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Mia Araujo

Publié le par Perceval

Michelle-MIA-Araujo-00.jpgAborder des œuvres contemporaines peut être intimidant, en particulier lorsque les formes représentées sont très abstraites ou minimalistes. Je préfère, en général, les thèmes empruntés à la tradition des mythes ou du symbolisme, avec - pour la forme - une référence aux grands maîtres. Ainsi, quelle que soit l'époque, il est toujours passionnant de rencontrer une artiste - comme Mia Araujo - qui exécute avec passion des œuvres qui ne sont pas seulement d'une qualité technique incroyable, mais en disent long sur leurs influences historiques...

On peut aller à la rencontre de son travail, sur son blog :  le blog de ​​Mia 

mia-Araujo-00.jpg mia-Araujo-la-princesse-2010.jpgLa Princesse 2010

On peut penser aux préraphaélites (comme Rossetti et Waterhouse), pourquoi pas à Botticelli ou Giorgone ( la Vénus endormie) … Les éléments modernes renvoient également aux illustrations de livres pour enfants, avec dans les images des détails luxuriants et des histoires interminables...

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Mia Araujo, nous indique elle-même, ses influences de Harry Clarke (1889-1931) ( les paysages en noir et blanc) , des peintures magiques de Mucha, de Kinuko Craft , et de Takehiko Inoue ( romans graphiques). On pense également à l'imagerie symbolique des Tarots.

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Mia Araujo, s'est intéressée à l’œuvre de Joseph Campbell en particulier ce qui rejoint la création d'une mythologie moderne, et espérer connecter les gens à la nature et au cosmos. Le spectateur est ainsi invité à décoder les significations et déchiffrer le symbolisme dans son travail, de sorte que l'expérience n'est plus seulement celle d'un regard passif … L'esthétique des images de Mia Araujo, sont comme le chant des sirènes, ils nous attirent en profondeur pour déchiffrer le sens de sa peinture.

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Les femmes du XIXème, peintes par Alfred Stevens -2-

Publié le par Perceval

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Alfred Stevens concentre l'attention sur la relation qui unit l'être et l'objet. La conscience passe d'une apparente superficialité au rayonnement d'une présence... par l'image, Stevens sacralise l'intérieur comme si le huis clos mondain n'était que la cristallisation d'une vie intérieure interdite au regard. (…)

Alfred_Stevens_-_Pleasant_Letter.jpgStevens joue de deux registres distincts selon qu'il s'attache à une présence ou qu'il fait de celle-ci le ressort d'un récit.

  • dégager méthodiquement un fragment de réalité pour le transfigurer …

  • « résumer d'un regard la vierge absence éparse en cette solitude » Mallarmé.

 

La peinture de Stevens est un lieu de mondanité qui se nourrit d'éclats et d'échos, de rumeurs et de reflets.

L'abandon d'un bras, un port de tête, la manière de tenir une lettre ou d'ouvrir une porte renvoie à un ordre que la peinture magnifie et consacre avec une simplicité qui se veut monumentalité.

 

 

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Sources : Alfred Stevens, article de Michel Draguet.

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Les femmes du XIXème, peintes par Alfred Stevens -1-

Publié le par Perceval

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Le Paris de Stevens est avant tout un Paris féminin. Le XIXème siècle cantonne la femme au domestique et à l'affectif., lui imposant un statut d'infériorité légale. Une fois mariée, la femme doit obéissance à son mari, également en charge de l'administration de ses biens. Exclue de la chose publique, la femme a bien du mal à gagner le droit d'exister par elle-même.

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Alfred Stevens 1823-1906

 

Alfred Stevens est un peintre belge du XIXème siècle. Il se fait connaître à Paris grâce aux expositions universelles avant d'être connu à travers le monde entier. Il côtoie de nombreuses personnalités du monde de l'art telles que Manet et il est même un invité de marque à la cour de l'empereur Napoléon III. Il mettra fin à son métier à cause de problèmes de santé qui entraîneront son décès à Paris.

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Dans la bourgeoisie et le grand monde, la femme n'en est pas moins réduite à une rôle de pure représentation, ce qui n'exclut certes pas un réel pouvoir d'influence. Ce sont de femmes en représentation dont Stevens se fait le peintre.

