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Les sept visages de Marie-Madeleine, par Jacqueline Kelen. -1-

Publié le par Perceval

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Jacqueline Kelen

 

Myriam, Marie-Madeleine... appartient à présent, au mythe. Les apocryphes font d'elle une femme de connaissance et d'éveil, et la disciple préférée de Jésus. Femme multiple et dispersée en maintes images et dont les reliques mêmes se trouvent en plusieurs lieux ( de Vezelay, à Éphèse, en passant par la Sainte-Baume...).

Le texte ci-dessous est copié d'un ouvrage de Jacqueline Kelen: " Les sept visages de Marie-Madeleine" 2006- Editions du Relié

 

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La toute belle 

Elle avance sur des terres d’excès et de faveur. Sans présomption particulière, mais avec le tort d’être belle, riche et parée, mais sans mari et d’être, comme on dit, née pour l’amour. Son attitude déplaît aux gens économes, aux pharisiens pointilleux, aux matrones enveloppées de voiles.


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Marie-Madeleine vue par Martha Mayer Erlebacher

(…) Pour les uns c’est une exaltée, une possédée de tous les diables, pour d’autres une débauchée, en tout cas c’est une femme dangereuse qui ignore toute mesure et dont les gestes languissants, les cheveux magnifiques s’enroulant autour des hommes, les détournant du devoir religieux comme du travail nécessaire.

(…) Mais le véritable péché de Madeleine est un penchant irrésistible, celui de faire passer l’amour sur une terre avare…

(… )Si l’on revoit la scène bouleversante de la première rencontre sur laquelle tant de peintres et de poètes se sont attardés avec délectation, on peut se demander si la femme qui entre à vive allure au beau milieu d’un repas entre hommes et qui se précipite aux pieds de Jésus, l’enveloppant de toute la douceur du monde, pleure là, ses fautes ou bien défaille de bonheur à découvrir celui que son cœur espérait depuis toujours et dont la rumeur de la ville avait annoncé le passage.volet-droit-du-tryptique-de-labbaye-de-dielegem-le-ravissem.jpg

 

L’errance de Madeleine est le lot de chaque humain sur terre. Est-ce donc une erreur, un péché, ou bien le nécessaire chemin qui conduit au redressement de l’être et à l’éveil ? La pécheresse ployée aux pieds de Jésus lors de la première rencontre sera debout et face à lui lorsqu’il lui apparaîtra dans le Jardin de Pâques.

 

 

 

*****

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      L’ardente

Elle n’était pas conviée au festin mais d’elle-même, intrépide, elle est venue et d’un seul coup a tout donné, tout abandonné. Il ne l’avait pas appelée, comme il l’avait fait avec les disciples masculins, hélant l’un occupé à repriser son filet, l’autre penché sur ses livres de compte. Non, il ne l’avait pas appelée mais certainement il l’espérait..

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Philippe Lejeune:   « le Repas chez Simon » 1950

( … )En l’homme venu de Nazareth la femme de Magdalena reconnaît le Messie et c’est elle-même qui l’oint. Le prophète hirsute qui criait dans le désert avait baptisé Jésus dans l’eau et elle, avec des gestes magnifiques, le baptise de baumes et de senteurs. Jésus est Fils de Dieu mais il fait alliance avec la Dame. Il accepte le rite et, plus encore, fait l’éloge de la prêtresse d’amour.

( … )Elle lève son visage vers lui et c’est un grand soleil qui sort des eaux, qui envahit la salle aux volets tirés. Une lumière passe sur la face des convives stupéfaits.

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Konstantin Kacev (1967, Uzbek-born Macedonian)

Plus tard, certains témoigneront que cette coquette passante hors du commun avait une chevelure d’or et tournoyait comme une comète autour de l’invité.

 

Marie de Magdalena, la porteuse de vase, serait ainsi la gardienne d’une nouvelle alliance d’amour passée avec Jésus. D’une façon plus générale, ce qui est clos ou tenu fermé – boîtes, coffres, livres, mais aussi noix, amandes, grenades – désigne les réalités intérieures, les secrets accessibles seulement à une conscience illuminée.

 

La très silencieuse

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Konstantin Kacev

 

 

A un immense amour seule convient la majesté du silence. C’est pourquoi elle se tait, la belle femme qui fait irruption pendant le banquet, et s’abandonne à son Dieu vivant. Elle ne dit rien, mais tout ce que son corps exprime par les larmes, les soupirs et les embrassements, est pur langage de l’Âme.

(… )

A partir de cet instant elle reste auprès de celui qui l’a accueillie. Avec lui elle va marcher sur les chemins de Palestine, pourvoyant avec d’autres femmes aux soins du groupe : cuire le pain, panser une blessure, mais à travers les gestes infâmes du quotidien faire passer la tendresse et la sollicitude.

( …) Marie de Béthanie qui se tient en silence, attentive, s’efface devant l’hôte : le renoncement à soi-même mène à la nudité intérieure, à la vacuité ou la « vacance » chère à la tradition monastique.

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( … ) Si le prophète de Nazareth s’annonce comme le Verbe, Marie-Madeleine serait le silence.

