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Articles avec #couples tag

Conte: Les trois dés.

Publié le par Perceval

 * Non loin de Brocéliande, la femme d'un meunier cousait près du canal qui acheminait l'eau à la roue du moulin.

Soudain, son dé tomba dans le courant et disparut. Le dé est un outil indispensable, de plus, celui-ci était de cuivre et décoré... La couturière hurla de désespoir, invoqua les saints et même Merlin... Et, - c'était une autre époque … - c'est Merlin qui lui apparut :

- Chère fille, pourquoi pleures-tu ?

- Mon dé est tombé dans l'eau !

- Est-ce si grave ?

- Oui, j'en ai besoin pour aider mon mari à nourrir notre famille.

Le druide plongea la main dans l'eau, et  en sortit un dé en or avec des saphirs... Et, il lui demanda :

 - Femme, est-ce là ton dé ?

- Non, répondit la couturière.
Il plongea à nouveau la main dans l'eau, et en sortit cette fois un dé en argent avec des rubis,    et il lui demanda :

- Femme, est-ce là ton dé ?

- Non, répondit encore la couturière.

Il plongea une troisième fois la main dans l'eau et en sortit un dé en cuivre et il lui demanda encore :

- Femme, est-ce là ton dé ?

- Oui, répondit la couturière.

Merlin fut satisfait et content de l'honnêteté de cette femme, lui donna les trois dés. 

La femme rentra toute contente à la maison.

** Quelques années plus tard, pendant une promenade avec son mari au bord de la rivière, le mari tomba dans l'eau , et disparut dans le courant.

La femme hurla de toutes ses forces et le sage Merlin, alerté par ses cris, apparut. 

- Ma chère fille, pourquoi pleures-tu ?

- Mon mari est tombé dans la rivière ! 
Merlin plongea la main dans l'eau, et en sortit, le chevalier Gauvain.

-  Femme, est-ce ton mari ?

-  Oui oui ! hurla la gente dame ! 
- Le Saint, furieux, lui dit :

-  Tu as menti : ce n'est pas ton mari ! 

La femme répondit : 

-  Il y a un malentendu. 

    Si j'avais dit "non" au chevalier Gauvain
    Vous auriez sorti Lancelot.

    Et si j'avais dit "non" à lui aussi ; vous auriez sorti mon mari... Et si à ce moment là j'avais dit "oui", vous m'auriez donné les trois !

- Et, ma santé n'est plus si bonne : je n'aurais pas pu prendre soin de trois maris.

- C'est pour cela que j'ai dit "oui" à Sir Gauvain.

On dit que la réponse plut à Merlin... Aussi il lui permit de garder Sir Gauvain. Enfin, pendant le temps de cette histoire ...

Conte: Les trois dés.

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Le ''voyage à Cythère''

Publié le par Perceval

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

Sur la toile de jeunes couples sont sur l’île de Cythère (où Aphrodite est née). Ils y font un pèlerinage afin de rendre hommage à la déesse de l’amour, Aphrodite, dont on aperçoit la statue à gauche.

Le tableau symbolise le style de vie indolent de l’aristocratie et il décrit les différentes étapes de l’amour : des couples, très amoureux, assis près de la statue, aux couples, qui semblent plus timides et qui se dirigent vers le bateau.

Grâce au succès du tableau, Watteau en fait deux versions et sur la deuxième, le peintre y ajoute de nombreux ''putti'' ( angelots nus et ailés )...

Le ''voyage à Cythère''

Dans la fable de La Fontaine « Les deux pigeons » : '' servir sous le fils de Cythère '' est synonyme d’'' être amoureux ''

« J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors

Contre le Louvre et ses trésors,

Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux

Honorés par les pas, éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui, sous le fils de Cythère,

Je servis, engagé par mes premiers serments »

 

Un certain nombre d’expressions où entre le nom de Cythère renvoie aux plaisirs de l’amour...

L’île protège les amants et les isole du monde dans un cadre enchanteur propice aux ébats amoureux. L’île permet la création d’un royaume à part, comme le suggère la Carte du Royaume d’amour en l’isle de Cythère

 

Jean-Baptiste Joseph Willart de Grécourt , intitulée « L’île de Cythère »

( …) Point de nouvel édit

Dans l’île de Cythère ;

La seule loi qu’on suit

N’ordonne que de faire

L’amour La nuit et le jour.

 

''Partir pour Cythère » ( ou '' faire un pèlerinage à Cythère '') devient ainsi une métaphore érotique...

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1920 - Le sexe ?

Publié le par Perceval

1920 - Le sexe ?

1920 - Le sexe ? ... Silence... ! Même si on voudrait bien savoir...

« Jouir est le grand mot d'ordre du jour », déplore Madame Vérine, qui défend un programme d'ordre moral dans l'Ecole des Parents en 1929.

On a l'impression que la sexualité s'échappe de la sphère privée et conjugale pour toucher l'ensemble de la jeunesse … Mais la tendance générale est que l'on ne parle pas de ces ''choses'' là... !

