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Vendredi 24 mai 2013 5 24 /05 /Mai /2013 06:48

En avril 1797, Juliette apparut parmi les élégantes aux défilés de Longchamps que la foule des badauds contemple, ébahie.

MADAME-Recamier-Portrait-realise-par-Eulalie-Morin.JPG
MADAME Récamier - Portrait réalisé par Eulalie Morin

En décembre 97, le Directoire donnait une fête en l'honneur de Bonaparte, revenu victorieux d'Italie, Juliette prit place avec sa mère sur les banquettes réservées. Profitant d'un moment où Barras parlait à Bonaparte, elle se leva pour le voir mieux et, devant sa beauté, un murmure d'admiration parcourut la salle. Cette rumeur n'échappa pas à Bonaparte; il lui lança un regard "dont elle ne put soutenir la dureté". Spectaculaire confrontation. Provocation ingénue ou coquetterie? Mais, ce jour-là, elle sortit de l'anonymat.

 Lucien Bonaparte, est fou d'amour pour elle. Juliette, sur le conseil de M. Récamier, le ménage mais lui oppose une fin de non-recevoir, à la fois ferme et tendre. Désespéré de ne pouvoir la conquérir, il menace de se suicider: " je ne puis vous haïr mais je puis me tuer". Il ne le fait pas, et sera le personnage providentiel pour imposer son frère lors du 18 Brumaire (9 Nov. 1799).

En octobre 1798, Juliette fait la connaissance de la très célèbre Germaine de Staël, fille de l'ex-puissant ministre de Louis XVI, Necker.

Germaine, à son habitude porte une toilette voyante Tres-rare-cp-Juliette.jpg

"Je fus frappée par la beauté de ses yeux, de son regard. Elle m'intimidait et m'attirait à la fois. On sentait tout de suite en elle une personne parfaitement naturelle dans une nature supérieure. De son côté, elle fixait sur moi ses grands yeux mais avec une curiosité bienveillante et m'adressa sur ma figure des compliments qui eussent parus exagérés et trop directs s'ils n'avaient pas semblé lui échapper,ce qui donnait à ses louanges une séduction irrésistible". 

Juliette, habituée à l'adulation des hommes, n'est pas fâchée de voir une femme, illustre de surcroît, sensible à son charme. Les deux femmes se complètent admirablement. Mme de Staël rayonne de force, d'idées, Juliette de grâce et de subtilité. Juliette est fascinée par l'intelligence, la culture et le tempérament explosif de sa nouvelle amie .

Germaine-de-Stael-1817-par-Francois-Gerard.jpg Germaine de Stael 1817 par François Gerard

 L'une des amitiés épistolaires « intellectuelles » les plus illustres unit Juliette Récamier et Madame de Staël, qui écrit à celle-ci : « Je dirai à tout le monde que je la [NDLR : une robe que Juliette lui a envoyée] tiens de vous et, je verrai tous les hommes soupirer de ce que ce n'est pas vous qui la portez » (Lettres de madame de Staël à madame Récamier, 1952).

 

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Dejuinne-La chambre de Madame Récamier à l'abbaye aux bois 1826

*****

Un jour dans un salon, un homme, qui se voulait galant et n'était que maladroit, en les voyant assises côte à côte sur un canapé s'écrie: "je vois là, réunis, la beauté et l'esprit". Et Madame de Staël, qui ne manquait pas d'humour, de lui répondre: "merci, très cher, c'est la première fois qu'on me dit que je suis belle". 

 

Depuis leur première rencontre, mesdames de Staël et Récamier sympathisent très vite, elles partagent beaucoup d’affinités, la politique, les arts et les lettres, et une grande sagacité quand au monde qui les entoure. Une amitié profonde s’installe entre les deux femmes.

Carte---timbre-Recamier-1er-jour.jpg Juliette va jusqu’à suivre Madame de Staël dans son exil en Suisse au château de Coppet, son amie est poursuivie par la police de l’autoritaire Napoléon, le premier empereur des français, qui n’a pas apprécié du tout son ouvrage «Mémoire pour la défense de Marie-Antoinette, Epitre au malheur»et qui, touché dans son impérial amour propre, a contraint Madame Récamier à fermer son salon parisien parce qu’elle ne voulait pas, par l’entremise de Fouché, être dame d’honneur de la cour impériale.

 Son refus face à Napoléon l’amène à passer dans l’opposition,  le salon qu’elle tient au château de Coppet avec Madame de Staël étant ouvert aux  artistes, littéraires et politiques opposants à l’Empereur, elle sera au courant de tous les complots fomentés contre Napoléon. 

