Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Georges de Feure - Le phantasme de la féminité à la fin du 'siècle' – 2/4-

Publié le par Perceval

Georges de Feure - Le phantasme de la féminité à la fin du 'siècle' – 2/4-

Les symbolistes

Dans un second texte publié en 1891 intitulé « Le Symbolisme en Peinture: Paul Gauguin» Aurier s'inspire du tableau de Gauguin La vision après le sermon ou la lutte de Jacob et de l'ange pour formuler les bases de sa théorie « idéiste ». Aurier y dresse pour la première fois une liste des caractéristiques auxquelles devraient répondre les œuvres d'art de son temps.

- D'après sa théorie, l'œuvre doit d'abord être idéiste, c'est à dire, qu'elle doit avant tout exprimer une idée.

- Deuxièmement, elle est symboliste, puisque cette Idée sera exprimée par des formes.

- Troisièmement, elle sera synthétique, puisque ces formes et ces signes seront organisés selon un « mode de compréhension général » exprimant l'Idée.

- Quatrièmement, elle sera subjective car cette Idée qu'elle exprime sera toujours représentée telle qu'elle est perçue par le sujet.

Finalement, Aurier déclare qu'étant donné ses quatre premières caractéristiques, l'œuvre sera également décorative puisque « la peinture n'a pu être créée que pour décorer de pensées, de rêves, et d'idées les murales banalités des édifices humains ». Dans ce texte, l'auteur oppose les artistes réalistes aux artistes idéistes. S'il admet que les œuvres réalistes peuvent avoir des caractéristiques esthétiques intéressantes, selon lui, seuls les artistes idéistes ont véritablement accès à l'art suprême, car ils délaissent la matière pour atteindre l'Idée.

Georges-de-Feure - Peintures-décoratives-pour-le-pavillon-L'Art-Nouveau-1900-c  Musee-d-Orsay

La société fin de siècle

Les années 1880 et 1890 offrirent aux femmes françaises des changements significatifs dans les sphères légales et professionnelles. Ces modifications eurent un impact réel pour un nombre limité d'entre elles, mais cette émergence d'une «femme nouvelle» était néanmoins dotée d'une symbolique puissante. La menace de cette femme quittant maison et famille est abondamment illustrée dans les journaux et les revues qui publient plusieurs caricatures où les rôles dévolus traditionnellement aux femmes et aux hommes sont inversés.

L'augmentation de la présence des femmes dans la sphère publique peut être attribuée à plusieurs facteurs de type complètement différents. De l'augmentation du nombre de prostituées dans les rues, au nombre grandissant de femmes se rendant travailler ou faire des emplettes dans les grands magasins, à la fréquentation des lycées par les jeunes filles ou à la tenue de deux congrès féministes dans la ville de Paris en 1889, cela provoqua une anxiété chez les hommes qui fut accentuée par les réformes législatives favorables aux femmes.

 

On peut aisément faire un parallèle entre les archétypes féminins présents dans les poèmes de Baudelaire et ceux que l'on voit dans les œuvres de Georges de Feure.

Voir les commentaires

Georges de Feure - Le phantasme de la féminité à la fin du 'siècle' – 1/4-

Publié le par Perceval

Georges de Feure - Le phantasme de la féminité à la fin du 'siècle' – 1/4-

Il est né Georges Joseph von Sluyters de parents belge et hollandais en 1868 à Paris. La famille émigre pendant la Guerre de 70. De retour à Paris en 1889, il fait partie de la bohème montmartroise.

Très rapidement, c'est la femme qui deviendra le principal sujet de ses œuvres, non pas une femme précise, mais un 'phantasme', à la fois attirant et inquiétant. C'est un ami de Debussy, Satie et Ravel et un grand lecteur des écrivains symbolistes.

C'est à partir de 1890 que Georges de Feure (1868-1943) publia ses dessins et caricatures dans la revue Le Courrier français, un organe de presse typiquement montmartrois qui fut créé en 1884 ; son rédacteur en chef, Jules Hyppolite Roques, envisage de publiciser les activités intellectuelles et sociales de Montmartre, de militer en faveur de la liberté de presse et de s'opposer au républicanisme traditionnel incarné par la Troisième république...