Les jeunes des deux sexes rêvent de sexualité mais ont peur de l'acte sexuel pour des raisons différentes : les filles redoutent le déshonneur et l'enfant ; les garçons craignent de ne pas être à la hauteur... L'amour et la sexualité appartiennent à deux mondes différents...

 

Sources : Intimité amoureuses : 1920-1975 de Anne-Claire Rebreyend

1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 5/. -

Publié le par Perceval

Le corps féminin: exploration.

Dans ''le Portier des Chartreux'' (1741), Saturnin fruit d'une nonne et de père inconnu, raconte ses mémoires... Mme Dinville « tétonnière autant que femme du monde » déniaise le jeune homme ...

Les métaphores topographiques et géographiques servent à désigner l’anatomie du corps féminin ; alors que la dame feint de dormir ...

« Devenu plus hardi, je changeai de posture, et mes yeux animés par la vue des tétons, à faire de nouvelles découvertes, voulurent descendre plus bas : je mis la tête aux pieds de la dame, et collant mon visage contre terre, je cherchais à pénétrer dans l’obscur pays de l’amour, et je ne voyais rien : ses jambes étaient croisées, et la cuisse droite se trouvant collée sur la gauche, mettait mes regards en défaut. Je voulus du moins me dédommager, en touchant, de l’impossibilité de voir. Je coulai la main sur la cuisse, et j’avançai insensiblement jusqu’au pied de la montagne ; déjà je touchais du bout du doigt l’entrée de la grotte, je croyais n’en pas souhaiter davantage, je croyais y borner tous mes désirs. »

Ensuite c'est Fanny qui se charge de l'éducation de Saturnin qui « brûlait de connaître comment [elle était] faite » :

« Je me plaçai moi-même dans l’attitude la plus favorable pour exposer à ses regards le petit antre des voluptés et le coup d’oeil luxurieux du voisinage.

Extasié à la vue d’un spectacle si nouveau pour lui, il écarta légèrement les bords de ce sombre et délicieux réduit ; fourrant un doigt dedans, il parvint à cette douce excroissance qui de souple qu’elle était enfla de telle sorte à son toucher que le chatouillement m’arracha un soupir. Cependant il n’abusa pas plus longtemps de ma complaisance. »

L’ouvrage est attribué à Jean-Charles Gervaise de Latouche,avocat au Parlement de Paris (1715-1783).  « Ce qui parcourt ce roman-là, c'est le feu. (…) Là, on arrive avec un érotisme qui n'est pas dans la distance, de l'alignement parfait des corps, mais dans le feu qui va dévorer les personnes qui ressentent du désir. » Caroline Allard 

Le désir de la destination finale de l'amant devient celui du voyageur :

« Je ne restai pas longtemps à table, j’avais mon dessein : le voyageur curieux d’arriver ne s’amuse pas à considérer les prairies qui se trouvent sur son passage.

Rozette savait la carte de mon voyage ; elle m’avait vu mettre le doigt sur l’endroit où je prétendais arriver ; et avait résolu de me donner quelques distractions en chemin ». de Claude GODARD D’AUCOUR, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, 1744

Claude Godard d’Aucour (Né à Langres en 1716 ) fut tour à tour fermier général puis receveur général des finances. Il remporta un premier grand succès littéraire avec L’Histoire galante de deux jeunes Turcs durant leur séjour en France, pour lequel il s’inspira des Lettres persanes de Montesquieu.

Thémidore, roman libertin lui aussi paru la même année, raconte l’histoire d’un jeune conseiller au Parlement épris d’une femme rencontrée au cours d’une partie fine. Le père du garçon n’apprécie guère cette liaison et réussit à faire enfermer la gourgandine au couvent. Mais le fils rebelle s’ingénie, avec succès, à l’en libérer. Cette charge ironique contre la religion et les puissants fut interdite à deux reprises sous la Restauration, mais enchanta Maupassant, qui y vit « une merveille de grâce décolletée » et « un impur chef-d’œuvre ».

La Route des plaisirs :

« Dom Procureur, d’abord un peu timide, s’avoisine cependant, caresse délicatement du plat de la main ma blanche et ferme mappemonde… Il ose même glisser un doigt furtif le long du sillon ». Le Diable au corps de Nerciat

« L’amant (Dom Procureur) apparaît alors comme un explorateur encore intimidé par ce qu’il s’apprête à découvrir mais « ose » peu à peu approcher des « terres » du corps de la marquise avant de s’y aventurer tout à fait, de la main et du doigt, afin de (se) révéler ce qui, dans le corps féminin, est le plus caché. La timidité première, la délicatesse et le verbe « oser » tendent ainsi à suggérer que l’exploration du corps féminin ne se fait que dans le risque, la tentative hardie, comme s’il y avait quelque danger à se lancer ainsi à la découverte de ces terra incognita d’un autre genre. » Morgane Guillemet

Le chevalier de Nerciat (1739-1800), libertin et fin politique, il a su avec joie de vivre et santé heureuse, traverser une époque plus difficile … À vingt ans, soit en 1759, il embrasse la carrière militaire et entre comme lieutenant dans le bataillon de milices de la province de Bourgogne. Il voyage... En 1771, il est gendarme de la garde du Roi. Il fréquente alors les salons du marquis de La Roche et Nerciat le suivra à la cour de Frédéric II. Le chevalier aurait, durant cette période, c’est-à-dire pendant quatre ans, fréquenté des sociétés secrètes de libertinage. En 1775 paraissent les premières œuvres du chevalier : son roman Félicia ou mes fredaines obtient un succès immédiat...