 

Au sujet de Madeleine, les religieux parleront de conversion et de repentance, et cela les rassure puisque après Eve la fautive c’est encore une femme qui représente le péché. Mais il s’agit en fait d’un éveil de conscience et chaque individu en marche, homme ou femme de bonne volonté, se trouve concerné. 

( … ) La prostituée que chacun, homme ou femme, héberge en soi doit se dévêtir des habits trompeurs de l’existence afin de retrouver l’Essence, afin de se souvenir de son origine, de l’Amour Primordial.

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Portraits du Fayoum

Publié le par Perceval

Portrait-du-Fayoum-Louvre-702x1024.jpg Portrait-du-Fayoum-Louvre-detail-yeux.jpg

Ce portrait a été exécuté aux alentours de 161-180 après J.-C. dans la région de Thèbes en Égypte

 

Le Fayoum, est un oasis du désert de Libye, à une trentaine de kilomètres à l'ouest du Nil. C'est une riche région agricole, et les "portraits du Fayoum" en ont fait la renommée.

OVH-Peinture-Fayoum.jpgEn effet, au cours des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, ces Grecs établis en Égypte alors sous domination romaine., après avoir embaumé leurs morts, plaçaient un portrait du défunt, peint sur de la toile de lin ou sur du bois précieux,  au-dessus du visage de la momie.

 

W. M. Flinders Petrie découvre en mars 1888 : « un immense cimetière d'époque romaine avec des chambres tombales en brique contenant encore les corps de leurs propriétaires ». L'émotion le saisit lorsqu'il aperçoit, encore fixé sur sa momie, le premier portrait, "une jeune fille magnifiquement dessinée, dans de douces teintes grises."

La majorité des portraits funéraires présentent les visages grandeur nature. Ils doivent assurer au défunt un visage dans l'au-delà identique à celui de sa vie sur terre.

Ils datent du premier au quatrième siècle après Jésus-Christ. Ils étaient peintes sur des plaquettes de bois ou sur des toiles de lin, destinées à être insérées dans des bandelettes entourant le visage de la momie et sur lesquelles on a trouvé parfois des épitaphes: Hermione l'institutrice; Dèmos, âgée de vingt quatre ans, souvenir éternel; Alinè, appelée aussi Tênos, fille d'Hérodès, excellente; Salutations répétées.

Ces portraits entretiennent un rapport étroit et presque intime avec la mort. Ils furent peints, du vivant de leur modèle, pour les accompagner dans l’au-delà...

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«Ils représentent des hommes, des femmes et des enfants vus de face ou de trois quarts. [...] Alors que nous leur faisons face, nous éprouvons encore quelque chose de l’imprévu de cette pose : on dirait que les personnes représentées viennent de s’avancer timidement à notre rencontre. [...] C’étaient des images destinées à être enterrées, sans la moindre possibilité d’être vues à l’avenir. [...] Ce qui veut dire qu’il existait un rapport très particulier entre le peintre et la personne qui posait devant lui. [...] Ces deux personnes, alors en vie l’une et l’autre, collaboraient à la tâche de se préparer à la mort, tâche devant assurer la survie. Peindre, c’était nommer et être nommé, c’était la garantie de cette continuité.» Le peintre «se soumet au regard de la personne qui pose et pour qui il fait office de peintre de la mort ou, plus précisément peut-être, de peintre de l’Éternité. Et le regard de ceux qui posent, et auquel il se soumet, s’adresse à lui à la deuxième personne du singulier.»
Nous sommes devant «des images d’hommes et de femmes qui ne lancent aucun appel, qui ne demandent rien, mais qui déclarent qu’ils sont en vie et que toute personne qui les regarde l’est aussi ! Ces visages incarnent, dans toute leur fragilité, un respect de soi oublié. Ils confirment, envers et contre tout, que la vie était, et demeure, un don. Ces visages anciens nous sont d'autant plus précieux que leur regard peint est tout entier concentré sur cette vie» dont il sait pourtant qu’il va la perdre un jour. 
» John Berger, écrivain et peintre britannique

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Pauline, la Vénus de l'Empire -2-

Publié le par Perceval

Le prince et la princesse Borghèse quittent Paris pour Rome, et habiter le magnifique palais Borghèse. Mais … elle s'ennuie à Rome, et se considère en exil... L’événement artistique créé par le sculpteur Canova va rompre cette monotonie...

