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« Du Maurier », l'histoire d'une famille 1/3-

Publié le par Perceval

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       Punch 

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est un hebdomadaire satirique britannique publié entre 1841 et 1992, les gravures qui ont retenue mon attention sont de George Busson du Maurier (1834-1896), petit fils de Mary Anne Clarke (1776-1852 ) ; et le père de l'acteur Gerald du Maurier et le grand-père de Daphne du Maurier (1907-1989). Elle-même écrivit un livre sur la belle Mary Anne, origine d'un énorme scandale en 1809.

L'origine du nom « du Maurier », revient à Mathurin-Robert Busson (1749- 1811).

George-du-Maurier-4.jpgAprès le mariage de Mathurin Busson (1720-1780) (son père) avec Madeleine Labbé (1725-1795) sa mère, ils s'installent au lieu-dit le Maurier, à quelques pas de la verrerie et du château de Chérigny dans la Sarthe en France, où après avoir été souffleur de verre, il en devient le directeur.

Après sa mort, ses enfants épousent la cause révolutionnaire à l'exception de l'aîné, Mathurin-Robert Busson (1749-1811), qui émigre en Angleterre en 1789. Il fut d'abord maître verrier et graveur sur cristal et épouse en premières noces une fort jolie Parisienne qui lui apporte cent mille francs en dot.  Il prend la verrerie de Rougemont, dans le Loir-et-Cher. Il y fait de folles dépenses et mange la dot de sa femme en onze mois de temps. Mathurin-Robert monte ensuite un superbe magasin de cristaux Rue St Honoré à Paris.  C’est là qu’il perd sa femme qui meurt à la suite de ses couches. 

George-du-Maurier-5.jpgIl épouse en secondes noces Marie Bruère, en mai 1789. En septembre ou octobre de la même année, suivant l'exemple de certains de ses amis, il émigre en Angleterre, laissant ses enfants … S'il quitta son pays c'est moins par idéologie que du fait de sa situation financière très préoccupante qui risque de le conduire en prison … Mathurin-Robert pense plus aux plaisirs qu'au travail et il s'est lancé dans plusieurs entreprises hasardeuses qui se sont terminées en faillites.

En Angleterre, il fréquente le milieu des émigrés et décide de se faire appeler Busson du Maurier, prenant ainsi le nom du lieu-dit où il était né, à Chenu. Les six enfants de son deuxième mariage naissent tous en Angleterre.

George-du-Maurier-6.jpgEn 1802, profitant d'une trêve, il revient en France en laissant à Londres femme et enfants. Sur le bateau, il échange ses papiers contre ceux d'un passager décédé au cours de la traversée. Sa famille est donc avertie de son décès, alors qu'il est bien vivant et visite sa famille, en France. La guerre étant à nouveau déclarée entre la France et l'Angleterre, il ne peux retourner à Londres ni correspondre avec sa famille... ! Il fonde alors une maison d'éducation à Tours et c'est là qu'il meurt, en octobre 1811.

Mathurin-Robert, l'émigré, avait raconté à son entourage qu'il était le fils d'aristocrates angevins et qu'il possédait dans cette province un château. C'est ce que crurent ses descendants et notamment son petit-fils Georges du Maurier, le grand-père de Daphné qui publia en 1891, "Peter Ibbetson" un livre dont le héros est un fils d'aristocrates angevins, contraint à l'exil outre Manche, par la Révolution.

Mais, quand Daphné du Maurier voulut écrire "Les souffleurs de verre", elle s'est vite aperçu que cette version était fausse....

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Rêve préraphaélite et enchanteur. -2/2-

Publié le par Perceval

Suite ...

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 Un nuage passe, par Arthur Hughes  William C. Wontner (1857-1930) 
La Joueuse de Saz, 1903

Et pourtant, elles sont bien réelles ces femmes :

Elles s’appellent Bessie Keene, Georgiana Burne-Jones, Elizabeth Siddal, Dorothy Dene… Elles sont muses, compagnes  ou modèles et prêtent leurs traits graciles aux femmes fatales, héroïnes amoureuses, allégories issues de la littérature médiévale ou de la mythologie.