 

Voir aussi:

Juliette récamier -1-

Article - 06/05/13 - Juliette récamier -1- - Je ne sais trop que penser, de ce qu'il semble être de la part de Juliette de récamier, une stratégie d'image. Femme de goût, elle semblait naturel de se faire…

Article - 08/05/13 - Juliette récamier - 2 - - En 1799, récamier offre à Juliette un hôtel particulier. Les visiteurs s'extasient sur le raffinement du mobilier, l'agencement des jardins… Six années…

Par Perceval - Publié dans : Muse, Egérie, modèle ..etc - Communauté : Jadis, les femmes...
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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 06:35

Pierre Georges Jeanniot (1848-1934) Peintre aquarelliste dessinateur français.

Pierre-Georges-Jeanniot-s-Dans-un-salon--femme-crivant-sur-.jpg

Né à Genève, l'éducation artistique de Pierre Georges Jeanniot a commencé avec son père, Pierre-Alexandre Jeanniot, longtemps directeur de l'École des beaux-arts de Dijon. Il expose pour la première fois en 1872 au Salon de Paris où chaque année, il y présentera des œuvres.

Pierre-Georges-Jeanniot--1848-1934--The-Pink-Camellia--1--M.jpg Pierre-Georges-Jeanniot--Mme-Jeanniot-allongee--1-.jpg
   Pierre Georges Jeanniot:  Mme Jeanniot allongée

 

En 1881, alors que l'armée lui propose le grade de commandant, il démissionne pour se consacrer exclusivement à la peinture. En qualité de dessinateur, il a été un des collaborateurs assidus de la première heure de la revue La Vie Moderne. Le gouvernement français le fait chevalier de la légion d'honneur en 1906.

Pierre-Georges-Jeanniot-2.jpgPierre Georges Jeanniot:  The Introduction

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 Pierre-Georges Jeanniot : La toilette 1910  Pierre Georges Jeanniot -Seated Woman 1920


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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 06:06

La déchirée

jake-Baddeley-illuminatum-philosophorum.jpg« Pourquoi m’as-tu abandonnée ? » crie Madeleine à l’homme cloué sur un poteau d’infamie qui vient de rendre le dernier soupir. Elle croyait, la folle, que l’amour attentionné et fervent qu’elle n’avait cessé de témoigner durant ces trois années passées avec lui sur les chemins de Palestine, oui, elle était persuadée que cet amour sans faille le protégerait de toute maladie et de la mort même

( … ) Alors Marie de Magdalena se met à hurler sur les remparts de la ville, elle appelle à l’aide tous les oiseaux du ciel, toutes les gazelles du désert, elle convoque les sources, les vignes qui bourgeonnent et les petits agneaux, elle veut que tous soient témoins de cette ignominie, que tous assistent au jour de la grande faute des hommes. Les filles de Jérusalem entonnent un chant funèbre, sanglotent en déchirant leurs voiles. Elle, elle entre dans sa propre Passion :est-il plus profonde horreur que de voir mourir devant soi, sans rien pouvoir faire, celui qu’on aime plus que soi ? Mais elle va traverser, les yeux ouverts, cet abîme de douleur, elle ne va pas s’évanouir même si tout en elle est en lambeaux. jake-Baddeley-21.jpgLa seule chose qu’elle peut offrir au crucifié qui suffoque déjà, c’est, si frêle, sa présence, une façon de tenir la lampe allumée pendant le grand aveuglement des hommes…

 

L’éblouie

La mort ne saurait être un arrachement cruel suivi d’un doux oubli. Pour qui aime, aucun deuil n’est possible. Mais il est demandé de traverser la nuit sans s’assoupir ni sombrer dans le chagrin. Traverser la nuit les yeux grands ouverts, le cœur en morceaux.
Marie-Madeleine ne cherche pas à calmer sa peine, elle ne veut pas se résigner, elle ne veut pas abandonner Jésus à la mort. La plupart des disciples avaient renoncé, pour eux c’était un échec, le Maître avait faillit…
Rentrés chez eux, comme si rien ne c’était passé, comme si leurs oreilles n’avaient rien entendu, comme si leurs yeux n’avaient pas été témoins de choses étonnantes.
Les hommes se plaisent à imaginer l’amour triomphant, ils raisonnent en terme de réussite et d’échec. Les femmes le voient plus humble, extrêmement fragile, et elles ont envie de veiller sur lui ; elles persistent à croire en lui-même s’il est malmené, trahi. Les femmes ne sont pas meilleures que les hommes mais elles se fient moins aux apparences, elles sont davantage tournées vers le mystère.

