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Antoine de Saint-Exupéry en quête du féminin. Consuelo -2-

Publié le par Perceval

Antoine de Saint-Exupéry fantasme un amour absolu qui culminerait dans le mariage. Cette promesse il l'a faite à Consuelo le 23 avril 1931, à Agay...

mariage-St-Ex-et-Consuelo-1931.jpg
St-Ex et Consuelo 1931, lors de leur mariage.

Pour autant sa quête amoureuse ne se limitera pas là... les amours de passage, jusqu'à la fin, sont à lire non comme des actes adultérins, mais plutôt comme des reflets douloureux d'un idéal trop longtemps fantasmé.

La rencontre inattendue avec la belle Consuelo Suncin, veuve depuis 1927 du grand écrivain Gomez Carillo et elle-même peintre, a lieu dans les salons de l'alliance française à New-York, en 1930. C'est le coup de foudre, il est brûlé.

Il est amoureux, l'invite en avion, il lui lance “embrassez-moi ou je fais plonger l’appareil “. Elle n’a d’autre choix que de l’embrasser et une fois l’avion au sol, il la demande en mariage.

Enrique-Gomez-carrillo-_consuelo-1926.jpg Consuelo Suncin
Enrique Gomez carrillo et Consuelo en 1926 Consuelo Suncin

Le mariage sera troublé par les nombreux déménagements, la vie de bohème d'Antoine, ses succès et ses nombreux(ses) admirateurs(trices)...

St-Ex-et-Consuelo-2.jpgLa rose du Petit Prince est un hommage à Consuelo Saint-Exupéry sa femme. Même s'il découvre qu'il peut en exister ailleurs, la sienne est unique.

En 1939, St-Ex. Achète une propriété près de Combs-la-Ville, en forêt de Sénart. Il y installe Consuelo... Mais, lui, a du mal à se poser. Il arrive à l’improviste et repart précipitamment … Consuelo, malgré les rebuffades de son mari et quelquefois son dépit, est une héroïne solaire et généreuse.

Saint-Exupéry rend visite à sa femme, comme un amant fougueux, déteste y trouver des amis de Consuelo. Il quitte alors la demeure, va diner au café du village et passe la soirée à lui écrire des lettres d'amour.

Antoine est mobilisé. A Toulouse, il s’inquiète de Consuelo restée à La Feuilleraie et dont la famille réclame le retour immédiat au Salvador. Il s'y oppose. Puis devant l'avancée de l'ennemi en juin 1940 ; ils quittent ensemble et précipitamment la propriété...

Consuelo part vers le Lubéron, et Antoine pour les Etats-Unis. A Oppède, pendant une année, Consuelo est loin de l'actualité, elle a une aventure avec un jeune architecte Bernard Zherfuss ; mais à la fin de l'été 1941, elle rejoint sans hésiter Antoine à New-York, qui par télégramme la prie: il a besoin d'elle ...avec_consuelo_suncin.jpg

Pourtant, encore Antoine l’abandonne et la retrouve … " Comment Consuelo, pourrait-elle parvenir à combler cette « solitude spirituelle » qui étreint son mari à partir de 1942 au point de le ronger et de le pousser à partir, se laver, pour ainsi dire, comme ultime purification, dans les balles ?"

En Mai 1943, Saint-Exupéry se rend en Algérie pour rejoindre le groupe 2/33 intégré aux Forces françaises libres. A cause de son âge, il ne réussit que difficilement à se faire accepter comme pilote. Le 31 juillet 1944, Saint-Exupéry est envoyé en reconnaissance pour préparer le débarquement en Provence. Son avion est abattu par un pilote allemand et disparaît en mer.

Consuelo est morte en France en 1979 et est enterrée dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris en compagnie de son second mari, Enrique Gómez Carrillo. 

st-Ex-et-consuelo.jpg Consuelo-garric.jpg

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Antoine de Saint-Exupéry en quête du féminin. -1-

Publié le par Perceval

Felix-Vallotton-2.jpg

Antoine de Saint-Exupéry parle de « salle d'attente » pour signifier ce temps d'initiation et d'apprivoisement qu'il s'accorde dans cette trop longue ( à son goût ) quête de l'amour... « Salle d'attente » où s'arrêtent des femmes de passage, comme Madeleine rencontrée à Brest, et qui lui écrit: antoine-de-saint-exupery-1.jpg«  Tout ce que vous me dites m'a un peu bouleversée. Je savais bien que je ne pourrais pas vous répondre. Cependant, je ne veux pas vous perdre. »

felix-vallotton-woman-being-capped-1900.jpgSaint-Exupéry est peu enclin à mener une existence bourgeoise, il vit sur le qui-vive, dans une sorte d'urgence qui comble son désespoir intérieur, fantasque et contradictoire dans ses goûts : entre vie mondaine et joies simples familiales...

