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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 3/. -

Publié le par Perceval

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

* La Jeune Fille devient femme, par une ''rupture'' : la violence du dépucelage.

« Son pied glissa sur la voie lactée, elle tomba à la renverse ; je volai à son secours, mais inutilement. Une puissance plus forte que moi m’empêcha de la relever et m’entraîna dans sa chute… J’avais quinze ans et Aline quatorze. C’était à cet âge et dans ce lieu que l’amour nous attendait pour nous donner ses premières leçons. Mon bonheur fut d’abord troublé par les pleurs d’Aline, mais bientôt sa douleur fit place à la volupté, elle lui fit aussi verser des larmes ! Et quelles larmes ! ce fut alors que je connus vraiment le plaisir, et le plaisir plus grand d’en donner à ce qu’on aime » . BOUFFLERS, Stanislas de, La Reine de Golconde, s.l., 1761 - cf note (1)

 

« Déjà tout ce que j’avais souffert était oublié ; je jouissais réellement, sentant que je possédais celui qui m’était si cher, et qu’après avoir payé le bizarre tribut auquel la nature a voulu soumettre notre sexe infortuné, j’allais moissonné à mon aise dans le vaste champ des voluptés »… La Reine de Golconde

 

« La douleur aiguë que l’intromission de ce monstre, à jamais vénérable, me causa, m’aurait arraché les hauts cris si je n’avais appréhendé de donner l’alarme au voisinage. Néanmoins, le mal fut bientôt oublié par les délicieuses agonies où il me plongea. Que ne puis-je exprimer les ravissantes convulsions, les charmantes syncopes, les douces extases que j’ai éprouvées alors! »

« Je fus bien et dûment déflorée. Depuis ce temps-là, je dormis beaucoup mieux. Mille songes flatteurs présidaient à mon repos » . Margot la ravaudeuse. (2)

 

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue... Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

(1) Stanislas Jean de Boufflers, marquis de Remiencourt (1738-1815) à Paris en France) est un libertin, un poète lorrain puis français. Il est le fils de Louis François, marquis de Remiencourt, et de la marquise, la belle et spirituelle Marie Françoise Catherine de Beauvau-Craon (1711-1786).

Stanislas grandit à la cour de Lunéville où il eut pour parrain le roi Stanislas, dont sa mère était la maîtresse en titre :  au grand déplaisir du Père de Menoux, confesseur de Stanislas : « [...] La marquise était fort jolie femme, plus galante encore et, s'il est possible, encore plus incrédule. Elle ne concevait pas comment on pouvait aimer Dieu » Souvenirs du comte de Tressan

Douée « d'un charme à nul autre pareil [...], de beaucoup de gaieté naturelle, de bonne grâce et de finesse [...], d'un esprit supérieur, juste, original »  elle sera la maîtresse de quelques hommes qu'elle distingua : l’avocat et poète François-Antoine Devaux, l’intendant de Lorraine Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, le poète Jean-François de Saint-Lambert. « Pour Tressan, on a des doutes. On cite encore le vicomte d'Adhemar et le comte de Croy. C'est tout. », peut-on lire dans une étude de la revue Le Pays lorrain (Maurice Payard ).

D’abord destiné à l’Église, son fils, Stanislas de Boufflers passe deux ans au séminaire de Saint-Sulpice où il compose un conte légèrement licencieux, Aline, reine de Golconde, qui connut un grand succès.

***

(2) Louis-Charles Fougeret de Monbron (1706 - 1760), est un homme de lettres français.

'Margot la ravaudeuse' est née dans une famille des bas-fonds parisiens, elle répare, chaussures et vêtements dans un tonneau, sorte de modeste échoppe, sur la voie publique avant d'être repérée par une maquerelle et de devenir "demoiselle du beau-monde" ; le lecteur suit les péripéties de cette fille du peuple reconvertie... Il s'agit d'une satire misanthrope et pessimiste de Fourgeret qui s'exprime avec humour aussi, c'est sa dénonciation d'un monde cruel ( Eglise comprise...) où le peuple est ignoré...

