Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sandra Batoni

Publié le par Perceval

sandra-batoni-00.jpg

Sandra Batoni est né à Florence, en Italie en 1953. sandra-batoni-1975.jpgPassionnée d'art, elle commence à peindre à l'âge de quatorze ans. En 1973, elle fréquente l'atelier du peintre Emanuele Cavalli, l'un des fondateurs de la "Scuola Romana" (école romaine). Plus tard, elle devient son assistante à l'Académie des Beaux-Arts de Florence. Elle devient professeur en 1997.

Sa nature artistique a toujours préféré l'univers figuratif. Sandra Batoni s'intéresse et participe à l'école italienne du 20e siècle. Son travail artistique est souvent comparé aux maîtres de cette période. Elle a obtenu un diplôme en architecture de l'Université de Florence en 1982.

Dans ses peintures très minimalistes des personnages sont souvent mis dans une pièce éclairée de façon spectaculaire avec diverses pièces de mobilier. Dans ces espaces privés le spectateur découvre la figure mystérieuse d'un enfant ou d'une jeune femme profondément absorbée dans ses pensées. En observant la toile et en essayant de déchiffrer ce que cela donne à penser, on peut se sentir comme un intrus dans ce monde serein, et, curieusement essayant de ne pas perturber le silence....

Batoni-Sandra-Mujerleyendolibro.jpg

Tout au long des peintures de Sandra Batoni l'influence de son maître, Cavalli, est très évi-dente, surtout par la palette de couleurs qu'elle choisit. Ces compositions sont riches dans la plus chaude des teintes, en particulier pour les fleurs et les fruits. Avec une tradition artistique romaine, S. Batoni se concentre principalement sur l'étude de la relation entre la lumière et l'obscurité. Pour elle, il s'agit d'une tension perpétuelle d'attraper, de posséder et de dominer la dualité de ces effets. Elle crée une atmosphère de temps suspendu où la mémoire peut vivre dans le présent. La lumière n'est pas utilisée pour égayer la scène, mais plutôt, est le fondement de l'œuvre d'art.

Batoni-L_B2113137.jpg sandra-batoni-2.jpg


Dans ses natures mortes Sandra Batoni reprend soigneusement les objets du quotidien: nappes brodées, cruches, bouteilles et verres, ainsi que divers fruits, chacun apparaissant dans le détail réaliste. L'espace de fond est réduit au minimum afin de se concentrer sur le sujet choisi.

 Ses toiles possédent des couleurs éclatantes, et des atmosphères métaphysiques. Adolescentes attardées, les jeunes femmes sont conscientes de leur beauté et s'impatientent dans des intérieurs paisibles et éclairés à la lumière artificielle, chaude.  

  Les paysages sont créés à partir de dessins faits sur le vif, et travaillés plus tard, avec un travail de mémoire sur les émotions que la vue des dessins, provoquent.

sandra-batoni-annunciazione2.jpg sandra-batoni-4.jpg

 

Actuellement, Sandra Batoni expose son travail dans plusieurs galeries d'art italiennes, et une collection représentative de ses œuvres est stockée de façon permanente à la Galerie Parronchi de Florence. Elle expose également aux Etats-Unis.

 sandra-batoni-6.jpg

 

Voir les commentaires

Edouard Manet peint la femme « moderne » -2-

Publié le par Perceval

Ce qui intéresse plus généralement Manet, c’est l’évolution des rapports entre les sexes dans un nouveau contexte, qui est celui de la ville... Le noeud de cette évolution c’est le regard de la femme, qui est lui-même la clé d’un style de peinture qui attire et repousse le spectateur.

Manet est fasciné par les femmes, leurs vêtements, leur maquillage...

Manet-2.jpg

Au-delà des goûts et inclinations personnelles de Manet : la thèse du film est qu’il fait bien mieux que d’exprimer sa fascination pour de séduisantes parisiennes. Il arrive plus généralement à capter l'émergence d’une nouvelle “race” de femmes, qui ont en elles une nouvelle forme d’autonomie : elles sont représentées comme des “sièges de décision”.

manet-EN-BARQUE-A-ARGENTEUIL---1874.jpg

On peut aussi remarquer que Manet - à l’exception de sa propre épouse et de celle de Monet - ne représente quasiment jamais les femmes en figures maternelles, ni de familles. Le foyer familial, comme les jardins de campagne semblent être pour Manet des temples de l’ennui.

