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Arletty.

Publié le par Perceval

23 juillet 1992 :  

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L'actrice française Arletty, l'interprète fétiche de Marcel Carné, meurt à son domicile parisien, à l'âge de 94 ans. Elle tourne son premier grand film en 1935 : Pension Mimosas. Mais c'est en 1938, dans Hôtel du Nord de Marcel Carné, qu'elle s'impose de façon définitive. La réplique « Atmosphère, atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? », qu'elle lance à Louis Jouvet avec l'accent parigot, devient un des joyaux du cinéma français.

 

 

Un critique la sacre « impératrice des faubourgs », en reconnaissance pour sa jovialité et sa souveraine indépendance. Arletty jouera dans une soixantaine de films jusqu'au début des années 60, alors qu'un accident qui la rend dans un état proche de la cécité met presque un terme à sa carrière.

 

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L'homme qui aimait les femmes

Publié le par Perceval

François Trruffaut, L'homme qui aimait les femmes (1977),  fait dire à Bertrand Morane :
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"Pour moi, rien n'est plus beau à regarder qu'une femme en train de marcher, pourvu qu'elle soit habillée d'une robe ou d'une jupe qui bouge au rythme de sa marche. Il y a celles qui filent rapidement vers un but, peut être vers un rendez-vous. Il y a celles qui se promènent avec sur le visage un air de loisir. Certaines sont si belles vues de dos, que je retarde le moment d'arriver à leur hauteur pour ne pas être déçu... A vrai dire, je ne suis jamais déçu, car celles qui sont belles de dos et moches de face me donnent une sensation de soulagement. Puisque malheureusement, il n'est pas question de les avoir toutes. Elles sont des milliers tous les jours à marcher dans les rues. Mais qui sont toutes ces femmes ?

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Où vont-elles ? A quels rendez-vous ? Si leur cœur est libre, alors leur corps est à prendre et il me semble que je n'ai pas le droit de laisser passer la chance. La vérité, je vais vous la dire : elles veulent la même chose que moi, elles veulent l'amour. Tout le monde veut l'amour, toutes sortes d'amour, l'amour physique et l'amour sentimental ou même simplement la tendresse désintéressée de quelqu'un qui a choisi quelqu'un d'autre pour la vie et ne regarde plus personne. Je n'en suis pas là, moi ! Je regarde tout le monde... Comme certains animaux, les femmes pratiquent l'hibernation. Pendant quatre mois, elles disparaissent, on ne les voit pas. Aux premiers rayons de soleil du mois de mars, comme si elles s'étaient donné le mot, ou comme si elles avaient reçu un ordre de mobilisation, elles surgissent par dizaines dans les rues en robe légère et talons hauts. Alors, la vie recommence. Enfin, on peut redécouvrir leurs corps et différencier deux catégories : les grandes tiges et les petites pommes. Voici une grande tige. Et une petite pomme. Une belle jambe c'est très beau mais, je ne suis pas ennemi des chevilles épaisses. Je peux même dire qu'elles m'attirent, car elles sont la promesse d'un évasement plus harmonieux en remontant le long de la jambe [...] homme-qui-aimait-les-femmes-1.jpg

 

Les jambes... Les jambes de femmes sont des compas, sont des compas... Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens lui donnant son équilibre et son harmonie. (...)"

 

(pour celles et ceux qui voudraient voir ou revoir cet extrait... ci-dessous:)

 

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L'éducation – sentimentale – de Paul Valéry

Publié le par Perceval

Paul Valéry ( 1871-1945) , est devenu l’écrivain que l’on sait, grâce aux femmes qui ont jalonné son parcours.

Valery-2.jpg

Catherine Pozzi tient une place centrale.( Voir ici un article: " Le Journal de Catherine Pozzi " ...)


Madame Rovira, est un amour platonique de jeunesse. Miss Bath, écuyère de cirque, laisse la place à Jeannie-Gobillard-au-sofa--Julie-Manet.jpgJeanne Gobillard qui devient sa femme et qui, pendant 45ans, lui restera fidèle… malgré tout ! Il se marie donc en 1900 à Jeanne nièce de Berthe Morisot.


De 1920 à 1928, Valéry a presque 50ans et fréquente Catherine Pozzi ( elle en a 38 ). Période difficile : elle même parle sans complaisance de celui qui « se regard[ait] être regardé » qu'elle appelait souvent le « Magister », sans vouloir pour autant qu'il devînt son maître : a-rilke-pozzi1.jpg« Il ne fut jamais mon maître. Il fut mon frère, mon pareil, ma tendresse très pure. Ce n'est pas la même chose. »

 

Cette page tournée, Valéry courtise en vain la sculptrice Renée Vautier. Il se tourne également vers la duchesse de La Rochefoucauld, puis vers Emilie Noulet, et peut-être d’autres encore ..

