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La Fin des Livres

Publié le par Perceval

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

''La fin des Livres'' est un texte de 1894, publié dans les Contes pour les Bibliophiles, et illustré par Albert Robida (1848-1926).

Ce texte d'anticipation, est de Octave Uzanne (1852-1931) . Et, Uzanne avait vu juste, en partie. Le sonore, le visuel a pris le pas sur l'imprimé sur papier... !

Uzanne par Robida (1888)

Octave Uzanne est un bibliophile de grande réputation, il est aussi journaliste et essayiste. Il est connu également pour les ''études'' qu'il a fait des femmes :  Son Altesse la Femme (1885), "La Française du siècle" (1886), "La Femme et la mode", "Métamorphoses de la Parisienne de 1792 à 1892", "Tableau des moeurs et usages aux principales époques de notre ère républicaine" (1892), "La Femme à Paris", "Nos contemporaines", "Notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions" (1894), Les Modes de Paris. Variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897  (1898), "Études de sociologie féminine", "Parisiennes de ce temps, en leurs divers milieux, états et conditions", "Études pour servir à l'histoire des femmes, de la société, de la galanterie française, des moeurs contemporaines et de l'égoïsme masculin" (1910).

« Eh bien! mon cher bibliophile (...) ne nous direz-vous pas ce qu’il adviendra des lettres, des littérateurs et des livres d’ici quelque cent ans ? »

( …) l’imprimerie qui, à dater de 1436, régna si despotiquement sur nos esprits, me semble menacée de mort, à mon avis, par les divers enregistreurs du son qui ont été récemment découverts et qui peu à peu vont largement se perfectionner.

<-- Robida et Uzanne, agenouillés et présentant leur ouvrage à deux haultes personnes, à la façon des livres enluminés du moyen-âge.

( …) « Je me base sur cette constatation indéniable que l’homme de loisir repousse chaque jour davantage la fatigue et qu’il recherche avidement ce qu’il appelle le confortable, c’est-à-dire toutes les occasions de ménager autant que possible la dépense et le jeu de ses organes. Vous admettrez bien avec moi que la lecture, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, amène vivement une grande lassitude, car non seulement elle exige de notre cerveau une attention soutenue qui consomme une forte partie de nos phosphates cérébraux, mais encore elle ploie notre corps en diverses attitudes lassantes. Elle nous force, si nous lisons un de vos grands journaux, format du Times, à déployer une certaine habileté dans l’art de retourner et de plier les feuilles; elle surmène nos muscles tenseurs, si nous tenons le papier largement ouvert; enfin, si c’est au livre que nous nous adressons, la nécessité de couper les feuillets, de les chasser tour à tour l’un sur l’autre produit, par menus heurts successifs, un énervement très troublant à la longue.

La Fin des Livres

 (…) les paroles qui nous sont transmises par le tube auditif nous donnent une vibrance spéciale des cellules qui, par un effet constaté par tous les physiologistes actuels et passés, excite nos propres pensées.

« Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l’imprimerie. Nos yeux sont faits pour voir et refléter les beautés de la nature et non pas pour s’user à la lecture des textes; il y a trop longtemps qu’on en abuse,

(…) « Nos oreilles, au contraire, sont moins souvent mises à contribution; elles s’ouvrent à tous les bruits de la vie, mais nos tympans demeurent moins irrités; nous ne donnons pas une excessive hospitalité dans ces golfes ouverts sur les sphères de notre intelligence, et il me plaît d’imaginer qu’on découvrira bientôt la nécessité de décharger nos yeux pour charger davantage nos oreilles. Ce sera une équitable compensation apportée dans notre économie physique générale. »

(…) il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-plumes en celluloïd, qui contiendront cinq et six cents mots et qui fonctionneront sur des axes très ténus qui tiendront dans la poche; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites; on obtiendra la perfection des appareils comme on obtient la précision des montres les plus petites et les plus bijoux; quant à l’électricité, on la trouvera souvent sur l’individu même, et chacun actionnera avec facilité par son propre courant fluidique, ingénieusement capté et canalisé, les appareils de poche, de tour de cou ou de bandoulière qui tiendront dans un simple tube semblable à un étui de lorgnette.

(…) l’auteur parlera son œuvre et la clichera sur des rouleaux enregistreurs et mettra en vente lui-même ses cylindres patentés, qui seront livrés sous enveloppe à la consommation des auditeurs.

(…) « Les auditeurs ne regretteront plus le temps où on les nommait lecteurs ; leur vue reposée, leur visage rafraîchi, leur nonchalance heureuse indiqueront tous les bienfaits d’une vie contemplative.

« Étendus sur des sophas ou bercés sur des rocking-chairs, ils jouiront, silencieux, des merveilleuses aventures dont des tubes flexibles apporteront le récit dans leurs oreilles dilatées par la curiosité.

(…) Le peuple « pourra se griser de littérature comme d’eau claire, à bon compte, car il aura ses distributeurs littéraires des rues comme il a ses fontaines.

