Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #histoire tag

Le Jeu des Reynes renommées

Publié le par Perceval

Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées

La Mythologie était au centre des connaissances qu'un Roi, comme Louis XIV devait connaître … Elle était présente dans les astres du ciel, dans la longue lignée des Rois les plus prestigieux, parmi les reines renommées, la géographie, et bien sûr dans toute sorte d'histoires, fables et contes …

Aussi, sur la commande de Mazarin, le poète Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676) et le peintre graveur Stefano Della Bella ( installé à Paris de 1640 à 1649, il travailla aussi pour Richelieu et Anne d'Autriche...), inventèrent et gravèrent en 1644 quatre jeux pédagogiques pour l'éducation du jeune Louis XIV, âgé alors de six ans : le jeu des rois de France ( ce jeu comporte 64 cartes, dont la soixante-quatrième est celle de Louis XIV lui-même.), le jeu des reines renommées, le jeu de la géographie, et le jeu des fables …

 

Le jeu des reines renommées (qui regroupe les reines légendaires et les reines réelles), comprends 52 cartes et se présente comme un jeu de treize familles, chacune regroupe quatre reines. Ainsi, ces reines sont classées : heureuse, malheureuse, capricieuse, habile, galante, impudique, bonne femme, cruelle, sage, sainte,  célèbre, pieuse ou vaillante...

 

Ce jeu met en scène toute sorte de souveraines, de l'Antiquité jusqu'à Anne d'Autriche, en passant par des reines de la mythologie classique (Hécube, Clytemnestre, Médée, Pénélope, les Amazones), de l'Ancien Testament (la reine de Saba, Esther) et de l'Empire romain (Messaline, Agrippine, Livie.), sans oublier les reines maléfiques (Frédégonde, Brunehaut.), les modèles de sainteté (Hélène, Blanche de Castille.) ou encore des reines au destin tragique (Marie Stuart). Ce jeu connut plusieurs éditions en Italie, en Allemagne, en France - et une contrefaçon à Amsterdam.

Au moyen-âge, le jeu, se cantonnait dans l'activité ludique et futile ; ou pouvait paraître ésotérique ( et même diabolique …). A la Renaissance, il fut réhabilité, notamment par Rabelais et Montaigne, pour lequel les jeux pouvaient illustrer des activités les plus sérieuses des enfants.

En Italie, le 23 mars 1375, un décret des prieurs de Florence interdit un jeu qui est appelé « naib-be ». Les enfants jouent aux naïbes (naïbi) : un jeu de carte semblable à la bataille... On pense alors ( au XVe s.) à illustrer le jeu pour initier les enfants aux vertus, aux arts, aux métiers ou encore aux sciences. ( la série de cartes dite de “Mantegna”)

Thomas Murner (1475-1537), théologien, humaniste alsacien, inventa des jeux de cartes pédagogiques conçus pour enseigner la logique (1507) et le Code Justinien (1515) à ses étudiants de l’université de Cracovie.

 

Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées

Voir les commentaires

Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 3/3 -

Publié le par Perceval

Henri II entend affranchir l’Eglise d’Angleterre de l’autorité du Pape, et le fait brutalement, et sans scrupule...  

Henri II discutant avec Thomas Becket

En 1170, Henri II fait assassiner son ancien conseiller, l’archevêque de Cantorbéry Thomas Becket qui, après l’avoir servi fidèlement, s’oppose maintenant à lui sur la question de l’obéissance, ou pas, de l’église d’Angleterre au pape. Ce meurtre, survenu en pleine cathédrale de Canterbury et au pied même de l’autel, soulève l’indignation en Europe et provoque une vive émotion parmi les sujets britanniques.

Faisant spectaculairement acte de contrition, Henri II décide de se faire fouetter en place publique afin d’expier…

 

 

Henri II s'oppose à ses fils, Aliénor prend leur parti et entraîne avec eux leurs vassaux continentaux...

 

C'est la grande révolte de 1173, La répression s’engage en Poitou et en Touraine. Décidant de fuir les combats, Aliénor se déguise en homme et chevauche à bride abattue pour franchir la frontière et rejoindre le territoire du roi de France Louis VII, son ex-mari....

Arrêtée, reconnue, et capturée, elle est expédiée à Henri II qui la fait enfermer dans un couvent en Angleterre (1173-1189).

A l’avènement de Richard Coeur de Lion en 1189, elle retrouve toute son influence politique.

Le roi Richard et sa mère Aliénor Festival Richard Coeur de Lion, en Limousin

 

Elle récupère l’Aquitaine que son mari lui avait confisquée, puis assure la régence pendant la 3e Croisade (depuis 1190) et la captivité de Richard en Allemagne lors de son retour (1192). Enfin, elle réunit la rançon que l’empereur demande pour la libération du roi et la porte elle-même à Mayence (1194).

Elle a une part décisive dans l’avènement de son dernier fils, Jean sans Terre (à la mort de Richard en 1199). Grande voyageuse, d’une énergie inlassable, elle se rend en Espagne pour organiser les fiançailles de sa petite-fille Blanche de Castille avec le futur Louis VIII.

Elle décide de venir à l'abbaye de Fontevraud, pour finir ses jours dans une retraite austère, où elle prend le voile malgré son grand âge. Elle a voulu être inhumée dans l'église du monastère. Elle meut le 31 mars 1204.

 

 

Aliénor eut deux filles avec Louis VII : Marie de France, né en 1145 et morte en 1198, qui épousa le comte de Champagne Henri Ier dit le Large ; Alix, née en 1150, au retour de la croisade, et morte en 1195, qui fut mariée à Thibault le Bon, comte de Blois et de Chartres (frère du comte de Champagne).

