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Articles avec #couples tag

Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser

Publié le par Perceval

Claire Streetart est une artiste française; sa proposition est simple et forte; son thème est '' embrasser''

 

Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
Claire Streetart - Dans la rue, s'embrasser
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La dormeuse de Naples – Caroline Murat -2/2-

Publié le par Perceval

Le portrait de la '' Dormeuse de Naples '' est-il celui de Maria-Annunziata, dite Caroline Bonaparte... ?

Caroline est fière de sa beauté. Elle n'hésite pas à l'utiliser, tout comme sa sœur Pauline qui a posé nue pour Antonio Casanova, et qui réalise ainsi la magnifique ''Venus Victrix'' (1804-08).

Pauline sera à l'occasion la maîtresse de Murat...

Les Sœurs de Napoléon - Musée Marmottan Monet - Hector-Viger .La-toilette-avant-le-sacre

Parmi les amants de Caroline, citons :

* en 1804, Charles de Flahaut (1785-1870), militaire et diplomate français. Il est admis au service de Louis Bonaparte en 1801, puis de Murat en 1803, comme capitaine aide-de-camp. Mais, après sa liaison avec la femme de Murat, il est versé à l'état-major de Berthier en 1808. On lui attribue aussi les faveurs de Pauline Bonaparte.

Cependant, c'est avec Hortense de Beauharnais qu'il eut la liaison la plus durable, dont est issu un fils illégitime, Charles de Morny (1811-1865).

Officiellement Charles était le fils de Charles François Flahaut de La Billarderie, maréchal de camp, il était en fait le fils de Talleyrand. Sa mère, Madame de Souza, fut une romancière célèbre, d'une grande beauté, et avait la grâce de ces grandes dames des dernières années du XVIIIe siècle.

Les soeurs de Napoléon au couronnement...

* Jean-Andoche Junot ( frère d'armes de Joachim Murat ) est colonel général des Hussards, Grand Officier de l’Empire ; il a trente six ans et, depuis le 19 juillet 1806, est gouverneur de Paris. Pendant que Joachim est quelque part sur les champs de bataille, Junot réside à Paris avec Laure, sa jeune épouse ; « Laurette » pour les intimes. Caroline, sa sœur Pauline Borghèse et Laure sont amies. Toutes les trois ont envie de s’amuser. Au début de l’année 1807, lors d’un d’une soirée théâtrale organisée par les jeunes femmes, à la Malmaison, Caroline va avoir une liaison avec le mari de son amie « Laurette », le fringant et bel officier Junot. Pour cette faute, Napoléon expédiera Junot, à la tête d’une armée, conquérir le Portugal ; avant que Murat ne faillisse provoquer en duel son ami …

* A Naples, Caroline retrouve le sieur de La Vauguyon, une vieille connaissance, qui , à Paris, lui avait fait une cour empressée, mais en vain... le duc de La Vauguyon est le fils de l'ancien gouverneur du dauphin ( futur Louis XVI). Murat l'a nommé colonel-général de sa garde. Cette fois, comme elle a besoin de lui pour échapper à la surveillance de son mari, et l'espionner, elle le prend enfin pour amant. Quand le roi de Naples découvre la trahison, il révoque La Vauguyon sur-le-champ et le fait bannir d'Italie... Mais Caroline, ne tarde pas à le remplacer...

Mariage_de_Jérôme_Bonaparte_et_de_Catherine_de_Wurtemberg - Détail

* Il y aura Hector Daure (1774-1846) , ministre de la guerre à Naples... Mais, le préfet de police de Naples, Maghella remet à Murat des lettres prouvant la liaison de Daure avec sa femme Caroline : il est aussitôt révoqué et doit quitter l'Italie (1811) . Daure rapporte alors à Napoléon, certains agissements de Murat, qui affirme son indépendance quant à la politique française. L'Empereur fait arrêter certains conseillers de Murat avant de lui rappeler son rôle de vassal de l'Empire. Caroline est alors envoyée en France pour apaiser la colère de Napoléon.

En août 1813, Murat est invité par Napoléon à rejoindre son armée à Dresde, et Caroline est nommée régente en son absence. À ce moment, Metternich et ses représentants l'assurent que si Naples entrait dans la coalition contre la France, tous les membres de la coalition reconnaîtraient le royaume et ses souverains.

* 1813 : Murat écrit à sa femme de '' s'aboucher '' avec l’ambassadeur d'Autriche... ! Caroline n'avait pas attendu le service demandé ; elle est déjà la maîtresse du comte von Mier, beau jeune homme de vingt-six ans qui lui rappelle agréablement le comte de Flahaut. Avec von Mier, Caroline n'a pas hésité pas à trahir son frère Napoléon dans le dos de son mari Joachim !