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 John Melhuish Strudwick (1849-1937) L'Âge d'Or  Sir John E. Millais (1829-1896) La Couronne de l’amour, 1875  John William Waterhouse (1849-1917) La Boule de cristal, 1902

 « Pour les peintres britanniques de l'époque victorienne, la quête esthétique est un absolu qui gouverne leur art. Figure centrale de leurs ouvres, la femme incarne pour eux cet idéal. Héroïne antique ou médiévale, elle incarne à travers ses mille visages leur rêve de beauté et d'un âge d'or »

En France, même si ces œuvres sont les plus regardées du salon, Zola et la nouvelle génération regardent vers les impressionnistes...

Le goût anglais reste alors étranger à l'esprit français... la réciproque est vraie.

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John William Waterhouse (1849-1917). Le Chant du printemps. 1913

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Frederic Leighton (1830-1896). Jeunes filles grecques ramassant des galets sur la plage. 1871

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Frederic Leighton (1830-1896). 

Crenaia, 
la nymphe de la rivière Dargle.Vers 1880

Si les français brandissent le drapeau de la « modernité »... A l'inverse, les Pré-Raphaelite et la jeune génération n'ambitionnent qu de rompre avec un art qu'ils jugent dégénérescent et frivole. Leur quête esthétique se tourne vers un lointain passé historique ou légendaire qui leur vaut leur nom de « préraphaélites ».

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Photographie de Dorothy Dene par Van Der Weyde

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PORTRAIT DE DOROTHY DENES

par George Frederick Watts

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Portrait Of Dorothy Dene, 1884, Lord Frederic Leighton

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Reginald Barbier - Portrait de Dorothy Dene


L'alchimie de cet art est dans l'alliance de la vraisemblance la plus palpable et la fantaisie la plus inspirée. Les peintres vont chercher l'intensité de l'expression et préférer le naturel des figures peintes d'après des modèles vivants aux formes raides des mannequins d'atelier. Leur but est de peindre leur rêve de beauté et de lui insuffler suffisamment de vérité pour que le rêve semble plus séduisant et plus présent que le prosaïsme du quotidien.

Tout en s'inspirant d'Ingres et de sa Source, Leighton pare Crenaia de jolis cheveux courts et du teint diaphane de sa muse Dorothy Dene.

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la Question - Lawrence Alma-tadema 1877


 La première guerre mondiale mit fin à ce rêve de beauté. Le succès de ces artistes ne survécut pas à la guerre et l'art anglais vit disparaître le temps des artistes enchanteurs.

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Rêve préraphaélite et enchanteur. -1/2-

Publié le par Perceval

Le point de départ est une exposition qui a depuis laissé son nom, à une série de tableaux : « Désirs & volupté à l’époque victorienne ». Aff-desirs-volupte-a-l-epoque-victorienne-paris-08.jpgMon interrogation se portent sur ces deux mots : désir et volupté : caractérisent-ils vraiment les impressions du spectateur... ?

Est indéniable : le sens esthétique, extrêmement décoratif. Cette exposition glorifie la femme anglaise blonde (ou rousse) et longiligne, et magnifie un temps révolu et idéal …. Sans doute tout cela nous apparaît aussi comme ' délicieusement' kitsch, suranné, péplum...

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Musee-Jacquemart-Andre  

Contrairement à son oncle George IV, ce noceur dépensier, débauché et mondain qui régna de 1820 à 1830, Victoria n'avait pas « mauvais genre ». Au contraire, elle représente le puritanisme, une certaine sagesse bourgeoise et religieuse, à des fins morales, le refus de la chair et de ses passions... Toutes choses qui semblent peu compatibles avec le désir et la volupté!

