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Marguerite de Valois – 5/-

Publié le par Perceval

Marguerite, est aussi une véritable amazone de la politique, conforme au rôle, alors reconnu aux femmes de l'aristocratie... Sous prétexte de prendre les eaux à Spa, dans l'actuelle Belgique, Marguerite se rend dans les Flandres 1577 pour y convaincre les seigneurs révoltés contre Philippe II de choisir comme souverain François d'Alençon, le tout à la barbe de don Juan d'Autriche...

Brantôme (Richard Bohringer) « muguète » une dame galante, à dr. chez Mme de Retz, dans le film de Tacchella (1990) ...

Mais avant : le 15 mai 1577, Catherine de Médicis donne dans les jardins du château de Chenonceaux un banquet où toutes les licences seront admises.

"En ce beau banquet, nous dit Pierre de l'Estoile, les dames les plus honnêtes et les plus belles de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service." Mme de Sauve est, paraît-il, décolletée jusqu'à la ceinture. 

 

Elle n'est pas la seule à exposer aussi généreusement ses appas, car l'Estoile nous dit qu'en ce printemps de 1577:

 "les dames et les demoiselles semblaient avoir appris la manière des soldats de ce temps, qui font parade de montrer leurs poitrinals dorés et reluisants quand ils vont faire leur montre, car tout de même elles faisaient montre de leurs seins et poitrines ouvertes et autres parties pectorales, qui ont un perpétuel mouvement, que ces bonnes dames faisaient aller par compas ou mesure comme une horloge, ou, pour mieux dire, comme les soufflets des maréchaux, lesquels allument le feu pour servir à leur forge".

On les embrasse dans le cou, on les culbute dans l’herbe, on les baise contre les arbres. » extrait de ''Catherine de Médicis – La Reine de Fer'', par Raphaël Dargent (2011)

.« Les halètements se mêlent aux rires, les corps n’en peuvent plus, tendus à l’extrême. C’est une obsession : se plonger dans les crinières odorantes, se presser contre les croupes aguichantes. Les corps sont offerts, à qui veut les prendre : poitrines généreuses, tendues sous les corsages, humides de sueur ; lèvres brillantes, rouges et charnues : cous blancs, doux et chauds.

Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes : certains affirment que Catherine réprouve farouchement la débauche, et son « escadron volant » ne mérite pas une réputation aussi sulfureuse. La Cour des Valois n’est pas une Cour dissolue. Si certains se font une joie d’exagérer des scandales ou d’en inventer de toutes pièces, c’est parce qu’ils ne savent pas comment réagir face à cette nouvelle société qui prend forme, une société où la femme possède une place à part entière, répandant à la Cour un vent de sociabilité et de sentiment amoureux...

 

Le départ pour les Flandres a lieu le 28 mai 1577.

A Cambrai, Marguerite trouve sur place ce qu'il lui faut, en la personne de M. d'Inchy, le gouverneur, dont elle fait la connaissance au cours d'un bal organisé par l'évêque. Ce saint homme, se retire après le souper, effrayé sans doute par la tournure que semblent vouloir prendre les choses.

Lorsque l'orgie à laquelle participent benoîtement toutes les grandes dames de la ville bat son plein, la reine de Navarre s'éclipse à son tour dans ses appartements avec M. d' Inchy qui se montre si valeureux amant qu'elle lui demande s'il veut l'accompagner dans son voyage.

Le gouverneur accepte, et le plaisir de visiter un pays inconnu se double pour la reine Margot des délices d'une lune de miel …

Elle n'oublie pas pour autant sa mission. D'ailleurs, cette aventure galante fait partie d'un plan.

Marguerite, dans ses Mémoires, laisse entendre, en effet, qu'en se faisant accompagner par le gouverneur de Cambrai, elle pense gagner celui-ci à la cause du duc d'Anjou ( d'Alençon)... Dans toutes les villes où elle s'arrête - et où on lui fait fête - elle sait fort habilement parler de François, vantant ses mérites et promettant même des charges et des titres à ceux qui voudraient aider ce frère chéri à conquérir les Pays-Bas.

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Le Lai de Lanval - de Marie de France

Publié le par Perceval

Marie de France, au XIIe siècle, est considérée comme la première femme écrivain française. Liée à la cour d'Henri II, elle aurait vécu à la Cour d'Angleterre.

Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans, Marie a fait de ses Lais ( de 1160 à 1175) des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur.

Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.

Dans les Lais de Marie de France, on y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires.

L’univers de ces lais comme celui des contes merveilleux se situe au-delà d’une rivière, d’une forêt, d’une mer ; on y parvient par d’étranges moyens tels que le navire fantôme de Guigemar ou la cavalcade aérienne de Lanval.

 

Le Lai de Lanval

(extraits)

 

Je vous conterai, comme elle advint,
l'aventure d'un autre lai.
Il fut fait au sujet d'un très noble chevalier ;
en breton, on l'appelle Lanval.

(...)

Le chevalier dont je vous parle
et qui avait tant servi le roi,
monta un jour sur son destrier
et partit se distraire.
Il sortit de la ville,
et arriva seul dans un pré.

(...)

Tandis qu'il était couché,
il regarda en bas vers la rivière,
et vit venir deux demoiselles.
Il n'en avait jamais vu d'aussi belles.
Elles étaient somptueusement vêtues
et lacées très étroitement
dans leurs tuniques de soie grise.
Leur visage était d'une beauté remarquable.
La plus âgée portait deux bassins
d'or pur, bien ouvragés et fins.
Je vous dirai toute la vérité sans mentir.
L'autre portait une serviette.
Elles se dirigèrent tout droit
à l'endroit où le chevalier était couché.
Lanval, qui était très bien élevé,
se leva en les voyant venir.

Elles le saluèrent en premier
lui rapportèrent leur message :
"Seigneur Lanval, ma dame
qui est si bonne, si sage et si belle
nous envoie vous chercher.
Venez donc avec nous et accompagnez-nous !
Nous vous y conduirons sans danger.
Voyez, le pavillon est tout près !"

Le chevalier va avec elles,
sans se soucier de son cheval
qui paissait devant lui dans le pré.
Elles l'ont mené jusqu'à la tente
(...) qui était fort belle et bien plantée.


À l'intérieur de cette tente se trouvait une jeune fille ;
elle surpassait en beauté
la fleur de lys et la rose nouvelle
quand elles éclosent en été.
Simplement revêtue de sa chemise,
elle était couchée sur un lit magnifique
dont les draps valaient le prix d'un château.
Elle avait le corps très bien fait et joli ;
pour ne pas prendre froid, elle avait jeté sur ses épaules
un précieux manteau d'hermine blanche
recouverte de soie d'Alexandrie ;
Elle avait découvert tout son côté,
ainsi que son visage, son cou et sa poitrine ;
elle était plus blanche que l'aubépine.

Le chevalier s'avança
et la jeune fille le fit venir près d'elle.
Il s'assit devant son lit.
"Lanval, dit-elle, mon cher ami,
c'est à cause de vous que j'ai quitté mon pays ;
je suis venue vous chercher de bien loin.
Si vous êtes preux et courtois,
aucun empereur, aucun comte, aucun roi
n'a jamais eu tant de joie et de bonheur,
car je vous aime par-dessus tout."

Il la regarda bien et admira sa beauté ;
Amour le pique d'une étincelle
qui embrase son coeur et l'enflamme.
Il lui répond avec gentillesse :
"Ma belle, si c'était votre désir
de vouloir m'aimer,
si cette joie pouvait m'arriver,
vous ne sauriez donner aucun ordre
que je n'exécute dans la mesure de mes moyens,
que cela entraîne folie ou sagesse.
Je ferai ce que vous me commanderez,
pour vous j'abandonnerai le monde entier.
Je souhaite ne jamais vous quitter.
Vous êtes mon plus cher désir."

Quand la jeune fille entendit parler
celui qui la pouvait tant aimer,
elle lui accorda son amour et son corps.

(...)

"Ami, dit-elle, maintenant je vous avertis,
je vous le recommande et je vous en prie :
ne vous confiez à personne.
Je vais vous dire la raison de la chose :
vous me perdriez à tout jamais
si cet amour était connu.
Plus jamais vous ne pourriez me voir
ni prendre possession de mon corps.

(...)

toute prête à vous satisfaire.
Aucun homme en dehors de vous ne me verra
ni n'entendra ma parole."

(...)


