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Federico Beltrán y Masses (1885-1949), peintre -2/2-

Publié le par Perceval

Ce qui a retenu mon attention, chez ce peintre, c'est la représentation qu'il fait du corps de la femme... En ce début du XXe s., cette représentation scandalise, fascine et fait son succès...

Federico Beltrán y Masses a été le peintre à la mode dans les années vingt. Après la Première Guerre mondiale, Federico Beltran Masse (1885-1949) a profité de l'optimisme d'une époque ouverte au jazz, à la mythologie, à la fantaisie orientale... Beaucoup de ses modèles ont été des danseurs, des actrices, des dames de la noblesse ...

Rappel de Goya ...

Goya - La Maja Vestida y La Maja Desnuda, 1802-1805

Le travail de Federico Beltrán est complexe à classer, mais il pourrait être situé entre l'Art déco et le symbolisme. Beltran était un grand peintre du portrait, et c'est dans ce domaine qu'il développe principalement son travail. Il observe ses personnages et recherche en chacun ce qui évoque la beauté. Il n'hésite pas à convoquer : imaginaire, mémoire, allégorie, exotisme, illusion ... pourvu que cela reflète l'esprit et la philosophie de la personne représentée. L'objectif de Federico Beltrán n'est pas de peindre la réalité.

Beltran accorde une attention particulière aux détails, il met l'accent sur la qualité de l'habillement et des bijoux. Les Ambiances exotiques, l'éclat du tissu, des métaux précieux et de pierres, l'éclat des perles orientales ... sont aussi très présents sur ses oeuvres. L'environnement évoque l'élégance de cadres luxueux et oniriques....

Federico Beltrán a commencé à exposer à Barcelone et Madrid, non sans causer du scandale par l'érotisme évident de ses œuvres. Il a déménagé à Paris, une ville qui lui a donné une plus grande liberté artistique.

L'exposition Stair Sainty Gallery a montré les plus célèbres tableaux du peintre, les 'Salomé' (1918), qui ont provoqué un scandale monumental en 1929 à Londres par la position explicite de la figure féminine nue. 'Salomé' était pour les Anglais "le plus audacieux nu jamais peint"

 

 

Salomé Salomé

Paysages sombres et personnages en lumière, Federico Beltrán a peint avec peu de lumière pour mieux étudier le contraste entre la figure et l'environnement. Le style est allégorique, avec des références à la musique et la poésie, avec un fort héritage espagnol dans les motifs. Beaucoup de paysages sont foncés, vert et bleu, et les corps brillent éclairés par une lumière qui semble venir de la peau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mariage de Beltran Masses avec Irene Narezo Dragoné Auto-portrait de Federico Beltrán-Masses (1885-1949)

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Federico Beltrán y Masses (1885-1949), peintre -1/2-

Publié le par Perceval

Federico Beltrán y Masses (1885-1949), peintre -1/2-

Federico Beltrán est né en 1885 à Cuba, dernière colonie de l'Espagne. Sa famille était d'origine catalane. Il a passé sa jeunesse à Barcelone où il a commencé à se former en tant qu'artiste. Plus tard, il est allé vivre à Madrid où il a pris des cours avec le peintre espagnol Joaquin Sorolla. Il a épousé Irene Narezo Dragone, un peintre comme lui, qui venait d'une famille riche et distinguée. Dans le but de favoriser sa carrière, le couple a déménagé à Paris où ils ont vécu de 1916 à 1946. Federico Beltrán a participé à de nombreuses expositions à Paris, et très vite son travail a été reconnu et admiré.

Irène Narezo Frédérico Beltran Massés Irène Narezo

En 1920, la XIIe Biennale de Venise a consacré une grande salle pour montrer son travail. Cette exposition a eu un grand impact non seulement sur ​​le monde artistique de l'époque, mais aussi sur le propre travail de Beltran. Il a incorporé l'environnement vénitien dans ses portraits et fait de l'architecture et de l'eau de la ville une source symbolique d'inspiration pour ses peintures.

Frédérico Beltran Massés S.M. Alphonse XIII roi d'Espagne, La reine et le Peintre Frédérico Beltran Massés
Frédérico Beltran et Rudolf Valentino Frédérico Beltran Massés à Madrid lors d'une exposition

Beltran était un homme extrêmement affable et gentil et c'est une des raisons pour lesquelles il a si facilement gagné l'amitié et le respect de ses contemporains. Ses clients étaient ses amis. Federico Beltrán était apprécié des acteurs de l'âge d'or de Hollywood comme Charles Chaplin , Rudolph Valentino, Joan Crawford et Gloria Swanson . Dans le même temps, il a côtoyé le roi Alfonso XIII (mécène de l'artiste après avoir vu l'exposition à l'Hôtel Palace à Madrid en 1916), l'aristocratie et les magnats...

Sa renommée en tant que peintre de talent, grandement améliorée par la couverture médiatique de ses expositions, s'est propagée rapidement. La haute société souhaitait le rencontrer et être peinte par lui. Il a été le peintre de l'époque. Sa renommée ne se limitait pas à la société parisienne, mais aussi là où les aristocrates, politiciens, banquiers, écrivains et de grands artistes d'horizons différents se trouvaient.