Manet-NANA---1877.jpgSi l’on veut pousser la réflexion un peu plus loin, on pourrait dire que ce que Manet représente, ce sont des hommes et des femmes qui se regardent -toujours avec un certain degré de désir- , mais sans avoir plus pour horizon la justification traditionnelle qui est celle de la fécondité naturelle et de la famille. Manet représente des femmes comme des amies intéressantes, sans qu’il ne s’agisse nécessairement de mères, de maîtresses ou d’épouses en puissance. Elles ont une existence propre, et c’est plutôt le spectateur masculin qui semble attendre quelque chose d’elles.

Chez Manet, la femme est à la fois objet et sujet.

 

De haut en bas:

Edouard Manet – La famille Monet au jardin, 1874

- E. Manet -  En barque à ARGENTEUIL - 1874

- E. Manet  - NANA - 1877

manet morisot violettes
E Manet: Berthe Morisot au bouquet de violettes

Edouard-Manet---La-Viennoise-Irma-Brunner--pastel---1880.jpg

Edouard Manet – La Viennoise Irma Brunner (pastel), 1880

Edouard-Manet---Mery-Laurent-au-grand-chapeau--pastel---.jpgEdouard Manet – Méry Laurent au grand chapeau (pastel), 1882 Edouard-Manet---Jeanne-de-Marsy--Sur-le-banc--pastel---1.JPEGEdouard Manet – Jeanne de Marsy  Sur le banc (pastel), 1879


Voir les commentaires

Edouard Manet peint la femme « moderne » -1-

Publié le par Perceval

Je vous invite à visionner ce film : ICI. Il traite d'une œuvre de Manet intitulée "Dans la serre" (1879). Cette oeuvre, sans doute, illustre parfaitement ce qu'est la modernité dans l'art pictural.

conservatoire.jpg

"La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable" ("le Peintre de la vie moderne", Baudelaire critique d'art, Folio, 1976, PP 354-5

 

Manet_Parisienne-Portrait-Of-Madame-Jules-Guillemet-1880.jpg
Manet une Parisienne:  Portrait de Madame Jules Guillemet 1880

L'intérêt de ce film, est dans les questions qu'il nous amène à nous poser. Cette toile est-elle un chef d'oeuvre ? Dans ce cas, en quoi nous désarçonne t-elle ?

      Ce couple nous livre t-il autre chose que ce qu'un “couple éternel” à la mode du jour, peut nous apporter : N'est ce qu'un «  Adam et Eve » moderne ? où Eve serait à droite (à la place traditionnelle de l’homme), où le jardin d’Eden serait remplacé par une serre de ville, sans son serpent (mais aurait-il supporté la fumée du cigare ?) … N'est ce qu'une scène de flirt ?



Le tableau, peint en 1879, représente le couple Guillemet dans le jardin d'hiver du comte suédois Otto Rosen, situé au 70, rue d'Amsterdam, à Paris.

*****

Retour sur la chronologie : mai 1863 :Le "Salon des Refusés" ouvre : Manet y expose 3 eaux-fortes et 3 tableaux, dont "Le déjeuner sur l'herbe". Edouard_Manet.jpgMai 1865 Manet expose au Salon de Paris "Jésus insulté par les soldats" et "Olympia"qui provoque un véritable scandale. Janvier 1867 : Zola affirme son admiration pour le peintre Manet (1832-1883), dans "La Revue du XIXème siècle". Il a rencontré l'année précédente Guillemet et Manet. 1867 : Mort de Baudelaire. En Sept. 1868, Berthe Morisot – qu'il a rencontrée en juil 1868 - pose pour la peinture "Le balcon" de Manet. Avril 1877 : Le jury du Salon de Paris accepte "Faure dans le rôle d'Hamlet" mais refuse "Nana" de Manet. Edouard Manet meurt à Paris de la gangrène, le 30 avril 1883.

*****

Pour en revenir au tableau :

Les modèles sont Jules Guillemet et sa femme américaine, dont la tenue impeccable s'explique par le fait que le couple exploitait un atelier de haute couture rue Saint-Honoré.