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Juarez Machado: Lovers et Tango

Publié le par Perceval

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Juarez Machado est né en 1941 à Joinville dans l'état de Santa Catarina au sud du Brésil. Il a fait des études à l'école des Beaux Arts du Parana à Curitiba.

En 1966 il s'est installé à Rio de Janeiro, il a commencé à travailler pour la télé qui démarrait à Rio, ainsi que pour le théâtre. Il a fait des décors, des costumes des dessins d'architecture, des caricatures pour les journaux (même politiques). Il a été aussi acteur et mime pendant assez longtemps. 

Ce qu'il peint : « Tout ce qui fait la vie : le métro, la rue, les lieux que je fréquente. Mais aussi  la musique, la danse, le champagne, les femmes, l'amour, les années 25-30, car c'est une époque qui me plaît et que j'aurais aimé vivre. Et par dessus tout, le tango parce que c'est une danse sensuelle, nostalgique, qui prend aux tripes . C'est l'abandon de l'autre dans une harmonie totale... »

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

Ce qui caractérise la peinture de Machado, c'est la précision du trait, des détails infimes qui se trouvent dans chaque tableau, les couleurs et, par-dessus tout une touche d'humour.

Juarez Machado a reçu plusieurs distinctions dans les salons brésiliens ainsi que d'autres prestigieuses récompenses internationales. Depuis 1986 il habite à Paris et expose fréquemment en Europe et aux Etats-Unis. On dit qu'il a influencé l'image des films de Jean-Pierre Jeunet...

Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango
Juarez Machado: Lovers et Tango

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Vers Libres ( et érotiques) - Raymond Radiguet

Publié le par Perceval

Raymond Radiguet est l'auteur du fameux roman "Le diable au  corps" (1923) porté à l'écran en 1947 par Cocteau .. Le succès est immédiat et le livre fait scandale.

Raymond Radiguet est né en 1903 et est mort à 20 ans, d’une fièvre typhoïde, en 1923. Introduit très tôt dans les milieux de la presse, il fait la connaissance, entre autres, de Jean Cocteau, André Breton, Max Jacob, Paul Morand, Érik Satie et Francis Poulenc.

Un seul recueil de poésie est publié de son vivant : Les joues en feu (1920), période de sa liaison avec l'ancienne égérie de Modigliani : Béatrice Hastings. 

Le reste de son oeuvre est publié après sa mort : le roman Le bal du comte d'Orgel (1924), ainsi que les recueils de poèmes : Vers libres (1925) et Jeux innocents (1926) publiés sous le manteau contre la volonté de la famille Radiguet. D'autres recueils restent encore inédits.

Vers Libres ( et érotiques) - Raymond Radiguet

Chat perché

Au ciel des plages, Virginie*,
Ombres d'où je t'ai vu sortir,
Le zéphir, la brise d'été
Apportaient l'odeur de peau nue
(...)

Dans un rève où tu figurais
Entre une ruche d'écolières
Aux cheveux en nattes tressés.
La châtaine ainsi que la brune

Non contentes d'une bougie
Cherchaient à prendre en leurs filets
Un lycéen couleur de lune
Qui enseignerait à chacune

L'art d'agacer le chat perché
Dans la niche où il s'est caché.  

Bains publics

Que n'ai-je écouté tes paroles,
Rivière, dont les herbes folles
Au corps des ondines semblaient
Des ceintures de chasteté ?

Car ondines ce sont baigneuses
Aux fruits de marbre, au teint de lait,
Craignant les coups de la saison
Quand les ombrelles lumineuses

Fêtent le retour de l'été
Rivière, que n'ai-je écouté
Le conseil de tes herbes folles...
Adieu la sieste et le gazon,

Les ondines ont dépouillé
Pudeur, décence et chasteté
Mêlant leurs jambes et les miennes.
Jamais ondines ne tolèrent

Ces herbes folles, oripeaux
Passés de mode, sur leur peau.
Ondines sont filles légères
Jettant par-dessus les moulins

Leurs bonnets et combinaisons.
D'une ondine au sexe bâillant
La perle est dans le coquillage
(Perle perdue vingt fois par jour)

Ondines, les reprend l'amour,
Jamais d'ailleurs ne se souviennent
Que Cupidon, c'est en raillant
Qu'il les enfile, fausses perles,
Par derrière et sous une ombrelle.
 