« A tous les carrefours des villes, des petits édifices s’élèveront autour desquels pendront, à l’usage des passants studieux, des tuyaux d’audition correspondant à des œuvres faciles à mettre en action par la seule pression sur un bouton indicateur. ? D’autre part, des sortes d’automatic librairies, mues par le déclenchement opéré par le poids d’un penny jeté dans une ouverture, donneront pour cette faible somme les œuvres de Dickens, de Dumas père ou de Longfellow, contenues sur de longs rouleaux faits pour être actionnés à domicile.

(…) le phonographisme futur s’offrira à nos petits-fils dans toutes les circonstances de la vie; chaque table de restaurant sera munie de son répertoire d’œuvres phonographiées, de même les voitures publiques, les salles d’attente, les cabinets des steamers, les halls et les chambres d’hôtel posséderont des phonographotèques à l’usage des passagers.

(…) le futur grand journal phonographique?

« Ce seront des voix du monde entier qui se trouveront centralisées dans les rouleaux de celluloïd que la poste apportera chaque matin aux auditeurs abonnés ; les valets de chambre et les chambrières auront l’habitude de les disposer dans leur axe sur les deux paliers de la machine motrice et ils apporteront les nouvelles au maître ou à la maîtresse, à l’heure du réveil: télégrammes de l’Étranger, cours de la Bourse, articles fantaisistes, revues de la veille, on pourra tout entendre en rêvant encore sur la tiédeur de son oreiller.

(…) l’illustration sera abondante et réaliste; elle pourra satisfaire les plus exigeants. Vous ignorez peut-être la grande découverte de demain, celle qui bientôt nous stupéfiera. Je veux parler du KINÉTOGRAPHE de Thomas Édison, dont j’ai pu voir les premiers essais à Orange-Park dans une récente visite faite au grand électricien près de New-Jersey.

(…) « Le KINÉTOGRAPHE enregistrera le mouvement de l’homme et le reproduira exactement comme le phonographe enregistre et reproduit sa voix. D’ici cinq ou six ans, vous apprécierez cette merveille basée sur la composition des gestes par la photographie instantanée ; le kinétographe sera donc l’illustrateur de la vie quotidienne. Non seulement nous le verrons fonctionner dans sa boîte, mais, par un système de glaces et de réflecteurs, toutes les figures actives qu’il représentera en photo-chromos pourront être projetées dans nos demeures sur de grands tableaux blancs. Les scènes des ouvrages fictifs et des romans d’aventures seront mimées par des figurants bien costumés et aussitôt reproduites; nous aurons également, comme complément au journal phonographique, les illustrations de chaque jour, des Tranches de vie active, comme nous disons aujourd’hui, fraîchement découpées dans l’actualité.

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 13/. -

Publié le par Perceval

Si la Femme développe une puissance sexuelle illimitée, le sexe masculin craint de ne pas être ''à la hauteur'' ( On parle alors '' d'invalide de Cythère ''…). Cette impuissance est largement décrite dans les romans du siècle ; elle est ridicule. De plus, la sexualité masculine ne peut multiplier à l'infini les plaisirs …

« Tu sais que les femmes, avares de leurs plaisirs, veulent que leurs amants ménagent leurs forces et ne déchargent qu’à propos, j’ai toujours abjuré cette économie, parce que je trouve dans le nombre ce que je cherche ; je veux obtenir tout et sans réserve ; malheur à celui qui s’épuise ; un lieutenant l’a bientôt relevé : ces accolades demi-sèches, me donnent peu de plaisir, je crois alors être foutue par un eunuque. » ANONYME, Vénus en rut ou vie d’une célèbre libertine, Luxurville, 1771

La marquise dans le Diable au corps au sujet de l’un de ses amants, Tournesol :

« Tournesol, avant mon bail, était un véritable Hercule, ayant d’ailleurs toutes les grâces et la galanterie du beau monde de Paris. Après l’avoir eu pendant quelques mois, seule peut-être, ce qui n’était pas un médiocre triomphe pour ma vanité, j’eus la sottise (c’en était une insigne) de trouver mauvais qu’il n’eut plus pour moi la même ardeur… J’aurais dû me dire qu’un homme qu’on a mis sur les dents ne peut plus se ressembler ; mais j’avais l’injustice de le trouver coupable »…

(...)

« J’étais furieuse de ce qu’il n’avait pas apporté sur-le-champ cette ''immortalita del Cazzo'', dont la moindre propriété (car il fallut bien me les déduire) était de mettre l’homme le plus invalide en état de faire la douce chose deux ou trois fois d’une haleine. » Tournesol lui fait croire à que, grâce à « l’immortalita del Cazzo », un aphrodisiaque, il est le seul à posséder la comtesse de Mottenfeu ( connue pour sa lubricité) jusqu’à quatorze fois dans la même nuit ...

Dans les pamphlets, on oppose l’impuissance du roi, Louis XVI, et la puissance érotique de sa femme, Marie-Antoinette... Marie-Antoinette qui représenterait, par ailleurs, la peur de la castration ( politique, sexuelle ...)... Le sexe des hommes du peuple serait plus vigoureux que celui des aristocrates … !

Il y aurait aussi, la peur masculine du ''vagina dentata'' ( vagin denté) :

« Courage, mon ami, lui dis-je, et si tu veux me prouver qu’il te vient du coeur, ose poser là-dessus en signe de paix un baiser… » Pour le coup, il se releva tout de suite, et sauta plus de deux pas loin de moi… Je courus après lui : « Quelle enfance, lui dis-je ! crois-tu que cela t’aurait mordu ! » dit Lolotte au jeune Alexis ( Nerciat)

Le pouvoir des femmes lié à la puissance érotique, s'exerce dans l'ombre... Il peut être celui des aristocrates ; ou des ''patriotes''...

