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Le Jeu des Reynes renommées

Publié le par Perceval

Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées

La Mythologie était au centre des connaissances qu'un Roi, comme Louis XIV devait connaître … Elle était présente dans les astres du ciel, dans la longue lignée des Rois les plus prestigieux, parmi les reines renommées, la géographie, et bien sûr dans toute sorte d'histoires, fables et contes …

Aussi, sur la commande de Mazarin, le poète Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676) et le peintre graveur Stefano Della Bella ( installé à Paris de 1640 à 1649, il travailla aussi pour Richelieu et Anne d'Autriche...), inventèrent et gravèrent en 1644 quatre jeux pédagogiques pour l'éducation du jeune Louis XIV, âgé alors de six ans : le jeu des rois de France ( ce jeu comporte 64 cartes, dont la soixante-quatrième est celle de Louis XIV lui-même.), le jeu des reines renommées, le jeu de la géographie, et le jeu des fables …

 

Le jeu des reines renommées (qui regroupe les reines légendaires et les reines réelles), comprends 52 cartes et se présente comme un jeu de treize familles, chacune regroupe quatre reines. Ainsi, ces reines sont classées : heureuse, malheureuse, capricieuse, habile, galante, impudique, bonne femme, cruelle, sage, sainte,  célèbre, pieuse ou vaillante...

 

Ce jeu met en scène toute sorte de souveraines, de l'Antiquité jusqu'à Anne d'Autriche, en passant par des reines de la mythologie classique (Hécube, Clytemnestre, Médée, Pénélope, les Amazones), de l'Ancien Testament (la reine de Saba, Esther) et de l'Empire romain (Messaline, Agrippine, Livie.), sans oublier les reines maléfiques (Frédégonde, Brunehaut.), les modèles de sainteté (Hélène, Blanche de Castille.) ou encore des reines au destin tragique (Marie Stuart). Ce jeu connut plusieurs éditions en Italie, en Allemagne, en France - et une contrefaçon à Amsterdam.

Au moyen-âge, le jeu, se cantonnait dans l'activité ludique et futile ; ou pouvait paraître ésotérique ( et même diabolique …). A la Renaissance, il fut réhabilité, notamment par Rabelais et Montaigne, pour lequel les jeux pouvaient illustrer des activités les plus sérieuses des enfants.

En Italie, le 23 mars 1375, un décret des prieurs de Florence interdit un jeu qui est appelé « naib-be ». Les enfants jouent aux naïbes (naïbi) : un jeu de carte semblable à la bataille... On pense alors ( au XVe s.) à illustrer le jeu pour initier les enfants aux vertus, aux arts, aux métiers ou encore aux sciences. ( la série de cartes dite de “Mantegna”)

Thomas Murner (1475-1537), théologien, humaniste alsacien, inventa des jeux de cartes pédagogiques conçus pour enseigner la logique (1507) et le Code Justinien (1515) à ses étudiants de l’université de Cracovie.

 

Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées
Le Jeu des Reynes renommées
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Le Jeu des Reynes renommées

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Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 3/3 -

Publié le par Perceval

Henri II entend affranchir l’Eglise d’Angleterre de l’autorité du Pape, et le fait brutalement, et sans scrupule...  

Henri II discutant avec Thomas Becket

En 1170, Henri II fait assassiner son ancien conseiller, l’archevêque de Cantorbéry Thomas Becket qui, après l’avoir servi fidèlement, s’oppose maintenant à lui sur la question de l’obéissance, ou pas, de l’église d’Angleterre au pape. Ce meurtre, survenu en pleine cathédrale de Canterbury et au pied même de l’autel, soulève l’indignation en Europe et provoque une vive émotion parmi les sujets britanniques.

Faisant spectaculairement acte de contrition, Henri II décide de se faire fouetter en place publique afin d’expier…

 

 

Henri II s'oppose à ses fils, Aliénor prend leur parti et entraîne avec eux leurs vassaux continentaux...

 

C'est la grande révolte de 1173, La répression s’engage en Poitou et en Touraine. Décidant de fuir les combats, Aliénor se déguise en homme et chevauche à bride abattue pour franchir la frontière et rejoindre le territoire du roi de France Louis VII, son ex-mari....

Arrêtée, reconnue, et capturée, elle est expédiée à Henri II qui la fait enfermer dans un couvent en Angleterre (1173-1189).

A l’avènement de Richard Coeur de Lion en 1189, elle retrouve toute son influence politique.

Le roi Richard et sa mère Aliénor Festival Richard Coeur de Lion, en Limousin

 

Elle récupère l’Aquitaine que son mari lui avait confisquée, puis assure la régence pendant la 3e Croisade (depuis 1190) et la captivité de Richard en Allemagne lors de son retour (1192). Enfin, elle réunit la rançon que l’empereur demande pour la libération du roi et la porte elle-même à Mayence (1194).

Elle a une part décisive dans l’avènement de son dernier fils, Jean sans Terre (à la mort de Richard en 1199). Grande voyageuse, d’une énergie inlassable, elle se rend en Espagne pour organiser les fiançailles de sa petite-fille Blanche de Castille avec le futur Louis VIII.

Elle décide de venir à l'abbaye de Fontevraud, pour finir ses jours dans une retraite austère, où elle prend le voile malgré son grand âge. Elle a voulu être inhumée dans l'église du monastère. Elle meut le 31 mars 1204.

 

 

Aliénor eut deux filles avec Louis VII : Marie de France, né en 1145 et morte en 1198, qui épousa le comte de Champagne Henri Ier dit le Large ; Alix, née en 1150, au retour de la croisade, et morte en 1195, qui fut mariée à Thibault le Bon, comte de Blois et de Chartres (frère du comte de Champagne).