 

  Federico_Beltrán_Masses Portrait_of_Alicia_Nikitina

Federico Beltrán avait un esprit curieux et cela a contribué à son amour des voyages qui a permis à son travail de se faire connaître à l'échelle internationale. Il a été proche des gens provenant de nombreuses parties du monde. Il a peint des aristocrates, des princes, des rois et ducs, des Maharajas exotiques et des banquiers d'affaires, des présidents de différents pays, des ambassadeurs, des représentants de la milice, des intellectuels, des écrivains, des chanteurs, des danseurs et de beaucoup acteurs. Sa renommée le précédait. En Amérique, il est rapidement devenu le peintre recherché et a rencontré la société d'Hollywood, de Los Angeles, Palm Beach et New York.

Federico Beltran y Masses, Pola Negri et Rudolph Valentino

Il a entretenu une amitié très étroite avec l'acteur Rudolf Valentino, la première grande star d'Hollywood, qu'il a peint deux fois. L'acteur est rapidement devenu l'un des plus grands admirateurs du travail de Beltran et leur amitié, avec le grand prestige qu'il avait à l'échelle internationale en tant que peintre, a fait de lui le favori de la jet-set américaine de l'époque.

 

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a débuté, le monde du glamour, et de l'argent facile a cédé la place aux restrictions et aux difficultés. Les commissions étaient moins nombreux, et Beltran est tombé malade. Il a décidé de revenir à Barcelone. Il a repris sa place dans la société catalane. Il a commencé à peindre des portraits, cette fois de personnalités éminentes de la ville qui se remettaient d'une guerre civile dure.

Federico Beltrán est décédé à Barcelone en 1949. Il n'a pas eu d'enfants. Sa femme, Irene Narezo, est décédée en 1970.

à suivre ...

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Anna de Noailles (1876-1933)

Publié le par Perceval

Anna de Noailles (1876-1933)Anna de Noailles (1876-1933)Anna de Noailles (1876-1933)

L'autre qui sera un des portraits sensationnels de l'exposition de 1900, montre assise sur un somno tendu d'un satin bleu glacé, une énigmatique femme du Premier Empire, gainée dans un fourreau de satin bleu lunaire. Le nu des bras et des épaules luit du blanc froid des nénuphars; de grands yeux étonnés, à la fois aqueux et sombres, s'irradient dans la pâleur d'un visage de nymphe, une chevelure brune la coiffe de nuit. Sa pose, avec l'eurythmie de ses deux bras écartés de sa taille, est celle d'une pythonisse attendant le dieu; ils ont ces bras frêles et froids, la courbe lente d'un cou de cygne, et, dans les luminosités bleues qui la baignent, cette femme est surtout lunaire et nocturne, elle est Hécate aux trois visages, elle est prêtresse d'Artémis en Tauride, ou la Léda de Pierre Louÿs, et cette délicieuse et sombre figure, où l'on voudrait voir une nymphe de l'Erèbe, est le portrait de la comtesse de Noailles.

Le Journal, un article de Jean Lorrain daté de Janvier 1900

La mort dit à l’homme…

Voici que vous avez assez souffert, pauvre homme,
Assez connu l’amour, le désir, le dégoût,
L’âpreté du vouloir et la torpeur des sommes,
L’orgueil d’être vivant et de pleurer debout…

Que voulez-vous savoir qui soit plus délectable
Que la douceur des jours que vous avez tenus,
Quittez le temps, quittez la maison et la table ;
Vous serez sans regret ni peur d’être venu.

J’emplirai votre coeur, vos mains et votre bouche
D’un repos si profond, si chaud et si pesant,
Que le soleil, la pluie et l’orage farouche
Ne réveilleront pas votre âme et votre sang.

- Pauvre âme, comme au jour où vous n’étiez pas née,
Vous serez pleine d’ombre et de plaisant oubli,
D’autres iront alors par les rudes journées
Pleurant aux creux des mains, des tombes et des lits.

D’autres iront en proie au douloureux vertige
Des profondes amours et du destin amer,
Et vous serez alors la sève dans les tiges,
La rose du rosier et le sel de la mer.

D’autres iront blessés de désir et de rêve
Et leurs gestes feront de la douleur dans l’air,
Mais vous ne saurez pas que le matin se lève,
Qu’il faut revivre encore, qu’il fait jour, qu’il fait clair.

Ils iront retenant leur âme qui chancelle
Et trébuchant ainsi qu’un homme pris de vin ;
– Et vous serez alors dans ma nuit éternelle,
Dans ma calme maison, dans mon jardin divin…

Anna de Noailles

Quelle séduction byzantine dans son portrait de la comtesse de Noailles dans les boucles de cheveux noirs étrécissant le front de la tête fine et impressionnable aux pommettes légèrement colorées, dans la maigreur des genoux croisés sous la jupe de soie bleu-pâle, dans la souplesse gracile du buste, dans la courbe flexible du bras frêle comme un cou de cygne, allongé nonchalamment en arrière et appuyé à peine du bout des doigts fluets sur un coussin…

La Revue Illustrée n°4 de Février 1, 1900

L’inquiet désir

Voici l’été encor, la chaleur, la clarté,
La renaissance simple et paisible des plantes,
Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,
La joie et le tourment dans l’âme rapportés.