Il lui répond qu'il observera bien
tout ce qu'elle lui commandera.
Dans le lit, à côté d'elle, il se coucha.
Comme Lanval est bien loti à présent !
Il resta en sa compagnie
tout l'après-midi jusqu'au soir ;

(...)

Il y avait un divertissement de choix
qui plaisait beaucoup au chevalier
car il embrassait souvent son amie
et l'enlaçait très étroitement.

(...)

[ Après cette délicieuse aventure, Lanval s'en retourne en ville...]

La reine s'était appuyée
à l'embrasure d'une fenêtre.
Trois dames lui tenaient compagnie.
Elle aperçut les chevaliers du roi,
reconnut Lanval et le regarda.

Elle appela une de ses dames
et lui demanda de convoquer ses demoiselles,
les plus aimables et les plus belles.
Elles iront se distraire avec leur reine,
dans le jardin où les chevaliers se trouvaient.
Une bonne trentaine de demoiselles l'accompagnaient.
Elles descendirent les escaliers jusqu'en bas.
Les chevaliers vinrent à leur rencontre
et éprouvèrent un grand plaisir de les voir.
Ils les prirent par la main.
Cette assemblée n'avait rien de méprisable.

 

Lanval s'en va à l'écart,
très loin des autres chevaliers, il lui tarde
d'étreindre son amie, de lui donner des baisers,
de la tenir dans ses bras et de la sentir proche.
il apprécie peu la joie d'autrui
s'il ne trouve pas son propre plaisir.
Quand la reine voit qu'il est seul,
elle va le trouver ;
Elle s'assoit à côté de lui, elle l'interpelle
et lui dévoile ses sentiments :
"Lanval, je vous ai déjà fait un grand honneur,
je vous ai fort chéri et beaucoup aimé.
Vous pouvez avoir tout mon amour.
Dites-moi votre volonté.
Je vous accorde mon amour ;
vous devez être très content de moi."

"Dame, répondit-il, laissez-moi tranquille !
Je ne me soucie pas de vous aimer.
J'ai servi le roi pendant longtemps.
Je ne veux pas manquer à la foi que je lui ai jurée.
Ni pour vous, ni pour votre amour,
je ne ferai du tort à mon seigneur."

La reine se fâcha de ces propos.
Elle était en colère et s'emporta inconsidérément :
" Lanval, dit-elle, c'est bien ce que je pense,
vous n'aimez guère ce plaisir.
On me l'a dit bien souvent,
vous n'avez que faire des femmes ;
vous avez de jeunes compagnons bien élevés,
vous prenez votre plaisir avec eux.
Misérable lâche, infâme perfide,
mon seigneur est bien malheureux
de vous avoir supporté à ses côtés !
Je crois bien qu'il en perdra la faveur divine !"

À ces mots, grande fut la douleur de Lanval.
Il ne fut pas lent à lui répondre
et il dit, sous l'effet de la colère,
des choses dont il se repentit souvent :
" Madame, dit-il, dans ce commerce
je n'ai aucune aptitude ;
mais j'aime et je suis l'ami
de celle qui doit être reconnue
comme la meilleure de toutes celles que je connais.
Et je vais vous dire une chose,
sachez-le sans détour :
une de celles qui la servent,
même sa plus pauvre servante,
vaut mieux que vous, Madame la reine,
de corps, de visage et de beauté,
d'éducation et de valeur."

Là-dessus, la reine se retira.

(...)
 

Traduction de Laurence Harf-Lancner et Karl Warnke (Ed. bilingue J'ai lu - Lettres Gothiques)

Le Lai de Lanval - de Marie de France

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Marguerite de Valois – 4/-

Publié le par Perceval

Henri de Navarre, ''se console'' en batifolant avec une dame d'atours de la reine mère : la gracieuse Mme. de Sauve :

Charlotte de Beaune-Semblançay, vers 1572. Elle épouse en 1569 Simon Fizes, seigneur de Sauve Charlotte devient la maîtresse du roi de Navarre (le futur Henri IV de France) en 1572 et reste sa maîtresse jusqu'en 1577. Elle aurait eu également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III)  

Elle a "le tétin ferme et blanc, emplissant bien la main du gentilhomme, la cuisse longue et la fesse alerte". Elle est l'une des femmes utilisées par Catherine de Médicis, pour espionner les gens de la cour. Elle a également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III), qu'elle oppose à Navarre dans une furieuse rivalité.