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Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912),  

Aussi, il me semble assez naturel, que nombreux artistes, s’attachent à rompre avec la trivialité du quotidien et de la vie bourgeoise pour mettre à l’honneur une sorte d’Âge d’Or : monde imaginaire et idéal...

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Le Quatuor Albert Joseph Moore 1868

Après avoir vu et apprécié ces belles images. Peut-on - cependant - vraiment parler de désir, alors qu'est manifestement valorisé la vertu, voire l'innocence ... ? Dans le Quatuor ( Joseph Moore) tout désir semble banni … Chez Elaine, de John Strudwick, abandonnée de Lancelot, il ne reste qu'obéissance et sage résignation . On lit de la patience sereine dans  L'absence fait grandir l'amour, de John William Godward, et de la sagesse maternelle, dans cette Scène de marché romain, d'Alma-Tadema.

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L'absence fait grandir l'amour, de John William Godward

Elaine, de John Strudwick

Serait-ce une célébration esthétisée de la vertu féminine selon la morale victorienne, ou une série d'abstractions idéalisantes visant à désincarner le sujet afin qu'il puisse devenir un archétype moral ?

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Scène de marché romain, d'Alma-Tadema

La séduction ici, exclue toute expression violente des passions. L'expression, n'est pas vraiment dans la chasteté, mais dans dans la retenue... Cette évanescence conduit-elle à la volupté... ? On retrouve même dans le traitement pictural, les canons plastiques d'une antiquité valorisée dans le néoclassicisme. Il y a un corps, mais point de chair ! Et donc, pas de passion, pas de désir, ni de volupté.

Une constante et douce mélancolie semble sourdre de ces visages.

Que ces muses, soient chastes ou aimantes, venimeuses ou hiératiques, objets de désirs ou de mélancolie, la figure féminine incarne la recherche d'un idéal de beauté absolu. La femme, loin de son foyer et du patriarcat ambiant, devient une héroïne, une déesse même …

A suivre ...

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Le corps nu féminin -3-

Publié le par Perceval

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D'Alfred Cheney Johnston

- et le modèle: Tilly Losch

L'un des maître mot, est alors: " Intimité "


Recherche, attente, désir, d'un espace où se révèle l'espace inaliénable de l'être ... 

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Offrande et fragilité ....

 

 

 

Il y a donc, le danger d'une violence possible ...

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 Francisco Mata Rosas 
La Venus du ciment

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Enfin, il y a des "nus", qui semblent "singuliers"...

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Christoffer w. Eckersberg

 
 

Jeremy Lipking (1975-)

Jeremy Lipking (1975-) 3
   
Victor Lyapkalo (29)  

Victor Lyapkalo

   

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Auto-portrait par Tanya Druchinina Un cubain et sa femme par Tanya Druchinina
Auto-portrait par Tanya Druchinina

 

Un cubain et sa femme par Tanya Druchinina

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Alfredo Protti,  Italien 1882-1949

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Simeon-Öquist-1868-1955
Andrzej Malinowski
 - Toupie
Paul Rahilly Belmont
 Womens-Club
Simeon Öquist
1868-1955

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Angel Zarraga (1886 – 1946, Mexican) la-bailarina-desnuda
Angel Zarraga (1886 – 1946, Mexican) La balerine dénudée


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Amedeo Modigliani et Anna Akhmatova, à Paris 1910.

Publié le par Perceval

Elisabeth Barillé sort un livre sur la poétesse Anna Akhmatova, et centre son « enquête » sur son séjour à Paris et sa rencontre avec Modigliani; et la vie intellectuelle à Saint-Pétersbourg.

Nous sommes en 1910, et la grande poétesse découvre Paris, avec son mari. Elle rencontre un artiste bohème et vont s'aimer le temps d'un séjour...

