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Five o’clock dans le salon des dames Lemaire (1891)

Publié le par Perceval

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Madeleine Lemaire –

Five o’clock dans le salon des dames Lemaire (1891)

On reconnaît de gauche à droite : A table : Ninette Ganderax (assise de dos) face à Réjane. Debout derrière elle Louis Ganderax avec à sa gauche, Jacques Normand. A droite debout, Paul Hervieu face à Suzette Lemaire (de dos). Assise devant le miroir : Mme Strauss. Assises sur le canapé : l’actrice Marie Renard et Madeleine Lemaire. 

Madeleine Lemaire (1845-1928) nom d'artiste de Jeanne Magdelaine Colle, est une artiste peintre et aquarelliste française de genre académique.

Elle épouse Casimir Louis Philippe Lemaire, employé à l’Hôtel de Ville, le 10 mai 1865. Elle a de nombreux amants... Suzette Lemaire, sa fille, « devait remarquer, bien longtemps après, que Dumas-fils était le seul des amants de sa mère sur lequel elle n'eût jamais eu de doutes parce qu'elle l'appelait toujours Monsieur »

Chaque mardi, d’avril à juin, Madeleine Lemaire reçoit le Tout-Paris dans son hôtel particulier du no 31, rue de Monceau. Elle reçoit aussi bien l’aristocratie du faubourg Saint-Germain (les La Rochefoucauld, Luynes, Uzès, Haussonville, Chevigné, Greffulhe, la comtesse de Pourtalès, Boni de Castellane, la marquise de Casa Fuerte, la duchesse Grazioli, les Brissac, etc.) que de jeunes artistes et des célébrités de la scène ou de la politique. Comme Mme Verdurin, dont elle est l'un des modèles, elle a des arrêts définitifs du genre : « Je ne veux pas de ça chez moi ! » (Ghislain de Diesbach)

Son atelier transformé en salon accueille des personnalités aussi diverses que de jeunes talents qu'elle lance comme Marcel Proust (qui est invité à partir de 18927 et décrit son salon pour les lecteurs du Figaro) et Reynaldo Hahn ou des artistes au sommet de leur gloire, comme Victorien Sardou, Guy de Maupassant, Paul Bourget, Mounet-Sully, Sarah Bernhardt ou François Coppée. Des cantatrices viennent y donner des récitals privés comme Emma Calvé, Gabrielle Krauss ou Marie Van Zandt, car, comme chez Madame de Saint-Marceau, la musique est à l'honneur chez Madeleine Lemaire contrairement au salon de Madame Arman de Caillavet. Elle y invite par exemple Camille Saint-Saëns ou Jules Massenet. Des comédiens que les salons parisiens se disputent viennent obligatoirement à ses réceptions, ainsi de Lucien Guitry, Réjane, Tony, dit Marshall le grand, ou des auteurs à la mode comme Henri Rochefort, Robert de Flers, Francis de Croisset, Georges de Porto-Riche, le jeune Gaston Arman de Caillavet, le poète Robert de Montesquiou dont elle est proche...

Sa fille, Suzette Lemaire, fut également peintre.

Madeleine Lemaire est un des modèles de Mme Verdurin et Mme de Villeparisis dans A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust (1871-1922)

 

Le Sommeil de Manon, ou - La Volupté - peinture de Madeleine Lemaire

 

Mme Straus : Geneviève Halévy (1849-1926) est une salonnière française. Elle a été mariée au compositeur Georges Bizet puis à l'avocat Émile Straus.

En octobre 1886, à la surprise générale, Geneviève Halévy se remarie avec Émile Straus (1844-1929), avocat des Rothschild dont la rumeur le donnait pour un frère illégitime. « C'était le seul moyen de m'en débarrasser », dira-t-elle pour expliquer son choix.

Disposant d'une fortune très confortable et de vastes relations, Émile Straus nourrit une profonde affection pour Jacques Bizet. Tous trois s'installent dans un vaste appartement situé en entresol no 134 boulevard Haussmann.