Une propagande contre la Reine Marie-Antoinette la représente, ici avec La Fayette, et lui prête une vie licencieuse

 

Julie philosophe ou le Bon patriote, attribué de façon incertaine à Nerciat et paru en 1791, Julie choisit ses amants en fonction de ses convictions patriotiques :

« On sera sans doute surpris qu’une femme aussi peu instruite ait entrepris une pareille tâche, et qu’elle y ait réussi complètement, mais ce fut justement à ma qualité de femme que je dus mon succès ; un adversaire plus redoutable eût probablement échoué ; […] et si, par la suite il sollicita la permission de venir prêter le serment civique, c’est à moi qu’on doit attribuer cette résolution. Comme j’étais instruite de tout ce qui se passait aux états généraux […] ».

« […] peut-être deviendras-tu la maîtresse d’un des membres des états généraux, et alors tu l’animeras de ton patriotisme, tu pourras même l’éclairer de tes conseils, lui suggérer des idées lumineuses et contribuer au succès des travaux importants de ces assemblées. »

Mirabeau choisit également Julie pour une mission en partie parce qu’elle est une femme :

« Julie, me dit-il, vous qui êtes une des plus zélés partisans de la liberté, vous pouvez rendre un grand service à ceux qui soutiennent la même cause. […] comme j’ai la plus grande confiance en vous et que d’ailleurs une femme n’est point suspecte en pareil cas, c’est sur vous que j’ai jeté les yeux pour cette mission, persuadé que vous ne me refuserez pas ce service. »

 

Il n'empêche, ce pouvoir reste pernicieux parce qu'il émane du ''sexe faible'' entièrement soumis à son corps et ses sens … Avec la menace de l'impuissance qui guette l'homme.

Margot sait tirer sa gloire du succès de son travail, en effet elle fait pleurer de joie l'instrument de Monsieur de Gr*** M***

« Ce fut alors que j’eus besoin de tout le savoir que j’avais puisé dans l’école de Madame Florence pour ressusciter cette masse informe, et la retirer de l’état d’anéantissement où elle était, insensible et rebelle aux secousses que je lui donnais, et au frottement de ses deux lâches témoins, que je pressais l’un contre l’autre ; je commençais à désespérer du succès de mon travail, lorsque je m’avisai, pour dernière ressource, de lui chatouiller le périnée, et de le socratiser du bout du doigt. L’expédient réussit à miracle. La machine assoupie sortant tout à coup de son repos léthargique se développa d’une façon si merveilleuse qu’il me parut qu’elle prenait un nouvel être. Alors, pour profiter de cet instant précieux, et couronner mon chef-d’oeuvre, je remuais le poignet avec tant de souplesse et de rapidité, que le monstre vaincu par les plus délicieuses sensations répandit un torrent de larmes dans l’excès de sa joie. »

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Anita Rée - artiste allemande.

Publié le par Perceval

Anita Rée (artiste allemande, 1885-1933) est née à Hambourg, en Allemagne, dans une famille de commerçants juifs. Sa mère était vénézuélienne.

Baptisée, elle reçoit une éducation chrétienne... Anita Ree étudie la peinture en Allemagne avec Arthur Siebelist (peintre impressionniste). En 1910, elle partage un appartement avec Franz Nölken (peintre expressionniste allemand, 1884-1918) qui, de conserve avec Friedrich Ahlers-Hestermann (peintre allemand et critique d’art, 1883-1973) l’initie à la nouvelle peinture française. Elle passe ensuite six mois à Paris à étudier avec Fernand Léger (peintre français, pionnier du cubisme, 1881-1955)

En 1913, elle commence à travailler comme un artiste à domicile. Son père meurt en 1916, et fait l'expérience de difficultés financières. En 1919, elle devient un membre fondateur du groupe avant-gardiste Hamburgische Sezession et en reste membre jusqu'à sa mort, elle expose régulièrement avec le groupe. 

En 1919, des artistes, - peintres, architectes, écrivains – se fédèrent pour donner une importance à l’art dans la ville de Hambourg trop inféodée au commerce et au monde des affaires. Ils dénoncent l’absence de lieux de rencontre ou de formation pour les artistes. Les sécessionnistes veulent impulser un grand élan artistique et multiplient les activités artistiques : expositions, conférences, lectures, festivals.

De 1922 à 1925, elle vit à Positano, Italie. Après son retour en Allemagne, ses peintures sont recherchées, mais le climat politique est en train de changer. 

Vers 1930, elle reçoit la commande de trois grandes œuvres :elle crée des peintures murales dans deux écoles de Hambourg dans lesquelles elle incorpore ses propres expériences de vie (« Les vierges sages et folles » et « Orphée ») et un retable pour l’église Saint-Ansgar à Hambourg- Langenhorn.

Solitaire et craignant la persécution à cause de son ascendance juive, elle s'inquiète, et vit très mal la dissolution du Hamburg Secession. 