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Portrait d'Akhmatova, par Olga Della-Vos-Kardovskaya. (1914)

Le camarade et censeur Jdanov écrit sur les textes d'Anna Akhmatova, ainsi : «...c'est la poésie d'une grande dame hystérique, ballottée entre le boudoir et l'oratoire (...) Nonne ou pécheresse, ou plutôt nonne et pécheresse chez qui la fornication se mêle à la prière...»

Vers 1958, Anna Akhmatova écrit sur Modigliani, et évoque une correspondance « perdue » … Dans les années trente, elle avait détruit une partie de ses archives, par peur du stalinisme. Pour Staline cette artiste décadente n'avait rien d'une citoyenne exemplaire : son mari avait été fusillé en 1921, son fils faisait l'objet d'arrestations répétées, c'était une orgueilleuse, une solitaire, une exaltée, une ténébreuse.

Paris-Montparnasse de cette époque, est un quartier tout neuf, le boulevard Raspail vient d'être percé, les automobiles commencent à damner le pion aux fiacres, les autobus aux omnibus à chevaux, le métro vient d’inaugurer sa fameuse ligne Nord-Sud. Désormais on peut traverser Paris en beaucoup moins de temps qu'il fallait quand Gertrude Stein allait poser pour Picasso. C'était aussi le début d'une certaine liberté des mœurs, les audacieuses se promenaient en jupes-culottes, cela avait frappé la jeune russe...

 

 Elisabeth Barillé a enquété... Elle nous retrace la rencontre d'Anna – jeune mariée, mais qui s'ennuie déjà de son époux – avec Amadéo – un homme libre qui arrive d'Italie- . Tous deux passionnés par l'art et en pleine quête. Elle, rêve de devenir poète, et lui, a décidé de se consacrer corps et âme à la sculpture. D'un côté le Montparnasse des débuts du cubisme, de l’autre les dandys poètes de « La Tour » d'Ivanov, à Saint-Pétersbourg.

Anna, jeune mariée en voyage de noces, s'ennuie déjà de son époux et n'a qu'un rêve : devenir poète. Au même moment, Modigliani arrive d'Italie, il a 26 ans et a décidé de se consacrer corps et âme à la sculpture. Il est orgueilleux et solitaire. Son charme et sa pauvreté émeuvent les femmes. En 1910, il habite avec d'autres peintres l'insalubre cité Falguière, à Montparnasse. Il est l'érudit de la bande, le philosophe.

Il va rencontrer la jeune poétesse russe à La Rotonde, (imagine Élisabeth Barillé) : brasserie à la mode fréquentée par les artistes reconnus et inconnus. Modigliani propose l'un de ses dessins à Lénine, client de l'établissement...

Amedeo-Modigliani-Nude-Anna-Akhmatova-2.jpg Amedeo-Modigliani-Nude-Anna-Akhmatova.jpg
Amedeo Modigliani:  Nu - Anna-Akhmatova  


Anna, c'est la «reine de la Neva» descendue du froid. Elle a épousé Nicolas Stepanovitch Goumiliov, poète novateur, déjà renommé, visage laid, dandy arrogant. Il était fou d'elle et il l'a eue à l'usure. Le couple arrive à Paris, en mai 1910, et s'installe au 10 de la rue Bonaparte. "À peine mariée et filant déjà la déception au rouet conjugal, enfin, c'est l'air qu'Anna se donne."

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Amedeo Modigliani . Anna Akhmatova. c. 1911

Un amour à l'aube est un éloge de la beauté : les dessins et les sculptures de Modigliani, les vers d'Anna Akhmatova, leur histoire, quelques lettres. "Vous êtes en moi comme une hantise", lui écrit-il. Ou encore : "Je tiens votre tête entre mes mains et je vous couvre d'amour."

Et, la beauté d'Anna Akhmatova "peinte" par Élisabeth Barillé : "Beauté singulière, beauté travaillée, beauté gagnée sur d'éclatants, d'insupportables défauts – nez cassé, cou à n'en plus finir – beauté arrogante pour la lycéenne qui s'en étourdissait comme d'un destin inaccessible. Car la beauté, la grande beauté, construite par le vouloir, conquise sur la disgrâce, est un destin, bien sûr."

