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Rencontre de la "beauté-féminité"

Publié le par Perceval

Illustration de cette rencontre: Il faut " contempler " Maggie Cheung , dans In the mood for love ...

"Une ville rétrécie à une rue, un escalier, un couloir, une chambre. Des mots et des gestes qui se heurtent et se répètent, comme des vers inextricables ou des refrains familiers.

 

A deux, les versatiles Tony Leung Chiu-wai et Maggie Cheung interprètent tous les rôles, les amants fautifs et les amants éplorés, le chevalier servant, la confidente chaste, le Don Juan irrésistible et la maîtresse en peine.

 

Ses robes spectaculaires semblent cousues à même la peau, ce sont elles qui lui dictent sa démarche souveraine, elles qui la subliment et l’emprisonnent jusqu’au cou. Dans In the Mood for Love, une fleur ne peut pas flétrir.

 

Insaisissable, hors de la réalité, Su Li-zhen refuse de se laisser cueillir.

 

Le poids des apparences et le désir d’absolu sont autant d’obstacles à un amour irrésolu et tacite.

 

La proximité étouffe et bâillonne, les deux silhouettes forment une symétrie trop parfaite pour s’embrasser. Maggie Cheung et Tony Leung ne quittent ni leurs cols ni leurs cravates. Les regards se touchent, mais les mots ne sortent pas, les mains s'effleurent mais les poings se referment. Seul un secret enfoui dans un sanctuaire rappelle l'exquise beauté d'un amour qui ne se dit pas."
 

Dans ce film, la Femme  n'est pas  ' l'objet ' insaisissable, l'homme se situe en miroir, aucun des deux ne s'impose à l'autre. 


Il est amusant de savoir que Chow Mo-wan souhaite écrire un roman de chevalerie, genre littéraire dont Li-zhen est très friande. ...
 

 

 

*******

 

 

********

Avec « In the mood for love », le film de 'Wong Kar-wai' reprend une quête inlassablement répétée en art, et encore une fois cette quête reste inachevée et semble nous emplir d'une souffrance en suspend.


Pour l'homme ( je ne peux pas parler pour la femme... !), la recherche et la rencontre de la Féminité peut susciter dans son âme, un désir d'apprentissage d'une ' Voie ', qui donnerait sens et justifierait, cette souffrance que diverses autres expériences mettent en valeur.

La plupart du temps, l'humain reste fixé à cette expérience, voire se complait à vivre de sa nostalgie...


Maggie Cheung et Tony Leung évoquent les figures sublimes et langoureuses de l'amour courtois.

Nous sommes dans un roman de chevalerie médiéval, où la dame et le chevalier ont le devoir de rester en marge de la réalité, afin d'inciter chacun à la bravoure, à la conquête perpétuelle.

 

J'ai repris ici, un article que j'avais publié dans un autre de mes blogs: Perceval ...

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Delphine ( Gay) de Girardin (1804-1855) -3-

Publié le par Perceval

Ceci est le troisième article au sujet de Sohie Gay et Delphine Gay ...

Hommes-d-aujourd-hui-girardin-1806-1881.jpg

Emile de Girardin (1806 - 1881), précurseur du journalisme moderne

Émile de Girardin fonde La Presse :
« Journal quotidien, politique, littéraire, agricole, industriel et commercial. »

Le premier numéro sort en kiosque le 16 juin 1836.

C’est le premier journal bon marché en France, Émile de Girardin ayant fait appel à des annonceurs divisant par deux le prix de l’abonnement.

Le quotidien innova également en publiant des romans feuilleton et en collaborant avec, entre autres, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Balzac….

Le quotidien innova également en publiant des romans feuilleton et en collaborant avec, entre autres, Victor HugoAlexandre DumasBalzac….

Le succès fut immédiat !


Le 1er juin 1831, Delphine Gay épouse Emile de Girardin (1806-1882), journaliste, fondateur de La Presse et député de Bourganeuf (Creuse). Dès lors son salon éclipse celui de sa mère. En tête de liste des habitués, figurent Victor Hugo, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Frédéric Soulié, la duchesse d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Louis Ganderax, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas (père), George Sand, Fortunée Hamelin.

Son mariage lui ouvre de nouveaux horizons littéraires.

Ensemble ils conquièrent la Société par l’entremise des journaux pour « l’ambition personnelle et l’utopie sociale ». A cette époque E. De Girardin a fondé «  Le voleur »,1828, et «La Mode »,1829. Tous les jeunes talents y écrivent  des articles: Dumas, Karr, Sue, Balzac, G. Sand … Il crée ensuite le « Journal » et l’ «Almanach de France ». Elle contribue au succès du journal « La Presse » lancé par son mari, elle y écrit ses « Lettres Parisiennes » signées Vicomte de Launay. parues de 1836 à 1847 en feuilleton.

Le Vicomte raconte l’érection de l’obélisque place de la Concorde, tient les lectrices au courant des tendances de la mode, chapeaux, manches bouffantes ou ajustées, dentelles, plis, volants. Va écouter l’Opéra, applaudir Rachel au théâtre français, frissonne à la Porte Saint Martin, rit aux Variétés. Contemple le défilé de Longchamp, mange des glaces chez Tortoni, assiste aux séances de l’Académie française. Visite le salon de peinture, les expositions de produits de l’industrie. Détaille les toilettes dans les bals. Delphine de Girardin exprime ainsi son sens comique.

Ces chroniques ont été rassemblées dans un seul ouvrage intitulé Lettres parisiennes l'année 1843.

delphine-de-girardin.jpgAmie de Balzac, admirant sincèrement son oeuvre, elle lui consacra en 1836 un petit livre flatteur : la Canne de Monsieur de Balzac.