Nerciat quitte en 1775Paris et voyage en Suisse et en Allemagne où il remplit de secrètes missions pour la Cour. On suppose qu’il était agent secret tout comme Mirabeau et Dumouriez...

En 1782, sa première femme décède. En 1783, il est de retour à Paris, où il épouse Marie-Anne-Angélique Condamin de Chaussan, originaire de Lyon et âgée de dix-huit ans.

En 1791, il aurait rejoint l'armée de Condé, à Koblentz, formée exclusivement d’émigrés français. Il y occupe le grade de colonel. En 1792, il devient aide de camp du duc de Brunswick pour qui il aurait travaillé comme agent secret.

Puis, le chevalier abandonne la cause des émigrés et devient espion pour la République... Il est certain qu'à partir de septembre 1792, Nerciat travaille pour le gouvernement révolutionnaire.

À la suite de ces deux missions, Nerciat ne rentre pas en France. Il aurait alors exercé le métier de libraire d’abord à Neuwied, ensuite à Hambourg et enfin à Leipzig. Trois de ses romans paraissent durant cette période, soit Monrose (1792), Mon noviciat ou les joies de Lolotte (1792) et Les Aphrodites (1793).

En 1796, Delacroix, ministre des Affaires étrangères, charge Nerciat d’une importante mission secrète. Le chevalier doit sonder à Vienne les chances d'une paix séparée avec l'Autriche.

Nerciat adresse régulièrement des rapports au secrétaire de Delacroix, Guiraudet, avec qui par ailleurs madame de Nerciat, faute d’avoir son mari auprès d’elle, entretient des relations intimes.

Ensuite, Delacroix l'envoie en mission en Italie. Devenu agent double, il y sera emprisonné et se retire à Naples pour y mourir...

Sa vie fut aussi dangereuse que son œuvre est joyeuse.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria

Publié le par Perceval

«Eugène a réalisé plusieurs centaines de tableaux et Achille 3000 lithographies et une production picturale mal connue. En 1820, tous les tableaux furent exécutés à deux mains. Certains portent les initiales A et E en guise de signature» indique Olivia Voisin, diplômée en Histoire de l'Art et muséologie, qui travaille sur le «Catalogue raisonné des peintures et dessins d'Achille et Eugène Devéria»...

A partir de 1828, les frères Devéria participe aux discussions ardentes dans le Cénacle 'romantique' fondé par Hugo.

Après la dislocation de celui-ci, les frères Devéria forment leur propre cénacle où se réunissent, au lendemain de 1830, de nombreux poètes et artistes bohèmes que l'on appelait alors bousingots ou Jeunes-France.  

'Replique de la Naissance d'Henri IV' par Eugène Devéria

'Replique de la Naissance d'Henri IV' par Eugène Devéria

Eugène Devéria (1805-1865) a fait son apprentissage auprès de son frère aîné Achille (1800-1857) ; il est l’enfant chéri de la génération romantique, devenu célèbre à vingt-deux ans en exposant "La Naissance d’Henri IV" (musée du Louvre) au Salon de 1827 où cette immense toile fait sensation et remporte tous les suffrages.

Les commandes officielles qu’il reçoit, notamment pour le château de Versailles, ses compositions dans le domaine de la peinture religieuse (à Paris, pour Notre-Dame-de-Lorette, à Fougères, et surtout à Avignon, avec la décoration murale de Notre-Dame-des-Doms) font suite à ce coup d’éclat. Puis, retiré à Pau dans la pratique d’un calvinisme fervent (sa conversion date de 1843), Eugène Devéria gagne l’ombre, et s’il cultive toujours le registre historique, se consacre au portrait et au paysage. Sa réputation le conduit en Hollande et en Ecosse, où s’épanouit sa pratique du portrait.  

La famille Devéria est une famille d’artistes, avec Achille et Eugène, mais aussi Laure la benjamine, qui montre un réel talent de dessinatrice et expose avec succès au Salon. Elle meurt prématurément en 1838. Eugène Devéria montre des dispositions précoces pour le dessin et son frère Achille le fait d’abord entrer aux Beaux-Arts, où il étudie sous la direction de Girodet et de Lethière, puis prend lui-même en main la formation de son cadet. 

 

 

Un Concert  Laura Devéria chante - 1831 -

Eugène François Marie Joseph Devéria

Achille Deveria - Portrait de Céleste Motte 

épouse d'Achille.