 

Le Courrier français est reconnu pour ses publications de représentations féminines aux accents diaboliques de style typiquement décadent. Dans un livre intitulée La Femme à Paris: nos contemporaines publié par le critique Octave Uzanne en 1894, celui-ci souligne que la femme semble, pour les artistes parisiens, être passée du statut de « Muse» à celui de « Succube », et que ce type de représentations se retrouve partout: « Dans le livre, dans le journal, aussi bien que parmi les tableaux des Salons annuels, elle jaillit, elle éclate, elle s'affirme, depuis les illustrations de la Vie parisienne et du Courrier français jusqu'aux œuvres interprétées par la lithographie, l'eau-forte ou le verni-mou. » Le Courrier français auquel collabore intensément de Feure entre les années 1890 et 1892 est donc ouvertement reconnu pour ses représentations diabolisant les femmes.

Frank Cheyne Papé est un artiste illustrateur anglais né en 1878 - Succube

Le groupe des ''décadents''

Le terme décadence est employé de manière contemporaine pour la première fois par Paul Bourget dans Le Siècle littéraire du 1er avril 1876. Celui-ci reprend l'héritage de Baudelaire lorsqu'il écrit: «Nous acceptons sans humilité comme sans orgueil ce terrible mot de décadence ». Bourget sera le premier à écrire une théorie de la décadence en 1881 dans son ouvrage Essais de psychologie contemporaine. Dans l'œuvre de Bourget se retrouvent déjà les thèmes principalement chers aux décadents: le pessimisme et le spiritualisme. Les influences de Baudelaire, Schopenhauer, Barbey d'Aurevilly et des peintres préraphaélites anglais sont également présentes.

En plus du pessimisme ( Schopenhauer ... ) et du spiritualisme, la misogynie est donc un élément central de l'esthétique décadente. Cette misogynie s'inscrit dans le sentiment profondément antinaturaliste des décadents qui voient la nature comme étant cette « machine infernale» assujettissant les hommes. La nature, responsable du désir sexuel des hommes, serait donc un obstacle à leur quête spirituelle et artistique puisqu'elle les ramène constamment vers l'état naturel et animal de la femme...

Pierre Bonnard - Femme assoupie sur un lit ( un chat contre sa chevelure... sorcière ...), dit aussi L'indolente,1899

La femme fatale

La vision des femmes tentatrices apparaît dans la représentation de nombreuses figures à la féminité perverse et à la sexualité dominante que l'on nommera Femmes fatales. Plusieurs artistes ont recours à des personnages féminins mythiques lorsqu'ils veulent représenter les femmes comme étant à la source de l'immoralité, de la cruauté et de la perversité. En voici quelques exemples qui ont été souvent repris par les artistes: Ève (Paul Gauguin, Ève exotique, 1890. Georges de Feure, Tentations, 1893, Salomé (Gustave Moreau, L'Apparition, 1876. Aubrey Beardsley, J'ai baisé ta bouche lokanaan, 1893), Salammbô (Victor Prouvé, Salammbô, 1893) et Judith (Gustav Klimt, Judith l, 1901). Dans ces représentations, la féminité est donc perçue comme étant « dominée, guidée par ses instincts et donc incapable d'une quelconque expérience purement spirituelle »

Georges de Feure (1868-1943), Arachné, Illustration pour 'La Porte des Rêves' de Marcel Schwob – 1899.

Voir les commentaires

La femme en couv. de magazine: XXe s. -2/2-

Publié le par Perceval

Des années 60, aux années 90....
Des années 60, aux années 90....
Des années 60, aux années 90....
Des années 60, aux années 90....

Des années 60, aux années 90....

La femme en couv. de magazine: XXe s. -2/2-

Voir les commentaires

La femme en couv. de magazine: XXe s. -1/2-

Publié le par Perceval

La femme en couv. de magazine: XXe s. -1/2-
-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...
-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...
-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...
-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...
-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...

-1- Les cinquante premières années du XXème siècle ...