À l'été 1932, Anita Ree décide de quitter Hambourg pour se réfugier sur l'île de Sylt (une île de lamer du Nord au large du continent où l' Allemagne borde le Danemark). Elle vit là , dans des pièces non chauffées, seule, et constamment inquiète avec des soucis financiers. Elle envisage de fuir à l' étranger , mais craint de ne pas avoir assez d' argent pour un tel plan.

Friedrich Ahlers-Hestermann - Portrait d' Anita Reé - 1915 Öl auf Leinwand

Elle estime qu'elle ne peut plus vivre ainsi.... Le 12 décembre 1933 , elle se suicide par le poison. 

Elle a écrit à une de ses amies : « Je ne peux plus vivre dans un tel monde et n’ai d’autre souhait que de quitter ce à quoi je n’appartiens plus ».

En 1937 , les nazis utilisent son travail pour leur exposition d' « art dégénéré »

Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des plus célèbres artiste des Hambourg Sécessionnistes. 

Ses auto-portraits me touchent beaucoup...

Anita Rée - artiste allemande.
Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.
Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.

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Marguerite de Valois – 10/-

Publié le par Perceval

En compagnie de l'ardent vicomte de Turenne, La reine Marguerite organise des bals, des mascarades au cours desquels, il est de bon ton de se tenir très mal.

Naturellement, Margot n'a pas l'indécence de demander à son mari de payer ces fêtes où elle le cocufie. Elle s'adresse pour cela au bon Pibrac, toujours amoureux d'elle, qui se ruine doucement sans obtenir aucune faveur.

Mais il arrive que les 'moutons' se rebiffent. Un beau matin, Pibrac, ulcéré de voir Marguerite se moquer de lui avec Turenne, quitte Nérac, retourne au Louvre et raconte par le détail à Henri III ce qui se passe à la Cour de Navarre.

Le roi entre dans une grande colère, traite sa soeur de putain et adresse immédiatement une lettre au Béarnais pour l'informer de l'inconduite de Margot.

Navarre, qui a tant à se faire pardonner, fait semblant de ne rien croire, mais s'amuse à montrer la lettre du roi, à Turenne et à Marguerite. Celle-ci, outrée de cette nouvelle perfidie, décide, pour se venger, de pousser son mari à déclarer la guerre au roi. Le prétexte est simple : les villes d'Agen et de Cahors, qui font partie de son douaire, sont retenues injustement par Henri III.

Pour convaincre le Navarre, il suffit d'y ajouter un peu d’excitation, et ce sera le rôle de la jeune Fosseuse.

Quelques jours après, Navarre se prépare à cette guerre qu'Agrippa d'Aubigné devait, avec raison, baptiser "la guerre des Amoureux".

Voici d'ailleurs ce que nous en dit l'auteur de l'Histoire Universelle.

« Nous avons touché, écrit-il, de la haine de la reine de Navarre contre le roi son frère,. Cela fit que, pour lui remettre la guerre sur les bras, à quelque prix que ce fût, cette femme artificieuse se servit de l'amour de son mari envers Fosseuse pour semer en l'esprit de ce prince les résolutions qu'elle désirait. Cette fille, craintive, pour son âge, au commencement, ne pouvait bien pratiquer les leçons de sa maîtresse. Elle la faisait aider par une fille de chambre, nommée Xainte, avec laquelle le roi de Navare familiarisait. Celle-ci, hardie, rapportait sans discrétion force nouvelles que la reine de Navarre recevait ou inventait de la Cour, soit les paroles de mépris que son frère disait en son cabinet, soit les risées de Monsieur et du duc de Guise, qui se faisaient à ses dépens devant la dame de Sauve. D'ailleurs, elle séduisit les maîtresses de ceux qui avaient voix au chapitre. Elle même gagna pour ce point le vicomte de Turenne, embarqué en son amour... »

Les hostilité commencent sans tarder. On se bat avec fureur dans toute la Guyenne, et Navarre parvient à prendre Cahors. Aussitôt, par représailles, les soldats du maréchal de Biron viennent jeter des boulets dans de nombreuses villes huguenotes qui sont incendiées.

A Nérac, Marguerite se croit à l'abri, car elle a obtenu de Henri III que cette ville "fût tenue en neutralité" sous la réserve expresse que Navarre ne s'y trouvât pas.

" Mais, nous dit-elle dans ses Mémoires, cette condition n'empêcha poin que le roi, mon mari, ne vînt souvent à Nérac où nous étions, Madame, sa soeur et moi, étant son naturel de se plaire parmi les dames, même étant lors fort amoureux de Fosseuse.

Ces considération l'ayant amené un jour à Nérac avec ses troupes, il y séjourna trois jours, ne pouvant se départir d'une compagnie et d'un séjour si agréables..."

Le maréchal de Biron n'attend que cette occasion. Il accourt avec son armée et "fit tirer sept ou huit volées de canon dans la ville, dont l'un donna jusqu'au château..."

C'est ainsi que l'amour faillit causer la destruction de Nérac …

Au mois de novembre, le duc d'Anjou vient entamer des négociations, qui aboutissent au traité de Fleix (26 novembre 1580). La "Guerre des Amoureux" était finie.