Jeux innocents

Envole-toi comme une mésange
Ombrelle qui cachais nos jeux

Peu à peu se perd l'innocence.
De Vénus complice l'été
Dépouillant toute chasteté
Fait s'égarer les pucelages,
Tels des colliers ou des bijoux.

Qu'une enfant repeigne ses joues !
Après l'amour qu'on lui enseigne,
Entre ses jeunes jambes saigne
La grenade à jamais fendue.

- Elle s'habituera bientôt
À mieux supporter les mélanges
Et déjà, du bout de la langue,
Dans l'ombre de colin-maillard

Elle reconnaît le coupable.
L'ombrelle ouverte sur le sable
Parmi les algues et le sang
Cachera nos jeux innocents.  

Les Fiancés de Treize ans

(...)
Nulle robe ne peut soumettre
Celle qui, puérile nue,
Dans un coquillage vécut
En attendant le jour de naître.

Rendez-vous au prochain été.
Pateince ! la mer nous attend...
Au bout de cette année scolaire
Les replis de sa vaste ombrelle

Sauront nos amours abriter
De la maternelle colère.
Mais toi tu nous comprends, Vénus,
Chère folle, toi qui déjeunes

De soleil et de lune dînes,
Mis à l'école des ondines
On nous apprend à rester jeunes,
A nous qui voudrions vieillir !

A la dînette de la vie
A peine mis notre couvert,
Peureuse d'être découverts
Par la nourrice de son frère

(De sa mère le préféré :
Dernier venu c'est le premier,
Aussi bien tu le sais, Vénus)
Comme oursin peureux se hérisse

La naïve à qui l'on défend
De mettre un pantalon ouvert.

- Tu vas me trouver bien enfant,
Ondine, si je te demande

De me prêter un des canifs
Qui semblent furtives sardines
Ouvrant le fruit des mers gourmandes.
En échange de ton canif

D'argent, ondine, je dédie
A tes soeurs et à toi l'écorce
Dont je ne sus venir à bout,
Assis, couché ou bien debout,
Trahi par mes naïves forces.

Pourpre ciel entrouvert ! Grenade

Un bon conseil puisque tu daignes
Aphrodite me faire faire
Le grand tour du propriétaire
Vénus parmi les promenades

En tricycle dans tes domaines
Que la mer rouge ne te teigne,
La douleur en une grenade
Changeant la naïve châtaigne.

Note : ce poème est paru pour la première fois dans le n°7 de la revue L'oeuf dur le 7 février 1922, sous forme de quatrains ; et communiqué par Radiguet à Valentine Hugo (artiste peintre et femme de l'arrière-petit-fils de Victor Hugo) dans une lettre datée du 26 mars 1921.

Valentine Hugo, Raymond Radiguet et Jean Hugo (vers 1921) ds un décor de paquebot au Magic-City

 

Nues

Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit
Vers l'aurore sans plus de bruit
Dormez chère étoile ingénue


Sous les arbres de l'avenue
Les amours ne sont plus gratuits
Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit


Deux étoiles à demi-nues
Semblables soeurs nées à minuit
Chacune à son tour nous conduit
A des adresses inconnues
De leurs regards frivoles nues


De Les joues en feu - cité in Vers libres & jeux innocents - 

RADIGUET: - illustrations de Rojankovsky, dit Rojan

RADIGUET: - illustrations de Rojankovsky, dit Rojan

Nymphe émue

De ta tête, ôte ce panier
Naguère débordant de fraises,
C’est en prendre trop à son aise,
Tant bien que mal, nymphe, élevée.
 
Car sur les cendres de tes fraises
Les bravos ont fait relever
La tulle du lit où repose
La source d’hier, qui se tut.
 
Nymphe, m’apprivoisent tes cuisses,
Tes jambes à mon cou, statue,
Je courrais comme ondes bondissent,
Et arrivant en bas se tuent.
  
(Obligé qui voudrait y boire
Biche, de se mettre à genoux.)
 