Elle donna huit enfants à Henri II d'Angleterre : Guillaume, né en 1153 et mort en 1156 ; Henri le Jeune ou de Court-Mantel, né en 1155 et mort en 1183, qui épousa Marguerite, fille que le roi Louis VII eut avec sa deuxième épouse Constance de Castille ; Mathilde, née en 1156 et morte en 1189, mariée à Henri le Bon, duc de Bavière, et mère de l'empereur Othon IV ; Richard, né en 1157 et mort en 1199, qui devint roi d'Angleterre (son frère Henri étant mort) sous le nom de Richard Cœur de Lion ; Geoffroy, né en 1158 et mort en 1186, qui épousa l'héritière de Bretagne et fut père du malheureux Arthur ; Aliénor, née en 1161 et morte en 1214, mariée à Alphonse VIII roi de Castille dit le Noble, mère de Blanche de Castille ; Jeanne, née en 1165 et morte en 1199, qui épousa Guillaume II roi de Sicile, puis Raimon V comte de Toulouse, avant de devenir après la mort de ce dernier (1194) abbesse de l'abbaye de Fontevraud ; Jean sans Terre, né en 1166 et mort en 1216, qui devint roi d'Angleterre au détriment de son neveu Arthur.

Voir les commentaires

Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 2/3 -

Publié le par Perceval

 

Aliénor d'Aquitaine et l'une de ses filles. Fresque des chapelles oratoires de Passais

 

On suppose, qu'en ce jour de Noël 1161, alors que l'on baptise la dernière-née du couple royal : une petite « Aliénor » qui épousera le roi de Castille Alphonse VIII, un ténor de la Reconquista contre les Musulmans, Chrétien de Troyes assiste à l’événement...

Aliénor et Henri II

Aliénor réside le plus souvent dans son duché, qu’elle continue à administrer et où elle tient une cour brillante de poètes et d’artistes, à Poitiers notamment. Elle donne 8 enfants à Henri II, mais ce second mariage n'est guère plus heureux que le premier, d’autant qu’à la mésentente royale s’ajoute des dissentiments politiques. On dénonce son caractère et on dit qu'on la vit poursuivre et humilier les femmes qu'elle supposait plaire au roi.

 

 

A 46 ans et après 16 ans de mariage, Aliénor est lasse de son (deuxième) époux.

Décidément insoumise, saisissant l’opportunité que constitue la révolte de seigneurs aquitains (qu’il convient évidemment, de mater), Aliénor décide de quitter la cour de Londres et de retourner s’établir sur ses terres, en France, à Poitiers. Là, elle entretient un cercle d’artistes, de poètes et de troubadours (tel Bernard de Ventadour) qui chantent ce que l’on appelle désormais l’« amour courtois ».

Elle y vit aux côtés de Marie de Champagne, sa fille aînée, née de sa précédente et première union avec Louis VII. Libres, les dames y prononcent leurs jugements sur la conduite de leurs amants en fonction des règles de cet « amour courtois »…

Aliénor et Henri II écoutent l’histoire de Lancelot du Lac

Le cycle des aventures des chevaliers de la Table ronde, se diffuse et influence le modèle littéraire.

 

Le chevalier, modèle de noblesse est invité à ne pas suivre les comportements des mâles de l’époque, avides de rapt et de pillages. Le chevalier se donne pour mission de conquérir le cœur de son aimée par son comportement irréprochable, sa bravoure, son élégance, sa patience, sa fidélité, etc... Ainsi l’amour qu’il lui inspirera sera-t-il fondé sur une attraction réciproque où les aspirations de la femme seront, enfin, prises en compte. Cest ainsi que le roman arthurien raconte les amours plus ou moins contrariés de Lancelot et Guenièvre (l’épouse d’Arthur), de Tristan et Iseult, etc…

Au Moyen Age, c’est une nouveauté de faire ainsi émerger la notion d’individu, son désir et un amour qui serait fondé sur l’attraction réciproque.

 

Sous le pseudonyme d’Aziman, Bernard de Ventadour lui consacre plusieurs chansons; on lui prête d'ailleurs une 'aventure' avec Aliénor, selon son propre témoignage : ainsi les termes de la chanson qu'il lui dédia :

« Elle peut maintenant me dénier son amour, Je pourrai toujours me flatter, D'en avoir obtenu le doux témoignage.... »

Wace lui dédicace le Roman de Brut et fait son éloge dans la dédicace du Roman de Rou, de même que Benoît de Sainte-Maure dans le Roman de Troie; Philippe de Thaon lui dédie une copie de son Bestiaire.

On peut aussi se demander si elle n’aurait pas inspiré Marie de France ou Chrétien de Troyes pour le personnage de la reine Guenièvre.

Dans son Traité de l’amour courtois, André le Chapelain lui attribue plusieurs jugements d’amour qui affirment avec force la doctrine courtoise de l’amour en dehors du mariage.

Voir les commentaires

Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 1/3 -

Publié le par Perceval

Aliénor d’Aquitaine, femme de Louis VII roi de France, remariée à Henri II Plantagenet, fut couronnée avec lui à Westminster, le 19 décembre 1154. Éléonore d’Aquitaine mourut à Fontevrault en 1204.

Louis VII fiança les deux filles que lui avait données sa seconde femme, Alice de Champagne, aux deux fils de sa première femme Aliénor d’Aquitaine, remariée au roi d’Angleterre...

Reine de France, puis d'Angleterre, femme de pouvoir et d'intrigue...

Voyons cela d'un peu plus près ....

Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), a tout pour fasciner, et alimenter la légende... Ainsi, George Duby qui consacre un ouvrage aux «  Dames du XIIe s ». place Aliénor, entre Héloïse et Iseult... Effectivement, il y a une légende noire autour de la reine : certains chroniqueurs lui reproche : - d'être la petite fille de Guillaume IX de Poitiers (1071-1126), lui-même troubadour aux écrits et aux mœurs libres ; - d'avoir divorcé de son premier mari Louis VII, et - d'Henri II d'avoir dressé ses fils contre leur père, d'avoir causé sa mort tragique ... et surtout d'être une femme : «  une femme incomparable, belle mais pudique, puissante et douce, humble et pleine d'esprit... qualités que l'on trouve rarement chez une femme qui épousa deux rois et enfanta deux rois, travaillant sans relache, et dont les capacités, à son âge, impressionnent.» Richard de Devizes, chroniqueur.

    Mariage d'Alienor d'Aquitaine ->

 

- Aliénor est le plus beau parti d'Europe. A 13 ans, elle devient l'héritière de l'Aquitaine ( c.à d : la Gascogne, le Poitou et le Limousin ). 1137 en juillet, à 15 ans elle épouse celui qui devient roi dès le mois de décembre : Louis VII.