Marcel Proust, ami d'enfance et condisciple au lycée Condorcet de Jacques Bizet et de Daniel Halévy, y rencontre Charles Haas, futur modèle de Swann. Geneviève Straus est elle-même donnée comme l'un des modèles d'Oriane de Guermantes, pour ses réparties, et d'Odette.

Mme Straus reçoit tous les dimanches et acquiert une grande influence dans Paris. Quoique juive et roturière, elle a de nombreuses relations dans le Faubourg Saint-Germain, tout comme dans le monde des Arts et des Lettres.

 

Jacques Normand (1848-1931) est un écrivain français. Il est avocat à 21 ans, puis étudiant à l'École des chartes. En 1870, il s'engage dans les gardes mobiles (les moblots). Démobilisé, il obtient en 1875 son diplôme d'archiviste-paléographe. Il devient ensuite prosateur, romancier, poète, journaliste, auteur pour le théâtre. Sous le pseudonyme de Jacques Madeleine, il fera un rapport très critique de sa lecture de ''La Recherche …''

 

Paul Hervieu (1857-1915) est un romancier et auteur dramatique français. Proche de Proust, et de Paul Bourget... Il fréquente les salons littéraires et mondains, tels ceux de Madame de Pierrebourg, qui fut sa maîtresse, et de Madame Émile Straus, en particulier...

Le salon littéraire brillant, de la baronne Marguerite Aimery Harty de Pierrebourg permet notamment à Raymond Poincaré, Henri de Régnier, Paul Valéry, Alfred Capus, Abel Hermant, René Boylesve, Edmond Jaloux, Gérard d’Houville, Edouard Estaunié, André Gide, Gabriele D’Annunzio et Robert de Flers... de se croiser...

La baronne de Pierrebourg est pour Proust à la fois une proche amie, un écrivain admiré, et le modèle d'un des principaux personnages de Du côté de chez Swann.
Régulièrement fréquenté par Proust, le « Salon de l’avenue du bois » de Madame de Pierrebourg, fut avec celui de sa rivale Madeleine Lemaire, et ceux de Madame Strauss et de Madame Aubernon, le creuset des nombreux portraits psychologiques de la Recherche.

Dès la parution de Swann, Proust dédicace à Mme Pierrebourg un exemplaire et, apprenant son enthousiasme, requiert son aide pour l’obtention d’un prix littéraire.

Paul Hervieu et sa maîtresse sont une des sources d'inspiration du couple Charles Swann et Odette de Crécy, dont la relation amoureuse occupe une grande partie de ce premier tome de la Recherche.

Paul Hervieu rejoint l'Académie Française, en 1900. Edmond de Goncourt dit de lui : « Le petit Hervieu a une voix curieuse, c'est comme la voix lointaine d'un somnambule que son endormeur ferait parler. »

Ninette Ganderax tient aussi un salon, elle semble beaucoup plus appréciée que son mari Louis Ganderax (1855 - 1941), agrégé de Lettres, journaliste et critique de théâtre. Edmond de Goncourt le trouve « trop servile pour tout ce qui réussit » ; c'est le « pauvre mari, le gaffeur par excellence » ; il a la barbe triste : un normalien, un pion ! Et sa femme vocifère. Bref, un raseur. C'est un ami de Geneviève Straus et donc de Proust... Pourtant, Proust le fustige - dans sa correspondance - comme donneur de leçon...

Réjane (1856-1920) entretient une liaison depuis plusieurs années Paul Porel le comédien et directeur de l'Odéon, elle l'épouse en 1893.

En 1895, sa tournée en Amérique dans le rôle de Madame Sans-Gêne décuple sa notoriété et New York lui fait un triomphe. Elle est alors une « notoriété de la vie parisienne », « la plus parisienne des comédiennes ».

La_femme_au_Masque_par_Henri_Gervex_1885  

Le modèle est Marie_Renard_22ans.

 

Marcel Proust voit Réjane sur scène pour la première fois le soir de la première de Germinie Lacerteux (1888). Réjane dispute alors à Sarah Bernhardt le titre de plus grande actrice de la Belle Époque. Ces deux grandes comédiennes ont servi de modèle au personnage de la Berma auquel rêve le narrateur d'À la recherche du temps perdu. Jacques Porel, fils de Réjane, et Marcel Proust deviennent bons amis après la Grande Guerre. Réjane invite Proust à occuper un appartement dans sa maison. Le jour où Proust y emménagea, il reçoit les premières épreuves du Côté de Guermantes et ajoute certains traits de la personnalité de Réjane au personnage fictif de la Berma.

