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Marguerite de Valois – 11/-

Publié le par Perceval

La signature de la paix de Fleix est à l'origine d'une aventure galante qui devait bouleverser la vie de Marguerite et diviser, une fois de plus, la famille royale.

Parmi les jeunes seigneurs qui accompagnent le duc d'Anjou, se trouve un garçon fort séduisant nommé Jacques du Harlay, seigneur de Champvallon, ami d’Alençon que la reine de Navarre, toujours à l'affût, remarque tout de suite pour son regard chaud et sa carrure prometteuse.

Elle a alors trente ans. Son tempérament déjà volcanique se trouve renforcé par la cuisine fortement épicée de Nérac. La vue de ce beau jeune homme lui met immédiatement du feu à tous les bons endroits, et elle s'en trouva gênée. D’une grande beauté, lettré, il a tout pour plaire, il lui parle d’amour... Voyant son trouble, Champvallon sait se montrer galant gentilhomme, et la prend sur-le-champ...

Le lendemain, encore toute chancelante, elle écrit à son amie, la duchesse d'Uzès, ses impressions sur les quelques instants passés avec ce nouveau partenaire :"j'ai eu tant de plaisir que ce serait chose trop longue à vous écrire." Tant de plaisir qu'elle en est remuée jusqu'au plus profond d'elle-même ; tant de plaisir que, pour la première fois de sa vie, elle tombe vraiment amoureuse...

Transfigurée, rayonnante, oubliant tout : Navarre, Turenne, etc.. Elle vit dans l'adoration de ce jeune seigneur élégant qu'elle appelle, avec quelque exaltation, "son beau soleil", "son bel ange", "son beau miracle de la nature"... Cette passion l'aveugle au point qu'elle perd le peu de réserve qui lui reste, et Champvallon doit la satisfaire dans les escaliers, les placards, les jardins, les champs, les granges …

François, le duc d'Anjou est tombé amoureux de ''la belle Fosseuse'', et Henri de Navarre craint que la petite, dont il connaît l'ambition, ne se laisse séduire par l'héritier présomptif du trône de France

Et François – pour oublier Fosseuse - quitte Nérac, emmenant son fidèle Champvallon … !

François de France (1555, 1584 à 29 ans), frère de Marguerite, duc d'Alençon, d'Anjou, de Touraine, de Brabant et Château-Thierry, est le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.  

 Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, Marguerite de Valois va prendre le parti de la Ligue (1585)  

La passion de Marguerite pour Chamvallon, croît et toutes ses lettres se terminent de même par : « Je ne vis plus qu'en vous, mon beau tout, ma seule et parfaite beauté. Je baise un million de fois ces beaux cheveux, mes chers et doux biens ; je baise un million de fois cette belle et amoureuse bouche.

Après le départ du duc d'Anjou, Henri de Navarre vit une nouvelle lune de miel avec la belle Fosseuse qu'il a failli perdre. C'est alors qu'une idée fort peu louable germe dans l'esprit de cette petite ambitieuse : elle pense que si elle a un fils de Navarre, celui-ci répudiera Marguerite, pour l'épouser, elle... Des soirs durant, elle œuvre consciencieusement dans ce but et, un matin, peut annoncer au Béarnais qu'elle est enceinte de ses bons soins.

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Marguerite de Valois – 10/-

Publié le par Perceval

En compagnie de l'ardent vicomte de Turenne, La reine Marguerite organise des bals, des mascarades au cours desquels, il est de bon ton de se tenir très mal.

Naturellement, Margot n'a pas l'indécence de demander à son mari de payer ces fêtes où elle le cocufie. Elle s'adresse pour cela au bon Pibrac, toujours amoureux d'elle, qui se ruine doucement sans obtenir aucune faveur.

Mais il arrive que les 'moutons' se rebiffent. Un beau matin, Pibrac, ulcéré de voir Marguerite se moquer de lui avec Turenne, quitte Nérac, retourne au Louvre et raconte par le détail à Henri III ce qui se passe à la Cour de Navarre.

Le roi entre dans une grande colère, traite sa soeur de putain et adresse immédiatement une lettre au Béarnais pour l'informer de l'inconduite de Margot.

