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Talleyrand au congrès de Vienne.

Publié le par Perceval

Talleyrand-vienne.jpgTalleyrand arrive à Vienne le 23 septembre 1814. Il s'installa à l'hôtel Kaunitz, aux salons magnifiques. Dorothée, femme d'Edmond de Talleyrand, doit tenir la maison de son oncle ( par alliance ..). Elle jouera le rôle ambassadrice de France. Elle a vingt et un ans. Depuis son mariage, elle s'est transformée ; élégante et spirituelle, elle devient promptement une des reines du congrès. Elle voue à son oncle, une admiration sans bornes. Il a pour elle un sentiment qui ressemble fort à la passion amoureuse.

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La capitale d'Autriche est en fête. Une multitude d'étrangers de distinction,, l'ont littéralement envahie : souverains et leurs suites, délégations diplomatiques, haute noblesse internationale, aréopage de jolies femmes dont toutes ne sont pas des épouses légitimes, et parmi celles-ci il y a peu de modèles de vertu.

Une foule cosmopolite envahit les rues assez étroites ou la promenade du Prater, afin d'apercevoir les hôtes illustres de l’empereur François. Tous les soirs, les fenêtres des palis, groupés autour de la Hofburg, s'illuminent. Ce ne sont que festins d'apparat, bals, réceptions officielles ou privées, où se nouent des intrigues amoureuses. Un diplomate autrichien écrira plus tard : «  Lorsque je pense à cette époque à jamais révolue de la vie viennoise, deux violons retentissent à mes oreilles : le violon de Strauss et celui de Lanner. ».

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Après vingt ans de guerre, on respire enfin, on a envie de s'amuser ; c'est la meilleure façon de célébrer la paix, après laquelle on a si longtemps soupiré, d'oublier les deuils qui ont frappé indistinctement toutes les familles …

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Congres de Vienne L’empereur François, accompagné de son frère, l'archiduc Joseph, accueille, au pont de Thabor, le tsar Alexandre et le roi de Prusse Frédéric Guillaume III

Talleyrand se sent à l'aise dans cette atmosphère un peu folle. Cette frénésie de plaisirs n'offense point sa nature indulgente aux faiblesses humaines. Il tient table ouverte selon ses habitudes. On courre à ses réceptions. L'espèce de majesté qui se dégage de sa personne, de ses gestes, de ses paroles, la courtoisie de son accueil, fait oublier qu'il représente la nation vaincue et a naguère servi l'Ogre de Corse. L'élégance de Dorothée, la vivacité de son esprit attirent les visiteurs. Quand on la voit assise sur un canapé à côté de son oncle, on s'étonne un peu qu'elle occupe la place de Mme de Talleyrand. Mais celle-ci ne fut pas invitée. Il y a des murmures, mais discrets, et tant de rumeurs courent en ville … ! Ne dit-on pas que le tsar Alexandre dispute la duchesse de Sagan à Metternich ? Alexandre et Metternich ne comptent plus leurs succès féminins. Comme le dit le prince de Ligne, «  le tissu de la politique est tout brodé de galanterie... » 

Sources: Talleyrand de Georges Bordonove

 


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Le Congrès de Vienne et les femmes. -2-

Publié le par Perceval

congres-de-Vienne-mode.jpgPour l'instant, les cours européennes vont vivre ce Congrès dans un climat d'intrigues amoureuses. Et, les femmes vont y jouer un rôle prépondérant … Tous les acteurs du congrès, rois, empereurs, princes, hommes politiques sont accompagnés de leurs femmes et (ou) de leurs maîtresses...

"Le congrès fut bientôt métamorphosé en cour d'amour, à cela près que chaque matin, les ministres échangeaient des notes diplomatiques dont les souverains prenaient connaissance fort à la hâte, pressés qu'il étaient de voler à leurs plaisirs "... La comtesse Potocka: 

Et, Talleyrand écrit au roi Louis XVIII : "Après que j'eus quitté Metternich, il se rendit à la Redoute, car c'est au bal et dans les fêtes qu'il consume les trois quart de ses journées. "

Wiener-Ball.jpg

 

La Hofpolizei (dirigée par un nommé Hager) n'est pas inactive, tant s'en faut. Et le plus intéressé est sans nul doute l'empereur François lui-même, qui se fait apporter tous les matins les rapports de la journée précédente.

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Graf Clemens Metternich

Cette police se fait aider par de nombreux agents occasionnels. Et l'on recrute partout... La ville est peuplée d'innombrables agents secrets qui se cachent sous l'uniforme de secrétaires ou la livrée de domestiques.

En fait, la police va trouver une étrange coopération parmi les gens des délégations elles-mêmes, chacun s'espionnant comme à plaisir: « Ferdinand Palffy fait partie de la police secrète, la comtesse Esterhazy-Roisin et Mlle Chapuis sont des espions de la vieille princesse Metternich, qui les renseigne et les inspire »

Les rapports de police du baron Hager ne sont que des notes qui relatent  intrigues, fêtes et coucheries, en particulier  les allées et venues de ces messieurs chez ces dames à toute heure du jour et de la nuit.