Voir les commentaires

Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Publié le par Perceval

Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma
Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Après le Prélude à l’Après-midi d’un faune (1894), certaines œuvres de Claude Debussy (1862-1918) sont des succès : Chansons de Bilitis (1898), les Nocturnes (1899), etc. Depuis quelques temps, Ernest Chausson lui apporte un soutien financier, qui stoppera en 1894 lorsque la liaison entre Debussy (alors fiancé à Thérèse Roger et qui de plus s’endette) et la danseuse Gabrielle Dupont (jusqu’en 1899) sera révélée par des lettres anonymes.

Thérèse Roger est une chanteuse et une pianiste... Thérèse Roger n’est pas passé à la postérité et semble avoir été une artiste bien moyenne à en croire une caricature la représentant chantant, juché sur une casserole ! Mais la médiocrité de la jeune femme importait peu à Debussy. Il y a – en effet - un projet de mariage entre Mlle Roger et Claude Debussy !

Debussy écrit: « je suis tout à fait libre, ma dernière petite amie s’étant en allée par un matin de février ». En réalité, Gaby (Gabrielle Dupont) vivait toujours avec le compositeur rue Gustave Doré et n’aurait peut-être pas apprécié d’être désignée avec légèreté comme la « dernière petite amie ». Le mariage devait avoir lieu le 16 avril et le couple devait s’installer rue Vaneau. En réalité, Debussy était surtout désireux de faire un mariage bourgeois pour être admis dans le monde comme il le sous-entend à Chausson tout en prétendant être très amoureux de Thérèse.

La comédie ne dura pas longtemps, car, quelques semaines plus tard, les fiançailles furent rompues. Chausson et d’autres proches des fiancés avaient reçu des lettres anonymes dénonçant le double jeu de Debussy, plus endetté qu’il ne le prétendait et encore en ménage avec Gaby dont les mauvaises langues disaient qu’elle avait usé de ses charmes pour faire vivre le couple. Juste avant cette rupture, Debussy tenta de soutirer 1 500 francs à Chausson pour rembourser quelques dettes et acheter une robe pour sa mère. Chausson fut peiné et furieux de cette lugubre affaire et se brouilla définitivement avec Debussy. Si Debussy perdit l’amitié de Chausson, celle qu’il avait nouée avec Pierre Louÿs se renforça. Dans l’affaire Thérèse Roger, Pierre Louÿs défendit Debussy dans une lettre à Mme de Saint- Marceaux, scellant ainsi leur amitié. Il poursuivit donc sa relation tumultueuse avec Gaby.

1890-1898, période, pendant laquelle il vécut avec Gabrielle Dupont, appelée par ses amis « Gaby aux yeux verts », qui partagea pendant plus de huit ans sa vie ; une vie très impécunieuse mais dont il devait avouer plus tard que c'était « tout de même du bon temps ». Cette belle normande, de 4 ans sa cadette a joué dans son existence un rôle de stabilité affective qui a permis l'éclosion d'œuvres majeures. Elle était de Lisieux, où son père travaillait dans une usine textile et sa mère était couturière. Debussy, avec sa cape flottante, son chapeau aux larges rebords et sa grâce féline et langoureuse, était une silhouette familière dans les rues et les cafés nocturnes de Montmartre.

Après avoir quitté ''Gaby''. En avril 1899, débute sa liaison avec Rosalie Texier (Lilly) qu'il épouse le 19 octobre 1899. Sa pauvreté était telle qu'il dû donner des leçons de piano le jour de ses noces, afin de payer le prix du repas. Ce fut une alliance passionnée avec la femme qui s’appelait « Lily-Lilo » ; il avait menacé de se suicider si elle refusait de le marier et lui a dédié les Nocturnes comme « preuve de la joie profonde et passionnée que je ressens à l'idée d'être son mari ». Le trouble était qu'il y avait, dans le couple, plus de joie que de passion.

Rosalie était une couturière qui ne possédait pas d'attirance ou de sensibilité particulière pour la musique mais qui était charmante et dévouée pour Debussy. Lilly, d'origine modeste et ''inculte'' avait pour elle « son esprit gavroche et sa beauté : elle avait d’abondants cheveux blonds qui recouvraient ses tempes en bandeaux et une taille particulièrement fine. » ( de Pasteur Vallery-Radot, qui fut l’intime et le confident de Debussy). Il croyait l’aimer, mais ses goûts et sa conversation le désarçonnaient. Dans une lettre adressée à son ami Robert Godet, il précise, quelque peu méprisant, qu’elle n’aime la musique que « selon sa fantaisie », sa chanson favorite étant « une ronde où il est question d’un petit grenadier à la mine vermeille qui porte comme un vieux troupier son chapeau sur l’oreille » (rime involontaire ?). En quelques années, les charmes de Rosalie s'étaient usés.