 

Delphine Gay est aussi connue pour son salon au 41 rue Laffite, à Paris puis dans l’Hôtel  Marbeuf  sur Les Champs Elysées. Elle reçoit ses intimes tous les soirs mais sa soirée de réception où l’on fait de la poésie et de la musique  se tient le mercredi. Elle ne supporte la médiocrité, il faut se distinguer par la naissance, ou posséder un talent réel. Elle convie Gautier notamment, en lui disant que le but de la soirée est de prendre des glaces et de dessiner des girafes. Après l’Opéra ou avant d’aller dans le monde, entre onze heures et minuit viennent Lamartine, Hugo, Balzac, Musset… salon_litteraire-parisien-1850.gifMais aussi des politiques tel le ministre Guizot, le préfet de police Delessert, un homéopathe à la mode, le docteur Cabarrus. Le couple De Girardin réunit charme, talent, pouvoir, influence, intelligence et humour. La caricature ci-dessous montre Balzac à gauche et Hugo à droite à l'une de ces réceptions.

 

Cette même année, et forte de son influence, elle n’hésite pas à critiquer le résultat de l’élection à l’Académie, refusée au candidat Victor Hugo : « Si l’on pesait les voix, Hugo serait élu ; malheureusement on les compte. » 
Après l’exil du poète, elle poursuit une correspondance, très hostile à Bonaparte le Petit, qu’elle appelle Boustrapa. Elle écrit à Hugo le 6 avril 1853 : " Vous vous rappelez cette belle Eugénie, que vous avez vue chez moi et avec laquelle vous parliez espagnol si facilement. La voilà l’épouse de Boustrapa… C’est une femme charmante et qui mérite mieux. Une chose m’étonne : c’est que, quand elle a dit oui, elle avait lu votre livre [Napoléon le Petit] en cachette, avec mille précautions, mais enfin elle l’avait lu. Moi, cette lecture m’aurait un peu refroidie… " .
Le 6 septembre 1853, elle arrive à Jersey et entreprend le 11 septembre d’initier ses hôtes au spiritisme. Elle a pratiqué à Paris cette démarche qui consiste à évoquer les morts et à les faire parler, grâce a des " médiums ".. Mme de Girardin repart le 14, mais Hugo restera très influencé par cette forme de spiritisme …

Delphine meurt des suites d’un cancer, le 29 juin 1855.

 

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Ses poésies sont désormais inspirées par la politique : l'Epître à la Chambre, la Diatribe contre le général Cavaignac. On lui doit des romans : le Lorgnon (1831), le Marquis de Pontanges (1835), Contes d'une vieille fille à ses neveux (1832), Marguerite (1853), Il ne faut pas jouer avec la douleur (1855), la Croix de Berny (1846), en collaboration avec Méry, J.Sandeau et Théophile Gautier ; et des oeuvres dramatiques : l'Ecole des journalistes (1840), Judith (1843), Cléopâtre (1847), C'est la faute du mari (1851), Lady Tartufe (1853), La joie fait peur(1854), le Chapeau d'un horloger (1855).

Delphine de Girardin a écrit de nombreux romans et drames sous divers pseudonymes: Charles de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel.

Delphine de Girardin n'est pas seulement connue par ses oeuvres poétiques et ses chroniques. Elle tient aussi son renom de ses oeuvres de fiction telles que le Marquis de Pontanges, Contes d'une vieille fille à ses neveux, la Canne de Monsieur de Balzacet il ne faut pas jouer avec la douleur.
Elle s'est aussi exercée en drames et en comédie avec ses célèbres oeuvres dontl'école des journalistes, Cléopâtre, La joie fait peur, C'est la faut du mari et  la femme qui déteste son mari.

 

SOURCES : Wikipédia, LA VIE ELEGANTE par Anne MARTIN-FUGIER, Editions FAYARD, site sur Victot-Hugo ...etc

 

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PROUST: Melle de Stermania

Publié le par Perceval

 

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Joaquim Sorolla (1863-1923) Clotilde en el jardín  1919-20

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Fille d’un hoberau appartenant à une vieille famille bretonne. Le narrateur voit pour la première fois Mlle de Stermaria au restaurant du Grand-hôtel de Balbec alors qu’elle vient y déjeuner avec son père. Il est vivement impressionné par sa grâce et se beauté (1).


 (1)

La « race » en ajoutant aux charmes de Mlle de Stermaria l’idée de leur cause les rendait plus intelligibles, plus complets. Elle les faisait aussi plus désirables, annonçant qu’ils étaient peu accessibles, comme un prix élevé ajoute à la valeur d’un objet qui nous a plu. Et la tige héréditaire donnait à ce teint composé de sucs choisis la saveur d’un fruit exotique ou d’un cru célèbre. (JF 684).

Le souvenir de la jeune femme restera gravé dans son esprit. Plus tard, à Paris, le narrateur apprend par son ami Robert de Saint-Loup que madame de Stermaria (elle s’est mariée puis a divorcé depuis) sera de passage à Paris. Il s’enflamme à nouveau au souvenir de la jeune fille qu’il a connue à Balbec et lui envoie aussitôt une invitation à dîner (2)

Joaquim-Sorolla--1863-1923--3.jpg

(2)

Françoise m’apporta une lettre qui me remplit de joie, car elle était de Mme de Stermaria, laquelle acceptait à dîner. De Mme de Stermaria, c’est-à-dire, pour moi, plus que de la Mme de Stermaria réelle, de celle à qui j’avais pensé toute la journée avant l’arrivée d’Albertine. C’est la terrible tromperie de l’amour qu’il commence par nous faire jouer avec une femme non du monde extérieur, mais avec une poupée intérieure à notre cerveau, la seule d’ailleurs que nous ayons toujours à notre disposition, la seule que nous posséderons, que l’arbitraire du souvenir, presque aussi absolu que celui de l’imagination, peut avoir fait aussi différente de la femme réelle que du Balbec réel avait été pour moi le Balbec rêvé; création factice à laquelle peu à peu, pour notre souffrance, nous forcerons la femme réelle à ressembler. (Guer 370).