On dit qu'il a une relation aux femmes, immature de celui qui pour séduire utilise l'aveu du désespoir et de la solitude... Ainsi, quand il déclare sa flamme à une infirmière dans le train d'Oran : «  petit Prince (…) désarmé (… ) qui a du chagrin à perdre haleine .. »

Dans la famille Vilmorin, Louise ( Loulou) est un personnage hautement romanesque par sa grâce, son intelligence, sa culture et sa beauté.

Louise de Vilmorin 2
Louise de Vilmorin 3

Le plus souvent allongée sur un lit de repos, elle reçoit toute une cour de jeunes hommes transis d'amour auxquels elle accorde quelques faveurs : un baiser furtif, une main serrée, un poème confié sur un papier, un mouchoir brodé … Antoine succombe à son charme dès 1918, la retrouve sur la côte basque où elle se rend souvent entre 1919 et 1922. Et c'est en 1922 qu'il tombe vraiment amoureux d'elle.

«  Je comprends quand tu t'approches, quand tu te détaches, quand tu viens à moi et quand tu m'exiles. Tu es un peu pour moi une saison incertaine où j'aventure ma maladie sous le soleil. » Lettre à Louise de Vilmorin

Ils se fiancent et le mariage est programmé pour la fin de l’année 1923. En août, Antoine rejoint Loulou à Reconvilier, dans le Jura suisse où les deux jeunes gens filent le parfait amour.

Toutefois, Louise se fait distante, « disparait », entretient autour d'elle un sentiment de mystère et de secret... La « jeune princesse », comme l'appelle ses frères, ne partage pas les rêves d'Antoine, elle pense luxe et mondanités, et se fiche de l’aviation … ! En mars 1925, au grand dépit d'Antoine, elle épouse le richissime Henry Leigh-Hunt, qui l’emmène à Las Végas...

Les illustrations sont des peintures de Felix Valloton (1865-1925).

*****

 Vallotton vécut d'abord au seuil d'une pauvreté bohème, avec Hélène Chatenay. Il peint, et à partir de 1888 reçoit des commandes pour des gravures sur bois pour des magazines comme La Revue Blanche ... Il se fait connaitre, rejoint le groupe des nabis ... Puis, en 1899, il décide de rompre avec son ancienne vie. Il épouse Gabrielle Rodrigues-Henriques, une riche veuve avec trois enfants en bas âge, passe de la rive gauche à la vie familiale de la rive droite. "Ce sera un mariage très raisonnable." écrit-il à son frère.

Le père de la mariée est un grand marchand d'art...  La vie conjugale n'est pas tout à fait ce qu'il avait imaginé... En 1918, il écritr dans son journal, «La vie que je vis est littéralement le contraire de celle dont je rêvais." ...

felix-vallotton-Malade-1892.JPG Gabrielle_Vallotton-1905.jpg
Felix-Vallotton:  Malade 1892 ( Hélène Chatenay )  Gabrielle Valloton, 1905

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Felix-Vallotton---La-chambre-rouge--Etretat--1899.jpg Félix Vallotton, Portrait de femme en chapeau noir (1908)
Félix Vallotton – La chambre rouge, Etretat, 1899 Félix Vallotton, Portrait de femme en chapeau noir (1908)


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Elissa et Augustin - le saint -.

Publié le par Perceval

Elissa a vécu une quinzaine d’années avec celui qui deviendra saint Augustin. Puis, elle a été répudiée par 'homme qu'elle aimait...

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dame Carthage

Il écrit que son coeur saigne, qu'il souffre terriblement de cette séparation. Sa compagne lui jure : «Il n'y aura pas d'autre homme que toi ».

Nous sommes à Carthage au Vème siècle, et l'homme aimé y vient prêcher.