Jake-Baddeley-507.jpg( … ) Elle se lève au bout de deux nuits de veille, c’est le premier jour de la semaine, et les juifs vont fêter la Pâques. Elle se redresse, elle s’ébroue elle se sent comme neuve. A nouveau elle va courir à sa rencontre, lui manifester sa tendresse intacte, lui offrir tout l’amour du monde. Elle se lève à l’aube, c’est l’Amour qui est venu la chercher au fond du silence des nuits, l’Amour qui la relève et qui lui souffle de se mettre en route. Il est toujours là l’Amour, et il ne fait jamais défaut, ce sont les mortels qui le trahissent ou se détournent de lui.

 

La question demeure en suspens : si elle n’était accourue au premier jour de la semaine, avec ses jupes froissées et sa chevelure volant dans la fraîcheur de l’aube, Jésus serait-il sorti du sépulcre ? A qui se serait-il montré si personne n’était là pour l’attendre ?

( … ) Elle était trempée de chagrin la voici inondée de lumière. Elle le voit comme elle ne l’a jamais vu, glorieux sous l’apparence humble e familière du gardien des lieux. Elle le voit comme elle l’a toujours vu, comme l’inoubliable bien-aimé, elle veut s’approcher, embrasser sa main, mais lui a cette phrase, cruelle, de ne pas le toucher, de ne pas le retenir sur terre…Jake-Baddeley-15.jpg

( … ) Depuis fort longtemps dans l’histoire humaine, seul le savoir paraît sérieux tandis que la vision, l’inspiration ne sont pas prises en considération. Marie-Madeleine en fait aussitôt l’expérience. Revenant auprès de Pierre et de Jean pour leur transmettre l’incroyable nouvelle, elle n’est pas crue, elle-même traitée de délirante…

 

La solitaire

Où ira-t-elle maintenant qu’elle a vu le Ressuscité, radieux mais refusant son approche ? Il l’aime pour toujours et il lui dit adieu. Comment vivre désormais sans sa présence très chère ?

Elle a besoin de plus d’espace possible. Elle va donc voyager, prendre la mer, mais il lui faudra aussi l’espace intérieur : elle se tourne donc vers la vie de solitaire.

 

L’insaisissable

Jake-Baddeley-13.jpgMarie-Madeleine n’apparaît comme la pécheresse mais comme la compagne, la préférée du Maître, il n’est pas question de fautes passées, de repentir, parce que Marie a part aux vérités les plus cachées, les plus précieuses de l’enseignement du Seigneur et parce qu’elle témoigne plus que les autres de l’illumination spirituelle. Ainsi, sa relation avec Jésus désigne l’étroite union entre l’âme et l’esprit, autant dire les noces mystiques auxquelles chaque adepte éveillé est convié dans le secret du cœur.

Son histoire symbolise le parcours de toute âme amoureuse de son Seigneur : errance et tourments, élévation, délivrance. Elle représente aussi toute l’humanité en marche vers la rédemption, vers sa divination. Elle est encore la sagesse cachée que méconnaissent les hommes, elle est la passante, la reine dans son royaume. Elle est le parfum de Vie, l’essence inconnaissable de l’Amour.

( …) Les existants de poussière continueront à la houspiller, à étouffer sa lumière. Elle n’aura par le dernier mot, elle aura le dernier sourire… 

*****

Les illustrations reproduisent des oeuvres de Jake Baddeley, britannique né en 1964 à Nottingham

Jake-Baddeley-9.jpg Jake-Baddeley-2009_what_is_what_was_and_what_will_be.jpg

 

 Voir aussi: Marie de magdala ( madeleine ) - la femme multiple

Article - 06:08 - marie de magdala ( Madeleine ) - La femme multiple - marie demagdala (en grec : Magdaléné). magdala est le nom de la ville où était néemarie qu'on surnomme Madeleine. …


Par Perceval - Publié dans : Mythes, légendes - Communauté : Arts visuels et littérature
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 06:26
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Jacqueline Kelen

 

Myriam, Marie-Madeleine... appartient à présent, au mythe. Les apocryphes font d'elle une femme de connaissance et d'éveil, et la disciple préférée de Jésus. Femme multiple et dispersée en maintes images et dont les reliques mêmes se trouvent en plusieurs lieux ( de Vezelay, à Éphèse, en passant par la Sainte-Baume...).