La reine Margot nous dit dans ses Mémoires : « Il ne me parlait presque plus. Il revenoit de chez elle fort tard, et pour l'empêcher de me voir, elle luy commandoit de se trouver au lever de la royne, où elle étoit sujette d'aller, et après, tout le jour, il ne bougeoit plus d'avec elle."...........

Henri de Navarre ne se cache d'ailleurs nullement de cette liaison, même à sa femme, puisque Marguerite ajoute un peu plus loin ; "Il me parlait de cette fantaise aussi libremement qu'à une soeur, connaissant bien que je n'en étais aucunement jalouse, ne désirant que son contentement..."

Après François d'Alençon, Henri de Navarre profite des troubles de la cinquième guerre de religion pour s'enfuir, le 5 février 1576. Il vient de passer plus de trois ans comme otage à la cour... Il s'était converti au catholicisme et s'était donc lié politiquement avec le frère du roi, François d'Alençon.

Parti, il rejoint ses partisans, et renoue sans éclat avec le protestantisme, en abjurant le catholicisme.

D’octobre 1578 à mai 1579, la reine mère Catherine de Médicis lui rend visite pour achever la pacification du royaume. Espérant le maintenir plus facilement en obéissance, elle lui ramène son épouse Marguerite.

Pendant plusieurs mois, le couple Navarre mène grand train au château de Nérac. ( Nous en reparlerons ...)

 

 

 

Henri se laisse aller lui-même aux plaisirs de la séduction, il s'éprend tour à tour de deux filles de compagnie de sa femme : Mlle Rebours et Françoise de Montmorency-Fosseux dite « la belle Fosseuse », (1566 -1641). 

Marguerite suivra le conseil de sa mère et chassera Fosseuse de la cour en 1582.

Henri le prend comme une injure personnelle, mais ne fait rien pour la récupérer, il préfère tomber sous le charme de la « belle Corisande », Diane d'Andoins : femme réputée d'une grande beauté et d'une culture non moins étendue - elle est notamment en relation avec Montaigne -, elle s'éprend de littérature courtoise et c'est dans le roman de chevalerie Amadis de Gaule qu'elle trouve l'héroïne à qui elle peut s'identifier, au point qu'elle adopte son nom : « Corisande ».

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Marguerite de Valois – 3/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 3/-

Sur l'oreiller, la Mole, entretient Marguerite d'un complot ourdi par lui et Henri de Navarre... L’époux de Marguerite, veut détrôner le roi et y placer François d’Alençon, son frère cadet.

''Fille de roi'', Marguerite prévient aussitôt Catherine de Médicis...

Immédiatement, le duc d'Alençon et le roi de Navarre sont enfermés dans leurs appartements, et accusent La Mole, qui est soumis à la question, condamné à mort et exécuté en place Saint-Jean de Grève à Paris. (1574)

La Reine Margot - Film 1994 - Extraits: Margot et La Mole Chanson : Adagio Lara Fabian

Marguerite manifeste du chagrin ... Elle suspend à sa ceinture, pour afficher son deuil, une breloque, en forme de tête de mort comme on les aime à l’époque...

Quant à Henri de Navarre, il quitte Paris. Marguerite ira le rejoindre en 1578.

On dit que Marguerite essaie consciencieusement – pendant une semaine - d'être fidèle à la mémoire du cher disparu. Mais les meilleurs sentiments ne résistent pas longtemps aux poussées d'une nature généreuse. Marguerite se sent dans un état de grande surexcitation qui la gêne pour trouver ses mots et l'empêchait de s'asseoir. Il lui faut un calmant. Elle le trouve en la personne d'un garçon de la Cour, réputé pour son intarissable vigueur. En quelques séances, il apaise le tourment de Margot.

Alors la jeune reine recommence à fréquenter les bals.

Un soir, elle rencontre le beau Charles de Balzac d'Entragues et devient sa maîtresse.

Elle ignore que ce gentilhomme est poussé vers elle par le duc de Guise, qui veux ainsi la rapprocher de son parti..

Charles IX meurt le 30 mai 1574, il avait vingt-quatre ans.

Le nouveau roi Henri III s'irrite de la nouvelle liaison de sa sœur ; et la reproche à Henri de Navarre, qui sans aucun remord se livre à la débauche la plus effrénée...