Dans-la-serre--Albert-Bartholome-1881-detail.jpg
 

La serre, élément d'architecture moderne, est l'espace privilégié d'un quotidien doucement relâché, d'aisance et de nonchalance, c'est l'espace de la femme condamnée à l'époque à survivre dans les limites du foyer, les soins de la maison.

Elle n'y est pas en représentation mondaine, ni contrainte  à des travaux qui altérent ses attraits. Rendue à elle-même et pleinement en accord avec cette vie végétale dont elle peut se sentir solidaire et qui participe à son propre rythme de vie.

La femme -américaine réputée pour son goût - Madame Guillemet, est d'une jeunesse éclatante. L'homme, s'il n'est mis en valeur, est attiré par cette femme – indifférente -séparée de lui par les barreaux. Elle semble plus en accord avec les éléments naturels du tableau, et lui avec le noir profond du veston, s'apparenterait bien à un gros bourdon, au poil déjà usé … La proximité des mains introduit une dimension d'intimité pudique...

MANET-DANS-LA-SERRE-detail-mains.jpg

 

Au départ, donc, nous jouons à réduire le tableau à des impressions fragmentaires, presque génériques : “un homme”, “une femme”, “de la végétation” et nous faisons l’association avec Adam et Eve ou une scène érotique façon XVIIIème... c'est-à-dire des scènes qui répondent à cette description sommaire.

 

*****

Fragonard-s-The-Meeting.png Manet-CHEZ-LE-PERE-LATHUILLE---1879.jpg
de Fragonard: la rencontre Manet: CHEZ LE PERE LATHUILLE - 1879


La rigueur géométrique des barreaux et des lattes de la banquette noire est équilibrée par l'exubérance des plantes de la serre à l'arrière-plan

Alternant avec les personnages les plantes rythment la perception horizontale de l'espace et leur masse de verdure rehausse le jaune des accessoires du costume de Mme Guillemet

 

Voir les commentaires

Les femmes de Stéphane Mallarmé. -2-

Publié le par Perceval

Mallarme_1884_540.jpg 

 

Nina-de-Callias---Manet.jpg Augusta-Holmes-Women-of-Note.jpg
Nina de Callias - par Manet Augusta Holmes:  Musicienne

Les amies de Stéphane Mallarmé sont toutes artistes. La plus grande d'entre elles, c'est bien sûr Berthe Morisot (1841-1895),

Berthe-Morisot.jpg
Berthe Morisot

amie et modèle d'Edouard Manet, épouse du frère de celui-ci, Eugène Manet, peintre elle-même.

C’est dans l’atelier de Manet que Mallarmé rencontre Berthe. Le poète et la peintre nouent une solide amitié.

Ils correspondirent longtemps et furent si proches que le poète fut par elle désigné tuteur de sa fille, la belle Julie Manet.

 

Mary Cassatt, américaine, était une autre de ses amies peintres.

 

Parmi les musiciennes, pianistes de préférence, il y avait l'excentrique et bohême Nina de Callias, amie de Verlaine, maîtresse de Charles Cros, qui tint elle aussi salon et Augusta Holmès, qui passait pour être la fille naturelle d'Alfred de Vigny et se maria avec Catulle Mendès...

 

Misia Natanson, la muse des Nabis, femme de Thadée Natanson, le directeur de la Revue Blanche. Mallarmé aime beaucoup accompagner Misia en promenade, et venir à la Grangette l’écouter jouer du piano. Il lui écrit des « vers de circonstances ».

 


mery Laurent disderi
Mery Laurent : Disderi

Et puis son grand amour, Méry Laurent (1849-1900), qui fut aussi la maîtresse de Coppée, Régnier, Manet, également modèle de ce dernier, et de Gervex, Blanche, Nadar, inspiratrice de nombreux poètes et écrivains, dont, outre Mallarmé et Régnier, Zola et Proust. Personnage haut en couleurs de cette fin du XIXe siècle, que Mallarmé appelait son « Paon » ou sa « Meringue ».