Entre eux, la passion est brève, violente, désespérée, inassouvie.

En effet, chacun est trop egocentré pour risquer l'abandon... Et puis, si l'amour ensuite, n'est que la fin d'une énigme de l'un pour l'autre … alors il faut le refuser et se condamner à n'en vivre que le commencement, à n'en connaître que l'aube.

«Anna retourne en Russie. Puis revient à Paris. Ils se retrouvent. Pas pour longtemps. "Un jour, il faut partir." Ils étaient encore trop fragiles, trop incertains d'eux-mêmes, pour que le cours de leur vie en fût changé.» Elis. Barillé

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Voir aussi: 

Anna, béatrice, simone… Et modigliani -1-

Anna, béatrice, simone… Et modigliani -1-

Anna, Béatrice, Simone… Et modigliani -1- - Le 22 janvier 1920, Amedeo Clemente modigliani (1884-1920) est découvert chez lui agonisant. Peintre, modigliani est tuberculeux, alcoolique…
Jeanne hébuterne et modigliani -2-

Jeanne hébuterne et modigliani -2-

Jeanne Hébuterne et modigliani -2- - Jeanne Hébuterne est une artiste. Elle veut faire du dessin et de la peinture. modigliani est admiratif des dons de Jeanne, son…

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Le corps nu féminin -2-

Publié le par Perceval

Le corps féminin, est-il la victime de la mode...?

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"Fashion Victim" par Jeroen Buitenman

Habillé, pour être deshabillé...

Quel est donc le sujet, du nu ?

Une femme, représentée nue, n'est-elle qu'un corps deshabillé?

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peinture de Alex Alemany

 

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Juan Bautista Nieto est né à Séville (Espagne) en 1963. Guidé par son père mèdecin, il a été encouragé très jeune à suivre des études de médecine. Cependant, depuis toujours, il cultivait une passion secrète pour la peinture et le dessin. Il a étudié à la Faculté de médecine à Séville et fut en contact quotidien avec des corps vivants, malades, ou inertes et anonymes. Il s'est formé à l'anatomie humaine.

A la mort de son père, Nieto a pris la décision de renoncer à la médecine, en faveur de sa passion secrète pour la peinture et le dessin. Sérieusement, il a commencé à dessiner et à peindre en privé, puis à la Faculté des Beaux-Arts de Séville.

Chaque facette de son sujet est représenté avec minutie et exactitude, et garde, malgré les détails, un effet   impersonnel. Ses matériaux sont l'huile et l'acrylique combinés, posés en une accumulation de couches fines, pour évoquer les multiples nuances et tonalités  de la lumière, des ombres et de la densité de la matière.

Nieto est considéré dans les milieux de l'art espagnol comme l'un des représentants les plus éminents de l'hyperréalisme en Espagne aujourd'hui.   

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Le corps nu féminin -1-

Le corps nu féminin -1-

Le corps nu féminin -1- - Le nu d'une femme ( forcément, d'une femme en particulier), renvoie - le plus souvent - au nu de "La Femme". Un peu comme si, avant son existence, il y avait une …

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La vie des Dames Galantes -2/2-

Publié le par Perceval

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   Pierre de Bourdeille Brantôme. 
Vies des dames galantes 1935 
Illustrateur: Edmond Malassis

Il commence à rédiger « Les Dames Galantes » autour des années 1580. Un premier volume traite des « Dames illustres ». Le livre est divisé en sept chapitres, que Brantôme nomme des discours

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Le premier «Discours», - « Sur les dames qui font l’amour et leurs maris cocus » - qui traite des relations conjugales et du cocuage, plaide la cause des femmes et justifie leur inconstance au nom de «ceste belle liberté françoise»; émaillé de nombreuses digressions concernant les maris (cruels ou complaisants), la virginité (perdue ou prétendue), les inclinations saphiques, les techniques érotiques, il fait l'apologie de l'amour physique et de la liberté sexuelle: «Il n'y a que la jouissance en amour et pour l'homme et pour la femme, pour ne regretter rien du temps passé.»

