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Articles avec #arts visuels tag

Gothic - Fantasy - Art

Publié le par Perceval

Arantza Sestayo, est une illustratrice espagnole.

Son travail d'illustration évoque souvent une ambiance gothique et fantasy, avec une image de la femme sensuelle et ténébreuse...

Dans sa première compilation, Baisers maudits, on y trouve une série magnifique sur le monde des vampires et de la Fantasy.

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Victoria Francés est une artiste peintre née à Valence, en Espagne, le 25 octobre 1982. Elle est diplômée de la Facultad de Bellas Artes de San Carlos de l'Université polytechnique de Valence, Espagne.

Citant volontiers des auteurs tels qu'Edgar Allan Poe, Anne Rice et H. P. Lovecraft, et des illustrateurs tels que Brian Froud et Arthur Rackham dans la liste de ses influences, son travail est fortement inspiré par le fantastique et l'univers gothique. Ainsi, évoluant dans des environnements lugubres, vampires, succubes ou simplement jeunes femmes spectrales vêtues de robes traditionnelles sont le genre de personnages que l'on retrouve souvent dans ses œuvres.

Victoria Francés a illustré plusieurs livres et plusieurs posters. Son art peut aussi être admiré dans des calendriers édités de 2006 à 2009.

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Julia Fullerton-Batten, The Act.

Publié le par Perceval

Julia Fullerton-Batten est née en Allemagne, elle a grandit aux États-Unis et en Allemagne. Elle déménage en Angleterre à l'âge de 16 ans. Depuis, elle voyage partout dans le monde. Après avoir étudié la photographie, elle travaille pour Vogue magazine à Londres où elle participe à des shooting avec des photographes de mode reconnus.

* Ce projet de la photographe Julia Fullerton-Batten, The Act, capture des images de femmes qui ''travaillent'' dans l'industrie du sexe au Royaume-Uni. Elle les interview puis les met en scène sur une scène de théâtre et leur permet ainsi -dit-elle- de raconter leurs propres histoires.

Cette activité est en fait très diversifiée ; il y a de plus en plus de manière de vivre et travailler par le sexe ; et elle reste très stigmatisée, ce que toutes ces femmes regrettent...

Julia Fullerton-Batten a exploré les raisons de leur choix... Après une année d’essais, Julia Fullerton-Batten a choisi quinze modèles, dont certaines avaient reçu une bonne éducation et possédaient des diplômes universitaires. Parmi elles, se trouvent des acrobates, une strip-teaseuse de ping-pong, une dominatrice, une escort girl, et des stars du web et du porno.

Ces photos – par une mise en scène théâtrale - expriment la manière dont ses femmes se voient, et soulignent “leur acte”. Toutes, raconte Julia Fullerson, vivent leur vie comme sur une scène. Elles sont fières de leur corps, et utilisent leur apparence pour générer un revenu.

L'éclairage, l'esthétique de l'image veut suggérer une interprétation énigmatique de cet acte. La sexualité reste un continent obscur... « J'ai évité une représentation sexuellement explicite. Les images se veulent sexy et provocantes, mais aussi ludiques. »

« Le rôle des femmes dans l'industrie du sexe est fortement débattu: certaines féministes affirment que le travail sexuel devrait être aboli, d'autres prétendent qu'il contribue à la liberté de choix de la femme, quant au travail dans lequel elle s'engage. »

« Bien que ce ne soit pas un choix de carrière que je ferais ... Je suis admiratrice de ces 15 femmes », explique Julia. « Elles sont honnêtes envers elles-mêmes et présentent un degré élevé de respect de soi. Je laisserai à leur histoire le dernier mot derrière cette expérience qui pour moi fut extraordinaire. »

Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
Julia Fullerton-Batten, The Act.
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Eser Afacan: féminité

Publié le par Perceval

Eser Afacan est né en 1953, il est artiste peintre et sculpteur turc. Son père, également un artiste, est assyrien, tandis que sa mère est d'origine grecque. 
Afacan a commencé à dessiner à un jeune âge. Il a étudié à Manchester, en Angleterre avant de passer à la Norvège en 1978 pour étudier les mathématiques et la physique à l'Université de Bergen. En tant qu'étudiant, il a rencontré l' artiste norvégien Odd Nerdrum, avec qui il a travaillé par la suite. 
A partir de 1986, Afacan expose son travail dans de nombreux pays (Norvège, Turquie, USA, Canada). Sa technique de peinture utilise peintures à l'huile pour créer une couche transparente sur des couches de base...