Elle donna huit enfants à Henri II d'Angleterre : Guillaume, né en 1153 et mort en 1156 ; Henri le Jeune ou de Court-Mantel, né en 1155 et mort en 1183, qui épousa Marguerite, fille que le roi Louis VII eut avec sa deuxième épouse Constance de Castille ; Mathilde, née en 1156 et morte en 1189, mariée à Henri le Bon, duc de Bavière, et mère de l'empereur Othon IV ; Richard, né en 1157 et mort en 1199, qui devint roi d'Angleterre (son frère Henri étant mort) sous le nom de Richard Cœur de Lion ; Geoffroy, né en 1158 et mort en 1186, qui épousa l'héritière de Bretagne et fut père du malheureux Arthur ; Aliénor, née en 1161 et morte en 1214, mariée à Alphonse VIII roi de Castille dit le Noble, mère de Blanche de Castille ; Jeanne, née en 1165 et morte en 1199, qui épousa Guillaume II roi de Sicile, puis Raimon V comte de Toulouse, avant de devenir après la mort de ce dernier (1194) abbesse de l'abbaye de Fontevraud ; Jean sans Terre, né en 1166 et mort en 1216, qui devint roi d'Angleterre au détriment de son neveu Arthur.

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Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 2/3 -

Publié le par Perceval

 

Aliénor d'Aquitaine et l'une de ses filles. Fresque des chapelles oratoires de Passais

 

On suppose, qu'en ce jour de Noël 1161, alors que l'on baptise la dernière-née du couple royal : une petite « Aliénor » qui épousera le roi de Castille Alphonse VIII, un ténor de la Reconquista contre les Musulmans, Chrétien de Troyes assiste à l’événement...

Aliénor et Henri II

Aliénor réside le plus souvent dans son duché, qu’elle continue à administrer et où elle tient une cour brillante de poètes et d’artistes, à Poitiers notamment. Elle donne 8 enfants à Henri II, mais ce second mariage n'est guère plus heureux que le premier, d’autant qu’à la mésentente royale s’ajoute des dissentiments politiques. On dénonce son caractère et on dit qu'on la vit poursuivre et humilier les femmes qu'elle supposait plaire au roi.

 

 

A 46 ans et après 16 ans de mariage, Aliénor est lasse de son (deuxième) époux.

Décidément insoumise, saisissant l’opportunité que constitue la révolte de seigneurs aquitains (qu’il convient évidemment, de mater), Aliénor décide de quitter la cour de Londres et de retourner s’établir sur ses terres, en France, à Poitiers. Là, elle entretient un cercle d’artistes, de poètes et de troubadours (tel Bernard de Ventadour) qui chantent ce que l’on appelle désormais l’« amour courtois ».

Elle y vit aux côtés de Marie de Champagne, sa fille aînée, née de sa précédente et première union avec Louis VII. Libres, les dames y prononcent leurs jugements sur la conduite de leurs amants en fonction des règles de cet « amour courtois »…

Aliénor et Henri II écoutent l’histoire de Lancelot du Lac

Le cycle des aventures des chevaliers de la Table ronde, se diffuse et influence le modèle littéraire.

 

Le chevalier, modèle de noblesse est invité à ne pas suivre les comportements des mâles de l’époque, avides de rapt et de pillages. Le chevalier se donne pour mission de conquérir le cœur de son aimée par son comportement irréprochable, sa bravoure, son élégance, sa patience, sa fidélité, etc... Ainsi l’amour qu’il lui inspirera sera-t-il fondé sur une attraction réciproque où les aspirations de la femme seront, enfin, prises en compte. Cest ainsi que le roman arthurien raconte les amours plus ou moins contrariés de Lancelot et Guenièvre (l’épouse d’Arthur), de Tristan et Iseult, etc…

Au Moyen Age, c’est une nouveauté de faire ainsi émerger la notion d’individu, son désir et un amour qui serait fondé sur l’attraction réciproque.

 

Sous le pseudonyme d’Aziman, Bernard de Ventadour lui consacre plusieurs chansons; on lui prête d'ailleurs une 'aventure' avec Aliénor, selon son propre témoignage : ainsi les termes de la chanson qu'il lui dédia :

« Elle peut maintenant me dénier son amour, Je pourrai toujours me flatter, D'en avoir obtenu le doux témoignage.... »

Wace lui dédicace le Roman de Brut et fait son éloge dans la dédicace du Roman de Rou, de même que Benoît de Sainte-Maure dans le Roman de Troie; Philippe de Thaon lui dédie une copie de son Bestiaire.

On peut aussi se demander si elle n’aurait pas inspiré Marie de France ou Chrétien de Troyes pour le personnage de la reine Guenièvre.

Dans son Traité de l’amour courtois, André le Chapelain lui attribue plusieurs jugements d’amour qui affirment avec force la doctrine courtoise de l’amour en dehors du mariage.

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Reines d'Angleterre, venues de France : Aliénor d'Aquitaine - 1/3 -

Publié le par Perceval

Aliénor d’Aquitaine, femme de Louis VII roi de France, remariée à Henri II Plantagenet, fut couronnée avec lui à Westminster, le 19 décembre 1154. Éléonore d’Aquitaine mourut à Fontevrault en 1204.

Louis VII fiança les deux filles que lui avait données sa seconde femme, Alice de Champagne, aux deux fils de sa première femme Aliénor d’Aquitaine, remariée au roi d’Angleterre...

Reine de France, puis d'Angleterre, femme de pouvoir et d'intrigue...

Voyons cela d'un peu plus près ....

Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), a tout pour fasciner, et alimenter la légende... Ainsi, George Duby qui consacre un ouvrage aux «  Dames du XIIe s ». place Aliénor, entre Héloïse et Iseult... Effectivement, il y a une légende noire autour de la reine : certains chroniqueurs lui reproche : - d'être la petite fille de Guillaume IX de Poitiers (1071-1126), lui-même troubadour aux écrits et aux mœurs libres ; - d'avoir divorcé de son premier mari Louis VII, et - d'Henri II d'avoir dressé ses fils contre leur père, d'avoir causé sa mort tragique ... et surtout d'être une femme : «  une femme incomparable, belle mais pudique, puissante et douce, humble et pleine d'esprit... qualités que l'on trouve rarement chez une femme qui épousa deux rois et enfanta deux rois, travaillant sans relache, et dont les capacités, à son âge, impressionnent.» Richard de Devizes, chroniqueur.