Un peu plus tard, c'est de Louis de Clermont d'Amboise, seigneur de Bussy, que Marguerite devient la maîtresse...

C'était un élégant jeune homme, "escalabreux, brave et vaillant", qui passe son temps à se battre en duel et à entrer dans le lit des jolies femmes de la Cour. Au contact de Marguerite, ce bouillant garçon se déchaîne et ce n'est entre eux que "concupiscence effrénée, conjonction cachée et consommation à l'écart".

 

Bientôt, ils commettent des imprudences. Un soir, quelqu'un les aperçoit, alors "qu'il la baise toute en jupe sur la porte de sa chambre".

 

Henri III ne tarde pas à être mis au courant des distractions que Marguerite s'offrent dans les couloirs du Louvre.

 

Bussy échappe à une tentative d’assassinat, et après quoi, il juge prudent de "changer d'air". Il quitte Paris le 22 mai 1575... Il tentera de séduire la dame de Montsoreau, et sera tué dans le piège que lui tendra le mari de celle-ci, le 19 août 1579

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Marguerite de Valois – 2/-

Publié le par Perceval

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Marguerite de Valois naît en mai 1553 au château de Saint Germain. De ses 5 frères et ses 2 sœurs, le futur Charles IX la surnomme Margot. Elle reçoit une éducation de princesse à Amboise : littérature, danse et musique.

Elle est élevée dans la crainte de sa mère Catherine de Médicis, et n’a que 6 ans lorsque son père meurt.

Grande, mince, la taille fine, le teint de neige, la chevelure brune, les yeux sombres, la démarche souple et légère : Marguerite de Valois, est incontestablement belle, très belle. Au printemps 1569, dans toute la fraîcheur de ses seize ans, elle a acquis un charme et une grâce irrésistibles, elle prend conscience de sa séduction; et s'éveille à l'amour.

Les premiers balbutiements de son coeur sont pour le jeune duc Henri de Guise (1549 - Blois 1588) ( dit Henri Ier le Balafré ), duc de Guise

L'héritier de la Maison de Lorraine a presque dix neuf ans et toutes les qualités pour séduire une adolescente romanesque. Grand, athlétique, des cheveux couleur de blé, des yeux myosotis, lorsqu'il s'incline devant Marguerite, l'aimable demoiselle lui décoche son plus rayonnant sourire...

Margot ne peut résister bien longtemps. Elle succombe aux caresses et aux baisers volés, découvre la volupté et, audacieuse, multiplie les rencontres. Prudents, les jeunes gens dissimulent leur idylle. Seul le cardinal de Lorraine, l'oncle d'Henri, la remarque et l'encourage … Mais, Marguerite est surveillée, et dénoncée.. Henri d’Anjou connaît la folle ambition des Lorrains, qui rêvent d'accéder au pouvoir, par quelque moyen que ce soit. A son tour, il prévient sa mère, Catherine de Médicis...

Henri et sa mère se méfie de Marguerite ; et lui reprochent cette ''trahison''. Un complot est monté contre Henri de Guise, il quitte la Cour et se voit marier à Catherine de Clèves (1570).

Charles IX (1550 – 1574) et Catherine de Médicis, amadouent le roi de Navarre. Le roi veut se venger de ses ennemis, et accorde la main de sa sœur à un huguenot...

 

Le 20 juillet 1572, le roi de Navarre arrive à Paris, avec 800 gentilshommes, le mariage est célébré en août.

 

 

 

Marguerite de Valois a 20 ans lorsqu’est célébré au Louvre son mariage avec Henri, roi de Navarre (1553-1610), qui deviendra le futur roi Henri IV... On ne sait pas si l’affaire était préméditée mais c’est pendant les fêtes accompagnant la noce, qui a attiré à Paris la noblesse calviniste et réformée, que sont perpétrés les massacres de la Saint-Barthélemy.

A la suite de ces événements, Henri de Navarre est 'retenu prisonnier' et ne s’échappera que 4 ans plus tard.