 

Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria

Achille Devéria

Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria

Achille Devéria (1800-1857), dessinateur et lithographe français s'exerce dans des genres très divers et c'est à lui que l'on doit les petits dessins libertins qui enchantent les amateurs de "curiosa". On lui doit aussi plusieurs tableaux religieux, et des aquarelles fort recherchées. Il est le premier qui ait su appliquer la couleur à la lithographie. Ami proche de Victor Hugo, lui-même amoureux du beau sexe... (on imagine que son atelier a du en voir de toutes les couleurs).

Il produisit ainsi un grand nombre de gravures libertines, allant souvent jusqu'à doubler d'une version libre ses compositions les plus officielles...

Attention, ces images peuvent heurter ...!

 

 

Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria

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Juarez Machado: Lovers et Tango

Publié le par Perceval

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Juarez Machado est né en 1941 à Joinville dans l'état de Santa Catarina au sud du Brésil. Il a fait des études à l'école des Beaux Arts du Parana à Curitiba.

En 1966 il s'est installé à Rio de Janeiro, il a commencé à travailler pour la télé qui démarrait à Rio, ainsi que pour le théâtre. Il a fait des décors, des costumes des dessins d'architecture, des caricatures pour les journaux (même politiques). Il a été aussi acteur et mime pendant assez longtemps. 

Ce qu'il peint : « Tout ce qui fait la vie : le métro, la rue, les lieux que je fréquente. Mais aussi  la musique, la danse, le champagne, les femmes, l'amour, les années 25-30, car c'est une époque qui me plaît et que j'aurais aimé vivre. Et par dessus tout, le tango parce que c'est une danse sensuelle, nostalgique, qui prend aux tripes . C'est l'abandon de l'autre dans une harmonie totale... »

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Ce qui caractérise la peinture de Machado, c'est la précision du trait, des détails infimes qui se trouvent dans chaque tableau, les couleurs et, par-dessus tout une touche d'humour.

Juarez Machado a reçu plusieurs distinctions dans les salons brésiliens ainsi que d'autres prestigieuses récompenses internationales. Depuis 1986 il habite à Paris et expose fréquemment en Europe et aux Etats-Unis. On dit qu'il a influencé l'image des films de Jean-Pierre Jeunet...

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 2/. -

Publié le par Perceval

Ainsi avance l’idée de la « femme naturelle », et prend d’autant plus de sens dans un contexte idéologique qui fait de la femme l’être par excellence voué à la nature et à sa nature.

Laclos, lui, dans ses « essais sur les femmes », en 1783, va plus loin : l’esclavage de la femme n’est en rien naturel, ce sont la société et le manque d’éducation qui lui ont ravi les avantages accordés par la nature.

« Il ne veut point, ce philosophe ( ndt : il s'agit de Rousseau) , ainsi que ma mère, faire de moi ni une citoyenne, ni une Marchande, ni une femme attachée à des devoirs civils, ni une mère sensible à ses enfants, ni attachée à son état ; mais une fille, une femme naturelle, tel est l’ordre de la nature, et il n’y en a point d’autre. » HUERNE DE LA MOTHE, François-Charles, Histoire nouvelle de Margot des Pelotons, Genève, 1775, p. 6

La liberté sexuelle apparaît comme un état de nature – opposé à l’état social qui refuse cette liberté sexuelle à la femme - dans le discours que tient le père de Laure à la jeune fille :

« Elles tiennent de leur existence et de leur constitution le droit de choisir, et même de changer si elles se sont trompées. Eh ! qui ne se trompe pas ? Enfin, c’est ce droit né avec elles qui les rend plus inconstantes que les hommes, qui tiennent des lois générales d’être plus infidèles. S’il est en elles, par la constitution de leur sexe, un degré de volupté plus grand, un plaisir plus vif ou plus durable que le nôtre, qui les dédommage en quelque sorte des accidents et des peines auxquels elles sont soumises, quelle injustice de leur en faire un crime ! » MIRABEAU, Honoré-Gabriel Riqueti de, Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, Arles, 1785

Les personnages de libertins, à l’instar de l’abbé T*** à Thérèse, ne cessent de l’affirmer, les « besoins de tempérament [sont] aussi naturels que ceux de la faim et de la soif »

Est désigné, par le terme « tempérament », l'appétit sexuel .... « Je crois que la nature m’en a plus appris que les meilleurs maîtres. » Amélie de Saint-Far ou la Fatale erreur,

« Leur tempérament dépend-il d’elles ? De qui l’ont-elles reçu ? Leur imagination, plus aisément frappée et plus vivement affectée en raison de la délicatesse et de la sensibilité de leurs organes, leur curiosité excessive et ce tempérament animé leur présentent des images qui les émeuvent violemment, et qui les obligent de succomber d’autant plus aisément que le moment présent est, en général, ce qui les remue avec le plus d’énergie. » Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure.

