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Les amours d'Antoine Doinel. ( 1 )

Publié le par Perceval

Journée de vacances, pendant laquelle je prends plaisir à feuilleter l’album des années passées.

Il y a la photo de la jolie fille rencontrée lors d’une soirée, qui vous allume puis vous laissera dépérir … Fatalement belle, avec des traits purs et des attaches fines… Une fille de bonne famille, une petite bourge qui voit grand …

M-F-Pisier-01.jpg  MF-Pisier-et-JP-Leaud.jpg


Une madone, une que l’on prie de vous aimer ; et qui malgré tous les poèmes vous échappe… Elle largue Antoine Doinel, après un baiser volé.


-          1 - La première histoire d'amour :

Doinel_max.jpgC’est « « Antoine et Colette » un court-métrage qui raconte la première vraie relation amoureuse d'Antoine. Il a dix-sept ans, travaille dans l'industrie du disque et un soir lors d'un concert il remarque une jeune femme Colette ( Marie-France Pisier ) dont il tombe très amoureux mais celle-ci ne considère leur histoire que comme une bonne amitié.

 

 


-          2 - L'amour :
Dans " Baisers volés " , Antoine a vingt-quatre ans, il est renvoyé de l'armée pour « instabilité caractérielle ». Il travaille comme veilleur de nuit et détective privé (l'agence de détectives Blady !). baisers-Voles-Apres-Les-400-Coups-et-Antoine-et-Colette-l.jpgIl tombe amoureux de Christine Darbon ( Claude Jade ) la fille d'un ami de son père.

Ses enquêtes ne mènent à rien et Antoine et licencié. Il est alors engagé dans un magasin de chaussures mais tombe très vite amoureux de la femme (Delphine Seyrig ) du directeur ( Michel Lonsdale) , patron mal-aimé par son personnel. Une nouvelle fois renvoyé, il devient dépanneur de télé et re-rencontre Christine lors d'une mission (.profitant de l'absence de ses parents, elle l’appelle sous un prétexte fallacieux pour réparer une télévision qu'elle a détraquée elle-même ..) :

Le récit passera de la vision d'un Antoine qui commence à s'escrimer sur l'appareil à celle d'un appartement vide. La caméra suit les pièces éparses de la télévision sur le sol pour nous mener dans la chambre parentale où Antoine et Christine dorment ensemble. Alors initié, il pourra susciter le désir de Christine. Mais, au matin, Antoine abandonne le pur mouvement du désir pour une pratique plus socialisée de l'amour. On voit d'abord Antoine et Christine prendre le petit déjeuner après la nuit qu'ils ont passée ensemble. Dans cette scène apparaît l'écriture, malgré la proximité du couple. Les deux jeunes gens échangent en silence de petits billets, et on comprend qu'Antoine demande ainsi Christine en mariage.

 

 A droite: Claude Jade jouant Evelyne Droste dans RENDEZ-VOUS À PARIS.

et,

Ci-dessous: Claude Jade dans " A san Remo ".
Claude-Jade-jouant-Evelyne-Droste-dans-RENDEZ-VOUS-A-PARI.jpeg
claude-jade-a-san-Remo.jpeg 

Claude Jade, de son vrai nom Claude Marcelle Jorré, est née à Dijon, le 8 octobre 1948. Le tournant de sa carrière se produit à partir de sa rencontre avec François Truffaut. Il lui propose le rôle de Christine Darbon dans Baisers volés. Le film rend Claude Jade (en partenaire d'Antoine Doinel alias Jean-Pierre Léaud) célèbre. Elle meurt à Paris, le 1er décembre 2006, à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer.


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Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple -2-

Publié le par Perceval

La petite Jeanne est née de père inconnu. La revanche sociale sonne vite, grâce à son mariage avec Pierre Frondaie,

Pierre Frondaie 1945 décés 1948

 Pierre Frondaie en 1945.

Il décède en 1948

dramaturge alors célèbre pour son « Homme à l'Hispano ». Ils fréquentent Louis Jouvet et un grand nombre d’acteurs et d’actrices, ils emménagent dans un hôtel particulier à Auteuil, ils dînent chez Maxim's, et elle arpente le pont des paquebots en robe Lanvin. Leur liaison durera sept ans.

 

Robert Denoël, qui fut l'éditeur de Céline et qu'elle souhaitait épouser, fut assassiné en décembre 1945.