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Antonio Canova (1757-1822), Portrait de Pauline Borghese en Venus Victrix,1804-08

 

"Toute la Rome bien pensante a jugé inconvenant qu'une princesse pose nue pour un artiste, fut-il le grand Canova. En vérité, elle n'était qu'à moitié nue et sa réputation de séductrice était déjà faite. Lors de nos séances de pose, elle ne résista pas à jouer de son charme sans paraître se soucier de mes cinquante ans. Même chez les meilleurs modèles professionnels, je crois que je n'ai jamais ressenti une telle sensualité, une telle jouissance de se sentir nue. Cette femme est folle de son corps, amoureuse d'elle-même et a pris un vrai plaisir à poser. Provocante, elle me raconta un jour qu'une amie romaine lui avait demandé comment elle pouvait s'exhiber ainsi devant moi. Ma chère, l'atelier est chauffé ! a répondu la coquine." Antoine Canova (1757-1822)

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De Robert Lefèvre, en 1806:

Pauline Bonaparte(étude) Versailles

Le couple princier vit séparé … En 1806, Pauline est élevée au rang de duchesse de Guastalla et s'installe au Petit Trianon en continuant à collectionner les amants : en particulier, - le peintre Nicolas de Forbin (1777-1841), en 1807, - le violoniste Felice Blangini (1781-1841) - l'acteur dramatique Talma (1763-1826) … Elle jouit sans réserve du pouvoir que son physique et son charme lui permettent d’exercer sur les hommes; sans autre but que de satisfaire son besoin de plaisir et de liberté. Elle est étrangère aux enjeux de pouvoir ...

Chaque jour, Pauline prend un bain, aidée de son serviteur noir ; un bain de lait d'ânesse, censé adoucir sa peau.

Quand Napoléon est exilé à l'île d'Elbe, Pauline est sa seule parente à l'y suivre. Elle soutient son retour en France, et lui donne ses diamants...A Sainte-Hélène, elle essaie en vain de le rejoindre.. Camille Borghese souhaite divorcer ; le pape Pie VII, qui soutient Pauline, l'en dissuade. Borghese loge Pauline à Florence et subvient à ses besoins. C'est dans cette ville qu'elle termine sa vie à 44 ans, le 9 juin 1825.

 

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Trois femmes aujourd'hui: Forbidden Voices

Publié le par Perceval

forbidden-voices-affiche.jpgLeur parole est opprimée, interdite et censurée. Mais, trois femmes, Yoani Sánchez( Cuba) , Zeng Jinyan ( Chine ) et Farnaz Seifi ( Iran )  ne se laissent pas intimider par les régimes dictatoriaux. Ces femmes courageuses et modernes représentent une nouvelle génération de résistantes connectées à Internet. À Cuba, en Iran et en Chine, ces pionnières contribuent à ébranler les monopoles de l'information de leur État grâce à leurs blogs.


Le film « FORBIDDEN VOICES » suit l'itinéraire dangereux, plein de privations, de ces opposantes branchées et nous montre comment ces jeunes femmes révèlent les exactions dans leurs pays en utilisant les réseaux sociaux (Facebook, Youtube et Twitter). Leur influence politique est à la mesure des échos qu'elles suscitent dans le monde entier.

 

Réalisé par Barbara Miller en 2012. Disponible en Replay sur mySkreen avec Arte+7. Documentaire : Portrait de Yoani Sánchez, Zeng Jinyan et Farnaz Seifi qui, à Cuba, en Iran et en Chine, ébranlent les monopoles de l'information grâce à leurs blogs. Documentaire en entier diffusé sur ARTE

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Identifiées par le Times Magazine parmi les voix politiques les plus influentes au monde, Yaoni Sànchez, Zeng Jinyan et Farnaz Seifi opposent aux gouvernements des pays dans lesquels elles opèrent une pugnacité sans failles.

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Les velléités répressives de Cuba, de la Chine et de l'Iran trouvent, en ces jeunes bloggeuses, un trio d'ennemies acharnées. Le film de Barbara Miller, mélange de confidences et d'inquiétantes images prises sur le vif, nous entraîne dans le sillage du courage politique et de la détermination. Au féminin.

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Pauline, la Vénus de l'Empire -1-

Publié le par Perceval

soeurs-de-napoleon-Bonaparte-david.jpgNapoléon Bonaparte a trois sœurs : Maria-Elisa, sera grande-duchesse de Toscane ; Maria-Annunciata, veut être appelée Caroline (elle épousera Joachim Murat et sera grande-duchesse de Berg, puis reine de Naples) ; enfin Maria-Paola, la petite Paoletta, Pauline, la préférée de Napoléon. Ils étaient tous nés en Corse.

Pauline est née à Ajaccio le 20 octobre 1780. Dès son enfance, jolie, coquette, indépendante autant qu'indisciplinée, elle préfère l'amusement au travail, fait l'école buissonnière : elle croit que la vie est faite pour se distraire et que le monde entier doit contenter ses désirs.

La famille Bonaparte doit s'exiler, et joint Marseille. Napoléon conquiert brillamment ses grades et Joseph épouse Julie Clary, fille d'un riche négociant marseillais.

Avec sa soeur, Maria-Annunciata, Pauline à 14 ans court les bals et traîne à sa suite de nombreux admirateurs... Le plus assidu et le mieux accueilli est Stanislas Fréron. Il a mauvaise réputation, et sa mère suit l'avis de Bonaparte, elle refuse la demande en mariage... Pauline est furieuse …

Pauline retrouve très vite la joie de vivre avec les amis de Bonaparte, Leclerc la console, et Junot, mais il n'est que lieutenant et pauvre, demande à son frère la main de sa sœur, qui refuse …pauline bonaparte

A Milan, le général Bonaparte fête avec les siens les triomphes de l'armée d'Italie. Pauline retrouve le Général Leclerc, et le mariage est célébré à Monbello, en septembre 1797.

