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Destin de femmes, et fascisme, en France

Publié le par Perceval

Pour ce qui est, en France, des femmes et de la collaboration ; nous retenons plutôt le comportement de quelques jeunes filles, concubines de soldats allemand, et « tondues » après la libération …

Mireille-Balin.jpgAinsi, Mireille Balin, considérée comme l'une des plus belles actrices françaises d'avant-guerre (elle était alors en couple avec Tino Rossi). Pendant l'Occupation, elle tombe amoureuse d'un jeune officier allemand. Et c'est en essayant de fuir en Italie avec lui en 1944, qu'elle est arrêté par des Résistants, battue et violée (son amant fut fusillé). Elle mourut malade et totalement oubliée en 1968...

La documentation semble rare concernant les femmes qui ont collaboré. Leur témoignage est exceptionnel, sont connues: les mémoires des actrices Corinne Luchaire , de Mary Marquet, ou de la jeune milicienne du sud de la France Fabienne Frayssinet.

 

Fabienne Frayssinet : « Les filles inscrites à la Milice avaient, pour la plupart, donné leur signature par obéissance à leur père ou à leur mari, ou par esprit de solidarité, tandis que mon adhésion a été volontaire et réfléchie.», écrit-elle validant le stéréotype de la milicienne dominée, soumise, en politique comme dans la vie, aux volontés de l’homme. Elle est d’une autre espèce : elle plaide coupable, refuse d’exprimer ses regrets à l’audience à la demande du Président, et développe une « défense de rupture» en se revendiquant ennemie déclarée d’un régime républicain qu’elle combat depuis 1936 dans les rangs du Parti social français. En 1944, elle a rejoint la section féminine de la Milice par « devoir de chrétienne » d’abord, et par anti-communisme : « Je suis anti-communiste […] parce que le communisme est athée et que je suis chrétienne.»

 

Corinne LuchaireCorinne Luchaire, est condamnée à dix ans d'indignité nationale, plutôt en raison du comportement de son père, jugé coupable de collaboration.

En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, Corinne Luchaire, alors âgée de 18 ans, décroche le rôle principal du film «Prison sans barreaux» de Léonide Moguy. Le film est un succès et Corinne devient une vedette prometteuse. Elle enchaîne six tournages en deux ans. Mais la guerre met un terme à sa carrière.

Son père n'est autre que l'ambitieux Jean Luchaire, journaliste de gauche devenu patron de la presse collaborationniste. Pleine d'admiration pour son père, aveugle à la tempête qui déferle sur l'Europe. Légère, bien trop légère, Corinne Luchaire court les fêtes, fréquente l'ambassade d'Allemagne, s'éprend d'un officier autrichien avec lequel elle a une petite fille. Elle accompagne son père à Vichy. Elle le suit même jusqu'à Sigmaringen, où elle retrouve Pétain, Céline et quelques autres. Plus dure sera la chute. Jean Luchaire est fusillé à la Libération. Sa fille chérie passe elle aussi par la case prison. Frappée d'indignité nationale, tuberculeuse, démunie, oubliée, elle meurt en 1950. Elle n'a pas vingt-neuf ans.( source : Denis Cosnard )

 A noter, au passage … Le Duc et Wallis Simpson, future Duchesse de Windsor, admiraient Hitler et le soutinrent toute leur vie.Nazi_Windsors.jpg

 

 

1938: Hitler est désigné par le Time Magazine, "HOMME DE L 'ANNEE", sa copine la Duchesse Wallis l'avait été en 1936, Laval Aussi...comme quoi....

 

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Il y a un siècle : Louise Breslau, Femme peintre

Publié le par Perceval

Louise breslau autoportrait 1904
Louise Breslau autoportrait 1904

 

 

Peintre, pastelliste, dessinateur, graveur, Marie Louise Catherine Breslau dite Louise Breslau est née le 6 décembre 1856 à Munich, Louise Breslau étudie la peinture en Suisse avant de prendre conseils auprès de Degas (1834-1917) et Jules Bastien-Lepage (1848-1884).

Madeleine Zillhardt, qui a été considérée l'une des plus originales décoratrices de son temps, sera sa compagne fidèle, modèle, muse et protectrice pendant toute sa vie et qui, après la mort de Breslau en 1927, fera tout son possible pour perpétuer sa mémoire.