Robert-Denoel-1945.jpg
 Robert Denoël en 1945

Robert Denoël, qui fut assassiné dans sa voiture en panne pendant qu'elle était partie chercher un taxi.


Personnage romanesque, Jeanne Loviton faisait jaser et était jalousée par de nombreuses rivales. La femme de l’éditeur Robert Denoël l’accusa ouvertement du meurtre de son époux, qui l’avait quittée pour emménager avec la belle Jeanne, avec qui il projetait d’ailleurs de se remarier. S’il n’eut pas le temps de concrétiser ce dessein, il avait déjà fait de sa maîtresse l’actionnaire principale de sa maison d’édition. Cette dernière en hérita donc, dirigeant ses affaires d’une main de maître.

Elle était très intelligente, subtilement et autoritairement intelligente. Informée, cultivée, elle impressionnait, elle captivait, puis elle retenait.


Jeanne Loviton eu pour amants, rien que dans la littérature: Paul Valéry, Saint-John Perse, Jean Giraudoux, Bertrand e Jouvenel, Emile Henriot, Curzio Malaparte.

 Plus l'éditeur Robert Denoël, l'avocat Maurice Garçon, le comte Grandi di Mordano, ministre mussolinien des Affaires étrangères, deux ambassadeurs japonais à Paris, etc…

j-loviton.jpg  loviton-1925.jpg
   Jeanne Loviton en 1925

 

Pourtant Jeanne reste une lumineuse énigme. C'est qu'elle ne livrait à Giraudoux, à Valéry et aux autres que ce qu'elle consentait à leur donner. Toujours disponible, toujours en retrait. L'emploi du temps cloisonné d'un agent secret. Dédoublement de personnalité d'une magicienne. Comment s'y prenait-elle pour mener une existence remplie d'obligations, de rencontres affichées et occultes, de longues conversations et de longues lettres, de ruptures et de conquêtes, de bureaux, de salons et d'alcôves, d'exposition et de dissimulation?

A partir de 1935 une passion charnelle, violente, profonde la lia à une certaine Yvonne Dornès qu'elle informait de ses liaisons avec les hommes, alors que ceux-ci - même Valéry, qui préférait probablement le silence de ce côté-là - étaient tenus à l'écart de sa vie la plus camouflée.

Jean Giraudoux lui écrit des billets éplorés de ses diverses ambassades et Saint-John Perse lui envoie une Rolls du Quai d'Orsay pour la convier à de discrets tête-à-tête.

 

Le jour de Pâques 1945, celle que Valéry nomme son "diamant", …  lui annonce qu'elle aime un autre homme, Robert Denoël. Valéry ne se remettra jamais vraiment de ce grand "coup de hache".

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Jeanne Loviton : La femme amoureuse et multiple -1-

Publié le par Perceval

Celia-bertin-jean-Voilier.jpgCélia Bertin, Portrait d’une femme romanesque, Jean Voilier, Ed. de Fallois, 2008. Ce livre dresse le portrait d’une femme mystérieuse, femme d’affaires remarquable, femme du monde aux amours multiples.

 

Jeanne Loviton (1903-1996).  est parfois présentée comme un 'Don-Juan' féminin. Connue comme écrivain sous le pseudonyme de Jean Voilier, je me suis intéressé à sa biographie, curieux de ses amours pour de grands écrivains. Certains, disent d’elle, qu’elle serait l'une des plus grandes séductrices du XXe siècle et dont la vie a été romanesque en diable… Je ne la trouve pas particulièrement « jolie », pourtant si l'on en croit les souvenirs de celles et ceux qui l'approchèrent ; il retiennent sa sensualité du regard, la grâce du sourire, le savoir-faire du corps. Elle savait choisir ses amants: Jean Giraudoux, Saint-John Perse, Curzio Malaparte, Robert Denoël, Paul Valéry, Emile Henriot... Son dernier et probablement le plus grand amour fut Paul Valéry.


Tout au long du livre ( 1) nous lisons d'admirables lettres du poète à sa muse :


 “Je te caresse dans la tiédeur de la lumière doucement riche, je cause avec toi (voluptueusement, intelligemment), il n’y a pas de mot qui combine les deux termes en un seul adverbe extraordinaire. Il faudrait avoir une langue à nous-(quelquefois cette idée se matérialisa et il n’y eut bien qu’une bouche et une langue). Tiens, tu me fais crayonner des bêtises. Mais songe que ce moment est le seul de cette immense journée où je vive un peu avec et pour toi.”