Augustinus est devenu un évêque rigoureux, redoutable polémiste et rhéteur incertain, un homme prisonnier de ses habitudes (sexuelles notamment), plein de contradictions, de faiblesses et un penseur prodigieux, perpétuellement en quête : « Même solidement ancré dans la foi et dans l’Église, il continue à s’interroger comme s’il n’était jamais assuré de ce qu’il a établi. Il lui faut sans cesse questionner, se questionner et s’apostropher, se vilipender, interpeller Dieu, repartir à la poursuite de ce qu’il croyait avoir trouvé. Jamais de répit… cette fièvre dans le rythme de ses phrases, un flux, des remous d’angoisse parfois, à vous donner le vertige, et ça rebondit, tumulte de cris, de prières, d’invocations et de fustigations. »

Elissa est restée fidèle au manichéisme partagé autrefois avec lui.

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Augustin et Monique ( sa mère )

La Carthaginoise Elissa n’a pas encore dix-huit ans quand elle a croisé le chemin de ce garçon du même âge, natif de la cité montagneuse de Thagaste. Leur fils Adeodatus est né peu de temps après. Ils ont vécu quinze ans ensemble, en Afrique puis en Italie. Ils ont partagé aussi une même croyance, celle que le monde est régi par deux forces antagoniques, la lumière et l’ombre.

Puis, c'est la séparation : à Milan, le brillant rhéteur Augustinus s’est alors cherché une épouse davantage en rapport avec son statut de jeune intellectuel à fort potentiel. Elissa est revenue dans sa ville de naissance.

Elissa travaille maintenant comme potière, elle s’est liée d’amitié avec un couple dont le mari, Silvanus consigne sur des parchemins les discours des rhéteurs et des prédicateurs. Et bientôt va recopier et mettre au propre les écrits de l’évêque. Il reste alors à Elissa et Augustinus trente-deux ans à vivre.

Elissa peut lire chaque jour chez Silvanus des passages des Confessions dans lesquels sa présence se donne à lire entre les lignes. Il y a également la vie racontée d’Augustinus à l’épreuve de son regard critique. Ainsi, elle vit avec lui : les empoignades théologiques, la menace grandissante des Barbares, les silences et les non-dits, le passé métamorphosé mais toujours présent dans le propos d’Augustinus jusqu’à sa mort en 430, immédiatement suivie de celle d’Elissa.

ruines-de-Carthage.jpg

Cette version édifiante de la destinée de la compagne abandonnée, n'est pas historique. Claude Pujade-Renaud l'a inventée, dans la veine romanesque.pujade-renaud_livre.jpg

« Dans la Rome antique, le statut de concubine n'était ni dévalorisé ni méprisé, même s'il ne donnait aucun statut socio-économique. Les enfants appartenaient au père. J'ai voulu incarner la vie d'une femme larguée à 30 ans, séparée non seulement de son homme mais aussi de son fils : une épreuve atroce, un deuil impossible. J'ai eu envie que cette femme se maintienne vivante. Elle pétrit la terre à l'atelier de poterie, humble et modeste travail créatif ». Cl P-R

Claude Pujade-Renaud s'interroge sur les manigances du pouvoir temporel et spirituel. Elle « signe ici un magnifique portrait de femme - un itinéraire sensible et sensuel, quotidien et spirituel - tout en respectant la trajectoire d'Augustin et son évolution telles que rapportées dans les travaux des exégètes. » La Vie

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LA FEMME AU CHAR DANS L'NOIR

Publié le par Perceval

Je viens d'avoir une belle visite sur ce site : celle de de Pierrot le vagabond, québecois.

Pierrot1.jpg

Il me laisse cette chanson, que l'on peut entendre par lui-même ICI :

LA FEMME AU CHAR DANS L'NOIR 

COUPLET 1
on s’est r’trouvés tout seuls
un soir dans forêt
à dormir dans ton char
dans l’noir en secret

toute habillée désespérée
le coeur en mille morceaux brisés
t’as eu besoin d’mes bras
rien qu’de mes bras

COUPLET 2
tu m’avais ramassé sa route
malgré tes doutes
tu m’as dit qu’c'est en voyant ma guitare
qu’t'as eu confiance en mon regard

comme tu pleurais tous tes secrets
le coeur brisé par un décès
t’as eu besoin d’mon âme
rien qu’de mon âme

COUPLET 3
y avait tellement pas d’place
dans l’char entre les deux bords
que t’as dormi la tête contre mon ventre
mains agrippées autour d’ma jambe

tu respirais comme UNE enfant
qui crie papa j’ai mal en dedans
t’as eu besoin d’mes ailes
rien qu’de mes ailes
COUPLET 4
mes doigts dans tes cheveux disaient
oh sois bénie amie
j’ai pas eu d’femme entre mes deux bras
depuis deux ans et demie, amie

pour toutes celles que j’ai mal aimées
que j’ai souvent abandonnées
j’ai eu besoin d’tes larmes
rien qu’de la beauté d’tes larmes