Enfin à 67ans, il fait de la séductrice Jeanne Loviton, sa muse… Il lui réserve un recueil de 133 poèmes d'amour, à elle adressés par Valéry, ensemble groupé sous le titre Coronilla…


 

 

« Jeanne, ton corps me suit. Ô mains pleines de Jeanne 

Ô pensée où revient ton silence et ta voix. »


 

valery-et-J-Loviton.jpgAinsi, naîtront plus de cent cinquante poèmes et un millier de lettres qui rythmeront leurs semaines et se glisseront entre leurs rendez-vous dominicaux.

 

Cette aventure se clôt quelques mois avant la mort de Paul Valéry. Jeanne Loviton (qui se fait appeler: Jean Voilier)  le quitte pour l'éditeur Robert Denoël. Effondré, le vieil homme, malade, prend le temps de relire tous ces poèmes et de les commenter, sa lucidité intellectuelle intacte.

 

 

***

 

Muses-paul-valery.jpg

 

Ici: un article concernant la biographie de Catherine POZZI...

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Femmes de l'air

Publié le par Perceval

  Amelia-Earhart   Amelia Earhart est une aviatrice américaine, née à Atchison dans le Kansas le 24 juillet 1897, disparue dans la région de l'archipel des îles Phœnix (actuelles Kiribati) le 2 juillet 1937, déclarée officiellement morte le 5 janvier 1939.
Aida de Acosta, née en 1884 et morte en 1962 était une aéronaute cubaine née aux Etats-Unis. Ses parents l'empêchèrent de poursuivre sa carrière aéronautique.Aida de Acosta serait la première femme américaine à avoir voler seule à bord d'un ballon le 9 juillet 1903    Mrs.Aida-Root-1915.png
  Amy Johnson est une aviatrice pionnère anglaise née le 1e   Amy Johnson est née le 1er juillet 1903 à Kingston-upon-Hull, en Angleterre. Aviatrice, elle s'est fait connaître entre les deux guerres par ses voyages en Australie et également par son mariage tapageur avec un aviateur australien qui s’appelait James « Jim » Mollison. Amy Johnson, est devenue, pendant la guerre, convoyeuse de l’air. Elle disparut un jour de 1941 où elle ramenait un bimoteur de reconnaissance de l’Ecosse vers le sud de l’Angleterre... 

  Park Kyung-Won est née le 24 juin 1901

Park Kyung-won est la première femme pilote coréenne civile, sa compatriote Kwon Ki-Ok, pilote militaire fut entraînée par l'armée chinoise.

Au Japon elle suivit, pendant deux ans, les cours d'une école technique;

Puis elle suivit des études d'infirmière, pour travailler cinq ans afin de payer en  janvier 1925 l'école de pilotage de Kamata.

Sur une trentaine d'élèves, il y avait six femmes et elle était la seule coréenne. À cette époque nombre de femmes coréennes au Japon étaient des prostituées et le machisme y était bien sûr très présent.

 

Elle obtint sa licence de pilote de troisième classe le 28 janvier 1927 et sa licence de seconde classe le 30 juillet 1928.

Le 4 mai 1933, Park Kyung-won fut choisie pour aider à la propagande japonaise en ralliant par avion le Japon et le Manchukuo.

Le 7 août 1933, elle décolla de l'aéroport Haneda, à Tokyo, à bord d'un avion d'observation d'origine française, un Salmson 2A2 (c/n 244 J-BFYB) .... Elle volait en direction de la Mandchourie et prise dans le mauvais temps s'écrasa 42 minutes plus tard, près de Hakona.

  Park Kyung-Won née le 24 juin 1901
  Elly Beinhorn 1

  Elly Rosemeyer-Beinhorn, née le 30 mai 1907 à Hanovre, décédée le 28 novembre 2007 à Ottobrunn, était une pilote allemande célèbre du XXe siècle.
Dans les années 1930, elle a établi de nombreux records de distance.

 

Elly Beinhorn s’assit aux commandes d’un avion pour la première fois au mois de novembre 1928.

 

Elle partit pour son premier vol vers l’Afrique le 4 janvier 1931.  Elle rallia Cap Juby en traversant l’Espagne, passant par Gibraltar, Rabat et Casablanca. Elle suivit ensuite la côte africaine sur 2 000 km jusqu’à Dakar. Elle arriva à Bissau le 1er février où elle retrouva Bernatzik. Elle travailla pendant plusieurs semaines avec lui et fit les photographies aériennes qu’il souhait. Elle vécut alors de nombreuses aventures qu’elle a consignées dans son autobiographie : fourmis en cabine, tempêtes de sable, nuages de sauterelles, mais aussi des safaris et un vol vers l’île de Bubaque.