Extrait d'une lettre de Paul Valéry à Jean Voilier

 

Valery-Paul-Jeanne-Loviton-2.jpg

 

 

 

Elle illuminera les dernières années de Valéry, qui se met à écrire des poèmes transis d'amour et de sensualité avec la fougue d'un adolescent débordé.

 


 

« Jeanne, ton corps me suit.

Ô mains pleines de Jeanne 

Ô pensée où revient ton silence et ta voix. »

 

 

« Le vieux battant de fer à peine clos
derrière moi qui me hâte et qui songe,
seul et non seul je vais courbant le dos,
suivant détresse, ennui, peine ou mensonge,
car tout m’est noir à peine le fer clos. »

Paul Valéry

 

A suivre: ...

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La chair

Publié le par Perceval

Santiago-CARBONELL-by-Catherine-La-Rose--40-.jpg   Santiago CARBONELL by Catherine La Rose (39)
 Santiago-Carbonell---14-.jpg  SANTIAGO-CARBONELL-Mexico.jpg

 

Peintures de Santiago CARBONELL

Chair des choses:

Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix,
L'harmonie et le songe et la douleur profonde
Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
Je partage leur vie intense en les touchant,
C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles
De noble, de très doux et de pareil au chant.

Car mes doigts ont connu la chair des poteries
La chair lisse du marbre aux féminins contours
Que la main qui les sait modeler a meurtries,
Et celle de la perle et celle du velours.

Ils ont connu la vie intime des fourrures,
Toison chaude et superbe où je plonge les mains !
Ils ont connu l'ardent secret des chevelures
Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.

Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages.
Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons,
Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.

Ils ont connu la peau subtile de la femme,
Et ses frissons cruels et ses parfums sournois...
Chair des choses ! j'ai cru parfois étreindre une âme
Avec le frôlement prolongé de mes doigts...

 

Poème de Renée Vivien ( 1877-1909) ... 

 

 

" Pauline Mary Tarn connue sous le pseudonyme de Renée Vivien née protestante à Londres le 11 juin 1877 et morte catholique à Paris le 18 novembre 1909. Elle a neuf ans, quand son père meurt... renee-vivien-4.gifPauline s'installe à Paris au 23 avenue de Boulogne dès sa majorité car elle affirme détester l'Angleterre et souvent sa mère qui se remarie en 1908. Son goût pour les lettres fut prononcée dès l'enfance et riche rentière, elle apprend l'italien, le grec, lit Dante et traduit Sappho, aime quelques femmes, voyage dans quelques pays, achete une villa à Lesbos, publie ses poèmes et autres écrits à compte d'auteur ....

Elle fut jetée au "pilori" pour exprimer la première après Sappho ses amours lesbiens, se fit "buriner" le portrait par le sculpteur Rodin, but trop... et enfin, se convertit au catholicisme quelques jours avant sa mort en date du 18 novembre 1909 à 6 heures 45 du matin à Paris."

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Catherine Pozzi: à l'extrême de soi-même.

Publié le par Perceval

A dix ans, Catherine Pozzi commence à écrire un journal qu’elle tiendra jusqu’à ses vingt-trois ans :

Catherine-Pozzi1.jpg« Je veux dire aux indifférents combien un enfant peut souffrir, combien une jeune fille peut être seule ».

Âgée de 25 ans, elle quitte la France et sa famille pour une année d'études à Oxford.

En janvier 1909, elle se laisse épouser par Edouard Bourdet - dramaturge qui va vite connaître le succès, agrémenté de liaisons variées ….  dont elle a un fils, Claude Bourdet (Claude, né en octobre 1909, mort le 22 mars 1996, le journaliste du temps de la Résistance, puis de France-Observateur )., mais le mariage tourne tout de suite à l’échec.
En 1912, elle apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose. Maladie dont elle ne va jamais se remettre et qui l'emportera en 1934. Paul-Valéry04

 

Elle étudie - avec la méthode et le désordre de qui sait son temps compté-  l’histoire de la philosophie et des religions, les mathématiques, les sciences . Elle passera son baccalauréat à 37 ans pendant la guerre, divorcera et rencontrera, en 1920, celui qui fut sa plus belle chance et son plus dur échec, son « très haut Amour » et son « Enfer », Paul Valéry qui était marié, depuis 1900, à la nièce de Berthe Morisot..