 

Debussy-et-les-oeuvres-sceniques-b.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, les nombreuses «femmes littéraires» qui traversent l'oeuvre : la danseuse, qui était pour Mallarmé « poème dégagé de l'appareil du scribe », et particulièrement la révolutionnaire Loïe Fuller ; les Nymphes de l'Après-midi d'un faune ; la belle et cruelle Salomé, sur le mythe de laquelle il travailla toute sa vie au projet d'Hérodiade, resté inachevé ; et tant d'autres apparitions féminines, dont de nombreuses créatures mythologiques ou fantastiques (nixe, sirène, fée, chimère…).

Gertrude-Hoffmann-dans-le-role-de-Salome.jpg lecture-musicale-de-Herodiade-de-S-Mallarme-copie-1.jpg
Gertrude Hoffmann dans le rôle de Salomé Lecture musicale de Herodiade de Mallarmé


femmes-de-mallarme-Couv.jpgSources : article de Grégory Haleux, au sujet d'un catalogue, des  éditions Lienart , avec en couverture la belle photographie d'Edouard Vuillard représentant Misia Natanson. ( Suite à une exposition sur Mallarmé) 

Voir les commentaires

Les femmes de Stéphane Mallarmé. -1-

Publié le par Perceval

Stéphane Mallarmé (1842-1898), recherchait la présence des femmes.mallarme-04.jpg

Elles sont : muses, collaboratrices (Berthe Morisot), amies (Misia Natanson, égérie des Nabis) et complices (sa fille Geneviève, sa pupille Julie Manet, les « petites Gobillard », Paule et Jeannie, future épouse de Paul Valéry). La femme hante le quotidien du poète, comme en témoignent La Dernière Mode l’éphémère revue de mode qu’il a créée en 1874, et les éventails ornés de vers qu’il se plaisait à offrir aux dames de sa famille ou à ses amies. La présence féminine affirme également sa force dans son univers poétique, entre la fatale Hérodiade au clair regard de diamant, la Sainte pâle et Musicienne de silence (Sainte Cécile) ou la troublante silhouette entraperçue du Nénuphar Blanc...

Un-eventail-poeme-de-Mallarme-pour-Misia.png la-derniere-mode-Mallarme-1874.jpg
Un éventail-poème de Mallarmé pour Misia La dernière mode : Mallarmé 1874

Dans la famille, c'est d'abord Fanny Desmolins, la grand-mère, mère de substitution (Mallarmé perdit sa mère alors qu'il n'avait que cinq ans), l'entourant de soin, jusqu'à s'endetter. C'est sa soeur, Maria, qui mourut à 13 ans et dont le souvenir l'obséda : « Depuis que Maria m'a quitté pour aller dans une autre étoile [...] j'ai toujours chéri la solitude. [...] depuis que la blanche créature n'est plus, [...] j'ai aimé tout ce qui se résumait en ce mot : chute. ». C'est Anna, la seconde épouse de son père, qui fait des copies de tableaux.

genevieve_et_marie_mallarme.jpg Genevieve-Mallarme-par-Nadar-2.jpg
Genevieve et Marie Mallarme Geneviève Mallarmé par Nadar

C'est Marie (1835-1910), qu'il épouse à Londres. C'est surtout Geneviève (1864-1919), sa fille qui devient très tôt sa complice et collaboratrice, recopiant les poèmes destinés à la publication, partageant avec lui le goût du jardinage. Ce sont aussi toutes ces tantes et cousines qu'il avait l'habitude de visiter, et Fanny Dubois-Davesne, « presque une parente », qui lui apprit à lire, l'initia à l'art et reçut les premiers vers du poète.

*****

mallarme_valvins-maison_1.jpgmallarme_valvins-maison_w.jpg

Genevieve Mallarme au jardin

Genevieve-Mallarme-au-jardin.jpg
Situé près du pont de Valvins, en bord de Seine et face à la forêt de Fontainebleau, un musée est installé dans la maison où Mallarmé séjourna très régulièrement à partir de 1874, puis quasi définitivement après sa retraite. Il y mourut en 1898. maison-malarme.jpg

femmes-de-mallarme-Couv.jpgSources : article de Grégory Haleux, au sujet d'un catalogue, des  éditions Lienart , avec en couverture la belle photographie d'Edouard Vuillard représentant Misia Natanson. ( Suite à une exposition sur Mallarmé) 

Voir les commentaires

Mia Araujo

Publié le par Perceval

Michelle-MIA-Araujo-00.jpgAborder des œuvres contemporaines peut être intimidant, en particulier lorsque les formes représentées sont très abstraites ou minimalistes. Je préfère, en général, les thèmes empruntés à la tradition des mythes ou du symbolisme, avec - pour la forme - une référence aux grands maîtres. Ainsi, quelle que soit l'époque, il est toujours passionnant de rencontrer une artiste - comme Mia Araujo - qui exécute avec passion des œuvres qui ne sont pas seulement d'une qualité technique incroyable, mais en disent long sur leurs influences historiques...