Navarre, qui a tant à se faire pardonner, fait semblant de ne rien croire, mais s'amuse à montrer la lettre du roi, à Turenne et à Marguerite. Celle-ci, outrée de cette nouvelle perfidie, décide, pour se venger, de pousser son mari à déclarer la guerre au roi. Le prétexte est simple : les villes d'Agen et de Cahors, qui font partie de son douaire, sont retenues injustement par Henri III.

Pour convaincre le Navarre, il suffit d'y ajouter un peu d’excitation, et ce sera le rôle de la jeune Fosseuse.

Quelques jours après, Navarre se prépare à cette guerre qu'Agrippa d'Aubigné devait, avec raison, baptiser "la guerre des Amoureux".

Voici d'ailleurs ce que nous en dit l'auteur de l'Histoire Universelle.

« Nous avons touché, écrit-il, de la haine de la reine de Navarre contre le roi son frère,. Cela fit que, pour lui remettre la guerre sur les bras, à quelque prix que ce fût, cette femme artificieuse se servit de l'amour de son mari envers Fosseuse pour semer en l'esprit de ce prince les résolutions qu'elle désirait. Cette fille, craintive, pour son âge, au commencement, ne pouvait bien pratiquer les leçons de sa maîtresse. Elle la faisait aider par une fille de chambre, nommée Xainte, avec laquelle le roi de Navare familiarisait. Celle-ci, hardie, rapportait sans discrétion force nouvelles que la reine de Navarre recevait ou inventait de la Cour, soit les paroles de mépris que son frère disait en son cabinet, soit les risées de Monsieur et du duc de Guise, qui se faisaient à ses dépens devant la dame de Sauve. D'ailleurs, elle séduisit les maîtresses de ceux qui avaient voix au chapitre. Elle même gagna pour ce point le vicomte de Turenne, embarqué en son amour... »

Les hostilité commencent sans tarder. On se bat avec fureur dans toute la Guyenne, et Navarre parvient à prendre Cahors. Aussitôt, par représailles, les soldats du maréchal de Biron viennent jeter des boulets dans de nombreuses villes huguenotes qui sont incendiées.

A Nérac, Marguerite se croit à l'abri, car elle a obtenu de Henri III que cette ville "fût tenue en neutralité" sous la réserve expresse que Navarre ne s'y trouvât pas.

" Mais, nous dit-elle dans ses Mémoires, cette condition n'empêcha poin que le roi, mon mari, ne vînt souvent à Nérac où nous étions, Madame, sa soeur et moi, étant son naturel de se plaire parmi les dames, même étant lors fort amoureux de Fosseuse.

Ces considération l'ayant amené un jour à Nérac avec ses troupes, il y séjourna trois jours, ne pouvant se départir d'une compagnie et d'un séjour si agréables..."

Le maréchal de Biron n'attend que cette occasion. Il accourt avec son armée et "fit tirer sept ou huit volées de canon dans la ville, dont l'un donna jusqu'au château..."

C'est ainsi que l'amour faillit causer la destruction de Nérac …

Au mois de novembre, le duc d'Anjou vient entamer des négociations, qui aboutissent au traité de Fleix (26 novembre 1580). La "Guerre des Amoureux" était finie.

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Marguerite de Valois – 9/-

Publié le par Perceval

Nérac

Le charme de cette cour rayonne au loin, puisque Shakespeare y situe la scène de ses "Peines d'amour perdues". Ce ne sont que fêtes, concerts, poèmes, débats platoniciens sur "l'honnête amour", qui n'empêchent pas les galanteries plus terrestres, les deux époux fermant les yeux sur leurs infidélités réciproques.

À Nérac, Marguerite commence à s’entourer de gens de lettres. Outre le poète Salluste du Bartas, le magistrat et poète Pibrac, ou Agrippa d’Aubigné, elle entretient des échanges réguliers avec Montaigne. Ce mouvement s’amplifie considérablement durant le long séjour à Usson où elle rédige ses Mémoires.