Elle refuse de rattacher l’Aquitaine à la couronne, et veut gérer seule son puissant Duché.

On rapporte qu'elle se plaint d'avoir «  épousé, non pas un roi, mais un moine ! ». Lors de la 2ème croisade, Aliénor accompagne Louis VII, elle a - dit-on - une liaison avec son oncle, le Prince d’Antioche. Cette rumeur et son attitude frivole annonce la fin de son mariage et précipitera la 2ème croisade vers une cuisante défaite des armées croisées.

 

En 1152, une assemblée d'évêques constate la nullité du mariage... Louis VII, au retour de croisade où l'a accompagnée Aliénor, il prétexte la consanguinité pour se séparer d'elle : en 15 ans, la reine ne lui a donné que deux filles, la succession dynastique est en péril... !

 

<-- Alienor et Louis VII, priant pour avoir un fils .

 

- Entre Paris et Poitiers, Aliénor manque de se faire ravir, à deux reprises, par le comte de Blois, et par Geoffroy, duc de Normandie ( et frère d'Henri II)... Arrivée au siège de sa cour, à Poitiers Aliénor écrit à Henri qu'elle est libre..., et qu'il est le seul prince digne d'elle.

 

- Henri II, se presse et leur union est célébrée le 18 mai 1152, à Poitiers. Les chroniqueurs n'hésitent pas à parler de la beauté d'Aliénor, et de l'ardeur et de la jeunesse ( il a neuf ans de moins qu'elle ), d'Henri II qui auraient séduits la duchesse d'Aquitaine.

- En 1154, Henri devient roi d'Angleterre.

Le couple demeure un an en Angleterre, ensuite le roi doit se rendre sur le continent pour assurer son pouvoir … Aliénor représente le roi en Angleterre... Jean de Salisbury, contemporain, dit qu'ils sont interchangeables  

Voir les commentaires

Reines d'Angleterre, venues de France : Mathide de Boulogne.

Publié le par Perceval

Les reines qui viennent de France, au Moyen-âge sont nombreuses et témoignent que les mariages princiers restent des alliances familiales au cœur de luttes de pouvoir...

Ces reines sont les souveraines des territoires dont elles héritent, et tiennent à leur pouvoir...

En ce début du XIIe siècle, nous sommes sur le souvenir de Guillaume le conquérant, premier souverain d'Europe, rassemblant tous les ''grands bretons'' et les normands...

Henri 1er s'impose, mais après le décès de son fils, il désigne sa fille Mathilde comme héritière en 1126... mais, Etienne de Blois, fils d'Adèle – la fille de Guillaume le Conquérant – revendique la couronne... ! Dix-neuf années que l'histoire anglaise nomme ''anarchique'' commence...

La guerre des deux '' Mathilde''

Supplication de Matilda of Boulogne pour la libération de son mari le roi, Stephen of Blois; devant Mathilda ''the Empress''

 

En 1125, Étienne de Blois (1096, 1135, 1154) épouse Mathilde de Boulogne.

King Stephen (1135-1154)

Etienne de Blois, est le 3ème fils - d’Étienne-Henri comte de Blois-Chartres- et d’Adèle, fille de Guillaume le Conquérant et sœur d’Henri 1er d’Angleterre. Étienne est éduqué avec ses deux frères aînés à Blois, sous le tutorat de Guillaume le Normand. Son oncle maternel Henri 1er d’Angleterre le prend sous son aile aux alentours de 1113.

Mathilde de Boulogne (1103-1152), naît à Boulogne-sur-Mer . Elle est la fille et héritière du comte de Boulogne Eustache III et de Marie d'Écosse.

Étienne devient comte de Boulogne en droit de sa femme. Ils règnent sur le comté jusqu’en 1146-1147, date à laquelle ils le transmettent à leur fils aîné Eustache.

L’énergie de sa femme lui sera d’un grand secours dans la suite …

En effet, son mariage fait de lui le principal baron de la sphère anglo-normande. À cette époque, le roi d’Angleterre n’a pas d’héritier, et il est probable qu’Étienne soit alors son candidat préféré. Il a toute la légitimité pour lui succéder, car il est un descendant du Conquérant...

Pourtant, à la mort du roi Henri 1er d’Angleterre, le 1er décembre 1135, le trône doit revenir à sa fille

Empress Matilda, the daughter of Henry I

Mathilde ''l’Emperesse'' est la petite-fille de Guillaume le Conquérant, elle est née en février 1101 à Sutton. Mariée, le 7 janvier 1114, à Mayence avec l’empereur romain germanique Henri V, d’où son surnom d’ Impératrice ou d’"Emperesse", elle revient en Angleterre à la mort de ce dernier en 1125.

Le 17 juin 1128, elle épouse Geoffroy le Bel, comte d’Anjou et du Maine, dit aussi Geoffroy Plantagenêt, âgé seulement de 15 ans. Par cette union, qui donnera le jour à trois enfants dont le futur roi d’Angleterre et duc de Normandie, Henri II Plantagenêt...

 

Prévenu de la mort du roi, Étienne de Blois alors qu'il avait reconnu la légitimité de Mathilde l’Emperesse - absente d'Angleterre - rejoint au plus vite Londres. Là, les citoyens le reconnaissent pour roi.

Le 22 décembre 1135, après que le baron Hugues Bigot ait fait le serment que, sur son lit de mort, le roi avait désigné Étienne comme son successeur, il se fait couronner par Guillaume, l’archevêque de Cantorbéry.

La fille de Henri Ier, Mathilde, envahit l’Angleterre en 1139 dans le but de réclamer son trône et le pays plonge dans la guerre civile.

 

Illustration of Queen Maud wife of King Stephen of Blois begging Empress Matilda for her husband To be restored to liberty.

Etienne est capturé au cours de la bataille de Lincoln, dépossédé de son trône, et emprisonné à Bristol. Mathilde, autoproclamée "Domina Anglorum" puis "Angliae Normanniaeque domina" , enfin débarrassée de son rival, tente, vainement, de se faire couronner reine d’Angleterre au cours de l’été 1141...