Pivot de la famille, la femme a en charge l'éducation des enfants.

alfred-stevens_2.jpgStevens représente aussi souvent la femme au sein des intérieurs bourgeois dans l'espace qui lui est réservé : le salon, une pièce incontournable dans le plan-type des immeubles haussmanniens qui se construisent alors. Au salon, la femme reçoit une fois par semaine, généralement de trois à sept heures ; c'est «  son jour ». Toute personne qui se présente est accueillie par la maîtresse de maison.

 

Le salon est aussi le lieu de la solitude et de la rêverie, le lieu où on lit son courrier et où l'on doit faire face à une oisiveté forcée. Bon nombre de ces parisiennes peintes par Stevens sont surprises dans des moments d'inaction... Au salon ou à leur toilette, elles expriment, par leurs poses mélancoliques, le statut « misérable et glorieux » de la femme au XIXème siècle, à la fois adulée et mythifiée et en même temps condamnée à rester inactive, enfermée dans le rôle que les hommes lui assignent... (…) les héroïnes de Stevens, derrière leur apparente frivolité, expriment toutes les ambiguïtés de leurs contemporaines, fussent-elles issues des classes les plus favorisées.

Alfred-Stevens-10.jpg Alfred-Stevens-portrait-of-mrs-howe-1900.jpg

Du reste, les repères sociaux se brouillent. On a souvent remarqué que, sous les second Empire, grandes dames et « petites femmes » se copiaient les unes les autres, au point qu'il était parfois difficile de les distinguer. « Le chic actuel d'une femme, c'est le mauvais goût distingué » déplorent les frères Goncourt.

Entre ces femmes déclassées, qui glissent vers la courtisanerie, et les mondaines à la réputation intacte, peu de différences à vrai dire, même si la société considère celles-ci avec respect et celles-là avec mépris.

La mélancolie et la rêverie renvoient-elles au regret de ce qui a été fait ou à l'appréhension de ce qui pourrait avoir lieu. ? Bien des parisiennes de Stevens – et là n'est pas leur moindre charme – gardent tout leur mystère.

alfred-stevens-winding-the-mantle-clock.jpg Alfred-Stevens-alfred-stevens_the-love-letter.jpg

Les femmes peintes par Stevens appartiennent pleinement à leur temps par la richesse du milieu dans laquelle elles évoluent. A l'heure de la fête impériale, l'argent est roi. Il se manifeste notamment dans la splendeur du vêtement féminin.

Ce parti pris fait de lui le peintre de la vie moderne. Dans la haute société, une femme peut être amenée à changer de toilette sept à huit fois dans une seule journée !

De la tenue de soirée à la robe d'intérieur, il sait exprimer toutes les nuances de la mode féminine que sa peinture met en scène avec un plaisir sensuel évident.

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Alfred-Stevens-11.jpg Alfred-Stevens-Femme-pensive-pres-dune-fenetre.jpg

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Sources: Alfred Stevens 1823-1906: article de Jean-Claude Yvon.

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Élisabeth Sauvy ou Titaÿna, une héroïne des années 30. -2-

Publié le par Perceval

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-4.jpgContrairement à ses confrères, Titaÿna préfère l'avion au train. Deux accidents ne la découragent pas ; elle passe le brevet de pilote et chasse le scoop sur tous les terrains brûlants : interviews de Mustafa Kemal, Mussolini, Hitler ou Romanetti, le chef des maquis corses. Conseillée et admirée par des stars du journalisme comme Mac Orlan ou Henri Béraud, elle fait aussi équipe avec le célèbre Édouard Helsey. Elle rend compte de ses reportages dans Paris-Soir et de ses explorations en Orient, en Chine, en Indonésie ou en Amérique du Sud dans la revue Lecture pour tous. Elle y dénonce les méfaits du colonialisme.Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-6.jpg

Féministe par ses préoccupations et par ses choix de vie professionnels et personnels - elle ne se remarie que tardivement - Titaÿna ne milite pas pour le droit de vote des femmes, mais elle est la voix de toutes celles qui réclament le respect et la liberté.

Mais toujours en mouvement, elle ne prend pas le temps d'approfondir ses expériences et avoue dans son dernier livre, Les Ratés de l'aventure : « Je ne comprends les gens ni plus ni moins qu'avant. » Une incompréhension qui lui fait commettre sa plus grande erreur en l'entraînant sur les chemins de la collaboration puis de l'exil...