Elle fut victime au cours du vol de retour d’une rupture d’une tuyauterie de carburant entre Bamako et Tombouctou et fit un atterrissage en détresse dans la forêt vierge. Elle fut recueillie par une tribu de Songhai qui envoyèrent un messager à Tombouctou. Pendant cinq jours, elle put entendre les avions qui la cherchaient mais ne put leur donner signe de vie. Elle finit par rencontrer un Songhai qui parlait français et qui la conduisit à Tombouctou. Elle y parvint enfin à pied, malade et épuisée. La nouvelle fit le tour du monde et elle devint célèbre du jour au lendemain.

Elle fit la connaissance du pilote de course Bernd Rosemeyer et elle finirent par se marier le 13 juillet 1936.

Le 28 janvier 1938, la voiture de son mari qui tentait de battre un record de vitesse sur l’autoroute de Darmstadt fut soulevée par une rafale latérale à 440 km/h et fit plusieurs tonneaux. Il mourut sur le coup.

  • 1931 : vol en solitaire, plus de 7 000 km en Afrique
  • 1932 : tour du monde en avion
  • 1933 : expédition transafricaine
  • 1934 : record : tour du monde en solo
  • 1935 : record : deux continents en 24 h
  • 1936 : record : trois continents en 24 h

Elly Beinhorn mourut le 28 novembre 2007 à l’âge de 100 ans.

  Marie Marvingt, née à Aurillac (Cantal) le 20 février 1875 et morte à le 14 décembre 1963, surnommée « la fiancée du danger », est une pionnière de l’aviation en France et l'une des meilleures alpinistes du début du siècle dernier.

Marie est la première femme au monde engagée dans l'aviation militaire et à effectuer des missions de combat aérien.

Après de nombreux faits de guerre, elle devient journaliste, correspondante de guerre et officier de santé des armées avec les forces française d'Afrique du Nord.

 

Le 20 février 1955, pour son 80e anniversaire, Marvingt accompagnée par un officier de l'U.S. Air Force vola au-dessus de Nancy à bord d'un chasseur supersonique américain...

  Mademoiselle Marie Marvingt sur monoplan Deperdussin 1912
  Hélène dutrieu aviatrice belge

  Hélène Dutrieu, née à Tournai (Province de Hainaut) le 10 juillet 1877 et morte à Paris le 26 juin 1961, est une cycliste, motocycliste, coureuse automobile et aviatrice belge .

 

  Harriet Quimby, née le 11 mai 1875 et décédée le 1er juillet 1912 à 37 ans.

Elle est une pionnière de l'aviation et une scénariste américaine. Elle est la première femme américaine brevetée pilote, en 1911. Moins d'un an plus tard, le 16 avril 1912, elle devient la première femme de l'histoire à traverser la Manche en avion.

  Harriet Quimby aviatrice US
  Hélène boucher 1908 1934

  Hélène Boucher (Paris,1908 - 1934) est une aviatrice française. Elle a battu de nombreux records de vitesse.

 

En 1934, elle s'engage avec les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland dans le combat féministe et devient militante pour le vote des Françaises au côté de Louise Weiss.

 

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt aux commandes d'un Caudron C.460 Rafale.

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Isabelle Eberhardt, et la vie nomade

Publié le par Perceval

« Il est des heures à part, des instants très mystérieusement privilégiés, où certaines contrées nous révèlent, en une intuition subite, leur âme, en quelque sorte leur essence propre, où nous en concevons une vision juste, unique et que des mois d’étude patiente ne sauraient plus ni compléter, ni même modifier. » « C’était l’heure élue, l’heure merveilleuse au pays d’Afrique, quand le grand soleil de feu va disparaître enfin, laissant reposer la terre dans l’ombre bleue de la nuit. » « Comme toujours en route, dans le désert, je sens un grand calme descendre en mon âme. Je ne regrette rien, je ne désire rien, je suis heureuse. »

                                                       Isabelle Eberhardt, Au pays des sables

 

Isabelle Eberhardt est née en 1877 à Genève . Elle a vécu une enfance marginale et libertaire.
    
A 20 ans... Fascinée par l'Islam et le désert, elle décide de se convertir et d’adopter une vie errante. Elle devient donc un étonnant témoin de la réalité algérienne au temps de la colonisation.

 



 
       
.