Nymphe pensionnaire des bois
Me conviant à ce goûter,
Pour que commodément je puisse
Tes sauvages fraises brouter,
Demande aux ronces de ces bois
De lever ton tablier noir :
 
Ardeur de cheminée, à nous
Forestière tu te révèles,
Ton feu je l’allume à genoux

Comme aux sources lorsqu’on y boit.

Usée

Pile, fesses endolories
Par le dur pilon des amants
Face, avers d'un envers charmant
Qui semble buisson ou prairie....

 

Saison

Bilboquet dont je suis la tige
Sur laquelle est tombé ton corps,
Je comprends bien qu'un jeu pareil
Puisse te donner le vertige !

Aussi afin de satisfaire
Les désirs que loges en toi -
L'amour ne les veut qu'à l'étroit -
Rends-moi mignonne la pareille

C'est à ma tige alors de faire
Les doux mouvements de recul
Capables d'émouvoir ton cul
Mais non ta coquille d'amour

Puisque le sang rosit encor
L'entrecuisse où tu me préfères.

 

Victoire

Figurante jeune et jolie
On excuserait ces larcins
Dérobez-lui ma panoplie
Je meurs sous des yeux assassins

Mais pour le second que j'oublie
Joyeux le premier de ses seins
A peine le galon me lie
Dormir sur semblables coussins

Elle m'a mis en quarantaine

L'infidèle dont les mitaines
De mon temps furent gants de peau
Quand même ordonne en capitaine
Au vent de voler mon chapeau :

Nu-tête devant le chapeau !
 

Champigny

Champigny, grâces canotières -
L'amour taquinant le goujon
Dissimulait entre les joncs
Quelques coeurs et une chaumière,

La chaumière où je t'ai connue
Marie que je n'aimais que nue,
C'était aussi à Champigny
Les parapluies en champignons
Poussaient d'un coup sur l'avenue.

Mais moi, pensant à la cueillette,
Je plantais dans ton sexe herbu
Un cèpe sur lequel tu bus
La rosée de l'aube défaite.

Orages du coeur, dont vainqueur
Il conviendrait que je sortisse
Vos échos en moi retentissent
Lorsque nous sommes coeur à coeur.  

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Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard

Publié le par Perceval

Liane Lauré est une auteur française, de romans érotiques dans les années trente...

Elle a également utilisé de nombreux autres noms de plume tels que Liane Delorys , Liane de Lorys , Liane de Lauris , ou  Lucette de Chatay . Son vrai nom devrait être : G. Donville .

Les Confidences de Chérubin De G. Donville – 1939 -

« J'aurais bien été étonné si, en entrant dans son boudoir voici vingt minutes à peine, quelqu'un m'eût prédit que j'allais sur-le-champ, offrir à Huberte d'Orsenne le plus friand, le plus amoureux des hommages, et qu'elle accepterait dans le ravissement... »

Lorsque le jeune Pierre de Thiverny séduit - enfin! - une amie de sa mère qu'il convoitait en secret depuis toujours, celle-ci l'incite à tenir un cahier secret retraçant ses aventures galantes, depuis son initiation jusqu'à leur rencontre. 

Le jeune homme décrit alors toute une séries de rencontres : « vierges en fleurs, jeunes filles délurées, piquantes soubrettes, provinciales prudes et savoureuses, bourgeoises libertines, mondaines étincelantes, artistes chercheuses de sensations, secrétaires, danseuses, courtisanes, prêtresses de Sapho et de Vénus, belles étrangères curieuses... Je les vois apparaître toutes, oui, toutes celles qui m'ont permis de dresser sur leurs corps adorables l'autel de mes voluptés. »

Seize illustrations en hors-texte accompagnent le récit de Pierre de Thiverny. Elles sont signées Herric (*)... Un roman ''rétro'', des années trente, tout à la gloire des dessous luxueux et froufroutants des femmes de l'époque.

(*) Chéri Hérouard utilise un pseudonyme, "Herric", lorsqu'il s'agit de signer ses illustrations érotiques...