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-1.jpgPierre Mac Orlan, expert en durs à cuire, appréciait la «puissante humeur vagabonde» de cette chasseuse de scoops, adepte dès 1924 de la voie des airs, quand s'embarquer à bord des Farman, Caudron ou Potez tenait encore de la roulette russe. Elle n'a pas froid aux yeux, et du culot, elle en fait preuve pour obtenir, dans des conditions souvent rocambolesques, des entretiens exclusifs avec les grands de ce monde. Pour Mustafa Kemal Atatürk, maître de la nouvelle Turquie, elle part en avion et revient en char à bœufs ! Traquant le sensationnel jusqu'à l'aveuglement, elle décroche pour Paris-Soir un entretien de cinquante minutes avec Hitler en janvier 1936. Premier faux pas après lequel elle enchaînera les maladresses, jusqu'à son incarcération à Fresnes, en 1944.

Arrêtée le 30 août 1944, elle n'est libérée qu'un an plus tard, sans jugement, et s'exile à San-Francisco. Cette détention, fut plus longue que celle de personnalités plus compromises, car elle fut accusée d'espionnage, à cause de la présence dans ses papiers de plans d'aérodromes, pourtant bien explicable puisqu'elle pilotait elle-même.

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En 1931, Titaÿna, accompagnée de son compagnon Robert Lugeon ( cameraman) , part en Chine faire un reportage sur le fleuve Yangtze qui s'intitulera "Promenade en Chine". Elle en est la vedette navigant sexy dans son beau tailleur et avec ses talons hauts. On comprend vite que ce documentaire, est du style mondain et n’a rien à voir avec une vision ethnologique.

Cependant, en coulisse, le voyage est plus périlleux … Le convoi longe la Grande Muraille et emprunte l’allée qui mène aux tombeaux des Ming. À Pékin, les deux voyageurs visitent la Cité interdite et le consulat français. Après un périple de Pékin à Hankou, submergés par les eaux, ils sont recueillis par l’Altaïr, navire envoyé à leur secours par la France. Puis ils s’embarquent sur la véritable et fameuse canonière du Yangtse, découvrent les gorges du ce fleuve, avant de voir apparaître, sur les hauteurs, la ville de Chongqing. Le voyage se terminera à Shanghai et Hong Kong avant le retour en France.

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La "Liberté" guidant le peuple turc...

Publié le par Perceval

Les manifestants turcs se sont trouvés une nouvelle icône. Après la fille en rouge ou l'homme debout, le Web bruisse d'une photo dont la ressemblance avec un tableau célèbre est frappante.

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La photo cidessous est l'oeuvre de Ertugrul Ismet Örs et rappelle inévitablement La Liberté guidant le peuple de Delacroix...

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Élisabeth Sauvy ou Titaÿna, une héroïne des années 30. -1-

Publié le par Perceval

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-2.jpgÉlisabeth Sauvy-Tisseyre ( 1897-1966) , alias Titaÿna, était une journaliste française, reporter, dans la France des années 30.

Elle est alors l'une des femmes les plus célèbres de l'entre-deux-guerres. Elle est la coqueluche du Paris mondain, prototype de la garçonne, pionnière de l’aviation et du cinéma …

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Née en Roussillon, elle a été bercée par les légendes catalanes - qui lui ont inspiré son surnom de Titaÿna - et par les souvenirs de son grand-père, officier au Mexique et en Indochine. Elle poursuit des études brillantes à Paris avec son frère Alfred, le futur grand démographe. Élisabeth veut être mathématicienne ou, pourquoi pas, théologienne ! Le mariage lui paraît la seule issue vers la liberté. Sa première union, un échec cuisant, lui fera dire : « Si vous comparez la vie à une route, j'ai l'impression au début de la mienne d'avoir mis le pied dans une flaque boueuse. »

Élisabeth mène la grande vie avec toute l'aristocratie internationale entre Paris et la Côte d'Azur. Un accident de voiture tragique lui ouvre les yeux sur sa véritable vocation : parcourir le monde et rendre compte de ses aventures en journaliste et romancière.