Elle y reçoit une foule d’écrivains, tels Brantôme qui sera à l’origine de la rédaction des Mémoires. Elle y accueille aussi Honoré d’Urfé qui fait d’elle la nymphe Galatée dans l’Astrée. Enfin c’est à Paris, à l’hôtel des Augustins, où elle tiendra salon à partir de 1605 et jusqu’à sa mort en 1615. C’est l’époque du passage entre la Renaissance et le Grand Siècle, assurée par un brillant parterre d’artistes, d’écrivains et de philosophes dont elle s’est entourée. Citons les plus connus : Maynard, Mathurin Régnier, Théophile de Viau.

 

Catherine de Médicis imagine en ramenant Melle Dayelle au Louvre, attirer Navarre à Paris et disloquer ainsi le camp protestant. La jeune Grecque est donc chargée de s'attacher le Béarnais par tous les moyens, y compris les vices les plus singuliers. Au début du printemps 1579, Catherine de Médicis pense que le moment favorable à l'accomplissement de ses desseins est arrivé : elle annonce son départ. Mais Henri flaire la chose, et refuse de suivre ...

Henri oublie rapidement la belle Grecque : il prend pour maîtresse Melle de Rebours, l'une des demoiselles de la suite de Marguerite ; cette liaison reste courte.... Car, un soir, il découvre parmi les jeunes femmes qui hantent à présent le château de Nérac une ravissante blonde nommée Françoise de Montmorency ( la belle Fosseuse ) dont, il devient l'amant. Mais, nous allons y revenir...

A Nérac, Marguerite est heureuse de retrouver son rang, son château, son époux et l’on se côtoie agréablement. 

Elle se fait courtiser par le vicomte de Turenne, pendant qu’Henri s’occupe de la Rebours (fille d’honneur de Marguerite) et décide de gérer les maîtresses de son époux en instaurant la théorie de l’amour néoplatonicien ! « On muguette, on conte fleurette, mais il est interdit de déflorer ! ». Tout fonctionne jusqu’à ce que Navarre ait connaissance de la relation entre Turenne et Marguerite. Ne se laissant pas faire, la « guerre des amoureux » est déclarée en fin d’année 1579 : il s’agit de prendre les villes appartenant à l’un ou à l’autre, mais sans que ni l’un ni l’autre ne le sache : c’est le cas pour Cahors !

On parle de rupture, même si Marguerite est présente pendant les 17 jours de maladie du roi et qu’elle aide la Belle Fosseuse (maîtresse du roi) à accoucher d’une fille morte née. Nous y reviendrons ...

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Le Lai du Chèvrefeuille - Marie de France

Publié le par Perceval

Marie de France, au XIIe siècle, est considérée comme la première femme écrivain française. Liée à la cour d'Henri II, elle aurait vécu à la Cour d'Angleterre.

Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans, Marie a fait de ses Lais ( de 1160 à 1175) des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur.

Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.

 

Dans les Lais de Marie de France, on y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires.

Ainsi ce serait Tristan, le Tristan aimé d’Yseult, qui parce qu’il était barde, aurait composé ce délicieux « Lai du Chévrefeuille » :

Tristan, chassé de la cour du roi Marc, apprend que Guenièvre voyage avec celui-ci . Connaissant le chemin du cortège royal, il décide de profiter de l'opportunité pour graver un message sur une baguette de noisetier. Guenièvre l'aperçoit, et les deux amants passent un moment ensemble.

 

(...)

Le jour où le roi se mit en route,
Tristan revint au bois.
Sur le chemin où il savait
Que devait passer le cortège,
Il trancha une branche de coudrier par le milieu,
Et le fendit de manière à lui donner une forme carrée.
Quand il eut préparé le bâton,
Avec son couteau il écrivit son nom.
Si la reine le remarque,
Qui y prenait bien garde -
Elle connaîtra bien le bâton
De son ami en le voyant.
Telle fut la teneur de l’écrit
Qu’il lui avait dit et fait savoir :
 

Comme du chèvrefeuille
Qui s’attachait au coudrier
Une fois qu’il s’y est attaché et enlacé,
Et qu’il s’est enroulé tout autour du tro
nc,
 

« Belle amie, ainsi est-il de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

 

 

 

"Le Lai du Chèvrefeuille" raconté par Edith Mac Leod - enregistrement CLiO

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Marguerite de Valois – 8/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 8/-

Parmi ces dames de ''l'escadron volant'' se trouve Mme de Sauve, qui a déjà partagé la couche de Henri de Navarre... Ainsi, Catherine de Médicis traverse t-elle la France sous les acclamations en ramenant à son gendre à la fois une épouse et une maîtresse...

