocratie chevaleresque et interprètent la culture populaire selon une autre idéologie, celle de la société féodale, et les fées y bénéficient d'un traitement beaucoup plus favorable. Il peut être glorieux pour un lignage aristocratique de se doter d'une ancêtre surnaturelle... Les seigneurs poitevins de Lusignan se proclameront les descendants de la fée Mélusine.

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Les fées, ça n'existe pas ! -1/3-

Publié le par Perceval

Comment « croire » aux fées dans un monde dont le système de référence, rationaliste, ne leur permet pas d'exister ?
 
« Croire », c'est s’écarter de critères qui relèvent de la raison, des sens : voir, toucher, raisonner, expérimenter... tout ce qui appartient à des activités humaines dans un système qui ne tient compte que de ce qui est matériel, humain et dans le cadre de ses connaissances actuelles ...etc.
Dans ce système, beaucoup de choses sont à écarter, en particulier la transcendance, la relation au sacré … et sans doute, la compréhension des mythes, et des contes traditionnels...
 
Au Moyen-âge, les enfants ne sont pas les seuls à « croire » aux fées. « Croire », c'est alors : prendre au sérieux, reconnaître l'influence, la prégnance, d'un ensemble de faits, d'êtres, sur lesquels il n'est pas aisé de mettre des mots pour en partager l'expérience. La convention partagée, est d'en parler au travers d'histoires ( contes, légendes, mythes …).
Dans un univers mental, aujourd'hui entièrement étranger au nôtre, la question posée par ces figures « fantastiques et ambiguës », est moins celle de leur « existence » que celle de leur signification....
Si elles signifient quelque chose, n'est-il pas absurde de nier leur « existence »... ?
Il est d'ailleurs intéressant de constater la place qu'attribue la religion chrétienne, à ces figures païennes … ! Elle ne leur dénie pas une réalité surnaturelle, mais elle modifie leur interprétation. A côté d'un surnaturel orthodoxe ( les miracles, les pièges du démon, …), il existe un surnaturel problématique dont font partie les fées ….
 
Exemple :
A la fin du XIIe s., Marie de France dit recueillir dans ses lais des contes bretons qu'elle fait remonter à un passé mythique.
Dans le lai d'Yonec, une jeune femme a été mariée contre son gré à un vieillard jaloux qui la tient en prison. Un jour de printemps, elle évoque d'antiques croyances selon lesquelles, autrefois, «  les chevaliers trouvaient les femmes de leurs rêves, nobles et belles, et les dames trouvaient des amants, preux et vaillants, sans encourir le moindre blâme, car elles étaient les seules à les voir ». Elle supplie Dieu de lui envoyer un de ces amants merveilleux, et Dieu, compatissant, exauce son vœu. Un grand oiseau vole jusqu'à sa fenêtre et, dans sa chambre, se transforme en un beau chevalier qui sollicite son amour. La dame, d'abord terrorisée, consent à l'aimer, s'il est bon chrétien. Aussitôt dit, aussitôt fait : le chevalier-oiseau se métamorphose pour revêtir l’apparence de la dame et recevoir la communion à sa place : celle-ci, rassurée se donne à lui. On reconnaît ici une version du conte de l'Oiseau bleu. Mais l'originalité du récit de Marie de France réside dans cette réaction de la dame, qui n'est nullement rebutée par la nature animale de son soupirant mais craint par-dessus tout de tomber dans un piège du démon : il suffit au chevalier-oiseau de prouver qu'il est bon chrétien pour vaincre sa réticence.
 
La fée Viviane et Merlin par G Doré
Au Moyen-âge, le surnaturel apparaît :
- Avec Dieu, et son intervention : le miracle...
- Avec la magie, le surnaturel satanique et la sorcellerie...
- Avec ce qui regroupe toutes les « merveilles » : le merveilleux ( de miror = s'étonner ) et ses êtres fantastiques ( fées, lutins, ogres, monstres…) . Cela suscite d'ailleurs une certaine incompréhension, et donc une inquiétude … L'interrogation porte sur l'interprétation de la merveille …. L'interrogation ne porte pas sur la réalité de la merveille, que nul ne met en doute, mais sur son sens : à quel registre de la transcendance relier le phénomène ? Où situer les fées qui n’appartiennent ni à Dieu ni au diable ?
 
ps: L'Oiseau bleu est un conte de fées français en prose de Marie-Catherine d'Aulnoy, publié en 1697 et racontant l'histoire d'amour de la princesse Florine et du roi Charmant, transformé en oiseau bleu. Ce conte est contemporain des contes de Perrault.
 
