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La mode: La restauration

Publié le par Perceval

A la chute du Premier Empire en 1814 succède la Restauration, qui couvre les règnes de Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) mais connaît une interruption entre le 20 mars et le 22 juin 1815, les « Cent Jours » pendant lesquels Napoléon reprend temporairement le pouvoir. En 1830, après les émeutes de « Trois Glorieuses », naît la Monarchie de Juillet, qui se prolonge jusqu’en 1848.  

La période est marquée par le romantisme. Les femmes tiennent des salons littéraires et rêvent de voyages en Orient ou de bals costumés.  

 

Histoire de la mode : La Restauration. page de l'Illustration, 10.03.1849.
Créateur : Henri Valentin

Ces gravures de 1849 montrent des exemples de mode feminine et de mode masculine sous la Restauration (1815-1830). A cette époque, les robes à taille haute qui caractérisent le style Empire ont disparu, et les robes des femmes sont devenues plus complexes et volumineuses. L'article qui va avec ces estampes déplore l'influence de la mode anglaise et l'utilisation de mots anglais (pour de nombreux termes techniques) dans le domaine de la mode.

Histoire-de-la-mode-DEPUIS-Un-siecle--Restauration.jpg

Pour les femmes, c’est le retour en force du corset conique, la ligne de taille, qui était sous la poitrine dans la mode empire, redescend à sa place normale en quelques années. Les jupes s’élargissent et deviennent plus raides, les femmes n’hésitent pas d’ailleurs à les lester. On voit apparaître le décolleté « bateau » qui laisse voir les épaules. Les chapeaux s’agrandissent.  

Les hommes restent dans des tons sobres et neutres, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils négligent leur toilette, le romantisme vaut aussi pour ces messieurs. Il est donc de bon ton d’être toujours bien habillé, sans faux-plis aucun (le fameux dandy).  

Par le biais de la mode, nous pouvons parler de la vie conjugale, et sexuelle des bourgeois(es) de cette époque. Vie  très codifiée et très répressive.  Le mariage est une transaction d'affaires ; à l'opposé le romantisme idéalise la Femme...

Le culte de la pudeur et de la pureté rendent les filles bourgeoises inaccessibles, et favorisent ainsi le développement de la prostitution.

Les épouses, destinées à la maternité, ne donnent pas de plaisir – et n’en éprouvent pas non plus –, le coït conjugal est associé à la notion de devoir.

Ainsi, si le modèle reste conjugal, on rêve d'y adjoindre l’érotisme. Cela explique que les ''filles entretenues'' sont de plus en plus nombreuses. La '' courtisane '' est une des grandes figures du XIXe siècle...

 

Il est amusant dans ce contexte de relever ces deux gravures licencieuces de cette époque qui évoquent un ''jeu à deux'', assez plaisant...

*****

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

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La beauté par Margaret Bowland

Publié le par Perceval

Et, si de temps en temps, on se laissait interpeler, déranger par quelque chose que l'on appelle la " Beauté " ...

Notre monde se structure autour de toutes sortes de croyances: et chacun croit en une nécessité d'être beau, ou d'être belle... Margaret Bowland 00


Le travail de Margaret Bowland, précisément est une réflexion sur ce que cela signifie d'être beau (belle) et quelle signification en donne t-on , au XXIe siècle dans le monde de l'art...?

Nous savons nous dit Margaret Bowland, que tous reconnaissent qu'il est aussi important d'être belle, que d'être riche, et - en particulier pour une jeune femme, qu'être belle est elle-même une forme de richesse. 

Il faut être grand, mince et blanc. Les écarts à la norme doivent être les plus minimes... Aussi, la nécessité d'être beau ( belle ) est la matière première d'une des plus importantes industries de notre monde ...

Margaret Bowland 4 Margaret Bowland 5
   

Margaret bowland photo double


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La Belle époque: Salons de couture

Publié le par Perceval

Il s'agit d'une collection de photographies originales montrant les couturiers éminents de la période Belle Epoque à Paris: Paquin, Worth, Doucet, Callot Soeurs etc

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Le Moulin Merveilleux

Publié le par Perceval

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

'' Le moulin merveilleux '' propose une solution au difficile équilibre de la vie entre gens de sexes opposés ; il est une illustration métaphorique où les femmes passées au moulin rajeunissent et sont débarrassées de tous leurs vices :

 

« Le Meunier :

Approchez-vous, jeunes et vieux,

Dont les femmes laides, jolies,

Au caractère vicieux,

Ont besoin d’être repolies. 