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Le Congrès de Vienne et les femmes. -1-

Publié le par Perceval

peinture-libertine.jpgC'est en suivant Talleyrand le long de sa carrière politique, que l'on se dit, qu'il n'est pas possible d'imaginer l'homme sans s’intéresser à sa relation avec les femmes. Il ne fait pas exception, et les mœurs de cette époque « tourmentée » sont propices à un certain libertinage que n'exclut pas un romantisme naissant ( au contraire )... Ce libertinage est sans doute - encore pour plus très longtemps - le bénéfice d'un héritage de l'ancien régime... Avant que la bourgeoisie n'impose sa rigidité et son efficacité matérialiste, l'aristocratie finissante - encore majoritaire dans les cours régnantes – vit à plein régime et en toute maturité, des relations passionnées et libres entre hommes et femmes. Et, il me semble, dans une relative égalité. Les mariages de grande noblesse, sont arrangés ; et permettent à chacun de s'autoriser une vie sentimentale variée qu'offrent les péripéties politiques et internationales.

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Le Congrès de Vienne ( 1814-15) va représenter le sommet de cet état de fait, et sans doute aussi, le passage de la gloire et du luxe aristocratique, à la sage gestion du capital bourgeois.

berlin-biedermeier-moebel.jpg biedermeier_dame.jpg
 Mobilier: Berlin - mode biedermeier De Jean Auguste Dominique Ingres 
"Madame Marcotte de Sainte-Marie" 1826
Mode Restauration 

A Vienne, la période qui suivra le Congrès est appelée le « Biedermeier », elle s'étend de 1815 (Congrès de Vienne) à 1848 (Révolution de Mars 1848)

La bourgeoisie va cultiver la vie privée et familiale à un point inégalé jusque-là. Les marques extérieures de prospérité passent au second plan, derrière le bonheur domestique entre quatre murs, dans ce qui devient un lieu de retraite. Des vertus bourgeoises comme le zèle, la probité, la fidélité, le sens du devoir, la modestie, sont élevés au rang de principes universels.

LEurope napoléonienne en 1811LEurope napoléonienne en 1811

Le 30 mai 1814 le traité de Paris avait ramené les frontières de la France aux limites d’avant la Révolution.

 Le 1er novembre 1814 s’ouvrait à Vienne un nouveau Congrès pour décider du sort du reste de l’Europe. Il réunissait les représentants de l’Autriche, de la Prusse, de la Russie et de la Grande-Bretagne. Les plus petits États n’eurent pas le droit de s’exprimer. Wellington et Castelreagh représentaient la Grande-Bretagne, le tsar Alexandre 1er la Russie, Metternich l’Autriche et Hardenburgh la Prusse. Les Français étaient officiellement privés de parole, ce qui n’empêcha pas Talleyrand de “tirer les ficelles“ en coulisses.

Map congress of vienna-frCarte du Congrès de Vienne

 « Le Congrès ne marche pas, il danse » ( Le Prince de Ligne) : Les réunions diplomatiques avaient lieu dans un tourbillon de bals, de concerts, d’opéras…

Le-Congres-s-amuse---Gravure-de-Forceval--XIXe-s.--Paris.gifLe Congrès s’amuse  (Gravure de Forceval, XIXe s., Paris, BNF)

 Le traité fut signé le 9 juin 1815.

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Talleyrand et les femmes -4-

Publié le par Perceval

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Portrait de Talleyrand  en 1808

1804, Talleyrand active et entretient la rupture entre Bonaparte et les Bourbons. Ce rapprochement lui serait alors préjudiciable.

Il est l'instigateur de l’assassinat du Duc d'Enghien. En 1804, quand Napoléon se sacre Empereur , il est au comble de la faveur. Il espère ensuite avoir assez d'influence pour éviter la reprise des hostilités avec l'Autriche, et la Russie … Napoléon utilise ses talents de , mais ne l'écoute pas... Il se laisse entraîner par sa démesure …

Talleyrand s'oppose de plus en plus à Napoléon. Il joue à présent un double jeu... et, communique des renseignements au tsar Alexandre 1er.

Suite à la bataille d'Iéna et la prise de Berlin, un Blocus Continental est mis en œuvre, par les « alliés ». L'Europe en souffre et l'Espagne est entraînée dans la spirale.

Les Princes d'Espagne sont placés en résidence surveillée au château de Valençay, Talleyrand en est leur " geôlier ".

L-entrevue-d-Erfurt--27-septembre---14-octobre-1808---Napol.jpgL'entrevue d'Erfurt, 27 septembre - 14 octobre 1808.   Napoléon 1er recevant le baron Vincent, diplomate autrichien et envoyé de l'empereur d'Autriche.  Talleyrand au milieu

Le 27 septembre 1808 s'ouvre la Conférence d'Erfurt où Napoléon rencontre Alexandre 1er. Il souhaiterait que la Russie s'allie à la France, contre l'Autriche. Talleyrand, à l'inverse, fait tout pour rapprocher Alexandre 1er de François II d'Autriche... Tous les alliés connaissent le rôle de Talleyrand... Pourquoi Napoléon n'a t-il pas réagi … ?