Louise breslau les amies

Elle choisit volontairement la peinture comme profession, veut se former , apprendre, puis s’assumer professionnellement comme artiste. Ne venant pas d’une famille suffisamment aisée, elle doit vraiment peindre pour vivre. Une nouveauté que même les critiques contemporains souligneront.

atelier de l'Académie Julian 1889
Atelier de l'Académie Julian 1889Avec entre autres :  -Louise Breslau -Marie Bashkirtseff -Madeleine Zillhard -Anna Elizabeth Klumpke -Hermine David. -Agnes Goodsir

 Elle s'inscrit à l'Académie Julian qui vient d'ouvrir ses portes aux femmes et démocratise un peu l'enseignement où les maîtres de quelque renommée ne prenaient dans leur atelier personnel que de rares privilégiées fortunées. Elle y rencontre la Russe Marie Bashkirtseff, la Française Jenny Zillhardt, la Suisse Sophie Schaeppi et l'Irlandaise Sarah Purser. L'amitié de ces trois dernières l'accompagnera toute sa vie. 

En 1879, Louise Breslau emménage avec Sophie Schaeppi et la chanteuse Maria Fuller dans un grand appartement situé avenue des Thermes, créant ainsi une de ces nombreuses petites communautés féminines qui vont fleurir jusque dans les années 1910. C'était un moyen astucieux pour partager les frais de location d'appartement et de modèles, pour se garantir un soutien moral, une vie sociale et une vie affective et parfois amoureuse. 

En 1884 elle rencontre Madeleine Zillhardt à l'Académie Julian, qui lui demande de faire son portrait. Dès le début un lien fort se crée entre les deux femmes.

louise breslau 1 Madeleine-Zillhardt-by-Louise-Breslau--1895.jpg
Madeleine Zillhardt: La toilette, 1898, par Breslau Madeleine Zillhardt par Louise Breslau, 1895

Après une brève liaison avec le sculpteur Jean Carriès en 1886, Louise Breslau choisit de partager sa vie avec Madeleine Zillhardt et en 1902 elles vont habiter ensemble dans leur atelier à Neuilly-sur-Seine.

Louise breslau contre jour Louise breslau contre jour visuel péniche
Louise Breslau The Artist and Her Model Geneva. 1921 Louise Catherine Breslau 1912

Louise breslau Intimité

Louise Breslau, Intimité

Louise breslau le thé 1883Louise Breslau, Le thé 1883

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Destin de femmes, et fascisme -2-

Publié le par Perceval

D'autres destins de femmes allemandes, en ces périodes troublées:

Thea von HarbouFritz Lang, refuse de collaborer à la propagande, et préfère s’exiler aux USA le 28 mars 1933. Sa femme, Thea von Harbou, qui avait travaillé et écrit les scénarios avec lui - à plusieurs de ses grands films - choisit de rester et de collaborer.

Il est intéressant de savoir que depuis 1931, elle était la maîtresse de Ayi Tendulkar, indien, adepte de la non-violence de Gandhi et fervent nazi ( ! ... ) et dix-sept ans de moins qu'elle. Fritz Lang, lui, entretenait une liaison avec l'actrice Gerda Maurus.

Pendant la période nazie, Thea von Harbou revint à son premier métier (romancière), elle adhéra au NSDAP en 1940.

Zarah Leander
Zarah Leander, suédoise et germanophile devient l'égérie du cinéma allemand de la période nazie, à la demande de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande (« rôle » précédemment refusé par Marlène Dietrich)

 

 

 

 

Marlène Dietrich, la vedette de l’Ange bleu, jusqu’alors peu connue partit aussi aux States en compagnie de son réalisateur attitré Josef von Sternberg.

 

Adolf Hitler und Leni Riefenstahl
Depuis mai 1932, le Fürher noue une amitié avec l'actrice et danseuse Leni Riefenstahl. Celle-ci devient la réalisatrice officielle des films de propagande du régime nazi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme de nombreux jeunes, Leni Rifensthal (1902-2003) fut séduite par la dimension esthétique de l'ordre nazi. Elle mit au service de la propagande, son art photographique et cinématographique.