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Albert Kahn avec le prince et la princesse Kitashirakawa et Elisabeth Sauvy. Cap Martin. 1923

Tour à tour, elle est dame de compagnie de la soeur de l'empereur du Japon, écrit plusieurs romans, se lance dans le grand reportage, se passionne pour l'aviation, visite la Chine et le Mexique, rencontre Mustapha, Kemal et Mussolini... 

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-5.jpgL’une de ses réalisations est la création de la revue Jazz, avec Carlo Rim, le 1er décembre 1928. Le fameux bimensuel est le rendez culturel de la nouvelle génération faisant une large part à la photographie. Elle fait appel aux plus belles plumes de l’époque : Mac Orlan, Soupault, Jean Prévost, Pagnol, Desnos, Morand… L’aventure du magazine dure moins de deux ans. C’est court, mais elle ne considère pas cette brièveté comme un échec car elle est persuadée que chez elle «la précipitation l’emportera toujours sur la réflexion». Elle a la bougeotte. En 1923, elle va à Prague. En 1928, Bagdad. 1930, Mexique. 1931, Chine. 1933, Sumatra. 1935, Tananarive. 1937, Santiago. .. On a recensé son passage sur le Tour de France 1935. Elle signe cet article : « Poésie du Tour. »

 

A suivre ....

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Andrea Kowch, beauté et folie dans le quotidien

Publié le par Perceval

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J'aime le trouble que crée, souvent, le réalisme en peinture... La précision du travail d' Andrea Kowch, est net et mystérieux, un secret semble se cacher quelque part ... La vie simple de l'amérique rurale semble déceler quelque folie ... Il y a de la mauvaise humeur dans ces scènes champêtres, il y a du vent, et soufle un certain esprit ....

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Un air de famille, entre ces femmes... Elles tentent de faire bouger les choses autour de cette ferme... Elle essaient .... malgré le chaos provoqué par les corbeaux ou les chiens ... Pourtant, elles continuent de vaquer à leurs occupations, comme si tout était normal...

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Andrea Kowch est titulaire d'un baccalauréat du College for Creative Studies dans son Michigan natal. Andrea-Kowch-00.jpgEn grande partie autodidacte et influencée par le travail des maîtres américains et des grands maîtres de la Renaissance, Kowch peint d'une manière contrôlée avec une attention particulière au symbolisme et à l’atmosphère. Le côté allégorique de son travail vise à établir des parallèles entre l'expérience humaine et le monde naturel. Le paysage américain, solitaire et désolé, reflète l'âme humaine, en symbolisant toutes les choses puissantes, fragiles, et éternelles. Kowch a reçu de nombreux honneurs et a exposé au Capitol Hill, à la Corcoran Gallery of Art, à la Diane von Furstenberg Gallery, et au Margulies Collection, entre autres. Son travail fait partie d’importantes collections, tant aux États-Unis qu’au Canada.

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Marga d'Andurain, le désir d'Orient. -2-

Publié le par Perceval

Henri Seyrig, en 1929, propose à son confrère Daniel Schlumberger de le rejoindre avec le titre d'inspecteur du Service archéologique. D'allure athlétique, la personnalité de Daniel séduit l’aristocrate régnante sur la ville, ils deviennent amants.

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Marga d'Andurain 1893-1948

Daniel Schlumberger et Henri Seyrig à Baalbeck

au Liban dans les années trente

 Pour des raisons financières et pouvoir acquérir l'hôtel Zénobie, la jeune femme divorce de Pierre ; mais le couple ne modifie pas ses habitudes...

Marga envisage de devenir la première femme occidentale à pénétrer la ville sainte de La Mecque. Ayant toujours entretenue de bonnes relations avec les bédouins, elle propose à un chamelier de lui financer le voyage... mais doit se résoudre au préalable à devoir épouser l'homme et se convertir à l'islam. Elle se convertit donc, choisit pour nom arabe Zeïnab, celui d'une femme préférée du prophète, mais aussi celui de la reine Zénobie, avant d'épouser Soleiman, qu'elle surnomme le « mari-passeport » …

Marga d'Andurain 1893-1948

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Marga rebaptisée Zeinab, avec son mari Soleiman à Haïfa

A Djeddah, les autorités lui interdisent formellement de se rendre à La Mecque, et tandis que Soleiam continue sa route, Zeïnab, la musulmane et nedjienne par son mariage, est enfermée dans le harem du sous-gouverneur de la ville dans l'attente du retour de son mari-passeport...