 

À la fin de la Grande Guerre, son père est assassiné par un de ses anciens patients.

En 1913, elle débute son journal d’adulte qu’elle tiendra jusqu’à sa mort en 1934 dans lequel elle livre le plus profond d’elle-même.

Elle y raconte la passion mouvementée qu’elle vécut avec Paul Valéry de 1920 à 1928, les terribles souffrances que la maladie lui infligea, ses rapports avec un certain nombre de personnalités, Julien Benda, Bernard Groethuysen, Rainer Maria Rilke, Marie de Régnier, Pierre Jean Jouve, Anna de Noailles...
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« Je suis un des points singuliers par où la souffrance de la planète rayonne » (Catherine Pozzi)
« Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire »
« Il y a tant de raisons d’écrire, outre celle de publier. Par exemple exalter la conscience, l’attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître…. »
« On n’arrive au plus haut de soi que contre soi »

Au terme de huit années d’une liaison presque secrète, mais terriblement exigeante, riche d’une réflexion commune et quotidienne, mais douloureuse et dévastatrice pour tous deux, Catherine Pozzi rompt avec le « Prince des Poètes »

Désormais, c’est une solitude noire et fiévreuse, traversée de quelques amitiés amèrement fidèles : Julien Benda, Jean Paulhan, Pierre Jean Jouve, Jean Guéhenno, Ernst Robert Curtius, Jacques Maritain, Charles Du Bos…

Ensuite, c’est la maladie qui accentue ses ravages, exténuant à coups de morphine, de laudanum, le corps frêle et les nerfs à vif. Elle meurt le 3 décembre 1934 .

Intransigeante, orgueilleuse, vivant à l’extrême de soi-même, Catherine Pozzi fut toute sa vie une assoiffée d’absolu.

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Arletty.

Publié le par Perceval

23 juillet 1992 :  

arletty_022.jpg  arletty_St-Harcourt.jpg

 

L'actrice française Arletty, l'interprète fétiche de Marcel Carné, meurt à son domicile parisien, à l'âge de 94 ans. Elle tourne son premier grand film en 1935 : Pension Mimosas. Mais c'est en 1938, dans Hôtel du Nord de Marcel Carné, qu'elle s'impose de façon définitive. La réplique « Atmosphère, atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? », qu'elle lance à Louis Jouvet avec l'accent parigot, devient un des joyaux du cinéma français.

 

 

Un critique la sacre « impératrice des faubourgs », en reconnaissance pour sa jovialité et sa souveraine indépendance. Arletty jouera dans une soixantaine de films jusqu'au début des années 60, alors qu'un accident qui la rend dans un état proche de la cécité met presque un terme à sa carrière.

 

arletty_011.jpg

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L'homme qui aimait les femmes

Publié le par Perceval

François Trruffaut, L'homme qui aimait les femmes (1977),  fait dire à Bertrand Morane :
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"Pour moi, rien n'est plus beau à regarder qu'une femme en train de marcher, pourvu qu'elle soit habillée d'une robe ou d'une jupe qui bouge au rythme de sa marche. Il y a celles qui filent rapidement vers un but, peut être vers un rendez-vous. Il y a celles qui se promènent avec sur le visage un air de loisir. Certaines sont si belles vues de dos, que je retarde le moment d'arriver à leur hauteur pour ne pas être déçu... A vrai dire, je ne suis jamais déçu, car celles qui sont belles de dos et moches de face me donnent une sensation de soulagement. Puisque malheureusement, il n'est pas question de les avoir toutes. Elles sont des milliers tous les jours à marcher dans les rues. Mais qui sont toutes ces femmes ?