Hautaine, arrogante et despotique, Mathilde va fuir précipitamment Londres sous la pression d’une population révoltée lui préférant Mathilde de Boulogne, l’épouse d’Etienne de Blois. En novembre 1141, cette dernière, aidée de Guillaume d’Ypres, après avoir assiégé la ville de Winchester, met en déroute l’armée de Mathilde et fait prisonnier son demi-frère Robert de Gloucester, puis parvient à faire libérer Etienne.

Étienne est relâché en échange de Robert de Gloucester. Etienne retrouve le trône anglais et, durant les fêtes de Noël qu’il passe à Cantorbéry, il réaffirme son autorité par une cérémonie de couronnement.

Après la mort de Robert de Gloucester, en 1147, Mathilde se retire en Normandie (que son époux, le comte d’Anjou, a reconquise) en 1148.

Le trône d’Etienne reste disputé. Le fils aîné de Mathilde, Henri, qui a reçu la Normandie de son père en 1150 et qui est marié à la duchesse héritière Aliénor d’Aquitaine, envahit l’Angleterre en 1149 et à nouveau en 1153.

 

Mathilde de Boulogne

Mathilde de Boulogne décède le 3 mai 1152 au château de Hedingham, Essex, Angleterre. Elle s'est fortement impliquée dans la gestion du royaume. Sa connaissance de la géo-politique continentale a été importante pour Étienne. En 1138, elle a dirigé le siège du château de Douvres qui est tenu par des rebelles, soutenant l'Emperesse. Elle a demandé à ses vassaux de Boulogne de bloquer le port de Douvres, obligeant la garnison à se rendre. À la Noël 1138, elle reprend le processus de paix entre l'Écosse et l'Angleterre qui s'éternisait. Elle a mené les négociations, au nom de son mari, avec son oncle David Ier d'Écosse.

En 1140, elle a arrangé une alliance avec la France en mariant son fils Eustache à Constance, la fille de Louis VI. Après la capture d'Étienne, à la bataille de Lincoln, elle a pris la tête de son parti, aidée par le capitaine de ses mercenaires Guillaume d'Ypres. Son rôle fut crucial dans le sauvetage de la cause de son mari. Quand Henri de Blois est assiégé à Winchester, elle rallie ses troupes et assiège les assiégeants. Après la bataille de Winchester qui s'ensuit, Robert de Gloucester, le capitaine du parti angevin, est capturé. Son mari est échangé quelques mois plus tard avec Robert de Gloucester.

Dans les dernières années de sa vie, elle se consacre à la vie religieuse. Elle fut une bienfaitrice des templiers.

Cette scène très souvent représentée illustre le plaidoyer de Matilda ( Mathilde) de Boulogne pour la libération de son mari, Stephen ( Etienne) of Blois. Finalement, la population va se retourner contre Mathilde l'Emperesse...

L'impératrice Matilda était la seule héritiere survivant du roi Henri I. Matilda a épousé Henry V, l'empereur sainte-romaine, mais n'a eu aucun enfant et après onze ans de mariage, Henry est mort. Matilda a donc épousé en secondes noces Geoffrey V le comte d'Anjou. Ils ont trois fils, dont l'aîné deviendra le roi Henri II. Beaucoup d'anglais considèrent qu'à la mort de son père en 1135, le trône a été usurpé par son cousin Stephen ( Etienne) de Blois qui a revendiqué le trône tandis que Matilda était en Normandie enceinte de son troisième enfant.

Reines d'Angleterre, venues de France : Mathide de Boulogne.
King Stephen before the Battle of Lincoln, 1141

 

Le roi Stephen, face à ses ravisseurs à la bataille de Lincoln. ( image de 'Fortunino Matania')

 

La reine Matilda s'échappe d'Oxford vêtue de blanc, avec ses partisans, comme camouflage sur la neige...

 

Matilda est autorisé à quitter le château d'Arundel avec tous ses gardiens par son rival Stephen

 

 

Voir les commentaires

La dormeuse de Naples – Caroline Murat -2/2-

Publié le par Perceval

Le portrait de la '' Dormeuse de Naples '' est-il celui de Maria-Annunziata, dite Caroline Bonaparte... ?

Caroline est fière de sa beauté. Elle n'hésite pas à l'utiliser, tout comme sa sœur Pauline qui a posé nue pour Antonio Casanova, et qui réalise ainsi la magnifique ''Venus Victrix'' (1804-08).

Pauline sera à l'occasion la maîtresse de Murat...

Les Sœurs de Napoléon - Musée Marmottan Monet - Hector-Viger .La-toilette-avant-le-sacre

Parmi les amants de Caroline, citons :

* en 1804, Charles de Flahaut (1785-1870), militaire et diplomate français. Il est admis au service de Louis Bonaparte en 1801, puis de Murat en 1803, comme capitaine aide-de-camp. Mais, après sa liaison avec la femme de Murat, il est versé à l'état-major de Berthier en 1808. On lui attribue aussi les faveurs de Pauline Bonaparte.

Cependant, c'est avec Hortense de Beauharnais qu'il eut la liaison la plus durable, dont est issu un fils illégitime, Charles de Morny (1811-1865).

Officiellement Charles était le fils de Charles François Flahaut de La Billarderie, maréchal de camp, il était en fait le fils de Talleyrand. Sa mère, Madame de Souza, fut une romancière célèbre, d'une grande beauté, et avait la grâce de ces grandes dames des dernières années du XVIIIe siècle.

Les soeurs de Napoléon au couronnement...