Après avoir vécu entre l' Angleterre et la Norvège jusqu'en 1985, il a déménagé aux États-Unis avant d' émigrer au Canada en 2003, et s'installer avec sa famille à Kingston, en Ontario.

Ces deux tableaux expose des féminités opposées et complémentaires ...

Eser Afacan: féminité
Eser Afacan: féminité

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Edina Altara et le paquebot Rex

Publié le par Perceval

En 1932, Edina Altara ( 1898-1983) illustre la brochure destinée à annoncer ''le Rex'' - le plus grand paquebot italien de son temps (et jusqu'en 1991), construit par le chantier naval Ansaldo à Sestri Ponente. Le paquebot est en présence du roi Victor Emmanuel III, le 1er Août, 1931. L'objectif de la brochure et donc de l'artiste sarde est de séduire la classe riche de l'Italie fasciste.

Ce travail est réalisé avec son mari Vittorio Accornero : elle dessine les personnages et lui les décors...

 

Edina Altara et Vittorio Accornero de Testa se marient en 1922 et s'installent dans un premier temps à Casale Monferrato puis déménagent à Milan.

Dessinateur déjà confirmé, connu sous le pseudonyme de Victor Max Ninon, Accornero est le représentant typique d'une illustration conventionnelle et élégante, selon les formes d'un art Déco plutôt impersonnel. Quand le couple commence de travailler ensemble, ils signent « Edina et Ninon ». L'accent original d'Edina Altara tend à se ''mimétiser'' jusqu'à disparaître derrière le professionnalisme correct de son époux...

Edina Altara et le paquebot Rex

Le 27 septembre 1932, le Rex lève l'ancre depuis Gênes pour le voyage d'inauguration à New York et toute l'Italie est en fête.

Ce bateau, le plus grand transatlantique jamais lancé par l'Italie, devient une icône nationale : il est le sommet de la technologie de son époque, il doit étonner et se distinguer des grands bateaux étrangers et des transatlantiques classiques qui se côtoient à New York. C'est un bateau à la conception nouvelle, pensée pour un nouveau passager, le touriste, qui voyage par plaisir et non par nécessité. Il offre de grands espaces constellés de parasols, chaises longues et petites tables, deux grandes piscines découvertes, des bars-vérandas, des terrains de badminton et de tennis, des salons, une salle de lecture, entre autres.

Dans son film Amarcord (1973), Federico Fellini rend hommage au Rex en faisant émerger de la nuit la silhouette du bateau tout illuminé...

 

Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex

La brochure comporte trente-six pages de grand format. La couverture représente les armoiries du bateau surmontées d'une couronne couleur or de la maison de Savoie. L'impression de la brochure fut réalisée par les Officines d'arts graphiques Richter & Co. de Naples. Diverses librairies anciennes et de très nombreux hôtels des ventes ont vendu des copies de ce livret dans le monde entier.

Edina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot Rex

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De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas

Publié le par Perceval

Quelques images de La Bible de Wenceslas : manuscrit enluminé composé entre 1390 et 1400 à Prague et conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne à Vienne.

 

Cette Bible illustrée écrite en allemand a été commandée pour le roi Wenceslas IV de Bohême.

Elle est illustrée de 654 miniatures dorées en partie représentant des scènes bibliques, mais aussi des représentations de la vie de tous les jours au Moyen-Âge ; avec des personnages vêtus à la mode de la fin du XIVe siècle.

 

Le roi Wenceslas IV était un bibliophile passionné.

Venceslas IV (1361-1419) était le fils et l'héritier de l’empereur du Saint Empire Charles IV. 

Lettrine - le roi Wenceslas IV et la reine Sophie

 

Venceslas est le fils de l'empereur Charles IV et d'Anne de Schweidnitz ; il est couronné roi de Bohême dès le 15 juin1363. Élu à l'unanimité roi de Germanie le 10 juin1376 à Francfort, il est couronné le 6 juillet à Aix-la Chapelle. À l'âge de 17 ans, il succède à son père à la tête de l'Empire bien qu'il ne soit jamais formellement couronné « empereur des Romains » par le pape.