Octobre 1903 : Debussy offre à Emma Bardac un exemplaire dédicacé des Estampes pour piano.

Emma Bardac, est la femme d'un riche banquier et l'ancienne maîtresse de Gabriel Fauré. Emma est une femme du monde et une chanteuse accomplie. Elle rencontre Fauré et entame une relation passionnelle avec lui pendant l'été 1892. Fauré écrit sa suite Dolly pour Hélène et le cycle La Bonne chanson, d'après Verlaine, pour Emma elle-même. À la fin de l'année 1903, elle est présentée à Debussy par son fils, Raoul, un de ses étudiants.

En juin 1904, la vie personnelle de Debussy bascule : la dédicace des Fêtes galantes (2esérie) qu'il offre à Emma Bardac prouve que leur amour est scellé. Il a emprunté à Jules Laforgue le tendre qualificatif de « petite Mienne » avec lequel il désigne Emma.

Le 15 juillet, Debussy décide Lilly à partir pour Bichain. Et, début août-mi octobre, Debussy séjourne en cachette avec Emma au Grand Hôtel de Jersey. Puis ils s'installent à Pourville (Normandie).

Tout Paris bourdonna à propos de ce scandale et bourdonna encore plus fort lorsque la désespérée Rosalie tenta de se suicider (Cette rupture poussa Rosalie à tenter de se suicider en se tirant une balle dans la poitrine, à laquelle elle survécut).

Emma et Sigismond divorcent le 4 mai 1905, Debussy le 17 juillet de la même année, et Emma se remarie avec Debussy en 1908. Debussy a une fille avec Emma, Claude-Emma (née le 30 octobre 1905), surnommée « Chouchou ».

Le 20 janvier 1908, Debussy et Emma Bardac se marient à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Claude-Emma meurt de diphtérie en 1919, un an après son père.

 

Sources : 'Debussy / Les femmes' - LES GRANDS COMPOSITEURS dans LA REVUE DE LA MUSIQUE

Voir les commentaires

Claude Debussy - Marie-Blanche Vasnier

Publié le par Perceval

La vie affective du jeune compositeur Claude Debussy, tumultueuse, commence par une cour effrénée à Marie-Blanche Vasnier, son élève (classe de chant de Victorine Moreau-Sainti.) , soprano amatrice, de beaucoup son aînée, femme mariée à l’un de ses premiers protecteurs.

 

Il est très épris et lui écrit de nombreux chants d'amour pour sa voix de soprano, il lui dédit en particulier son premier recueil des Fêtes Galantes et Mandoline sur un poème de Paul Verlaine. :

« A Madame Vasnier, ces mélodies, conçues en quelque sorte par votre souvenir, ne peuvent que vous appartenir, comme vous appartient l’auteur » et « A Madame Vasnier, la seule muse qui ne m’ait inspiré quelque chose ressemblant à un sentiment musical (pour ne parler que de celui-là) » ou encore « A Madame Vasnier, ces chansons qui n’ont jamais vécu que par elle et qui perdront leur grâce charmeresse si jamais plus elles ne passent par sa bouche de fée mélodieuse. L’auteur éternellement reconnaissant »

marie blanche Vasnier par jacques Emile Blanche 1888 2

Elle le prend sous sa protection « maternelle » en le guidant sur le choix de ses vêtements et dans ses manières. Monsieur Vasnier éloigne le jeune soupirant de son épouse en l'encourageant à se présenter au prix de Rome.

En 1884, il remporte le prix de Rome avec une cantate "L'Enfant prodigue". Il n'aime pas ni la ville de Rome, ni la nourriture, ni les autres étudiants…et surtout il ne peut pas supporter d'être séparé de Mme. Vasnier. Il écrit à un ami : "Je vous l'ai dit : j'ai trop pris l'habitude de ne vouloir et de ne concevoir que par elle ..."