La reine de Navarre, elle, a choisi parmi les hommes qui l'accompagnent un joli garçon dont elle apprécie, aux étapes, la vigueur et le savoir-faire ; c'était, dit-elle en souriant : son "petit amant de voyage"... Ce jeune homme est joueur de luth et se nomme Guillaume Raspault. Il fait partie du quatuor privé de la reine composé d'un violoniste, d'un autre luthiste et d'un joueur de musette.

- Anecdote de voyage.

Un chroniqueur raconte une anecdote au sujet de la Reine de Navarre et du joueur de luth, Guillaume Raspault, que, - en cette période estivale - je recopie ici :

« Au cours d'une halte dans la forêt de Chinon, Marguerite s'enfonça dans un fourré, en compagnie de Guillaume Raspault.

Après avoir cheminé à travers les fougères, ils trouvèrent un petit tapis de mousse sur lequel ils s'étendirent.

Quelques instant plus tard, ils se savouraient dans un grand désordre de vêtements et de champignons écrasés, quand soudain, un bruit de branches remuées leur fit tourner la tête : entre deux arbres, un magnifique cerf, l'ai hautain, les contemplait.

Effrayé, le joueur de luth s'immobilisa et s'aplatit le plus qu'il put pour former un bouclier vivant sur le corps de la reine de Navarre.

L'animal avança, intrigué, vint flairer le couple qui n'osait faire un geste, sortit une langue énorme, et lécha le visage de Margot. La jeune femme était sur le point de perdre les sens (ce qui eût été navrant si l'on considère les circonstances) quand un groupe de paysans fit bruyamment irruption dans la clairière.

D'un bond gigantesque, le cerf disparut dans la forêt.

Au même instant, quelques cavaliers en fringant équipage surgirent à leur tour.

- Il était là messeigneurs, leur expliqua l'un des paysans. Il léchait cette belle dame qui avait grand peur.

Et il ajouta, à l'adresse de Marguerite et de Guillaume, qui restaient bien entendu, dans la posture où le cerf les avait surpris : - Vous pouvez vous relever, il est parti.

Très embarrassés, les deux amants adressèrent aux chasseurs un sourire un peu figé.

- Merci ! bredouilla Guillaume, merci !

Et, nous dit le chroniqueur, qui rapporte cette anecdote, "le joueur de luth et la reine de Navarre, toujours l'un sur l'autre, comme bête à deux dos, bien que Guillaume Raspault ait depuis longtemps perdu de son beau maintien, n'osaient se redresser, de peur que leur fricatelle ne soit découverte".

Alors, brusquement, les cavaliers et les paysant, comprenant dans quelle situation critique se trouvaient Margot et son amant, éclatèrent d'un rire énorme, fantastique, qui attira plusieurs dames de la suite.

En reconnaissant la reine Marguerite, ces jeunes femmes se précipitèrent :

- Etes-vous souffrante, Madame ?

Les cavaliers répondirent en riant qu'il s'agissait d'un mal fort agréable et contèrent l'aventure en détail. On dut, pour les faire fuir, dévoiler l'identité de Marguerite.

Affolés, ils partirent au galop tandis que les paysans couraient en tremblant se cacher dans des taillis.Les deux amant purent alors se "rajuster, prendre l'allure innocente de chercheurs de fleurettes" et rejoindre leur carrosse.

Cette histoire, qui fut connue immédiatement de tous les "gens du voyage", fit la joie des amateurs de potins, irrita Catherine de Médicis, peina le chancelier Pibrac, qui était amoureux de Marguerite, mais n'arrêta pas la liaison de celle-ci avec le joueur de luth. »

 Le voyage se poursuit sans encombre, et, le 2 octobre, la reine de Navarre retrouve son mari à la Réole.