Alors qu’il n’a que quelques mois, on le fiance à la fille de Frédéric V de Nuremberg. Mais ce ne seront pas ses seules fiançailles. En quelques années, elles se succèdent ; d’abord avec la nièce du roi de Hongrie, puis avec la fille des Hohenzollern, et c’est finalement avec Jeanne de Bavière (1356-1386) que le petit Venceslas, alors âgé de sept ans, se marie. Venceslas, cadet de Charles IV, un grand homme, a beau recevoir une éducation de première classe, il n'en devient pas moins un homme névrosé et indécis...

En 1389, il épouse Sophie de Bavière (1376-1425) fille de Jean II de Bavière et de Catherine de Goritz.

 

Venceslas était doté de quelques qualités incontestables, mais il n’était cependant pas capable de faire face à la résistance systématique, et se réfugie donc dans la beuverie et la chasse. Petit à petit, le pouvoir passe aux mains des favoris de Venceslas, qui appartenaient à la basse noblesse, principalement en raison des désaccords de plus en plus fréquents entre Venceslas et la haute noblesse ainsi qu’avec l’archevêque Jan de Jenštejn.

En 1306, le roi devient le captif de la noblesse locale et accepte leurs conditions en échange de sa libération. En 1400, il est démis du trône du Saint-Empire romain. Plus tard, le roi est mis en prison par son frère Sigismond, affaiblissant désormais le pouvoir du titre royal.

De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas
De la beauté, sinon rien ... La Bible de Wenceslas

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Kristina Gehrmann - Illustratrice

Publié le par Perceval

Kristina Gehrmann - Illustratrice

Ci-dessous des œuvres de l'illustratrice allemande Kristina Gehrmann ( née en 1989). Elle vit et travaille à Hambourg et Meerbusch, en Allemagne. Elle est pratiquement ''sourde'' depuis sa naissance..

Elle met l'accent sur des sujets historiques et fantastiques. Elle travaille en dessinant surtout des couvertures de livres ou des illustrations pour les livres, des livres pour enfants et des cartes de jeux pour les clients en Allemagne et à l'extérieur. Ses clients sont pour la plupart des grandes et petites entreprises d'édition et des éditeurs personnels.

Elle peint numériquement avec une tablette graphique. Ses outils préférés sont une tablette Wacom et Photoshop...

Retro Self Portrait by Kristina Gehrmann

Retro Self Portrait by Kristina Gehrmann

Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
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Le ''voyage à Cythère''

Publié le par Perceval

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

Sur la toile de jeunes couples sont sur l’île de Cythère (où Aphrodite est née). Ils y font un pèlerinage afin de rendre hommage à la déesse de l’amour, Aphrodite, dont on aperçoit la statue à gauche.

Le tableau symbolise le style de vie indolent de l’aristocratie et il décrit les différentes étapes de l’amour : des couples, très amoureux, assis près de la statue, aux couples, qui semblent plus timides et qui se dirigent vers le bateau.

Grâce au succès du tableau, Watteau en fait deux versions et sur la deuxième, le peintre y ajoute de nombreux ''putti'' ( angelots nus et ailés )...

Le ''voyage à Cythère''

Dans la fable de La Fontaine « Les deux pigeons » : '' servir sous le fils de Cythère '' est synonyme d’'' être amoureux ''

« J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors

Contre le Louvre et ses trésors,

Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux

Honorés par les pas, éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui, sous le fils de Cythère,

Je servis, engagé par mes premiers serments »

 

Un certain nombre d’expressions où entre le nom de Cythère renvoie aux plaisirs de l’amour...

L’île protège les amants et les isole du monde dans un cadre enchanteur propice aux ébats amoureux. L’île permet la création d’un royaume à part, comme le suggère la Carte du Royaume d’amour en l’isle de Cythère

 

Jean-Baptiste Joseph Willart de Grécourt , intitulée « L’île de Cythère »

( …) Point de nouvel édit

Dans l’île de Cythère ;

La seule loi qu’on suit

N’ordonne que de faire

L’amour La nuit et le jour.

 

''Partir pour Cythère » ( ou '' faire un pèlerinage à Cythère '') devient ainsi une métaphore érotique...