* Mais, où certains ont jugé qu'elle avait « dépassé les bornes », c'est lorsqu'elle s'est donnée à l'un des ennemis les plus acharnés de Napoléon, l'Autrichien Metternich.

Elisa Bonaparte entourée d'artistes à Florence. 1813. Pietro BENVENUTI.

Le soir du 26 février 1815, Napoléon s'est évadé de l'île d'Elbe ; Murat décide alors de renouer avec lui et rêve alors de libérer l'Italie pour en devenir le roi. Caroline cherche à l'en dissuader, mais elle échoue: il quitte Naples le 17 mars 1815.

Devant cette rupture de l'alliance, Metternich rompt avec le royaume de Naples le 5 avril 1815, et demande à Caroline la reddition du royaume le 26 avril. Caroline refuse. Le 12 mai, les Anglais lui donnèrent l'ordre de quitter Naples... Le 22 mai 1815, Caroline est déclarée prisonnière de l'Autriche.

Elle meurt à Florence le 18 mai 1839, à l'âge de 57 ans.

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La vie de Palace à Aix les Bains – 3/.- ''Le Lac'' de Lamartine

Publié le par Perceval

Abbaye d'Hautecombe, la nuit sur le Lac du Bourget

Il y a exactement 200 ans, naissaient sous la plume d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) les strophes du célèbre poème "Le Lac". Nous avons effectué à cette occasion, une ''croisière'' nocturne sur le lac du Bourget nommée ''Les amants du lac ''. Sur les notes de "La Jeune Fille et la Mort" de F. Schubert interprétées par un quatuor de musiciens, dialoguaient les mots même du poète portés par un récitant... Ils nous ont fait revivre la force de l'amour et la douleur de la séparation. Un très beau moment romantique.

 

En Octobre 1816, Alphonse de Lamartine, dépressif, vient prendre les eaux et le bon air à Aix-les-Bains.. Il trouve dans ce décor, à la fois puissant et apaisant, le calme et le repos...

Lamartine fait la connaissance de Julie Charles, une pensionnaire malade qui fréquente les thermes : « un profil pur, pâle, transparent, encadré dans les ondes noires d'une chevelure lisse et collée aux tempes ».

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'un homme politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

Jeune homme oisif et séducteur, Lamartine voyage en Italie et occupe une éphémère fonction militaire auprès de Louis XVIII.

Julie Charles (Paris, 1782 ou 1784 - Paris, 1817), née Julie Bouchaud des Hérettes, appartient à une famille de planteurs de Saint-Domingue, elle a épousé Jacques Charles, un célèbre physicien français. Lamartine fera passer sa muse à la postérité sous le nom d'Elvire.


 

Lamartine, donc, loge dans une pension en haut de la ville. Dans la chambre voisine réside une jeune femme, Julie Charles. Elle souffre de tuberculose pulmonaire, et se sait condamnée. Au cours d'un voyage à Hautecombe, sur le lac soudain en tempête, le poète sauve Julie d'une barque en perdition. Leur idylle éphémère et passionnée, plus désespérée qu'adultère, sera l'emblème de l'amour tel que le concevra le XIXème siècle.

 

Leur amour, scellé lors d'une tempête, est impossible car Julie est mariée.

Les deux amants font de nombreuses promenades en barque sur le lac du Bourget. Ils se réfugient dans la Grotte Bourdeau loin du monde et hors du temps.


 

Lamartine part le 26 octobre. Il revient à Aix l'été suivant 1817, fidèle à leur promesse commune, Lamartine vient retrouver Julie à Aix ; elle n'est pas au rendez-vous, trop malade pour faire le voyage. Le jeune homme est seul en ce mois de septembre ; il fait de longues promenades sur les lieux qui ont bercé leur amour et durant ces heures d'anxieuse attente, confie à sa plume sa mélancolie. Julie ne peut plus quitter Paris, elle meurt trois mois plus tard. 

"O Lac, l'année à peine a fini sa carrière, Et, près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde, je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir !"

"Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : "Ils ont aimé !"

Ce drame inspire Lamartine, les vers les plus passionnés de ses '' Méditations poétiques ''. Le poème '' Le lac '' aborde un thème encore assez méconnu à l’époque; celui des sentiments personnels, il marque le premier manifeste du romantisme français. Lamartine incarne cette première forme de la liberté d’expression. De jeunes auteurs, comme Victor Hugo ou Alfred de Musset sont littéralement séduits par la musicalité et la richesse des rimes de ses poèmes extrêmement modernes pour l’époque. Ce recueil, et aussi le roman "Raphaël", feront d'Aix-les-Bains, dans l'esprit du grand public, le paysage romantique par excellence.