Le deuxième «Discours» - « Sur le sujet qui contente le plus en amour : le toucher, la vue ou la parole » -s'ouvre par un inventaire des beautés des dames et s'égare dans les particularités (réelles ou fantasmatiques) de leur physiologie avant d'évoquer le comportement amoureux de quelques grands personnages de l'Histoire, d'Alexandre à François Ier en passant par ce «marault» de Mahomet.

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Le troisième «Discours» - « Sur la beauté de la belle jambe et la vertu qu’elle a »- traite de l'érotisme de la jambe et du pied, mis en valeur par les nouvelles modes de la cour.

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Le quatrième «Discours», - « Sur l’amour des dames vieilles, et comme certaines l’aiment autant que les jeunes » - sur l'amour des dames mûres, atteste que ni l'âge ni la contenance ne permettent de préjuger des appétits amoureux.

La-vie-des-dames-galantes-Paul-Emile-Beca-12.jpg La-vie-des-dames-galantes-Paul-Emile-Beca-2.jpg La-vie-des-dames-galantes-Paul-Emile-Beca-4.jpg
   La vie des Dames Galantes 
Illustrée par Paul-Emile Béca
 


Le cinquième «Discours» - « Les belles et honnêtes dames aiment les hommes vaillants et les hommes braves aiment les femmes courageuses » - évoque les règles de l'amour courtois et la préférence des dames pour les hommes vaillants et hardis.

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Le sixième «Discours», - « Il ne faut jamais parler mal des dames, et la conséquence qui en vient » - déplore que, sous une apparence d'honnêteté, la calomnie, la médisance et parfois la brutalité règnent à la cour. Il rappelle l'attitude des rois de France depuis Louis XI, indulgente ou sévère, à l'égard des détracteurs du sexe féminin et des fauteurs de scandales. Si Henri II et Catherine de Médicis se sont efforcés d'imposer à leur entourage des moeurs polies, et respectueuses des dames, la discrétion, voire la dissimulation, demeurent indispensables en amour, car les dames «le veulent bien faire, mais non pas qu'on en parle».

Le septième et dernier «Discours» -« Sur les femmes mariées, les veuves et les filles, à savoir lesquelles sont le plus chaudes à l’amour »-

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passe en revue, dans une récapitulation générale, la diversité des tempéraments et des comportements des femmes selon qu'elles sont jeunes ou vieilles, filles, mariées ou veuves pour «sçavoir desquelles les unes sont plus chaudes à l'amour que les autres»; il apparaît que toutes ont reçu en partage la même sensualité, la même ingéniosité pour faire triompher leurs désirs, les reines et les princesses comme les autres: ici, dames illustres et dames galantes se confondent. La chasteté et la fidélité sont rarissimes, la recherche du plaisir est générale. A regret, le vieux courtisan met un terme à son enquête et prend congé de ses lectrices, véritables destinataires de son livre et objets de toutes ses pensées.



Sources, pour le résumé des discours : Robert Paul ( site, Arts et Lettres)  

 

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La Vie des Dames Galantes -1/2-

Publié le par Perceval

Les Vies des dames galantes sont extraites des Mémoires de Brantôme (1540-1614)

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Pierre de Bourdeilles, seigneur de Brantôme

, qui comprennent les Vies des dames illustres, les Vies des hommes illustres et des grands capitaines et les Discours sur les duels. Ce sont bien sûr les Vies des dames galantes qui ont apporté à Brantôme la gloire littéraire, qui ont été le plus souvent rééditées et sont les plus lues.