Parmi les favoris de François de France (1555-1584, François d'Alençon, duc d'Anjou et dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis),- je rappelle qu'à la Cour de Charles IX, il prend la tête du parti des Malcontents et complote avec Henri de Navarre pour s'imposer comme successeur du roi à la place de son frère Henri …- , donc parmi les favoris de François d'Alençon se trouve le seigneur Boniface de La Mole (1526-1574), célèbre comme beau danseur et fort aimé des dames... Et fort dévot ! Après la messe, il s’emploie à l'amour, persuadé « que la messe ouïe dévotement expiait tous les péchés et paillardises qu'on eût su commettre ».

Un jour, il rencontre Marguerite, moulée dans une robe de brocart, le corsage ouvert, laissant voir cette gorge "pleine et charnue, dont mouroient tous les courtisans", et il en tombe immédiatement amoureux...

La volcanique reine de Navarre a remarqué Boniface depuis longtemps... Séduite par ce bel homme, elle sent s'allumer en elle une espèce de feu "qui lui embrasait le bijou", et elle attend avec impatience qu'il veuille bien lui faire un signe...Ce jour là, il se permet un regard un peu insistant.

L'effet dépasse ses espérances. Marguerite bondit sur lui, le prend par la main et le traîne dans sa chambre, où leurs amours sont si peu discrètes que, deux heures plus tard, toute la Cour sait que la reine de Navarre a un amant de plus.

A suivre ...

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Marguerite de Valois – 1/ -

Publié le par Perceval

Portrait de Marguerite de Valois. Musée Crozatier du Puy-en-Velay

Portrait de Marguerite de Valois. Musée Crozatier du Puy-en-Velay

Marguerite de Valois ( 1553-1615) est la fille d’Henri II et de Catherine de Médicis, elle est la sœur de François II, Charles IX et d’Henri III. Elle est la première épouse ( 1572) d’Henri IV, et elle est très probablement différente de la ''reine Margot'', cette princesse dépravée, imaginée et installée dans les esprits par le roman d’Alexandre Dumas en 1845.

Marguerite n’était certainement pas cette femme-là, même s’il est avéré que, conformément aux mœurs de l’époque, elle a eu un certain nombre d’amants.

Femme cultivée - à la fois fille, femme, amante -, mécène reconnue pour ses goûts, autrice de Mémoires, de discours, de poésies et de très nombreuses lettres, femme politique intensément mêlée à la vie mouvementée du royaume de France entre 1570 et 1615, dévote éclairée, et défenseure de la cause féminine... Elle est devenue l'objet d'une légende dès la fin du XVIIe siècle, puis, au XIXe siècle, d'un mythe...

Il a existé - entre elle et Catherine de Médicis - une relation complexe et difficile... À plusieurs reprises, celle-ci utilisera Marguerite comme instrument de la raison d’État, ou comme ambassadrice voire comme otage, sans finalement tenir compte de son ressenti ou de son avis. Marguerite acceptera, cependant, d’épouser à contrecœur un prince huguenot et plus tard de s’effacer du trône de France et de voir son mariage annulé pour cause d’incapacité de donner un dauphin au royaume.

La question est de savoir si encadrée par sa mère, manipulée et rejetée par son frère Henri, utilisée et abandonnée par son mari, Marguerite fut-elle maîtresse de son destin... ?

En tout cas, certainement pour ce qui est sa vie sentimentale extraconjugale... ! Concernant sa série d’amants connus (La Môle, Champvallon ou Bussy d’Amboise et bien d’autres encore), ni les événements, ni son entourage ne semblent lui avoir imposée quoi que ce soient .

Et, dans le domaine intellectuel et culturel, Marguerite a eu une vie particulièrement riche.

Marguerite a reçu une éducation très soignée lui permettant de parler dès son plus jeune âge le latin, l’italien, l’espagnol. Son érudition fut célèbre et célébrée par de nombreux auteurs du siècle et postérieurs. À l’instar des grands humanistes de l’époque, elle connaissait fort bien les philosophes de l’antiquité, et maniait avec habileté la dialectique aristotélicienne. Par ailleurs, elle avait intégré les grands principes de la philosophie platonicienne.

. On peut distinguer trois grandes époques où Marguerite a pratiqué le mécénat culturel : la cour de Nérac à partir de 1578-1579, Usson à partir de 1586, et à Paris lors de son retour définitif.