- Voici le temps de rêve et de douce folie
Où le coeur, que l’odeur du jour vient enivrer,
Se livre au tendre ennui de toujours espérer
L’éclosion soudaine et bonne de la vie,

Le coeur monte et s’ébat dans l’air mol et fleuri.
- Mon coeur, qu’attendez-vous de la chaude journée,
Est-ce le clair réveil de l’enfance étonnée
Qui regarde, s’élance, ouvre les mains et rit ?

Est-ce l’essor naïf et bondissant des rêves
Qui se blessaient aux chocs de leur emportement,
Est-ce le goût du temps passé, du temps clément,
Où l’âme sans effort sentait monter sa sève ?

- Ah ! mon coeur, vous n’aurez plus jamais d’autre bien
Que d’espérer l’Amour et les jeux qui l’escortent,
Et vous savez pourtant le mal que vous apporte
Ce dieu tout irrité des combats dont il vient…

Anna de Noailles 

La comtesse de Noailles, à côté, est princesse grecque, venue des frises du Parthénon; et son fin visage est joliment casqué du chignon que ceint la bandelette classique. Devant tant de magie et tant de beauté, tant de souplesse exercée, ces yeux si purs, cette poitrine petite, fleurie d'un hortensia bleu, ces plis de robe menus et serrés au galbe des hanches, et toute la grâce des bras appuyés sur les coussins, je crois aux vierges de Phidias, à la splendeur de la Hellade, et voici que me reviennent en mémoire ces phrases deLa Tentation de Saint-Antoine…

La Plume, Article de G. Coquiot en 1902

A la nuit

Nuits où meurent l’azur, les bruits et les contours,
Où les vives clartés s’éteignent une à une,
Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour
Descendent mollement et dansent à la lune,

Jardin d’épais ombrage, abri des corps déments,
Grand coeur en qui tout rêve et tout désir pénètre
Pour le repos charnel ou l’assouvissement,
Nuit pleine des sommeils et des fautes de l’être,

Nuit propice aux plaisirs, à l’oubli, tour à tour,
Où dans le calme obscur l’âme s’ouvre et tressaille
Comme une fleur à qui le vent porte l’amour,
Ou bien s’abat ainsi qu’un chevreau dans la paille,

Nuit penchée au-dessus des villes et des eaux,
Toi qui regardes l’homme avec tes yeux d’étoiles,
Vois mon coeur bondissant, ivre comme un bateau,
Dont le vent rompt le mât et fait claquer la toile !

Regarde, nuit dont l’oeil argente les cailloux,
Ce coeur phosphorescent dont la vive brûlure
Éclairerait, ainsi que les yeux des hiboux,
L’heure sans clair de lune où l’ombre n’est pas sûre.

Vois mon coeur plus rompu, plus lourd et plus amer
Que le rude filet que les pêcheurs nocturnes
Lèvent, plein de poissons, d’algues et d’eau de mer
Dans la brume mouillée, agile et taciturne.

A ce coeur si rompu, si amer et si lourd,
Accorde le dormir sans songes et sans peines,
Sauve-le du regret, de l’orgueil, de l’amour,
Ô pitoyable nuit, mort brève, nuit humaine !…

Anna de Noailles

Voir aussi:

Les passions d'Anna de Noailles: ICI

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La dame de Jehay

Publié le par Perceval

Le château de Jehay se situe au sud-ouest de la ville de Liège dans la commune d'Amay.

En 1680, il devient la propriété de François van den Steen.

Guy van den Steen de Jehay, né en 1906 et mort en 1999 à Jehay, est un sculpteur belge et le dernier propriétaire privé du château de Jehay. Skieur de compétition, il représenta aussi la Belgique dans les compétitions internationales.

Après son divorce d'avec Marie-Estelle Barker, le comte se remarie le 3 août 1948 avec Moyra Butler (1920-26 mai 1959), marquise d'Ormonde, d'origine irlandaise.

Sculpteur talentueux, le comte multiplie les créations destinées à animer la propriété et les jardins, et son épouse d’origine irlandaise et descendante des Marlborough habille Jehay d’une collection rare de meubles et d’objets anglais.

Son épouse Moyra meurt le 26 mai 1959, moins de 11 ans après leur mariage. Puis, le15 avril 1985, son fils unique décède à son tour.

Le château de Jehay, cerné de douves, est identifiable à travers son curieux damier recouvrant les façades externes et les tours. Il est composé de pierres calcaires blanches placées en alternance avec des moellons en grès brun. Plus heureuses, les façades internes de ce château de style Renaissance dessiné en « L » sont en pierre calcaire. Le portail principal conduit à une cour intérieure abritant les dépendances et offrant un premier coup d’oeil sur le château, le jardin franco-italien et les premières oeuvres du propriétaire dont « La mante religieuse » et les nymphes installées sur les guirlandes d’eau en escalier de la grand allée.