Aujourd'hui, après être passé devant la jolie mairie et, laissé sur la droite un petit kiosque à musique, on parvient place Carnot. Ses maisons élégantes aux crépis colorés, à la mode italienne, lui confèrent un visage attrayant. Sur la gauche, une parfumerie a remplacé la pension Perret, où Lamartine logea en 1820, 1823 et 1830.

En 1820 y furent négociées les clauses de son contrat de mariage avec Mary-Ann Birch, une Anglaise « pleine d'agrément ». Avec elle, il viendra en villégiature dans la belle villa Chevalley que l'on découvre au-dessus des thermes, facilement accessible par un sentier bien balisé. Hélas abandonnée (l'État propriétaire envisagerait d'en faire un centre culturel ou administratif...), cette bâtisse carrée, sans affectation, jouit d'une vue superbe sur les pentes d'Aix et sur le lac.

En redescendant par le nord, on emprunte le boulevard des Côtes, bordé de villas cossues. Au numéro 10 se dresse le musée Faure, justement réputé pour sa merveilleuse collection impressionniste. Au dernier étage de l'élégant bâtiment, reconstitution évocatrice de la chambre de l'écrivain à la pension Perrier.

 

Le recueil des Méditations est publié en 1820 et obtient un succès fulgurant. Lamartine épouse la même année Mary Ann Elisa Birch, une jeune Anglaise, et occupe des fonctions de secrétaire d'ambassade en Italie avant de démissionner en 1830.

Alphonse de Lamartine revient à Aix-les-Bains et séjourne plusieurs fois à Châtillon à l'été 1819, rencontre le baron Hyacinthe Rambert de Châtillon. C'est à cette même période, qu'il demande la main d'Elisa Birch. Le château inspire une des Méditations poétiques de Lamartine, « La Retraite ».


Des personnalités ont séjourné à Aix-les-Bains :

En 1811, Madame de Staël, lasse de Coppet, vient à Aix retrouver Madame Récamier, et Benjamin Constant qui devient son amant. 
En 1832, Alexandre Dumas Père croise Honoré de Balzac, qui écrit à Aix "Le Médecin de campagne". 


George Sand situe autour du lac du Bourget l'action de "Mademoiselle La Quintinie". 
Sous Napoléon III, Marie de Solms, exilée de Paris, tient salon littéraire. 
Guy de Maupassant vient à Aix, Verlaine aussi qui souffre d'arthrose du genou. Puis Puvis de Chavannes, Sarah Bernhardt, Saint-Saëns, Rachmaninov, Jean Moulin, Bergson, Edwige Feuillère, Claudel, Yvonne Printemps, Pierre Fresnay. 
Et qui n'a pas chanté là ? Mistinguette, Trénet, Montand, Line Renaud, Luis Mariano, Chevalier, Brassens, Piaf, Aznavour...

Mais la reine d'Aix-les-Bains, c'est la reine Victoria, qui venait là incognito sous le titre de Comtesse de Balmoral. Elle se plaisait tant à Aix, pour l'eau, pour le climat, qu'elle voulut en 1888 acquérir un domaine sur la colline de Tresserve pour construire une résidence. Ce projet ne se réalisa pas.

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Conte: Les trois dés.

Publié le par Perceval

 * Non loin de Brocéliande, la femme d'un meunier cousait près du canal qui acheminait l'eau à la roue du moulin.

Soudain, son dé tomba dans le courant et disparut. Le dé est un outil indispensable, de plus, celui-ci était de cuivre et décoré... La couturière hurla de désespoir, invoqua les saints et même Merlin... Et, - c'était une autre époque … - c'est Merlin qui lui apparut :

- Chère fille, pourquoi pleures-tu ?

- Mon dé est tombé dans l'eau !

- Est-ce si grave ?

- Oui, j'en ai besoin pour aider mon mari à nourrir notre famille.

Le druide plongea la main dans l'eau, et  en sortit un dé en or avec des saphirs... Et, il lui demanda :

 - Femme, est-ce là ton dé ?

- Non, répondit la couturière.
Il plongea à nouveau la main dans l'eau, et en sortit cette fois un dé en argent avec des rubis,    et il lui demanda :

- Femme, est-ce là ton dé ?

- Non, répondit encore la couturière.

Il plongea une troisième fois la main dans l'eau et en sortit un dé en cuivre et il lui demanda encore :

- Femme, est-ce là ton dé ?

- Oui, répondit la couturière.

Merlin fut satisfait et content de l'honnêteté de cette femme, lui donna les trois dés. 

La femme rentra toute contente à la maison.

** Quelques années plus tard, pendant une promenade avec son mari au bord de la rivière, le mari tomba dans l'eau , et disparut dans le courant.