    Mariage d'Alienor d'Aquitaine ->

 

- Aliénor est le plus beau parti d'Europe. A 13 ans, elle devient l'héritière de l'Aquitaine ( c.à d : la Gascogne, le Poitou et le Limousin ). 1137 en juillet, à 15 ans elle épouse celui qui devient roi dès le mois de décembre : Louis VII.

Elle refuse de rattacher l’Aquitaine à la couronne, et veut gérer seule son puissant Duché.

On rapporte qu'elle se plaint d'avoir «  épousé, non pas un roi, mais un moine ! ». Lors de la 2ème croisade, Aliénor accompagne Louis VII, elle a - dit-on - une liaison avec son oncle, le Prince d’Antioche. Cette rumeur et son attitude frivole annonce la fin de son mariage et précipitera la 2ème croisade vers une cuisante défaite des armées croisées.

 

En 1152, une assemblée d'évêques constate la nullité du mariage... Louis VII, au retour de croisade où l'a accompagnée Aliénor, il prétexte la consanguinité pour se séparer d'elle : en 15 ans, la reine ne lui a donné que deux filles, la succession dynastique est en péril... !

 

<-- Alienor et Louis VII, priant pour avoir un fils .

 

- Entre Paris et Poitiers, Aliénor manque de se faire ravir, à deux reprises, par le comte de Blois, et par Geoffroy, duc de Normandie ( et frère d'Henri II)... Arrivée au siège de sa cour, à Poitiers Aliénor écrit à Henri qu'elle est libre..., et qu'il est le seul prince digne d'elle.

 

- Henri II, se presse et leur union est célébrée le 18 mai 1152, à Poitiers. Les chroniqueurs n'hésitent pas à parler de la beauté d'Aliénor, et de l'ardeur et de la jeunesse ( il a neuf ans de moins qu'elle ), d'Henri II qui auraient séduits la duchesse d'Aquitaine.

- En 1154, Henri devient roi d'Angleterre.

Le couple demeure un an en Angleterre, ensuite le roi doit se rendre sur le continent pour assurer son pouvoir … Aliénor représente le roi en Angleterre... Jean de Salisbury, contemporain, dit qu'ils sont interchangeables  

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Reines d'Angleterre, venues de France : Mathide de Boulogne.

Publié le par Perceval

Les reines qui viennent de France, au Moyen-âge sont nombreuses et témoignent que les mariages princiers restent des alliances familiales au cœur de luttes de pouvoir...

Ces reines sont les souveraines des territoires dont elles héritent, et tiennent à leur pouvoir...

En ce début du XIIe siècle, nous sommes sur le souvenir de Guillaume le conquérant, premier souverain d'Europe, rassemblant tous les ''grands bretons'' et les normands...

Henri 1er s'impose, mais après le décès de son fils, il désigne sa fille Mathilde comme héritière en 1126... mais, Etienne de Blois, fils d'Adèle – la fille de Guillaume le Conquérant – revendique la couronne... ! Dix-neuf années que l'histoire anglaise nomme ''anarchique'' commence...

La guerre des deux '' Mathilde''

Supplication de Matilda of Boulogne pour la libération de son mari le roi, Stephen of Blois; devant Mathilda ''the Empress''

 

En 1125, Étienne de Blois (1096, 1135, 1154) épouse Mathilde de Boulogne.

King Stephen (1135-1154)

Etienne de Blois, est le 3ème fils - d’Étienne-Henri comte de Blois-Chartres- et d’Adèle, fille de Guillaume le Conquérant et sœur d’Henri 1er d’Angleterre. Étienne est éduqué avec ses deux frères aînés à Blois, sous le tutorat de Guillaume le Normand. Son oncle maternel Henri 1er d’Angleterre le prend sous son aile aux alentours de 1113.

Mathilde de Boulogne (1103-1152), naît à Boulogne-sur-Mer . Elle est la fille et héritière du comte de Boulogne Eustache III et de Marie d'Écosse.

Étienne devient comte de Boulogne en droit de sa femme. Ils règnent sur le comté jusqu’en 1146-1147, date à laquelle ils le transmettent à leur fils aîné Eustache.

L’énergie de sa femme lui sera d’un grand secours dans la suite …

En effet, son mariage fait de lui le principal baron de la sphère anglo-normande. À cette époque, le roi d’Angleterre n’a pas d’héritier, et il est probable qu’Étienne soit alors son candidat préféré. Il a toute la légitimité pour lui succéder, car il est un descendant du Conquérant...

Pourtant, à la mort du roi Henri 1er d’Angleterre, le 1er décembre 1135, le trône doit revenir à sa fille

Empress Matilda, the daughter of Henry I

Mathilde ''l’Emperesse'' est la petite-fille de Guillaume le Conquérant, elle est née en février 1101 à Sutton. Mariée, le 7 janvier 1114, à Mayence avec l’empereur romain germanique Henri V, d’où son surnom d’ Impératrice ou d’"Emperesse", elle revient en Angleterre à la mort de ce dernier en 1125.

Le 17 juin 1128, elle épouse Geoffroy le Bel, comte d’Anjou et du Maine, dit aussi Geoffroy Plantagenêt, âgé seulement de 15 ans. Par cette union, qui donnera le jour à trois enfants dont le futur roi d’Angleterre et duc de Normandie, Henri II Plantagenêt...

 

Prévenu de la mort du roi, Étienne de Blois alors qu'il avait reconnu la légitimité de Mathilde l’Emperesse - absente d'Angleterre - rejoint au plus vite Londres. Là, les citoyens le reconnaissent pour roi.