 

- Le liber amicorum, livre d’amitié de Marguerite de Valois

Au XVIe siècle, les lettrés aiment rassembler dans un même carnet le souvenirs des rencontres faites au cours de leurs voyages ainsi que de leurs plus belles amitiés. C’est dans cet esprit très humaniste que se répandent les libri amicorum, ou livres d’amis, qui réunissent en un manuscrit les souvenirs, signatures, poèmes, dessins des proches amis de son propriétaire.

Ici est représentée la thématique de la libération par l’amour. Sur la gouache ci-dessus est représenté Persée délivrant Andromède du dragon marin qui la retient prisonnière, cette gouache fait face au huitain racontant leurs exploits mythologiques.

Cette illustration nous fait découvrir un couple dans un paysage. L’homme sur son cheval tend un bouquet à la femme qui tient une cordelette reliée à son cœur, symbolisation de la cruauté de l’amour.

L'image ci-dessus incarne le combat de deux chevaliers souhaitant obtenir les lauriers de la belle damoiselle.

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Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -2/2-

Publié le par Perceval

Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -2/2-

Jusque-là, les relations sexuelles étaient évoquées de façon euphémique ou à l'aide d'un lexique renvoyant à la saleté ou au péché.

Désormais, on utilise des termes anatomiques, et on dit «sexe», «vagin», «coït»... Le langage se libère. Les consciences aussi. Tout cela déculpabilise les pratiques sexuelles.

Le couple s'érotise, ( Alain Corbin). L'acte sexuel lui-même, conduit jusque-là de manière assez primitive, va s'adoucir ..

Dans l'entre-deux-guerres, les caresses se généralisent, ainsi que le baiser profond sur la bouche, autrefois jugé scandaleux, même en privé (un arrêt de la Cour de cassation de 1881 le jugeait constitutif du crime d'attentat à la pudeur!), qui devient maintenant le symbole de la passion. Au lit, l'accent est mis sur les préliminaires. La sexualité buccale se développe. Cela va de pair avec le progrès de l'hygiène intime. Mais les femmes gardent une ancienne pudeur.

Dans les milieux populaires, même si on fait parfois l'amour en plein jour, à l'écurie ou sur la huche, on garde ses vêtements.

Et dans la chambre conjugale, on se déshabille, mais on reste dans le noir. S'aimer, ce n'est pas s'abandonner.

Cependant, à partir des années 1930, les femmes vont à la plage, elles portent un short, une jupe-culotte, elles montrent leurs jambes. Petit à petit, le corps se dévoile.

Les femmes ne parlent pas du plaisir, mais elles y pensent. Certaines trompent leur mari, le plus souvent avec quelqu'un de plus jeune, et se défendent en disant: «Il est plus habile que toi.» Ce qui veut bien dire qu'elles recherchent le plaisir. L'absence de sexualité heureuse dans le couple, même amoureux, commence à devenir une source de tracas.

 

Sources : L'historienne Anne-Marie Sohn ; et Alain Corbin, historien français spécialiste du XIXe siècle en France.

 

Illustrations de: 

Robert Auer, est un peintre et illustrateur croate. Il est né en 1873 à Zagreb (Empire austro-hongrois) et mort dans cette ville le 8 mars 1952 .  

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Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -1/2-

Publié le par Perceval

Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -1/2-

Il a fallu en effet un long cheminement des mentalités pour que les individus osent s'affranchir de l'influence de la religion, de la famille, du village, des solidarités de métier. Comme l'a raconté Alain Corbin, de nouveaux comportements se sont éveillés à la fin du XIXe siècle, en opposition avec la morale officielle, victorienne.

Ils vont se développer au XXe siècle, provoquant une rupture éthique dans l'histoire des rapports entre hommes et femmes. Ce sont les gens modestes, et en premier les femmes, qui s'engagent sur cette voie. Petit à petit, elles rompent avec le vieux modèle de la virginité à laquelle la religion les soumettait, elles surmontent la peur de l'opinion et la hantise de l'enfant non désiré, elles prennent de plus en plus de risques.

La première grande mutation, c'est la fin du mariage arrangé, effective vers 1920, d'abord dans les milieux populaires, où règne une grande liberté de mœurs et où l'on est moins guidé par les intérêts patrimoniaux.

La séduction, prend de plus en plus d'importance. Désormais, il faut plaire.

Les jeunes gens ont plus de liberté pour se rencontrer et flirter.

Savoir danser devient le passeport indispensable de l'amour. Les jeunes gens prennent l'habitude de sortir le dimanche, de se revoir. Ils se «fréquentent».