*****

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Dans l’attente de ce rendez-vous il va passer par des périodes d’euphorie puis de doute (3)

(3)

Ce qu’il me fallait, c’était posséder Mme de Stermaria, car depuis plusieurs jours, avec une activité incessante, mes désirs avaient préparé ce plaisir-là, dans mon imagination, et ce plaisir seul, un autre (le plaisir avec une autre) n’eût pas, lui, été prêt, le plaisir n’étant que la réalisation d’une envie préalable et qui n’est pas toujours la même, qui change selon les mille combinaisons de la rêverie, les hasards du souvenir, l’état du tempérament, l’ordre de disponibilité des désirs dont les derniers exaucés se reposent jusqu’à ce qu’ait été un peu oubliée la déception de l’accomplissement… (Guer 383).

*****

Finalement, au tout dernier moment, Mme de Stermaria annule le rendez-vous (4). Le narrateur pensera souvent à elle et à ce rendez-vous manqué mais il ne la reverra plus jamais.

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(4)

Sur la carte : Vicomtesse Alix de Stermaria, mon invitée avait écrit : « Je suis désolée, un contretemps m’empêche de dîner ce soir avec vous à l’île du Bois. Je m’en faisais une fête. Je vous écrirai plus longuement de Stermaria. Regrets. Amitiés. » Je restai immobile, étourdi par le choc que j’avais reçu. A mes pieds étaient tombées la carte et l’enveloppe, comme la bourre d’une arme à feu quand le coup est parti. Je les ramassai, j’analysai cette phrase.  (Guer 391).

 

 

Les illustartions reprennent des peintures de Joaquin Sorolla, peintre espagnol (1863-1923), maître du naturalisme.
Ce qui frappe dans chacune de ses créations, c'est la lumière. Chaque oeuvre est un hymne au soleil, à la vie...

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Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII

Publié le par Perceval

Etienne Chevalier, conseiller du roi et bienfaiteur de sa ville natale, a connu une ascension fulgurante au sein de la cour de Charles VII. Il reconstitue le trésor royal après la Guerre de Cent ans., et devient Grand Trésorier de France en 1452. Il est l'amant d'Agnès Sorel (1421-1450), elle-même favorite officielle de Charles VII, roi de France (1422-1461). En 1452, deux ans après la mort d’Agnès Sorel, Chevalier commande le « diptyque de Melun » pour l'église de sa ville natale. Il est Exécuteur testamentaire d’Agnès Sorel en 1450, et sera chargé des mêmes fonctions à la mort du roi Charles VII en juillet 1461.

Jean-Fouquet---Etienne-Chevalier-et-San-Esteban--Diptyque-.jpg La-Vierge-entouree-d-Anges--Jean-Fouquet.jpg
De Jean Fouquet:  Étienne Chevalier et Saint Etienne (Diptyque de Melun, h.1452), Staatliche Museen, Berlin La Vierge entourée d'Anges, Jean Fouquet

*****

Ce tableau est étonnant. A cette époque les usages sont à représenter des scènes de la vie du Christ, des saints, ou de brosser les portraits des grands de ce monde. Néanmoins, Agnès Sorel, reine officieuse, est représentée telle une icône à vénérer, sous l'identité de la Vierge Marie, et de plus scandaleusement dénudée pour les conventions de l'époque... ! Seuls, le regard baissé, signe d'humilité, respecte le sens religieux du tableau...

Ce sein audacieux a beau susciter la réprobation du clergé, il reste exposé à notre Dame de Melun jusqu’en 1493. Il est aujourd'hui au musée des Beaux-Arts d’Anvers.

De Jean Fouquet ( ), ce tableau ne devrait être qu'une Vierge à l'enfant. Elle a quelque chose de l’icône byzantine, elle ressemble à une statue avec des étoffes de pierre de l'âge gothique avec des formes et des tons simples.

La femme a le teint pâle et le front haut, le nez joli droit et pointu, la bouche menue, le menton délicat creusé d'une fossette, des yeux en amande baissés vers l'enfant.

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Portrait d’Agnès Sorel – peinture du 16ème siècle, château de Loches, Indre-et-Loire

Agnès Sorel, fait la mode à la cour : sourcils et cheveux toujours soigneusement épilés afin de dégager très haut un front d’un bombé parfait, hennins énormes surmontant son beau visage ovoïde, robes suivies de trames qu’elle veut plus longues que toutes les princesses environnantes, décolletés vertigineux attirant tous les regards.

Un jour, l’archevêque de Reims s’était voilé la face en la croisant la gorge nue. Il s’était plaint ensuite auprès de Charles VII des ouvertures permettant de voir les seins des femmes... !

Charles VII est plutôt chétif, mélancolique, assez renfermé sur lui-même. Cet homme peu engageant va se transformer au contact d'Agnès Sorel. Elle va le détendre et lui donner 3 filles...

Devenue le premier personnage féminin de la cour, la "Dame de Beauté", du nom du fief de la Beauté-sur-Marne qu'elle a reçue, a besoin de beaucoup de moyens, elles se lie avec Jacques Cœur. Ses intrigues, l'opposent au parti du Dauphin, le futur Louis XI : l'histoire veut qu'il soit « exilé », après avoir poursuivi la belle l'épée à la main jusque dans la couche paternelle... Il est curieux de savoir, que Agnès Sorel outrepasse l’interdiction depuis Saint-Louis de porter des diamants (symbole de force et de puissance guerrière et amoureuse à l’époque). Le premier diamant taillé au monde lui fut offert, en 1444, par le roi.