 

Femme qui, du soir au matin,

Se bat, boit, et prise et caquette,

Amenez-la dans mon moulin,

Et je vous la rendrai parfaite .•• » 

 

 

Un moulin itinérant se déplace de village en village. Le meunier dresse sa machine sur la place, et avec son aide, hèle la population masculine. Chaque habitant est invité à conduire au moulin sa vieille femme tordue et acariâtre : pour quelques écus elle sera passée au moulin et le meunier vous la rendra parfaite et rajeunie. Ce thème est aussi développé en Hollande. Bientôt la plupart des pays d’Europe ont leur iconographie. La France n'y échappe pas avec au moins une image d’Épinal : '' le Moulin Merveilleux'' .

 

Le meunier, a succédé au forgeron dans sa dimension mythologique... Après le Moyen-âge, le fer n'est plus rare, alors le successeur de Vulcain se met à forger les outils de l'agriculture... Son aura se dissipe...

Le meunier travaille dans la paix, et pour la vie... Une culture de paix se substitue à une culture de guerre...

Quant au contexte sexiste de cette histoire, je vous laisse juger... Aujourd'hui, nous pouvons nous en amuser ...

*****

Une autre image d'Epinal, qui nous renvoie au dix-septième siècle...

Monsieur et Madame Denis, s'aiment toujours, et se souviennent ...

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Mais, cela ne se passe pas toujours aussi bien ....

Ici, c'est la querelle est appelée: '' Dispute pour la culotte '' ...

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

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Alan Feltus, peintre

Publié le par Perceval

Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre

Alan Feltus, né en 1943 à Washington, est un artiste figuratif américain, de renommée internationale, vivant en Ombrie.

EDUCATION
• 1968 MFA, Université de Yale, New Haven CT
• 1966 BFA, Cooper Union, New York, NY
• 7961-62 Tyler School of Fine Arts, Temple University, Philadelphia, PA

 

Son épouse Lani Irvin, est également peintre dans un style assez proche ( tableaux ci-dessous). Le couple a vécu longuement en Italie et sont très imprégnés de la peinture italienne...

 

« Nous aimons être ému par la beauté de quelque chose nouvellement trouvé. L' art est dirigé vers la transcendance... L' art doit avoir ce genre de place dans nos vies. Il ne devrait pas refléter simplement notre environnement, comme un miroir, et d' ajouter quelque chose à l'encombrement général, mais devenir quelque chose de plus merveilleux, plus significatif que cela. »

Son modèle masculin est un reflet de lui-même...

« La peinture doit refléter un moi intérieur. Elle résulte d'un état ​​méditatif... »

Voici une sélection de peintures, où apparaît le couple homme(le peintre)-femme.

 

Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre
Alan Feltus, peintre

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Joanna Chrobak

Publié le par Perceval

Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak

 

Joanna Chrobak est née en 1968 à Poznan en Pologne.

 

Elle a étudié les Beaux-Arts (1989-94) et la photographie (1995-98) à Cracovie. Sa peinture, emprunte de mysticisme, est influencée par l'art médieval et de la Renaissance.

 

Ses oeuvres - d'une rare délicatesse et d'une grande finesse - sont hantées de personnages médiévaux, d'une pâleur étrange dont la beauté est rehaussée de détails symboliques religieux et mythique.

 

Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak
Joanna Chrobak

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'Beauté Révélée' – auto-portrait de Sarah Goodridge

Publié le par Perceval

Sarah Goodridge (1788-1853) a fait carrière à Boston où elle a gagné sa vie à peindre des portraits miniatures... Les portraits miniatures étaient alors en vogue et donnés en marque d'affection ou d'amour... 

Souvent même, il ne s'agissait que des yeux, ou de la bouche ; ainsi ces portraits ne révélaient pas l'identité des personnes ...

Son succès de peintre lui a permis d'être en mesure de s'acheter une maison sur Beacon Hill et de soutenir sa mère invalide et sa nièce orpheline.

Daniel Webster (1782-1852) était un avocat et homme politique, venu poser pour son portrait... Une amitié et un peu plus, a grandi entre Daniel et Sarah. Mais Daniel est marié et père de trois enfants...