Le 22 décembre 1135, après que le baron Hugues Bigot ait fait le serment que, sur son lit de mort, le roi avait désigné Étienne comme son successeur, il se fait couronner par Guillaume, l’archevêque de Cantorbéry.

La fille de Henri Ier, Mathilde, envahit l’Angleterre en 1139 dans le but de réclamer son trône et le pays plonge dans la guerre civile.

 

Illustration of Queen Maud wife of King Stephen of Blois begging Empress Matilda for her husband To be restored to liberty.

Etienne est capturé au cours de la bataille de Lincoln, dépossédé de son trône, et emprisonné à Bristol. Mathilde, autoproclamée "Domina Anglorum" puis "Angliae Normanniaeque domina" , enfin débarrassée de son rival, tente, vainement, de se faire couronner reine d’Angleterre au cours de l’été 1141...

Hautaine, arrogante et despotique, Mathilde va fuir précipitamment Londres sous la pression d’une population révoltée lui préférant Mathilde de Boulogne, l’épouse d’Etienne de Blois. En novembre 1141, cette dernière, aidée de Guillaume d’Ypres, après avoir assiégé la ville de Winchester, met en déroute l’armée de Mathilde et fait prisonnier son demi-frère Robert de Gloucester, puis parvient à faire libérer Etienne.

Étienne est relâché en échange de Robert de Gloucester. Etienne retrouve le trône anglais et, durant les fêtes de Noël qu’il passe à Cantorbéry, il réaffirme son autorité par une cérémonie de couronnement.

Après la mort de Robert de Gloucester, en 1147, Mathilde se retire en Normandie (que son époux, le comte d’Anjou, a reconquise) en 1148.

Le trône d’Etienne reste disputé. Le fils aîné de Mathilde, Henri, qui a reçu la Normandie de son père en 1150 et qui est marié à la duchesse héritière Aliénor d’Aquitaine, envahit l’Angleterre en 1149 et à nouveau en 1153.

 

Mathilde de Boulogne

Mathilde de Boulogne décède le 3 mai 1152 au château de Hedingham, Essex, Angleterre. Elle s'est fortement impliquée dans la gestion du royaume. Sa connaissance de la géo-politique continentale a été importante pour Étienne. En 1138, elle a dirigé le siège du château de Douvres qui est tenu par des rebelles, soutenant l'Emperesse. Elle a demandé à ses vassaux de Boulogne de bloquer le port de Douvres, obligeant la garnison à se rendre. À la Noël 1138, elle reprend le processus de paix entre l'Écosse et l'Angleterre qui s'éternisait. Elle a mené les négociations, au nom de son mari, avec son oncle David Ier d'Écosse.

En 1140, elle a arrangé une alliance avec la France en mariant son fils Eustache à Constance, la fille de Louis VI. Après la capture d'Étienne, à la bataille de Lincoln, elle a pris la tête de son parti, aidée par le capitaine de ses mercenaires Guillaume d'Ypres. Son rôle fut crucial dans le sauvetage de la cause de son mari. Quand Henri de Blois est assiégé à Winchester, elle rallie ses troupes et assiège les assiégeants. Après la bataille de Winchester qui s'ensuit, Robert de Gloucester, le capitaine du parti angevin, est capturé. Son mari est échangé quelques mois plus tard avec Robert de Gloucester.

Dans les dernières années de sa vie, elle se consacre à la vie religieuse. Elle fut une bienfaitrice des templiers.

Cette scène très souvent représentée illustre le plaidoyer de Matilda ( Mathilde) de Boulogne pour la libération de son mari, Stephen ( Etienne) of Blois. Finalement, la population va se retourner contre Mathilde l'Emperesse...

L'impératrice Matilda était la seule héritiere survivant du roi Henri I. Matilda a épousé Henry V, l'empereur sainte-romaine, mais n'a eu aucun enfant et après onze ans de mariage, Henry est mort. Matilda a donc épousé en secondes noces Geoffrey V le comte d'Anjou. Ils ont trois fils, dont l'aîné deviendra le roi Henri II. Beaucoup d'anglais considèrent qu'à la mort de son père en 1135, le trône a été usurpé par son cousin Stephen ( Etienne) de Blois qui a revendiqué le trône tandis que Matilda était en Normandie enceinte de son troisième enfant.

Reines d'Angleterre, venues de France : Mathide de Boulogne.
King Stephen before the Battle of Lincoln, 1141

 

Le roi Stephen, face à ses ravisseurs à la bataille de Lincoln. ( image de 'Fortunino Matania')

 

La reine Matilda s'échappe d'Oxford vêtue de blanc, avec ses partisans, comme camouflage sur la neige...

 

Matilda est autorisé à quitter le château d'Arundel avec tous ses gardiens par son rival Stephen

 

 

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Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-

Publié le par Perceval

Attention …  Livre Culte !

En Russie, particulièrement sans-doute... Terminé en 1940, il ne sera publié dans son intégralité en URSS qu’en 1973.

 

Une scène est particulièrement évoquée et graphiquement représentée. Je commencerai cette multiple évocation, par cette scène emblématique entre le ''maître'' et Marguerite :

Le maître pourrait être Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), lui-même... Je reviendrai sur la vie de l'auteur...

Ce livre est écrit sous la terreur stalinienne par un homme malade et désespéré.

Pour vous prévenir, sachez que les personnages de ce roman ''fantastique'' sont le diable,, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde.. des bureaucrates, toute sorte de russes et un écrivain suicidaire...

Dans une deuxième partie du livre, vous saurez que pour retrouver l'homme qu'elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable.