* Jean-Andoche Junot ( frère d'armes de Joachim Murat ) est colonel général des Hussards, Grand Officier de l’Empire ; il a trente six ans et, depuis le 19 juillet 1806, est gouverneur de Paris. Pendant que Joachim est quelque part sur les champs de bataille, Junot réside à Paris avec Laure, sa jeune épouse ; « Laurette » pour les intimes. Caroline, sa sœur Pauline Borghèse et Laure sont amies. Toutes les trois ont envie de s’amuser. Au début de l’année 1807, lors d’un d’une soirée théâtrale organisée par les jeunes femmes, à la Malmaison, Caroline va avoir une liaison avec le mari de son amie « Laurette », le fringant et bel officier Junot. Pour cette faute, Napoléon expédiera Junot, à la tête d’une armée, conquérir le Portugal ; avant que Murat ne faillisse provoquer en duel son ami …

* A Naples, Caroline retrouve le sieur de La Vauguyon, une vieille connaissance, qui , à Paris, lui avait fait une cour empressée, mais en vain... le duc de La Vauguyon est le fils de l'ancien gouverneur du dauphin ( futur Louis XVI). Murat l'a nommé colonel-général de sa garde. Cette fois, comme elle a besoin de lui pour échapper à la surveillance de son mari, et l'espionner, elle le prend enfin pour amant. Quand le roi de Naples découvre la trahison, il révoque La Vauguyon sur-le-champ et le fait bannir d'Italie... Mais Caroline, ne tarde pas à le remplacer...

Mariage_de_Jérôme_Bonaparte_et_de_Catherine_de_Wurtemberg - Détail

* Il y aura Hector Daure (1774-1846) , ministre de la guerre à Naples... Mais, le préfet de police de Naples, Maghella remet à Murat des lettres prouvant la liaison de Daure avec sa femme Caroline : il est aussitôt révoqué et doit quitter l'Italie (1811) . Daure rapporte alors à Napoléon, certains agissements de Murat, qui affirme son indépendance quant à la politique française. L'Empereur fait arrêter certains conseillers de Murat avant de lui rappeler son rôle de vassal de l'Empire. Caroline est alors envoyée en France pour apaiser la colère de Napoléon.

En août 1813, Murat est invité par Napoléon à rejoindre son armée à Dresde, et Caroline est nommée régente en son absence. À ce moment, Metternich et ses représentants l'assurent que si Naples entrait dans la coalition contre la France, tous les membres de la coalition reconnaîtraient le royaume et ses souverains.

* 1813 : Murat écrit à sa femme de '' s'aboucher '' avec l’ambassadeur d'Autriche... ! Caroline n'avait pas attendu le service demandé ; elle est déjà la maîtresse du comte von Mier, beau jeune homme de vingt-six ans qui lui rappelle agréablement le comte de Flahaut. Avec von Mier, Caroline n'a pas hésité pas à trahir son frère Napoléon dans le dos de son mari Joachim !

* Mais, où certains ont jugé qu'elle avait « dépassé les bornes », c'est lorsqu'elle s'est donnée à l'un des ennemis les plus acharnés de Napoléon, l'Autrichien Metternich.

Elisa Bonaparte entourée d'artistes à Florence. 1813. Pietro BENVENUTI.

Le soir du 26 février 1815, Napoléon s'est évadé de l'île d'Elbe ; Murat décide alors de renouer avec lui et rêve alors de libérer l'Italie pour en devenir le roi. Caroline cherche à l'en dissuader, mais elle échoue: il quitte Naples le 17 mars 1815.

Devant cette rupture de l'alliance, Metternich rompt avec le royaume de Naples le 5 avril 1815, et demande à Caroline la reddition du royaume le 26 avril. Caroline refuse. Le 12 mai, les Anglais lui donnèrent l'ordre de quitter Naples... Le 22 mai 1815, Caroline est déclarée prisonnière de l'Autriche.

Elle meurt à Florence le 18 mai 1839, à l'âge de 57 ans.

Voir les commentaires

La dormeuse de Naples – Caroline Murat -1/2-

Publié le par Perceval

Ingres, étude pour la Dormeuse de Naples datée de 1808 (musée Ingres, Montauban).

Ingres, étude pour la Dormeuse de Naples datée de 1808 (musée Ingres, Montauban).

L’association secrète, qui s'est constituée à Paris, et que certains appellent '' A.A.A.A '' (Amicale des Anciens Amants d'Anunziata.) défend depuis toujours la même conviction : - le célèbre et mystérieux tableau d'Ingres : '' La Dormeuse de Naples'' représente la reine de Naples, Caroline Murat.

par François Pascal Simon Gérard -1807

Caroline Bonaparte (née Maria-Annunziata le 25 mars 1782 à Ajaccio, est morte le 18 mai 1839 à Florence) fut grande-duchesse consort de Berg (1806) puis reine consort de Naples (1808) par son mariage avec Joachin Murat

Elle est la plus jeune sœur de Napoléon Ier. Caroline est la seule qui se soit mariée (20 janvier 1800) par amour, mais cela ne l'empêchera pas de manipuler Joachim Murat toute sa vie.

« La reine [de Naples], disait Napoléon, a plus d'énergie dans son petit doigt que le roi dans toute sa personne. »

Pourtant, dès 1813, elle conforte Murat dans la défection de Naples à l'Empire … Elle n'hésite pas à prendre des contacts secrets avec les coalisés, notamment l'Autriche, dans l'espoir de conserver son trône de Naples, refusant, malgré son intelligence réelle, à prendre conscience que son trône ne pourrait survivre à ce frère à qui elle était redevable de tout. Ce faisant, elle porta un coup fatal à Napoléon et à l'Empire.

 

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a 28 ans lorsqu’il peint '' La Dormeuse '' : « Une femme de grandeur naturelle couchée nue, dormant sur un lit de repos à rideaux cramoisis », écrit-il. Elle est acquise en 1809 par le Roi de Naples, Joachim Murat est amateur de peintures, et collectionneurs de dessins et gravures érotiques... Et, le tableau est un nu. Le nu le plus nu qui se puisse : une femme réelle, avec une petite tache brune sur le mollet.... En grandeur naturelle, allongée sur un lit de repos, la tête s'appuyant sur le bras gauche qui repose sur un coussin, le bras droit replié par-dessus la tête...

La toile était signée en petites lettres bleues ombrées de noir ; « J. A. D. INGRES FACIEBAT. »

Ingres, dessin de mémoire représentant la Dormeuse de Naples figurant au verso d'une lettre adressée à Caroline Murat en 1832

En réponse à son mari, elle commande trois nouvelles toiles au peintre, dont '' La Grande Odalisque , aujourd’hui exposée au Louvre. Ces deux tableaux sont liés : d’un côté, une orientale, nue, vue de dos, de l’autre, une jeune occidentale, nue, vue de face.