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Marguerite de Valois – 8/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 8/-

Parmi ces dames de ''l'escadron volant'' se trouve Mme de Sauve, qui a déjà partagé la couche de Henri de Navarre... Ainsi, Catherine de Médicis traverse t-elle la France sous les acclamations en ramenant à son gendre à la fois une épouse et une maîtresse...

La reine de Navarre, elle, a choisi parmi les hommes qui l'accompagnent un joli garçon dont elle apprécie, aux étapes, la vigueur et le savoir-faire ; c'était, dit-elle en souriant : son "petit amant de voyage"... Ce jeune homme est joueur de luth et se nomme Guillaume Raspault. Il fait partie du quatuor privé de la reine composé d'un violoniste, d'un autre luthiste et d'un joueur de musette.

- Anecdote de voyage.

Un chroniqueur raconte une anecdote au sujet de la Reine de Navarre et du joueur de luth, Guillaume Raspault, que, - en cette période estivale - je recopie ici :

« Au cours d'une halte dans la forêt de Chinon, Marguerite s'enfonça dans un fourré, en compagnie de Guillaume Raspault.

Après avoir cheminé à travers les fougères, ils trouvèrent un petit tapis de mousse sur lequel ils s'étendirent.

Quelques instant plus tard, ils se savouraient dans un grand désordre de vêtements et de champignons écrasés, quand soudain, un bruit de branches remuées leur fit tourner la tête : entre deux arbres, un magnifique cerf, l'ai hautain, les contemplait.

Effrayé, le joueur de luth s'immobilisa et s'aplatit le plus qu'il put pour former un bouclier vivant sur le corps de la reine de Navarre.

L'animal avança, intrigué, vint flairer le couple qui n'osait faire un geste, sortit une langue énorme, et lécha le visage de Margot. La jeune femme était sur le point de perdre les sens (ce qui eût été navrant si l'on considère les circonstances) quand un groupe de paysans fit bruyamment irruption dans la clairière.

D'un bond gigantesque, le cerf disparut dans la forêt.

Au même instant, quelques cavaliers en fringant équipage surgirent à leur tour.

- Il était là messeigneurs, leur expliqua l'un des paysans. Il léchait cette belle dame qui avait grand peur.

Et il ajouta, à l'adresse de Marguerite et de Guillaume, qui restaient bien entendu, dans la posture où le cerf les avait surpris : - Vous pouvez vous relever, il est parti.

Très embarrassés, les deux amants adressèrent aux chasseurs un sourire un peu figé.

- Merci ! bredouilla Guillaume, merci !

Et, nous dit le chroniqueur, qui rapporte cette anecdote, "le joueur de luth et la reine de Navarre, toujours l'un sur l'autre, comme bête à deux dos, bien que Guillaume Raspault ait depuis longtemps perdu de son beau maintien, n'osaient se redresser, de peur que leur fricatelle ne soit découverte".

Alors, brusquement, les cavaliers et les paysant, comprenant dans quelle situation critique se trouvaient Margot et son amant, éclatèrent d'un rire énorme, fantastique, qui attira plusieurs dames de la suite.

En reconnaissant la reine Marguerite, ces jeunes femmes se précipitèrent :

- Etes-vous souffrante, Madame ?

Les cavaliers répondirent en riant qu'il s'agissait d'un mal fort agréable et contèrent l'aventure en détail. On dut, pour les faire fuir, dévoiler l'identité de Marguerite.

Affolés, ils partirent au galop tandis que les paysans couraient en tremblant se cacher dans des taillis.Les deux amant purent alors se "rajuster, prendre l'allure innocente de chercheurs de fleurettes" et rejoindre leur carrosse.

Cette histoire, qui fut connue immédiatement de tous les "gens du voyage", fit la joie des amateurs de potins, irrita Catherine de Médicis, peina le chancelier Pibrac, qui était amoureux de Marguerite, mais n'arrêta pas la liaison de celle-ci avec le joueur de luth. »

 Le voyage se poursuit sans encombre, et, le 2 octobre, la reine de Navarre retrouve son mari à la Réole.

Marguerite de Navarre écrit dans ses Mémoires : « Le roi, mon mari, est devenu fort amoureux de Melle Dayelle ( de ''l'escadron volant''..) , ce qui n'empêchait pas que je reçusse beaucoup d'honneur et d'amitié du roi, qui m'en témoignait autant que j'en eusse pu désirer... »

Après un long séjour à Toulouse, Marguerite entre à Nérac, sa capitale, le 15 décembre 1578

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Marguerite de Valois – 7/-

Publié le par Perceval

L’escadron volant de Catherine de Médicis

Catherine de Médicis, après la mort de son mari Henri II en 1559 et le retrait de la favorite en titre, gouverne l’Etat pour de bon, conseillère de ses fils...

Exerçant le pouvoir, elle joue sur son statut de veuve pour légitimer ses ambitions. Mais il lui faut s’entourer d’autres femmes, jeunes et désirables, afin de redonner à la Cour un souffle nouveau.

Catherine ne les choisit pas au hasard. Elle les veut de haute naissance, donc issues des plus nobles maisons du royaume. Il est primordial qu’elles soient belles et emplies de charme, mais il faut aussi qu’elles aient de l’esprit, possèdent l’art de la conversation ainsi qu’un certain talent au chant et à la danse. Elle les prends sous sa protection, les nourrit, leur fournit des toilettes somptueuses, assure leur entretien et leur avenir : c’est un véritable honneur pour les familles, ravies de lancer leurs filles dans le monde, presque certaines de leur dégoter un mari convenable sans effort.