Marie Renard actrice et modèle de peintres : « cette charmante Marie Renard, prototype de la Femme au Masque, Marie Renard qui, faisant vivre sa mère, posait pour l'ensemble et persuadait à la maman crédule qu'elle posait seulement pour la tête. » Marcel Prevost, romancier

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André Dignimont, artiste français.

Publié le par Perceval

André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.André Dignimont, artiste français.André Dignimont, artiste français.

André Dignimont est un artiste-peintre illustrateur français, né à Paris en 1891. Il passe ses premières années à Montmartre. Curieux, débrouillard, il côtoie les Poulbots, observe la pègre et fréquente tous les milieux. Grâce à ses dons d’observation, il devient peintre et illustre plus de 1 000 ouvrages, dessins de presse et aquarelles.

 

Il est entre les deux guerres, un dessinateur original, qui illustre superbement Carco, Mac Orlan ou Colette.

 

André Dignimont (1891-1965) a su, selon Jean Galtier-Boissière, “admirablement rendre l’atmosphère des quartiers chauds où cols bleus et biffins en bordée, après tant d’heures de solitude et de cafard, viennent, sans complications psychologiques, caresser de belles animalités féminines et, dans les bras d’une promise par procuration, s’attendrissent aux nostalgiques accents d’un accordéon, négligemment malaxé par quelque mystérieux levantin.

Dignimont se souciait assez peu de conformisme, jouant du tambour aux dîners bruyants du Crapouillot ou décorant en 1940 le cabaret "Liberty's"...

On le voit même au cinéma, tenant le rôle d'Oscar dans La Nuit du carrefour, de Renoir, d'après Simenon. "Dignimont", écrit Michel Vaucaire, "a des moyens physiques remarquables. Il sait tâter d'un accordéon, vous fait des séries au bilboquet, déplace un sac de cent kilos comme un cornet à bonbons; il sait faire bien d'autres choses encore... Sa carrière s'annonce particulièrement brillante dans sa nouvelle profession. " (Le Crapouillot, juin 1932).

Il dessine aussi pour l´Opéra de Paris et la Comédie Française. Il fut honoré Chevalier de la Légion d´Honneur. Dignimont est décédé à Paris en 1965.

André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
André Dignimont, artiste français.
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Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Le Caire :

« Un tel encombrement pourrait faire croire à quelque fête, s'il n'y manquait cette expression particulière qui se dégage des foules lorsqu'un événement commun tourne les esprits dans un même sens ; procession rituelle, enterrement d'un notable, élections générales ou marché. Ici, rien ne réunit les éléments de ce puzzle humain que notre voiture frôle à chaque tour de roue. Mais pourquoi vouloir les réunir ? C'est encore céder au goût de la couleur locale et croire que des êtres vêtus autrement que nous sont des acteurs, qu'ils sont une pièce à jouer. Il ne s'agit heureusement plus de cela. Nous sommes dans un autre monde » Claude Aveline.

L'hôtel Oberoi Mena House, est construit en 1869 face aux pyramides.

Le khédive Ismâil Pacha, vice-roi d'Égypte, ne pouvait choisir meilleur emplacement pour y édifier, en 1869, son pavillon de chasse et y accueillir ses invités de marque. Le souverain fait agrandir les lieux à l'occasion de l'ouverture du canal de Suez, y reçoit l'impératrice Eugénie. Et construit une route entre Le Caire et Gizeh pour qu'elle puisse accéder commodément aux pyramides. Vendu à de riches Anglais, le pavillon prend ensuite le nom du pharaon Mena, s'agrandit à nouveau et, dès 1889, est équipé d'un golf. Au tournant du siècle, le Mena House devient un hôtel de luxe pour les premiers touristes fortunés, les têtes couronnées et les politiques. En 1943, il accueille ainsi la « Big Three Conference » entre Chiang Kai-shek, Roosevelt et Churchill, qui devint un habitué de l'hôtel.