Oui, mais ; Caroline Murat considérait le tableau comme pornographique, d'autant qu'elle était elle-même – et la rumeur s'en faisait l'écho - , le modèle du peintre, et bien sûr, Ingres le démentait.

Palais royal de Naples

En 1815, le souverain est renversé. Caroline Murat s'enfuit sans ses biens. Depuis cette date,''La Dormeuse'' manque… Le tableau a disparu après le pillage du palais du roi de Naples et n'est connu que par des études préparatoires, un dessin fait de mémoire par Ingres et une photo ancienne d'une étude peinte, donnant une idée de l'œuvre d'origine.

En 1832 Ingres fait une requête par courrier, auprès de Caroline Murat, afin de récupérer la toile pour l'exposer au Salon de 1833, mais sans succès.

On a dit que le tableau était chez madame de Narbonne, qui l'avait sauvé, dans la tourmente révolutionnaire de 1815, en le faisant mettre à la résidence de France. En 1861, le photographe italien Teodorico rapporte en 1861 que Monsieur Théodore Géricault, le tenait dans son atelier à Paris : « Je l'y ai vue. Il ne la montrait à personne. J'ai dû soulever le drap en cachette. »

Véronique Burnod, conservateur en chef du patrimoine affirme qu'il se cache très certainement dans un musée de Naples derrière une oeuvre médiocre, faussement attribuée à un peintre baroque.

Caroline et ses enfants par François Gérard, vers 1808

Caroline et ses enfants par François Gérard, vers 1808

Voir les commentaires

La Fin des Livres

Publié le par Perceval

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

''La fin des Livres'' est un texte de 1894, publié dans les Contes pour les Bibliophiles, et illustré par Albert Robida (1848-1926).

Ce texte d'anticipation, est de Octave Uzanne (1852-1931) . Et, Uzanne avait vu juste, en partie. Le sonore, le visuel a pris le pas sur l'imprimé sur papier... !

Uzanne par Robida (1888)

Octave Uzanne est un bibliophile de grande réputation, il est aussi journaliste et essayiste. Il est connu également pour les ''études'' qu'il a fait des femmes :  Son Altesse la Femme (1885), "La Française du siècle" (1886), "La Femme et la mode", "Métamorphoses de la Parisienne de 1792 à 1892", "Tableau des moeurs et usages aux principales époques de notre ère républicaine" (1892), "La Femme à Paris", "Nos contemporaines", "Notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions" (1894), Les Modes de Paris. Variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897  (1898), "Études de sociologie féminine", "Parisiennes de ce temps, en leurs divers milieux, états et conditions", "Études pour servir à l'histoire des femmes, de la société, de la galanterie française, des moeurs contemporaines et de l'égoïsme masculin" (1910).

« Eh bien! mon cher bibliophile (...) ne nous direz-vous pas ce qu’il adviendra des lettres, des littérateurs et des livres d’ici quelque cent ans ? »

( …) l’imprimerie qui, à dater de 1436, régna si despotiquement sur nos esprits, me semble menacée de mort, à mon avis, par les divers enregistreurs du son qui ont été récemment découverts et qui peu à peu vont largement se perfectionner.

<-- Robida et Uzanne, agenouillés et présentant leur ouvrage à deux haultes personnes, à la façon des livres enluminés du moyen-âge.

( …) « Je me base sur cette constatation indéniable que l’homme de loisir repousse chaque jour davantage la fatigue et qu’il recherche avidement ce qu’il appelle le confortable, c’est-à-dire toutes les occasions de ménager autant que possible la dépense et le jeu de ses organes. Vous admettrez bien avec moi que la lecture, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, amène vivement une grande lassitude, car non seulement elle exige de notre cerveau une attention soutenue qui consomme une forte partie de nos phosphates cérébraux, mais encore elle ploie notre corps en diverses attitudes lassantes. Elle nous force, si nous lisons un de vos grands journaux, format du Times, à déployer une certaine habileté dans l’art de retourner et de plier les feuilles; elle surmène nos muscles tenseurs, si nous tenons le papier largement ouvert; enfin, si c’est au livre que nous nous adressons, la nécessité de couper les feuillets, de les chasser tour à tour l’un sur l’autre produit, par menus heurts successifs, un énervement très troublant à la longue.

La Fin des Livres

 (…) les paroles qui nous sont transmises par le tube auditif nous donnent une vibrance spéciale des cellules qui, par un effet constaté par tous les physiologistes actuels et passés, excite nos propres pensées.

« Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l’imprimerie. Nos yeux sont faits pour voir et refléter les beautés de la nature et non pas pour s’user à la lecture des textes; il y a trop longtemps qu’on en abuse,

(…) « Nos oreilles, au contraire, sont moins souvent mises à contribution; elles s’ouvrent à tous les bruits de la vie, mais nos tympans demeurent moins irrités; nous ne donnons pas une excessive hospitalité dans ces golfes ouverts sur les sphères de notre intelligence, et il me plaît d’imaginer qu’on découvrira bientôt la nécessité de décharger nos yeux pour charger davantage nos oreilles. Ce sera une équitable compensation apportée dans notre économie physique générale. »

(…) il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-plumes en celluloïd, qui contiendront cinq et six cents mots et qui fonctionneront sur des axes très ténus qui tiendront dans la poche; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites; on obtiendra la perfection des appareils comme on obtient la précision des montres les plus petites et les plus bijoux; quant à l’électricité, on la trouvera souvent sur l’individu même, et chacun actionnera avec facilité par son propre courant fluidique, ingénieusement capté et canalisé, les appareils de poche, de tour de cou ou de bandoulière qui tiendront dans un simple tube semblable à un étui de lorgnette.

(…) l’auteur parlera son œuvre et la clichera sur des rouleaux enregistreurs et mettra en vente lui-même ses cylindres patentés, qui seront livrés sous enveloppe à la consommation des auditeurs.