En retour, les demoiselles jouent le jeu. Elles deviennent l’ornement de la Cour, qu’elles égaient de leur élégance et de leur grâce, incarnant la féminité à laquelle Catherine a renoncé depuis son veuvage. Le contraste est non seulement saisissant, mais bénéfique pour la Reine mère :

Une demoiselle qui se donne facilement n’a aucun intérêt ! Il faut qu’elles soient désirables et longuement désirées pour fixer durablement les guerriers à la Cour, les intéresser. On s’embrasse, on se courtise, on s’adresse quelques sourires aguicheurs...

Ainsi, les femmes qui composent « l’escadron volant » de Catherine de Médicis deviennent de précieuses informatrices pour la Reine mère, qui n’hésite pas à se servir d’elles à des fins politiques. Séduire, faire parler et convertir aux intérêts de la couronne les plus vulnérables, voilà à quoi elles peuvent servir.

  • Il leur était formellement interdit d'avoir "l'enflure du ventre" et apprenait toutes les techniques pour ne pas tomber enceinte.

  • Il leur était aussi interdit de tomber amoureux de leur objectif (c'est que qui arriva malheureusement pour le Balafré et Charlotte de Sauve, ainsi que pour la belle Limeuil et Condé).

Renée de Rieux de Chateauneuf (née 1550-?) fut la première maîtresse du futur Henri III de 1569 à 1571. Louise de la Béraudière (surnommée la Belle Rouet) a la réputation d'avoir été la première à déniaiser deux des fils de Catherine, le futur Henri III et le futur Charles IX. Elle eut ensuite pour mission de séduire Antoine de Navarre (père du futur Henri IV) qui abjura le protestantisme pour les beaux yeux de Louise..

Henri de Navarre, est séduit par madame de Sauve mais aussi par une demoiselle de Rouet, fille d'honneur de la reine. Extrêmement séduisante, Charlotte de Sauve ( mariée ) est ensuite la folle passion du duc d'Alençon, fils de Catherine de Médicis et devient sa maîtresse vers 1578. En 1587, elle est la maîtresse très aimée de Henri le Balafré, duc de Guise (1550-1588)

Isabelle de Limeuil (décédée en 1609), (qui était catholique) a pour mission de séduire le frère d'Antoine de Navarre, le très prude et récemment veuf, Louis de Bourbon, prince de Condé, qui est de plus, prince protestant. Elle devient sa maîtresse en 1563.


Brantome (qui tombera amoureux à intervalles réguliers des filles d’honneur de la reine) décrit cet Escadron comme « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu’humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d’autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l’entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu’il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu’elle allât à cheval en l’assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l’amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu’elles eussent bien de la sagesse et bien de l’habileté pour se garder de l’enflure du ventre ! »

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Marguerite de Valois – 6/-

Publié le par Perceval

A Liège, elle reçoit un accueil chaleureux de la part des seigneurs flamands et allemands qui organisent des fêtes somptueuses en son honneur. Finalement, elle n'a pas le temps d'aller jusqu'à Spa, distante de sept lieues, et doit se faire apporter les eaux dans des tonneaux .....

Tout va donc pour le mieux, quand elle apprend par une lettre de son frère que le roi est au courant de ses entretiens avec les Flamands. Après être entré dans une formidable colère, il a averti les Espagnols, dans l'espoir que Marguerite soit arrêtée comme conspiratrice...

Affolée, la reine de Navarre prévient ses dames d'honneur, leur dit de laisser là robes, bagages, cadeaux, parures, bijoux, et de se préparer à partir d'un instant à l'autre ; puis elle court voir quelques amis favorables au duc d'Anjou et obtient des chevaux. Deux heures plus tard, Marguerite et toute sa suite galopent à bride abattue en direction de la France.

Après cinq jours d'un voyage mouvementé, les fugitives, harassées, arrivent enfin à la Fère, ville qui appartient au duc d'Anjou. François s'y trouve, attendant sa soeur avec impatience.

Le frère et la sœur, rejoignent le roi et le Louvre, chacun laissant croire que la concorde est revenue...

 

En février 1578, d’Alençon s’enfuit du Louvre. Et Marguerite demande à Henri III de l'autoriser à rejoindre son époux à Nérac.

Le roi, qui ne décolère pas depuis la fuite du duc d'Anjou, va refuser une fois de plus, quand Catherine de Médicis intervient : « Ma fille, vous irez en Guyenne, et je vous accompagnerai... »

Ce n'était pas par pure bonté d'âme que Catherine de Médicis accepte d'aller voir son gendre ; mais pour des raisons politiques. Depuis quelques mois, une agitation huguenote assez inquiétante est signalée en Languedoc, et pour parer à une nouvelle menace de guerre civile, la Florentine juge prudent de se rendre sur place.

La longue suite de carrosses traversa la Touraine, le Poitou, soulevant un enthousiasme considérable dans le peuple, tout heureux de voir les deux reines et tant de jolies femmes derrière elles. Catherine de Médicis, pour améliorer les rapports avec certains chefs huguenots, a jugé bon, en effet de se faire accompagner de ''l'Escadron Volant'' au grand complet ...