 

Gertrud Scholtz-Klink en 1934Âgée d’à peine 18 ans, Gertrud Scholtz-Klink (

1902-1999 – née Treusch) est une nazie fervente. Membre du NSDAP, elle épouse un ouvrier, et accouchera de six enfants avant le décès de ce dernier. Aux yeux des cadres NSDAP, le martyre du mari et le physique « germanique » de l’épouse font de Gertrud la candidate idéale pour le poste de Reichsfrauenführerin (Leader des Femmes du Reich) de la section berlinoise du Parti. Elle accède au poste en 1929 et, en 1932, épouse Günther Scholtz, un médecin campagne. Lorsque Hitler prend le pouvoir, en 1933, elle est confirmée dans son rôle de Reichsfrauenführerin et Cheftaine de la Ligue des Femmes Nazies.

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Destin de femmes, et fascisme -1-

Publié le par Perceval

Au cours de périodes troublées, des destinées d'hommes et de femmes, prennent un tour particulier. Rencontres, choix politiques, religion ou sexe... : ce sont aussi des déterminismes qui vont entraîner l'une ou l'autre vers un « destin » …

Durant les cent ans passés, la proximité de ces destins m'interpellent. Ainsi, ces années qui annoncent et préparent les totalitarismes fascistes et communistes.

En Allemagne, la « république de Weimar », notamment entre 1918 et 1933, bouleverse l'émancipation des femmes, et le sort de beaucoup d'entre elles.

 

Cela commençait bien :

Clara-zetkin.jpg
Clara Zetkin, figure de proue du mouvement féministe allemand, est députée au Reichstag de 1920 à 1933 et préside même l'assemblée en qualité de doyenne. Entre 1919 et 1932, on compte au total 112 députées (soit entre 7 et 10 % des élus) et dans les années 1920 on relève entre 400 et 500 femmes élues au niveau local et national (notamment dans les parlements régionaux)

«  La Constitution de Weimar du 19 janvier 1919 (dont l’Assemblée constituante compte plusieurs femmes parmi ses députés, à l'instar de Gertrud Bäumer) proclame leurs droits de vote et d'éligibilité (articles 17 et 22), l'égalité des sexes en matière civique (art. 109), la non-discrimination des fonctionnaires de sexe féminin (art. 128), la protection de la maternité (art.19) et l'égalité des époux dans le mariage (art. 119). Elles sont ainsi les premières femmes d’un grand État européen à obtenir le droit de suffrage... » Wiki

 

 

Le NSDAP ne réserve aucune place pour les femmes dans ses rangs. Dès sa création, le Parti nazi affiche explicitement cette position par un choix délibéré : lors du tout premier rassemblement général des membres du NSDAP, début 1921, une résolution est votée prévoyant « qu’aucune femme ne peut être admise à la direction du Parti ni dans le comité administrateur »

 

Un article du Munchener Post, daté d’avril 1923, déclare que « les femmes sont éprises d’Hitler ». Le Führer est d’ailleurs le premier à reconnaître avoir « systématiquement adapté » ses discours « au goût des femmes qui, depuis le début, comptent parmi ses plus fervents admirateurs » (Albert Zoller.Hitler privat – Düsseldorf, 1949).

 

Magda-Goebbels-1933.jpgEn 1933, une journaliste anglaise du Daily Mail se rend à Heilingendamm pour y interviewer Magda Goebbels, la « Femme Allemande Idéale ». Frau Goebbels raconte à la journaliste que les descriptions anglaises de la situation de la femme en Allemagne sont grandement exagérées : « Les femmes Allemandes ont été exclues de trois professions : l’armée, comme partout dans le monde ; le gouvernement ; et la magistrature. Si la fille Allemande doit choisir entre mariage ou carrière, elle sera toujours encouragée à se marier, car c’est ce qu’il y a de mieux pour une femme » (cf. Vossische Zeitung, 6 juillet 1933 – Wiener Library Clipping Collection)

 

 <- photo: Magda Goebbels en 1933

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La nuit. Ferdinand Hodler

Publié le par Perceval

Un homme est réveillé en pleine nuit par un spectre - la mort - qui lui grimpe dessus. A ses côtés dorment six personnages. A y regarder de près, l'homme est trois fois le même, les femmes aussi. Le paysage est minéral, irréel, les couleurs atones. Si c'est un cauchemar, il se déroule au ralenti, dans une terreur muette. 