L'amour du comte pour sa femme, s'exprime au cours de la visite du jardin. Au départ, ceux sont deux magnifiques statues qui gardent les deux côtés de la porte d’entrée, le comte et sa femme Moyra, elles incarnent : “Achille pleurant Patrocle” et “Innocence”. Au delà du héros de l’Iliade, le comte apparaît – humble, triste et résigné face à l’innocence 'disparue' et inaccessible...

 

 

 

 

 

Dans la cour du château, une statue étrange invite à s’approcher : “La mante religieuse”, elle porte sur ses ailes la femme, et s'appuie sur un corps d'homme ( sans tête, ou avec une tête de sauterelle ...) … ! Je vous en laisse l'interprétation ….

 

 

 

 

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La réalité et la fiction : Thiers – Rastignac -3/3-

Publié le par Perceval

Vexé d’être écarté par Louis-Philippe – suite à son refus de suivre l'avis de Thiers en politique étrangère- , il ne lui vient pas en aide lors de la révolution de 1848. Désormais membre de l’opposition, Thiers appuie la candidature de Napoléon III à la présidence.

 

* Atteint de crises cardiaques successives, d'étouffements et de bronchites, Balzac meurt le 18 août 1850, peu de temps après avoir épousé Eve Hanska. 
 

Mais Thiers s’oppose au coup d’Etat de Napoléon III, le 2 décembre 1851 et son arrestation est ordonnée. Il fuit alors en Suisse avant de revenir dans les années 1860. Il est élu député de Paris en 1863.

La santé de Mme Dosne se met brusquement à décliner et elle s'éteint en 1869 ... La douleur de Thiers est immense

Maintenant âgée de quarante-six ans, Félicie, qui n'a pas voulu quitter l'homme qu'elle admire le plus, et qui est sa maîtresse, est plus que jamais indispensable à Monsieur Thiers, plus sans doute qu' Elise. 

Lors de la chute de l’Empire au début des années 1870, Thiers est chargé de trouver des appuis et des alliés pour poursuivre la guerre contre la Prusse, sans succès. L’armistice est signé le 28 janvier 1871. Thiers est alors élu « chef du pouvoir exécutif de la République française » le 17 février 1871 par l’Assemblée nationale. La crainte de voir revenir la monarchie entraîne un soulèvement connu sous le nom de « la Commune de Paris » le 18 mars. Thiers organise une répression sanglante et envoie notamment le général Mac-Mahon contre les communards. …

Le 31 août, l'Assemblée nationale vote la loi qui donne à Thiers officiellement le titre de "président de la République". L'ambition de sa vie est remplie. Elise devient la première dame de France mais, pimbêche et vieux jeu, n'attire que des hommages de circonstance. Ceux que reçoit Félicie " la demoiselle d'Etat", aimable et plus élégante, sont sincères.

  • 1872 : Démission de Thiers le 24 mai ; Mac-Mahon devient président de la République.

  • 1877 : Mort de Thiers le 3 septembre à Saint-Germain-en-Laye. Obsèques le 8 septembre à Paris .

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La dame de Shanghai

Publié le par Perceval

Rita Hayworth, atteint son apogée de star avec le film Gilda (1946) de Charles Vidor.

Alors qu’ils sont en instance de divorce, Orson Welles lui offre, comme un cadeau de rupture, son meilleur film, La Dame de Shanghai.

Je viens de revoir ''La Dame de Shanghai '' (1947) un film de Orson Welles avec Rita Hayworth et Orson Welles...

Un film 'décalé' ( pas seulement parce qu'il est de 1947...) et envoûtant...

Plus qu'une histoire, il s'agit d'une atmosphère, d'un cauchemar... Chaque plan porte une charge d’insolite, de jeu entre les apparences trompeuses et la réalité.

Ce film est un jeu sur l'image et l'univers possible que l'on peut créer avec des images : de la fiction, de la romance, du rêve d'un monde sans rêve, de la réalisation de la beauté comme promesse. On se rend compte de la nature fascinante, magique et mythique, de l'image cinématographique, capable de métamorphoser la beauté, en apparence démoniaque et fatale...

Dans le palais des mirages, à la fin du film, images et réalité s'auto-détruisent... Ainsi ce film, démontre la force mythique, et ici le mensonge et l'artifice de l'image de la Femme : fascinante, séductrice, fatale … L'œuvre crée à la fois la belle apparence et en conjure la magie : la belle apparence est mortelle...