 

Le tempérament, présenté comme la cause de l’inconstance et de la liberté sexuelle de la femme, n’apparaît plus comme le seul apanage de la courtisane, mais fait de toute femme, au moins potentiellement, un être sensuel et voluptueux. Car « s’il est bien difficile à un homme de triompher de ses désirs, il l’est bien davantage à ce sexe que tout sollicite à suivre la nature et les plaisirs ». NOUGARET, Pierre-Jean-Baptiste, Lucette ou les Progrès du libertinage, Londres, Nourse, 1765 Mais seule la femme libre aura su développer ses facultés pour parvenir à l’état naturel : la femme naturelle est donc fondamentalement un être libre.

Mirabeau, avec Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, explique ainsi que la jeune fille doit soumettre l’évolution de son être à celle de son corps et donc de la nature – dans une conception de l’être féminin et de son corps entièrement soumis à la nature telle que l’entend le siècle.

« […] tes tétons naissants sont presque formés, tes membres s’arrondissent, ta motte se rebondit, elle est d’un incarnat admirable, et j’ai cru découvrir dans tes yeux que la nature veut qu’on te mette bientôt au rang des femmes. L’année dernière, au printemps, tu vis les préludes d’une éruption qui va s’établir tout à fait » .

« Ses soins généreux ou intéressés furent payés par des progrès étonnants. Ma beauté se développa de bonne heure, et bientôt mon esprit promit encore plus. Je devenais de jour en jour plus chère à Cynare : mes attraits naissants, loin de l’alarmer, lui paraissaient, dans le déclin des siens, une ressource utile, et elle n’épargna rien pour mon éducation ». Psaphion, la personnage principale du roman éponyme de Meusnier de Querlon en 1748

« J’avançais en âge et j’atteignis la fin de ma seizième année lorsque ma situation prit une face nouvelle : les formes commençaient à se décider ; mes tétons avaient acquis du volume, j’en admirais l’arrondissement journalier, j’en faisais voir tous les jours les progrès à Lucette et à mon papa, je les leur faisais baiser, je mettais leurs mains dessus et je leur faisais faire attention qu’ils les remplissaient déjà.. » Psaphion

« Telle j’étais à quatorze ans ; mais je touchais au moment où toutes les passions que je renfermais dans mon sein devaient éclore. Mon penchant à l’amour se trahissait de mille manières ; mes yeux étaient animés, souvent même remplis d’ivresse. Tout annonçait en moi ce que je devais être un jour » . CHOISEUL-MEUSE, Félicité de, Julie ou J’ai sauvé ma rose

« Nous ne cessions de nous toucher, de nous examiner ; nos cœurs purs comme le jour et nos mains innocentes ne trouvaient point déshonnêtes ces caresses naturelles. Semblables aux enfants des peuples policés, dont les préjugés n’ont pas encore altéré la tranquille candeur, on les voit entre eux jouer à la mère, se donner le fouet, parcourir avec émotion les lieux les plus secrets de leurs corps. Cet instinct, chez les enfants, est sans doute celui de la nature : c’était le nôtre. […] Une nuit, il s’approcha plus de moi, nous nous accouplâmes sans le savoir. » Félicité de Choiseul-Meuse

 

Il est à noter toutefois que le plus souvent – en dehors de quelques exceptions comme Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, de Félicia ou Mes fredaines, de Julie ou J’ai sauvé ma rose de Félicité de Choiseul-Meuse, et quelques autres encore – le corps féminin n’est guère décrit dans les romans libertins,

« Pourrai-je jamais t’exprimer la blancheur, le satiné de sa peau, cette gorge divine sur laquelle sont posés deux jolis boutons de rose, l’élégance, la souplesse de sa taille, le contour, la fermeté de deux fesses dont la partie supérieure forme la chute de reins la plus admirable, la rondeur de deux cuisses que jamais l’art ne pourra imiter ? Pourrai-je te peindre ce ventre lisse et poli sur lequel j’imprimai un million de baisers ?... Pourrai-je, surtout, te donner une idée de ce réduit admirable, le plus bel ouvrage de la nature, centre de tous nos plaisirs, lieu délicieux où l’amour a fixé son séjour ? Vit-on jamais une motte mieux relevée et garnie d’une plus jolie mousse ? » ... ANONYME, La Messaline française, à Tribalis, de l’Imprimerie de Priape, 1789

Le regard masculin se dirige ainsi du haut vers le bas, commençant par la « gorge », laissant de côté le visage, et terminant par le « réduit des plaisirs », centre et but de toutes les attentions, de tous les désirs et de tous les fantasmes masculins. Car il ne s’agit pas tant de décrire le corps féminin – le choix de la formulation interrogative est révélateur – que de montrer le désir qui anime le regard masculin.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 1/. -

Publié le par Perceval

« Jamais fille chaste n’a lu de romans, et j’ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu’en l’ouvrant on sût à quoi s’en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue ; mais qu’elle n’impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d’avance » écrit Jean-Jacques Rousseau dans la deuxième préface de La Nouvelle Héloïse en 1761.