Ferdinand_Hodler-La-Nuit--Berne--Kunstmuseum.jpg

Tableau autobiographique, La Nuit peinte par Ferdinand Hodler à partir de 1889, occupe une place charnière dans l'oeuvre de l'artiste.

 

"Le groupe central montre le peintre affolé par la forme noire - symbole de mort - qui tente de l'écraser. Très marqué par la perte précoce de ses parents, l'expérience de la mort se répercutera souvent dans ses sujets. A cette angoisse s'ajoutent les problèmes qui agitent sa vie sentimentale. Deux femmes se partagent son existence et sont parfaitement identifiables sur le tableau.

Augustine Dupin, sa maîtresse en titre, incarne le sommeil solitaire en bas à gauche. Première compagne de Hodler elle se montra vaillante et loyale dans les années difficiles. A l'opposé, sur la droite, la femme nue vue de dos est Bertha Stucki, une ravissante jeune femme dont il s'est amouraché au cours de l'été 1887. Il l'épouse en 1889 mais le divorce est prononcé deux ans plus tard. Union passionnelle et principalement charnelle, il exprime son attachement à la beauté du modèle en présentant les courbes élégantes de son corps au premier plan du tableau.

En haut, à gauche, le groupe de trois dormeurs réunit Hodler et les deux femmes. Mais visiblement l'artiste ne trouve pas le sommeil. L'apaisement ne vient que dans la dernière mise en scène du peintre, en haut à droite, enfin seul et endormi.

Le réalisme des nus et les attitudes de ces couples enlacés de La Nuit suscitent un scandale à Genève en février 1891. Le tableau est exclu de l'exposition genevoise des Beaux-Arts.

Sophie Cachon - Telerama n° 3026 )

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Ferdinand Hodler et Valentine Godé Darel

Publié le par Perceval

Ferdinand Hodler (1853-1918) est un des peintres majeurs du symbolisme. Sa force créatrice, son goût pour le décors et une peinture simplifiée le rapprochent de Rodin et de Puvis de Chavannes, maîtres incontestés auxquels il est alors souvent comparé.

Ferdinand-Hodler-et-Valentine-Gode-Darel.jpg

Ferdinand Hodler rencontre Valentine Godé-Darel en 1908. Il est un artiste respecté et reconnu. Valentine est très différente des femmes que le peintre a rencontré précédemment : elle est peintre sur porcelaine, indépendante, sensuelle et instruite... Ferdinand Hodler peint Valentine, non pas comme un modèle, ou une muse … Il peint une femme - face à face - à égalité de point de vue . Leur relation n'est pas sans controverse et sans conflit, mais ils réalisent une expérience amoureuse unique. 

Ferdinand_Hodler_Joyous-Woman-2.jpg Ferdinand_Hodler_Joyous-Woman-1.jpg
Ferdinand Hodler "Joyous Woman " 
Valentine
Ferdinand Hodler "Joyous Woman " 
Valentine


Le cancer frappe Valentine en 1912 ; elle est âgée de 40 ans, après une relation de cinq ans, ils attendent un enfant. L'enfant vient au monde en Octobre 1913, il s'agit d'une fille, et qu'ils appellent Pauline.

Avec plus de 50 peintures à l'huile, 130 dessins et 200 croquis du peintre, il est possible de suivre l'avancée de la maladie et la mort de sa bien-aimée Valentine Godé Darel: La documentation infatigable et la précision impitoyable avec laquelle il peint les ravages du cancer peut être considéré comme une représentation d'un sentiment d'horreur à la vue de la souffrance et de la mort.

valentine_gode_darel_krankenb_hi.jpg Valentine-Gode-Darel-malade.JPG
ferdinand_hodler-Valentine-1914.jpg ferdinand_hodler-Valentine.jpg


« Jour après jour, … l'attention forcenée de Hodler s'applique à la tête de la jeune femme. Obstiné lui-même, parfois jusqu'à l 'épuisement, à traquer les progrès du mal sur les traits, les creux, l'os qu'il aime.