"Nous avions été prendre le déjeuner du matin aux pyramides, sur la terrasse du Mena House. Le ciel ne s'était pas encore couvert. Le soleil étincelait. Les oiseaux chantaient. Chéops ressemblait à un gigantesque pâté de sable fait au moule". Jean Cocteau, Maalesh.

A partir de 1880, l'Egypte devient une station à la mode et chic hiver pour les voyageurs européens. Le climat près de la Grande Pyramide de Gizeh, en dehors du Caire, est évidemment meilleur que dans la ville. . Pendant l'hiver, il y a pas de routes boueuses (dues à la pluie occasionnelle), pas de poussière dans l'air et aucun trafic...

Le palace Old Cataracte d'Assouan, trône au-dessus du Nil tel un monolithe rose de l’âge d’or. Sur la terrasse de l'hôtel, les gourmets apprécient à l'heure du thé un délicieux High Tea et la vue sur l’île Éléphantine. Agatha Christy a trouvé ici l'inspiration pour son roman policier devenu un 'classique' :« Mort sur le Nil (1933)». Winston Churchill, le roi Farouk et Lady Diana comptent également parmi les illustres visiteurs de ce palace construit en 1899.

« Assouan est une vraie beauté d'Orient. La lumière y est violente, le soleil âpre mais tempéré par une brise fraîche qui aide à supporter la chaleur du jour. » Comtesse de La Morinière, 1911

 

Le Old Winter Palace, est situé sur la Corniche, en plein coeur de Louxor. Ses suites ont accueilli les plus grands personnages de l'histoire. Ce palais, construit en 1886 et rénové en 1995, est la plus belle illustration de l'architecture victorienne de la fin du siècle dernier et combine parfaitement l'opulence de son glorieux passé avec la modernité d'aujourd'hui. Le Old Winter Palace offre une plongée dans les fastes de temps anciens.

Architecture victorienne, jardin tropical, mobilier refait à l’identique… tout évoque l’ancien Palais d’Hiver où se retrouvaient autrefois princes, archéologues et écrivains dans un havre de luxe, au bord du Nil, à quelques minutes des fabuleux temples et tombeaux de l’antique Thèbes.

En 1907, "L'Egyptian Gazette" annonce ainsi l'ouverture du Winter Palace de Louxor. "La party a commencé par un lunch inaugural dans le site prestigieux de la Vallée des Rois puis s'est poursuivie par des discours et une distribution de nourriture aux équipes qui ont travaillé à la construction du bâtiment".
Le Winter Palace de Thomas Cook est, dès lors, prêt à accueillir la bonne société cosmopolite d'Égypte et du monde : "Ses aménagements sont tout ce qu'il y a de plus moderne et de plus luxueux, lumière électrique et ascenseur" (Comment visiter l'Égypte, 1911-1912).

En 1907, Pierre Loti écrit: « le Winter Palace, un hâtif produit du modernisme qui a germé au bord du Nil depuis l'année dernière, un colossal hôtel, visiblement construit en toc, plâtre et torchis, sur carcasse de fer ». Visiblement, très remonté, il continue ainsi "Dans l'alignement pompeux du Winter Palace, des boutiques se succèdent : on y vend tout ce dont s'affublent les touristes : éventails, chasse-mouches, casques et lunettes bleues. En plus la bimbeloterie du Soudan : vieux couteaux de nègre, peaux de panthère et cornes de gazelles".
En 1914, l'égyptologue Georges Legrain fait le constat suivant "Les touristes étrangers, Cooks and Cookesses, sont 'quelques milliers' chaque année à Louxor et en Haute-Egypte. La ville vit en grande partie au rythme de ses occupants étrangers, touristes, voyageurs, savants et administrateurs, à savoir du mois d'octobre au mois d'avril, la haute saison se situant de janvier à mars. Il est difficile d'évaluer leur importance."