Mais, avant, …

 

Elle portait un bouquet d'abominables, d'inquiétantes fleurs jaunes. Le diable sait comment elles s'appellent, mais je ne sais pourquoi, ce sont toujours les premières que l'on voit à Moscou. Et ces fleurs se détachaient avec une singulière netteté sur son léger manteau noir. Elle portait des fleurs jaunes ! Vilaine couleur. Elle allait quitter le boulevard de Tver pour prendre une petite rue, quand elle se retourna. Vous connaissez le boulevard de Tver, n'est-ce pas ? Des milliers de gens y circulaient, mais je vous jure que c'est sur moi, sur moi seul que son regard se posa – un regard anxieux, plus qu'anxieux même – comme noyé de douleur. Et je fus moins frappé par sa beauté que par l'étrange, l'inconcevable solitude qui se lisait dans ses yeux ! Obéissant à ce signal jaune, je tournai moi aussi dans la petite rue, et suivis ses pas. C'était une rue tortueuse et triste, et nous la suivions en silence, moi d'un côté, elle de l'autre. Et remarquez qu'à part nous, il n'y avait pas une âme dans cette rue. L'idée que je devais absolument lui parler me tourmentait, car j'avais l'angoissante impression que je serais incapable de proférer une parole, et qu'elle allait disparaître, et que je ne la verrais plus jamais. Et voilà qu'elle me dit tout d'un coup :
-Mes fleurs vous plaisent-elles ?
Je me rappelle distinctement le timbre de sa voix, une voix assez basse, mais qui se brisait par instants, et – si bête que cela paraisse – il me semblait que l'écho s'en répercutait sur la surface malpropre des murailles jaunes et roulait tout au long de la rue. Je traversai rapidement la chaussée et, m'approchant d'elle, je répondis :
-Non.
Elle me regarda avec étonnement, et je compris tout d'un coup – et de la manière la plus inattendue – que depuis toujours je l'aimais, j'aimais cette femme ! Quelle histoire, hein ? Naturellement, vous allez dire que je suis fou ?
[…]
- Oui, elle me regarda avec étonnement, puis au bout d'un moment, elle me demanda :
- Vous n'aimez pas les fleurs ?
Je crus déceler dans sa voix une certaine hostilité. Je marchais maintenant à côté d'elle, m'efforçant d'adapter mon pas au sien, et à mon propre étonnement, je ne me sentais aucunement embarrassé.
- Si, j'aime les fleurs, dis-je, mais pas celles-ci.
- Lesquelles, alors ?
- J'aime les roses.
Je regrettai immédiatement mes paroles, car elle sourit d'un air coupable et jeta son bouquet dans le caniveau. Je restai un instant déconcerté par son geste, puis je ramassai le bouquet et le lui tendis, mais elle le repoussa avec un sourire amusé, et je le gardai à la main.
Nous marchâmes ainsi quelque temps en silence. Puis tout à coup, elle me prit les fleurs des mains, les jeta sur la chaussée, glissa sa main gantée de noir dans la mienne, et nous nous remîmes en route côte à côte.
[…]
L'amour surgit devant nous comme surgit de terre l'assassin au coin d'une ruelle obscure, et nous frappa tous deux d'un coup. Ainsi frappe la foudre, ainsi frappe le poignard ! Elle affirma d'ailleurs par la suite que les choses ne s'étaient pas passées ainsi, puisque nous nous aimions, évidemment, depuis très longtemps, depuis toujours, sans nous connaître, sans nous être jamais vus, et qu'elle-même vivait avec un autre homme.

 

 

Vidéo :

Fragment du feuilleton Master & Margarita de Vladimir Bortko sous-titré en français.

Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-
Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-
Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-
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La dormeuse de Naples – Caroline Murat -2/2-

Publié le par Perceval

Le portrait de la '' Dormeuse de Naples '' est-il celui de Maria-Annunziata, dite Caroline Bonaparte... ?

Caroline est fière de sa beauté. Elle n'hésite pas à l'utiliser, tout comme sa sœur Pauline qui a posé nue pour Antonio Casanova, et qui réalise ainsi la magnifique ''Venus Victrix'' (1804-08).

Pauline sera à l'occasion la maîtresse de Murat...

Les Sœurs de Napoléon - Musée Marmottan Monet - Hector-Viger .La-toilette-avant-le-sacre

Parmi les amants de Caroline, citons :

* en 1804, Charles de Flahaut (1785-1870), militaire et diplomate français. Il est admis au service de Louis Bonaparte en 1801, puis de Murat en 1803, comme capitaine aide-de-camp. Mais, après sa liaison avec la femme de Murat, il est versé à l'état-major de Berthier en 1808. On lui attribue aussi les faveurs de Pauline Bonaparte.

Cependant, c'est avec Hortense de Beauharnais qu'il eut la liaison la plus durable, dont est issu un fils illégitime, Charles de Morny (1811-1865).

Officiellement Charles était le fils de Charles François Flahaut de La Billarderie, maréchal de camp, il était en fait le fils de Talleyrand. Sa mère, Madame de Souza, fut une romancière célèbre, d'une grande beauté, et avait la grâce de ces grandes dames des dernières années du XVIIIe siècle.

Les soeurs de Napoléon au couronnement...

* Jean-Andoche Junot ( frère d'armes de Joachim Murat ) est colonel général des Hussards, Grand Officier de l’Empire ; il a trente six ans et, depuis le 19 juillet 1806, est gouverneur de Paris. Pendant que Joachim est quelque part sur les champs de bataille, Junot réside à Paris avec Laure, sa jeune épouse ; « Laurette » pour les intimes. Caroline, sa sœur Pauline Borghèse et Laure sont amies. Toutes les trois ont envie de s’amuser. Au début de l’année 1807, lors d’un d’une soirée théâtrale organisée par les jeunes femmes, à la Malmaison, Caroline va avoir une liaison avec le mari de son amie « Laurette », le fringant et bel officier Junot. Pour cette faute, Napoléon expédiera Junot, à la tête d’une armée, conquérir le Portugal ; avant que Murat ne faillisse provoquer en duel son ami …

* A Naples, Caroline retrouve le sieur de La Vauguyon, une vieille connaissance, qui , à Paris, lui avait fait une cour empressée, mais en vain... le duc de La Vauguyon est le fils de l'ancien gouverneur du dauphin ( futur Louis XVI). Murat l'a nommé colonel-général de sa garde. Cette fois, comme elle a besoin de lui pour échapper à la surveillance de son mari, et l'espionner, elle le prend enfin pour amant. Quand le roi de Naples découvre la trahison, il révoque La Vauguyon sur-le-champ et le fait bannir d'Italie... Mais Caroline, ne tarde pas à le remplacer...