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Tombeau d'Agnès Sorel (Collégiale de Saint-Ours, Loches) Détail du tombeau d'Agnès Sorel (Collégiale de Saint-Ours, Loches)


Elle décède des suites d'un empoisonnement au mercure, ingurgité pour se débarrasser des vers qui lui ravageaient les entrailles, son médecin qui était également l'un des heureux bénéficiaires de son testament fut fortement soupçonné d'avoir été par trop négligent dans ses dosages. Mais les autres commanditaires potentiels ne manquent pas : le Dauphin, Jaques Coeur, ou encore Antoinette de Maignelais, sa cousine qui la remplace rapidement dans la faveur royale.

Sa fin est édifiante, elle fait de larges donations à l'Église, et Charles VII fait faire deux fort belles sculptures funéraires.

 

agnes-Sorel-DETAIL.jpgPour en revenir au tableau, Marie, ou plutôt Agnès ( point de blasphème .. ! ), au corps idéalement proportionné « ne cache rien de ses attraits, tel ce sein dardé surgissant comme un fruit vivant dédié non à l’Enfant Dieu mais au regard désirant de l’homme. Il continue, ce sein, le mouvement contradictoire que cette femme, creusant son dos, imprime à sa poitrine et à son ventre qu’elle semble pousser vers nous alors qu’elle « retient » son visage, légèrement penché, saisi de trois quart et dont le regard chaste est religieusement baissé. Comme si elle réfutait, tout en l’attisant, le trouble que son corps inspire. » ( sources : Med Médiène ).

 

Ainsi, quelle puissance dans l'Art, pour avec de la matière humaine faire d'une maîtresse une reine du ciel... !

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Yaroslav Kurbanov

Publié le par Perceval

Yaroslav Kurbanovest né à Makhatchkala, au Daghestan en 1968. Il est diplômé du Collège d'Art Jamal Daghestan . Il a travaillé autour des costumes et des décors au Théâtre de Saint-Pétersbourg...

L'art de la Renaissance a une grande influence sur Kurbanov, en particulier le travail de Botticelli et Léonard de Vinci. Il a également passé des heures à copier les maîtres flamands à Saint-Pétersbourg, au musée de l'Ermitage Musée. 


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Kurbanov est connu pour ses peintures  figuratives. Ses formes sont simplifiées et sensuelles, il met l'accent sur ​​les lignes sinueuses et l'aspect lisse de la peau . Il en ressort un état d'esprit calme et introspectif. Les sujets féminins de Kurbanov apparaissent souvent proche du spectateur, ils remplissent le plan de l'image. Lorsque la composition est coupée , une perspective intéressante est créé et la figure semble faire partie de l'espace du spectateur. Les sujets sont contemporains, et de la mise en scène émane un sens du drame, ou du questionnement.

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Delphine Gay -2-

Publié le par Perceval

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Albert Besnard, figurant la première représentation du drame Hernani

Ce 25 février 1830, à la Comédie-Française, le jour de la Première d’Hernani, quand radieuse, dans une robe blanche, une écharpe bleue de la couleur de ses yeux jetée sur ses épaules, Delphine Gay entre dans loge et se penche pour regarder la salle : sa beauté suspend un instant le tumulte de la salle et lui vaut une salve d’applaudissements.

Sa carrière fut conduite par sa mère, figure assez connue dans la société littéraire. Elle permet à sa fille adolescente, de par sa beauté et ses dons poétiques, de publier et de rencontrer une véritable gloire qui lui valut le surnom de « Muse de la patrie »

Elle fait la connaissance - dans le salon de sa mère Sophie Gay - de l'élite du début du XIXème siècle. Elle fut l'amie d'enfance du futur Napoléon III.

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Delphine Gay par Louis Hersent

En 1822, Alfred de Vigny tombe amoureux d'elle.

Victor Hugo la rencontre en 1823 chez Charles Nodier, elle fait partie ensuite du groupe de la revue : La muse française.

Lors d’ une visite en Italie en 1827, elle est accueillie avec enthousiasme par le monde littéraire romain. Elle obtient même un couronnement au Capitole.

 


Oeuvres de 1822 à1833 ( natureculture.org ):

En 1822, elle obtient un prix académique pour un petit poème intitulé : les Soeurs de sainte Camille ; elle publie alors des meilleurs morceaux poétiques : Madeleine, Ourika (1824), le Bonheur d'être belle (1825), le Sacre de Charles X qui lui vaut une pension ; la Mort de Napoléon, la Mort du général Foy, qui lui attribuent les sympathies des libéraux.

Ces premiers vers, qu'on trouve réunis dans Essais poétiques (1824) et Nouveaux essais poétiques (Canel, 1825), se font remarquer par une élégance brillante et classique. Au retour d’Italie, Elle compose de nouvelles poésies élégiatiques : le Retour, Palerme, le Dernier jour de Pompéi, et surtout Napoline (1833), qui dénote l'influence de Musset.

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Fait divers à la présidence...

Publié le par Perceval

Le 16 février 1899 après un conseil des ministres orageux... Le président de la république, Félix Faure, reçoit, au sujet de l'affaire Dreyfus, le capitaine du Prince Albert de Monaco et le cardinal Richard. Le Président, 58 ans, encore bel homme, est pressé d’écourter les entretiens....Felix-Faure-mort.jpg

Marguerite attend au salon bleu. Sitôt les fâcheux dans la cour, un grand verre d’aphrodisiaque à base de quinquina et, hop !