Sources : Laurence Harf-Lancner, Le Monde des fées dans l’Occident médiéval, Paris, Hachette (« Littératures »), 2003

 

 

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Derrière le "Poilu", cherchez la femme ... -2- L'infirmière

Publié le par Perceval

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Les personnels de santé ont rarement vu une telle accumulation d’horribles blessures et de corps fracassés que durant la Grande Guerre (1 697 800 morts militaires et civils et 4 266 000 blessés pour la seule France). Du côté français, au début du conflit, les structures militaires de santé sont légères. Comme on pense que la guerre sera brève, aucun hôpital n’a été prévu près de la frontière à l’est et au nord. Les régiments ne peuvent compter que sur les médecins et les unités d’infirmiers qui leur sont attachésMillicent-Sutherland-detail.jpg

Les autorités corrigent rapidement la situation. Les hôpitaux de campagne se multiplient le long de la ligne de front à partir du début de 1915. À l’intérieur du pays, beaucoup d’hôpitaux se créent. Un grand nombre d’infirmières sont engagées après une formation accélérée. Les candidates abondent. Parmi les premières à se porter volontaire: 1 000 religieuses, qui avaient été chassées des services hospitaliers après 1905 et qui sont rappelées. La Croix Rouge française forme 7 000 bénévoles. Ces effectifs sont renforcés par des infirmières venues d’Angleterre, des États Unis et du Canada.

Le transports des blessés jusqu’aux hôpitaux, étant longs et périlleux, les infirmières acceptent leur rapatriement au front.

Leurs tentes sont installées à une distance minime du champ de bataille malgré le danger. Le travail des infirmières consiste à administrer aux soldats blessés des analgésies, les aider dans leur toilette, seconder les chirurgiens qui les opérent mais également à soutenir les combattants tout au long de leur processus de guérison.

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La plupart de ces femmes travaillent bénévolement, même si les risques qu’elles encourent sont importants, elles ne sont pas rémunérées. A cette époque, les infirmières bénévoles sont regroupées sous 3 sociétés d’assistance enregistrées par le ministère de la guerre : la Société de Secours aux Blessés (SSBM : infirmières hospitalières), l’Association des Dames Françaises (ADF : infirmières hospitalières) et l’Union des Femmes de France (UFF : infirmières ambulancières). En général, elles sont vêtues d’une blouse blanche et portaient une coiffe. Elles ont pour insigne une croix rouge (symbole de la Croix Rouge Française) qui indiquait leur qualification. Leurs outils de travail sont sommaires et les médicaments sont souvent remplacés par des produits moins coûteux et ainsi moins efficaces.

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1915 - Edith Cavell est exécutée par l'armée allemande pour avoir aidé des centaines de soldats alliés à s'échapper des Pays-Bas

 

A partir de 1916, les ambulances sont toutes conduites par des femmes. 

.  Outre les soins donnés dans des conditions pénibles, les infirmières apportent, comme des Poilus l’ont raconté dans leurs témoignages, la douceur qui console des hommes torturés par d’extrêmes douleurs. En reconnaissance, plusieurs d’entre elles sont décorées de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur.

Sources: "La Croix" du 12/07

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Derrière le "poilu", cherchez la femme … -1-

Derrière le "poilu", cherchez la femme … -1-

Derrière le "poilu", cherchez la femme … -1- - a quoi ( à qui …) rêve le poilu? Loin des yeux, loin du front, les femmes sont néanmoins omniprésentes dans l’imaginaire des…

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Avedon et Dovima -3/3-

Publié le par Perceval

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Grand modèle chez Vogue, Dorothy Virginia Margaret Juba, plus connue comme Dovima, était un modèle américain des années 1950.
Une des des photographies de Richard Avedon qui l'ont conduite à la célébrité, est celle avec une robe Dior et des éléphants.

Dovima Harper's Bazaar, August 1957 part-of-an-editorial-phEn 1949, elle est employée dans un magasin de bonbons. En quittant le fast-food à Manhattan, l'éditeur de Vogue s'approche d'elle et lui demande si elle a déjà travaillé comme modèle photo. Il linvite à une séance photo et le lendemain elle pose pour le célèbre photographe Irving Penn. Après une année, elle est le modèle le mieux payé de l'agence.
Dovima dans les années 1950 a travaillé avec de nombreux photographes de renom et est apparu sur la couverture de grands magazines de mode.
Elle vit une relation étroite avec Richard Avedon, qui l'immortalise entre deux éléphants du Cirque d'Hiver en Août 1955. Le costume noir qu'elle porte sur la photographie est la première robe de soirée conçue par Yves Saint Laurent chez Christian Dior . 
Représentant la « femme idéale » des années 1950, « sophistiquée », elle reste, avec Suzy Parker et Dorian Leigh, une des trois icônes de l’industrie de la mode à cette époque et également l'une des mieux payée.

Dovima for Harper's Bazaar, 1955 Richard AvedonÀ trente-cinq ans, elle quitte le métier, alors que les mannequins sophistiqués sont passés de mode...  « Je ne voulais pas attendre,  jusqu'à ce que la caméra devienne cruelle » dira t-elle. Elle obtient alors quelques petits rôle, principalement dans des séries télévisées. Elle prend sa retraite en 1975 à Fort Lauderdale, et termine sa vie comme serveuse dans le restaurant Two Guys Pizzeria de la ville. Mariée trois fois, elle meurt d'un cancer, le 3 mai 1990, à soixante-deux ans, à Fort Lauderdale, en Floride. Après sa mort, Richard Avedon a dit: " Elle fut la dernière des beautés aristocratiques, élégantes ... "

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 Dovima in Balenciaga by Richard Avedon  Salvador Dalí et Dovima, New York, Janvier 1963

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