En ce qui concerne l'histoire, dès le départ le personnage d'Elsa 'Rosalie' Bannister est bordé de mystère, on ne sait pas trop ce qu'elle fait seule dans la calèche en pleine nuit, au beau milieu de Central Park. Welles la présente comme une tentatrice fatale, il fait jouer les couleurs... Elle apparaît dans la nuit noire, resplendissante, vêtue de blanc, on ne voit qu'elle... Tout y est, regards, sourires, beauté perfide et captivante. Rapidement, Michael O’Hara ( O. Welles ) n'est pas en mesure de résister aux provocations d'Elsa et lorsqu'elle lui propose de la suivre dans le yacht de son mari, Arthur Bannister (Peter Sloane), il accepte juste pour la revoir.

Le mari ( Bannister) insiste lui-même pour que qu’O’Hara vienne avec eux en croisière... !

Pendant le voyage, Michael fait la connaissance de l’associé du mari, l’ignoble George Grisby (Glenn Anders), personnage repoussant: voyeuriste, suintant, mesquin, vicieux et sympathisant d’extrême-droite. O’Hara pénètre ainsi un univers qui le répugne, peuplé d’individus morbides qui se haïssent mais qui restent pourtant inséparables.

En les approchant, O’Hara entre dans leur jeu : on n’échappe pas au désir de l’autre. C’est alors que Grisby fait une étrange proposition à Michael : accepter d’endosser la responsabilité de son propre meurtre contre 5000 dollars. Avec l’argent, O’Hara pourrait convaincre Rosaleen de le suivre et de quitter son mari. Il accepte, et tombe ainsi dans une sombre machination...

Il y a l'amour de Michael, amoureux de Rosalie, ou plutôt de son image, de ce qu’elle incarne par la façon dont il l’idéalise et qui devient un pantin pathétique, profondément meurtri, dont le cynisme apparent cache une souffrance réelle. L'amour de Grisby fait de désir physique et de haine de Bannister... Et, Rosalie, à force d’être aimée de tous, elle ne peut aimer personne. Elle joue de l'amour qui devient pervers... Cette relation n'est plus qu'un jeu d’identification où les uns se définissent par rapport aux autres comme l’explicite la scène des miroirs. « Te tuer c’est me tuer moi-même, c’est la même chose » dit Bannister à sa femme avant leur fusillade. Ce qui se brise, aussi, avec les miroirs c’est l’image de Rosaleen, l’image qu’en avait Michael, son idéalisation.

Le dialogue renvoie à l’histoire de ''la grenouille et du scorpion'' de Mr Arkadin ( autre film de O. Welles) . Que l’on soit grenouille comme O’Hara ou scorpion comme Rosaleen, s’est toujours par un consentement mutuelle que l’un pique l’autre.

Welles filme le désir entre Michael et Elsa, le malaise (gros plans sur les visages masculins dégoulinant de sueurs) et enfin le malheur sur la scène finale, (plans rapprochés sur les visages des époux qui s'entretuent).

La Dame de Shanghai est un film qui ne ménage pas le spectateur. La star de l'époque Rita Hayworth, de splendide femme rousse devient ici une froide blonde calculatrice, qui meurt lamentablement et dans l’indifférence du héros. L’intrigue, elle-même déroute, semble incompréhensible, et finalement Welles la relègue au second plan au profit d’une mise en abyme des rapports aliénants des personnages. Enfin, la conception narrative du cinéma classique est bousculée par la modernité du récit orienté vers l’abstraction et la métaphysique.


La Grenouille et le scorpion

Un jour, sur le rivage d’un étang, un scorpion pensif rêvait de se promener sur l’autre rive, mais il ne savait pas nager. Au loin, il aperçut une grenouille, il l’appela et lui demanda :

– « Bonjour, Grenouille, je voudrais traverser cet étang mais je ne sais pas nager. Pourrais-tu m’aider ? » – « Oui, je veux bien mais comment le pourrais-je ? », lui répondit la grenouille surprise. – « Porte-moi sur ton dos jusqu’à l’autre berge », lui dit le Scorpion. – « Certainement pas. Si je le faisais, tu me piquerais et je mourrais », répondit la Grenouille. – « Mais pas du tout, je ne te piquerais pas car sinon tu coulerais et je coulerais avec toi», lui rétorqua le Scorpion – « C’est vrai. Tu as raison. Alors d’accord! », lui répondit la Grenouille, convaincue et rassurée.

Le Scorpion monte sur le dos de la grenouille. Celle-ci commence à nager en direction de l’autre berge. Mais au milieu de l’étang, le Scorpion relève sa queue et pique la grenouille qui se paralyse et coule.

– « Je vais mourir et tu m’avais pourtant promis que tu ne me piquerais pas. Tu vas mourir également, d’ailleurs, puisque tu ne sais pas nager », s’exclama la grenouille. « Je sais, Grenouille, mais vois-tu, c’est dans ma nature… Je n’ai pas pu m’en empêcher », conclut le scorpion.

Et la Grenouille et le Scorpion sombrèrent dans les eaux profondes de l’étang.

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La réalité et la fiction : Thiers – Rastignac -2/3-

Publié le par Perceval

Avec le républicain Armand Carrel, son ancien condisciple et ami François-Auguste Mignet et le libraire éditeur Auguste Sautelet, Thiers fonde, au tout début de 1830, un journal d’opposition au régime de Charles X, Le National, dans lequel il développe ses conceptions politiques.