Webster a envoyé à Sarah plus de quarante lettres entre 1827 et 1851, et ses 'salutations' sont devenus de plus en plus familières... Comme cela est souvent le cas, elle conserva ses lettres, tandis que lui, plus soucieux de sa réputation, les détruisit...

Elle, de son côté, l'a peint plus d'une douzaine de fois et peint ses enfants et petits-enfants. Elle lui a prêté de l'argent qu'il n'a jamais remboursé. Elle lui a rendu visite seule à Washington, au moins deux fois, une fois en 1828 après la mort de sa première femme - ce fut aussi l'année où elle a peint Beauté Revealed - et de nouveau en 1841-1842, lorsque Webster a été séparé de sa seconde épouse.

Sarah Goodridge a achevé ''Beauté Révélée ''en 1828...

Elle a envoyé cet auto-portrait à Webster quand il est devenu veuf, et, par son format miniature, il était destiné à ses seuls yeux...

'Beauty Revealed' est le nom d'un oeuvre très originale, et qui est un ''auto-portrait'' de Sarah Goodridge (1788-1853). Il s'agit d'une miniature (6,7 par 8 cm) peinte avec de l'aquarelle sur un morceau d'ivoire.

 

La peintre représente ses seins dénudés : des mamelons roses, et un point de beauté . Ils sont représentés avec une gradation de couleur, ce qui donne un effet à trois dimensions. Quand elle a peint cette miniature Sarah Goodridge était âgée alors de quarante ans, ses seins semblent plus jeunes, avec "équilibre, pâleur, et fermeté" rendu par l'harmonie de la lumière, la couleur, et l' équilibre. Les seins sont encadrées par un tourbillon de tissu pâle, qui , reflète la lumière.

 

 

Daniel Webster, n'a pas répondu à cette extraordinaire proposition de don de soi... Alors sénateur américain et perpétuellement en difficultés d'argent, il avait besoin de faire un mariage plus avantageux. En 1829 , il épousa Caroline LeRoy, une riche héritière de New York. Pourtant , même ce mariage n'a pas suffi à détruire son amitié avec Sarah, et ​​elle a continué à exécuter ses commandes, elle a revu Daniel à Washington. Sarah ne s'est jamais mariée. Lorsque sa vue défaillante l'a forcée à abandonner sa peinture, elle s'est retirée dans une ferme du Massachusetts, où elle est morte en 1853 après un AVC.

Quand Daniel Webster est mort après une chute en 1852, la miniature des seins de Sarah- connus maintenant sous le nom de ''Beauty Revealed''- a été découverte parmi ses effets personnels.

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La femme de Robert Crumb

Publié le par Perceval

Non, la femme de Robert Crumb, n'est pas sa maman.

La femme de Robert Crumb, c'est Aline, peintre et également dessinatrice.

La représentation des femmes par Crumb, dans les années 60, à l'âge d'or du féminisme, semble une provocation...

Il est accusé de sexisme.

Mais plutôt que de sexisme, ou de misogynie, il vaut mieux parler, selon ses propres mots de « amour/haine/peur/ obsession des femmes ».

Dans les années 1960, Crumb a fait une parodie de BD pornographiques, qui a brisé les tabous de la sexualité et ouvert le champ de la BD à la dimension pornographique...

Il est accusé de pornographie...

Cette femme monstrueuse et sauvage qui hante le travail de Robert Crumb, s'appelle ''Bigfoot'' ; elle incarne une idée de la recherche du naturel, du retour à l’état bestial...

Cette femme est à contre-courant de tous les canons esthétiques... elle est grosse, ses hanches sont larges, son derrière aussi : il y a un grand sentiment de liberté qui se dégage de son corps.

La femme de Robert Crumb est aussi sa propre épouse, Aline, avec qui il est marié depuis 40 ans, elle suit tout son travail et collabore très souvent avec lui. Un couple libre, très complice, amoureux.

   

Robert Crumb - il est né à Philadelphie le 30 août 1943 – est aussi un musicien compositeur.

Il se met beaucoup en scène dans ses planches, c'est un des pionniers de l'autobiographie en bande dessinée ; il n'hésite pas à montrer tous ses travers à travers un personnage lâche, obsédé sexuel, infidèle, dépressif ou encore égocentrique.