On peut aller à la rencontre de son travail, sur son blog :  le blog de ​​Mia 

mia-Araujo-00.jpg mia-Araujo-la-princesse-2010.jpgLa Princesse 2010

On peut penser aux préraphaélites (comme Rossetti et Waterhouse), pourquoi pas à Botticelli ou Giorgone ( la Vénus endormie) … Les éléments modernes renvoient également aux illustrations de livres pour enfants, avec dans les images des détails luxuriants et des histoires interminables...

 mia-araujo-Screen-Shot.jpg

Mia Araujo, nous indique elle-même, ses influences de Harry Clarke (1889-1931) ( les paysages en noir et blanc) , des peintures magiques de Mucha, de Kinuko Craft , et de Takehiko Inoue ( romans graphiques). On pense également à l'imagerie symbolique des Tarots.

 Michelle-MIA-Araujo-4.jpg

Mia Araujo, s'est intéressée à l’œuvre de Joseph Campbell en particulier ce qui rejoint la création d'une mythologie moderne, et espérer connecter les gens à la nature et au cosmos. Le spectateur est ainsi invité à décoder les significations et déchiffrer le symbolisme dans son travail, de sorte que l'expérience n'est plus seulement celle d'un regard passif … L'esthétique des images de Mia Araujo, sont comme le chant des sirènes, ils nous attirent en profondeur pour déchiffrer le sens de sa peinture.

Michelle-MIA-Araujo-1.jpg

*****

Michelle-MIA-Araujo-plus.jpg

*****

Michelle-MIA-Araujo-6.jpg mia-araujo-mia_two_spirits_72.jpg


Voir les commentaires

Les femmes du XIXème, peintes par Alfred Stevens -2-

Publié le par Perceval

Alfred-Stevens-14.jpg

Alfred Stevens concentre l'attention sur la relation qui unit l'être et l'objet. La conscience passe d'une apparente superficialité au rayonnement d'une présence... par l'image, Stevens sacralise l'intérieur comme si le huis clos mondain n'était que la cristallisation d'une vie intérieure interdite au regard. (…)

Alfred_Stevens_-_Pleasant_Letter.jpgStevens joue de deux registres distincts selon qu'il s'attache à une présence ou qu'il fait de celle-ci le ressort d'un récit.

  • dégager méthodiquement un fragment de réalité pour le transfigurer …

  • « résumer d'un regard la vierge absence éparse en cette solitude » Mallarmé.

 

La peinture de Stevens est un lieu de mondanité qui se nourrit d'éclats et d'échos, de rumeurs et de reflets.

L'abandon d'un bras, un port de tête, la manière de tenir une lettre ou d'ouvrir une porte renvoie à un ordre que la peinture magnifie et consacre avec une simplicité qui se veut monumentalité.

 

 

*****

Alfred-Stevens-woman-with-a-japanese-doll-1894.jpg
alfred-stevens_5.jpg

*****

Stevens_Alfred_L-Atelier_1869.jpg alfred-stevens-will-you-go-out-with-me-fido-1859.jpg

Couv Alfred Stevens


Sources : Alfred Stevens, article de Michel Draguet.