Mariage_de_Jérôme_Bonaparte_et_de_Catherine_de_Wurtemberg - Détail

* Il y aura Hector Daure (1774-1846) , ministre de la guerre à Naples... Mais, le préfet de police de Naples, Maghella remet à Murat des lettres prouvant la liaison de Daure avec sa femme Caroline : il est aussitôt révoqué et doit quitter l'Italie (1811) . Daure rapporte alors à Napoléon, certains agissements de Murat, qui affirme son indépendance quant à la politique française. L'Empereur fait arrêter certains conseillers de Murat avant de lui rappeler son rôle de vassal de l'Empire. Caroline est alors envoyée en France pour apaiser la colère de Napoléon.

En août 1813, Murat est invité par Napoléon à rejoindre son armée à Dresde, et Caroline est nommée régente en son absence. À ce moment, Metternich et ses représentants l'assurent que si Naples entrait dans la coalition contre la France, tous les membres de la coalition reconnaîtraient le royaume et ses souverains.

* 1813 : Murat écrit à sa femme de '' s'aboucher '' avec l’ambassadeur d'Autriche... ! Caroline n'avait pas attendu le service demandé ; elle est déjà la maîtresse du comte von Mier, beau jeune homme de vingt-six ans qui lui rappelle agréablement le comte de Flahaut. Avec von Mier, Caroline n'a pas hésité pas à trahir son frère Napoléon dans le dos de son mari Joachim !

* Mais, où certains ont jugé qu'elle avait « dépassé les bornes », c'est lorsqu'elle s'est donnée à l'un des ennemis les plus acharnés de Napoléon, l'Autrichien Metternich.

Elisa Bonaparte entourée d'artistes à Florence. 1813. Pietro BENVENUTI.

Le soir du 26 février 1815, Napoléon s'est évadé de l'île d'Elbe ; Murat décide alors de renouer avec lui et rêve alors de libérer l'Italie pour en devenir le roi. Caroline cherche à l'en dissuader, mais elle échoue: il quitte Naples le 17 mars 1815.

Devant cette rupture de l'alliance, Metternich rompt avec le royaume de Naples le 5 avril 1815, et demande à Caroline la reddition du royaume le 26 avril. Caroline refuse. Le 12 mai, les Anglais lui donnèrent l'ordre de quitter Naples... Le 22 mai 1815, Caroline est déclarée prisonnière de l'Autriche.

Elle meurt à Florence le 18 mai 1839, à l'âge de 57 ans.

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La dormeuse de Naples – Caroline Murat -1/2-

Publié le par Perceval

Ingres, étude pour la Dormeuse de Naples datée de 1808 (musée Ingres, Montauban).

Ingres, étude pour la Dormeuse de Naples datée de 1808 (musée Ingres, Montauban).

L’association secrète, qui s'est constituée à Paris, et que certains appellent '' A.A.A.A '' (Amicale des Anciens Amants d'Anunziata.) défend depuis toujours la même conviction : - le célèbre et mystérieux tableau d'Ingres : '' La Dormeuse de Naples'' représente la reine de Naples, Caroline Murat.

par François Pascal Simon Gérard -1807

Caroline Bonaparte (née Maria-Annunziata le 25 mars 1782 à Ajaccio, est morte le 18 mai 1839 à Florence) fut grande-duchesse consort de Berg (1806) puis reine consort de Naples (1808) par son mariage avec Joachin Murat

Elle est la plus jeune sœur de Napoléon Ier. Caroline est la seule qui se soit mariée (20 janvier 1800) par amour, mais cela ne l'empêchera pas de manipuler Joachim Murat toute sa vie.

« La reine [de Naples], disait Napoléon, a plus d'énergie dans son petit doigt que le roi dans toute sa personne. »

Pourtant, dès 1813, elle conforte Murat dans la défection de Naples à l'Empire … Elle n'hésite pas à prendre des contacts secrets avec les coalisés, notamment l'Autriche, dans l'espoir de conserver son trône de Naples, refusant, malgré son intelligence réelle, à prendre conscience que son trône ne pourrait survivre à ce frère à qui elle était redevable de tout. Ce faisant, elle porta un coup fatal à Napoléon et à l'Empire.

 

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a 28 ans lorsqu’il peint '' La Dormeuse '' : « Une femme de grandeur naturelle couchée nue, dormant sur un lit de repos à rideaux cramoisis », écrit-il. Elle est acquise en 1809 par le Roi de Naples, Joachim Murat est amateur de peintures, et collectionneurs de dessins et gravures érotiques... Et, le tableau est un nu. Le nu le plus nu qui se puisse : une femme réelle, avec une petite tache brune sur le mollet.... En grandeur naturelle, allongée sur un lit de repos, la tête s'appuyant sur le bras gauche qui repose sur un coussin, le bras droit replié par-dessus la tête...

La toile était signée en petites lettres bleues ombrées de noir ; « J. A. D. INGRES FACIEBAT. »

Ingres, dessin de mémoire représentant la Dormeuse de Naples figurant au verso d'une lettre adressée à Caroline Murat en 1832

En réponse à son mari, elle commande trois nouvelles toiles au peintre, dont '' La Grande Odalisque , aujourd’hui exposée au Louvre. Ces deux tableaux sont liés : d’un côté, une orientale, nue, vue de dos, de l’autre, une jeune occidentale, nue, vue de face.