COUPLET 5
ca s’est passé le 8 juillet 2008 pas loin d’la mer
à Natasquan entre les tentes
dans un camping inou completement désert
que ma chanson chante le mystere

d’un homme et d’une femme sur cette terre
qu’y ont eu besoin d’leurs peines
rien qu’de leurs peines
en dessous dl’leur chair humaine

Pierrot
vagabond céleste  
Pierrot2--3photos--ok.jpg

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L'amour sacré et l'amour profane: représentation.

Publié le par Perceval

Sur le sujet du « nu », il est intéressant d'observer en détail, et en le situant dans son époque, ce tableau du Titien, communément appelé L'amour sacré et l'amour profane , et peint en 1514.

Titien amour sacré et amour profane 2

Ce tableau représente deux femmes aux traits identiques, mais laquelle est l'amour sacré... ?

En ce début du XVIème siècle, nous sortons du Moyen-âge où toute représentation de la nudité fait référence au péché, à la tentation. Le corps nu est honteux et matériel, par opposition à l’âme, immatérielle.

titien_amour-profane-detail-vase-ferme.jpg Ici, nous voyons deux jeunes femmes assises aux angles d'un bassin en forme de sarcophage, dans lequel un Amour ailé et nu plonge le bras en jouant...

L'une, est brillamment et richement vêtue; sa robe est de satin blanc, une ceinture, cramoisie à fermoir d'or serre sa taille, une de ses mains, gantée de jaune, tient des fleurs; une branche de jasmin est plantée dans ses cheveux; elle tient son bras posé sur un vase d’or qui renferme sans doute de précieux trésors auxquels elle tient... et symbolise un bonheur éphémère sur terre.

La seconde femme, est nonchalamment appuyée contre la vasque, sa beauté n'a nul besoin d'ornements, elle tient haut un vase qui porte la flamme brûlante de l'amour de Dieu et symbolise le bonheur éternel dans le ciel . Elle regarde de façon bienveillante la vénus habillée.

titien_amour-sacre-detail.jpgLa volonté de l'antithèse est évidente, et la présence de Cupidon - qui brasse l’eau comme pour mieux marier deux conceptions antagonistes - concoure à donner un sentiment d’harmonie.

 

Ainsi, la femme entièrement vêtue représente l’amour profane. C’est elle qui incarne le désir et l’amour terrestre, la nudité représente ici le sacré.

Dans ce tableau Titien professe une philosophie néo-platonicienne, qui - en contemplant la beauté de la création - conduit à une prise de conscience de la perfection divine de l'ordre du cosmos.

 Ce début du XVIème siècle, est véritablement témoin d'une révolution dans la représentation du monde : avec la découverte d'un quatrième continent ( l'Amérique), le succès de la Réforme, la contre-réforme avec les jésuites, une expression artistique foisonnante ...

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Les soeurs Mitford

Publié le par Perceval

 

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Ce sont les filles de David Ogilvy Freeman-Mitford, deuxième baron Redesdale, et de Sydney Bowles, mariés le 6 février 1904.
Sydney-Bowles-1916-lady-Redesdale.jpg
Sydney Bowles 1916 Lady Redesdale

 

 

Quelques unes des sœurs Mitford, ont eu des destins peu ordinaires et divergents...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En particulier:

Unity (1914-1948), admiratrice d'Hitler, qu'elle a rencontré. Elle s'est engagée dans le parti nazi et a tenté de se suicider quand l'Angleterre a déclaré la guerre à l'Allemagne... Elle est morte de cette balle dans sa tête quelques années plus tard.

Unity-Valkyrie-Mitford--1937.-British-Natzi.jpg Diana Mitford lady Mosley
Unity Mitford, 1937. Diana Mitford: lady Mosley

Diana ( 1910-2003), se maria en premières noces avec Bryan Guinness, deuxième baron Moyne et héritier des brasseries Guinness, et en secondes noces avec Sir Oswald Mosley, militant fasciste britannique. Elle milita avec lui et tenta un rapprochement entre le mouvement de son mari et Hitler, qu'elle rencontra à de nombreuses reprises.