Des cris traversent les portes capitonnées. La dame mérite bien sa réputation. Oui mais le silence se fait et incongru, il persiste. Le chef de cabinet, s'inquiète et ose ouvrir la porte. Il tombe sur le président couché au sol, en flanelle, les mains crispées dans la chevelure de sa maîtresse nue. La dame y laisse quelques mèches et un corset que le chef de cabinet, selon la légende, conservera en souvenir. Exit la dame.
On réveille Madame Faure qui dort tout près. C’est l’heure des phrases célèbres.

 « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? »

Non elle est sortie par la petite porte .


 La petite Marguerite vient au monde à Beaucourt en 1869 sur le territoire de Belfort. Elle appartient à une riche et puissante famille protestante dont la fortune vient des activités industrielles, notamment la fabrication de pompes renommées.

Me-Steinheil-diff-epoques.jpg Melle-Steinheil.jpg


Elle courre les bals de garnisons.... Dire qu’elle est belle est bien peu, elle est éblouissante, raffinée, irrésistible. Elle a étudié le violon et le piano, elle monte à cheval. Ses parents refusent un lieutenant... A l'occasion d'un séjour à Bayonne, on trouve à la belle, le neveu du peintre officiel de la IIIè, le Pape du Pompier, Meyssonier. Elle regimbe un peu mais en juillet 1890, Marguerite devient Marguerite Steinheil. . Elle a vingt ans, il en a quarante.

Elle devient, ensuite, une figure importante de la vie parisienne. Son salon est fréquenté par la bonne société : Gounod, Lesseps, Massenet, Coppée, Zola, Loti.steinheil-5.jpg

En 1897, Félix Faure rencontre, à Chamonix, Marguerite Steinheil : dite « Meg », épouse volage du peintre Adolphe Steinheil, auquel fut confiée la commande officielle d'une toile monumentale... et pour ce faire .. ;Félix Faure se rend souvent à la villa « Le vert logis », au no 6 de l'impasse Ronsin à Paris, où réside le couple Steinheil. Marguerite devient rapidement sa maitresse et le rejoint régulièrement dans le « salon bleu » du palais de l'Élysée.

 

Félix Faure ne peut plus s’en passer. Maîtresse quasi-officielle elle est de toutes les fêtes. Elle est couverte de cadeaux. Diamants et perles la récompensent. Lors d’un voyage présidentiel au Havre, elle est logée dans une villa proche. La notoriété de la dame atteint des sommets. Elle n’a pas trente ans. 


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Cécile Sorel

 

 

Officiellement, la mort du président est due à une hémorragie cérébrale. Certains journaux affirment, tel le Journal du Peuple du 18 février, qu'il est mort d'avoir « trop sacrifié à Vénus ».. On cite même Cécile Sorel, une actrice, avec qui Félix Faure entretient une liaison … Ce n'est que dix ans plus tard, que furent révélés les faits et l'identité de la dame.

 

 

Anecdote: 

Le modèle de la divinité – un croquis montre une jeune femme posant sur un banc dans l’atelier (RF 51939 – f°29 verso) – serait Marguerite Steinheil, la fameuse connaissance du président Félix Faure.  l’État acquiert la statue polychrome et la dépose au palais du Sénat le 4 janvier 1910. Hugues---Muse-de-la-Source.JPGQuelques facétieux sénateurs, notant une légère ressemblance avec la sulfureuse veuve, prennent alors l’habitude de surnommer l’effigie de bronze Madame Steinheil. Ainsi le bruit se répand-il… ( Marguerite Steinheil (1869-1954) aurait matériellement pu poser pour la statue du Salon de 1893. )

Madame Steinheil trônaient dans le salon Berthelot du musée du Luxembourg jusqu’en 1984, année où elle partit au musée d’Orsay.

Avant chaque séance, les sénateurs ne pouvaient s’empêcher de lui caresser le sein gauche – qui portait bonheur.

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Hitchcock et les femmes -1-

Publié le par Perceval

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Hitchcock (1899-1980), (itch cock) s'est marié vierge, et vit jusqu'à sa mort un mariage parfois houleux qui reposait surtout sur une grande complicité professionnelle... Parallèlement, il fait tourner les plus belles femmes, il les choisit : blondes sévères et hautaines pour incarner l'idéal suprême de cet homme : petit obèse, brun et chauve. Hitchcock les dirigeait, les commandait, les manipulait, les épiait, les « déshabillait » avec sa caméra, et les harcelait parfois, hors caméra, et le plus souvent n'a pu les étreindre … Cette névrose, Hitchcock, a su la transformer en art et en cinéma pour notre plus grand bonheur...

Vertigo-Kim-Novak-1958.jpg Alfred-Hitchcock--Sean-Connery-and-Tippi-Hedren-on-the-set-.jpg
Hitchcock sur le tournage de Vertigo avec Kim Novak  en 1958 Alfred Hitchcock, Sean Connery et Tippi Hedren sur le tournage de Marnie


Vertigo-avec.jpg
Vertigo 1958, ce film réunit Kim Novak et James Stewart

Vertigo ( Sueurs froides 1958) est l'un des plus beaux symptôme de la maladie d'Hitchcock : l'homme, éperdument amoureux, est obsédé par une femme au point de vouloir la faire revenir de l'au-delà...

Dans Psychose, Hitchcock fouille un peu plus les méandres de son inconscient et de celui du public.

Janet Leigh aguiche les hommes dès sa première apparition dans le film – en soutien gorge – Et soumet le spectateur mâle a devoir endurer une fonction cathartique de violeur potentiel, tout en fichant la trouille aux spectatrices, etc ..etc .. Tout a déjà été écrit sur ce film ..