Talleyrand se rapproche même de Fouché le ministre de la Police, qu'il déteste, pour envisager une alternative... Napoléon, alors, l'accuse de trahison et l'insulte grossièrement ; c'est le fameux mot " Vous êtes de la merde dans un bas de soie " (1809). Mais, il se contente de le destituer de sa place de Grand Chambellan...15-decembre-1809-Divorce-de-Napoleon-et-de-Josephine-de-.jpg

En décembre 1809 Joséphine de Beauharnais ne pouvant plus avoir d'enfant est répudiée par l'Empereur.

Après la retraite de Russie, Napoléon proposera à Talleyrand les pleins pouvoirs pour traiter avec les Alliés.

En 1814, les Alliés entrent à Paris. Talleyrand reçoit les tsar Alexandre dans son hôtel. Il fait moter Louis XVIII sur le trône.

Malgré l'hostilité de l'entourage du roi, Talleyrand prépare la Charte Constitutionnelle et est nommé ministre des affaires étrangères.

Septembre 1814, vont s'ouvrir à Vienne les négociations pour reconstruire l'Europe sur les décombres de l'Empire.

 

Talleyrand a rencontré en 1807 à Varsovie : La princesse Tyskiewicz (1760-1834), elle est la nièce du roi de Pologne  Stanislas Poniatowski. Mariée, elle ne vit pas avec son mari. Elle s’installe en 1808 en France et y finit sa vie aux cotés de Charles Maurice qui l’appelait toujours « la princesse »

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La duchesse de Courlande 1793

Elle idolâtrait Talleyrand, et lui a facilité ses relations avec les cours d’Europe. Elle fut une amie fidèle et compatissante et complice des frasques de Dorothée, la nièce et maîtresse . Elle est enterrée avec lui à Valençay.

 

Talleyrand peut se permettre de demander un service à Alexandre de Russie … il lui demande d’intervenir auprès de la duchesse de Courlande pour obtenir la main de sa fille cadette  pour son neveu. Dorothée est très riche, élevée à Berlin, elle est anti-française … "livrée à l’ennemi" le mariage se fait le 21 avril 1809 à Francfort.

La mère et la fille Courlande s'installent à Paris. En 1809, Talleyrand a 55 ans, il est séparé de sa femme., La mère, la duchesse de Courlande, et sa fille, s'installent à Paris, elle devient l'une des intimes et la maîtresse de Talleyrand …

 

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Talleyrand et les femmes -3-

Publié le par Perceval

catherineen-Grand-1783---par-Mme-Vigee-Lebrun-2.jpgEn 1801, apparaît au grand jour dans la vie de Talleyrand : Madame Catherine Grand, née Worlée, qui deviendra l'année suivante Madame de Talleyrand-Périgord. Charles-Maurice connaît cette jolie anglaise, née aux Indes, depuis 1798. Enlevée à son mari par un richissime anglais, nommé Whitehill, fasciné par elle, il l'amène à Paris.

Dans le salon de Mme de Staël, ils rencontrent en 1791 un quinquagénaire, ancien commis de Necker, nommé Claude Valdec de Lessart : il devint son amant au début de 1792, quelques jours après avoir troqué son ministère de l’Intérieur contre celui des Affaires étrangères.

Claude de Lessart avait beau être éperdument amoureux d’elle, elle le quitte dès qu’il n'est plus ministre; et, après le 10 août, la Révolution entrant dans une phase trop tragique à son gré, elle émigre en Angleterre...

Elle y rencontre le marquis Cristoforo de Spinola, ministre de Gênes à Londres, qui revient en France contacté par les contre-révolutionnaires.

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Madame de Talleyrand-Périgord, bientôt S.A.S. la Princesse de Bénévent, future Princesse de Talleyrand, peinte vers 1805

par le (futur) Baron Gérard

Mrs Grant l'accompagne et retrouve le succès dans les salons. M. de Lessart, était mort lors des journées de Versailles. Le ministre génois est expulsé et Mrs Grant est inquiétée, elle cherche secours auprès de Talleyrand, qui est séduit par la belle anglaise...

La Duchesse d’Abrantès écrit à son sujet: « Elle était grande, parfaitement faite, et ses cheveux, du plus beau blond cendré, tombaient en chignon flottant sur ses épaules. Ils la doublèrent et furent charmés en la voyant : une peau de cygne, des yeux bleus admirables de douceur, un nez retroussé et un ensemble parfaitement élégant. »

De maîtresse devenue concubine, elle tient la maison du ministre, ce qui déplaît à la bonne société reçue chez Talleyrand, et à Bonaparte, qui souhaite que la situation de son ministre se normalise et qu'il quitte ou épouse sa maîtresse. A la grande surprise de tous, il l'épouse....