(…) « Les auditeurs ne regretteront plus le temps où on les nommait lecteurs ; leur vue reposée, leur visage rafraîchi, leur nonchalance heureuse indiqueront tous les bienfaits d’une vie contemplative.

« Étendus sur des sophas ou bercés sur des rocking-chairs, ils jouiront, silencieux, des merveilleuses aventures dont des tubes flexibles apporteront le récit dans leurs oreilles dilatées par la curiosité.

(…) Le peuple « pourra se griser de littérature comme d’eau claire, à bon compte, car il aura ses distributeurs littéraires des rues comme il a ses fontaines.

« A tous les carrefours des villes, des petits édifices s’élèveront autour desquels pendront, à l’usage des passants studieux, des tuyaux d’audition correspondant à des œuvres faciles à mettre en action par la seule pression sur un bouton indicateur. ? D’autre part, des sortes d’automatic librairies, mues par le déclenchement opéré par le poids d’un penny jeté dans une ouverture, donneront pour cette faible somme les œuvres de Dickens, de Dumas père ou de Longfellow, contenues sur de longs rouleaux faits pour être actionnés à domicile.

(…) le phonographisme futur s’offrira à nos petits-fils dans toutes les circonstances de la vie; chaque table de restaurant sera munie de son répertoire d’œuvres phonographiées, de même les voitures publiques, les salles d’attente, les cabinets des steamers, les halls et les chambres d’hôtel posséderont des phonographotèques à l’usage des passagers.

(…) le futur grand journal phonographique?

« Ce seront des voix du monde entier qui se trouveront centralisées dans les rouleaux de celluloïd que la poste apportera chaque matin aux auditeurs abonnés ; les valets de chambre et les chambrières auront l’habitude de les disposer dans leur axe sur les deux paliers de la machine motrice et ils apporteront les nouvelles au maître ou à la maîtresse, à l’heure du réveil: télégrammes de l’Étranger, cours de la Bourse, articles fantaisistes, revues de la veille, on pourra tout entendre en rêvant encore sur la tiédeur de son oreiller.

(…) l’illustration sera abondante et réaliste; elle pourra satisfaire les plus exigeants. Vous ignorez peut-être la grande découverte de demain, celle qui bientôt nous stupéfiera. Je veux parler du KINÉTOGRAPHE de Thomas Édison, dont j’ai pu voir les premiers essais à Orange-Park dans une récente visite faite au grand électricien près de New-Jersey.

(…) « Le KINÉTOGRAPHE enregistrera le mouvement de l’homme et le reproduira exactement comme le phonographe enregistre et reproduit sa voix. D’ici cinq ou six ans, vous apprécierez cette merveille basée sur la composition des gestes par la photographie instantanée ; le kinétographe sera donc l’illustrateur de la vie quotidienne. Non seulement nous le verrons fonctionner dans sa boîte, mais, par un système de glaces et de réflecteurs, toutes les figures actives qu’il représentera en photo-chromos pourront être projetées dans nos demeures sur de grands tableaux blancs. Les scènes des ouvrages fictifs et des romans d’aventures seront mimées par des figurants bien costumés et aussitôt reproduites; nous aurons également, comme complément au journal phonographique, les illustrations de chaque jour, des Tranches de vie active, comme nous disons aujourd’hui, fraîchement découpées dans l’actualité.

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 13/. -

Publié le par Perceval

Si la Femme développe une puissance sexuelle illimitée, le sexe masculin craint de ne pas être ''à la hauteur'' ( On parle alors '' d'invalide de Cythère ''…). Cette impuissance est largement décrite dans les romans du siècle ; elle est ridicule. De plus, la sexualité masculine ne peut multiplier à l'infini les plaisirs …

« Tu sais que les femmes, avares de leurs plaisirs, veulent que leurs amants ménagent leurs forces et ne déchargent qu’à propos, j’ai toujours abjuré cette économie, parce que je trouve dans le nombre ce que je cherche ; je veux obtenir tout et sans réserve ; malheur à celui qui s’épuise ; un lieutenant l’a bientôt relevé : ces accolades demi-sèches, me donnent peu de plaisir, je crois alors être foutue par un eunuque. » ANONYME, Vénus en rut ou vie d’une célèbre libertine, Luxurville, 1771

La marquise dans le Diable au corps au sujet de l’un de ses amants, Tournesol :

« Tournesol, avant mon bail, était un véritable Hercule, ayant d’ailleurs toutes les grâces et la galanterie du beau monde de Paris. Après l’avoir eu pendant quelques mois, seule peut-être, ce qui n’était pas un médiocre triomphe pour ma vanité, j’eus la sottise (c’en était une insigne) de trouver mauvais qu’il n’eut plus pour moi la même ardeur… J’aurais dû me dire qu’un homme qu’on a mis sur les dents ne peut plus se ressembler ; mais j’avais l’injustice de le trouver coupable »…

(...)

« J’étais furieuse de ce qu’il n’avait pas apporté sur-le-champ cette ''immortalita del Cazzo'', dont la moindre propriété (car il fallut bien me les déduire) était de mettre l’homme le plus invalide en état de faire la douce chose deux ou trois fois d’une haleine. » Tournesol lui fait croire à que, grâce à « l’immortalita del Cazzo », un aphrodisiaque, il est le seul à posséder la comtesse de Mottenfeu ( connue pour sa lubricité) jusqu’à quatorze fois dans la même nuit ...

Dans les pamphlets, on oppose l’impuissance du roi, Louis XVI, et la puissance érotique de sa femme, Marie-Antoinette... Marie-Antoinette qui représenterait, par ailleurs, la peur de la castration ( politique, sexuelle ...)... Le sexe des hommes du peuple serait plus vigoureux que celui des aristocrates … !

Il y aurait aussi, la peur masculine du ''vagina dentata'' ( vagin denté) :

« Courage, mon ami, lui dis-je, et si tu veux me prouver qu’il te vient du coeur, ose poser là-dessus en signe de paix un baiser… » Pour le coup, il se releva tout de suite, et sauta plus de deux pas loin de moi… Je courus après lui : « Quelle enfance, lui dis-je ! crois-tu que cela t’aurait mordu ! » dit Lolotte au jeune Alexis ( Nerciat)

Le pouvoir des femmes lié à la puissance érotique, s'exerce dans l'ombre... Il peut être celui des aristocrates ; ou des ''patriotes''...