Le jeune homme se déniaise avec des prostituées ou une fille «légère». Mais il trouve rarement une partenaire de son âge. Car, pour traduire son amour en sexualité, la jeune fille veut avoir l'assurance d'être épousée.

Il est très mal vu qu'un jeune homme noue une liaison avec une femme mariée ou qu'il engrosse une jeune fille sans l'épouser. Si on fait une «bêtise», comme on disait alors, il faut la réparer: on «fête Pâques avant les Rameaux», c'est-à-dire que l'on se marie avec la fille enceinte.

Les liaisons avant le mariage vont se développer de manière impressionnante. Un cinquième des filles ont des relations prénuptiales à la Belle Epoque.

Sources : L'historienne Anne-Marie Sohn ; et Alain Corbin, historien français spécialiste du XIXe siècle en France.

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Janet Hill

Publié le par Perceval

Janet Hill
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Janet Hill est une peintre canadienne, vivant à Stratford, dans l’Ontario, qui développe une passion pour la peinture depuis l’adolescence.

Le travail de Janet est à la fois élégant et fantaisiste. Son style de peinture évoque de nombreux sentiments, tels que la nostalgie, la beauté intemporelle, le mystère, l’humour ou encore le confort. Son travail est exposé dans des collections privées en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Australie. Ses œuvres ont également été présentées dans Matchbook Magazine, Design Sponge, This Is Glamorous, The Neo-Traditionalist, et Oh Joy!

Janet Hill
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La mode: La restauration

Publié le par Perceval

A la chute du Premier Empire en 1814 succède la Restauration, qui couvre les règnes de Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) mais connaît une interruption entre le 20 mars et le 22 juin 1815, les « Cent Jours » pendant lesquels Napoléon reprend temporairement le pouvoir. En 1830, après les émeutes de « Trois Glorieuses », naît la Monarchie de Juillet, qui se prolonge jusqu’en 1848.  

La période est marquée par le romantisme. Les femmes tiennent des salons littéraires et rêvent de voyages en Orient ou de bals costumés.  

 

Histoire de la mode : La Restauration. page de l'Illustration, 10.03.1849.
Créateur : Henri Valentin

Ces gravures de 1849 montrent des exemples de mode feminine et de mode masculine sous la Restauration (1815-1830). A cette époque, les robes à taille haute qui caractérisent le style Empire ont disparu, et les robes des femmes sont devenues plus complexes et volumineuses. L'article qui va avec ces estampes déplore l'influence de la mode anglaise et l'utilisation de mots anglais (pour de nombreux termes techniques) dans le domaine de la mode.

Histoire-de-la-mode-DEPUIS-Un-siecle--Restauration.jpg

Pour les femmes, c’est le retour en force du corset conique, la ligne de taille, qui était sous la poitrine dans la mode empire, redescend à sa place normale en quelques années. Les jupes s’élargissent et deviennent plus raides, les femmes n’hésitent pas d’ailleurs à les lester. On voit apparaître le décolleté « bateau » qui laisse voir les épaules. Les chapeaux s’agrandissent.  

Les hommes restent dans des tons sobres et neutres, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils négligent leur toilette, le romantisme vaut aussi pour ces messieurs. Il est donc de bon ton d’être toujours bien habillé, sans faux-plis aucun (le fameux dandy).  

Par le biais de la mode, nous pouvons parler de la vie conjugale, et sexuelle des bourgeois(es) de cette époque. Vie  très codifiée et très répressive.  Le mariage est une transaction d'affaires ; à l'opposé le romantisme idéalise la Femme...

Le culte de la pudeur et de la pureté rendent les filles bourgeoises inaccessibles, et favorisent ainsi le développement de la prostitution.

Les épouses, destinées à la maternité, ne donnent pas de plaisir – et n’en éprouvent pas non plus –, le coït conjugal est associé à la notion de devoir.

Ainsi, si le modèle reste conjugal, on rêve d'y adjoindre l’érotisme. Cela explique que les ''filles entretenues'' sont de plus en plus nombreuses. La '' courtisane '' est une des grandes figures du XIXe siècle...

 

Il est amusant dans ce contexte de relever ces deux gravures licencieuces de cette époque qui évoquent un ''jeu à deux'', assez plaisant...

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'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

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