En juin 1940, de retour en Angleterre, Diana et Mosley sont arrêtés et emprisonnés pour liens avec l'ennemi. Ils n'en sortiront qu'en novembre 1943 et n'obtiendront à nouveau un passeport qu'en 1947. Diana s'installe ensuite en France, où elle mène une vie mondaine.

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Diana et Unity Mitford en 1937, au coeur du III Reich Unity Mitford aux côtés d'Hitler

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Jessica (1917-1996) s'engagea au Parti communiste puis rejoignit l'Espagne pour participer à la lutte des Républicains contre les forces de Franco. Elle épousa son cousin Esmond Romilly, neveu de Winston Churchill, qui mourut abattu par l'aviation allemande au-dessus de la mer du Nord, en 1941. Elle se remaria aux États-Unis avec un syndicaliste américain, avec lequel elle défendit la cause des Noirs. Elle écrivit plus tard un best-seller, The American Way of Death, dénonçant les pratiques des pompes funèbres. Cet ouvrage lui permit de devenir une journaliste d'investigation pour la presse américaine.

Deborah ("Debo") Mitford ( 1920- ) n'a eu qu'un seul but : être duchesse, ce qu'elle fait en devenant la duchesse de Devonshire.

Jessica-Mitford-et-Esmond-Romilly.jpg Deborah--Duchess-of-Devonshire-and-her-son-The-Marquess-of-.jpg
Jessica Mitford et Esmond Romilly Deborah, Duchess of Devonshire and her son,The Marquess of Hartington. Cecil Beaton called Deborah 'the most beautiful of all' the peeresses in this off-the-shoulder robe...

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La plus connue des sœurs, fut sans doute Nancy Mitford (1904-1973), elle fut 'simplement' une romancière à succès. Elle rejoignit Paris, après avoir vécu une relation sentimentale avec  Gaston Palewski (1901-1984) rallié à la « France libre » compagnon de De Gaulle avec qui il a créé le RPF, diplomate et homme politique français, président du Conseil constitutionnel de 1965 à 1974.

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Nancy Mitford  

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1922: La famille Milford: Lady Redesdale, Nancy, Tom and Lord Redesdale, (middle) Diana and Pamela, (bottom) Unity, Jessica and Deborah.

 

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La famille Milford en 1934. Clockwise from Farve, standing far right: Debo, Decca, Unity, Muv, Nancy, Diana, Tom, and Pam.

 

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Le regard de l'homme sur la déesse nue

Publié le par Perceval

Après la lecture 'déprimante' du livre de Nancy Huston, j'ai besoin d'un autre regard et, seul celui d'une femme pourra permettre l'équilibre. Il s'agit en effet de réfléchir aux conséquences du regard de l'homme, sur la femme nue...

Jacques Blanchard - Venus and the Three Graces Surprised by
Jacques Blanchard - Venus et les trois Graces surprises par un mortel: détail.

Jacqueline Kelen, avec ce recueil « La déesse nue » me permet de faire un pas vers ce « mystère »... En effet, le mystère «  ou l'invisible qui fredonne une fine musique à travers le visible », ne peut être approché que par le mythe ( le conte ) ou le silence. Et, «  à qui se penche sur l'origine, à qui cherche la source de vie, la femme heureuse et nue en son bain offre la plus juste image. Là est la scène primordiale, dont apparemment l'homme est exclu – d'où sa curiosité, son envie de la capter. Le corps nu de la femme, à la fois ouvert et secret, ombreux et ruisselant, est dans son élément en se trempant dans l'eau vive et insaisissable des rivières, des lacs, des océans. La nudité abyssale de la femme épouse l'insondable de l'eau » J Kelen.

 

 

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« Lorsqu'une femme se dévêt et, libre, se baigne aux fontaines ou dans les flots marins, il y a toujours un homme caché pour la surprendre... Cette étrange scène, qui met aux prises le regard masculin et la beauté dévoilée, le désir et l'interdit, la grâce et la cruauté, se trouve présente dans les mythes et les contes du monde entier : histoires graves ou féeriques, récits initiatiques où le voyeur reçoit châtiment et illumination. »

 

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 HENNER Jean-Jacques:  Nymphe surprise au bain

« Les plus anciens textes de l'humanité ( Sumer, Égypte ..) évoquent le thème étrange d'un homme qui surprend une jeune femme, divine le plus souvent, alors que seule elle se baigne … Pour ceux qui ont inventé et transmis ces mythes et ces fables, pour quelques hommes encore de nos jours, une femme nue est tout sauf une femme à prendre : c'est une femme interdite, inaccessible, sans nul doute une fée ou une déesse... aussi l'homme est-il cloué à chaque fois par l'étrange beauté de ce corps, sidéré par une nudité offerte en même temps qu'intouchable. » J. K.