Pauline à peine mariée, cesse de l'aimer … pour ne penser qu'à vivre au gré de ses caprices et de ses folles fantaisies. La toilette la préoccupe encore plus que ses amours. Pauline, est "la plus jolie femme du temps". De beaux cheveux, des yeux pleins de douceur et de flamme, des dents admirables, enfin un corps souple et charmant, une poitrine merveilleuse, une taille d'une finesse extraordinaire, des mains et des pieds d'enfant, une démarche d'une grâce infinie.

Elle mène, depuis son mariage, une existence passablement déréglée. Ses frasques défraient la chronique... On calcule le nombre de ses amants. On cite leur nom... Parmi eux, le tragédien Lafon, qu'elle aime assez longtemps. La liaison fait scandale et Bonaparte intervient.

Il décide d'éloigner Pauline, afin de la soustraire aux dangers de la vie parisienne et charge le général Leclerc de commander une expédition contre les noirs révoltés de Saint-Domingue.

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Pauline Bonaparte, princesse Borghèse par Marie Guilhelmine BENOIST

Pauline, furieuse de partir, multiplie les difficultés et les retards. Elle gémit, pleure et prend chacun à témoin de de la cruauté de son frère qui veut la faire mourir.. ! Sur l'île, elle continue à vivre avec excès ( du général Salme ( renvoyé en France...) à quelques résidents) au point que le chancelier Pasquier, notera que sa vie "fit rougir le soleil des Tropiques". Devant les assauts guerriers des noirs, elle se fait remarquer par son courage, mais Leclerc est emporté par la fièvre jaune ( 2 Nov 1802) ; et se console avec le général Humbert

Rentrée à Paris, elle ne songe d'abord qu'à se soigner, puis use ses forces dans les fêtes et les plaisirs... Paris ne pense qu'à s'amuser : On se presse chez Mme Récamier, où Pauline est entourée d'une cour de brillants officiers et de ravissantes jeunes femmes. Le favori du moment s'appelle Lafon, ou Jules de Canouville … Napoléon se résout à la marier : La victime choisie pour ce redoutable emploi est le prince Camille Borghèse ( grande fortune...). La princesse Pauline est enchantée, le mariage a lieu le 18 août 1803.

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Marie de Magdala ( Madeleine ) - La femme multiple

Publié le par Perceval

Marie de Magdala (en grec : Magdaléné). Magdala est le nom de la ville où était née Marie qu'on surnomme Madeleine.

Eugene Delacroix 
Marie-madeleine au pied de la croix
Titian: " Noli Me Tangere "
  • Marie Madeleine au calvaire : Mat 27, 55-56, Marc 15, 40, Jean 19, 25
  • Marie Madeleine au tombeau lors de l'ensevelissement et même au matin de Pâques : Mat (27,61; 28,1) Marc 15, 47 et 16,1 ; Luc 24, 10.... Elle cherchera alors à connaître l’endroit où on mettra le corps et préparera avec d’autres femmes les aromates et ce qu’il faut pour envelopper le corps.
  • Marie Madeleine suit Jésus, parce qu'il l'avait guérie. (sept démons étaient sortis d'elle : Luc 8,1-3)... Marie a répondu à l’appel du Maître à le suivre avec Jeanne, Suzanne et beaucoup d’autres. Et elle sera fidèle à cet appel, faisant route avec lui jusqu’à la fin, comme Luc le rapporte (Lc 8,4).
  • Marie Madeleine rencontre jésus ressuscité : Jean 20,1 -19
  • Marie Madeleine sera la première femme qui diffusera l'Évangile à la demande même de Jésus (20,17-18) . Lorsque Jésus se manifeste à elle, elle répond à l’invitation d’aller annoncer aux disciples qu’il était vivant : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père, votre Père, et mon Dieu, votre Dieu » (Jn 20,17) Jésus a confirmé sa mission d’« apôtre des apôtres », comme on la nommera au début de la chrétienté.
Jean Béraud 1848-1935 la Madeleine chez les Pharisiens, 1891
Sainte Marie-Madeleine à la Saint Beaume 1620


Pour créer le mythe « Marie-Madeleine », il a été nécessaire de confondre, au moins trois femmes:

  • une femme de 'mauvaise vie' non identifiée qui répandait du parfum sur les pieds de Jésus en Lc 7,37,
  • Marie de Magdala libérée de son mal au chapitre suivant en Lc 8,2 
  • et Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare, qui répandait elle aussi du parfum sur les pieds de Jésus en Jn 12,3.
  • Marie l’Égyptienne vient parfois s’additionner à cette équation déjà longue.
Jacques TISSOT; 1886-1894 Les précieux onguents de Marie Madeleine
Paul Baudry (1828-1886) , la Madeleine pénitente


On en a fait un seul personnage. Augustin, dans les années 400 (354-430), serait à l’origine de l'histoire ; et le pape Grégoire le Grand, dans les années 600 (595 apr. J.-C.), a contribué à fixer cette image dans ses homélies.