Le texte ci-dessous est copié d'un ouvrage de Jacqueline Kelen: " Les sept visages de Marie-Madeleine" 2006- Editions du Relié

 

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La toute belle 

Elle avance sur des terres d’excès et de faveur. Sans présomption particulière, mais avec le tort d’être belle, riche et parée, mais sans mari et d’être, comme on dit, née pour l’amour. Son attitude déplaît aux gens économes, aux pharisiens pointilleux, aux matrones enveloppées de voiles.


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Marie-Madeleine vue par Martha Mayer Erlebacher

(…) Pour les uns c’est une exaltée, une possédée de tous les diables, pour d’autres une débauchée, en tout cas c’est une femme dangereuse qui ignore toute mesure et dont les gestes languissants, les cheveux magnifiques s’enroulant autour des hommes, les détournant du devoir religieux comme du travail nécessaire.

(…) Mais le véritable péché de Madeleine est un penchant irrésistible, celui de faire passer l’amour sur une terre avare…

(… )Si l’on revoit la scène bouleversante de la première rencontre sur laquelle tant de peintres et de poètes se sont attardés avec délectation, on peut se demander si la femme qui entre à vive allure au beau milieu d’un repas entre hommes et qui se précipite aux pieds de Jésus, l’enveloppant de toute la douceur du monde, pleure là, ses fautes ou bien défaille de bonheur à découvrir celui que son cœur espérait depuis toujours et dont la rumeur de la ville avait annoncé le passage.volet-droit-du-tryptique-de-labbaye-de-dielegem-le-ravissem.jpg

 

L’errance de Madeleine est le lot de chaque humain sur terre. Est-ce donc une erreur, un péché, ou bien le nécessaire chemin qui conduit au redressement de l’être et à l’éveil ? La pécheresse ployée aux pieds de Jésus lors de la première rencontre sera debout et face à lui lorsqu’il lui apparaîtra dans le Jardin de Pâques.

 

 

 

*****

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      L’ardente

Elle n’était pas conviée au festin mais d’elle-même, intrépide, elle est venue et d’un seul coup a tout donné, tout abandonné. Il ne l’avait pas appelée, comme il l’avait fait avec les disciples masculins, hélant l’un occupé à repriser son filet, l’autre penché sur ses livres de compte. Non, il ne l’avait pas appelée mais certainement il l’espérait..

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Philippe Lejeune:   « le Repas chez Simon » 1950

( … )En l’homme venu de Nazareth la femme de Magdalena reconnaît le Messie et c’est elle-même qui l’oint. Le prophète hirsute qui criait dans le désert avait baptisé Jésus dans l’eau et elle, avec des gestes magnifiques, le baptise de baumes et de senteurs. Jésus est Fils de Dieu mais il fait alliance avec la Dame. Il accepte le rite et, plus encore, fait l’éloge de la prêtresse d’amour.

( … )Elle lève son visage vers lui et c’est un grand soleil qui sort des eaux, qui envahit la salle aux volets tirés. Une lumière passe sur la face des convives stupéfaits.

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Konstantin Kacev (1967, Uzbek-born Macedonian)

Plus tard, certains témoigneront que cette coquette passante hors du commun avait une chevelure d’or et tournoyait comme une comète autour de l’invité.

 

Marie de Magdalena, la porteuse de vase, serait ainsi la gardienne d’une nouvelle alliance d’amour passée avec Jésus. D’une façon plus générale, ce qui est clos ou tenu fermé – boîtes, coffres, livres, mais aussi noix, amandes, grenades – désigne les réalités intérieures, les secrets accessibles seulement à une conscience illuminée.

 

La très silencieuse

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Konstantin Kacev

 

 

A un immense amour seule convient la majesté du silence. C’est pourquoi elle se tait, la belle femme qui fait irruption pendant le banquet, et s’abandonne à son Dieu vivant. Elle ne dit rien, mais tout ce que son corps exprime par les larmes, les soupirs et les embrassements, est pur langage de l’Âme.

(… )

A partir de cet instant elle reste auprès de celui qui l’a accueillie. Avec lui elle va marcher sur les chemins de Palestine, pourvoyant avec d’autres femmes aux soins du groupe : cuire le pain, panser une blessure, mais à travers les gestes infâmes du quotidien faire passer la tendresse et la sollicitude.

( …) Marie de Béthanie qui se tient en silence, attentive, s’efface devant l’hôte : le renoncement à soi-même mène à la nudité intérieure, à la vacuité ou la « vacance » chère à la tradition monastique.