 Pendant une grande partie de son existence, Isabelle Eberhardt mène une vie de nomade en Afrique du Nord (sur la côte algérienne d’Oran, dans le Sahara, au sud-ouest du Maroc et à l’est de la Tunisie). Elle se familiarise avec les mœurs et les dialectes des régions qu’elle parcourt et est l’une des premières femmes du 20e  siècles à voyager seule. Elle prend plusieurs identités comme celle de Mahmoud Saadi. Convertie à l’Islam, c'est déguisée en homme bédouin (les Bédouins sont  des nomades de culture arabe vivant dans des régions désertiques du Moyen-Orient), drapée dans les plis de son burnous (manteau en laine long avec une capuche pointue et sans manches), le crâne rasé coiffé d’un haut turban, qu'Isabelle Eberhardt va parcourir les « routes » d’Afrique du nord.

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Dans les tribus, elle est reçue en tant que "taleb", c'est-à-dire étudiant,  "demandeur de savoir " ou "voyageur en quête de sens"

 Se faisant passer pour un homme, elle peut entrer dans tous les lieux où les femmes ne sont pas admises, ce qui facilite aussi son travail de journaliste.  Elle se marie avec Slimène  Ehnni, jeune soldat indigène de l'armée française en Afrique du Nord, ce qui provoque un scandale. Sa vie peu conventionnelle fait que les colons français  se mettent à la surveiller.
        
Elle collabore aussi avec le  journal  Akhbar et est envoyée à Ain-Sefra comme reporter de guerre pendant les troubles près de la frontière marocaine.

En 1904, âgée de 27 ans, elle trouva la mort dans l’inondation d’Ain-Sefra.
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Blanche de Richemont et le désert

Publié le par Perceval

blanche-de-richemont.jpgBlanche de Richemont écrit son premier livre Eloge du désert (Presses de la Renaissance, 2004) pour rendre compte de sa découverte du désert qui donne une autre orientation à sa vie, elle se tourne vers le silence et l'essentiel. Elle a parcouru plusieurs déserts (en Tunisie, en Algérie et également en Lybie). A la suite de ce premier livre, elle décide de vivre encore plus intensément la grande aventure du désert. Elle part seule en 2005 suivre une caravane de sel au Mali, 800 kilomètres entre Tombouctou et la mine de sel de Taoudenni récit de voyage dans Le livre des déserts , collection Bouquin et dans Carnets d'aventure (Presses de la Renaissance). A la suite de ce voyage, elle est partie vivre avec des contrebandiers à la frontière du Mali et de l'Algérie. Elle évoque également ces voyages dans son livre : Eloge du désir (Presses de la Renaissance, 2007).eloge-du-desir.jpg

 

" Depuis ce jour où je décidai de me brûler à la vie pour retrouver le feu, je regardai le monde à travers le prisme du désir. Je suis partie dans le désert, dans un monatère de brousse, sur les routes le jour, dans certains lieux de plaisir de nuit. J’ai cherché à comprendre le mystère de cette force qui nous pousse à nous dépasser malgré tout, contre tout. Je n’ai rien trouvé de définitif, j’ai juste appris peu à peu à vivre de désir.»

 

Extrait de Eloge du désir      Blanche de Richemont

 

  eloge-du-desert-2.jpg" La certitude que je devais repartir dans le désert m’a réveillée un matin. Ayant toujours pris au sérieux les mots de l’aube, car ils viennent de l’âme, je m’exécutai. Le 30 décembre 2004, un avion m’a déposée au Mali pour emprunter la route du sel, 700 kilomètres de sable reliant Tombouctou à la mine de Taoudenni, escortée par les hommes de la tribu berabich, qui parcourent le Sahara en quête de l’or blanc.
Chaque jour, à Tombouctou, on m’annonçait que je partais le lendemain. L’attente a duré plusieurs semaines. Semaines insoutenables : le temps ne passait pas, il tournait en rond, enlisé dans l’ennui. Pour échapper à cet étau, j’errais dans la maison arabe où je logeais, attendant mon heure et perdant courage. Pendant mes nuits blanches, je me remémorais les raisons de ma présence ici : trouver une terre ou un regard qui justifient d’être encore en vie...
Un après-midi, enfin, des inconnus sont venus me chercher. Après plusieurs heures de route, coincée au milieu des nomades à l’arrière d’un 4x4, je suis arrivée dans un campement berabich, en pleine nuit. Deux tentes, des hommes, des femmes, des enfants, un feu, quelques chèvres. En silence, on me tendit une gamelle de riz, avant de me faire signe d’aller me coucher au milieu des chèvres.blanche-de-richemont-2.jpg