Vie de marie Madeleine Eglise d'Auron 1451
Lucas_Moser l'autel de marie madeleine rétable 1431



*** Nulle part dans l'Écriture elle n’est identifiée comme une pécheresse publique ou une prostituée. Au fil des siècles, on a transformé Marie de Magdala en convertie repentante du « péché de la chair » à cause de l’image de tentatrice, de séductrice attribuée à la femme.

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Juliette Récamier - 2 -

Publié le par Perceval

En 1799, Récamier offre à Juliette un hôtel particulier. Les visiteurs s'extasient sur le raffinement du mobilier, l'agencement des jardins... Six années suivront ponctuées de nombreuses réceptions et de distractions sans cesse renouvelées, parties de campagne, spectacles, concerts.

Autour d'elle se regroupe , en cet hiver 1799, un échantillonnage complet du Paris, d'alors : des financier, des hommes politique, Fouché; des militaires, Junot  Bernadotte , des amis plus proches, Eugène et Hortense de Beauharnais , les soeurs de Bonaparte.

Juliette a le génie de concilier les contraires. C'est pourquoi on rencontre aussi, chez elle, des nobles émigrés qui se réinsèrent dans la société comme Adrien de Montmorency et son cousin Mathieu qui seront ses amis les plus proches, les plus aimés.

La beauté et le charme de Madame Récamier lui suscitèrent une foule d’admirateurs. Elle fut l’une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s’habiller « à la grecque », sous le Directoire, et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l’Antique qui allait prévaloir sous l’Empire.
En 1802, elle se rend en Angleterre, où elle arrive auréolée d’une renommée internationale. Elle séduit par son apparente ingénuité, elle repousse les avances de ses soupirants sans pour autant les rebuter tout à fait.

C'est de cette époque que datent les deux célèbres portraits de Juliette.

Le premier, peint (commencé en 1800 ) par David restera inachevé car le peintre lui écrit que "quelque chose lui résiste" et il abandonne. 

David._Madame_Recamier.jpgMadame Récamier, née Julie (dite Juliette) Bernard (1777 - 1849) . Jacques-Louis DAVID. 1800

Le peintre représente Juliette en patricienne, le regard distant, dans une composition digne d'une de ces fresques alors dégagées à Pompéi. Le modèle n'apprécie pas, et David semble se lasser de ses exigences

Le tableau, inachevé, est plus dépouillé, la pose plus pudique, la robe à l'antique est moins révélatrice du corps. La coiffure est courte et bouclée, un ruban noir ceint le front ;  il y a chez David plus de malice dans le demi sourire de la jeune femme. 

*****

Le second portrait ( 1805) est l’œuvre d'un disciple de David, François Gérard, élève du grand peintre néoclassique, il exécute un portrait autrement plus léger...

Francois-Gerard---Madame-Recamier.jpgLe portrait de Madame Récamier, peint par François Gérard (1770-1837) , est l’un des plus beaux tableaux du musée Carnavalet.

Il représente une jeune femme, au corps parfait, dans une robe blanche très dénudée, une souple étole jaune, sans autre bijou que la flèche d'Eros fiché dans sa chevelure.

Le modèle est représenté dans une pose alanguie, allongée sur une chaise « étrusque », dans un décor qui rappelle celui d’une salle de bain antique. « La vérité ne peut aller plus loin, écrit un journaliste du temps, et elle est si séduisante pour l’œil et pour l’imagination qu’elle produit tout l’effet de l’idéal. »

*****

Enfin, certains pensent que c'est Joseph Chinard, qui a le mieux saisi le doux charme de ce visage, mobile et espiègle... 

Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--1.jpg Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--2.jpg

"De face, c'est une réserve pudique d'accord avec l'attitude gracieuse est presque enfantine […] ; de profil, avec des nuances diverses, le nez mutin aux narines un peu relevées, le léger sourire qui flotte sur les lèvres, ont un je ne sais quoi de piquant sinon de provocant, qu'accentuent l'écharpe transparente, la gorge et le sein dénudé". Édouard Herriot décrivait ainsi le charme ambigu mais bien réel de l'œuvre la plus célèbre de Joseph Chinard, qui est en même temps l'un des meilleurs portraits de Juliette Récamier à l'apogée de sa beauté, réalisé quelques années avant le non moins célèbre tableau du baron Gérard (1805) conservé au musée Carnavalet. C'est vraisemblablement au cours d'un de ses séjours à Paris en 1801 ou 1802, quand il logeait chez les Récamier, que Chinard éxécuta le modèle en terre d'après lequel il sculpta ensuite à Carrare en 1805 ou 1806, le marbre du musée de Lyon.