  • 1830-1840 : Élu député d'Aix-en-Provence (sera réélu jusqu'en 1848).

Lors des Trois Glorieuses (1830), il est de ceux qui poussent Louis-Philippe d’Orléans à prendre le pouvoir.

Après la mort de Casimir Perier, Thiers entre, le 11 octobre 1832, dans le premier ministère Soult au poste-clé, en ces temps troublés, de ministre de l'Intérieur. Avec Guizot et le duc de Broglie, il forme une triade de « talents supérieurs » qui domine le ministère.

 

* Après avoir longuement correspondu avec Eve Hanska, Balzac la rencontre en septembre 1833 et devient son amant.
  • 1833 : Thiers est élu à l'Académie française.

    Elise Dosne ( ep Thiers)

    En novembre 1833, A. Thiers épouse Élise Dosne ( elle a 15 ans, et lui 36 …!) la fille aînée de sa maîtresse. Balzac fait une référence caustique à ce mariage dans La Maison Nucingen en écrivant : « Après quinze ans de liaison continue et, après avoir essayé son gendre, la baronne Delphine de Nucingen avait marié sa fille à Rastignac. » Ce mariage lui apporte une très grande fortune, mais ne lui donne aucune position sociale solide. Élise apporte en dot un hôtel particulier situé place Saint-Georges, qui abrite aujourd'hui la fondation Dosne-Thiers.

Selon la rumeur des salons, leur mariage sera longtemps platonique. Elise est jolie fille mais elle est boudeuse comme une enfant gâtée. Thiers la délaisse au profit de son plus proche collaborateur, le comte Roger du Nord, qui en fait sa maîtresse. 

À cette époque, Thiers plaît à Louis-Philippe, qu’il sait divertir et flatter. Il est nommé au ministère de l’Intérieur.

Thiers évolue vers le centre gauche, puis vers la gauche. Cette évolution est encouragée par le roi, qui cherche à le détacher de ses amis doctrinaires Guizot et Broglie pour mieux affirmer son propre pouvoir. Après que la Chambre des députés a renversé le ministère Broglie, Louis-Philippe nomme Thiers président du Conseil du 22 février 1836 au 6 septembre 1836.

 

1838- 1839, dans Le Député d'Arcis, Rastignac épouse en 1839 la fille de Delphine et du baron de Nucingen. Delphine est enfin reçue chez la marquise d'Espard, reine de Paris.
Rastignac est pour la seconde fois ministre, il vient d’être fait comte et suit les traces de Nucingen.
* Pour pouvoir rembourser toutes ses dettes Balzac devient journaliste dans La Silhouette, La Caricature mais aussi La Chronique de Paris en 1836. A partir de cette date, la plupart des romans de Balzac furent d'abord publiés en feuilleton avant d'être édités en volume. Dès lors, il ne vécut que pour la littérature et à un rythme de forcené.
 
* En 1842, pour la première fois, une édition de La Comédie Humaine apparaît de façon complète. C'est alors que l'œuvre ne cesse de s'enrichir. 
 
A suivre ... 

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La réalité et la fiction : Thiers – Rastignac -1/3-

Publié le par Perceval

Adolphe Thiers, né le 15 avril 1797 près de Marseille et mort le 3 septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye, est un avocat,journaliste, historien et homme d’État français.

Eugène de Rastignac est un personnage romanesque d'Honoré de Balzac. Il est 'né' en 1797, à Angoulême. Il s'installe à Paris pour suivre des études de droit.
* Balzac est né à Tours en 1799. Le 4 novembre 1816, il s’inscrit en droit 

Ses études terminées, Thiers est admis brillamment au barreau en 1818. Las de ne pouvoir s'imposer comme il le souhaiterait, Thiers envisage de s'installer à Paris, seule ville selon lui où il pourra assouvir ses ambitions. Thiers arrive à Paris en diligence le 25 septembre 1821, une semaine après son départ.

Des lettres de recommandation lui permettent de trouver grâce au duc de La Rochefoucauld-Liancourt un poste de secrétaire à 1500 francs l'an...

  • 1823-1828 : Thiers écrit son Histoire de la Révolution française.

Rastignac, jeune étudiant de 21 ans, confronté au cynisme des
(dont Vautrin) et aux duperies des autres, devient amant de Delphine de Nucingen. Après la mort du père Goriot, il pousse son célèbre cri "A nous deux maintenant !"
Delphine est toujours à la recherche d’argent. Elle vient arracher à son père ( Goriot) les derniers deniers du vieillard
* Balzac et Laure de Berny deviennent amants en 1822 alors que Balzac a à peine 23 ans, et Laure, presque 45ans... C’est une femme bien placée, son mari est conseiller à la cour... Le jeune Balzac est précepteur de ses filles...