Marie-Blanche Vasnier par Jacques émile Blanche

Avant de quitter Rome il reçoit une dernière lettre de Madame Vasnier :

"...La dernière lettre d'elle que j'ai reçue, avant-hier, cachait mal tout l'ennui qui lui donnerait ma présence là-bas. Me disant qu'il serait très imprudent de nous revoir..."

Claude Debussy by Marcel Baschet 1884

A son retour à Paris, il adopta le style de vie des bohémiens de Montmartre, composant et vivant dans la pauvreté. Il fréquenta alors les salons des poètes "symbolistes" tels Beaudelaire, Rimbaud , Verlaine et Mallarmé. Il ajusta sa musique à la poésie de ces auteurs et il s'éloigna de la musique traditionnelle.

Incapable de ranimer ce qui existait entre lui et Mme. Vasnier, Claude Debussy ( ténébreux, fascinant : il séduit… ) trouvera une maîtresse, Gabrielle Dupont, qu'il appellera "Gaby aux yeux verts".

yeux MB Vasnier

La méthode du symbolisme, écrit Mallarmé, était "d'évoquer, dans une ombre délibérée, un objet non mentionné en utilisant des mots allusifs". Debussy allait devenir le poète musical de cet art du brouillard et de la suggestion. Comme tous les symbolistes, il était attiré par les mystères sans nom et les horreurs obscures d'Edgar Allan Poe, tels que traduits par Beaudelaire.

yeux N Dessay

Nathalie Dessay chante le recueil à Madame Vasnier  

Voir les commentaires

Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »

Publié le par Perceval

Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »

Quelle aurait été notre vie si nous avions fait d’autres choix ? Que serions-nous devenus, ou que deviendrions-nous... si nous avions rencontré un autre conjoint ?

La photographe tchèque Dita Pepe a répondu à cette question existentielle en images ... Mariée avec un homme et maman de deux filles, l’artiste de 41 ans a eu envie de se mettre en scène dans d’autres vies. Un livre en est né, qui s’appelle '' Self-Portraits ''.

Ce livre, c’est l’histoire d’un projet qui démarre en 1999 en République tchèque. Dita Pepe (alors âgée de 26 ans) décide d’imaginer les destins qu’elle aurait pu avoir. Elle se prend alors en photo avec des femmes, en se mettant en scène de façon minutieuse. Elle ne fait pas les choses à moitié. Vêtements, décor, attitude… tout est important pour elle. Elle commence sa série de clichés avec des amies ou des collègues de son mari puis, inspirée, continue avec des inconnues. Elle nomme cette série Self-Portraits With Women.

Mais pourquoi s’arrêter là ?

Dita Pepe étend son champ d’action et se photographie alors avec des hommes ainsi qu’en famille, avec des enfants. Là encore, avec de la mise en scène. Le résultat est parlant. Naît alors une seconde série de photos appelée Self-Portraits With Men. Si la plupart des photos ont été prises en République tchèque, certaines ont également prises en Italie, en Allemagne ou en Afrique du Sud. Aujourd’hui Dita Pepe compte plus d’une centaine de clichés pour ce projet. Ils s’enchaînent sur son site,

Ce travail fait penser à celui de Cindy Sherman... Dita Pepe – en s’incarnant en différentes identités de femme, se concentre peut-être, davantage sur la façon dont les relations peuvent complètement transformer une personne ...

Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »

Voir les commentaires

Chantal Akerman

Publié le par Perceval

La cinéaste Chantal Akerman, vient de se donner la Mort. Née en 1950, Chantal Akerman a grandi à Bruxelles et venait d'une famille juive de Pologne, qui fut déportée à Auschwitz. Sa mère y survécut.

 

 

 

 

Chantal Akerman a réalisé un très beau film sur la nature du lien qui peut se tisser entre un homme et une femme, sur le mystère du lien amoureux...

Chantal Akerman, cet été (2105) à Locarno. --->

Ce film '' La Captive '' est construit sur ce qui nous est donné par Proust avec '' La Prisonnière '', et sur ce que nous savons du Cinéma, comme avec Hitchcock, dans Vertigo...