Voir les commentaires

Les femmes du XIXème, peintes par Alfred Stevens -1-

Publié le par Perceval

Stevens_Alfred-1888.jpg

Le Paris de Stevens est avant tout un Paris féminin. Le XIXème siècle cantonne la femme au domestique et à l'affectif., lui imposant un statut d'infériorité légale. Une fois mariée, la femme doit obéissance à son mari, également en charge de l'administration de ses biens. Exclue de la chose publique, la femme a bien du mal à gagner le droit d'exister par elle-même.

alfred-stevens_6.jpg

Alfred Stevens 1823-1906

 

Alfred Stevens est un peintre belge du XIXème siècle. Il se fait connaître à Paris grâce aux expositions universelles avant d'être connu à travers le monde entier. Il côtoie de nombreuses personnalités du monde de l'art telles que Manet et il est même un invité de marque à la cour de l'empereur Napoléon III. Il mettra fin à son métier à cause de problèmes de santé qui entraîneront son décès à Paris.

*****

Dans la bourgeoisie et le grand monde, la femme n'en est pas moins réduite à une rôle de pure représentation, ce qui n'exclut certes pas un réel pouvoir d'influence. Ce sont de femmes en représentation dont Stevens se fait le peintre.

Pivot de la famille, la femme a en charge l'éducation des enfants.

alfred-stevens_2.jpgStevens représente aussi souvent la femme au sein des intérieurs bourgeois dans l'espace qui lui est réservé : le salon, une pièce incontournable dans le plan-type des immeubles haussmanniens qui se construisent alors. Au salon, la femme reçoit une fois par semaine, généralement de trois à sept heures ; c'est «  son jour ». Toute personne qui se présente est accueillie par la maîtresse de maison.

 

Le salon est aussi le lieu de la solitude et de la rêverie, le lieu où on lit son courrier et où l'on doit faire face à une oisiveté forcée. Bon nombre de ces parisiennes peintes par Stevens sont surprises dans des moments d'inaction... Au salon ou à leur toilette, elles expriment, par leurs poses mélancoliques, le statut « misérable et glorieux » de la femme au XIXème siècle, à la fois adulée et mythifiée et en même temps condamnée à rester inactive, enfermée dans le rôle que les hommes lui assignent... (…) les héroïnes de Stevens, derrière leur apparente frivolité, expriment toutes les ambiguïtés de leurs contemporaines, fussent-elles issues des classes les plus favorisées.

Alfred-Stevens-10.jpg Alfred-Stevens-portrait-of-mrs-howe-1900.jpg

Du reste, les repères sociaux se brouillent. On a souvent remarqué que, sous les second Empire, grandes dames et « petites femmes » se copiaient les unes les autres, au point qu'il était parfois difficile de les distinguer. « Le chic actuel d'une femme, c'est le mauvais goût distingué » déplorent les frères Goncourt.

Entre ces femmes déclassées, qui glissent vers la courtisanerie, et les mondaines à la réputation intacte, peu de différences à vrai dire, même si la société considère celles-ci avec respect et celles-là avec mépris.

La mélancolie et la rêverie renvoient-elles au regret de ce qui a été fait ou à l'appréhension de ce qui pourrait avoir lieu. ? Bien des parisiennes de Stevens – et là n'est pas leur moindre charme – gardent tout leur mystère.

alfred-stevens-winding-the-mantle-clock.jpg Alfred-Stevens-alfred-stevens_the-love-letter.jpg

Les femmes peintes par Stevens appartiennent pleinement à leur temps par la richesse du milieu dans laquelle elles évoluent. A l'heure de la fête impériale, l'argent est roi. Il se manifeste notamment dans la splendeur du vêtement féminin.

Ce parti pris fait de lui le peintre de la vie moderne. Dans la haute société, une femme peut être amenée à changer de toilette sept à huit fois dans une seule journée !

De la tenue de soirée à la robe d'intérieur, il sait exprimer toutes les nuances de la mode féminine que sa peinture met en scène avec un plaisir sensuel évident.

Alfred-Stevens-13.jpg Alfred-Stevens-12.jpg
Alfred-Stevens-11.jpg Alfred-Stevens-Femme-pensive-pres-dune-fenetre.jpg

*****

alfred-stevens_4.jpg

Sources: Alfred Stevens 1823-1906: article de Jean-Claude Yvon.