« Ainsi toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu’on doit leur apprendre dès leur enfance » ROUSSEAU, Jean-Jacques, Émile ou De l’éducation, La Haye, J. Neaulme, 1762

Des textes comme ceux du docteur Nicolas Venette, auteur du Tableau de l’amour conjugal en 1687, mais aussi, bien entendu, de textes littéraires, en particulier ceux de Diderot, notamment avec son Essai sur les femmes en 1772, et de Sade ; s’intéressent à la femme pour l’enfermer, bien souvent, dans l’infériorité physique qu’on lui suppose, doublée bien souvent d’une infériorité intellectuelle justifiée par la faiblesse physiologique.

C’est la Nature qui permet de justifier la subordination de la femme à son corps et à l’homme.

Dans le Roman libertin du XVIIIe , c’est toujours la nature qui décide de la femme et surtout de son corps, ce qui conduit bien souvent à subordonner la femme à son corps.

L’imagerie traditionnelle du roman libertin, qui fait notamment du bidet un meuble indispensable à la femme, la renvoie donc sans cesse à son corps et en particulier à cette partie qui cristallise tous les fantasmes masculins et concentre toutes les attentions, à savoir ce que le roman libertin aime à appeler le « minon » et la ramène une nouvelle fois à l’intérieur de son corps, c’est-à-dire à l’utérus, dont le sexe apparent se montre comme la porte d’entrée, véritable porte du Gynécée.

« Si cet ouvrage vient à tomber entre les mains de jeunes personnes, soit par l’inattention des pères et mères, soit par la négligence des personnes faites pour veiller à leur éducation, soit enfin par la séduction de quelques âmes libertines, qui ne manquent jamais d’artifice pour se procurer l’entrée des maisons honnêtes, si en un mot par tel accident que ce puisse être, une jeune fille se trouve à même de lire ce livre, qu’en arrivera-t-il ? Rien. Elle sera dans le cas, tout au plus, de gémir sur l’assemblage prodigieux des imperfections auxquelles son sexe est sujet, et sur les causes infiniment multipliées de son dérangement et de son entière destruction » . Le docteur Bienville, dans la préface de La Nymphomanie ou traité de la fureur utérine, en 1771.

« Votre mal, auquel ils n’ont rien connu, n’est point une affection du corps, mais un dégoût de l’esprit, causé par l’abus d’une vie trop délicieuse. Les plaisirs sont à l’âme ce que la bonne chère est à l’estomac. » NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Le roman libertin ne représente jamais la jeune fille lisant des ouvrages médicaux, ni même de textes pouvant l’instruire sur sa propre physiologie ou sur son corps. L’héroïne d’Andréa de Nerciat, Lolotte, se voit ainsi mise en possession, par ses maîtres, de « quantité de livres qui [l’]avaient considérablement avancée dans la connaissances du sexe masculin, et de la douce utilité dont il est au sexe féminin ». NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Les personnages masculins du roman libertin qui voient dans les femmes des êtres « susceptibles de faiblesses ou d’égarement » ne manquent pas, à l’image du chevalier de Gérac qui, dans Les Malheurs de l’inconstance de Dorat, en 1772, parle du sexe féminin comme d’ « un sexe faible, avide de bonheur et si bien fait pour le sentir ». DORAT, Claude-Joseph, Les Malheurs de l’inconstance, ou Lettres de la marquise de Syrcé et du comte de Mirbelle, Amsterdam et Paris, Delalain, 1772

De même, la femme auteure:...

Madame Durancy, dans Amélie de Saint-Far de Félicité de Choiseul-Meuse, en 1808, explique qu’une « femme ordinaire » est une femme « aimant à l’excès, soumise jusqu’à la faiblesse, confiante jusqu’à la sottise ». Mais dans le discours des personnages féminins qui fustigent cette faiblesse, la rejeter c’est aussi cesser, d’un certain point de vue, d’appartenir au sexe féminin. C’est ce qu’indique Emma, un des personnages féminins, lorsqu’elle se raconte lors de la sixième soirée de Entre chien et loup de Félicité de Choiseul-Meuse :

De la représentation au mythe : l’ambiguïté féminine dans le roman libertin « […] je ne vis plus qu’avec un souverain mépris, les faiblesses d’un sexe auquel je voulais appartenir le moins possible » .

« La femme porte au-dedans d’elle-même un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d’elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. [...] C’est de l’organe propre à son sexe que partent toutes ses idées extraordinaires. La femme hystérique dans la jeunesse se fait dévote dans l’âge avancé » DIDEROT, Denis, Sur les femmes, 1772

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Gravures: en Noir et Blanc.

Publié le par Perceval

Henri Van Straten (1892-1944) fait partie du groupe flamand : ''Les Cinq'',qui, avec Jan et Jozef Cantré, Frans Masereel et Joris Minne, ont rhéabilité la gravure sur bois en Belgique

Henri Van Straten a laissé une œuvre graphique vaste et variée, mais aussi fortement imprégnée d’un engagement littéraire vis à vis de son époque. On dit qu'il est un expressionniste humaniste sensuel. Son ''Chemin de croix'' a fait quelque bruit ; on cite également : "Don Juan" (1925), "Landverhuizers" (1927), "La Boudeuse" (1931), "Dichter der Armen" (1932), "Het soldatenlief" (1934)  

Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)

Henri van Straten ( 1892 - 1944)

Frans Masereel (1889-1972) est un graveur, peintre et illustrateur belge d'origine flamande. Il est mort à 82 ans à Avignon.