 

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Juliette Récamier -1-

Publié le par Perceval

Je ne sais trop que penser, de ce qu'il semble être de la part de Juliette de Récamier, une stratégie d'image. Femme de goût, elle semblait naturel de se faire admirer, et combattait toute réputation sulfureuse, pour préférer celle de la muse. Elle inspira les personnages d'Antigone de Ballanche, ou de Léonie de Chateaubriand ( par exemple )… mais refuse de se reconnaître dans certains portraits trop idéalisés, trop grecs … ( Juliette qui devient Béatrice, sous le ciseau de Canova, Juliette en Sapho ( Fragonard ), David ...etc)

Nombre de soupirants ont d'ailleurs, été très sensibles à l'ambivalence d'une personnalité qui allie » le double enchantement de la vierge et de l'amante » ( Chateaubriand)

Aussi, «  l'image de Juliette de Récamier » est sans doute le principal sujet (et le plus intéressant) , concernant cette femme.

 

Juliette Récamier (1777-1849) , aussi intelligente que belle, est l'une des femmes les plus célèbres du Consulat et de l'Empire. Elle éblouit, elle séduisit, elle enchanta, tout en restant inaccessible aux plus flatteuses conquêtes.

salon de juliette de Récamier

Femme d'esprit, son salon réunit des proches, parmi lesquels René, vicomte de Chateaubriand, son seul véritable amour; Germaine de Staël, sa meilleure amie (qui lui gardait une chambre particulière à Coppet);

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François Gérard (1770-1837)

 Corinne au cap Misène, 1819-1821

Le tableau a été commandé en 1818 par le prince Auguste de Prusse et par Juliette Récamier, pour rendre hommage à leur amie Madame de Staël qui venait de mourir. Auguste et Juliette demandent au peintre d'illustrer un épisode d'un livre de Madame de Staël, Corinne ou l'Italie.

C'était le roman dont ils se sentaient le plus proche : le livre a été publié en 1807, l'année où ils se sont rencontrés. De plus, l'amour impossible entre les deux héros, Corinne et Oswald, leur rappelait sans doute leur propre histoire.

Une fois le tableau terminé, Auguste de Prusse l'offrit à Juliette Récamier qui l'installa chez elle à l'Abbaye-aux-Bois, en souvenir de leur histoire d'amour.

André Marie Ampère et son fils Jean-Jacques, celui-ci éternel amoureux de l’hôtesse; Bertrand Barrère de Vieuzac, le maréchal Masséna, Eugène de Beauharnais, Claire Kersaint, duchesse de Duras; le célèbre dandy anglais George Brian Brummell, Adolphe Thiers, Eugène de Beauharnais, Louis-René, prince et cardinal de Rohan; Bernadotte, futur roi de Suède; lady Georgiana, duchesse de Devonshire; le général Moreau, Paul de Noailles qu’elle fit entrer à l’Académie; Chrétien de Lamoignon de Malesherbe, Louis David et François, baron Gérard, peintres; Élisa Bonaparte, Lucien Bonaparte; la comtesse de Boigne, Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine; Joseph Fouché, duc d’Otrante; Isabelle Madeleine de Chastenay Lanty, née La Guiche; Étienne Denis, baron puis duc de Pasquier, chancelier de France; Jean-François de La Harpe, Jérôme Lefrançois de Lalande, astronome; Charles Forbes, comte de Montalembert; la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, Prosper Mérimée, Auguste Viesse Marmont, duc de Raguse; Charles-Augustin Sainte-Beuve, Sir Humphrey et Lady Davy, Charles Fox, Wilhelm, baron von Humboldt; le duc d’Hamilton, Delphine Gay, François-Joseph Talma, la comédienne Rachel (Élizabeth Rachel Félix), Pierre-Simon Ballanche, Benjamin Constant, Alphonse de Lamartine, Félicité de Lamennais, François Arago, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Eugène Delacroix, Alexis de Tocqueville, Alfred de Musset, Henri Beyle, dit Stendhal et Mme de Genlis.

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Firmin Massot (1766-1849) "Portrait de Juliette Récamier" (c. 1807) musée des Beaux-Arts de Lyon (Rhône, France)

 

Juliette était était la fille unique d'une « famille élargie » très singulière, cultivée et habile dans les affaires, enracinée à Lyon. Tous les membres de cette tribu était soudée autour de Juliette, et de son « secret » : sa mère marie Julie Bernard, son père putatif Jean Bernard, son père probable le banquier Jacques Rose Récamier, auxquels se joignirent Paul David un cousin, et le théosophe lyonnais Ballanche, attiré dans l'orbite de Juliette en 1812.

Tous respectèrent en la jeune fille un naturel moral digne de la Julie de Rousseau.

La décision que prirent sa mère et ses pères, en 1793 - en vue d'assurer son avenir matériel au cas où la 'famille', entachée de royalisme , serait victime de la terreur -fut de la marier, à 15 ans, au banquier Récamier ( 42 ans) , son père probable. Cette décision fut la pierre angulaire de toute son existence. Ce mariage endogamique, mais non incestueux, resta évidemment blanc. Son mari continua de mener sa vie privée hors de son foyer mais il lui donna son nom, sa fortune et sa protection. 

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La femme "académique" du XIXème siècle

Publié le par Perceval

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Paul DELAROCHE (1797-1856):  La Renommée distribuant des couronnes.