Voir les commentaires

Élisabeth Sauvy ou Titaÿna, une héroïne des années 30. -2-

Publié le par Perceval

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-4.jpgContrairement à ses confrères, Titaÿna préfère l'avion au train. Deux accidents ne la découragent pas ; elle passe le brevet de pilote et chasse le scoop sur tous les terrains brûlants : interviews de Mustafa Kemal, Mussolini, Hitler ou Romanetti, le chef des maquis corses. Conseillée et admirée par des stars du journalisme comme Mac Orlan ou Henri Béraud, elle fait aussi équipe avec le célèbre Édouard Helsey. Elle rend compte de ses reportages dans Paris-Soir et de ses explorations en Orient, en Chine, en Indonésie ou en Amérique du Sud dans la revue Lecture pour tous. Elle y dénonce les méfaits du colonialisme.Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-6.jpg

Féministe par ses préoccupations et par ses choix de vie professionnels et personnels - elle ne se remarie que tardivement - Titaÿna ne milite pas pour le droit de vote des femmes, mais elle est la voix de toutes celles qui réclament le respect et la liberté.

Mais toujours en mouvement, elle ne prend pas le temps d'approfondir ses expériences et avoue dans son dernier livre, Les Ratés de l'aventure : « Je ne comprends les gens ni plus ni moins qu'avant. » Une incompréhension qui lui fait commettre sa plus grande erreur en l'entraînant sur les chemins de la collaboration puis de l'exil...

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-1.jpgPierre Mac Orlan, expert en durs à cuire, appréciait la «puissante humeur vagabonde» de cette chasseuse de scoops, adepte dès 1924 de la voie des airs, quand s'embarquer à bord des Farman, Caudron ou Potez tenait encore de la roulette russe. Elle n'a pas froid aux yeux, et du culot, elle en fait preuve pour obtenir, dans des conditions souvent rocambolesques, des entretiens exclusifs avec les grands de ce monde. Pour Mustafa Kemal Atatürk, maître de la nouvelle Turquie, elle part en avion et revient en char à bœufs ! Traquant le sensationnel jusqu'à l'aveuglement, elle décroche pour Paris-Soir un entretien de cinquante minutes avec Hitler en janvier 1936. Premier faux pas après lequel elle enchaînera les maladresses, jusqu'à son incarcération à Fresnes, en 1944.

Arrêtée le 30 août 1944, elle n'est libérée qu'un an plus tard, sans jugement, et s'exile à San-Francisco. Cette détention, fut plus longue que celle de personnalités plus compromises, car elle fut accusée d'espionnage, à cause de la présence dans ses papiers de plans d'aérodromes, pourtant bien explicable puisqu'elle pilotait elle-même.

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-8.jpg

En 1931, Titaÿna, accompagnée de son compagnon Robert Lugeon ( cameraman) , part en Chine faire un reportage sur le fleuve Yangtze qui s'intitulera "Promenade en Chine". Elle en est la vedette navigant sexy dans son beau tailleur et avec ses talons hauts. On comprend vite que ce documentaire, est du style mondain et n’a rien à voir avec une vision ethnologique.

Cependant, en coulisse, le voyage est plus périlleux … Le convoi longe la Grande Muraille et emprunte l’allée qui mène aux tombeaux des Ming. À Pékin, les deux voyageurs visitent la Cité interdite et le consulat français. Après un périple de Pékin à Hankou, submergés par les eaux, ils sont recueillis par l’Altaïr, navire envoyé à leur secours par la France. Puis ils s’embarquent sur la véritable et fameuse canonière du Yangtse, découvrent les gorges du ce fleuve, avant de voir apparaître, sur les hauteurs, la ville de Chongqing. Le voyage se terminera à Shanghai et Hong Kong avant le retour en France.

Elisabeth-Sauvy-Tisseyre-Oeuvres.jpg

 

Voir les commentaires

La "Liberté" guidant le peuple turc...

Publié le par Perceval

Les manifestants turcs se sont trouvés une nouvelle icône. Après la fille en rouge ou l'homme debout, le Web bruisse d'une photo dont la ressemblance avec un tableau célèbre est frappante.

o-FEMME-ROUGE-TURQUIE-4-570.jpg l-homme-debout---turquie--2.jpg
  l-homme-debout---turquie--3.png


La photo cidessous est l'oeuvre de Ertugrul Ismet Örs et rappelle inévitablement La Liberté guidant le peuple de Delacroix...

Turquie--guidant-le-peuple-facebook.jpg

lib-guidant-le-peuple-turquie-3.jpg

 


 

 

Voir les commentaires