La femme hurla de toutes ses forces et le sage Merlin, alerté par ses cris, apparut. 

- Ma chère fille, pourquoi pleures-tu ?

- Mon mari est tombé dans la rivière ! 
Merlin plongea la main dans l'eau, et en sortit, le chevalier Gauvain.

-  Femme, est-ce ton mari ?

-  Oui oui ! hurla la gente dame ! 
- Le Saint, furieux, lui dit :

-  Tu as menti : ce n'est pas ton mari ! 

La femme répondit : 

-  Il y a un malentendu. 

    Si j'avais dit "non" au chevalier Gauvain
    Vous auriez sorti Lancelot.

    Et si j'avais dit "non" à lui aussi ; vous auriez sorti mon mari... Et si à ce moment là j'avais dit "oui", vous m'auriez donné les trois !

- Et, ma santé n'est plus si bonne : je n'aurais pas pu prendre soin de trois maris.

- C'est pour cela que j'ai dit "oui" à Sir Gauvain.

On dit que la réponse plut à Merlin... Aussi il lui permit de garder Sir Gauvain. Enfin, pendant le temps de cette histoire ...

Conte: Les trois dés.

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Le ''voyage à Cythère''

Publié le par Perceval

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

En 1717, le peintre Jean-Antoine Watteau (1684-1721) présente à l’Académie royale de peinture son tableau de réception baptisé Pèlerinage à l’île de Cythère “Une feste galante”.

Sur la toile de jeunes couples sont sur l’île de Cythère (où Aphrodite est née). Ils y font un pèlerinage afin de rendre hommage à la déesse de l’amour, Aphrodite, dont on aperçoit la statue à gauche.

Le tableau symbolise le style de vie indolent de l’aristocratie et il décrit les différentes étapes de l’amour : des couples, très amoureux, assis près de la statue, aux couples, qui semblent plus timides et qui se dirigent vers le bateau.

Grâce au succès du tableau, Watteau en fait deux versions et sur la deuxième, le peintre y ajoute de nombreux ''putti'' ( angelots nus et ailés )...

Le ''voyage à Cythère''

Dans la fable de La Fontaine « Les deux pigeons » : '' servir sous le fils de Cythère '' est synonyme d’'' être amoureux ''

« J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors

Contre le Louvre et ses trésors,

Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux

Honorés par les pas, éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui, sous le fils de Cythère,

Je servis, engagé par mes premiers serments »

 

Un certain nombre d’expressions où entre le nom de Cythère renvoie aux plaisirs de l’amour...

L’île protège les amants et les isole du monde dans un cadre enchanteur propice aux ébats amoureux. L’île permet la création d’un royaume à part, comme le suggère la Carte du Royaume d’amour en l’isle de Cythère

 

Jean-Baptiste Joseph Willart de Grécourt , intitulée « L’île de Cythère »

( …) Point de nouvel édit

Dans l’île de Cythère ;

La seule loi qu’on suit

N’ordonne que de faire

L’amour La nuit et le jour.

 

''Partir pour Cythère » ( ou '' faire un pèlerinage à Cythère '') devient ainsi une métaphore érotique...

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1920 - Le sexe ?

Publié le par Perceval

1920 - Le sexe ?

1920 - Le sexe ? ... Silence... ! Même si on voudrait bien savoir...

« Jouir est le grand mot d'ordre du jour », déplore Madame Vérine, qui défend un programme d'ordre moral dans l'Ecole des Parents en 1929.

On a l'impression que la sexualité s'échappe de la sphère privée et conjugale pour toucher l'ensemble de la jeunesse … Mais la tendance générale est que l'on ne parle pas de ces ''choses'' là... !

Les jeunes des deux sexes rêvent de sexualité mais ont peur de l'acte sexuel pour des raisons différentes : les filles redoutent le déshonneur et l'enfant ; les garçons craignent de ne pas être à la hauteur... L'amour et la sexualité appartiennent à deux mondes différents...

 

Sources : Intimité amoureuses : 1920-1975 de Anne-Claire Rebreyend

1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?
1920 - Le sexe ?

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 5/. -

Publié le par Perceval

Le corps féminin: exploration.

Dans ''le Portier des Chartreux'' (1741), Saturnin fruit d'une nonne et de père inconnu, raconte ses mémoires... Mme Dinville « tétonnière autant que femme du monde » déniaise le jeune homme ...

Les métaphores topographiques et géographiques servent à désigner l’anatomie du corps féminin ; alors que la dame feint de dormir ...