Extraits: 

 

C'est que cette séduisante Comtesse est une des amies de Madame de Thiverny, ma jolie Maman. Elle m'a connu gamin. Elle me tutoie, comme il est juste. Je ne puis donc que lui témoigner le plus tendre respect et c'est ce que je fais... en apparence tout au moins ! Mais, quand nous nous rencontrons dans le privé, je dédaigne le baisemain, que je trouve trop cérémonieux, et j'embrasse tour à tour ses joues vermeilles à l'épiderme velouté. Cela me permet de la serrer contre moi un peu plus étroitement qu'il ne conviendrait. Elle me rend mes baisers et j'en profite pour risquer un regard indiscret dans son corsage toujours généreusement échancré où j'admire, charmé, deux blanches colombes blotties dans leur nid de dentelles. Tout se passe ainsi d'ordinaire. Mais aujourd'hui !... Ah, que je bénis le ciel de ce bruit insolite venant de la rue qui, au moment où je me disposais à l'embrasser, lui a fait tourner la tête de telle sorte que mes lèvres se sont appuyées contre son cou satiné... dans ce coin tiède au-dessus de la naissance de l'épaule ! J'y suis resté à me griser des exquis parfums qui montaient de son corps souple et m'apportaient la saveur troublante de sa chair. Elle a eu un rire de femme chatouillée : Pierre, finis, voyons ... mais la façon dont elle se serrait davantage contre moi démentait ses paroles. Alors, tout en désir, j'ai cherché sa bouche. Elle ne s'est pas défendue et ses lèvres se sont entrouvertes sous les miennes comme un beau fruit mûr !...

Deux minutes plus tard, après l'avoir culbutée comme une jouvencelle, j'enfouissais ma tête dans une chapelle de dentelles mousseuses et je la faisais délirer sous un autre baiser d'une parfaite inconvenance. Dans la pénombre du boudoir règne, maintenant, le silence émouvant des minutes d'après le plaisir ! Sur la chaise longue, contre laquelle je suis agenouillé, je contemple ma nouvelle amie tout alanguie de volupté et son délicieux visage tout rayonnant du bonheur qu'elle vient de goûter. Dehors, l'aigre bise d'hiver souffle sur un mode aigu, secouant avec rage les platanes de l'avenue et, par contraste, je savoure l'atmosphère quiète de cette pièce chaude et douillette où vient de se jouer la scène galante. Encore prostrée sous le coup de son émoi, Huberte se soucie fort peu de l'indécence charmante de son abandon qui m'offre, dans une échappée suggestive, le bouquet fleuri de sa beauté dont je viens de humer, avec ivresse, les effluves aphrodisiaques.

 

 

  • - À quoi songes-tu, répète, curieuse, Madame d'Orsenne ?

Je ne réponds pas, mais, précisément, à cause des souvenirs que je viens d'évoquer, à cause aussi d'un sein admirable qui m'apparaît dans son décolleté et dont la pointe rose s'érige arrogante, je recommence à la lutiner. Elle poursuit tout en accueillant ma main caressante.

  • En tout cas, tu es un affreux garnement et je me demande ce que je vais dire à la Marquise maintenant. Quand je pense que je t'avais demandé de venir me voir pour te parler, de sa part, de Mademoiselle de C. ! Mais, je ne me vois pas te prêchant le mariage, après la petite comédie que nous venons de jouer !

  • - Vous la regrettez cette comédie, Huberte ? lui dis-je en feignant un air contrit.

  • - La regretter ? Ah, polisson, ne t'ai-je pas donné la preuve du contraire ? - Oui... mais nous n'avons joué qu'un seul acte... un lever de rideau... autant dire ! Ne croyez-vous pas qu'un deuxième acte... et même un troisième seraient de mise, comme dans toute comédie qui se respecte ? Vous êtes si désirable, Chérie... si affolante ! - Séducteur, comme tu sais parler aux femmes ! Alors... vraiment... Pierre... tu veux encore me manquer de respect ?... Effronté..., tu n'attends même pas ma permission... et voilà ta main qui s'égare ! Ah... va... je te permets tout !