Le pape Pie VII, « dilatant les entrailles de notre charité paternelle [sic] » fit semblant de croire que l'ex-évêque regrettait ses erreurs passées (il en était bien loin) et le rendit à l'état laïque en juin 1802. A Paris, on fit semblant de croire que le bref papal incluait l'autorisation de se marier. Le pape, si l'on peut dire, avala sa tiare, et Talleyrand épousa Catherine le 10 septembre.

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Charlotte Baronne Alexandre de Talleyrand

Vers 1820

Avant le mariage, et le divorce de sa mère, une fille, Charlotte, était née, probablement de Talleyrand qui lui fera épouser un neveu…

En 1803, Talleyrand achète, sur ordre du Premier Consul ( pour recevoir ses hôtes étrangers ) et avec son aide financière, le château de Valençay, un des plus grands domaines privés de France - 12 000 hectares de terres. Ils s’y installent, mais très vite Talleyrand  se  sépare  de sa  femme et vit  comme auparavant. Elle a pour amant San Carlos qui accompagnait les princes d’Espagne prisonniers à Valencay , et lui finit par l’oublier.

« Vous ne m’avez pas dit que le duc de San Carlos était l’amant de votre femme ! » lancera Napoléon à celui qu’il vient d’injurier le 29 janvier 1809, « En effet, sire, je n’avais pas pensé que ce rapport pût intéresser la gloire de votre Majesté, ni la mienne. »  

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Talleyrand et les femmes -2-

Publié le par Perceval

 

Madame de Stael 2Madame de Staël fait la connaissance de Talleyrand en 1788, grâce à son ami, Louis Comte de Narbonne son amant. Elle est ambassadrice de Suède par son mari de Stael , et Talleyrand comprend vite qu’elle peut lui être utile.

Talleyrand, - aidé de Germaine de Staël, avec qui il a une brève aventure - quitte Paris le 10 septembre 1792, avec le prétexte bien calculé d'une mission diplomatique à Londres … Un peu plus tard, on découvre dans « l'Armoire de fer » deux pièces, datées des 20 avril et 3 mai 1791, prouvant des relations secrètes entre l'ancien évêque d'Autun et Louis XVI. Ce qui aboutit à ce que Le 6 décembre 1792, la Commune de Paris ordonne l'arrestation du sieur Talleyrand, ci-devant évêque d'Autun.

Talleyrand s'est installé à Kensington Square. Les massacres de septembre annoncent la terreur, il reste à Londres.

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Talleyrand corrige les épreuves du roman Adèle de Sénange, la première oeuvre de Madame de Flahaut. Le 28 janvier 1794, Talleyrand reçoit l'ordre de quitter l'Angleterre.

Le 2 mars 1794, Talleyrand s'embarque pour l'Amérique sur le "William Penn" qui lève l'ancre le 3. La traversée dure 38 jours. Il se fait conduire à Philadelphie.

En Amérique, Talleyrand  Don Juan, grand, blond et blanc incorrigible s’affiche avec une belle noire, au grand scandale de la société de Philadelphie .Il en profite pour faire des affaires.

 

Madame de Staël, lui prête de l’argent , intervient auprès de Barras, et le fait rayer de la liste des émigrés .

Il revient  en 1796  par Hambourg  où il retrouve  Mme de Flahaut qui l'évite : en effet, elle a un soupirant , dont elle compte bien se faire épouser : M. de Souza, ambassadeur du Portugal au Danemark.

Aurore de Bellegarde, une Marianne savoyarde
Aurore de Bellegarde, une Marianne savoyarde

A son retour d’exil, il va chez une vieille amie  la comtesse de Boufflers, pour lui demander de l’aide. Il retrouve les amis et fréquente assiduement le salon des dames de Bellegarde chez qui il trouve la discrétion, l’affection et la détente.

Grâce à Germaine, il noue des relations avec le « directeur » Barras.

Le 16 juillet 1797 il est nommé ministre des relations extérieures du Directoire en remplacement de Charles Delacroix, dont il est l'amant de sa femme ( son fils Eugène ( né le 26 avril 1798) a été soupçonné d’être le fils de Talleyrand …) .

Talleyrand rencontre Bonaparte, revenu vainqueur de la campagne d'Italie, chacun est fasciné par l'autre et chacun a besoin de l'autre... Talleyrand va projeter Bonaparte sur la scène publique.

Avec la réussite du coup d'état du 18 Brumaire, Bonaparte et Talleyrand s'imposent, l'un nommé premier consul, utilisera l'autre dans son dessein de prendre le pouvoir. Charles-Maurice, ébloui par le Premier Consul, le laisse faire et approuve même avec flagornerie des erreurs flagrantes de politique étrangère.