Hauts talons d'une femme marchant dans la Place Vendôme. La caméra suit cette vision élégante jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans une voiture. Un jeune homme (Stanislas Mehrar) suit, en gardant les yeux sur les talons.

Dans '' La Captive '', Ariane (Sylvie Testud) et Simon partagent un grand appartement parisien. Sage, oisive, un peu molle, Ariane va de musée en exposition et de concert en réception. L'inquiétude de Simon est permanente ; il sait qu'avant de le rencontrer, Ariane a aimé des femmes... L'aime-t-elle vraiment ? En est-elle seulement capable ?

Il veut tout savoir d'elle, la suit, la fait accompagner dans ses sorties, et la soumet à un questionnement incessant. Il se doute qu'elle a une double vie, et cela ne fait qu'exacerber sa douleur, son impuissance et sans doute son désir d'elle.

Ci-dessous : ce que Chantal Akerman, disait dans un entretien sur ce film :

« Dans La Prisonnière, Albertine est libre, elle aime les femmes, et le Narrateur est totalement démuni par rapport à ça...(...) Proust montre combien l’amour homosexuel est une vraie prise de risques, qui te prend toute ta vie. (…) Charlus, c’est l’absolue perte de soi, alors que même Swann finit par sortir de sa douleur, mais lui est juif, encore quelque chose qui me concerne de très près.

 Et j’ai toujours été fascinée par le récit de sa mort, quand Proust décrit comment ses traits de juif ressortent de son visage à l’approche de la mort… Le tout début de La Recherche aussi m’intéresse beaucoup, tout le rapport avec sa mère, mais j’en ai marre de faire des choses liées à la mère, même si je sais qu’on n’en a jamais fini…

(…) Pour les relations sexu

elles entre le Narrateur et Albertine, par exemple, j’ai repris quasiment point par point ce que Proust écrit, comment il se tient derrière elle, comment il la frôle, comment il l’appelle dans sa chambre, ou va dans la sienne, comment il la caresse quand elle dort, ou fait semblant de dormir, comment elle dit “Andrée” dans son sommeil, mais c’est sa main à lui qu’elle tient, et comment les deux jouissent. C’est une des choses les plus fortes jamais écrites pour montrer combien au fond, c’est toujours l’imaginaire qui te fait jouir. C’est une situation qui fait fonctionner leur imaginaire à tous les deux, et il n’y a pas besoin de pénétration, c’est une jouissance provoquée par leur imaginaire, une cérémonie sexuelle qui les lie, un cérémonial très au point entre eux deux, jusqu’à ce que sa jalousie à lui et son questionnement permanent devienne plus pesant que le plaisir partagé pris à ce cérémonial. C’est pour ça que quand on dit “C’est un bon coup” ou des trucs comme ça, ça ne veut rien dire, c’est ridicule. L’important est que le partenaire fasse fonctionner ton imaginaire, sinon il n’y a pas de jouissance.

Et c’est bien pour ça qu’Albertine reste chez lui, et ne parvient pas à le quitter, part pour mieux revenir, malgré sa jalousie et ses interrogatoires permanents, parce qu’elle jouit. »

Chantal Akerman observe sans ironie ce drôle de couple où les amants s'étreignent tout habillés et ne paraissent jamais si proches que bavardant à travers la vitre d'une douche ou mêlant leurs ombres au cours d'une promenade.

*****

Ce besoin de percer le secret de l'autre et les filatures qui en résultent font écho à l'intrigue de Vertigo (Sueurs froides) d'Alfred Hitchcock. À l'instar de Scottie (James Stewart), Simon suit Ariane dans un musée et l'observe en train de contempler une œuvre d'art. La coiffure de la Femme slave d'Auguste Rodin (1906) évoque le chignon de Madeleine (Kim Novak) et de Carlotta, le personnage du tableau, dans le film d'Hitchcock.

Voir les commentaires

Les couvertures ''Pulp'' de Paul Rader

Publié le par Perceval

Je reviens à cette littérature de genre 'Z', qui conte les exploits du super héros, qui au détour d'une aventure, rencontre la femme fatale...