  • - Oui, chérie, laissez-vous faire ! Oh... cette douceur, cette moiteur veloutée de votre chair ! Tenez : sentez-vous comme je le connais bien mon rôle... ? Sur le bout du doigt !

  • - Ah, c'est bien le cas de le dire, vaurien, roucoule-t-elle ! Oui, joue-le ton rôle, Pierrot chéri, et ne te presse pas. Le plaisir demande à être dégusté comme une délicate friandise ! Ne te presse pas, te dis-je. Nous avons tout notre temps. Justement mon mari dîne au cercle. Tu dîneras avec moi... et ainsi je pourrai te donner la réplique.

Et, comme elle me voit admirer, dans l'envol de ses jupes frémissantes, le galant spectacle de ses coquetteries intimes, elle dit encore :

  • - Hein, tu ne diras plus que tu les as pas vues mes jambes irrésistibles ... et un peu plus haut que les chevilles, coquin ? Avec quel succès nous l'avons jouée, la voluptueuse comédie... et nous avons occupé les entractes aux plus galantes confidences.   

Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard
Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard
Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard
Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard
Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard
Les Confidences de Chérubin - illustrées par Chéri Herouard

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Roland BOURIGEAUD - peintre surréaliste

Publié le par Perceval

Roland BOURIGEAUD - peintre surréaliste
Roland BOURIGEAUD - peintre surréaliste
Roland BOURIGEAUD - peintre surréaliste

Roland BOURIGEAUD est né en 1920 ; en 1930 il perd sa mère. En 1970, il est nommé professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art à Paris. 

Ses Maîtres à penser, en peintures, sont très divers et vont des surréalistes aux classiques, de Magritte au Titien, de Delvaux à Rubens.

Comme il conclut lui-même: «Dans ma vie, j’ai eu trois passions : La Peinture, La Femme et l’Enseignement ».  

 

 

 

 

Roland BOURIGEAUD - peintre surréaliste

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Scènes de vie bourgeoise -1828-

Publié le par Perceval

Henry Monnier, né le 7 juin 1799 à Paris où il est mort le 3 janvier 1877, est un, caricaturiste, illustrateur, dramaturge et acteur français.

Après des études au lycée Bonaparte, il entre en juillet 1816 au ministère de la Justice pour y occuper un médiocre emploi de gratte-papier qu'il abandonne en mai 1821, ne pouvant plus supporter les tracasseries de ses supérieurs hiérarchiques. Parallèlement à cette occupation administrative, il fréquente à partir de 1819 les ateliers d'Anne-Louis Girodet et d’Antoine-Jean Gros. Il publie ses premiers portraits d'acteurs en 1821.

En 1822, il effectue son premier séjour à Londres où les techniques de lithographie en couleurs connaissent un grand développement. Après plusieurs séjours anglais, il revient en France cinq ans plus tard.

Entre 1827 et 1832, il multiplie les albums de lithographies, croquant les mœurs et physionomies de ses contemporains, de la grisette à l’employé de bureau. Il est le créateur du caricatural Monsieur Prudhomme, personnage grassouillet, conformiste, solennel et imbécile, dont Balzac dira qu’il s’impose comme « l’illustre type des bourgeois de Paris » et dont Paul Verlaine s’inspirera, dans les Poèmes saturniens, pour un poème homonyme.

Le 21 mai 1834, Monnier épouse à Bruxelles Caroline Péguchet, dite Caroline Linsel, actrice du théâtre de la Monnaie.

À partir des années 1850, il se consacre essentiellement à l’écriture et au théâtre.

Henry Monnier a servi de modèle à Balzac pour le personnage de Jean-Jacques Bixiou dans son roman Les Employés ou la Femme supérieure (1838), fonctionnaire, caricaturiste, homme de bons mots, qui revient dans de nombreux romans de La Comédie humaine.

Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-

Henry Monnier, a donné libre cours à sa fantaisie débridée dans des pièces que l'on peut qualifier de pornographique : comme "La Grisette et l'Etudiant". Une sorte de Scènes de la vie de Bohème pour adultes avertis... une curiosité des années 1830 ...

Attention: pour ADULTES..!

Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
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Scènes de vie bourgeoise -1828-
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Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-
Scènes de vie bourgeoise -1828-

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Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole

Publié le par Perceval

Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole

Adara Sánchez Anguiano est une illustratrice née à Séville en 1987. Après avoir vécu à Barcelone, elle est revenue dans sa ville natale...

 

 

Dans ses illustrations, elle explore l'expressivité du corps humain dans des poses parfois forcées. Elle capte la forme et le mouvement, par la simple expression de la ligne du dessin

Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole
Adara Sánchez Anguiano, illustratrice espagnole

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Petites Luxures

Publié le par Perceval

Petites Luxures sont des croquis à l'encre de chine, qu'une jeune femme postent sur son compte Instagram, chaque jour. Des petits croquis suggestifs, loin de la crudité du porno,, postés par une mystérieuse inconnue qui dissimule farouchement son identité derrière l’intitulé « Petites Luxures ».

Quotidiennement, un rendez-vous érotique, invite à la sensualité et la fantaisie.

La dessinatrice française décrit elle-même ses propres dessins de minimalistes, plus ou moins crus. Pour elle la luxure est se laisser « succomber au désir et s'adonner à à ce qui nous excite le plus et nous provoque du plaisir. »

Elle considère que le plus beau compliment est quand « un couple s’envoie mes dessins en se parlant dans les commentaires. »

Son inspiration ? « Des anecdotes de ma vraie vie que « j’érotise », le libre cours de mes pensées… »

« On peut érotiser à peu près tout dans la vie, un lieu, un plat, une couleur, une visite chez le dentiste, une heure de la journée, un vêtement... On peut voir l'amour et le sexe partout ! »

« Je suis une personne heureuse en amour. Dans la “vraie vie” je suis une graphiste en région parisienne aimant le dessin et les différents plaisirs de la vie. »

Petites Luxures
Petites Luxures
Petites Luxures
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Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier

Publié le par Perceval

Fêtes Galantes

Fêtes Galantes

Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
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Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier

  George Barbier, né à Nantes en 1882, et mort à Paris 1932, est un peintre, dessinateur de mode et illustrateur français. Il est né dans la rue Contrescarpe à Nantes, le 16 octobre 18821.

        Élève de Jean-Paul Laurens à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris il expose au Salon des Humoristes de 1910 sous le nom d'Édouard William. Puis, l'année suivante, à la galerie Boutet de Monvel.

        De 1912 jusqu'à sa mort, il figure régulièrement au Salon des artistes décorateurs. Il travaille pour des journaux satiriques tels que Le Rire ou La Baïonnette puis pour des revues de mode : le Journal des dames et des modes, qu'il lança de juin 1912 à août 19142, la Gazette du Bon Ton, à laquelle il livre non seulement des illustrations de mode mais aussi des textes, Modes et manières d'aujourd'hui, Les Feuillets d'art, Femina, Vogue France, Comœdia illustré. Il réalise l'ex-libris de Jacques de Nouvion, directeur de cette dernière revue.

        Il crée de nombreux décors et costumes pour le music-hall, le théâtre ou le cinéma. On lui doit les costumes de Rudolph Valentino dans le film Monsieur Beaucaire (1924).

        Il illustre des catalogues publicitaires et de nombreux livres, notamment ceux de Baudelaire, Théophile Gautier, Pierre Louÿs, Alfred de Musset, Verlaine. Son chef-d’œuvre est l'Almanach des modes présentés passées et futures en cinq volumes, publié entre 1922 et 1925, sous le titre de Falbalas et Fanfreluches.

        L'influence des vases grecs, des miniatures indiennes, d'Aubrey Beardsley et de Léon Bakst marqua profondément son style précis et élégant, typique de la facture Art déco.

Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
Illustrations ''galantes'' -1/.- G. Barbier
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L'Amour et le XIXe siècle -1/3-

Publié le par Perceval

Après la révolution, le XIXe s. s'ouvre avec un souffle romantique : « Hâtons-nous, jouissons!» déclame Lamartine ; et se termine sous la loi des médecins 'hygiénistes' et des prêtres 'confesseurs'.. !