Marguerite de Navarre écrit dans ses Mémoires : « Le roi, mon mari, est devenu fort amoureux de Melle Dayelle ( de ''l'escadron volant''..) , ce qui n'empêchait pas que je reçusse beaucoup d'honneur et d'amitié du roi, qui m'en témoignait autant que j'en eusse pu désirer... »

Après un long séjour à Toulouse, Marguerite entre à Nérac, sa capitale, le 15 décembre 1578

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Marguerite de Valois – 7/-

Publié le par Perceval

L’escadron volant de Catherine de Médicis

Catherine de Médicis, après la mort de son mari Henri II en 1559 et le retrait de la favorite en titre, gouverne l’Etat pour de bon, conseillère de ses fils...

Exerçant le pouvoir, elle joue sur son statut de veuve pour légitimer ses ambitions. Mais il lui faut s’entourer d’autres femmes, jeunes et désirables, afin de redonner à la Cour un souffle nouveau.

Catherine ne les choisit pas au hasard. Elle les veut de haute naissance, donc issues des plus nobles maisons du royaume. Il est primordial qu’elles soient belles et emplies de charme, mais il faut aussi qu’elles aient de l’esprit, possèdent l’art de la conversation ainsi qu’un certain talent au chant et à la danse. Elle les prends sous sa protection, les nourrit, leur fournit des toilettes somptueuses, assure leur entretien et leur avenir : c’est un véritable honneur pour les familles, ravies de lancer leurs filles dans le monde, presque certaines de leur dégoter un mari convenable sans effort.

En retour, les demoiselles jouent le jeu. Elles deviennent l’ornement de la Cour, qu’elles égaient de leur élégance et de leur grâce, incarnant la féminité à laquelle Catherine a renoncé depuis son veuvage. Le contraste est non seulement saisissant, mais bénéfique pour la Reine mère :

Une demoiselle qui se donne facilement n’a aucun intérêt ! Il faut qu’elles soient désirables et longuement désirées pour fixer durablement les guerriers à la Cour, les intéresser. On s’embrasse, on se courtise, on s’adresse quelques sourires aguicheurs...

Ainsi, les femmes qui composent « l’escadron volant » de Catherine de Médicis deviennent de précieuses informatrices pour la Reine mère, qui n’hésite pas à se servir d’elles à des fins politiques. Séduire, faire parler et convertir aux intérêts de la couronne les plus vulnérables, voilà à quoi elles peuvent servir.

  • Il leur était formellement interdit d'avoir "l'enflure du ventre" et apprenait toutes les techniques pour ne pas tomber enceinte.

  • Il leur était aussi interdit de tomber amoureux de leur objectif (c'est que qui arriva malheureusement pour le Balafré et Charlotte de Sauve, ainsi que pour la belle Limeuil et Condé).

Renée de Rieux de Chateauneuf (née 1550-?) fut la première maîtresse du futur Henri III de 1569 à 1571. Louise de la Béraudière (surnommée la Belle Rouet) a la réputation d'avoir été la première à déniaiser deux des fils de Catherine, le futur Henri III et le futur Charles IX. Elle eut ensuite pour mission de séduire Antoine de Navarre (père du futur Henri IV) qui abjura le protestantisme pour les beaux yeux de Louise..

Henri de Navarre, est séduit par madame de Sauve mais aussi par une demoiselle de Rouet, fille d'honneur de la reine. Extrêmement séduisante, Charlotte de Sauve ( mariée ) est ensuite la folle passion du duc d'Alençon, fils de Catherine de Médicis et devient sa maîtresse vers 1578. En 1587, elle est la maîtresse très aimée de Henri le Balafré, duc de Guise (1550-1588)

Isabelle de Limeuil (décédée en 1609), (qui était catholique) a pour mission de séduire le frère d'Antoine de Navarre, le très prude et récemment veuf, Louis de Bourbon, prince de Condé, qui est de plus, prince protestant. Elle devient sa maîtresse en 1563.


Brantome (qui tombera amoureux à intervalles réguliers des filles d’honneur de la reine) décrit cet Escadron comme « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu’humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d’autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l’entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu’il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu’elle allât à cheval en l’assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l’amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu’elles eussent bien de la sagesse et bien de l’habileté pour se garder de l’enflure du ventre ! »

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Andrew Conklin, peintre.

Publié le par Perceval

Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.

Andrew Conklin a étudié à Chicago - où il est né en 1961 - et à New-York, avant de voyager en Europe.