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Où vont-elles ? A quels rendez-vous ? Si leur cœur est libre, alors leur corps est à prendre et il me semble que je n'ai pas le droit de laisser passer la chance. La vérité, je vais vous la dire : elles veulent la même chose que moi, elles veulent l'amour. Tout le monde veut l'amour, toutes sortes d'amour, l'amour physique et l'amour sentimental ou même simplement la tendresse désintéressée de quelqu'un qui a choisi quelqu'un d'autre pour la vie et ne regarde plus personne. Je n'en suis pas là, moi ! Je regarde tout le monde... Comme certains animaux, les femmes pratiquent l'hibernation. Pendant quatre mois, elles disparaissent, on ne les voit pas. Aux premiers rayons de soleil du mois de mars, comme si elles s'étaient donné le mot, ou comme si elles avaient reçu un ordre de mobilisation, elles surgissent par dizaines dans les rues en robe légère et talons hauts. Alors, la vie recommence. Enfin, on peut redécouvrir leurs corps et différencier deux catégories : les grandes tiges et les petites pommes. Voici une grande tige. Et une petite pomme. Une belle jambe c'est très beau mais, je ne suis pas ennemi des chevilles épaisses. Je peux même dire qu'elles m'attirent, car elles sont la promesse d'un évasement plus harmonieux en remontant le long de la jambe [...] homme-qui-aimait-les-femmes-1.jpg

 

Les jambes... Les jambes de femmes sont des compas, sont des compas... Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens lui donnant son équilibre et son harmonie. (...)"

 

(pour celles et ceux qui voudraient voir ou revoir cet extrait... ci-dessous:)

 

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L'éducation – sentimentale – de Paul Valéry

Publié le par Perceval

Paul Valéry ( 1871-1945) , est devenu l’écrivain que l’on sait, grâce aux femmes qui ont jalonné son parcours.

Valery-2.jpg

Catherine Pozzi tient une place centrale.( Voir ici un article: " Le Journal de Catherine Pozzi " ...)


Madame Rovira, est un amour platonique de jeunesse. Miss Bath, écuyère de cirque, laisse la place à Jeannie-Gobillard-au-sofa--Julie-Manet.jpgJeanne Gobillard qui devient sa femme et qui, pendant 45ans, lui restera fidèle… malgré tout ! Il se marie donc en 1900 à Jeanne nièce de Berthe Morisot.


De 1920 à 1928, Valéry a presque 50ans et fréquente Catherine Pozzi ( elle en a 38 ). Période difficile : elle même parle sans complaisance de celui qui « se regard[ait] être regardé » qu'elle appelait souvent le « Magister », sans vouloir pour autant qu'il devînt son maître : a-rilke-pozzi1.jpg« Il ne fut jamais mon maître. Il fut mon frère, mon pareil, ma tendresse très pure. Ce n'est pas la même chose. »

 

Cette page tournée, Valéry courtise en vain la sculptrice Renée Vautier. Il se tourne également vers la duchesse de La Rochefoucauld, puis vers Emilie Noulet, et peut-être d’autres encore ..

Enfin à 67ans, il fait de la séductrice Jeanne Loviton, sa muse… Il lui réserve un recueil de 133 poèmes d'amour, à elle adressés par Valéry, ensemble groupé sous le titre Coronilla…


 

 

« Jeanne, ton corps me suit. Ô mains pleines de Jeanne 

Ô pensée où revient ton silence et ta voix. »


 

valery-et-J-Loviton.jpgAinsi, naîtront plus de cent cinquante poèmes et un millier de lettres qui rythmeront leurs semaines et se glisseront entre leurs rendez-vous dominicaux.

 

Cette aventure se clôt quelques mois avant la mort de Paul Valéry. Jeanne Loviton (qui se fait appeler: Jean Voilier)  le quitte pour l'éditeur Robert Denoël. Effondré, le vieil homme, malade, prend le temps de relire tous ces poèmes et de les commenter, sa lucidité intellectuelle intacte.

 

 

***

 

Muses-paul-valery.jpg

 

Ici: un article concernant la biographie de Catherine POZZI...

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Femmes de l'air

Publié le par Perceval

  Amelia-Earhart   Amelia Earhart est une aviatrice américaine, née à Atchison dans le Kansas le 24 juillet 1897, disparue dans la région de l'archipel des îles Phœnix (actuelles Kiribati) le 2 juillet 1937, déclarée officiellement morte le 5 janvier 1939.
Aida de Acosta, née en 1884 et morte en 1962 était une aéronaute cubaine née aux Etats-Unis. Ses parents l'empêchèrent de poursuivre sa carrière aéronautique.Aida de Acosta serait la première femme américaine à avoir voler seule à bord d'un ballon le 9 juillet 1903    Mrs.Aida-Root-1915.png
  Amy Johnson est une aviatrice pionnère anglaise née le 1e   Amy Johnson est née le 1er juillet 1903 à Kingston-upon-Hull, en Angleterre. Aviatrice, elle s'est fait connaître entre les deux guerres par ses voyages en Australie et également par son mariage tapageur avec un aviateur australien qui s’appelait James « Jim » Mollison. Amy Johnson, est devenue, pendant la guerre, convoyeuse de l’air. Elle disparut un jour de 1941 où elle ramenait un bimoteur de reconnaissance de l’Ecosse vers le sud de l’Angleterre... 