Brantome, s'il est un témoin irremplaçable des des mœurs de la noblesse de son temps, montre certaines « qualités » sulfureuses, qui font toute l'originalité … Il ne se soucie pas de faire œuvre d’historien, il réfère conter à la manière de Boccace , les hauts faits des « grandes dames belles et honnêtes ».

Pierre de Bourdeilles, seigneur de Brantôme est né vers 1540 à Bourdeilles, Périgord, et mort le 15 juillet 1614, dans le château de Richemont, qu’il s’était fait construire. Il passe son enfance à Nérac, à la cour du roi de Navarre et de Marguerite d’Angoulême, dite la reine Margot.

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 Portrait de Marguerite de Valois vers 1572  Catherine de Medicis


La mère de Pierre, Anne de Vivone, et sa « tante de Dampierre », Jeanne de Vivone, figurent parmi les « devisantes » (celles qui racontent...)  de l'Heptaméron ( 72 nouvelles écrites par Marguerite de Navarre )

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 Claude Catherine de Clermont, duchesse de Retz

Il poursuit ses études à Paris, puis Poitiers... En 1556, il reçoit la 'commende' de l’abbaye de Brantôme des mains du roi Henri II... Il devient ainsi abbé ( laïc..) et seigneur de Brantôme.

Après la mort de François II ( 1560), il raccompagne sa jeune veuve Marie Stuart en Ecosse. En 1562, il participe aux combats de la première guerre de Religion entre catholiques (qu’il est) et protestants.

En 1567, il s'attache à la cour en qualité de gentilhomme de la Chambre du roi sous Charles IX, qui l'apprécie.

Il se 'croise' à Malaga, parcourt le Maroc, l'Italie ( aux côtés de Bayard) , séjourne à Malte...

En 1582, Bourdeille déçu, rompt avec Henri III.

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 Louise van Halewijn, dame de Cypierre, soeur de Jeanne, qui deviendra dame d’honneur de Mary Stuart (portrait par Corneille de Lyon vers 1555)

Une chute de cheval, le laisse « perclus et estropié »... Il se consacre à l'écriture, et fait « mémoire » de sa vie vagabonde et amoureuse...

Une partie de son œuvre est consacré à l'étude de la noble dame du XVIe siècle. Il décrit minutieusement, les désordres de l’amour, au travers d'une longue série de cas et d’anecdotes surprenants et osés...

Dans ses Discours des Reines de France, on découvre, aussi, un Brantôme, sensible et ému, admirateur respectueux de la jeune Marie Stuart, et – semble t-il - amoureux de la belle et malheureuse Marguerite de Valois. Il appréciait la cour de Catherine de Médicis avec toutes les femmes qui la composaient. Il se fera l'historiographe de ces dames de la Renaissance.

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 ANTOINETTE DE PONS-RIBÉRAC, (en 1590)

 Françoise de Foix,

comtesse de Châteaubriant (1495-1537)


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Les neuf Preuses, ou chevaleresses -2/2-

Publié le par Perceval

Le succès des « neuf Preux et Preuses » correspond à un imaginaire masculin, même s'il est populaire auprès des femmes de l'aristocratie. Ils apparaissent dans un contexte guerrier catastrophique qui remet en cause la place de la chevalerie dans la société.

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du manuscrit: Le Chevalier errant, par THOMAS DE SALUCES. (1394)

La chevalerie ne correspond plus à la réalité militaire de l'époque, aussi s'évade t-il dans l'imaginaire... La chevalerie, déchue de son rôle militaire, demeure pourtant un idéal de vie masculin, un idéal remis en question, plus fragile, auquel les femmes sont désormais invitées à participer. De nouveaux ordres se créent qui acceptent les femmes dans leurs rangs : comme l’Ordre de la Jarretière, l’Ordre de la Passion, l’Ordre du Porc espic. La chevalerie se fait courtoise, art de vie, elle se féminise. C’est alors qu’apparaissent les premières représentations de guerrières, Preuses et Amazones, armées de pied en cap.