En Europe peu de temps après son mariage avec Helen avec qui il travaille, il a rencontré les œuvres d'artistes qu'il ne connaissait qu'au travers de livres ou de photos … « Ce fut une révélation: en particulier, les peintures de Caravaggio, Domenichino, Titan, Velasquez, Rubens, Frans Floris, Van Eyck et Vermeer (parmi beaucoup d'autres) elles ont alimenté mon désir de connaître ce que j'imaginais que ces artistes ont du vivre : cette unité complète entre l'intention créatrice et l'exécution. » …

L'artiste n'a jamais fini de perfectionner sa technique, et le ''langage'' de la peinture est une langue à part entière, qui s'apprend : il y a un vocabulaire des gestes, des objets, des couleurs et des éléments de conception qui véhiculent l' émotion et disent, sans mouvement, le son et l' espace en trois dimensions.

Les tableaux d'Andrew Conklin, reposent sur une idée... Pourtant, ils sont figuratifs, mais contiennent un fort sens de l’abstraction. Le peintre travaille avec des modèles. La figure humaine le passionne. Le corps, par sa forme et ce qu'il signifie, invite à l'empathie et la curiosité sans fin...

La peinture contemporaine peut reconnecter le public avec la sagesse et les mythes anciens.

Dans la peinture contemporaine, ses peintures réagissent à celles de Matisse, ou de John Koch, elles-mêmes renvoient à ds peintres comme De Hooch et Vermeer...

Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
Andrew Conklin, peintre.
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Andrew Conklin, peintre.
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Marguerite de Valois – 6/-

Publié le par Perceval

A Liège, elle reçoit un accueil chaleureux de la part des seigneurs flamands et allemands qui organisent des fêtes somptueuses en son honneur. Finalement, elle n'a pas le temps d'aller jusqu'à Spa, distante de sept lieues, et doit se faire apporter les eaux dans des tonneaux .....

Tout va donc pour le mieux, quand elle apprend par une lettre de son frère que le roi est au courant de ses entretiens avec les Flamands. Après être entré dans une formidable colère, il a averti les Espagnols, dans l'espoir que Marguerite soit arrêtée comme conspiratrice...

Affolée, la reine de Navarre prévient ses dames d'honneur, leur dit de laisser là robes, bagages, cadeaux, parures, bijoux, et de se préparer à partir d'un instant à l'autre ; puis elle court voir quelques amis favorables au duc d'Anjou et obtient des chevaux. Deux heures plus tard, Marguerite et toute sa suite galopent à bride abattue en direction de la France.

Après cinq jours d'un voyage mouvementé, les fugitives, harassées, arrivent enfin à la Fère, ville qui appartient au duc d'Anjou. François s'y trouve, attendant sa soeur avec impatience.

Le frère et la sœur, rejoignent le roi et le Louvre, chacun laissant croire que la concorde est revenue...

 

En février 1578, d’Alençon s’enfuit du Louvre. Et Marguerite demande à Henri III de l'autoriser à rejoindre son époux à Nérac.

Le roi, qui ne décolère pas depuis la fuite du duc d'Anjou, va refuser une fois de plus, quand Catherine de Médicis intervient : « Ma fille, vous irez en Guyenne, et je vous accompagnerai... »

Ce n'était pas par pure bonté d'âme que Catherine de Médicis accepte d'aller voir son gendre ; mais pour des raisons politiques. Depuis quelques mois, une agitation huguenote assez inquiétante est signalée en Languedoc, et pour parer à une nouvelle menace de guerre civile, la Florentine juge prudent de se rendre sur place.

La longue suite de carrosses traversa la Touraine, le Poitou, soulevant un enthousiasme considérable dans le peuple, tout heureux de voir les deux reines et tant de jolies femmes derrière elles. Catherine de Médicis, pour améliorer les rapports avec certains chefs huguenots, a jugé bon, en effet de se faire accompagner de ''l'Escadron Volant'' au grand complet ...

''L'Escadron volant '' ...? On en parle dans le prochain article .... A suivre.

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

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Yulia Gorodinski

Publié le par Perceval

Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski

Yulia Gorodinski: " Mon nom est Yulia, j' ai 27 ans et j'habite en Israël.

Toutes mes photos sont des autoportraits, ce qui signifie que le modèle et le photographe, c' est moi. Les images ont été prises par moi-même complètement sans l'aide de personne (sauf indication contraire).."