  Park Kyung-Won est née le 24 juin 1901

Park Kyung-won est la première femme pilote coréenne civile, sa compatriote Kwon Ki-Ok, pilote militaire fut entraînée par l'armée chinoise.

Au Japon elle suivit, pendant deux ans, les cours d'une école technique;

Puis elle suivit des études d'infirmière, pour travailler cinq ans afin de payer en  janvier 1925 l'école de pilotage de Kamata.

Sur une trentaine d'élèves, il y avait six femmes et elle était la seule coréenne. À cette époque nombre de femmes coréennes au Japon étaient des prostituées et le machisme y était bien sûr très présent.

 

Elle obtint sa licence de pilote de troisième classe le 28 janvier 1927 et sa licence de seconde classe le 30 juillet 1928.

Le 4 mai 1933, Park Kyung-won fut choisie pour aider à la propagande japonaise en ralliant par avion le Japon et le Manchukuo.

Le 7 août 1933, elle décolla de l'aéroport Haneda, à Tokyo, à bord d'un avion d'observation d'origine française, un Salmson 2A2 (c/n 244 J-BFYB) .... Elle volait en direction de la Mandchourie et prise dans le mauvais temps s'écrasa 42 minutes plus tard, près de Hakona.

  Park Kyung-Won née le 24 juin 1901
  Elly Beinhorn 1

  Elly Rosemeyer-Beinhorn, née le 30 mai 1907 à Hanovre, décédée le 28 novembre 2007 à Ottobrunn, était une pilote allemande célèbre du XXe siècle.
Dans les années 1930, elle a établi de nombreux records de distance.

 

Elly Beinhorn s’assit aux commandes d’un avion pour la première fois au mois de novembre 1928.

 

Elle partit pour son premier vol vers l’Afrique le 4 janvier 1931.  Elle rallia Cap Juby en traversant l’Espagne, passant par Gibraltar, Rabat et Casablanca. Elle suivit ensuite la côte africaine sur 2 000 km jusqu’à Dakar. Elle arriva à Bissau le 1er février où elle retrouva Bernatzik. Elle travailla pendant plusieurs semaines avec lui et fit les photographies aériennes qu’il souhait. Elle vécut alors de nombreuses aventures qu’elle a consignées dans son autobiographie : fourmis en cabine, tempêtes de sable, nuages de sauterelles, mais aussi des safaris et un vol vers l’île de Bubaque.

Elle fut victime au cours du vol de retour d’une rupture d’une tuyauterie de carburant entre Bamako et Tombouctou et fit un atterrissage en détresse dans la forêt vierge. Elle fut recueillie par une tribu de Songhai qui envoyèrent un messager à Tombouctou. Pendant cinq jours, elle put entendre les avions qui la cherchaient mais ne put leur donner signe de vie. Elle finit par rencontrer un Songhai qui parlait français et qui la conduisit à Tombouctou. Elle y parvint enfin à pied, malade et épuisée. La nouvelle fit le tour du monde et elle devint célèbre du jour au lendemain.

Elle fit la connaissance du pilote de course Bernd Rosemeyer et elle finirent par se marier le 13 juillet 1936.

Le 28 janvier 1938, la voiture de son mari qui tentait de battre un record de vitesse sur l’autoroute de Darmstadt fut soulevée par une rafale latérale à 440 km/h et fit plusieurs tonneaux. Il mourut sur le coup.

  • 1931 : vol en solitaire, plus de 7 000 km en Afrique
  • 1932 : tour du monde en avion
  • 1933 : expédition transafricaine
  • 1934 : record : tour du monde en solo
  • 1935 : record : deux continents en 24 h
  • 1936 : record : trois continents en 24 h

Elly Beinhorn mourut le 28 novembre 2007 à l’âge de 100 ans.

  Marie Marvingt, née à Aurillac (Cantal) le 20 février 1875 et morte à le 14 décembre 1963, surnommée « la fiancée du danger », est une pionnière de l’aviation en France et l'une des meilleures alpinistes du début du siècle dernier.