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Le matin du 18 Brumaire ( Nov 1799)  Le coup d'état du 18 brumaire

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*****
Selon les mémoires de la  comtesse de Boigne: « Une anecdote peu connue, c'est que monsieur de Talleyrand eut fort le désir d'épouser madame de Buffon. Sa tante, la vicomtesse de Laval, s'employa vivement à cette négociation, sans pouvoir vaincre sa répugnance à devenir la femme d'un évêque. »

 

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Les femmes dans "La Révolution" -4-

Publié le par Perceval

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Guerrière: guerre de Vendée

Le 17 septembre 1793 marque vraiment un nouveau tournant. La Convention vote la loi des suspects, plongeant les révolutionnaires dans une sorte de paranoïa. On voit des ennemis partout, qu’ils soient aristocrates ou non, on dénonce et arrête à tout va. La Terreur est à l’ordre du jour et met en place officiellement des comités de surveillance chargés de débusquer les « partisans de la tyrannie ». Les membres de la noblesse et plus généralement les monarchistes (même si Louis XVI est mort depuis janvier 1793, il existe bien évidemment des prétendants au trône) tombent alors dans la clandestinité. Néanmoins, la résistance s’organise. Et encore une fois, les femmes, et pas seulement celles de l’aristocratie, vont jouer un rôle essentiel.

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La Veuve et son prêtre, de Jean-Baptiste Greuze

Depuis 1790, des femmes se mobilisent autour des prêtres réfractaires et travaillent à l’organisation de messes clandestines, conformes à la tradition. Elles participent donc très activement à la survivance de la religion d’origine, traditionnelle. Jules Michelet, historien du XIXè siècle, écrira d’ailleurs « Notez bien que sans la femme, le prêtre n’aurait rien pu »

Lors de la « révolte vendéenne », les femmes sont partout. Elles font passer des messages, espionnent, se rendent sur les champs de bataille, comme la célèbre Renée Bordereau. Se vêtant comme un homme, elle combat au sein de l’Armée catholique et royale et connaîtra une vie de véritable guerrière en hargne contre le pouvoir officiel, jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée sous Napoléon, en 1809.

« Les femmes, du moins dans l'état actuel, les enfants, les étrangers, ceux encore qui ne contribueraient en rien à soutenir l'établissement public, ne doivent point influer activement sur la chose publique » (discours de Sieyès à l’Assemblée Nationale, le 21 juillet 1789). Seul le divorce, par la loi du 20 septembre 1792, représente pour elles un semblant d’amélioration de leur statut. Dès 1793, l’anti-féminisme s’accroît avec la Terreur. On voit dans les femmes les partisanes, voire les initiatrices, des idées en contradiction avec la Révolution.

Un bilan mitigé pour les femmes : La Révolution recherche un idéal familial autour d’une égalité entre époux, comme entre frères et sœurs, avant que l’Empire ne rétablisse la primauté du mari-père de famille.

Jean-Baptiste-Mallet--1759-1835--nous-montre-un-mariage-re.jpgJean Baptiste Mallet (1759-1835) nous montre un mariage républicain

La Révolution délivre les jeunes filles de la tutelle paternelle : celles ci sont désormais libres de se marier ou non, et d'épouser qui elles veulent. Les grandes lois de septembre 1792 sur l'état civil et le divorce traitent à égalité les deux époux. La femme mariée est délivrée de la tutelle maritale. La loi dispose par ailleurs que le mariage se dissout par le divorce, soit par simple incompatibilité d'humeur, soit par consentement mutuel.

En 1804, le code Napoléon déclarera l’incapacité juridique totale de la femme et le XIXè siècle sera celui de sa plus grande dépendance.

Sources : Céline B. Agora Vox : http://www.agoravox.fr/auteur/celine-b

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Des femmes dans "La Révolution" -3-

Publié le par Perceval

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Jeanne-Marie Roland de la Platière (Madame Roland coiffée du bonnet girondin)

Madame Roland (Jeanne-Marie PHILIPPON ) (1754-1793)

" En vérité, je suis bien ennuyée d'être une femme. Il me fallait une autre âme ou un autre sexe ou un autre siècle.... Mon esprit et mon coeur trouvent de toute part les entraves de l'opinion, les fers des préjugés...O Liberté ! idole des âmes fortes, aliment des vertus, Tu n'es pour moi, qu'un nom !"

Elle tient un salon fréquenté par les révolutionnaires, et plus particulièrement par les girondins, et joue un rôle politique important avant d'être jugée et condamnée par un tribunal révolutionnaire. Elle est guillotinée le 8 novembre 1793 à Paris.

 

Lucile Desmoulins, femme de Camille, âgée de 20 ans, décrit son état d’esprit dans son journal intime : « 24 juin 1788. Que les mois, les jours me paraissent longs, quel triste sort que celui de la femme, combien a-t-on à souffrir ! » Elle exprime sa colère dans son petit cahier rouge; après la fuite de Varennes, elle s'en prendt, entre autres, violemment à Marie-Antoinette.

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Charlotte Corday (1768-1793), elle est l'arrière-petite-fille de Corneille. Elle se passionne pour la révolution et soutient les Girondins. Jean-Paul MARAT, à la suite de la trahison du ministre  girondin Dumouriez, arrête les partisans de la Gironde. Charlotte, le 13 juillet 1793, obtient une entrevue avec MARAT. Le jugeant responsable du malheur de ses amis, elle le poignarde dans son bain. Elle déclare  à ses juges: " J'ai tué un homme pour en sauver 100 000 ". Elle est guillotinée le 17 juillet 1793.