Artiste engagé, humaniste, libertaire, pacifiste antimilitariste, marqué par le tourment sanglant de la Première Guerre mondiale, ses œuvres dénoncent sans concessions les horreurs de la guerre, de l'oppression et de l'injustice sociale.  

Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
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Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
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Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
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Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -

Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -

Vladimir Zimakov est un artiste contemporain qui vit et travaille à Los Angeles en Californie. Il est graveur, illustrateur, concepteur... Il enseigne également l' art et le design et mène fréquemment des conférences. Vous pouvez voir son travail ici sur son site 

Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov

Vladimir Zimakov

Artemio Rodríguez est né à Tacámbaro, Michoacán, Mexique en 1972.

« Je base mon style sur des caractéristiques médiévales de la gravure sur bois: la simplicité de la ligne et un style visuel. Quand je crée mes images , je pense réaliser des illustrations pour un livre qui n'existe pas. Heureusement beaucoup de mes œuvres, ensuite, ont trouvé une place dans des livres... »

Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)

Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)

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Vers Libres ( et érotiques) - Raymond Radiguet

Publié le par Perceval

Raymond Radiguet est l'auteur du fameux roman "Le diable au  corps" (1923) porté à l'écran en 1947 par Cocteau .. Le succès est immédiat et le livre fait scandale.

Raymond Radiguet est né en 1903 et est mort à 20 ans, d’une fièvre typhoïde, en 1923. Introduit très tôt dans les milieux de la presse, il fait la connaissance, entre autres, de Jean Cocteau, André Breton, Max Jacob, Paul Morand, Érik Satie et Francis Poulenc.

Un seul recueil de poésie est publié de son vivant : Les joues en feu (1920), période de sa liaison avec l'ancienne égérie de Modigliani : Béatrice Hastings. 

Le reste de son oeuvre est publié après sa mort : le roman Le bal du comte d'Orgel (1924), ainsi que les recueils de poèmes : Vers libres (1925) et Jeux innocents (1926) publiés sous le manteau contre la volonté de la famille Radiguet. D'autres recueils restent encore inédits.

Vers Libres ( et érotiques) - Raymond Radiguet

Chat perché

Au ciel des plages, Virginie*,
Ombres d'où je t'ai vu sortir,
Le zéphir, la brise d'été
Apportaient l'odeur de peau nue
(...)

Dans un rève où tu figurais
Entre une ruche d'écolières
Aux cheveux en nattes tressés.
La châtaine ainsi que la brune

Non contentes d'une bougie
Cherchaient à prendre en leurs filets
Un lycéen couleur de lune
Qui enseignerait à chacune

L'art d'agacer le chat perché
Dans la niche où il s'est caché.  

Bains publics

Que n'ai-je écouté tes paroles,
Rivière, dont les herbes folles
Au corps des ondines semblaient
Des ceintures de chasteté ?

Car ondines ce sont baigneuses
Aux fruits de marbre, au teint de lait,
Craignant les coups de la saison
Quand les ombrelles lumineuses

Fêtent le retour de l'été
Rivière, que n'ai-je écouté
Le conseil de tes herbes folles...
Adieu la sieste et le gazon,

Les ondines ont dépouillé
Pudeur, décence et chasteté
Mêlant leurs jambes et les miennes.
Jamais ondines ne tolèrent

Ces herbes folles, oripeaux
Passés de mode, sur leur peau.
Ondines sont filles légères
Jettant par-dessus les moulins

Leurs bonnets et combinaisons.
D'une ondine au sexe bâillant
La perle est dans le coquillage
(Perle perdue vingt fois par jour)

Ondines, les reprend l'amour,
Jamais d'ailleurs ne se souviennent
Que Cupidon, c'est en raillant
Qu'il les enfile, fausses perles,
Par derrière et sous une ombrelle.
 

Jeux innocents

Envole-toi comme une mésange
Ombrelle qui cachais nos jeux

Peu à peu se perd l'innocence.
De Vénus complice l'été
Dépouillant toute chasteté
Fait s'égarer les pucelages,
Tels des colliers ou des bijoux.

Qu'une enfant repeigne ses joues !
Après l'amour qu'on lui enseigne,
Entre ses jeunes jambes saigne
La grenade à jamais fendue.

- Elle s'habituera bientôt
À mieux supporter les mélanges
Et déjà, du bout de la langue,
Dans l'ombre de colin-maillard

Elle reconnaît le coupable.
L'ombrelle ouverte sur le sable
Parmi les algues et le sang
Cachera nos jeux innocents.  

Les Fiancés de Treize ans

(...)
Nulle robe ne peut soumettre
Celle qui, puérile nue,
Dans un coquillage vécut
En attendant le jour de naître.