Janet-Leigh-Psychose.jpg
Janet Leigh dans Psychose 1960

 

 

Tippi Hedren, fut peut-être la seule actrice à qui Hitchcock dévoila ses sentiments... Et Les Oiseaux fut fabriqué pour la malmener, l'éprouver et la pousser à bout … ensuite dans Marnie, Tippi jouera l'histoire d'une femme frigide qui se refuse obstinément aux hommes... !

 

 

La plupart des personnages féminins présentés dans les films d'Hitchcock ne sont pas ce qu'ils sont en apparence :

- Grace Kelly, présentée comme bourgeoise de la haute société dans La Main Au Collet est finalement présentée comme une voleuse.

 

*****

Alfred_Hitchcock-s_Marnie_Trailer_-_Tippi_Hedren_-3-.png la-main-au-Collet-Hitchcock-2.jpg
Marnie 1964, avec Tippi Hedren, Sean Connery La main au Collet 1955 avec  Avec Gary Grant, Grace Kelly.

 

 

- Tippi Hedren dans Les Oiseaux , se fait constamment passer pour quelqu'un d'autre :

- Marnie:

  • Hedren--Tippi--Marnie-_03.jpg- Nous venons d'être cambriolés. Environ 10 000 dollars.
    - Oui, c'est ce que j'ai entendu. Et par une belle jeune fille, sans références.

  • - Vous vous souvenez d'elle. Je vous l'avais montrée la dernière fois que vous êtes venu ici.
    Vous aviez même fait la remarque que j'avais amélioré l'aspect de la boite.

  • - Ah celle-là ! La brune aux jolies jambes ?

  • - Sale petite garce... Je lui aurais donné le bon dieu sans confession.

 

Laura Mulvey pense que les hommes ( voyeurs...) , dans le cinéma Hitchcock sont plus actifs parce qu'ils accompagnent la narration de leur regard, au travers de plans subjectifs; alors que les femmes ( voyeurisées …) sont contraintes d'être passives, disposées sous forme d'icône pour être regardées tout au long du récit (1)

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Ce pourrait être, pour une femme, ambigu, de vivre comme spectatrice dans le regard masculin : ainsi dans Vertigo, lorsque le spectateur voit Madeleine pour la première fois, c'est au travers des yeux du personnage de James Stewart, Scottie. ?

Cependant, même si les femmes dans les films d'Hitchcock semblent être maltraitées, ce n'est pas toujours le cas : ainsi dans The Lady Vanishes (Une femme disparaît 1938) … ou même dans Les Oiseaux, où les femmes dégagent une forte volonté...


(1): Je vous invite à lire le document majeur : "Plaisir visuel et cinéma narratif " de Laura Mulvey, référence pour une lecture féministe du cinéma, en particulier celui d'Hitchcock : c'est ICI...

 

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Sophie Gay -1-

Publié le par Perceval

Sophie Gay, crayon par J.B Isabey
Sophie Gay, crayon par J.B Isabey

Cet extrait d'une lettre de Sophie Gay à sa fille Delphine (trouvée sur le site du Mesnil-Saint-Denis), nous plonge dans l'Histoire , mais tenue par la main de ceux qui nous ont précédés, par les jansénistes d'un côté et les créateurs de la presse moderne, de l'autre.

Dans sa maison de Versailles, assise à son bonheur-du-jour, trempant sa plume à moitié écrasée dans l'encrier, Sophie Gay (1776-1852), s'adresse à sa fille Delphine Gay de Girardin (1804-1855)

Sophie a reçu dans son salon tout le gotha des écrivains et artistes de l'époque : Mme Récamier, Chateaubriand, Victor Hugo, Sainte-Beuve, Vigny, Lamartine, Balzac, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Jules Hanin, George Sand, Isabey, Talma, Scribe, Eugène Sue, Madame de Staël, Mélanie Waldor...

Pendant le Directoire elle fut une femme à la mode,

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Sophie Gay par J.B. Isabey

recevant dans son brillant salon. En 1799, elle rompit avec son mari, peu après elle se remaria avec Jean Sigismond Gay (1768-1822) qui devait devenir sous l'Empire, receveur général au département de la Roër, et qui lui donna trois enfants, dont Delphine, la future Mme de Girardin...

 

 

 

Versailles, 20 septembre 1842

 

[...] ce tems moitié pluie, moitié soleil convient mieux à ma santé que la grande chaleur aussi en-ai je profité pour faire quelques visites dans les environs. [...]

J'ai été visiter aussi une autre puissance déchue : les ruines de Port-Royal. M. et Mme Gauthier, les propriétaires du château féodal du Mesnil-Saint-Denis où Mme de Sévigné allait dîner chaque fois qu'elle visitait la Mère Angélique, la soeur du Grand Arnault, l'abbesse du Port-Royal femelle, m'avaient invitée à faire comme elle, c'est à dire dîner dans leur château.

En sortant de la vallée où Pascal pensait Les Pensées, je suis partie par un assez beau tems d'ici pour me rendre 4 heures plus loin où se trouve le Mesnil-Saint-Denis.