 

 

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Marie Olympe de Gouges

Olympe de Gouges (1748-1793) Mariée à 16 ans et aussitôt veuve, mène un combat pour l'égalité des sexes. Elle essaie de définir un nouveau statut de la femme dans la société en écrivant un projet de Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l'image de la Déclaration des droits de l'homme et du Citoyen.

Article 1er:
La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droit !

En fait, ce qui gêne chez Olympe de Gouges n’est pas tellement cette publication qui tombe dès le début dans l’oubli, mais son comportement jugé scandaleux et son parti pris politique dans une période troublée. En effet, originaire de Montauban, elle s’installe à Paris à la mort de son mari. Elle est victime d’une réputation de femme légère car indépendante et auteure de pièces de théâtre, dont la fameuse Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage, où elle prend déjà la défense de laissés pour compte : celle des esclaves noirs.

Elle est arrêtée par les jacobins le 20 juillet 1793 pour avoir voulu être un " Homme d'Etat "  A ses juges, elle déclare : « Les femmes ont le droit de monter à l'échafaud; elle doivent avoir celui de monter à la tribune " Elle monte à l'échafaud le 3 novembre 1793.



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Théroigne de Méricourt

Théroigne de Méricourt est originaire de la principauté de Liège et d’une famille de paysans aisée. Révolutionnaire engagée dès 1789 comme beaucoup d’autres femmes, elle crée à Paris avec Charles-Gilbert Romme le club « Les Amis de la Loi » en janvier 1790, dans la mouvance du club des Cordeliers auquel on lui refuse l’accès. Ce club sera très éphémère puisqu’il fermera deux mois plus tard.

Soupçonnée de tentative d’assassinat contre Marie-Antoinette, elle est arrêtée le 16 février 1791 à Liège par le pouvoir autrichien. Internée dans le Tyrol, elle est libérée par l’empereur et se retrouve à Paris début 1792. Dès lors, elle s’affirme fermement républicaine. Le 25 mars 1792, elle s’adresse aux femmes du faubourg Saint-Antoine et tente de les inciter de prendre les armes, telles des amazones. Son discours y est très féministe : elle déclare que les femmes sont tout aussi capables que les hommes à porter fusils et sabres et qu’il est temps qu’elles s’affranchissent de leur asservissement :

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Club des femmes patriotes dans une eglise: Cherieux 1793

« Armons-nous ; nous en avons le droits par la nature même de la loi ; montrons aux hommes que nous ne leur sommes inférieures ni en vertus, ni en courage (...)
Il est temps enfin que les Femmes sortent de leur honteuse nullité, ou l'ignorance, l'orgueil, et l'injustice des hommes nous tiennent asservies depuis si longtemps [...] 
Citoyennes, pourquoi n'entrerions-nous pas en concurrence avec les hommes ? Prétendent-ils seuls avoir des droits à la gloire ; non, non.... "

Elle se vêt toujours en amazone, de son propre aveu : " pour avoir l'air d'un homme et fuir ainsi l'humiliation d'être une femme »

Néanmoins, ses paroles resteront sans écho chez les femmes .... Par ailleurs, elle est de plus en plus décrédibilisée par ses détracteurs, pour lesquels le sexe féminin doit rester à sa place, c'est-à-dire à la maison, et non pas prendre position publiquement. Tout comme Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt ne craint pas, en effet, de prendre la parole et d’exprimer ses opinions politiques et féministes.

En mai 1793, accusée d’être girondine, elle est « fessée » par des femmes jacobines à l’Assemblée Nationale. Cet acte dégradant signe son arrêt de mort politique et le début de sa déchéance. Au printemps 1794, le deuxième frère de Théroigne, devenu blanchisseur à Paris, demande la mise en tutelle de sa sœur pour cause de folie. Cette « incarcération » lui permet d’échapper à la guillotine mais pas aux 23 années au cours desquelles elle restera enfermée jusqu’à sa mort, en 1817.

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Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), est un philosophe et mathématicien français, représentant des Lumières. Il est célèbre pour ses travaux pionniers sur la statistique et les probabilités, son analyse des différents modes de scrutin possibles et du « paradoxe de Condorcet », et son action politique, tant avant la Révolution que sous celle-ci. Siégeant parmi les Girondins, il propose ainsi des réformes du système éducatif ainsi que pénal. La Convention nationale ordonne son arrestation en 1793, et on le trouve mort dans sa cellule peu après son incarcération. Après avoir épousé en 1786 le philosophe Nicolas de Condorcet, de vingt ans son aîné, Sophie de Grouchy a tenu, à l’Hôtel des Monnaies, un salon philosophique fréquenté par de nombreux Philosophes des Lumières. Il n’est pas déraisonnable de supposer qu'elle a joué quelque rôle dans le féminisme de son mari, auteur du célèbre opuscule Sur l’admission des femmes au droit de cité (3 juillet 1790). À la suite de la mise en accusation par les Jacobins puis de la mort de son mari en 1794, Sophie connaît des jours difficiles, devant tenir une boutique pour pouvoir survivre. Ayant récupéré une partie de ses biens vers 1799, elle peut renouer avec ses activités littéraires, publiant les œuvres de son mari et rouvrant son salon littéraire qui deviendra un foyer d’opposition à l’Empire.