« Devenu plus hardi, je changeai de posture, et mes yeux animés par la vue des tétons, à faire de nouvelles découvertes, voulurent descendre plus bas : je mis la tête aux pieds de la dame, et collant mon visage contre terre, je cherchais à pénétrer dans l’obscur pays de l’amour, et je ne voyais rien : ses jambes étaient croisées, et la cuisse droite se trouvant collée sur la gauche, mettait mes regards en défaut. Je voulus du moins me dédommager, en touchant, de l’impossibilité de voir. Je coulai la main sur la cuisse, et j’avançai insensiblement jusqu’au pied de la montagne ; déjà je touchais du bout du doigt l’entrée de la grotte, je croyais n’en pas souhaiter davantage, je croyais y borner tous mes désirs. »

Ensuite c'est Fanny qui se charge de l'éducation de Saturnin qui « brûlait de connaître comment [elle était] faite » :

« Je me plaçai moi-même dans l’attitude la plus favorable pour exposer à ses regards le petit antre des voluptés et le coup d’oeil luxurieux du voisinage.

Extasié à la vue d’un spectacle si nouveau pour lui, il écarta légèrement les bords de ce sombre et délicieux réduit ; fourrant un doigt dedans, il parvint à cette douce excroissance qui de souple qu’elle était enfla de telle sorte à son toucher que le chatouillement m’arracha un soupir. Cependant il n’abusa pas plus longtemps de ma complaisance. »

L’ouvrage est attribué à Jean-Charles Gervaise de Latouche,avocat au Parlement de Paris (1715-1783).  « Ce qui parcourt ce roman-là, c'est le feu. (…) Là, on arrive avec un érotisme qui n'est pas dans la distance, de l'alignement parfait des corps, mais dans le feu qui va dévorer les personnes qui ressentent du désir. » Caroline Allard 

Le désir de la destination finale de l'amant devient celui du voyageur :

« Je ne restai pas longtemps à table, j’avais mon dessein : le voyageur curieux d’arriver ne s’amuse pas à considérer les prairies qui se trouvent sur son passage.

Rozette savait la carte de mon voyage ; elle m’avait vu mettre le doigt sur l’endroit où je prétendais arriver ; et avait résolu de me donner quelques distractions en chemin ». de Claude GODARD D’AUCOUR, Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse, 1744

Claude Godard d’Aucour (Né à Langres en 1716 ) fut tour à tour fermier général puis receveur général des finances. Il remporta un premier grand succès littéraire avec L’Histoire galante de deux jeunes Turcs durant leur séjour en France, pour lequel il s’inspira des Lettres persanes de Montesquieu.

Thémidore, roman libertin lui aussi paru la même année, raconte l’histoire d’un jeune conseiller au Parlement épris d’une femme rencontrée au cours d’une partie fine. Le père du garçon n’apprécie guère cette liaison et réussit à faire enfermer la gourgandine au couvent. Mais le fils rebelle s’ingénie, avec succès, à l’en libérer. Cette charge ironique contre la religion et les puissants fut interdite à deux reprises sous la Restauration, mais enchanta Maupassant, qui y vit « une merveille de grâce décolletée » et « un impur chef-d’œuvre ».

La Route des plaisirs :

« Dom Procureur, d’abord un peu timide, s’avoisine cependant, caresse délicatement du plat de la main ma blanche et ferme mappemonde… Il ose même glisser un doigt furtif le long du sillon ». Le Diable au corps de Nerciat

« L’amant (Dom Procureur) apparaît alors comme un explorateur encore intimidé par ce qu’il s’apprête à découvrir mais « ose » peu à peu approcher des « terres » du corps de la marquise avant de s’y aventurer tout à fait, de la main et du doigt, afin de (se) révéler ce qui, dans le corps féminin, est le plus caché. La timidité première, la délicatesse et le verbe « oser » tendent ainsi à suggérer que l’exploration du corps féminin ne se fait que dans le risque, la tentative hardie, comme s’il y avait quelque danger à se lancer ainsi à la découverte de ces terra incognita d’un autre genre. » Morgane Guillemet

Le chevalier de Nerciat (1739-1800), libertin et fin politique, il a su avec joie de vivre et santé heureuse, traverser une époque plus difficile … À vingt ans, soit en 1759, il embrasse la carrière militaire et entre comme lieutenant dans le bataillon de milices de la province de Bourgogne. Il voyage... En 1771, il est gendarme de la garde du Roi. Il fréquente alors les salons du marquis de La Roche et Nerciat le suivra à la cour de Frédéric II. Le chevalier aurait, durant cette période, c’est-à-dire pendant quatre ans, fréquenté des sociétés secrètes de libertinage. En 1775 paraissent les premières œuvres du chevalier : son roman Félicia ou mes fredaines obtient un succès immédiat...

Nerciat quitte en 1775Paris et voyage en Suisse et en Allemagne où il remplit de secrètes missions pour la Cour. On suppose qu’il était agent secret tout comme Mirabeau et Dumouriez...