À la recherche de nouveaux protecteurs, Thiers fait la connaissance de Jacques-Antoine Manuel, député provençal d'extrême gauche, qui l'introduit auprès du banquier Jacques Laffitte ; il rencontre également Étienne, l'un des dirigeants du journal Le Constitutionnel, qui va l'appeler à la rédaction. En se tournant vers le journalisme, Thiers espère exercer une profession plus prometteuse en termes d'influence et financièrement plus juteuse que celle d'avocat

1821 : Grâce à Delphine, Rastignac a réussi à faire son chemin dans la haute société.
1824 :dans le Bal de Sceaux, elle fait de Rastignac un banquier. Rastignac s’associe au baron de Nucingen dans les affaires.
* En 1825, Balzac a "l'honneur" de devenir l'amant de Laure Junot, duchesse d’Abrantès, qu'il considère comme l'une des anciennes gloires de l'Empire, veuve du général Junot...
* En 1826, Balzac se fait éditeur puis imprimeur et contracte un grand nombre de dettes 

En 1827, Adolphe Thiers se lie d'amitié avec la famille Dosne. Alexis Dosne est un riche agent de change. Thiers est très vite l'amant de la maîtresse de maison, Eurydice (elle a alors 32 ans et lui 30).

Deux rencontres marqueront un tournant dans la vie de Thiers : celle de Rémusat (avec qui il réanimera La France chrétienne) et celle de Talleyrand.

1828 : Rastignac a commencé à profiter aux côtés de Nucingen, il a déjà quatorze mille livres de rente, a doté et marié ses sœurs et songe à quitter Delphine au profit d’une marquise fortunée, la marquise d'Espard. Reste fidèle aux mercredis de Célestine Rabourdin, salon où il retrouve Lucien de Rubempré, Horace Bianchon, et un certain nombre d'intellectuels parisiens.
* Balzac s'éprend de la marquise de Castries, qui se joue de lui, le traîne à sa remorque à Aix-les-Bains et à Genève en 1832, puis l'abandonne sèchement. Il s'en vengera en écrivant La Duchesse de Langeais (1833)...
* En 1832, Balzac annonce à une mystérieuse correspondante du nom de la comtesse Eve Hanska l'œuvre ''Eugénie Grandet''.
 

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L'Art d'aimer au Moyen-Age- 2/2 -

Publié le par Perceval

Le Roman de la Rose.
Le Roman de la Rose.
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Le Roman de la Rose.
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Le Roman de la Rose.
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Le Roman de la Rose.

L'Art d'aimer au Moyen-Age- 2/2 -
L'Art d'aimer au Moyen-Age- 2/2 -
L'Art d'aimer au Moyen-Age- 2/2 -
L'Art d'aimer au Moyen-Age- 2/2 -

L'art d'aimer au Moyen-âge, c'est plus que les arts d'aimer d'Ovide ; Ovide infiniment copié, imité , traduit à cette époque... Le Moyen-âge s'est fait de l'amour une idée originale et neuve. Il a lié l'amour et la poésie, et a pris au sérieux le désir, au point d'y voir, par la médiation de l'art littéraire, la clé de toute révélation de soi et le moteur de tout dépassement de soi.

Dans les dernières années du XIe siècle apparaissent des formes littéraires originales, promises à un développement rapide et spectaculaire : la chanson de geste en langue d’oïl, la poésie lyrique et amoureuse des troubadours en langue d'oc.

 

Les troubadours proposent un art d'aimer : la fin'amor, l'amour affiné, parfait, épuré, non pas dans le sens qu'il serait platonique, mais comme un métal en fusion qui coule du creuset, pur de tout alliage et de toute scorie. C'est cet amour que nous appelons communément aujourd'hui l'amour courtois, l'amour tel qu'il se pratique dans le milieu raffiné des cours.

On a souligné la parenté formelle qui unit les chansons de Guillaume IX aux genres poétiques cultivés par les arabes de l’Espagne andalouse, l'amour courtois et l'amour odhrite des poètes arabes...

L'art d'aimer médiéval découle de l'effort pour faire vivre le désir, pour lui éviter la satiété comme le désespoir...

En effet : L'amour est par nature paradoxal et contradictoire. L'amour c'est le désir. Le désir désire son assouvissement. Assouvi, il meurt. La nature du désir est de désirer la mort. Et s'il désire vivre sa vie de désir, il désire la frustration, non la satisfaction...

André le Chapelain, a écrit au XIIe siècle un traité intitulé ordinairement De Amore, et souvent traduit, de façon quelque peu fautive, Traité de l'Amour courtois... De Amore a été écrit à la demande de Marie de France, fille du roi Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine.

Dans la seconde partie du traité, « Comment maintenir l'amour ? », l’auteur expose 21 « jugements d’amour » qui auraient été prononcés par certaines des plus grandes dames du royaume de France : sept de ces jugements sont attribués à Marie de France, comtesse de Champagne, trois à sa mère, Aliénor d'Aquitaine, trois autres à sa belle-sœur, la reine de France Adèle de Champagne, deux à sa cousine germaine, Élisabeth de Vermandois, comtesse de Flandre, un à l'« assemblée des dames de Gascogne » et cinq à Ermengarde de Narbonne (jugements 8, 9, 10, 11 et 15), qui est la seule dame nommément désignée par l'auteur qui ne soit pas apparentée aux autres. En dépit du caractère probablement fictif de ces jugements, ils attestent de la renommée acquise par Ermengarde dans le domaine de l’amour courtois, même dans l’ère culturelle de la langue d'oïl.