Marie est la première femme au monde engagée dans l'aviation militaire et à effectuer des missions de combat aérien.

Après de nombreux faits de guerre, elle devient journaliste, correspondante de guerre et officier de santé des armées avec les forces française d'Afrique du Nord.

 

Le 20 février 1955, pour son 80e anniversaire, Marvingt accompagnée par un officier de l'U.S. Air Force vola au-dessus de Nancy à bord d'un chasseur supersonique américain...

  Mademoiselle Marie Marvingt sur monoplan Deperdussin 1912
  Hélène dutrieu aviatrice belge

  Hélène Dutrieu, née à Tournai (Province de Hainaut) le 10 juillet 1877 et morte à Paris le 26 juin 1961, est une cycliste, motocycliste, coureuse automobile et aviatrice belge .

 

  Harriet Quimby, née le 11 mai 1875 et décédée le 1er juillet 1912 à 37 ans.

Elle est une pionnière de l'aviation et une scénariste américaine. Elle est la première femme américaine brevetée pilote, en 1911. Moins d'un an plus tard, le 16 avril 1912, elle devient la première femme de l'histoire à traverser la Manche en avion.

  Harriet Quimby aviatrice US
  Hélène boucher 1908 1934

  Hélène Boucher (Paris,1908 - 1934) est une aviatrice française. Elle a battu de nombreux records de vitesse.

 

En 1934, elle s'engage avec les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland dans le combat féministe et devient militante pour le vote des Françaises au côté de Louise Weiss.

 

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt aux commandes d'un Caudron C.460 Rafale.

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Isabelle Eberhardt, et la vie nomade

Publié le par Perceval

« Il est des heures à part, des instants très mystérieusement privilégiés, où certaines contrées nous révèlent, en une intuition subite, leur âme, en quelque sorte leur essence propre, où nous en concevons une vision juste, unique et que des mois d’étude patiente ne sauraient plus ni compléter, ni même modifier. » « C’était l’heure élue, l’heure merveilleuse au pays d’Afrique, quand le grand soleil de feu va disparaître enfin, laissant reposer la terre dans l’ombre bleue de la nuit. » « Comme toujours en route, dans le désert, je sens un grand calme descendre en mon âme. Je ne regrette rien, je ne désire rien, je suis heureuse. »

                                                       Isabelle Eberhardt, Au pays des sables

 

Isabelle Eberhardt est née en 1877 à Genève . Elle a vécu une enfance marginale et libertaire.
    
A 20 ans... Fascinée par l'Islam et le désert, elle décide de se convertir et d’adopter une vie errante. Elle devient donc un étonnant témoin de la réalité algérienne au temps de la colonisation.

 



 
       
.

 Pendant une grande partie de son existence, Isabelle Eberhardt mène une vie de nomade en Afrique du Nord (sur la côte algérienne d’Oran, dans le Sahara, au sud-ouest du Maroc et à l’est de la Tunisie). Elle se familiarise avec les mœurs et les dialectes des régions qu’elle parcourt et est l’une des premières femmes du 20e  siècles à voyager seule. Elle prend plusieurs identités comme celle de Mahmoud Saadi. Convertie à l’Islam, c'est déguisée en homme bédouin (les Bédouins sont  des nomades de culture arabe vivant dans des régions désertiques du Moyen-Orient), drapée dans les plis de son burnous (manteau en laine long avec une capuche pointue et sans manches), le crâne rasé coiffé d’un haut turban, qu'Isabelle Eberhardt va parcourir les « routes » d’Afrique du nord.

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Dans les tribus, elle est reçue en tant que "taleb", c'est-à-dire étudiant,  "demandeur de savoir " ou "voyageur en quête de sens"

 Se faisant passer pour un homme, elle peut entrer dans tous les lieux où les femmes ne sont pas admises, ce qui facilite aussi son travail de journaliste.  Elle se marie avec Slimène  Ehnni, jeune soldat indigène de l'armée française en Afrique du Nord, ce qui provoque un scandale. Sa vie peu conventionnelle fait que les colons français  se mettent à la surveiller.
        
Elle collabore aussi avec le  journal  Akhbar et est envoyée à Ain-Sefra comme reporter de guerre pendant les troubles près de la frontière marocaine.

En 1904, âgée de 27 ans, elle trouva la mort dans l’inondation d’Ain-Sefra.
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