Le mouvement des femmes à la révolution trouve son avocat dès 1787: Le Marquis de CONDORCET. «  Je crois que la loi ne devrait exclure les femmes d'aucune place.... Songez qu'il s'agit des droits de la moitié du genre humain ". Le droit de vote ne sera accordé qu'en 1944 !

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Les femmes dans "La Révolution" -2-

Publié le par Perceval

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Pendant la Révolution, les femmes ( du peuple) participent à tous les grands événements, elles arborent la cocarde tricolore...

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Club de femmes

En 1790, par exemple, l’abbé Fauchet fonde ce qu’il va appeler un « Cercle Social » où la majorité des membres est féminine ; en 1791, il parraine la création d’un club totalement composé de femmes, puisqu’il porte le nom de « Club fédératif des citoyennes patriotes ». De nombreuses sociétés mixtes ou exclusivement féminines voient le jour, et pas seulement à Paris puisque le concept se développe dans toutes les grandes villes de France. Ces sociétés, nous allons le voir, vont se radicaliser à l’aube de la Terreur, dès 1793.

 

 

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Les femmes de Paris entraînèrent tout un cortège à Versailles le 5 octobre 1789 et ramenèrent la famille royale à Paris au palais des Tuileries. Cette action exclusivement féminine montre que les femmes n'étaient pas totalement mises à l'écart de la Révolution française. LES TRICOTEUSES :
Les femmes assistaient , pendant la révolution, aux séances des assemblées populaires. Certaines tricotaient afin de gagner leur pain tout en écoutant les débats. Exclues du suffrages, elles huaient et interpellaient les orateurs.

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Après le tournant de la fuite de la famille royale ( 21 juin 1791) , tournant de cette période révolutionnaire ; les « sans-culottes » revendiquent le droit aux armes. « Le 6 mars 1792, Pauline Léon, à la tête d’un groupe appelé « les Républicaines révolutionnaires », dépose à l’Assemblée Législative une pétition signée par 300 femmes et réclamant le « droit qu’a tout individu de pourvoir à la défense de sa vie et de sa liberté ». En somme, elle demande le droit à posséder des armes et à s’entraîner au tir. »

Le 20 avril 1792, l’Assemblée Législative déclare la guerre à l’Autriche. Des femmes s’enrôlent et partent au front, quitte à se vêtir comme un homme. Et, le décret d’avril 1793 interdit leur participation sur les champs de bataille.

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Claire Lacombe

 

 

Lorsque le 18 novembre 1793, Claire Lacombe pénétra au Conseil Général de la Commune de Paris à la tête d'une cohorte de femmes en bonnet rouge, le Procureur Général Chaumette leur en interdit l'accès par un discours misogyne.

Par la suite, la Convention décréta l'interdiction de tous les clubs et sociétés de femmes. Celles ci n'auront bientôt même plus le droit d'assister aux réunions politiques.




Sources : Céline B. Agora Vox : http://www.agoravox.fr/auteur/celine-b





 

 

 

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Talleyrand et les femmes -1-

Publié le par Perceval

Charles-Maurice-de-Talleyrand-Perigord--Prince-de-Beneven.jpgCharles Maurice de Talleyrand Périgord naît le 2 février 1754 ( règne de Louis XV). A la révolution (1789), il a 35ans. Boiteux, par un 'pied-bot' droit, il a du abandonner son droit d’aîné d'embrasser la carrière des armes. Il souffre d'être délaissé de ses parents, et ne goûte le bonheur d'aimer qu'auprès de sa grand-mère, la princesse de Chalais, née Marie Françoise de Rochechouart Mortemart...

Après un an de séjour auprès de son oncle, évêque de Reims, il se laisse persuader d’embrasser la carrière ecclésiastique.

Sans vocation, il se laisse ordonner sous-diacre  en 1775, il entre  à la Sorbonne pour poursuivre ses études... Le jeune séminariste  a néanmoins  des aventures amoureuses, la plus connue et  dont il parle dans ses mémoires est : Dorothée Luzy ,

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Mademoiselle Luzy, de la Comédie-Française

une actrice de la comédie française, avec qui il se promène sous les fenêtres du séminaire.

« Plusieurs fois  j’avais remarqué dans une des chapelles de St Sulpice une jeune et  belle personne dont l’air simple et modeste me plaisait extrêmement…. Je devins plus exact aux grands offices. » (Mémoires)

Cette relation dure « pendant deux années, de dix-huit à vingt ans." (...)  "Ses parents l'avaient fait entrer malgré elle à la comédie ; j'étais malgré moi au séminaire. […] Grâce à elle, je devins, même pour le séminaire, plus aimable, ou du moins plus supportable. Les supérieurs avaient bien dû avoir quelque soupçon […] mais l'abbé Couturier leur avait enseigné l'art de fermer les yeux. »

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Le 11 juin  1775 il assiste au sacre de Louis XVI.  il dit « C’est du sacre de Louis XVI que datent mes liaisons avec plusieurs femmes que leurs avantages, dans des genres différents  rendaient remarquables et dont l’amitié n’a pas cessé un moment de jeter du charme sur ma vie. ». Il cite leurs noms : la duchesse de Luynes, la duchesse de Fitz-James et la vicomtesse de Laval. Ces trois dames étaient renommées pour leur bel esprit et pour leurs aventures amoureuses, surtout la dernière.