Puis le jour du départ arriva. Accompagnée de Sheikh, mon guide, j’ai grimpé sur une dune où une vieille femme nous a pris les mains en priant. La solennité de ce rituel ressemblait à un adieu. Tandis que nous nous éloignions, la femme continuait de prier et le vent charriait sa voix brisée. Étrange sensation de partir en pèlerinage ou pour l’enfer. Ce fut les deux.
J’étais désormais la seule femme au sein de cette caravane d’hommes – chez les Berabich, la femme est considérée comme un refuge, elle ne prend pas la route. Nous marchions plus de dix heures par jour. Les 350 premiers kilomètres, je les ai parcourus à pied, délaissant ma chamelle. Je voulais m’exténuer pour ne pas penser. Chacun de mes pas écrasait ma souffrance, le deuil, les questions sans réponses. La route était aussi éprouvante pour les hommes que pour les bêtes. Chaque jour, le soleil se levait sur des cadavres de chameaux ; leurs squelettes jalonnaient cette route séculaire qui semblait mener à l’enfer.

De jour comme de nuit, nous nous enfoncions dans le vide. J’ignorais comment les hommes s’orientaient. La route semblait inscrite en eux. Pour mettre de la variation dans mes journées, je m’étais forgée un emploi du temps : une heure pour apprendre un poème, une autre pour manger des dattes ou penser à une personne que j’aimais.... Ces balises m’évitaient de penser à la faim, à l’eau crasseuse que je partageais avec les animaux et à la dureté des hommes. Ces derniers ne parlaient pas le français, j’ignorais leur dialecte : je n’avais donc aucune échappatoire à moi-même. Rien d’autre que la marche et ce désert plat et laid, sans émotions. Dans ce paysage immobile, seule la date changeait tous les jours. Le reste demeurait immuable : silence, nuages, sable, vent. Je m’épuisais dans l’attente d’un baiser qui ne venait pas : celui de mon cœur avec cette terre.
Pourtant, j’étais heureuse dans ce dénuement et cette âpreté. Malgré l’épuisement, je vivais ce pour quoi je me sentais faite : une existence simple où l’on suit le soleil le jour et les étoiles la nuit ; des journées épurées, centrées sur un seul objectif : atteindre Taoudenni.
Chaque jour, les hommes me disaient que nous arriverions le lendemain. Taoudenni devenait une destination fantôme. Au fil du voyage, cependant, je cessais de compter les jours, acceptant de me laisser bercer par la marche, de calmer ma colère, d’accueillir chaque instant comme il venait. Enfin, je me laissais aspirer par le désert : le vrai voyage commençait.
desert-2.jpg
Un matin, l’aube s’est levée sur un désert rouge. Pour la première fois, le soleil nous offrait des couleurs. Quelques dunes brisaient enfin l’horizon. C’était le 14 février, jour anniversaire de la naissance mon frère ( Arthur a décidé de quitter la vie à 15 ans) , qui me faisait le cadeau d’un peu de grâce, de beauté. En retour, je lui ai offert cette journée illuminée sans savoir que l’après-midi même je serai à Taoudenni. Pour son anniversaire, j’ai atteint le but. Par ce signe, Arthur me demandait de le laisser vivre sa vie invisible. Il me signifiait aussi qu’il n’avait jamais cessé d’être à mes côtés. Ce jour-là, je compris que le silence était habité.
À mon retour du Sahara, je me suis libérée non seulement de mois de poussière, mais de plusieurs années de larmes. Quelques étoiles, un peu de lune et beaucoup de nostalgie. J’étais arrivée, vidée de ma quête. Je pouvais désormais en chercher une autre, plus intérieure, inépuisable, pour tenir debout. Ces journées et ces nuits de marche en silence ont changé ma vie. Six ans après, je n’en suis toujours pas revenue. J’aspire encore à cette respiration, ces larmes de sable. Ce règne de l’horizon et ce cri du cœur : avancer."

 

 



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Flora Tristan, grand-mère de Paul Gaughin - 4 -

Publié le par Perceval

Flora Tristanflora-tristan-copie-1.jpg était proche de Marceline Desbordes-Valmore ( dont la fille Ondine était l'amie intime d'Aline Chazal-Tristan ) et de Pauline Roland ( sujet du poème éponyme de Victor Hugo ). George Sand ne l'appréciait pas mais sera conquise par sa fille. Aline Chazal épousera le 15 juin 1846 le nommé Clovis Gauguin, père de Paul, lequel pourra dire à juste titre : "Ma grand-mère était une drôle de bonne femme".Pauline-Roland.jpg

 

Proche associée de George Sand et de Pierre Leroux, Pauline Roland se joint à son phalanstère fouriériste à Boussac en 1847 où elle travaille comme institutrice et écrit pour l’Éclaireur de l’Indre. En 1849, elle fonde avec Jeanne DEROIN et Gustave LEFRANÇAIS, l'Association des instituteurs, institutrices et professeurs socialistes qui insiste sur l'importance de l'égalité des sexes dans un programme d'éducation s'étendant sur les dix-huit premières années de la vie et des femmes restant dans le monde du travail.