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( … ) Si le prophète de Nazareth s’annonce comme le Verbe, Marie-Madeleine serait le silence.

 

Au sujet de Madeleine, les religieux parleront de conversion et de repentance, et cela les rassure puisque après Eve la fautive c’est encore une femme qui représente le péché. Mais il s’agit en fait d’un éveil de conscience et chaque individu en marche, homme ou femme de bonne volonté, se trouve concerné. 

( … ) La prostituée que chacun, homme ou femme, héberge en soi doit se dévêtir des habits trompeurs de l’existence afin de retrouver l’Essence, afin de se souvenir de son origine, de l’Amour Primordial.

Par Perceval - Publié dans : Muse, Egérie, modèle ..etc - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 06:30
Portrait-du-Fayoum-Louvre-702x1024.jpg Portrait-du-Fayoum-Louvre-detail-yeux.jpg

Ce portrait a été exécuté aux alentours de 161-180 après J.-C. dans la région de Thèbes en Égypte

 

Le Fayoum, est un oasis du désert de Libye, à une trentaine de kilomètres à l'ouest du Nil. C'est une riche région agricole, et les "portraits du Fayoum" en ont fait la renommée.

OVH-Peinture-Fayoum.jpgEn effet, au cours des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, ces Grecs établis en Égypte alors sous domination romaine., après avoir embaumé leurs morts, plaçaient un portrait du défunt, peint sur de la toile de lin ou sur du bois précieux,  au-dessus du visage de la momie.

 

W. M. Flinders Petrie découvre en mars 1888 : « un immense cimetière d'époque romaine avec des chambres tombales en brique contenant encore les corps de leurs propriétaires ». L'émotion le saisit lorsqu'il aperçoit, encore fixé sur sa momie, le premier portrait, "une jeune fille magnifiquement dessinée, dans de douces teintes grises."

La majorité des portraits funéraires présentent les visages grandeur nature. Ils doivent assurer au défunt un visage dans l'au-delà identique à celui de sa vie sur terre.

Ils datent du premier au quatrième siècle après Jésus-Christ. Ils étaient peintes sur des plaquettes de bois ou sur des toiles de lin, destinées à être insérées dans des bandelettes entourant le visage de la momie et sur lesquelles on a trouvé parfois des épitaphes: Hermione l'institutrice; Dèmos, âgée de vingt quatre ans, souvenir éternel; Alinè, appelée aussi Tênos, fille d'Hérodès, excellente; Salutations répétées.

Ces portraits entretiennent un rapport étroit et presque intime avec la mort. Ils furent peints, du vivant de leur modèle, pour les accompagner dans l’au-delà...

Peintures-Art--2-2513.jpg 

«Ils représentent des hommes, des femmes et des enfants vus de face ou de trois quarts. [...] Alors que nous leur faisons face, nous éprouvons encore quelque chose de l’imprévu de cette pose : on dirait que les personnes représentées viennent de s’avancer timidement à notre rencontre. [...] C’étaient des images destinées à être enterrées, sans la moindre possibilité d’être vues à l’avenir. [...] Ce qui veut dire qu’il existait un rapport très particulier entre le peintre et la personne qui posait devant lui. [...] Ces deux personnes, alors en vie l’une et l’autre, collaboraient à la tâche de se préparer à la mort, tâche devant assurer la survie. Peindre, c’était nommer et être nommé, c’était la garantie de cette continuité.» Le peintre «se soumet au regard de la personne qui pose et pour qui il fait office de peintre de la mort ou, plus précisément peut-être, de peintre de l’Éternité. Et le regard de ceux qui posent, et auquel il se soumet, s’adresse à lui à la deuxième personne du singulier.»
Nous sommes devant «des images d’hommes et de femmes qui ne lancent aucun appel, qui ne demandent rien, mais qui déclarent qu’ils sont en vie et que toute personne qui les regarde l’est aussi ! Ces visages incarnent, dans toute leur fragilité, un respect de soi oublié. Ils confirment, envers et contre tout, que la vie était, et demeure, un don. Ces visages anciens nous sont d'autant plus précieux que leur regard peint est tout entier concentré sur cette vie» dont il sait pourtant qu’il va la perdre un jour. 
» John Berger, écrivain et peintre britannique

Portrait-feminin--detail--Antinoe.-IIe-siecle-apr.-J.-C.jpg

Par Perceval - Publié dans : Arts visuels - Communauté : Jadis, les femmes...
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