Peter Paul Rubens détail

Et, si un profane veut s'en emparer, le châtiment qui s'ensuit est terrible, le prix du sacrilège ne saurait être fixé parla loi humaine … !

 En tous cas, le regard est en cause, le regard avide ou imprudent... ces histoires sont aussi des histoire de l’œil.... Le mystère est indissociable du désir... « Sur un plan profane, on peut penser que le 'chasseur' convoite la femme, veut en capturer l'image ou le corps parce que c'est défendu. Mais plus profondément, sur un plan mystique ou initiatique, l'homme éveillé ne peut désirer que ce qui est inappropriable, insaisissable. Et c'est ce désir qui survit au désir, ce désir désiré ( le long désir des troubadours ), qui peut rendre l'homme immortel et l'amour infini. » J Kelen.

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Un « œil d'homme » coupable ?

Publié le par Perceval

« Une des phrases du XXe siècle aux conséquences les plus déplorables : "On ne naît pas femme, on le devient." Non certes parce qu'elle est fausse, mais parce qu'elle suggère que l'homme, lui, serait créé et non façonné. Idée aberrante que véhiculent mille autres perles beauvoiriennes moins souvent citées, ainsi : "La dispute durera tant que les hommes et les femmes ne se reconnaîtront pas comme des semblables, c'est-à-dire tant que se perpétuera la féminité en tant que telle. » N. Huston

Pour résumer, Nancy Huston ( née en 1953, ) défend ce qui me semble être une évidence : « Si la femme est l’égale de l’homme, elle n’en est pas moins différente par nature. ».

A raison, me semble t-il, il y a séparation de contenu entre sexe et genre, les deux étant pourtant liés.

nancy-huston-regard-genre.JPG

Cependant, après la lecture de « Reflets dans un œil d'homme », si je ressens douloureusement le parcours de la beauté bafouée, il ne me semble pas que ce scénario soit une fatalité … Enfin, je l'espère.

« Des yeux masculins regardent un corps féminin : immense paradigme de notre espèce. » Ce sont les premiers mots du livre : le reste n'est alors qu'une descente aux enfers … ! Les biographies tragiques de Jean Seberg et Nelly Arcan illustrent cette charge. Si une femme, sera toujours une proie, et l'homme un chasseur... Me faut-il arracher cet œil qui fait scandale ?

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Romain Gary et Jean Seberg Nelly Arcan: philosophe nihiliste.


Suis-je coupable, puisqu’en effet je reconnais que mon regard est capté par la beauté des femmes, qu'il peut transformer l'autre en objet... ? J'en reconnais les travers, qui fait qu'envahi par la seule volonté de voir, l'homme devient voyeur. Il n'est plus nourri que d'une représentation fantasmée de la femme …

Nancy-Huston-1.jpg

« Les hommes ont une prédisposition innée à désirer les femmes par le regard, et les femmes se sont toujours complu dans ce regard parce qu’il préparait leur fécondation. »

Ne suis-je qu'un mammifère irresponsable ? Programmé : « Si l'homo sapiens femelle cherche un mâle pour la féconder » et surtout pour prendre soin d’elle et de ses enfants; et si -alors que ce n'est plus aujourd'hui l'objet - elle utilise les déclencheurs que sa beauté lui fournit pour capter le mâle le plus apte ( et tous les autres autour ..!).

J'aimerais demander à « la belle » Nancy Huston, ce que je dois faire de mon regard... Ce que je dois faire de la beauté des femmes-images ( photos, pentures...) ?

Serait-il préférable, pour une femme, d'être sinon laide, du moins « pas très belle » ?


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Dagny Juel (1867-1901) -2-

Publié le par Perceval

Dagny Juell Przybyszewska (1867-1901) fut une figure en tous points emblématique de la génération Fin-de-Siècle.

dagny_juel_1894.gif

Elle est restée dans l’histoire littéraire pour son union sulfureuse avec le poète polonais Stanisław Przybyszewski, et comme égérie du cercle berlinois Zum Schwarzen Ferkel dans les années 1890. Son destin tragique – elle devait être assassinée en 1901 par son jeune amant à Tbilissi, quelques jours avant son 34eanniversaire – achève ce portrait d’héroïne décadente. Mais derrière le mythe de la femme fatale et de la muse, un autre drame se joua en sourdine, celui d’une poétesse étouffée par un entourage trop célèbre.