 

by R. Crumb and Aline Kominsky Crumb

by Aline Kominsky-Crumb

Quand Robert Crumb parle de lui, jeune, il évoque le mal-être d'un « garçon sans séduction, bizarre, un peu déséquilibré et asocial ». Diagnostic :« Soit vous vous résignez à dépérir dans votre coin ; soit cela vous donne encore plus de détermination pour vous faire remarquer. »

 

 

 

R. Crumb -  by Ward Kimball, December 1968

Robert Crumb & Aline Kominsky

 

 

Robert Crumb and Aline Kominsky-Crumb

Comme son frère aîné, Charles, le jeune Robert dévore les comics et, sous son influence, dessine en permanence... « A 20 ans, j'ai décidé que j'entrerais dans l'histoire de l'art. » Avec une ironie toute « crumbienne », il cons­tate : « J'ai eu ce que je voulais puis j'ai mesuré la vanité, la futilité et, pour tout dire, la stupidité de cette ambition, mais cela ne m'a pas dissuadé de continuer... Quand j'ai débuté, la bande dessinée était méprisée de tous, aujourd'hui elle est entrée au musée, et moi aussi. Je me demande si ce n'est pas exagéré. Ma vie n'est qu'une suite de paradoxes, et c'est ce qui l'a rendue si inconfortable. »

Il vit avec sa compagne Aline, dans le sud de la France depuis plus de vingt cinq ans.

Robert Crumb by Aline Kominsky-Crumb (1987)

Aline par Robert Crumb - 1998

 

Robert Crumb, a fait partie de ce groupe de créateurs, qu’il a croisé au cours de sa carrière : Allen Ginsberg, Janis Joplin, Jim Morrison, Charles Bukowski, Milton Glaser... Il est le grand maître des dessinateurs de comix underground, satiriste et visionnaire ; quelqu'un qui, s'est inspiré de la Beat Generation...

Parmi ses influences, on peut citer d'abord, Brueghel, des caricaturistes politiques du XIXe siècle comme Thomas Nast, ou Harvey Kurtzman et Will Elder ...

La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb
La femme de Robert Crumb

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Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-

Publié le par Perceval

En étudiant les nombreuses correspondances de couples séparés par le conflit, mais aussi les témoignages d’hommes et de femmes touchés dans leur couple par la guerre. Les chercheurs décèlent des stratégies, souvent minuscules et individuelles, qui permettent aux couples, plus ou moins accablés par le conflit, de gérer conjointement et quotidiennement la situation de séparation imposée par la guerre. Ils observent, donc, la mise en place d’une nouvelle organisation conjugale fondée sur l’éloignement et sur la construction de liens dans l’absence.

 

- La correspondance :

Les couples, privés de la présence de leur conjoint, entrent dans un nouveau système de relation, au sein duquel la lettre fait figure de trait d’union. La relation, soudainement, devient épistolaire. Les premières lettres échangées sont marquées par l’organisation d’un véritable système de correspondance : faisant rapidement le constat du bien-être éprouvé lors de la réception des lettres, les épistoliers s’imposent une certaine fréquence dans l’écriture, ils s’adonnent à une comptabilité précise des lettres reçues et envoyées et mettent en place des astuces visant à assurer une continuité de l’échange et à compter les lettres égarées. Peu à peu, les lettres deviennent le lieu d’un ajustement de la relation conjugale confrontée à la distance et à l’absence.

La lecture des correspondances conjugales offre également des informations précieuses, quoique parfois sporadiques, sur les émotions et sur la sexualité conjugale en guerre.

L'étude de l'intime, montre un franchissement des frontières de la pudeur pendant le conflit. En effet, dans certaines correspondances émanant de la bourgeoisie ou de milieux catholiques, le désir charnel de la femme est dévoilé avant celui de son conjoint, témoignage étonnant de la volonté féminine de s’affranchir, par l’écriture du moins, de la chasteté imposée par la guerre.

- Les permissions

L’urgence et les drames de la guerre font s’estomper les limites morales. Pour les soldats, l’omniprésence de la mort fait ressurgir l’urgence de vivre et de profiter de la vie. La pression psychologique aussi cherche un défouloir. Il y a donc une certaine tolérance pour leur conduite. Loin de chez lui, le soldat peut être tenté, si il n’est pas terrassé par la fatigue, par une expérience sexuelle. 

Les permissions sont un autre moyen de rencontre hommes/femmes. Les soldats peuvent revoir leur “bonne amie” , leur fiancée ou leur épouse..