Sources : L'Art d'aimer au Moyen-âge - Michel Zink

Voir aussi, ICI, La-femme-convoitée-et-l'amour-courtois

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L'Art d'aimer au Moyen-Age- 1/2 -

Publié le par Perceval

L'Art d'aimer au Moyen-Age- 1/2 -

 

« Apprenons l'art d'aimer, de plaire tour à tour. Ne cherchons en un mot que l'amour dans l'amour... » Lettre d’Héloïse à Abélard.

 

 

L'espèce humaine est la première à inscrire les relations entre les sexes dans une conception globale du monde. Elle fait même de ''l'amour'' et de ses interdits un des fondements majeurs des premières civilisations...

Pour les premiers humains, la femme est accueil, lieu de ressourcement ; l'homme est puissance et mouvement ; la femme est ''terre'', l'homme est ''ciel'', disent les peuples des débuts. La femme a un projet de vie : la transmettre. L'homme a un projet de conquête, par peur de la mort. Les hommes ont peur des femmes qui, en leur donnant la vie, leur donnent du même coup la mort.

A partir du XIe siècle, alors que dans le reste du monde diminue encore très largement la polygamie, au moins pour les maîtres, l'ordre social commence à se réinstaller assez solidement en occident et à imposer la monogamie.

En 1074, au concile de Rome, le pape Grégoire VII continue d'interdire aux prêtres de convoler. Pour lui, la femme reste la tentatrice, et la sexualité un symbole du péché...

Cependant, du fait des guerres et des croisades, les femmes prennent de l'assurance, tiennent parfois la place du 'seigneur'... Le mariage devient une forme de vie théologiquement acceptable : en 1123, le premier concile de Latran affirme que l’accès à la béatitude céleste n'est point réservée aux vierges, qu'il est permis entre époux. En matière sexuelle, l’Église a le plus grand mal à imposer ses règles, en particulier interdire aux prêtres de vivre avec des concubines ...

En ce XIIe siècle, se créent des assemblées souvent féminines, dites cours d'amour, où l'on devise sur l'amour : venu de Byzance et des pays de culture grecque, Eros réapparaît sous la forme d'un coup de foudre meurtrier. Dans ce cours, le jour de la Saint-Valentin ( lequel devient à ce moment le 'patron' des amoureux), les seigneurs chantent et complimentent dames et demoiselles. Des chartes établissent les nombreuses règles...

Une des premières vois de femmes s'exprime, vers 1160, Marie de France écrit : « Ni vous sans moi, ni moi sans vous », dans son Lai du chèvrefeuille. Dans la première partie du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris, vers 1235, une jeune femme attire un jeune homme près d'une fontaine du jardin de Déduit où Eros lui décoche une flèche en plein cœur.

Inspirés par les pratiques et les lectures d'Arabie, d'Inde, ainsi que des classiques grecs et latins, les croisés réimportent l'érotisme et l'amour en Europe.

L'Eglise continue de tenter d'endiguer l'amour, qu'il soit réel ou courtois. Elle se résigne néanmoins au XIIIe s., à ce que les conjoints s'aiment. En 1204, Innocent III proclame que le mariage est l'un des sept sacrements, mais les théologiens disputent toujours sur la nature de ce sacrement.

Sources : Amours de Jacques Attali.

Les illustrations proviennent de différentes éditions du '' Roman de la Rose''

Le Roman de la Rose est une des oeuvres importantes de la littérature médiévale française. Il comporte deux parties.

La première partie fût écrite par Guillaume de Lorris, vers 1237.

Le poète a la vision, dans un songe de son destin amoureux. Il accède au verger de déduit (plaisir) où il est séduit par une rose merveilleuse. En effet, au milieu d'un verger paradisiaque, il découvre dans la fontaine de narcisse, miroir magique, un buisson de roses.. Fasciné par un bouton de rose, il en tombe amoureux. Ce récit, qui s 'inspire de l'Art d'Aimer d'Ovide, raconte la cour du poète à son aimée et ses tentatives de pénétrer dans le jardin. Les aventures du narrateur sont un parcours initiatique, semé d'embûches qui sont autant d'épreuves nécessaires à l'accomplissement du parfait amant. Tous les thèmes courtois destinés à enchanter le lecteur sont représentés (vertu, jalousie, danger). Malheureusement, le poème reste inachevé.

Quarante ans plus tard, Jean de Meung, ajoute 17000 vers à la première partie. Il ne s'agit plus là, de sublimation de l'amour, mais d'une critique de la femme et d'une satire du mariage. Cette deuxième partie a provoqué en son temps, de nombreuses polémiques sur la vision de la femme. Christine de Pisan, s'en est insurgée, en particulier ce qu'elle nomme contre le caractère obscène du récit.

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