Projet pour la décoration de l'Hémicycle ou Amphithéâtre d'honneur de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris) : La Renommée distribuant des couronnes (1841). Au centre : Ictinous, Apelle, Phidias, 4 femmes symbolisant les périodes de l'art (grec, romain, gothique, renaissance), de part et d'autres peintres, sculpteurs, architectes.  

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Le XIXe siècle est le siècle de l'histoire. Certes, depuis la Renaissance les historiens exercent une forte influence, mais c'est après la Révolution française que l'histoire fixe son identité académique. La rupture avec le passé proche, la monarchie et par contre coup le christianisme, semble motiver la référence à un passé lointain. La Révolution conduit à un retour à l'Antique.

 Ernest Lavisse ( 1842-1922, est un historien français, positiviste) : « J’ai le sentiment d’avoir été élevé dans un milieu noble, étranger et lointain. J’ai vécu à Athènes au temps de Périclès, à Rome au temps d’Auguste (...)

 

A l’Ecole des Beaux-Arts, un style et une personnalité dominaient : le néo-classicisme et Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867).

Les artistes qui plaisaient à la clientèle de la noblesse et de la haute bourgeoisie et dont beaucoup d’œuvres étaient achetées par l’Etat appartenaient à une même mouvance stylistique : l’éclectisme. Elle s’inspirait de tous les styles du passé (de l’Antiquité classique comme du Moyen Age ou de la Renaissance, etc.) sans hiérarchie...

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 Jean-Léon Gérôme: La Naissance de Vénus (1890)  Jean-Auguste-Dominique Ingres: Venus_Anadyomène (1848)  William-Adolphe_Bouguereau: La naissance de Vénus ( 1879)

L'académisme et les Beaux Arts :

Au XIXe siècle, l’Académie veut que les peintres représentent des sujets nobles et qu'ils maîtrisent le dessin. Les grands modèles sont les peintres de la Renaissance comme Raphaël et ceux du néo-classicisme français comme David.

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Atelier de Cabanel

Alexandre Cabanel (1823-1889)

Ce peintre a eu une carrière glorieuse. Il fut très apprécié de son temps. En 1863, il présente au salon La Naissance de Vénus. Le corps de la femme est idéalisé. Il ne présente aucun défaut.

Jean-Léon Gérôme (1824-1904)

Cet artiste se passionne pour l'antiquité. Il aime restituer les moindres détails de cette époque passée. Pour cela, il étudie beaucoup les ouvrages et les représentations antiques, pour être le plus fidèle possible. Il s'opposera fortement au mouvement impressionniste qui était pour lui un "déshonneur" à l'art français. Il sera pendant longtemps professeur à l'École des beaux-arts, enseignant cette peinture académique qu'il aime tant à ses élèves.

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Fin de siècle, Atelier de Jules Cavelier Aux Beaux-Arts de Paris

William Bouguereau (1825-1905)

Professeur en 1888 à l'école des beaux-arts de Paris et à l’Académie Julian, ses peintures de genre, réalistes ou sur des thèmes mythologiques sont exposées annuellement au Salon de Paris pendant toute la durée de sa carrière. Il travaille aussi à de grands travaux de décoration, notamment pour l'hôtel de Jean-François Bartholoni, et fait aussi le plafond du Grand-Théâtre de Bordeaux.

En 1876, il devient membre de l'Académie des beaux-arts.

 

 Thomas Couture - Les Romains de la décadence 2


Romains de la décadence 1847,  par Thomas Couture (1815-1879). Jacobin, républicain et anticlérical, il critique la décadence morale de la France de la Monarchie de Juillet, dont la classe au pouvoir avait été discréditée par une série de scandales.

Les sujets des tableaux historiques proposés pour le prix de Rome de peinture continuent d’être tirés de l’histoire classique, de la mythologie ou de la Bible, et celui qui remporte le Grand Prix annuel de peinture d’histoire est assuré d’une carrière couronnée d’honneurs officiels

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Le procès de la belle Phryné

Publié le par Perceval

Que se passe t-il donc..?

Quel est donc l'objet de tant d'émotions ...?

 

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Gerome-Phryne-detail-5.jpg Gerome-Phryne-detail-6.jpg Gerome-Phryne-detail-3.jpg

Ces visages qui apparaissent dans un tableau célèbre du XIXème, sont ceux de magistrats surpris par la scène … Le peintre a sans doute imaginé les visages de bourgeois du XIXème qui – lors de chaque salon – se scandalisent de certaines scènes, mais se précipitent avec délectation devant l’œuvre...

Ici, les visages des juges, plutôt d'un certain âge, semblent subitement se ranimer. Il s'agit bien – vous l'aviez compris – d'une contemplation impudique, qui pourrait rappeler, si elle n'était pas involontaire, l’épisode biblique de « Suzanne et les vieillards ».

Il s'agit dans ce tableau de Gérôme ( 1824-1904) - non pas de Suzanne - mais de Phryné, une hétaïre ( courtisane ) du IVème siècle av J.C.