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La Fin des Livres

Publié le par Perceval

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

''La fin des Livres'' est un texte de 1894, publié dans les Contes pour les Bibliophiles, et illustré par Albert Robida (1848-1926).

Ce texte d'anticipation, est de Octave Uzanne (1852-1931) . Et, Uzanne avait vu juste, en partie. Le sonore, le visuel a pris le pas sur l'imprimé sur papier... !

Uzanne par Robida (1888)

Octave Uzanne est un bibliophile de grande réputation, il est aussi journaliste et essayiste. Il est connu également pour les ''études'' qu'il a fait des femmes :  Son Altesse la Femme (1885), "La Française du siècle" (1886), "La Femme et la mode", "Métamorphoses de la Parisienne de 1792 à 1892", "Tableau des moeurs et usages aux principales époques de notre ère républicaine" (1892), "La Femme à Paris", "Nos contemporaines", "Notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions" (1894), Les Modes de Paris. Variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897  (1898), "Études de sociologie féminine", "Parisiennes de ce temps, en leurs divers milieux, états et conditions", "Études pour servir à l'histoire des femmes, de la société, de la galanterie française, des moeurs contemporaines et de l'égoïsme masculin" (1910).

« Eh bien! mon cher bibliophile (...) ne nous direz-vous pas ce qu’il adviendra des lettres, des littérateurs et des livres d’ici quelque cent ans ? »

( …) l’imprimerie qui, à dater de 1436, régna si despotiquement sur nos esprits, me semble menacée de mort, à mon avis, par les divers enregistreurs du son qui ont été récemment découverts et qui peu à peu vont largement se perfectionner.

<-- Robida et Uzanne, agenouillés et présentant leur ouvrage à deux haultes personnes, à la façon des livres enluminés du moyen-âge.

( …) « Je me base sur cette constatation indéniable que l’homme de loisir repousse chaque jour davantage la fatigue et qu’il recherche avidement ce qu’il appelle le confortable, c’est-à-dire toutes les occasions de ménager autant que possible la dépense et le jeu de ses organes. Vous admettrez bien avec moi que la lecture, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, amène vivement une grande lassitude, car non seulement elle exige de notre cerveau une attention soutenue qui consomme une forte partie de nos phosphates cérébraux, mais encore elle ploie notre corps en diverses attitudes lassantes. Elle nous force, si nous lisons un de vos grands journaux, format du Times, à déployer une certaine habileté dans l’art de retourner et de plier les feuilles; elle surmène nos muscles tenseurs, si nous tenons le papier largement ouvert; enfin, si c’est au livre que nous nous adressons, la nécessité de couper les feuillets, de les chasser tour à tour l’un sur l’autre produit, par menus heurts successifs, un énervement très troublant à la longue.

La Fin des Livres

 (…) les paroles qui nous sont transmises par le tube auditif nous donnent une vibrance spéciale des cellules qui, par un effet constaté par tous les physiologistes actuels et passés, excite nos propres pensées.

« Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l’imprimerie. Nos yeux sont faits pour voir et refléter les beautés de la nature et non pas pour s’user à la lecture des textes; il y a trop longtemps qu’on en abuse,

(…) « Nos oreilles, au contraire, sont moins souvent mises à contribution; elles s’ouvrent à tous les bruits de la vie, mais nos tympans demeurent moins irrités; nous ne donnons pas une excessive hospitalité dans ces golfes ouverts sur les sphères de notre intelligence, et il me plaît d’imaginer qu’on découvrira bientôt la nécessité de décharger nos yeux pour charger davantage nos oreilles. Ce sera une équitable compensation apportée dans notre économie physique générale. »

(…) il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-plumes en celluloïd, qui contiendront cinq et six cents mots et qui fonctionneront sur des axes très ténus qui tiendront dans la poche; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites; on obtiendra la perfection des appareils comme on obtient la précision des montres les plus petites et les plus bijoux; quant à l’électricité, on la trouvera souvent sur l’individu même, et chacun actionnera avec facilité par son propre courant fluidique, ingénieusement capté et canalisé, les appareils de poche, de tour de cou ou de bandoulière qui tiendront dans un simple tube semblable à un étui de lorgnette.

(…) l’auteur parlera son œuvre et la clichera sur des rouleaux enregistreurs et mettra en vente lui-même ses cylindres patentés, qui seront livrés sous enveloppe à la consommation des auditeurs.