''L'Escadron volant '' ...? On en parle dans le prochain article .... A suivre.

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

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Marguerite de Valois – 5/-

Publié le par Perceval

Marguerite, est aussi une véritable amazone de la politique, conforme au rôle, alors reconnu aux femmes de l'aristocratie... Sous prétexte de prendre les eaux à Spa, dans l'actuelle Belgique, Marguerite se rend dans les Flandres 1577 pour y convaincre les seigneurs révoltés contre Philippe II de choisir comme souverain François d'Alençon, le tout à la barbe de don Juan d'Autriche...

Brantôme (Richard Bohringer) « muguète » une dame galante, à dr. chez Mme de Retz, dans le film de Tacchella (1990) ...

Mais avant : le 15 mai 1577, Catherine de Médicis donne dans les jardins du château de Chenonceaux un banquet où toutes les licences seront admises.

"En ce beau banquet, nous dit Pierre de l'Estoile, les dames les plus honnêtes et les plus belles de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service." Mme de Sauve est, paraît-il, décolletée jusqu'à la ceinture. 

 

Elle n'est pas la seule à exposer aussi généreusement ses appas, car l'Estoile nous dit qu'en ce printemps de 1577:

 "les dames et les demoiselles semblaient avoir appris la manière des soldats de ce temps, qui font parade de montrer leurs poitrinals dorés et reluisants quand ils vont faire leur montre, car tout de même elles faisaient montre de leurs seins et poitrines ouvertes et autres parties pectorales, qui ont un perpétuel mouvement, que ces bonnes dames faisaient aller par compas ou mesure comme une horloge, ou, pour mieux dire, comme les soufflets des maréchaux, lesquels allument le feu pour servir à leur forge".

On les embrasse dans le cou, on les culbute dans l’herbe, on les baise contre les arbres. » extrait de ''Catherine de Médicis – La Reine de Fer'', par Raphaël Dargent (2011)

.« Les halètements se mêlent aux rires, les corps n’en peuvent plus, tendus à l’extrême. C’est une obsession : se plonger dans les crinières odorantes, se presser contre les croupes aguichantes. Les corps sont offerts, à qui veut les prendre : poitrines généreuses, tendues sous les corsages, humides de sueur ; lèvres brillantes, rouges et charnues : cous blancs, doux et chauds.

Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes : certains affirment que Catherine réprouve farouchement la débauche, et son « escadron volant » ne mérite pas une réputation aussi sulfureuse. La Cour des Valois n’est pas une Cour dissolue. Si certains se font une joie d’exagérer des scandales ou d’en inventer de toutes pièces, c’est parce qu’ils ne savent pas comment réagir face à cette nouvelle société qui prend forme, une société où la femme possède une place à part entière, répandant à la Cour un vent de sociabilité et de sentiment amoureux...

 

Le départ pour les Flandres a lieu le 28 mai 1577.

A Cambrai, Marguerite trouve sur place ce qu'il lui faut, en la personne de M. d'Inchy, le gouverneur, dont elle fait la connaissance au cours d'un bal organisé par l'évêque. Ce saint homme, se retire après le souper, effrayé sans doute par la tournure que semblent vouloir prendre les choses.

Lorsque l'orgie à laquelle participent benoîtement toutes les grandes dames de la ville bat son plein, la reine de Navarre s'éclipse à son tour dans ses appartements avec M. d' Inchy qui se montre si valeureux amant qu'elle lui demande s'il veut l'accompagner dans son voyage.

Le gouverneur accepte, et le plaisir de visiter un pays inconnu se double pour la reine Margot des délices d'une lune de miel …

Elle n'oublie pas pour autant sa mission. D'ailleurs, cette aventure galante fait partie d'un plan.

Marguerite, dans ses Mémoires, laisse entendre, en effet, qu'en se faisant accompagner par le gouverneur de Cambrai, elle pense gagner celui-ci à la cause du duc d'Anjou ( d'Alençon)... Dans toutes les villes où elle s'arrête - et où on lui fait fête - elle sait fort habilement parler de François, vantant ses mérites et promettant même des charges et des titres à ceux qui voudraient aider ce frère chéri à conquérir les Pays-Bas.

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Marguerite de Valois – 4/-

Publié le par Perceval

Henri de Navarre, ''se console'' en batifolant avec une dame d'atours de la reine mère : la gracieuse Mme. de Sauve :

Charlotte de Beaune-Semblançay, vers 1572. Elle épouse en 1569 Simon Fizes, seigneur de Sauve Charlotte devient la maîtresse du roi de Navarre (le futur Henri IV de France) en 1572 et reste sa maîtresse jusqu'en 1577. Elle aurait eu également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III)  

Elle a "le tétin ferme et blanc, emplissant bien la main du gentilhomme, la cuisse longue et la fesse alerte". Elle est l'une des femmes utilisées par Catherine de Médicis, pour espionner les gens de la cour. Elle a également pour amant François d'Alençon en 1575, (frère du roi Henri III), qu'elle oppose à Navarre dans une furieuse rivalité.