C'est la tête jeune ( 42 ans ) qui meurt, c'est le vieillard ( 61 ans ) salubre qui peint. Ensuite il y a la maladie qu'on sait intraitable, incurable, l'arrêt de mort ne se discute pas. A ce verrou bute l'horreur. Comme si quelque chose d’essentiellement humain et d'inhumain de jouait devant nous, - et inéluctable, pour le couple.

Il y a l’effroi de la douleur de l'aimée, de sa solitude devant la mort, de l'inutilité de tout effort pour la sauver ou alléger sa souffrance. Et il y a l'amour blessé, la passion du peintre âgé pour cette femme que le mauvais destin lui arrache. » Jacques Chessex ( Les têtes )

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Le 26 Janvier 1915 meurt Valentine Godé-Darel. Ferdinand Hodler est lui-même un homme malade, rongé par le chagrin, il ne se remit jamais et mourut le 19 Mai 1918 à Genève.

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Ferdinand Hodler: Coucher de soleil sur le lac Léman 1915

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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Colette Peignot -2-

Publié le par Perceval

Bataille et sans doute Dora Maar, eux, étaient bien présents, dans ces manifestations antifascistes de février 34. A cette époque, Bataille a sans-doute beaucoup rencontré Simone Weil. Il la connut assez pour en faire le personnage de Lazare dans son roman Le Bleu du ciel, il aurait dit de Simone Weil qu'elle était « plus fêlée qu'elle ne le croyait elle-même ». Ce propos est rapporté par Laure Adler, dans la conclusion de son récit biographique...

cafe-du-Dome-annees-trente.jpgBataille et Colette Peignot deviennent amants en 1934, alors que Colette est avec Souvarine.

Simone Weil est très liée au couple Boris Souvarine-Colette Peignot ; et ensuite mêlée de très près à la dramatique rupture entre Boris et Colette. Après sa fugue de l'été 34, Colette se réfugie chez Simone Weil. Le docteur Weil ( le père de Simone ) fait hospitaliser Colette dans une clinique. Les deux femmes se connaissent bien ( voir correspondance ).

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Simone Weil ( 1909-1943 )
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Colette Peignot ( 1903-1938 )
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Souvarine ( 1895-1984 )

Grâce à Souvarine, Simone Weil obtient sa première embauche comme ouvrière dans une usine du 15ème ar. Boris et Simone se virent souvent et entretinrent une correspondance régulière.

 

Colette Peignot et Simone Weil semblent si … opposées, enfin ...apparemment. Colette place sa révolte dans l'absolu d'un amour consumé, humilié, traversé. « Je veux boire votre sang à votre bouche », disait-elle à son premier amant, Jean Bernier, un ami de Drieu et des surréalistes. Dès 1927, c'est une suite d’errances et de sanatorium... Elle est à Berlin, avec Edouard Trautner, un médecin et poète expressionniste, ami de Brecht... Ensuite, elle partage la vie de Boris Souvarine, l'ancien compagnon de Lénine, qui représente la pureté communiste face aux dévoiements staliniens. Il l'envoie à Moscou recueillir des preuves à charge contre le régime ...

Peut-être est-il osé de rapprocher celle qui provoque anonymement les hommes dans les trains de nuit, avec son amie «  la vierge rouge ». Leur point commun serait l'ascèse. Ne partagent-elles pas une même conception de la souffrance ( comme valeur cognitive) et, au fond, cette volonté d'être des « parfaits » face aux « pharisiens ». Il leur arrivera, à l'une comme à l'autre, d'écraser dans leur paume une cigarette allumée.. !

En 1938, la tuberculose se réveille. Colette Peignot ( la "Laure" de G. Bataille ) meurt à 35 ans.

« Laure, la sainte de l'abîme », d'Elisabeth Barillé

 

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Lycée Molière 1937:  Bianca Bienenfeld et Simone de Beauvoir à côté.  © Famille Segal

 

 

 

 

 

 

Simone de Beauvoir enseigne au lycée Molière ( Paris ) de 1936 à 1939 ; elle en est renvoyée suite à sa liaison avec Bianca Bienenfeld. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 1935 et 1937, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Anne ou quand prime le spirituel). Dans le récit : Chantal, jeune professeure, voit sa vie comme un roman dont elle serait l'héroïne, se berçant de spiritualité et d'illusions, totalement déconnectée du réel.Simone de Beauvoir constate l'influence néfaste du spiritualisme sur les jeunes filles engoncées dans une société sclérosée, elle dénonce des vies gâchées; on y sent la fin d'une époque où la femme n'est qu'un objet obéissant, qui se sacrifie pour les autres.