En 1782, sa première femme décède. En 1783, il est de retour à Paris, où il épouse Marie-Anne-Angélique Condamin de Chaussan, originaire de Lyon et âgée de dix-huit ans.

En 1791, il aurait rejoint l'armée de Condé, à Koblentz, formée exclusivement d’émigrés français. Il y occupe le grade de colonel. En 1792, il devient aide de camp du duc de Brunswick pour qui il aurait travaillé comme agent secret.

Puis, le chevalier abandonne la cause des émigrés et devient espion pour la République... Il est certain qu'à partir de septembre 1792, Nerciat travaille pour le gouvernement révolutionnaire.

À la suite de ces deux missions, Nerciat ne rentre pas en France. Il aurait alors exercé le métier de libraire d’abord à Neuwied, ensuite à Hambourg et enfin à Leipzig. Trois de ses romans paraissent durant cette période, soit Monrose (1792), Mon noviciat ou les joies de Lolotte (1792) et Les Aphrodites (1793).

En 1796, Delacroix, ministre des Affaires étrangères, charge Nerciat d’une importante mission secrète. Le chevalier doit sonder à Vienne les chances d'une paix séparée avec l'Autriche.

Nerciat adresse régulièrement des rapports au secrétaire de Delacroix, Guiraudet, avec qui par ailleurs madame de Nerciat, faute d’avoir son mari auprès d’elle, entretient des relations intimes.

Ensuite, Delacroix l'envoie en mission en Italie. Devenu agent double, il y sera emprisonné et se retire à Naples pour y mourir...

Sa vie fut aussi dangereuse que son œuvre est joyeuse.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria

Publié le par Perceval

«Eugène a réalisé plusieurs centaines de tableaux et Achille 3000 lithographies et une production picturale mal connue. En 1820, tous les tableaux furent exécutés à deux mains. Certains portent les initiales A et E en guise de signature» indique Olivia Voisin, diplômée en Histoire de l'Art et muséologie, qui travaille sur le «Catalogue raisonné des peintures et dessins d'Achille et Eugène Devéria»...

A partir de 1828, les frères Devéria participe aux discussions ardentes dans le Cénacle 'romantique' fondé par Hugo.

Après la dislocation de celui-ci, les frères Devéria forment leur propre cénacle où se réunissent, au lendemain de 1830, de nombreux poètes et artistes bohèmes que l'on appelait alors bousingots ou Jeunes-France.  

'Replique de la Naissance d'Henri IV' par Eugène Devéria

'Replique de la Naissance d'Henri IV' par Eugène Devéria

Eugène Devéria (1805-1865) a fait son apprentissage auprès de son frère aîné Achille (1800-1857) ; il est l’enfant chéri de la génération romantique, devenu célèbre à vingt-deux ans en exposant "La Naissance d’Henri IV" (musée du Louvre) au Salon de 1827 où cette immense toile fait sensation et remporte tous les suffrages.

Les commandes officielles qu’il reçoit, notamment pour le château de Versailles, ses compositions dans le domaine de la peinture religieuse (à Paris, pour Notre-Dame-de-Lorette, à Fougères, et surtout à Avignon, avec la décoration murale de Notre-Dame-des-Doms) font suite à ce coup d’éclat. Puis, retiré à Pau dans la pratique d’un calvinisme fervent (sa conversion date de 1843), Eugène Devéria gagne l’ombre, et s’il cultive toujours le registre historique, se consacre au portrait et au paysage. Sa réputation le conduit en Hollande et en Ecosse, où s’épanouit sa pratique du portrait.  

La famille Devéria est une famille d’artistes, avec Achille et Eugène, mais aussi Laure la benjamine, qui montre un réel talent de dessinatrice et expose avec succès au Salon. Elle meurt prématurément en 1838. Eugène Devéria montre des dispositions précoces pour le dessin et son frère Achille le fait d’abord entrer aux Beaux-Arts, où il étudie sous la direction de Girodet et de Lethière, puis prend lui-même en main la formation de son cadet. 

 

 

Un Concert  Laura Devéria chante - 1831 -

Eugène François Marie Joseph Devéria

Achille Deveria - Portrait de Céleste Motte 

épouse d'Achille.

 

Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria
Achille Devéria

Achille Devéria

Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. DevériaLe XIXe siècle avec E. et A. Devéria

Achille Devéria (1800-1857), dessinateur et lithographe français s'exerce dans des genres très divers et c'est à lui que l'on doit les petits dessins libertins qui enchantent les amateurs de "curiosa". On lui doit aussi plusieurs tableaux religieux, et des aquarelles fort recherchées. Il est le premier qui ait su appliquer la couleur à la lithographie. Ami proche de Victor Hugo, lui-même amoureux du beau sexe... (on imagine que son atelier a du en voir de toutes les couleurs).