 

Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski
Yulia Gorodinski

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Marguerite de Valois – 5/-

Publié le par Perceval

Marguerite, est aussi une véritable amazone de la politique, conforme au rôle, alors reconnu aux femmes de l'aristocratie... Sous prétexte de prendre les eaux à Spa, dans l'actuelle Belgique, Marguerite se rend dans les Flandres 1577 pour y convaincre les seigneurs révoltés contre Philippe II de choisir comme souverain François d'Alençon, le tout à la barbe de don Juan d'Autriche...

Brantôme (Richard Bohringer) « muguète » une dame galante, à dr. chez Mme de Retz, dans le film de Tacchella (1990) ...

Mais avant : le 15 mai 1577, Catherine de Médicis donne dans les jardins du château de Chenonceaux un banquet où toutes les licences seront admises.

"En ce beau banquet, nous dit Pierre de l'Estoile, les dames les plus honnêtes et les plus belles de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service." Mme de Sauve est, paraît-il, décolletée jusqu'à la ceinture. 

 

Elle n'est pas la seule à exposer aussi généreusement ses appas, car l'Estoile nous dit qu'en ce printemps de 1577:

 "les dames et les demoiselles semblaient avoir appris la manière des soldats de ce temps, qui font parade de montrer leurs poitrinals dorés et reluisants quand ils vont faire leur montre, car tout de même elles faisaient montre de leurs seins et poitrines ouvertes et autres parties pectorales, qui ont un perpétuel mouvement, que ces bonnes dames faisaient aller par compas ou mesure comme une horloge, ou, pour mieux dire, comme les soufflets des maréchaux, lesquels allument le feu pour servir à leur forge".

On les embrasse dans le cou, on les culbute dans l’herbe, on les baise contre les arbres. » extrait de ''Catherine de Médicis – La Reine de Fer'', par Raphaël Dargent (2011)

.« Les halètements se mêlent aux rires, les corps n’en peuvent plus, tendus à l’extrême. C’est une obsession : se plonger dans les crinières odorantes, se presser contre les croupes aguichantes. Les corps sont offerts, à qui veut les prendre : poitrines généreuses, tendues sous les corsages, humides de sueur ; lèvres brillantes, rouges et charnues : cous blancs, doux et chauds.

Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes : certains affirment que Catherine réprouve farouchement la débauche, et son « escadron volant » ne mérite pas une réputation aussi sulfureuse. La Cour des Valois n’est pas une Cour dissolue. Si certains se font une joie d’exagérer des scandales ou d’en inventer de toutes pièces, c’est parce qu’ils ne savent pas comment réagir face à cette nouvelle société qui prend forme, une société où la femme possède une place à part entière, répandant à la Cour un vent de sociabilité et de sentiment amoureux...

 

Le départ pour les Flandres a lieu le 28 mai 1577.

A Cambrai, Marguerite trouve sur place ce qu'il lui faut, en la personne de M. d'Inchy, le gouverneur, dont elle fait la connaissance au cours d'un bal organisé par l'évêque. Ce saint homme, se retire après le souper, effrayé sans doute par la tournure que semblent vouloir prendre les choses.

Lorsque l'orgie à laquelle participent benoîtement toutes les grandes dames de la ville bat son plein, la reine de Navarre s'éclipse à son tour dans ses appartements avec M. d' Inchy qui se montre si valeureux amant qu'elle lui demande s'il veut l'accompagner dans son voyage.

Le gouverneur accepte, et le plaisir de visiter un pays inconnu se double pour la reine Margot des délices d'une lune de miel …

Elle n'oublie pas pour autant sa mission. D'ailleurs, cette aventure galante fait partie d'un plan.

Marguerite, dans ses Mémoires, laisse entendre, en effet, qu'en se faisant accompagner par le gouverneur de Cambrai, elle pense gagner celui-ci à la cause du duc d'Anjou ( d'Alençon)... Dans toutes les villes où elle s'arrête - et où on lui fait fête - elle sait fort habilement parler de François, vantant ses mérites et promettant même des charges et des titres à ceux qui voudraient aider ce frère chéri à conquérir les Pays-Bas.

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