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Marga utilise son enfermement à broder des mouchoirs et enseigne aux épouses et concubines quelques pas de danse à la mode occidentale ...

Elle est libérée, grâce à l'obstination du fils du consul de France. Son "mari" Soleiman qui est rentré de pèlerinage, mais avec qui elle refuse de cohabiter, est retrouvé mort empoisonné. La police vient arrêter Zeïnab, dans sa chambre d'hôtel, alors que le fils du consul est caché sous le lit... Elle est accusée de meurtre et d'adultère. Elle risque la peine de mort. Marga, innocentée faute de preuves, est acquittée et expulsée en France au mois de juillet 1933.

Marga_et_enfants.jpg Mme la vicomtesse, de retour à Palmyre, auréolée de la gloire des aventurières, retrouve son amant, son mari qu'elle épousera à nouveau en novembre 1936, sa vie mondaine, et malheureusement, très rapidement, de nouveaux drames qui vont affecter son existence .

En décembre 1936, Pierre, avec qui elle s’était remariée, est assassiné à Palmyre sans que l’on connaisse les mobiles. Seule, inquiète, Marga se voit dans l’obligation de quitter Palmyre et l’Orient.

Revenue en France à la veille de la guerre, elle mène alors une vie très ambiguë, côtoyant autant le monde de la Résistance à travers son fils Jacques que celui de la Gestapo avec laquelle elle envisage quelques affaires.Una-vida-de-novela-Marga-DAndurain-la-condesa-del-desierto.jpg

Après la mort de son aîné en février 1945, elle est accusée au mois de novembre d’avoir empoisonné son filleul, Raymond Clérisse. Arrêtée à Nice, elle est incarcérée quelques jours avant d’être rapidement mise en liberté provisoire pour ne plus être inquiétée par la justice ensuite. Enfin, alors qu’elle est devenue propriétaire d’un yacht, le Djeilan, qui croise en Méditerranée, elle disparaît à son bord le 5 novembre 1948.

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En 1976, (...)Jean Lacouture résume ainsi la vie de Marguerite d'Andurain (...): "le type achevé d'aventurière aux fins nobles et aux moyens multiples...tenue par les Anglais comme un instrument très actif du pouvoir français, et par le Deuxième bureau du Haut commissaire à Damas pour un agent qui eut gagné à n'être que double".

 Sources: En particulier:  MARGA D’ANDURAIN (1893-1948), UNE OCCIDENTALE D’AVANT-GARDE EN ORIENT ARTICLE PUBLIÉ LE 18/01/2012 Par Julie d’Andurain ...

 

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Marga d'Andurain, le désir d'Orient. -1-

Publié le par Perceval

Portrait-au-moment-ou-il-a-ecrit-Le-mari-passeport-jpgLa légende entourant Marga d'Andurain en a fait la maîtresse de Lawrence d'Arabie... On l'a surnommée «La reine de Palmyre", la "Mata Hari du désert» ou la «comtesse aux vingt crimes."

 Le vrai, est qu'elle fut une réelle héroïne: séduisante, aventureuse et rebelle... 

 

Marga d'Andurain (1893-1948), - mariée à un viconte désargenté, qui ne souhaite pas s'abaisser à travailler - a le don d’entreprise mais ne peut l'exercer sans s'attirer l'opprobre de sa famille... Elle embarque son mari, ses fils, ses vingt-cinq malles et ses économie, pour représenter une marque de cosmétique en Egypte. La vicontesse d'Andurain, à peine débarquée distribue ses cartes de visite... Les portes de la bonne société s'ouvrent. Pierre son mari monte à cheval, tandis que Marga s'intéresse à l'archéologie, avec l'officier britannique de l'Intelligence Service de Haïfa, le major Sinclair...