(…) « Les auditeurs ne regretteront plus le temps où on les nommait lecteurs ; leur vue reposée, leur visage rafraîchi, leur nonchalance heureuse indiqueront tous les bienfaits d’une vie contemplative.

« Étendus sur des sophas ou bercés sur des rocking-chairs, ils jouiront, silencieux, des merveilleuses aventures dont des tubes flexibles apporteront le récit dans leurs oreilles dilatées par la curiosité.

(…) Le peuple « pourra se griser de littérature comme d’eau claire, à bon compte, car il aura ses distributeurs littéraires des rues comme il a ses fontaines.

« A tous les carrefours des villes, des petits édifices s’élèveront autour desquels pendront, à l’usage des passants studieux, des tuyaux d’audition correspondant à des œuvres faciles à mettre en action par la seule pression sur un bouton indicateur. ? D’autre part, des sortes d’automatic librairies, mues par le déclenchement opéré par le poids d’un penny jeté dans une ouverture, donneront pour cette faible somme les œuvres de Dickens, de Dumas père ou de Longfellow, contenues sur de longs rouleaux faits pour être actionnés à domicile.

(…) le phonographisme futur s’offrira à nos petits-fils dans toutes les circonstances de la vie; chaque table de restaurant sera munie de son répertoire d’œuvres phonographiées, de même les voitures publiques, les salles d’attente, les cabinets des steamers, les halls et les chambres d’hôtel posséderont des phonographotèques à l’usage des passagers.

(…) le futur grand journal phonographique?

« Ce seront des voix du monde entier qui se trouveront centralisées dans les rouleaux de celluloïd que la poste apportera chaque matin aux auditeurs abonnés ; les valets de chambre et les chambrières auront l’habitude de les disposer dans leur axe sur les deux paliers de la machine motrice et ils apporteront les nouvelles au maître ou à la maîtresse, à l’heure du réveil: télégrammes de l’Étranger, cours de la Bourse, articles fantaisistes, revues de la veille, on pourra tout entendre en rêvant encore sur la tiédeur de son oreiller.

(…) l’illustration sera abondante et réaliste; elle pourra satisfaire les plus exigeants. Vous ignorez peut-être la grande découverte de demain, celle qui bientôt nous stupéfiera. Je veux parler du KINÉTOGRAPHE de Thomas Édison, dont j’ai pu voir les premiers essais à Orange-Park dans une récente visite faite au grand électricien près de New-Jersey.

(…) « Le KINÉTOGRAPHE enregistrera le mouvement de l’homme et le reproduira exactement comme le phonographe enregistre et reproduit sa voix. D’ici cinq ou six ans, vous apprécierez cette merveille basée sur la composition des gestes par la photographie instantanée ; le kinétographe sera donc l’illustrateur de la vie quotidienne. Non seulement nous le verrons fonctionner dans sa boîte, mais, par un système de glaces et de réflecteurs, toutes les figures actives qu’il représentera en photo-chromos pourront être projetées dans nos demeures sur de grands tableaux blancs. Les scènes des ouvrages fictifs et des romans d’aventures seront mimées par des figurants bien costumés et aussitôt reproduites; nous aurons également, comme complément au journal phonographique, les illustrations de chaque jour, des Tranches de vie active, comme nous disons aujourd’hui, fraîchement découpées dans l’actualité.

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''Pierrot'' fin de siècle.

Publié le par Perceval

''Pierrot'' fin de siècle.

Pierrot de la Comédie dell'arte est un valet bouffon. il est le rival d’Arlequin auprès de Francisquine ou de Zerbinette, et il est amoureux de Colombine la blanchisseuse...

 

Après l'oubli ; il reprit une nouvelle vogue sur les théâtres de pantomimes, sous la Restauration, après 1830.. Il est alors le personnage typique du Carnaval de Paris.

 

''Le Pierrot'', est un journal illustré fondé par Adolphe Willette et Émile Goudeau (1888-1891)

 

 

Au XIXe siècle, on parle de la vogue de la pantomine...

Le Théâtre des Funambules, au « boulevard du Temple », est fondé en 1816. S'y produira notamment le mime « Jean-Gaspard Deburau », qui sera pour le public parisien, le plus célèbre des pierrots, l’incarnation du personnage sur scène.