   

L'illustration de la couverture de ces magazines bon-marché, devait résumer et émoustiller le futur lecteur... De véritables artistes se sont essayés à ce genre... parmi eux :

L'artiste Isaac Paul Rader (1906 - 1986). Il est né et a vécu à Brooklyn. Il a étudié l'art en Europe et a eu sa première exposition à l'âge de 16ans. Rader est surtout connu pour être un illustrateur prolifique de couvertures ''pulp''. Son travail se distingue à la fois par une attention au détail et l'accent mis sur les femmes volontaires et séduisantes, voire provocantes. Rader était si prolifique, et respecté, qu'il était l'un des rares artistes de couverture autorisé à poser sa signature sur son travail.

Après sa mort , et celle de son épouse ; on a appris que le seul modèle de ses œuvres fut sa femme, Edith … Elle n’aurait jamais été à l'aise pour évoquer les ouvertures sexy de Paul. Elle a préféré rester anonyme …

   

Pour visiter ce genre, d'un peu plus près: c'est ici:

LES DAMES DANS LES "PULP FICTION" -1/6-

Les couvertures ''Pulp'' de Paul Rader
Les couvertures ''Pulp'' de Paul RaderLes couvertures ''Pulp'' de Paul Rader
Les couvertures ''Pulp'' de Paul RaderLes couvertures ''Pulp'' de Paul Rader

Voir les commentaires

Geneviève Thauvette - Frida Kahlo

Publié le par Perceval

Geneviève Thauvette est une jeune artiste 'franco-ontarienne' basée à Toronto (Canada). Elle a exposé ses œuvres lors de plusieurs événements internationaux...

Ici, nous passerons en revue sa série «Beheld» qui met en vedette huit artistes femmes ayant vécues pendant le XXe siècle. Dans leurs portraits, plusieurs éléments, qui peuvent être retrouvées dans leurs propres œuvres, sont utilisées. Elles sont aussi représentées avec le portrait d’un homme dans leurs mains. Ces portraits représentent leurs partenaires, qui souvent furent plus connus ou respectés que leurs amoureuses dans le monde des arts. Par contre, ici, la femme est en couleurs vives et domine la composition. C’est elle qui règne et possède son amant.

Frida Kahlo était une peintre mexicaine mondialement connue avec son mari Diego Rivera. Née en 1907, elle joue un rôle important pour le mouvement artistique mexicain de l’époque.

A 15 ans, d’une volonté de fer, elle décide qu’elle porterai l’enfant de Diego Rivera, peintre alors très connu et âgé de 20 ans de plus…

Mais à 18 ans, le 17 septembre 1925, revenant de son école d’art, son bus percute un tram, une barre de fer transperce Frida de l’abdomen au vagin. Ses jambes et surtout ses vertèbres, subiront les plus graves séquelles. Cet accident sera un grand tournant dans sa vie.

Devant restée dans son lit, coincée dans son corset, elle fait installer un miroir au-dessus de son lit. C’est donc là qu’elle y peindra une grande partie de son oeuvre, les auto-portraits, parmi les 150 peintures qu’elle accomplira dans sa vie. Elle devra subir de très nombreuses interventions chirurgicales durant sa vie, et sera souvent restée couchée dans son lit d’hôpital.

Dès 1928, Frida Kahlo s’engage dans le parti communiste mexicain, dans un pays encore trouble et instable, pour aussi s’occuper de l’émancipation de la femme, où l’homme à toujours une position machiste.

Dans cette même année, elle rencontre enfin Diego Rivera, ils tombent tout de suite amoureux, et se marient un an plus tard, un 21 août

En 1937, Diego réussi à accorder l’asile politique à Trotsky qui sera alors hébergé dans leur maison bleu de Coyoacán. Frida et Trotsky on eu une liaison que l’on dit passionnée, et celle-ci lui dédicace un tableau à l’occasion de son anniversaire, où elle se montre à son meilleur jour. André Breton et Jacqueline Lamba profitent de venir à Mexico pour rencontrer Trotsky, ils vont donc du même coup faire la connaissance du fameux couple mexicain. Trotsky sera assassiné deux ans plus tard à coup de pic à glace… (août 1940) 

** Voir aussi:

LA VIE DE FRIDA KAHLO

et

FRIDA KAHLO: FÉMINITÉ SOUFFRANTE

Voir les commentaires