Elle vit pendant douze ans en union libre jusqu’en 1845 avec Jean-François Aicard, en insistant pour que leurs deux enfants, et un fils dont le père était Adolphe Guéroult, portent son nom et soient élevés par elle : « Je ne consentirai jamais à épouser aucun homme dans une société où je ne pourrais pas faire reconnaître mon égalité parfaite avec celui auquel je m’unirais… ». À la mort de Flora Tristan en 1844, elle prendra également soin de sa fille Aline (qui sera plus tard la mère de Gauguin).

 

Aline-Maria-Chazal.jpg
 Aline Chazal

Le 7 juin 1848 nait à Paris : Paul Gauguin. Son père Clovis est journaliste républicain au National ( Ce journal a contribué au renversement de Louis Philippe ). Il s’est marié en 1846 avec Aline Chazal, fille de Flora Tristan, elle-même fille d’une française et d’un colonel de l’aristocratie espagnole né au Pérou, Moscoso.

Le 8 août 1849 la famille Gauguin s’embarque au Havre pour le Pérou. « Il prit à mon père après les événements de 48 la fantaisie de partir pour Lima avec l’intention d’y fonder un journal. Il meurt au cours du voyage. » Sa mère, Aline Gauguin, espère retrouver une part de l’héritage de sa mère Flora Tristan, fille non reconnue d’une famille noble péruvienne, les Tristan y Moscoso. Clovis Gauguin meurt pendant le voyage, sa famille se retrouve seule au Pérou, où elle est accueillie par Pio de tristan y Moscoso, l’oncle de la mère de Paul Gauguin, qui vécut à Lima jusqu’à l’age de six ans.

paul-Gauguin-2.jpgFin 1854 – Aline rentre en France et s’installe à Orléans chez Isidore le frère de son mari Clovis. Paul est externe dans un pensionnat, en 1859, Paul Gauguin poursuit sa scolarité au Petit Séminaire dirigé par l’évêque Dupanloup. En 1862, Paul rejoint sa mère à Paris où elle est devenue couturière et où il prépare le concours d’entrée à l’Ecole Navale sans succès..

Le 13 novembre 1865dans son testament Aline recommande à son fils de «  se faire sa carrière car il a su si peu se faire aimer de tous mes amis qu’il va se trouver bien abandonné ». Elle désigne Gustave Arosa comme tuteur de ses enfants… Le 6 décembre Gauguin embarque comme pilotin (élève officier) sur le Luzitano qui appareille pour Rio de Janeiro.

1866 – Toujours en mer, voyage au Pérou et au Chili

1867 – Sa mère Aline, meurt à Saint Cloud où elle s’était installée.

 

En l'honneur de Flora Tristan; il y a actuellement, au Pérou, un institut - pour soutenir les femmes - qui porte son nom.

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Flora Tristan, socialiste et révolutionnaire - 3 -

Publié le par Perceval

Alors qu'en 1839 Flora TristanFlora-Tristan-3.jpg vit à Londres, capitale dont elle n'apprécie pas le contexte social, elle décide néanmoins de lui consacrer un ouvrage mettant en exergue toute la force et la misère de cette mégapole. Loin des clichés des belles lettres de l'époque, Flora Tristan va promener son lectorat à travers les quartiers insalubres et miséreux de Londres à la recherche de tous ceux dont on parle peu, et dépeindre ainsi une réalité très éloignée de l'image de capitale moderne d'un État puissant et économiquement fort.

 

-    Publiées en mai 1840, les Promenades dans Londres approfondissent la vocation d'enquêtrice sociale.

« Quelle immense ville que Londres ! comme cette grandeur, hors de toute proportion avec la superficie et la population des Îles britanniques, rappelle immédiatement à l'esprit et l'oppression de l'Inde et la supériorité commerciale de l'Angleterre ! Mais les richesses provenant des succès de la force et de la ruse sont de nature éphémère ; elles ne sauraient durer sans renverser les lois universelles qui veulent que, le jour venu, l'esclave rompe ses fers, que les peuples asservis secouent le joug et que les lumières utiles à l'homme se répandent afin que l'ignorance aussi soit affranchie ».