Après le libertinage, le XIXe marque le retour du sentiment amoureux. Toute la littérature du siècle - l’âge d’or du roman - en témoigne: Lamartine, Hugo, Musset, Stendhal, les sœurs Brontë…, les grands romans dépeignent des amours romantiques et contrariées. "C’est la cristallisation" comme dit Stendhal, décrivant Julien Sorel succombant à Madame de Rênal dans Le Rouge et le Noir, ou Balzac inventant comment tomber amoureux d’une femme de dos avec Le lys dans la vallée.

Le romantisme domine l’imaginaire amoureux du premier XIXe siècle. Et préfère la sublimation à la consommation sexuelle… Souffrir par amour devient une étape nécessaire de l’éducation sentimentale des amoureux. Il semble même que le ce siècle romanesque commence à faire vaciller les grandes stratégies matrimoniales. C’est-à-dire à faire peu à peu entrer l’amour dans le mariage.

Le XIXe s. répond à l’égalité des sexes défendue par les lumières par la misogynie, ou la transgression...

Pour le 'bourgeois', après 1848, la femme est faite pour la procréation, et l’élevage des enfants.

La femme est le fondement de la famille et le point d’attache qui permet aux hommes de se positionner dans la société.

 

Mais, le XIXe s. est un siècle hypocrite qui réprime le sexe mais en est obsédé. Traque la nudité mais regarde par les trous de serrure. Corsète le couple conjugal mais promeut les maisons de plaisir. A ce moment là, la transgression bouscule le jeu amoureux...

On ne vit pas, et on ne dit pas, la sexualité de la même manière selon que l'on est homme ou femme.

- Côté féminin, l'imaginaire est centré sur la pudeur: une jeune fille de bonne famille ne se regarde pas dans le miroir, ni même dans l'eau de sa baignoire; on prescrit des poudres qui troublent l'eau pour éviter les reflets (en revanche, les miroirs tapissent les murs des bordels). Les femmes connaissent mal leur propre corps, on leur interdit même d'entrer dans les musées d'anatomie. Le corps est caché, corseté, protégé par des noeuds, agrafes, boutons (d'où un érotisme diffus, qui se fixe sur la taille, la poitrine, le cuir des bottines).

- Côté masculin, ce sont des rituels vénaux et une double morale permanente: le même jeune homme qui identifie la jeune fille à la pureté et fait sa cour selon le rituel classique connaît des expériences sexuelles multiples avec des prostituées, des cousettes (les ouvrières à l'aiguille dans les grandes villes) ou une grisette, jeune fille facile et fraîche qu'on abandonnera pour épouser l'héritière de bonne famille. 

 

Comme le raconte Balzac dans Une double famille, il n'est pas rare de conserver, après le mariage, une «fille» entretenue.

La nudité complète entre époux sera proscrite jusque vers 1900 (la nudité, c'est pour le bordel !). 

On fait l'amour dans l'ombre, rapidement, dans la position du missionnaire, comme le recommandent les médecins, sans trop se soucier du plaisir de sa partenaire. 

Les femmes avouent-elles leur plaisir, surmontent-elles le mépris ou le dégoût que peut leur inspirer leur partenaire? Elles n'en parlent jamais dans leurs journaux intimes ou leurs correspondances avant les années 1860.

 

Dans les campagnes, on vit ses amours avec un peu plus de liberté.
La campagne, c'est un autre monde. Comme Jacques Solé l'a montré pour le XVIIIe siècle, on pratique une sexualité d'attente, on se déniaise dans les foins, on ferme parfois les yeux quand un cadet viole les petites bergères.

On se touche, on «fait l'amour», c'est-à-dire on se courtise. La fille abandonne au garçon le «haut du sac» ou elle se laisse «bouchonner». Dans certaines régions, on pratique le «mignotage» ou, en Vendée, le «maraîchinage», forme de masturbation réciproque. Dans les bals, les filles se laissent caresser sans que cela porte à conséquence. Curieusement, le baiser profond reste un tabou. De leur côté, les bourgeois rêvent de ces amours simples et libres. Mais ils en ont peur.

 

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin..

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