Pierrot est un passif, rêveur et mélancolique, pâle et solitaire. Pierrot est l’éternel perdant d’un trio amoureux l’associant à Colombine et à Arlequin.

Pierrot et colombine - Federico Beltrán-Masses 1885-1949 - peintre espagnol

''Le Pierrot fin-de-siècle'' s’est laissé contaminer par le décadentisme ambiant et le fumisme des cabarets montmartrois..

Adolphe Willette, « Pierrot assassin de sa femme », paru dans Le Pierrot du 7 décembre 1888.

On découvrira même un  Pierrot assassin de sa femme, où se sachant trompé par Colombine : Pierrot la chatouille jusqu’à lui faire rendre l’âme (Marguerite 1882)

Pierrot incarne alors la masculinité en perdition, les hantises de la marginalité.. ; Il est un dandy décadent, parfois androgyne, il illustre le gouffre du narcissisme. Salace et impuissant à la fois, platonique et priapique, Pierrot exalte les métamorphoses masculines, l'énigme et la prison du rôle sexuel.

Gerome - Suite-d'un-bal-masqué-1857 - Les malheurs de Pierrot

Gerome - Suite-d'un-bal-masqué-1857 - Les malheurs de Pierrot

Pierrot et Colombine, by Leo Rauth

Revenons dans le temps avec la chanson bien connue des enfants : ''Au clair de la lune, mon ami Pierrot... ». Cette chanson populaire française anonyme qui date du XVIIIe siècle, serait portée par une musique de J. B. Lulli.

En revenant aux sources, on s'aperçoit que la version originale diffère un peu, les véritables paroles la rendent d'ailleurs plus cohérente ; mais aussi plutôt ''coquine''...

Il ne s'agit pas d'une recherche de ''plume '' ; mais de ''lume'' ( si la chandelle est morte, il manque de ''lume'', c'est à dire de lumière ...)

 

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot
Prête moi ta lume
Pour écrire un mot
Ma chandelle est morte
Je n’ai plus de feu.

 

Ouvre-moi ta porte
Pour l’amour de Dieu !
Au clair de la lune
Pierrot répondit
Je n’ai pas de lume,
Je suis dans mon lit
Va chez la voisine
Je crois qu’elle y est
Car dans la cuisine
On bat le briquet.

 

Pierrot n'est pas un bon ami... Mais, aller chez la voisine, en pleine nuit... la voisine ''bat le briquet'' : le premier sens c'est frapper une pierre à briquet pour faire une étincelle … Le deuxième sens c'est tenter d'embraser le cœur d'une femme, et par extension dès le XVIIe siècle, avoir des relations sexuelles ...

Au clair de la lune
L’aimable Lubin
Frappe chez la brune
Ell’ répond soudain
Qui frapp’ de la sorte ?
Il dit à son tour
Ouvrez votre porte
Pour le Dieu d’amour
Au clair de la lune
On n’y voit qu’un peu
On chercha la lume
On chercha du feu
En cherchant d’la sorte
Je n’sais c’qu’on trouva
Mais j’sais que la porte
Sur eux se ferma.

Le ''lubin '' est un domestique ; et au XVIe siècle ''frère Lubin'' est un moine quelque peu lubrique...

La voisine très accueillante ouvre sa porte à l'inconnu ; et on ne sait pas s'ils ont trouvé la lume, mais sur eux « la porte se ferma » … !

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Femmes de Jacques de Loustal

Publié le par Perceval

Femmes de Jacques de Loustal

Jacques de Loustal est né à Paris en 1956 à Neuilly-sur-Seine, est un auteur de bande dessinée et un illustrateur français Il travaille comme illustrateur pour la publicité et la presse, sans cesser de voyager. Architecte de formation (diplômé des Beaux-Arts en Architecture), il bâtit un univers de belles villas tristes et de stations balnéaires somptueusement délabrées.

Il réalise des illustrations pour le magazine Rock & Folk où il rencontre Philippe Paringaux. Ce dernier lui écrira plusieurs scénarios de bandes dessinées publiées dans les magazines Métal hurlant et 'À suivre'. Ensemble, ils signent plusieurs albums dont Barney et la note bleue,

Ses originaux et sa peinture sont fréquemment exposés. Il compte de nombreux admirateurs et collectionneurs...   

 

Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal

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