Il produisit ainsi un grand nombre de gravures libertines, allant souvent jusqu'à doubler d'une version libre ses compositions les plus officielles...

Attention, ces images peuvent heurter ...!

 

 

Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
Le XIXe siècle avec E. et A. Devéria
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Juarez Machado: Lovers et Tango

Publié le par Perceval

Juarez Machado: Lovers et Tango
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Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Juarez Machado est né en 1941 à Joinville dans l'état de Santa Catarina au sud du Brésil. Il a fait des études à l'école des Beaux Arts du Parana à Curitiba.

En 1966 il s'est installé à Rio de Janeiro, il a commencé à travailler pour la télé qui démarrait à Rio, ainsi que pour le théâtre. Il a fait des décors, des costumes des dessins d'architecture, des caricatures pour les journaux (même politiques). Il a été aussi acteur et mime pendant assez longtemps. 

Ce qu'il peint : « Tout ce qui fait la vie : le métro, la rue, les lieux que je fréquente. Mais aussi  la musique, la danse, le champagne, les femmes, l'amour, les années 25-30, car c'est une époque qui me plaît et que j'aurais aimé vivre. Et par dessus tout, le tango parce que c'est une danse sensuelle, nostalgique, qui prend aux tripes . C'est l'abandon de l'autre dans une harmonie totale... »

Juarez Machado: Lovers et Tango
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Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Ce qui caractérise la peinture de Machado, c'est la précision du trait, des détails infimes qui se trouvent dans chaque tableau, les couleurs et, par-dessus tout une touche d'humour.

Juarez Machado a reçu plusieurs distinctions dans les salons brésiliens ainsi que d'autres prestigieuses récompenses internationales. Depuis 1986 il habite à Paris et expose fréquemment en Europe et aux Etats-Unis. On dit qu'il a influencé l'image des films de Jean-Pierre Jeunet...

Juarez Machado: Lovers et Tango
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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 2/. -

Publié le par Perceval

Ainsi avance l’idée de la « femme naturelle », et prend d’autant plus de sens dans un contexte idéologique qui fait de la femme l’être par excellence voué à la nature et à sa nature.

Laclos, lui, dans ses « essais sur les femmes », en 1783, va plus loin : l’esclavage de la femme n’est en rien naturel, ce sont la société et le manque d’éducation qui lui ont ravi les avantages accordés par la nature.

« Il ne veut point, ce philosophe ( ndt : il s'agit de Rousseau) , ainsi que ma mère, faire de moi ni une citoyenne, ni une Marchande, ni une femme attachée à des devoirs civils, ni une mère sensible à ses enfants, ni attachée à son état ; mais une fille, une femme naturelle, tel est l’ordre de la nature, et il n’y en a point d’autre. » HUERNE DE LA MOTHE, François-Charles, Histoire nouvelle de Margot des Pelotons, Genève, 1775, p. 6

La liberté sexuelle apparaît comme un état de nature – opposé à l’état social qui refuse cette liberté sexuelle à la femme - dans le discours que tient le père de Laure à la jeune fille :

« Elles tiennent de leur existence et de leur constitution le droit de choisir, et même de changer si elles se sont trompées. Eh ! qui ne se trompe pas ? Enfin, c’est ce droit né avec elles qui les rend plus inconstantes que les hommes, qui tiennent des lois générales d’être plus infidèles. S’il est en elles, par la constitution de leur sexe, un degré de volupté plus grand, un plaisir plus vif ou plus durable que le nôtre, qui les dédommage en quelque sorte des accidents et des peines auxquels elles sont soumises, quelle injustice de leur en faire un crime ! » MIRABEAU, Honoré-Gabriel Riqueti de, Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, Arles, 1785

Les personnages de libertins, à l’instar de l’abbé T*** à Thérèse, ne cessent de l’affirmer, les « besoins de tempérament [sont] aussi naturels que ceux de la faim et de la soif »

Est désigné, par le terme « tempérament », l'appétit sexuel .... « Je crois que la nature m’en a plus appris que les meilleurs maîtres. » Amélie de Saint-Far ou la Fatale erreur,

« Leur tempérament dépend-il d’elles ? De qui l’ont-elles reçu ? Leur imagination, plus aisément frappée et plus vivement affectée en raison de la délicatesse et de la sensibilité de leurs organes, leur curiosité excessive et ce tempérament animé leur présentent des images qui les émeuvent violemment, et qui les obligent de succomber d’autant plus aisément que le moment présent est, en général, ce qui les remue avec le plus d’énergie. » Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure.