A Paris, les soldats peuvent aussi être en contact avec des prostituées ou des relations de passage. Autant de possibilités pour le soldat, si il ne se protège pas, d’attraper ce que nous appelons désormais des MST.

Au début d’une guerre que presque tous imaginaient « courte, fraîche et joyeuse », les permissions sont exclues... étant en temps de guerre ! Le 30-6-1915 le général Joffre accorde 8 jours par an , à tour de rôle, aux soldats... Fin 1916 les permissions réglementaires sont portées à 1 semaine 3 fois par an. Théoriquement... En fait, les distributions restèrent aléatoires et fluctuantes selon les besoins militaires... Des mouvements de protestation parcoururent de nombreux régiments ; Pétain humanise quelque peu la condition du soldat, et met efficacement en place un roulement des permissions, en les portant à 10 jours 3 fois par an.

* 630 000 françaises deviennent veuves de guerre, apprenant parfois la nouvelle par simple retour de lettre...

Sources : Clémentine Vidal-Naquet / et Encyclopédie de la Grande Guerre. 1914-1918, Paris, Bayard, 2004

Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-
Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-
Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-
Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-
Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-

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Le couple pendant la Grande Guerre (14-18)

Publié le par Perceval

L'impact de la guerre s'est aussi porté sur le couple, et les relations intimes homme-femme...

En France, parmi les 7,9 millions d’hommes mobilisés, environ 4 millions étaient mariés, ce qui signifie que 8 millions de personnes expérimentèrent la guerre en leur couple. Ce chiffre ne prend pas en compte les couples non mariés ou simplement fiancés. La séparation induite par la guerre concerne donc un bien plus grand nombre de personnes... Le conflit, parfois qualifié de « catastrophe sentimentale », aura donc secoué un nombre considérable d’histoires conjugales, si ce n’est brisé les relations intimes.

De nombreuses lois votées pendant la guerre sont destinées à sauvegarder l’institution du mariage, à faciliter les démarches des conjoints, à pallier l’absence de l’homme comme pilier de la famille, et - par exemple - d’exercer la puissance paternelle en cas de mobilisation du mari...

La loi sur l’allocation aux femmes de mobilisés témoigne de la très grande réactivité des pouvoirs publics face aux séparations des couples. La loi du 4 avril 1915, qui autorise le mariage par procuration, est sans doute celle qui manifeste le mieux la volonté de préserver, à tout prix, l’institution maritale mise en danger par le conflit.

Le couple est plongé pendant la guerre au cœur à tout un système de représentations, véhiculé par la presse... . La fidélité des femmes ou leur penchant pour l’adultère, l’amour vainqueur de la guerre ou les antagonismes issus du conflit, le courage et les larmes des femmes lors du départ de leurs conjoints, l’union ou l’incompréhension profonde entre les sexes, le partage et la solitude des corps et des cœurs...

Le couple apparaît, dès le mois d’août 1914, comme un vrai enjeu de guerre : le fait d’insister sur la noblesse des épouses et sur la détermination est une façon de glorifier la France. Mais, l’idée que la guerre pourrait être à l’origine d’une crise conjugale durable préoccupe de nombreux contemporains.

« Le mariage a été, lui aussi, touché par la guerre qui détruit en peu de temps ce que les siècles avaient construit. (…) Les premiers mois le lien conjugal s’était resserré. Comme le sentiment religieux, la tendresse des femmes s’était exaltée. Et il n’était guère de soldat qui ne portât sur son cœur la photographie d’une femme, souvent aussi de petits enfants (…) Mais la guerre a duré trop longtemps. Il fallut, pour vivre, s’accoutumer à l’absence. De part et d’autre, on s’y accoutuma » Henry Bordeaux( 1870 – 1963) avocat, romancier et essayiste français.

Selon certains auteurs, la séparation des couples, la très forte mortalité des hommes et le bouleversement du quotidien pour les femmes restées à l’arrière devraient provoquer la faillite de l’institution du mariage. La crise du mariage prendrait deux formes : d’une part, le déséquilibre du rapport hommes-femmes est censé faire augmenter le nombre de femmes célibataires. D’autre part, l’incompréhension mutuelle due à des expériences et à des attentes réciproques non compatibles risque de faire augmenter sensiblement le nombre de divorces.

À suivre …

Sources : Clémentine Vidal-Naquet / et Encyclopédie de la Grande Guerre. 1914-1918, Paris, Bayard, 2004

 

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