 Le 18 août de la même année, Dagny et Stanislaw Przybyszewski se marient. Leur foyer sera, pendant leurs quatres années à Berlin, un des hauts lieux de la bohème. Pendant que Przybyszewski fascine l’auditoire par ses interprétations enflammées de Chopin, Dagny règne en muse sur le cercle. Le rancunier Strindberg la surnomme Aspasie, d’après l’hétaïre antique, compagne influente de Périclès qui encouragea les grands penseurs grecs. Il insiste avec malveillance sur les relations troubles vers lesquelles la beauté sensuelle de Dagny l’entraîne, autant que son mariage qui s’avère destructeur. Le sataniste Przybyszewski prône les délices pervers du triangle amoureux ; son ancienne maîtresse Marta Foerder, dont il a déjà deux enfants, ne lui en donne-t-elle pas un troisième après son mariage ? La situation connait une fin tragique en 1896 avec le suicide de Marta ; soupçonné d’homicide, Przybyszewski est arrêté puis relaxé.

Les vicissitudes de cette union dévorante nourrissent les essais littéraires de Dagny : dans le poème en prose Rediviva, comme dans ses courtes pièces de théâtre Le Péché, La plus forte, Ravnegård.., la jalousie, le caractère illusoire du bonheur amoureux et le rapport de forces entre les sexes sont des thématiques récurrentes – tout comme elles le sont à cette époque dans les écrits de Strindberg et les tableaux de Munch. Autre sujet de souffrance pour Dagny, son statut déclaré de muse se révèle être une cage dorée et une piètre compensation au fait que ses propres ambitions artistiques ne parviennent pas à s’épanouir dans l’ombre de son mari au génie encombrant. Sa production littéraire restera modeste, avec la publication de trois drames, un recueil de poèmes et une nouvelle.

 

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Dagny_Juel avec son fils Zenon

Entre 1894 et 1898, la famille – qui s’augmente de deux enfants - se partage entre Berlin et Kongsvinger, chez les parents de Dagny. C’est dans ces années-là que Dagny écrit ses pièces de théâtre en un ou deux actes. La plus forte (1896) est publiée mais refusée par le Théâtre de Kristiania. Le péché est créé en octobre 1898 à la Scène Intime Libre de Prague, et publié en tchèque dans la Moderní Revue ; traduit en russe, il sera monté par Meyerhold en 1906 dans son théâtre ambulantLa Société du Nouveau Drame. Le couple de poètes exerce ainsi une influence importante sur les avant-gardes pragoises, polonaises et russes. En 1898, il s’installe à Cracovie où Przybyszewski devient le chef de file du cercle La Jeune Pologne, dirigeant la revue Życie. Dagny continue d’inspirer les jeunes membres du cercle : comme Munch autrefois, les peintres modernistes Stanisław Wyspianski et Wojciech Weiss, entre autres, font son portrait.



1900 marque la rupture définitive entre les époux ; Dagny revient dans sa maison familiale à Kongsvinger. C’est là qu’elle publie un recueil de poèmes sous le titre Sing mir das Lied vom Leben und vom Tode (« Chante-moi le Lied de la vie et de la mort », citation d’un vers de Richard Dehmel). Sa production poétique, en vers comme en prose, s’inscrit de plein pied dans l’esthétique symboliste et néo-romantique scandinave : un sentiment mélancolique omniprésent, l’intrusion du rêve et de l’imaginaire jusqu’au surnaturel, la célébration lyrique d’une nature souvent anthropomorphe, en intime communion avec les destinées humaines. Son poème Quand l’orage s’abat sur la maison… s’avère un des premiers poèmes modernistes de Norvège.

Dagny Juel in her coffin

 

Au printemps 1901, Dagny s’établit à Varsovie. Peu après Pâques, elle part avec son fils Zenon et son jeune amant Władisłas Emeryk en voyage en Géorgie. Dans des circonstances encore troubles, le 5 juin, à Tbilisi, Emeryk l’abat d’une balle avant de retourner l’arme contre lui.