 

Le tempérament, présenté comme la cause de l’inconstance et de la liberté sexuelle de la femme, n’apparaît plus comme le seul apanage de la courtisane, mais fait de toute femme, au moins potentiellement, un être sensuel et voluptueux. Car « s’il est bien difficile à un homme de triompher de ses désirs, il l’est bien davantage à ce sexe que tout sollicite à suivre la nature et les plaisirs ». NOUGARET, Pierre-Jean-Baptiste, Lucette ou les Progrès du libertinage, Londres, Nourse, 1765 Mais seule la femme libre aura su développer ses facultés pour parvenir à l’état naturel : la femme naturelle est donc fondamentalement un être libre.

Mirabeau, avec Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, explique ainsi que la jeune fille doit soumettre l’évolution de son être à celle de son corps et donc de la nature – dans une conception de l’être féminin et de son corps entièrement soumis à la nature telle que l’entend le siècle.

« […] tes tétons naissants sont presque formés, tes membres s’arrondissent, ta motte se rebondit, elle est d’un incarnat admirable, et j’ai cru découvrir dans tes yeux que la nature veut qu’on te mette bientôt au rang des femmes. L’année dernière, au printemps, tu vis les préludes d’une éruption qui va s’établir tout à fait » .

« Ses soins généreux ou intéressés furent payés par des progrès étonnants. Ma beauté se développa de bonne heure, et bientôt mon esprit promit encore plus. Je devenais de jour en jour plus chère à Cynare : mes attraits naissants, loin de l’alarmer, lui paraissaient, dans le déclin des siens, une ressource utile, et elle n’épargna rien pour mon éducation ». Psaphion, la personnage principale du roman éponyme de Meusnier de Querlon en 1748

« J’avançais en âge et j’atteignis la fin de ma seizième année lorsque ma situation prit une face nouvelle : les formes commençaient à se décider ; mes tétons avaient acquis du volume, j’en admirais l’arrondissement journalier, j’en faisais voir tous les jours les progrès à Lucette et à mon papa, je les leur faisais baiser, je mettais leurs mains dessus et je leur faisais faire attention qu’ils les remplissaient déjà.. » Psaphion

« Telle j’étais à quatorze ans ; mais je touchais au moment où toutes les passions que je renfermais dans mon sein devaient éclore. Mon penchant à l’amour se trahissait de mille manières ; mes yeux étaient animés, souvent même remplis d’ivresse. Tout annonçait en moi ce que je devais être un jour » . CHOISEUL-MEUSE, Félicité de, Julie ou J’ai sauvé ma rose

« Nous ne cessions de nous toucher, de nous examiner ; nos cœurs purs comme le jour et nos mains innocentes ne trouvaient point déshonnêtes ces caresses naturelles. Semblables aux enfants des peuples policés, dont les préjugés n’ont pas encore altéré la tranquille candeur, on les voit entre eux jouer à la mère, se donner le fouet, parcourir avec émotion les lieux les plus secrets de leurs corps. Cet instinct, chez les enfants, est sans doute celui de la nature : c’était le nôtre. […] Une nuit, il s’approcha plus de moi, nous nous accouplâmes sans le savoir. » Félicité de Choiseul-Meuse

 

Il est à noter toutefois que le plus souvent – en dehors de quelques exceptions comme Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, de Félicia ou Mes fredaines, de Julie ou J’ai sauvé ma rose de Félicité de Choiseul-Meuse, et quelques autres encore – le corps féminin n’est guère décrit dans les romans libertins,

« Pourrai-je jamais t’exprimer la blancheur, le satiné de sa peau, cette gorge divine sur laquelle sont posés deux jolis boutons de rose, l’élégance, la souplesse de sa taille, le contour, la fermeté de deux fesses dont la partie supérieure forme la chute de reins la plus admirable, la rondeur de deux cuisses que jamais l’art ne pourra imiter ? Pourrai-je te peindre ce ventre lisse et poli sur lequel j’imprimai un million de baisers ?... Pourrai-je, surtout, te donner une idée de ce réduit admirable, le plus bel ouvrage de la nature, centre de tous nos plaisirs, lieu délicieux où l’amour a fixé son séjour ? Vit-on jamais une motte mieux relevée et garnie d’une plus jolie mousse ? » ... ANONYME, La Messaline française, à Tribalis, de l’Imprimerie de Priape, 1789

Le regard masculin se dirige ainsi du haut vers le bas, commençant par la « gorge », laissant de côté le visage, et terminant par le « réduit des plaisirs », centre et but de toutes les attentions, de tous les désirs et de tous les fantasmes masculins. Car il ne s’agit pas tant de décrire le corps féminin – le choix de la formulation interrogative est révélateur – que de montrer le désir qui anime le regard masculin.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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