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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Dora Maar -1-

Publié le par Perceval

6_fevrier_1934-manifestation-des-camelots.jpgDébut des années 30, la crise économique est suivie – en France – d'une crise politique avec une défiance pour la classe politique impliquée dans les scandales financiers

le populaire 6 fevr 1934 la Une
Le 6 février 1934: les camelots marchent sur l'Assemblée Nationale

( et qui ne se renouvelle pas, malgré l’instabilité de la 3ème république) et d'une crise sociale... Devant la montée des extrémismes, de la xénophobie et de l'antisémitisme ; comment se situent les intellectuels, ou les élites artistiques … ?

 

M'interrogeant ainsi, à un siècle de distance ; j'observe, dans ce décor, en plus gros plan, les biographies de trois femmes d'exception : Simone Weil, Simone de Beauvoir et Dora Maar , cette dernière regroupant plusieurs destinées à l'intérieur du surréalisme …

 

Les trois jeunes femmes se sont peut-être rencontrées, au cours de manifestations en février 1934, après la marche contre la Chambre des Députés, des ligues de droite du 6 février 1934. Et, c'est par l'intermédiaire de l'association d'extrême-gauche, Masses, soutenue par Simone Weil, que Dora Maar rencontre Georges Bataille membre de cette association depuis octobre 1933. André Breton, dans cette association rédige un tract « Appel à la lutte » pour réagir au coup de force des camelots …

Même si, Simone de Beauvoir ( et Sartre ) - et de son propre aveu - a été aveugle à toute politique pendant les années trente...

Simone de Beauvoir et sartre 1929 Georges-bataille.jpg
Simone de Beauvoir et Sartre 1929 Bataille est un homme hanté par la mort et la souillure, dont la vie est faite d’un mouvement « de va-et-vient de l’ordure à l’idéal et de l’idéal à l’ordure »

A l'opposé, Simone Weil et dès l'Ecole Normale Supérieure, est surnommée « la vierge rouge » par le directeur Célestin Bouglé , qui la décrit comme un mélange d'anarchisme et de calotine. Elle ne fait pas l'unanimité, ni auprès du corps enseignant, ni auprès des autres élèves... Dans son dossier d'inscription à l'école, le philosophe Alain avait écrit : « Excellente élève ; force d'esprit peu commune ; ample culture ; réussira brillamment si elle ne s'engage pas dans des chemins obscurs ; dans tous les cas sera remarquée »

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Simone Weil Dora Maar

Simone de Beauvoir se dit intriguée par sa condisciple, " à cause de sa réputation d'intelligence et de son accoutrement bizarre... Une grande famine venait de dévaster la Chine, et l'on m'avait raconté qu'en apprenant cette nouvelle, elle avait sangloté : ces larmes forcèrent mon respect plus encore que ses dons philosophiques."

Elle écrit encore dans ses « mémoires d'une jeune fille rangée » : «Tout en préparant normale, elle passait à la Sorbonne les mêmes certificats que moi. Elle déambulait dans la cour de la Sorbonne escortée par une bande d'anciens élèves d'Alain. Je réussis un jour à l'approcher. Je ne sais plus comment la conversation s'engagea : elle déclara d'un ton tranchant qu'une seule chose comptait aujourd'hui sur terre, la révolution qui donnerai à manger à tout le monde. Je rétorquai, de façon non moins péremptoire que le problème n'était pas de faire le bonheur des hommes, mais de trouver un sens à leur existence. Elle me toisa : on voit bien que vous n'avez jamais eu faim, dit-elle ! Nos relations s'arrêtèrent là ».

Voir aussi:

 L’attention selon s. Weil

 L’attention selon s. weil - «Quand on fait vraiment attention à quelque chose, de toute son âme, cette chose se donne à vous». 