Oui, mais ; Caroline Murat considérait le tableau comme pornographique, d'autant qu'elle était elle-même – et la rumeur s'en faisait l'écho - , le modèle du peintre, et bien sûr, Ingres le démentait.

Palais royal de Naples

En 1815, le souverain est renversé. Caroline Murat s'enfuit sans ses biens. Depuis cette date,''La Dormeuse'' manque… Le tableau a disparu après le pillage du palais du roi de Naples et n'est connu que par des études préparatoires, un dessin fait de mémoire par Ingres et une photo ancienne d'une étude peinte, donnant une idée de l'œuvre d'origine.

En 1832 Ingres fait une requête par courrier, auprès de Caroline Murat, afin de récupérer la toile pour l'exposer au Salon de 1833, mais sans succès.

On a dit que le tableau était chez madame de Narbonne, qui l'avait sauvé, dans la tourmente révolutionnaire de 1815, en le faisant mettre à la résidence de France. En 1861, le photographe italien Teodorico rapporte en 1861 que Monsieur Théodore Géricault, le tenait dans son atelier à Paris : « Je l'y ai vue. Il ne la montrait à personne. J'ai dû soulever le drap en cachette. »

Véronique Burnod, conservateur en chef du patrimoine affirme qu'il se cache très certainement dans un musée de Naples derrière une oeuvre médiocre, faussement attribuée à un peintre baroque.

Caroline et ses enfants par François Gérard, vers 1808

Caroline et ses enfants par François Gérard, vers 1808

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La vie de Palace à Aix les Bains – 3/.- ''Le Lac'' de Lamartine

Publié le par Perceval

Abbaye d'Hautecombe, la nuit sur le Lac du Bourget

Il y a exactement 200 ans, naissaient sous la plume d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) les strophes du célèbre poème "Le Lac". Nous avons effectué à cette occasion, une ''croisière'' nocturne sur le lac du Bourget nommée ''Les amants du lac ''. Sur les notes de "La Jeune Fille et la Mort" de F. Schubert interprétées par un quatuor de musiciens, dialoguaient les mots même du poète portés par un récitant... Ils nous ont fait revivre la force de l'amour et la douleur de la séparation. Un très beau moment romantique.

 

En Octobre 1816, Alphonse de Lamartine, dépressif, vient prendre les eaux et le bon air à Aix-les-Bains.. Il trouve dans ce décor, à la fois puissant et apaisant, le calme et le repos...

Lamartine fait la connaissance de Julie Charles, une pensionnaire malade qui fréquente les thermes : « un profil pur, pâle, transparent, encadré dans les ondes noires d'une chevelure lisse et collée aux tempes ».

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'un homme politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

Jeune homme oisif et séducteur, Lamartine voyage en Italie et occupe une éphémère fonction militaire auprès de Louis XVIII.

Julie Charles (Paris, 1782 ou 1784 - Paris, 1817), née Julie Bouchaud des Hérettes, appartient à une famille de planteurs de Saint-Domingue, elle a épousé Jacques Charles, un célèbre physicien français. Lamartine fera passer sa muse à la postérité sous le nom d'Elvire.


 

Lamartine, donc, loge dans une pension en haut de la ville. Dans la chambre voisine réside une jeune femme, Julie Charles. Elle souffre de tuberculose pulmonaire, et se sait condamnée. Au cours d'un voyage à Hautecombe, sur le lac soudain en tempête, le poète sauve Julie d'une barque en perdition. Leur idylle éphémère et passionnée, plus désespérée qu'adultère, sera l'emblème de l'amour tel que le concevra le XIXème siècle.

 

Leur amour, scellé lors d'une tempête, est impossible car Julie est mariée.

Les deux amants font de nombreuses promenades en barque sur le lac du Bourget. Ils se réfugient dans la Grotte Bourdeau loin du monde et hors du temps.


 

Lamartine part le 26 octobre. Il revient à Aix l'été suivant 1817, fidèle à leur promesse commune, Lamartine vient retrouver Julie à Aix ; elle n'est pas au rendez-vous, trop malade pour faire le voyage. Le jeune homme est seul en ce mois de septembre ; il fait de longues promenades sur les lieux qui ont bercé leur amour et durant ces heures d'anxieuse attente, confie à sa plume sa mélancolie. Julie ne peut plus quitter Paris, elle meurt trois mois plus tard. 

"O Lac, l'année à peine a fini sa carrière, Et, près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde, je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir !"

"Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : "Ils ont aimé !"

Ce drame inspire Lamartine, les vers les plus passionnés de ses '' Méditations poétiques ''. Le poème '' Le lac '' aborde un thème encore assez méconnu à l’époque; celui des sentiments personnels, il marque le premier manifeste du romantisme français. Lamartine incarne cette première forme de la liberté d’expression. De jeunes auteurs, comme Victor Hugo ou Alfred de Musset sont littéralement séduits par la musicalité et la richesse des rimes de ses poèmes extrêmement modernes pour l’époque. Ce recueil, et aussi le roman "Raphaël", feront d'Aix-les-Bains, dans l'esprit du grand public, le paysage romantique par excellence.

Aujourd'hui, après être passé devant la jolie mairie et, laissé sur la droite un petit kiosque à musique, on parvient place Carnot. Ses maisons élégantes aux crépis colorés, à la mode italienne, lui confèrent un visage attrayant. Sur la gauche, une parfumerie a remplacé la pension Perret, où Lamartine logea en 1820, 1823 et 1830.

En 1820 y furent négociées les clauses de son contrat de mariage avec Mary-Ann Birch, une Anglaise « pleine d'agrément ». Avec elle, il viendra en villégiature dans la belle villa Chevalley que l'on découvre au-dessus des thermes, facilement accessible par un sentier bien balisé. Hélas abandonnée (l'État propriétaire envisagerait d'en faire un centre culturel ou administratif...), cette bâtisse carrée, sans affectation, jouit d'une vue superbe sur les pentes d'Aix et sur le lac.