Portrait--vers-1665--de-Marie-de-Rabutin-Chantals--Marquise.jpgPortrait vers 1665 ...
En 1674, Madame de Sévigné, résidant au Mesnil-Saint-Denis chez l’académicien Montmor, vint à Port-Royal voir le vieil Arnauld d’Andilly et son oncle Renaud de Sévigné, qui y étaient retirés : «Ce Port-Royal est une Thébaïde, c’est un paradis ; c’est un désert où toute la dévotion du christianisme s’est rangée. C’est une sainteté répandue dans tout le pays, à une lieue à la ronde. Il y a cinq ou six solitaires qu’on ne connaît point, qui vivent comme les pénitents de Saint-Jean-Climaque ; les religieuses sont des anges sur la terre… Tout ce qui les sert, jusqu’aux charretiers, aux bergers, aux ouvriers, tout est modeste. Je vous avoue que j’ai été ravie de voir cette divine solitude, dont j’avais tant ouï parler ; c’est un affreux vallon, tout propre à inspirer le goût de faire son salut…»

(lettre à Mme de Grignan du 26 janvier 1674)



Reçue de la manière la plus gracieuse par les châtelains et leur nombreuse famille, j'ai parcouru cet immense château et le parc jonché de souvenirs féodaux. On voulait absolument me retenir à coucher dans la chambre de Mme de Sévigné. Je me suis trouvée indigne de tant d'honneurs.

Au retour de la promenade dans le parc, nous avons trouvé les calèches attelées pour nous conduire à Port-Royal qui est à une lieue et demie du Mesnil, et dans un lieu d'un aspect si austère, si désert, qu'on s'y croirait au bout du monde, ce qui explique fort bien la prédilection de nos grands penseurs pour cette retraite entourée de montagnes couvertes de bois, avec une petite rivière, et la vue bornée de tous côtés.

C'était si bien leur intention de n'être point distraits par un site riant que de la chambre du père Arnault, on avait fermé, muré même les fenêtres qui donnaient sur la partie la plus agréable de la vallée pour n'avoir de jour que sur un verger fort triste. La chambre de Racine et de Pascal donnent de ce même côté. Je ne puis te dire l'effet presque religieux que la vue de ces chambres des petites fenêtres près desquelles ces beaux génies travaillaient, me faisait éprouver à mon âge.

Le passé hérite de tout l'intérêt qu'on a plus pour l'avenir. Et puis je crois beaucoup à l'influence des aspects sur les idées. Il est certain que dans le val de Port-Royal il faut penser à Dieu plus qu'aux hommes.

Je t'ai bien regretté là, comme partout où l'on peut rêver, et oublier les mesquines agitations du beau monde.

Mr de Silvy (*) , un vieillard de 81 ans, a recueilli ce qui reste de Port-Royal. Pour en conserver un peu le souvenir, il a planté des peupliers sur la place des murs de l'église, et le dessin en croix de la nef et du choeur est remplacé par ces murailles vertes qui s'inclinent sous le vent. Il y a quelque chose de poétique dans cette manière de conserver la place d'un édifice élevé à Dieu.

Enfin, après avoir regardé tout ce que ce lieu offre d'intéressant, je suis revenue dîner dans cette immense salle à manger qui a entendu les bonnes plaisanteries de Mme de Sévigné, et celles bien moins honnêtes du Régent qui venait souvent faire de joyeux soupers chez la comtesse de Fargis. Ce dîner de 29 personnes était fort bon. Un feu du temps de Louis XIV nous attendait dans ce qu'on appelle le petit salon, lequel à trente pieds carrés et je suis revenue à minuit par un clair de lune admirable [...].

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Souper chez le prince Conti par Michel Barthélémy Ollivier 1766 détail

 

(*) Mr de Silvy (1760-1847) est généralement connu comme "le propriétaire de Port-Royal des Champs au début du XIXe siècle". Il a  l'obsession du combat janséniste. C'est un des derniers à s'opposer, dans les mêmes termes qu'au début du XVIIIe siècle, au Pape. En 1813, il écrit et publie trois discours contre la Bulle Unigenitus... proclamée en 1713. Il n'a jamais voulu, pour lui-même, quitter l'Église de fait en refusant le Concordat de 1801, tout comme il avait refusé l'Église constitutionnelle (surtout qu'il est très royaliste). Le retour des Jésuites dans la France du début de la Restauration (en 1816) est pour lui un désastre. Il va se battre sans relâche contre eux, les accusant de vouloir ruiner la France, de revenir pour se venger de leur expulsion de 1763 et de projetter la corruption de la jeunesse française dans leurs collèges.

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Berthe Morisot en Limousin

Publié le par Perceval

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Téléfilm:     Berthe Morisot
samedi 16 février à 20h45 sur FR3

Berthe Morisot : peintre impressionnistes et égérie d'Edouard Manet est née en 1841 à Bourges. Elle vit quelques années à Limoges, à partir de 1848. Sa famille s'installe en Limousin après la mutation de son père qui devient préfet de Haute-Vienne.

C'est à Paris qu'elle développe son art. Berthe Morisot est une « rebelle ». Elles tourne très vite le dos à l'enseignement académique du peintre lyonnais Chocarne et fonde avec des peintres comme Claude Monet ou Auguste Renoir un groupe d'avant-garde les « Artistes Anonymes Associés  » qui devient la "Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs" regroupant des impressionnistes.

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Berthe Morisot par Edouard Manet (1870), huile sur toile exposée au Musée d'Orsay, Paris

Le Portrait de Berthe Morisot étendue est l’unique tableau peint par Manet que la jeune femme possédait. Celui-ci est considéré comme la plus belle et plus fidèle représentation de l’artiste qui avait 32 ans au moment de sa réalisation. Agacé par une erreur de perspective, Manet aurait raboté le tableau qui devait être plus grand à l’origine. Berthe Morisot conserva ce portrait toute sa vie. En 1890, elle le représente dans La Psychée ou Le Miroir, puis, en 1893, au second plan d’un portrait de Julie au violon.

 

Le téléfilm "L'indomptable Berthe" retrace la vie de la peintre impressionniste. Cette oeuvre originale réalisée par Caroline Champetier a été tourné principalement à Ambazac ou à Limoges. C'est dans la capitale régionale limousine qu'ont été reconstituées les rues de Paris. Un Paris à feu et à sang, en 1870.