Vision allégorique 'Cité_des_Dames'
vision allégorique: " La cité des dames "

Il est intéressant de noter qu'au XVIe siècle, il ne serait venu à l'idée de personne de laisser les mots célibataires et tous les noms quels qu'ils soient et quelle que soit la fonction qui s'y associait, avaient leur féminin : l'abbé, l'abbesse, le bailli, la baillive, le maire, la mairesse, le connétable, la connétable, la peintresse, la poétesse, la chevaleresse, etc...

« Les femmes à cheval et en armure n’ont pas manqué durant les croisades. Un chroniqueur musulman, Imad al-Din, rapporte : « Les femmes elles-mêmes s’expatrient pour combattre ; elles arrivent en Syrie par terre et par mer tout équipées (…). Plusieurs femmes de Francs ont échangé le voile pour le casque, elles affrontent la mort armées de boucliers et de lances. »
On trouve des femmes dans les ordres militaires, ibériques, français et germaniques, dans une position il est vrai subalterne. Il en est de même au sein de la chevalerie où elles ne font pas qu’ « arbitrer » les tournois mais règlent la vie des hommes.
 » S. C-B

 

Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges  

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Les neuf Preuses, ou chevaleresses -1/2-

Publié le par Perceval

Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475
Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475

 

Dans le premier livre de La morte d'Arthur de sir Thomas Malory, le roi fait prêter un serment solennel le jour de la Pentecôte à ses chevaliers de la Table Ronde.

Ce serment, qui entend résumer toute l'éthique chevaleresque, comprend la ladies clause: chaque chevalier s'engage à porter secours aux gentes dames, demoiselles et veuves et à défendre leurs droits et à ne jamais les violenter sous peine de mort. La communauté chevaleresque dépeinte par Malory, se construit donc sur une nette distinction des sexes. Pour devenir un homme, le chevalier a littéralement besoin d'une femme en détresse.

 

 


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Les neuf Preux - Cologne - 

Le thème littéraire des « neuf Preux » connut pendant les XIVe s. et XVe siècles, un grand succès. Le Preux, - incarnant les valeurs chevaleresques, comme la prouesse et l'honneur - est une idée qui remonte au XIe siècle. Elle trouve une forme quasi définitive au début du XIVe siècle, sous la plume d'un poète lorrain, Jacques de Longuyon, dans les Vœux du Paon vers 1310-1312.

La notoriété du roi Arthur, lui vaut d'être compté parmi les Neuf Preux aux côtés de Josué, David, Judas,Macchabée, Hector, Jules César, Alexandre, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. C'est dire surtout, l’extraordinaire diffusion et faveur dont jouissent les textes relatifs à la matière de Bretagne tout au long du Moyen Âge …

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Les neuf Preuses au château de Pierrefonds

C'est à la fin du XIV° siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce" (1385) , véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont reines.

Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse

Penthésilée, reine des Amazones,

 et Preuse

Sémiranis, reine de Babylone. Sinope, Hippolyte sa sœur ; Ménalippe, Lampeto et Penthésilée souveraines des Amazones. Tomirys, qui a vaincu l’empereur perse Cyrus. Teuca reine d’Illyrie. Déiphyle, femme de Tydée roi d’Argos, qui a vaincu Thèbes.

Dans les pays germaniques, on substitue aux Amazones et reines de l’Antiquité une triade juive avec Esther, Judith et Yael, une triade païenne avec Lucrèce, Veturia et Virginie, et une triade chrétienne avec Sainte Hélène, Sainte Brigitte, et Sainte Elisabeth.

Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen
Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen

Au début du XVème siècle, Christine de Pizan évoque les Preuses dans son Livre de la Cité des Dames.

La facilité étonnante de l’accueil fait à la pucelle de Donrémy à la cour de France avait été préparée par les décennies de succès du thème des Preuses et la mode de la ' egregia bellarix ' . De son vivant, Jeanne d’Arc est qualifiée de "dixième Preuse".

 

 

Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges  

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