 S. Weil… Loin d'une religion « consolatrice »…

 S. weil… Loin d'une religion « consolatrice »… - Comment avec le Christ, est-on passé d'une religion au service des besoins de l'homme ( consolatrice ), à une religion qui élève…

 

 


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Du côté de Dora Maar (3) La femme qui pleure

Publié le par Perceval

picasso-Minotaure et femme (Dora Maar) 2

de PICASSO: le minautore et Dora Maar. 

*****

« La peinture n'est jamais chaste » Picasso. Les femmes seront pour le peintre des « voies de passage » de sa créativité.., elles lui donneront la force d'avancer au risque de se perdre elle-même et d'en mourir …

Le tableau, «  Le Minotaure ... » reflète la nature de la relation que Picasso entretient avec Dora Maar . Quand ils se rencontrent, il 54 ans et elle, 28. Ils deviennent amants, sans que Picasso ne rompe avec Marie-Thérèse dont il a une fille Maya. Dora accepte tout «  encline aux orages et aux explosions », dira d'elle Brassaï.Dora-Maar-chez-elle.jpg


Cette époques se caractérise par ses années de plomb... La guerre d'Espagne, picasso se lance dans l’aventure de Guernica (1937 ). Dora photographie la progression de l’œuvre ; ils sont tous les deux dans une fusion créatrice... La nature d'ogre de Picasso, ne supporte pas le talent de Dora ; il l’empêche de continuer son travail photographique... Dora Maar abandonne sa passion, et sur les conseils de Picasso s'initie à la peinture . Elle devient son modèle : «  pour moi, admet-il, elle est une femme qui pleure. Pendant des années, je l'ai peinte en formes torturées, non par sadisme mais par plaisir. Je ne pouvais que donner la vision qui s'impose à moi, c'était la réalité profonde de Dora »

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Le désespoir de Dora sert finalement l’œuvre de Picasso : elle est l’icône de l'Espagne meurtrie : ses grands yeux noirs, sa chevelure épaisse, la présentent comme une madone. Sans état d'âme, il la quittera en 1945 pour Françoise Gilot qu'il peindra, au contraire de Dora, comme une fleur lumineuse et solitaire...

Dora Maar vivra d'autres année noires, celle de la dépression et de la souffrance psychique. Elle se tournera vers la religion, et son »expérience mystique » servira son œuvre picturale.

Source : Alain Vircondelet

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Rosa Klein, dite Rogi André: photographe

Publié le par Perceval

Rosa Klein, dite Rogi André, d'origine hongroise, s'installe à Paris en 1920. Dès le début de sa carrière elle réalise des portraits d’artistes célèbres. En 1934 elle acquiert une certaine renommée en tant que portraitiste. Contrairement à beaucoup d'autres photographes de l’époque, c'est elle qui se déplace chez ses clients. Elle photographie des personnages très connus comme Dora Maar (la compagne de Picasso)rogi-andre-2.jpg, les peintres Balthus et Kandinsky, l'écrivain Antonin Artaud et beaucoup d'autres encore.

Rogi André initia également la photographe américaine Lisette Model, à l’utilisation du Rolleiflex. Elle s'est mariée avec le photographe André Kertesz, et bien que son mariage n'ai duré que peu de temps, elle dira ne jamais avoir oublié le précieux conseil de son compagnon : "Ne photographie jamais ce qui ne te passionne pas". Elle a réalisé une série de clichés de Jacqueline Lamba, compagne d'André Breton et célèbre danseuse aquatique d'un cabaret parisien de l'époque. Grâce à des objectifs spécialement modifiés par André Kertesz et à l’aide d’un miroir, elle a réussi à mettre en évidence les formes secrètes et suggestives d'un corps dans l'eau. Ces belles images qui décomposent la symétrie, nient la forme unique de chaque chose. (  ource: http://www.lineature.com/fr/32_rogi-andre )

Rogi-Andre-Jacqueline-Lamba-dans-un-aquarium-II-1934.jpg Lisette-Model--Rogi-Andre-a-Paris--ca-1933.jpg
Photo de Rogi André: quand Jacqueline Lamba rencontre Breton, elle nage, nue, dans un aquarium, dans un cabaret montmartrois. Lisette Model , photographie ici Rogi André ( première épouse d’André Kertész ) 1933

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Self-portrait--1935--Rogi-Andre-.png Rogi-Andre--Nu.jpg
Rogi André: auto-portrait, 1935 Rogi André: Nu

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