 

flora-Tristan-Affiche.jpgL'engagement au service des prolétaires l’entraine à publier une sorte de catéchisme révolutionnaire, véritable brûlot contre l'ordre social, l'Union ouvrière (mai 1843).

« OUVRIERS ET OUVRIERES, écoutez-moi. […] le jour est venu où il faut agir et c'est à vous, à vous seuls, qu'il appartient d'agir dans l'intérêt de votre propre cause. Il y va pour vous de la vie…ou de la mort! de cette mort horrible qui tue à chaque instant : la misère et la faim! […] Votre action à vous, ce n'est pas la révolte à main armée, l'émeute sur la place publique, l'incendie ni le pillage. Non ; car la destruction, au lieu de remédier à vos maux, ne ferait que les empirer. Les émeutes de Lyon et de Paris sont venues l'attester. Votre action à vous, vous n'en avez qu'une légale, légitime, avouable devant Dieu et les hommes : c'est l'UNION UNIVERSELLE DES OUVRIERS ET DES OUVRIERES. »

 

L'Union ouvrière, jette bientôt Flora sur les routes. Le livre en effet ne peut toucher son public que si l'auteur le diffuse à travers la France, en portait la parole dans les ateliers auprès de ceux-là mêmes auxquels il est destiné et qui risque pourtant de n'en avoir jamais connaissance, dans la mesure où ils ne savent pas lire … Flora entreprend un tour de France.

Elle le prépare méthodiquement, s'appuyant sur les sociétés de compagnonnage avec lesquelles elle avait pris contact avant son départ, sur le réseau fouriériste des abonnés à La Démocratie pacifique et sur les loges maçonniques…

La mort d’épuisement de Flora Tristan, à Bordeaux, en novembre 1844, interrompt ce tour de France.. De ce dernier voyage, il nous reste un journal, Le Tour de France, tiré de l'oubli par l'historien Jules Puech : Le Tour de France parait posthume en 1973.

 

A lire des extraits de " L'Union Ouvrière " ICI:

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Flora Tristan, féministe - 2 -

Publié le par Perceval

Flora Tristan est née à Paris le 7 avril 1803, morte à Bordeaux le 14 novembre 1844. Femme de lettres, militante socialiste et féministe, figure majeure du débat social dans les années 1840 … Flora-Tristan-brune.gif

Fille d'un noble péruvien, Mariano de Tristán y Moscoso, qui descendait de Montézuma, à une époque où le Pérou était encore rattaché à la couronne espagnole, et d'une Parisienne de petite bourgeoisie, Anne-Pierre Laisnay, qui au temps de la Révolution avait émigré en Espagne, Flora connut une petite enfance dorée dont le souvenir ne cessa de la hanter..

La mort de Mariano, le 14 juin 1807, met fin au bonheur... Le mariage des parents n'avait pas été régularisé, et en ces années où Napoléon se lance dans l'aventureuse expédition d'Espagne, Mariano est sujet d'un prince ennemi. Anne-Pierre Laisnay est dans l'incapacité de faire valoir ses droits ; la maison est saisie par l'état français. En 1818, Flora et sa maman vivent dans le quartier misérable de la place Maubert.

A 18 ans, Flora épouse à la mairie du XIe arrondissement le peintre et lithographe André François Chazal, frère du peintre Antoine Chazal, dans l'atelier duquel elle est entrée en qualité d'ouvrière, coloriant des étiquettes de parfumeur, le soir, chez elle ou à l'atelier. L'argent manque au foyer, trois maternités se succèdent, les disputes sont courantes. En mars 1825, Flora, enceinte d'Aline, son troisième enfant, quitte le domicile conjugal. Elle ne reprendra plus la vie commune. En 1828, elle n'obtient qu'une séparation de biens d'avec André Chazal, à défaut de divorce, aboli depuis 1816. amazones-flora-tristan-femmes.jpeg

 

« L’émancipation de la femme est l’objet principal de mes études et la cause à laquelle je me suis vouée », écrit Flora Tristan. «  L'homme le plus opprimé  peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même. »

 

Une identité d'emprunt lui permet, avec des succès divers, d'échapper aux poursuites d'un époux violent.

Flora visite par deux fois l'Angleterre (1826, 1831), sillonne la France, est à Paris lors des Trois Glorieuses, s'y laisse séduire par le saint-simonisme. La tension avec son mari devenant insupportable, sa famille maternelle ayant définitivement pris le parti de Chazal, elle place sa fille dans une institution d'Angoulême (Charente), et s'embarque le 7 avril 1833 pour le Pérou…

 

Elevée dans le culte du pays d’origine de son père, elle décide de se rendre au Pérou, à la recherche de ses racines et d’une aide familiale.