Voir aussi:

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -1/.-

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -2/.-

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Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-

Publié le par Perceval

« Un somptueux cabriolet au pied des Pyramides, une felouque aménagée en yacht, des touristes en costume blanc coiffés d'un panama : quelques images d'un voyage en Egypte au temps de ses rois, Fouad et Farouk, dans la première moitié du XXe siècle. L'époque voit naître ici le tourisme organisé à grande échelle, sous l'égide de Thomas Cook. Cinquante mille privilégiés empruntent chaque année ses bateaux pour effectuer la très courue croisière sur le Nil. Parmi les voyageurs, rares sont ceux qui ne se contentent pas de contempler les ruines. Rudyard Kipling, Jean Cocteau, André Gide et d'autres mesurent à quel point ces « années folles » égyptiennes sont fascinantes : dans un pays tourné vers l'Europe, « protégé » par l'armée britannique, une très singulière société s'épanouit au Caire et à Alexandrie. Francophone, cosmopolite, avide de plaisirs en tous genres, elle semble vivre dans l'insouciance sur des sables mouvants. C'est l'Égypte du Quatuor d'Alexandrie de Laurence Durell. Un monde d'une grande diversité, où voient le jour aussi bien Cavafy que Ungaretti, Albert Cossery que Taha Hussein, Youssef Chahine que Naguib Mahfouz, Oum Khalsoum que Dalida... »

* Un voyage en Egypte : Au temps des derniers rois de Alain Blottière

L’Égypte a sa saison : on n'y séjourne que de Novembre en mars, quand le pays prodigue la douceur de ses journées tièdes. Le fou furieux qui dérogerait à la règle trouverait porte close devant la plupart des hôtels. C'est donc en hiver que l'on franchit la Méditerranée...

L'anglais s'en remet à la P&O. ( Peninsular and Oriental), le français aux Messageries Maritimes.

Le hasard de la vie réserve parfois l'inverse... Robert d'Humières ( grand ami de M. Proust) s'embarque à Marseille sur un paquebot de la P&O. :

« La sensation de passer subitement des quais de Marseille en terre anglaise frappe curieusement. Car c'est bien ici la vie anglaise que nous mènerons pendant cinq jours. On verra sur le pont, dans une sorte de cage en filet, des romanciers à succès jouer au cricket avec de jeunes ''subalterns'' à destination des Indes, on prendra des repas corrects et sans âme et, le dimanche, si on ouvre le piano, de vieilles dames bouderont. Quant au flirt, il sera conduit par le personnel féminin et non marié du navire avec cette persévérance et ce sens pratique qui ont fait la grandeur de l'Angleterre. »

 

 

A peu près à la même date, un voyageur qui publiera anonymement ( H.R.) en 1903 son récit ''Cinq semaines en Egypte'', embarque sur le Ville de la Ciotat des M.M., avec d'autres touristes : « Ce sont des bourgeois parisiens, négociants ou rentiers, avec lesquels, je crois, je m'accommoderai fort bien. Parmi les autres voyageurs , un photographe qui photographie à tout propos, deux jésuites qui vont au Caire ; une jolie blonde, princesse dit-on ; un jeune homme enrichi par un brevet d'électricité qui va montrer son invention au khédive, puis un lot d’Anglais et d'Anglaises. »

 

 

 

« Après quatre ou cinq jours de mer, la terre attire les corps humains comme un aimant : on croirait que le paquebot va chavirer sous la foule des passagers collés à la rambarde, qui se penchent vers le rivage. Pourtant il y a peu d'européens sur le quais, peu de mouchoirs agités sur le bateau, et n'entends autour de moi que des gens qui se demandent en tirant leur montre : « Pourrons-nous avoir le train du Caire ? » Nul touriste ne s'arrête jamais à Alexandrie. Alors , le navire s'ouvre le flanc généreusement et reçoit en plein ventre la passerelle par où le flot des portefaix jaillit comme un puissant jet d'eau, inonde les couloirs, emplis les escaliers, déferle en vague sur les ponts... Il y a deux méthodes: ou bien se tenir devant la porte de sa cabine et la défendre, ou bien laisser faire, et voir sans émotion ses bagages disparaître dans cette mer multicolore. Les résultats sont les mêmes : on retrouve toujours les colis miraculeusement assemblés à la douane. » Jacques Boulenger ( 1879-1944)

Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
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