Une propagande contre la Reine Marie-Antoinette la représente, ici avec La Fayette, et lui prête une vie licencieuse

 

Julie philosophe ou le Bon patriote, attribué de façon incertaine à Nerciat et paru en 1791, Julie choisit ses amants en fonction de ses convictions patriotiques :

« On sera sans doute surpris qu’une femme aussi peu instruite ait entrepris une pareille tâche, et qu’elle y ait réussi complètement, mais ce fut justement à ma qualité de femme que je dus mon succès ; un adversaire plus redoutable eût probablement échoué ; […] et si, par la suite il sollicita la permission de venir prêter le serment civique, c’est à moi qu’on doit attribuer cette résolution. Comme j’étais instruite de tout ce qui se passait aux états généraux […] ».

« […] peut-être deviendras-tu la maîtresse d’un des membres des états généraux, et alors tu l’animeras de ton patriotisme, tu pourras même l’éclairer de tes conseils, lui suggérer des idées lumineuses et contribuer au succès des travaux importants de ces assemblées. »

Mirabeau choisit également Julie pour une mission en partie parce qu’elle est une femme :

« Julie, me dit-il, vous qui êtes une des plus zélés partisans de la liberté, vous pouvez rendre un grand service à ceux qui soutiennent la même cause. […] comme j’ai la plus grande confiance en vous et que d’ailleurs une femme n’est point suspecte en pareil cas, c’est sur vous que j’ai jeté les yeux pour cette mission, persuadé que vous ne me refuserez pas ce service. »

 

Il n'empêche, ce pouvoir reste pernicieux parce qu'il émane du ''sexe faible'' entièrement soumis à son corps et ses sens … Avec la menace de l'impuissance qui guette l'homme.

Margot sait tirer sa gloire du succès de son travail, en effet elle fait pleurer de joie l'instrument de Monsieur de Gr*** M***

« Ce fut alors que j’eus besoin de tout le savoir que j’avais puisé dans l’école de Madame Florence pour ressusciter cette masse informe, et la retirer de l’état d’anéantissement où elle était, insensible et rebelle aux secousses que je lui donnais, et au frottement de ses deux lâches témoins, que je pressais l’un contre l’autre ; je commençais à désespérer du succès de mon travail, lorsque je m’avisai, pour dernière ressource, de lui chatouiller le périnée, et de le socratiser du bout du doigt. L’expédient réussit à miracle. La machine assoupie sortant tout à coup de son repos léthargique se développa d’une façon si merveilleuse qu’il me parut qu’elle prenait un nouvel être. Alors, pour profiter de cet instant précieux, et couronner mon chef-d’oeuvre, je remuais le poignet avec tant de souplesse et de rapidité, que le monstre vaincu par les plus délicieuses sensations répandit un torrent de larmes dans l’excès de sa joie. »

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Anita Rée - artiste allemande.

Publié le par Perceval

Anita Rée (artiste allemande, 1885-1933) est née à Hambourg, en Allemagne, dans une famille de commerçants juifs. Sa mère était vénézuélienne.

Baptisée, elle reçoit une éducation chrétienne... Anita Ree étudie la peinture en Allemagne avec Arthur Siebelist (peintre impressionniste). En 1910, elle partage un appartement avec Franz Nölken (peintre expressionniste allemand, 1884-1918) qui, de conserve avec Friedrich Ahlers-Hestermann (peintre allemand et critique d’art, 1883-1973) l’initie à la nouvelle peinture française. Elle passe ensuite six mois à Paris à étudier avec Fernand Léger (peintre français, pionnier du cubisme, 1881-1955)

En 1913, elle commence à travailler comme un artiste à domicile. Son père meurt en 1916, et fait l'expérience de difficultés financières. En 1919, elle devient un membre fondateur du groupe avant-gardiste Hamburgische Sezession et en reste membre jusqu'à sa mort, elle expose régulièrement avec le groupe. 

En 1919, des artistes, - peintres, architectes, écrivains – se fédèrent pour donner une importance à l’art dans la ville de Hambourg trop inféodée au commerce et au monde des affaires. Ils dénoncent l’absence de lieux de rencontre ou de formation pour les artistes. Les sécessionnistes veulent impulser un grand élan artistique et multiplient les activités artistiques : expositions, conférences, lectures, festivals.

De 1922 à 1925, elle vit à Positano, Italie. Après son retour en Allemagne, ses peintures sont recherchées, mais le climat politique est en train de changer. 

Vers 1930, elle reçoit la commande de trois grandes œuvres :elle crée des peintures murales dans deux écoles de Hambourg dans lesquelles elle incorpore ses propres expériences de vie (« Les vierges sages et folles » et « Orphée ») et un retable pour l’église Saint-Ansgar à Hambourg- Langenhorn.

Solitaire et craignant la persécution à cause de son ascendance juive, elle s'inquiète, et vit très mal la dissolution du Hamburg Secession. 

À l'été 1932, Anita Ree décide de quitter Hambourg pour se réfugier sur l'île de Sylt (une île de lamer du Nord au large du continent où l' Allemagne borde le Danemark). Elle vit là , dans des pièces non chauffées, seule, et constamment inquiète avec des soucis financiers. Elle envisage de fuir à l' étranger , mais craint de ne pas avoir assez d' argent pour un tel plan.

Friedrich Ahlers-Hestermann - Portrait d' Anita Reé - 1915 Öl auf Leinwand

Elle estime qu'elle ne peut plus vivre ainsi.... Le 12 décembre 1933 , elle se suicide par le poison. 

Elle a écrit à une de ses amies : « Je ne peux plus vivre dans un tel monde et n’ai d’autre souhait que de quitter ce à quoi je n’appartiens plus ».

En 1937 , les nazis utilisent son travail pour leur exposition d' « art dégénéré »

Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des plus célèbres artiste des Hambourg Sécessionnistes. 

Ses auto-portraits me touchent beaucoup...

Anita Rée - artiste allemande.
Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.
Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.Anita Rée - artiste allemande.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>