 

 

 

 

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La duchesse de Luynes La duchesse de Fitz-James La vicomtesse de Laval

 

Ce temps du XVIIIème est aux salons, à la galanterie et aux mariages de convenance, qui laissent libre... Avide de plaisir et de conquêtes, il veut avant tout « réussir ».

- En 1780,  il a 26 ans, il est agent général du clergé, fonction importante qui équivaut  à gérer les finances de  l’église et qui devrait lui amener rapidement la fonction d’évêque mais sa conduite débauchée fait retarder sa nomination.

- En 1784 sa maîtresse, la comtesse de Brionne demande pour lui le chapeau de cardinal: refus à cause de sa conduite scandaleuse.

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Adelai de Souza ( la comtesse de Flahaut )

- Dès 1782, il rencontre la comtesse de Flahaut (1761-1836). Elle est une jeune femme raffinée mariée à 18 ans un vieux barbon de 53 ans,  elle  lui donne un fils, Charles  en avril 1785(la paternité de Talleyrand est généralement admise) . Elle tenait un salon très fréquenté .

Ils vivent tous deux quasiment maritalement. Elle dit en latin de lui qu’il agissait  "Suaviter in modo, sed non fortiter in re"( Doux dans la manière, mais pas fort dans l'acte) , ce qui voulait dire en clair que ce n’était pas un amant exceptionnel . Mais peut être voulait-elle se venger de ses infidélités ? Ce fut une liaison qui dura 10 ans, car ils avaient de nombreux traits communs. Tous les deux épicuriens, avides de plaisirs, ils s’entendaient à merveille. En 1789 , il est moins assidu, il a rencontré Mme de Stael.  Ils se fréquentent encore à Londres en exil en 1792 .Pour survivre,  elle publie un roman, « Adèle de Sénange » dont Talleyrand corrige les épreuves et rentre en France en 1797 aidée par Talleyrand, devenu  ministre des affaire extérieures. Plus tard elle épousera M de Souza en 1802.

 

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La comtesse de Flahaut avec son fils, par L.E. Vigée Lebrun
« Parmi les femmes les plus distinguées que j'ai connues avant la révolution, je ne dois pas oublier l'auteur d'Adèle de Sénanges, d'Eugène de Rothesin, et de plusieurs autres ouvrages charmans, que tout le monde a lus pour le moins une fois. Madame de Flahaut, aujourd'hui madame de Souza, n'écrivait point encore quand j'ai fait connaissance avec elle. Son fils, qui est maintenant pair de France, était alors un enfant de trois ou quatre ans. Elle-même était fort jeune. Elle avait une jolie taille, un visage charmant, les yeux les plus spirituels du monde, et tant d'amabilité qu'un de mes plaisirs était d'aller passer la soirée chez elle, où le plus souvent je la trouvais seule. À mon retour en France j'avais un grand désir de revoir madame de Flahaut. Une multitude d'affaires, d'occupations diverses, m'en ont empêchée pendant si long-temps, que je n'ai plus osé me présenter chez elle. Si le hasard fait qu'elle lise ces lignes, elle saura du moins que je suis loin de l'avoir oubliée. » Souvenirs de madame Louise-Elisabeth Vigée Lebrun.
*****

 

Talleyrand était un collectionneur de femmes, ils ne rompait jamais... Boiteux, il était grand, et blond, le visage agréable. Elles le trouvait beau, nonchalant et plein de charme. Épicurien sage et raffiné, il fut par exemple, l’amant successivement de la comtesse de Lorraine Brionne, née Louise de Montmorency, puis de ses deux filles Anne Charlotte et Marie Josèphe  et de sa belle fille Louise de Vaudémont (1763-1833) qui fut toujours une fidèle amie.

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Louis leopold Boilly (1761-1845)

Le vieux mari jaloux

Louis leopold Boilly (1761-1845)

La visite

Sa promotion comme évêque tarde, il veut la mitre, son père intervient auprès de Louis XVI et enfin, le 2 novembre 1788, voici notre abbé nommé évêque d’Autun. Le bénéfice de l’évêché est assez  restreint, il demeure  2 mois à Autun et n’y a pas laissé un souvenir impérissable !

Il se hâte de retourner à Paris, nommé le 2 avril 1789 député du clergé, il siège aux états généraux.

C’est une époque  heureuse  où il profite de la vie avec frénésie.

 

Talleyrand a dit : " la vérité, c’est que la Révolution qui se fait aujourd’hui en France  est indispensable " mais a dit aussi : "celui qui n’ a pas connu les années d’avant 1789 ne sait pas ce que c’est que la douceur de vivre"

      A suivre ...

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