Le téléfilm débute en 1865, Berthe Morisot ( Marine Delterme) n'a que 25 ans, et des idées bien arrêtées sur son avenir. Elle ne souhaite nullement suivre la volonté de ses parents, qui ne pensent qu'à lui forger un destin convenable.

Au Salon des exposants de 1865, Berthe Morisot, jeune peintre, accompagnée de sa sœur Edma, découvre l'Olympia de Manet, portrait sulfureux d’une femme assumant son corps et sa sexualité. Ce choc artistique est rapidement suivi d’une rencontre avec Edouard Manet. Charmeur, amoureux des femmes, il se prend d’intérêt pour cette apprentie artiste dont le visage l’inspire. Aussi lui propose-t-il de venir poser pour lui…

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Marie Delterme joue Berthe Morisot dans un téléfilm de Caroline Champetier

 

Berthe expose ses premières œuvres, des paysages, des tableaux d’intérieur et des portraits au Salon de 1864 et de nouveau à celui de 1865, année où son père fait construire un atelier dans le jardin de la propriété, elle y travaillera toujours accompagnée de sa sœur Edma

En 1866 elle peint lors d’un séjour à Pont Aven accompagnée de Mary Cassatt et Eva Gonzalès, dès pionnières qui se feront accepter des impressionnistes grâce à leur talent, elles ont d’autant plus de mérite qu’à cette époque  la société est dominée par la gente masculine,  l’Ecole des Beaux Arts n’acceptant que les hommes. Les femmes y seront admises qu’à partir de 1897.

Sa rencontre avec Edouard Manet en 1868 sera décisive.

Cette année là, elle fait la connaissance de Manet au Louvre lieu où, comme beaucoup de jeunes artistes elle s’exerce en copiant des chefs d’œuvre. Elle subira d’ailleurs l’influence du chef de file des impressionnistes et deviendra son modèle, Manet peindra 9 portraits de Berthe. Elle y fera également la connaissance de Fantin-Latour et Degas.

Elle épouse le frère d’Edouard, Eugène Manet peintre amateur qui fréquente également le milieu littéraire, elle donne naissance à une petite fille Julie, son grand bonheur et un sujet de passion qu’elle prendra souvent pour modèle dans son travail

Berthe Morisot voyage beaucoup et peint de nombreuses toiles lors de ses séjours à Pont-Aven, Madrid, Argenteuil (Chez Claude Monet), en Angleterre à l’Ile de Wight en 1875, en Italie, en Hollande, à Fontainebleau, à Nice ou en Belgique.

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La Psyché ou Le Miroir (1876) est un tableau intime sur le thème de la toilette. Il représente une jeune fille en train de s’habiller et dont le modèle, Isabelle Lambert, mourra à l’âge de 15 ans. Le miroir est celui de Berthe que l’on peut voir au début de l’exposition. La palette est plus claire et se compose de blancs, d’argentés, de roses, de bleus… Les talents de coloriste de Morisot furent appréciés tout au long de sa carrière. 

Julie adolescente, jouant du violon dans l’appartement de la rue de Weber où elle s’installe avec sa mère en 1892 ou, dans un autre tableau, en compagnie de Laërte, le lévrier que lui avait offert Mallarmé qui deviendra bientôt son tuteur.
Julie a reçu une éducation musicale de qualité qui englobait la mandoline, le piano, le violon… Sur ce tableau ( 1893) , sa mère la représente à quinze ans dans le confort de la maison familiale. Il s’agit d’une peinture intéressante quant à la représentation précise de l’intérieur du peintre. Vous pouvez y reconnaitre le guéridon Empire, le portrait de Berthe par Manet ainsi que le portrait d’Eugène par Degas offert à l’occasion de leur mariage.

 

En 1892 mort d’Eugène Manet, il rejoint son frère Edouard qui repose au cimetière de Passy depuis 1883.

 De santé fragile depuis le conflit franco-prussien de 1870, ayant engendré du bruit, de la fureur et des privations, Berthe Morisot s’éteint à Paris en 1895 des suites d’une grippe sans jamais avoir cessé de travailler et parfaire son art.

La Grande Dame de l’impressionnisme est inhumée dans le caveau de la famille  Manet au cimetière de Passy.

berthe-morisot-jour-1879.jpg berthe-morisot-la-fable-1883.jpg

Les scènes de canotage sont très prisées des Impressionnistes. Celle-ci fut peinte durant l’été 1879, lorsque Berthe Morisot demeurait à proximité du lac du bois de Boulogne. Il est clair que la peintre a pris place dans la barque auprès de ses modèles. Les personnages sont exempts de psychologie, le travail est axé sur les effets de lumière, le scintillement de l’eau. La tonalité est claire et chatoyante. Contrairement aux idées reçues, cette toile n’a pas été réalisée sur place, Berthe réalisait des dessins ou des aquarelles préparatoires avant de réaliser l’oeuvre finale dans le confort de sa maison. 

Une quinzaine de peintures et de pastels représentant l’enfant, exécutés entre 1882 et 1888, sont regroupés au cœur de l’exposition. Julie est représentée en compagnie de son père, de sa cousine ou de sa nourrice Pasie. Souvent, il s’agit de scènes de la vie quotidienne pour lesquelles il n’est pas besoin de faire poser sa fille. Cette toile fut retrouvée roulée au fond d’une armoire à la mort de l’artiste. C’est Mallarmé qui lui donna son nom, La Fable

Berthe Morisot est l’arrière petite-nièce de Fragonard, la tante de Paul Valéry par sa nièce et Stéphane Mallarmé deviendra le tuteur de sa fille Julie après la mort de son mari en 1892.

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Sources: Aurore Mosnier au sujet de l'exposition du musée Marmottan

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