La reine Margot nous dit dans ses Mémoires : « Il ne me parlait presque plus. Il revenoit de chez elle fort tard, et pour l'empêcher de me voir, elle luy commandoit de se trouver au lever de la royne, où elle étoit sujette d'aller, et après, tout le jour, il ne bougeoit plus d'avec elle."...........

Henri de Navarre ne se cache d'ailleurs nullement de cette liaison, même à sa femme, puisque Marguerite ajoute un peu plus loin ; "Il me parlait de cette fantaise aussi libremement qu'à une soeur, connaissant bien que je n'en étais aucunement jalouse, ne désirant que son contentement..."

Après François d'Alençon, Henri de Navarre profite des troubles de la cinquième guerre de religion pour s'enfuir, le 5 février 1576. Il vient de passer plus de trois ans comme otage à la cour... Il s'était converti au catholicisme et s'était donc lié politiquement avec le frère du roi, François d'Alençon.

Parti, il rejoint ses partisans, et renoue sans éclat avec le protestantisme, en abjurant le catholicisme.

D’octobre 1578 à mai 1579, la reine mère Catherine de Médicis lui rend visite pour achever la pacification du royaume. Espérant le maintenir plus facilement en obéissance, elle lui ramène son épouse Marguerite.

Pendant plusieurs mois, le couple Navarre mène grand train au château de Nérac. ( Nous en reparlerons ...)

 

 

 

Henri se laisse aller lui-même aux plaisirs de la séduction, il s'éprend tour à tour de deux filles de compagnie de sa femme : Mlle Rebours et Françoise de Montmorency-Fosseux dite « la belle Fosseuse », (1566 -1641). 

Marguerite suivra le conseil de sa mère et chassera Fosseuse de la cour en 1582.

Henri le prend comme une injure personnelle, mais ne fait rien pour la récupérer, il préfère tomber sous le charme de la « belle Corisande », Diane d'Andoins : femme réputée d'une grande beauté et d'une culture non moins étendue - elle est notamment en relation avec Montaigne -, elle s'éprend de littérature courtoise et c'est dans le roman de chevalerie Amadis de Gaule qu'elle trouve l'héroïne à qui elle peut s'identifier, au point qu'elle adopte son nom : « Corisande ».

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Marguerite de Valois – 3/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 3/-

Sur l'oreiller, la Mole, entretient Marguerite d'un complot ourdi par lui et Henri de Navarre... L’époux de Marguerite, veut détrôner le roi et y placer François d’Alençon, son frère cadet.

''Fille de roi'', Marguerite prévient aussitôt Catherine de Médicis...

Immédiatement, le duc d'Alençon et le roi de Navarre sont enfermés dans leurs appartements, et accusent La Mole, qui est soumis à la question, condamné à mort et exécuté en place Saint-Jean de Grève à Paris. (1574)

La Reine Margot - Film 1994 - Extraits: Margot et La Mole Chanson : Adagio Lara Fabian

Marguerite manifeste du chagrin ... Elle suspend à sa ceinture, pour afficher son deuil, une breloque, en forme de tête de mort comme on les aime à l’époque...

Quant à Henri de Navarre, il quitte Paris. Marguerite ira le rejoindre en 1578.

On dit que Marguerite essaie consciencieusement – pendant une semaine - d'être fidèle à la mémoire du cher disparu. Mais les meilleurs sentiments ne résistent pas longtemps aux poussées d'une nature généreuse. Marguerite se sent dans un état de grande surexcitation qui la gêne pour trouver ses mots et l'empêchait de s'asseoir. Il lui faut un calmant. Elle le trouve en la personne d'un garçon de la Cour, réputé pour son intarissable vigueur. En quelques séances, il apaise le tourment de Margot.

Alors la jeune reine recommence à fréquenter les bals.

Un soir, elle rencontre le beau Charles de Balzac d'Entragues et devient sa maîtresse.

Elle ignore que ce gentilhomme est poussé vers elle par le duc de Guise, qui veux ainsi la rapprocher de son parti..

Charles IX meurt le 30 mai 1574, il avait vingt-quatre ans.

Le nouveau roi Henri III s'irrite de la nouvelle liaison de sa sœur ; et la reproche à Henri de Navarre, qui sans aucun remord se livre à la débauche la plus effrénée...

Un peu plus tard, c'est de Louis de Clermont d'Amboise, seigneur de Bussy, que Marguerite devient la maîtresse...

C'était un élégant jeune homme, "escalabreux, brave et vaillant", qui passe son temps à se battre en duel et à entrer dans le lit des jolies femmes de la Cour. Au contact de Marguerite, ce bouillant garçon se déchaîne et ce n'est entre eux que "concupiscence effrénée, conjonction cachée et consommation à l'écart".

 

Bientôt, ils commettent des imprudences. Un soir, quelqu'un les aperçoit, alors "qu'il la baise toute en jupe sur la porte de sa chambre".

 

Henri III ne tarde pas à être mis au courant des distractions que Marguerite s'offrent dans les couloirs du Louvre.

 

Bussy échappe à une tentative d’assassinat, et après quoi, il juge prudent de "changer d'air". Il quitte Paris le 22 mai 1575... Il tentera de séduire la dame de Montsoreau, et sera tué dans le piège que lui tendra le mari de celle-ci, le 19 août 1579

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