Rendez-vous au prochain été.
Pateince ! la mer nous attend...
Au bout de cette année scolaire
Les replis de sa vaste ombrelle

Sauront nos amours abriter
De la maternelle colère.
Mais toi tu nous comprends, Vénus,
Chère folle, toi qui déjeunes

De soleil et de lune dînes,
Mis à l'école des ondines
On nous apprend à rester jeunes,
A nous qui voudrions vieillir !

A la dînette de la vie
A peine mis notre couvert,
Peureuse d'être découverts
Par la nourrice de son frère

(De sa mère le préféré :
Dernier venu c'est le premier,
Aussi bien tu le sais, Vénus)
Comme oursin peureux se hérisse

La naïve à qui l'on défend
De mettre un pantalon ouvert.

- Tu vas me trouver bien enfant,
Ondine, si je te demande

De me prêter un des canifs
Qui semblent furtives sardines
Ouvrant le fruit des mers gourmandes.
En échange de ton canif

D'argent, ondine, je dédie
A tes soeurs et à toi l'écorce
Dont je ne sus venir à bout,
Assis, couché ou bien debout,
Trahi par mes naïves forces.

Pourpre ciel entrouvert ! Grenade

Un bon conseil puisque tu daignes
Aphrodite me faire faire
Le grand tour du propriétaire
Vénus parmi les promenades

En tricycle dans tes domaines
Que la mer rouge ne te teigne,
La douleur en une grenade
Changeant la naïve châtaigne.

Note : ce poème est paru pour la première fois dans le n°7 de la revue L'oeuf dur le 7 février 1922, sous forme de quatrains ; et communiqué par Radiguet à Valentine Hugo (artiste peintre et femme de l'arrière-petit-fils de Victor Hugo) dans une lettre datée du 26 mars 1921.

Valentine Hugo, Raymond Radiguet et Jean Hugo (vers 1921) ds un décor de paquebot au Magic-City

 

Nues

Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit
Vers l'aurore sans plus de bruit
Dormez chère étoile ingénue


Sous les arbres de l'avenue
Les amours ne sont plus gratuits
Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit


Deux étoiles à demi-nues
Semblables soeurs nées à minuit
Chacune à son tour nous conduit
A des adresses inconnues
De leurs regards frivoles nues


De Les joues en feu - cité in Vers libres & jeux innocents - 

RADIGUET: - illustrations de Rojankovsky, dit Rojan

RADIGUET: - illustrations de Rojankovsky, dit Rojan

Nymphe émue

De ta tête, ôte ce panier
Naguère débordant de fraises,
C’est en prendre trop à son aise,
Tant bien que mal, nymphe, élevée.
 
Car sur les cendres de tes fraises
Les bravos ont fait relever
La tulle du lit où repose
La source d’hier, qui se tut.
 
Nymphe, m’apprivoisent tes cuisses,
Tes jambes à mon cou, statue,
Je courrais comme ondes bondissent,
Et arrivant en bas se tuent.
  
(Obligé qui voudrait y boire
Biche, de se mettre à genoux.)
 
Nymphe pensionnaire des bois
Me conviant à ce goûter,
Pour que commodément je puisse
Tes sauvages fraises brouter,
Demande aux ronces de ces bois
De lever ton tablier noir :
 
Ardeur de cheminée, à nous
Forestière tu te révèles,
Ton feu je l’allume à genoux

Comme aux sources lorsqu’on y boit.

Usée

Pile, fesses endolories
Par le dur pilon des amants
Face, avers d'un envers charmant
Qui semble buisson ou prairie....

 

Saison

Bilboquet dont je suis la tige
Sur laquelle est tombé ton corps,
Je comprends bien qu'un jeu pareil
Puisse te donner le vertige !

Aussi afin de satisfaire
Les désirs que loges en toi -
L'amour ne les veut qu'à l'étroit -
Rends-moi mignonne la pareille

C'est à ma tige alors de faire
Les doux mouvements de recul
Capables d'émouvoir ton cul
Mais non ta coquille d'amour

Puisque le sang rosit encor
L'entrecuisse où tu me préfères.

 

Victoire

Figurante jeune et jolie
On excuserait ces larcins
Dérobez-lui ma panoplie
Je meurs sous des yeux assassins

Mais pour le second que j'oublie
Joyeux le premier de ses seins
A peine le galon me lie
Dormir sur semblables coussins

Elle m'a mis en quarantaine

L'infidèle dont les mitaines
De mon temps furent gants de peau
Quand même ordonne en capitaine
Au vent de voler mon chapeau :

Nu-tête devant le chapeau !
 

Champigny

Champigny, grâces canotières -
L'amour taquinant le goujon
Dissimulait entre les joncs
Quelques coeurs et une chaumière,

La chaumière où je t'ai connue
Marie que je n'aimais que nue,
C'était aussi à Champigny
Les parapluies en champignons
Poussaient d'un coup sur l'avenue.

Mais moi, pensant à la cueillette,
Je plantais dans ton sexe herbu
Un cèpe sur lequel tu bus
La rosée de l'aube défaite.

Orages du coeur, dont vainqueur
Il conviendrait que je sortisse
Vos échos en moi retentissent
Lorsque nous sommes coeur à coeur.  

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