En redescendant par le nord, on emprunte le boulevard des Côtes, bordé de villas cossues. Au numéro 10 se dresse le musée Faure, justement réputé pour sa merveilleuse collection impressionniste. Au dernier étage de l'élégant bâtiment, reconstitution évocatrice de la chambre de l'écrivain à la pension Perrier.

 

Le recueil des Méditations est publié en 1820 et obtient un succès fulgurant. Lamartine épouse la même année Mary Ann Elisa Birch, une jeune Anglaise, et occupe des fonctions de secrétaire d'ambassade en Italie avant de démissionner en 1830.

Alphonse de Lamartine revient à Aix-les-Bains et séjourne plusieurs fois à Châtillon à l'été 1819, rencontre le baron Hyacinthe Rambert de Châtillon. C'est à cette même période, qu'il demande la main d'Elisa Birch. Le château inspire une des Méditations poétiques de Lamartine, « La Retraite ».


Des personnalités ont séjourné à Aix-les-Bains :

En 1811, Madame de Staël, lasse de Coppet, vient à Aix retrouver Madame Récamier, et Benjamin Constant qui devient son amant. 
En 1832, Alexandre Dumas Père croise Honoré de Balzac, qui écrit à Aix "Le Médecin de campagne". 


George Sand situe autour du lac du Bourget l'action de "Mademoiselle La Quintinie". 
Sous Napoléon III, Marie de Solms, exilée de Paris, tient salon littéraire. 
Guy de Maupassant vient à Aix, Verlaine aussi qui souffre d'arthrose du genou. Puis Puvis de Chavannes, Sarah Bernhardt, Saint-Saëns, Rachmaninov, Jean Moulin, Bergson, Edwige Feuillère, Claudel, Yvonne Printemps, Pierre Fresnay. 
Et qui n'a pas chanté là ? Mistinguette, Trénet, Montand, Line Renaud, Luis Mariano, Chevalier, Brassens, Piaf, Aznavour...

Mais la reine d'Aix-les-Bains, c'est la reine Victoria, qui venait là incognito sous le titre de Comtesse de Balmoral. Elle se plaisait tant à Aix, pour l'eau, pour le climat, qu'elle voulut en 1888 acquérir un domaine sur la colline de Tresserve pour construire une résidence. Ce projet ne se réalisa pas.

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La vie de Palace à Aix les Bains – 2/.-

Publié le par Perceval

La vie de Palace à Aix les Bains – 2/.-

Le rattachement de la Savoie à la France, la nouvelle ampleur donnée à l’établissement de bains, l’arrivée du chemin de fer à Aix et la construction d’une gare à proximité du centre ville, donnent une impulsion décisive au développement de la ville. Une véritable fièvre constructive s’empare alors de la station, se traduisant par l’aménagement de nouveaux équipements et l’érection d’hôtels, de palaces et de villas rivalisant d’ostentation et de luxe.

Dans le hall du '' Grand Hôtel '', un groom s’active derrière une jolie femme en crinoline et le concierge derrière son comptoir s’affaire à réserver une table au casino pour ses clients fortunés.

Les nouveaux arrivants montent dans l’ascenseur,  pour découvrir leur chambre disposée autour de l’atrium sous une sublime verrière. Des habitués, entrent et sortent, ou déambulent le long des coursives..

 

Alors que les pensions et les hôtels de la première moitié du XIXe siècle avaient investi des bâtiments préexistants, les établissements ouverts dans la seconde partie du siècle donnent lieu à de nouvelles constructions. Les premiers grands hôtels sont bâtis au centre ville. Le Grand Hôtel d’Aix, achevé en 1857, s’installe entre le casino Grand-Cercle et les thermes.

A la fin du XIXe siècle, villas et palaces investissent les points hauts de la ville situés à l’ouest, de manière à jouir de l’ensoleillement et du paysage. Commandités par Gaudens Rossignoli, les trois palaces Rossignoli, Splendide (1884), Excelsior(1906) et Royal (1914) , sont bâtis sur les hauteurs de la ville.

Pour accéder au plateau du Revard, en 1892 on installe un chemin de fer à crémaillère reliant le centre ville d’Aix-les-Bains au Revard. La gare de départ, aujourd’hui disparue, est située au sud-est du parc thermal, à l’emplacement actuel du palais des Congrès.

 Dès l’inauguration du chemin de fer à crémaillère, un chalet-restaurant en 1892, puis deux chalets-hôtels en 1893-1894, ouvrent leurs portes sur le plateau du Revard.

Adossés à la pente, le chalet-restaurant et les deux chalets-hôtels privilégient une orientation vers le sud-est, c’est-à-dire vers le soleil et vers le panorama des montagnes, aux dépens de la vue sur le lac visible depuis le sommet.

Le Revard est alors fréquenté à la fois de manière journalière par des étrangers venus d’Aix-les-Bains en excursion, et à la fois de manière plus prolongée par des baigneurs et des convalescents auxquels les médecins recommandent le « bon air » après la cure

 

Au cours des XIXe et XXe siècles, deux ports sont progressivement aménagés. Ils permettent dans un premier temps le transport des marchandises, puis celui des personnes, avant d’accueillir des bateaux d’excursion et de plaisance.

Au ''Grand port '', l’apparition des premiers bateaux à vapeur en 1839 coïncide avec celle des premières excursions organisées pour les villégiateurs.

A la fin du XIXe siècle, baigneurs et étrangers fréquentent quotidiennement les bords de lac, pour de simples promenades ou des excursions en bateaux. Grand Port et Petit Port deviennent facilement accessibles par le service de tramways reliant le centre historique, actif entre 1896 et 1908. Mais si ces deux ports deviennent des lieux de plaisance, ils ne deviennent pas pour autant de véritables lieux de villégiature s’incarnant dans la présence de villas.

Sources : Elsa Belle ( les Carnets de l'inventaire – Service régional)

A suivre avec Lamartine ....

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