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Aphrodite de Cnide de Praxitèle ( 400 av. J.-C., mort avant 326 av. J.-C )

A la différence d'une prostituée, la courtisane a un nombre réduit d'amants, qu'elle choisit. Ils la couvrent de cadeaux pour s'attacher ses faveurs. Elle n'accepte pas d'argent normalement, mais si elle fait payer ses services elle exige alors des sommes extravagantes. Elle protège son corps des regards, car le fait qu'on ne puisse le voir fait sa valeur (exception étant faites de l'art : ce dernier peut être célébré par l'intermédiaire d'une statue, comme la statue d'Aphrodite de Praxitèle...)

Athénée écrit:

«  Il faut bien avouer que la splendeur de Phryné résidait dans ce qu’elle ne montrait pas. C’était impossible de la voir nue, car elle était toujours vêtue d'une tunique qui dissimulait les charmes de son corps ; de plus, elle n'allait jamais aux bains publics» Athénée de Naucratis : XIII : 59

Accusée d'impiété ( la raison de son procès n'est pas claire …) elle est jugée devant l'aréopage. Hypéride, l'orateur qui la défend, et accessoirement un de ses amants, convainc les héliastes de l'innocence de Phryné en arrachant le haut de sa tunique, dévoilant ainsi sa poitrine. Les héliastes virent dans la grande beauté de Phryné le signe d'une protection d'Aphrodite et eurent peur de fâcher cette divinité en mettant à mort une de ses servantes. Ils acquittèrent donc Phryné.

 

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer les raisons de son procès :

- Accusée de meurtre par Euthias, ou plutôt :

- Organisatrice d'une confrérie religieuse vouée au culte du dieu thrace Isodaetes, elle est accusée par l'un de ses anciens amants d'introduire une divinité étrangère à Athènes et par là-même de corrompre les jeunes femmes. A moins qu'elle fut...

- Accusée d'obscénité, et jugée pour impiété car elle s’était baignée nue un jour de fête religieuse,

En effet, à la grande assemblée des Eleusines et aux fêtes de Poséidon, elle ôta son manteau devant tous les Grecs, laissa tomber ses longs cheveux et entra dans l'eau dans le plus simple appareil. Cette attitude surprit, en effet la splendeur de Phryné résidait dans ce qu’elle ne montrait pas.  

Cependant, quelle que soit la raison de son procès, La légende prétend que, subjugués par tant de beauté, les Héliastes virent en Phryné « l’auguste image de la maternité et de l’amour » et refusèrent de la condamner.

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Aphrodite Anadyomène de Pompéi

Selon Athénée , l'idée d'Aphrodite émergeant de la mer a été inspiré par la courtisane Phryné , qui, pendant le temps des fêtes de la Eleusinieset Poseidonia , avait nagé nue dans la mer.

Selon Élien, les Grecs auraient dressé sur une colonne, à Delphes, une statue en or de Phryné. Athénée (170-223, grec d'Egypte ) précise qu'elle est l'œuvre de Praxitèle et qu'elle porte l'inscription « Phryné, fille d'Épiclès de Thespies ».

 

ZOLA n'apprécie pas la peinture de Gérôme, voici ce qu'il écrit dans :Nos peintres au Champ de Mars, in La situation, 1 juillet 1867

DAUMIER-Honore--1808-1879--VOYONS-.ADMIREZ-AU-MOINS-CE-CO.jpg« M. Gérome travaille pour tous les goûts. Il y a en lui une pointe de gaillardise qui réveille un peu ses toiles ternes et mornes. En outre, pour dissimuler le vide complet de son imagination, il s'est jeté dans l'antiquaille. Il dessine comme pas un les intérieurs classiques. Cela le pose en homme savant et sérieux. Comprenant peut-être qu'il ne pourra jamais prendre le titre de peintre, il tâche de mériter celui d'archéologue.
La peinture, ainsi envisagée, devient une sorte d'ébénisterie. Je m'imagine M. Gérome voulant faire un tableau, sa Phryné devant le tribunal*, par exemple. Il commence par reconstruire la salle ou l'hétaïre fut jugée ; ce n'est pas là un mince travail ; il lui faut consulter les anciens et prendre l'avis d'un architecte. Une fois la salle bâtie, il faut disposer le sujet. 

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C'est ici qu'il est nécessaire d'empoigner le public. D'abord, l'artiste choisira le coup de théâtre historique, l'instant où l'avocat, pour défendre Phryné, se contente de lui arracher son vêtement. Ce corps de femme, posé gentiment, fera bien au milieu du tableau. Mais cela ne suffit pas, il faut aggraver en quelque sorte cette nudité en donnant à l'hétaïre un mouvement de pudeur, un geste de petite maîtresse moderne surprise en changeant de chemise.
Cela ne suffit pas encore ; le succès sera complet, si le dessinateur parvient à mettre sur les visages des juges des expressions variées d'admiration, d'étonnement, de concupiscence ; ces rangées de vieilles faces allumées par le désirs seront la pointe suprême du ragoût, les épices qui chatouilleront les palais les plus blasés. Dès lors l'œuvre est assaisonnée à point ; elle se vendra cinquante ou soixante mille francs, et les reproductions qu'on en fera inonderont Paris et la province, et serviront des rentes à l'auteur et à l'éditeur. 
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