 

Sources : Ingrid Junillon, « Dagny Juel » , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012

 

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Portret Dagny Juel Przybyszewskiej 1899 Dagny Juel par Maryla Wolska


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Edvard Munch rencontre Dagny Juel -1-

Publié le par Perceval

Dagny Juel (1867-1901) , est née en Norvège. Dagny-Juel-les-soeurs.jpgElle est l'une des quatre filles bien éduquées d'un médecin norvégien, elle est une élève douée, prise en main par la féministe Anna Stang dans une école privée... Dagny et sa sœur Ragnhild, rejoignent Oslo ( nommée alors Christiania) – en janvier 1890 - pour poursuivre leurs études. Dagny participe à la vie de bohème de la cité. Elle a une brêve liaison avec l'écrivain Hjalmar Christensen alors étudiant, puis elle rencontre Edvard Munch (né en 1863 près de Christinia). Pour parfaire son éducation musicale, c'est avec lui, que Dagny et sa soeur ( qui deviendra chanteuse d'opéra ) partent pour Berlin.

 Dagny Juel Kvinnemuseet

Au printemps 1893, elle accompagne Munch dans le cercle cosmopolite qui se réunit dans l’auberge - baptisée par August Strindberg (1849-1912) :Au porcelet noir -.

 Tegning-av-vinstuen-Zum-schwarzen-Ferkel.jpgL’écrivain suédois est un des piliers de ce cénacle, tout comme le poète polonais Stanislaw Przybyszewski (1868-1927) . Autour de ces deux personnalités explosives, des poètes (Richard Dehmel, Adolf Paul…), des intellectuels (Julius Meier-Graefe…), des artistes (Munch, Gustav Vigeland…) forment une des avant-gardes les plus fécondes de Berlin, dont la fièvre créatrice se nourrit des théories de Nietzsche et de Darwin, de la naissance de la psychanalyse et des spéculations ésotériques.

Dagny Juel, est remarquée pour sa grande beauté et ses manières libres ; chacun tombe aussitôt amoureux de cette belle rousse norvégienne. Elle figure la femme idéale, libérée et indépendante, madonne et putain à la fois … Ses amis lui donnent le surnom d' Aspasie.

Dagny-Juel-et-son-mari.jpgAprès une très brève liaison avec Strindberg, elle repousse Adolf Paul; et c’est au magnétisme du poète polonais qu’elle-même succombe. Le 18 août 1893, Dagny et Stucha se marient.

 

En 1892, Munch expose ses œuvres, elles sont qualifiées «d’insulte à l’art». L’exposition fermée au bout d’une semaine, est ensuite présentée à Düsseldorf et Cologne, puis à nouveau à Berlin.

A Berlin , D. Juel et E. Munch, sont souvent ensemble, d'ailleurs nous pouvons en juger par le nombre de peintures de Munch décrivant des figures féminines qui ressemblent à Dagny...

Munch et Dagny ont poursuivi une correspondance épisodique mais durable. Munch fut un des rares à ne pas alimenter les rumeurs après l’assassinat de Dagny, et il fut remercié de son article par sa soeur (« Tu es le seul qui a dit du bien d’elle », lettre 03.07.1901 )

munch-Madonna---1894.jpg

Dagny est le modèle de Munch, pour plusieurs œuvres significatives : dans une peinture de « Madonna » , une représentation peu orthodoxe de Marie, mère du Christ (faite en plusieurs versions entre 1893 et 1902). L'artiste a peint ici un nu sensuel -à la place d'une vierge - une femme perdue, une beauté dangereuse dont le corps semble flotter dans l'espace vague et fluide. 

Munch Ashes

La figure respire une charge érotique provocatrice, et en même temps envahie par la douleur et la mort, elle est marqué par des couleurs sombres (cheveux noirs, des yeux creux et bleus), et a perdu la couleur jaune-or de l'auréole, pour une couleur plus charnelle et passionnée: le rouge vif.


Voici Dagny encore, dans « Ashes ( cendres)  » : fenêtre vivante dans le noir d'un homme, âme tourmentée ; c'est une puissante illustration de la chimie entre l'artiste et sa muse...

La première partie de la carrière de Munch, est dominée par le thème de l'attraction-répulsion envers les femmes et la sexualité. 

Edvard-Munch-Jalousie.jpg

Dans «  Jalousie » (1895), l'homme au premier plan ( le portrait de l'écrivain polonais Stanislaw Przybyszewski ) se détourne d'une femme à moitié nue (recouverte par une sorte de robe rouge couleur de la passion et du péché) qui interagit avec une autre personne. Cette figure féminine est encore Dagny Juel, devenue l'épouse de l'écrivain polonais.

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