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Elle l'accompagne seule en Palestine et en Syrie. Le couple parcourt la route longue et chaotique jusqu'à Palmyre :

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Palmyre: La Reine Zénobie

« l'oasis des palmiers » qui éblouit Marga : « L'impression que j'en ressentis fut formidable. Cet immense champ de ruines dorées. Ces files de colonnes perdues dans le sable, ces horizons sans limites, cette palmeraie dont l'étendue vert sombre tranchait sur l'étendue vide du désert et, par dessus tout, cette solitude, ce silence, cette vie qui semblait celle d'un autre monde, me firent comprendre d'emblée que j'avais découvert la demeure de mes rêves. »

Tadmor, devenue la riche Palmyre, doit sa renommée et ses monuments gigantesques à la reine Zénobie, dont les ambitions furent contrecarrées par l'empereur Aurélien en 272.

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Marga expose à son amant, son désir de venir s'installer ici ; le major complaisant use de sa position pour lui faciliter les formalités de douane.

L'arrivée de Marga à Palmyre, est digne de la prise de pouvoir de Zénobie, qui s'était proclamée impératrice … Elle ne prévoit pas les conséquences que la venue d'une femme séduisante , française, indépendante entraînerait dans une garnison de méharistes, privés de leurs épouses, sans distraction au milieu d'un champ de ruines, fut-il grandiose, en plein désert... Pour couronner le tout sa liaison avec le major est un secret de polichinelle … Les commandants de la garnison demandent son expulsion ; mais Marga fonce à beyrouth et obtient de faire mordre la poussière à ses détracteurs... Et le major décède...

Marga-de-Andurain.jpgEn 1928, le couple Adurain prend l'hôtel de Palmyre en gestion, et le nomme Zénobie. L'établissement prend de l'essor favorisé par les déplacements des troupes, l'extension du camp d’aviation et la création du Service des antiquités du Levant, avec à sa tête Henri Seyrig ( le père de l'actrice Delphine Seyrig ) L'antique cité des caravanes s'ouvre au tourisme, qui reste cependant réservé à une élite ! Marga reçoit des hôtes de marque : la croisière jaune, en 1931 ; Marie d'Edimbourg reine de Roumanie ; le roi d’Espagne Alphonse XIII, Jean Giraudoux, Walt Disney ; Agatha Christie récemment mariée au jeune archéologue Max Galloway qu'elle accompagne sur ses chantiers de fouille … Aussi fascinée que l'est Marga, Agatha Christie écrira que la ville qui surgissait féerique , après sept heures de chaleur, de monotonie et de paysages désertiques, portait en elle toute l'invraisemblance théâtrale d'un rêve ...

plan_Syrie_Palmyre.jpg Desert-syrien--Palmyre---palmeraie--3.jpg
monu-Palmyre2.jpg Ruines-de-Palmyre-la-Grande-Colonnade.jpg

      Sources: En particulier:  MARGA D’ANDURAIN (1893-1948), UNE OCCIDENTALE D’AVANT-GARDE EN ORIENT ARTICLE PUBLIÉ LE 18/01/2012 Par Julie d’Andurain ...

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En Iran, Zahra, se lance dans la campagne présidentielle.

Publié le par Perceval

zahra-iran-Elections.PNGSur la liste des huit candidats retenus en mai par le Conseil des gardiens de la Constitution pour le scrutin du 14 juin, pas une femme. © Capture d'écran du site Vote4Zahra.org.

 declaration_du_candidat-Zahra.jpgAlors qu'aucune candidature de femme n'a été validée par le Conseil des gardiens de la Constitution pour la présidentielle iranienne du 14 juin, une candidate fictive fait parler d'elle .

Zahra, 52 ans, est mère de famille et milite pour la démocratie et l'égalité hommes-femmes. Cette héroïne de bande dessinée est en passe de devenir le symbole d'une élection très attendue.

 «On a décidé de faire de Zahra, une candidate à la présidentielle pour pouvoir parler des droits de l'homme en Iran» explique Amir, co-auteur de la bande dessinée, avec son ami Khalil.

Campagne_du_candidat-Zahra.jpg

«Les femmes ne peuvent se présenter à l'élection : vous appelez ça des élections libres ?» 

«Le paradis de Zahra» retrace le parcours d'une mère de famille à la recherche de son fils. Celui-ci a disparu pendant la révolution verte,

Le nom de l'album ? Zahra's Paradise, en souvenir du nom du plus grand cimetière du pays dans la banlieue de Téhéran, où sont enterrés de nombreux opposants au régime. http://www.zahrasparadise.com/archives/812

 

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