Son oncle, don Pio de Tristán, l'accueille froidement, et ne veut voir en elle que la fille naturelle de son frère. Le rêve de légitimation, la reconnaissance comme membre à part entière d'une famille aristocratique illustre échoue...

La-Mariscala.jpgFloran Tristan est le témoin d’une révolte armée contre l’ordre institutionnel de la jeune et instable république péruvienne. Elle est impressionnée par le rôle qu’y joue Francisca Zubiaga gamarra dite La Maréchale épouse et soutien du président putschiste Augustin Gamarra…  

Flora s’imagine au Pérou, même, un rôle politique… Elle est attirée par le colonel Escudero, mais renonce à cette union… ( elle est toujours mariée en France …)

Elle quitte le Pérou.
Elle sublimera son désir d'amour (sa vie avec Chazal lui fait redouter l'amour charnel) en passion sociale …

Atteinte dans sa fierté et mesurant que le droit est contre elle, Flora revendique alors la qualité de paria que la loi lui épingla doublement (en France, comme femme mariée soumise à l'arbitraire d'un mari, en l'absence de toute procédure de divorce, au Pérou comme bâtarde) : l'exclue se change en justicière des droits bafoués de la femme et en porte-parole des victimes de l'ordre social.

-       Dans , Pérégrinations d'une paria (1837). Politique, moeurs, religion, tout est passé au crible du regard de cette femme intransigeante …

De retour à Paris, en janvier 1835, Flora Tristan, qui a fréquenté les plus hautes sphères du pouvoir à Lima et à Arequipa, prend pied dans les cercles littéraires et socialistes de la capitale. Toute habitée encore des tribulations qu'elle avait essuyées au cours de ses divers voyages en sa qualité de "femme seule", c'est-à-dire exposée aux outrages de toutes sortes …

-       Dans, Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères (1835). Elle y propose les statuts d'une association destinée à fournir accueil et logement aux femmes seules. Sur ces bases, elle prend contact en août avec Charles Fourier, auquel elle offre ses services: "Employez-moi, lui écrit-elle le 11 octobre 1835, ah! employez-moi! je vous en aurai une gratitude infinie. […] je peux vous assurer que vous trouverez en moi une force peu commune à mon sexe, un besoin de faire le bien, et une reconnaissance profonde pour tous ceux qui me procureront les moyens d'être utile."

 

Présente sur tous les fronts, Flora Tristan assiste aux réunions du jeudi organisées par La Gazette des femmes ; elle y noua des liens avec Eugénie Niboyet par exemple. Elle intervient, dans les débats socialistes : elle s'y montre plus soucieuse de réalisations concrètes que de questions d'école. Elle tança Victor Considerant et La Phalange pour leur immobilisme rêveur : « L'intelligence des peuples est aujourd'hui trop développée pour qu'on puisse longtemps les repaître de mots [...] il est de votre devoir, de votre humanité de vous expliquer, et au plus vite, sur ce que vous pouvez faire et sur ce que nous pouvons tous faire pour arriver à la réalisation de l'éden, que, sur la parole de Fourier, vous nous faites pressentir. » (Lettre publiée par La Phalange, n° 6, du 1er septembre 1836).

 

Flora Tristan Flora-Tristan-4.jpginvestit également le monde très fermé des revues littéraires : elle est admise à L'Artiste comme au Voleur et, sur la recommandation de Sainte-Beuve, à la Revue de Paris. Fin 1837, Arthus Bertrand publia les Pérégrinations, volume bientôt repris par un plus grand éditeur, Ladvocat, qui donne en novembre suivant Méphis, seul roman de sa plume. Flora fait feu de tout bois. La publicité que lui valut le geste criminel de son mari qui, le 10 septembre 1838, la guette au sortir de chez elle et lui décharge son pistolet en pleine poitrine, alimente les ventes du roman. De son lit de convalescence, l'auteur invite l'éditeur à transformer en succès commercial le capital de sympathie que lui vaut l'attentat.

L'enlèvement en 1835 par André Chazal de son troisième enfant, Aline Chazal-Tristan, âgée de dix ans, qui sera la mère du grand peintre Gauguin, n'avait abouti à un jugement de séparation de corps qu'en 1838. Chazal étant condamné le 1er février 1839 à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Seine, Flora recouvre sa liberté et la jouissance de son nom.

 

 

Sources ( entre autres..) :Maitron.org, site d’histoire sociale

 


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La brune et passionnée Flora ...

Publié le par Perceval

Elle est la petite fille de Pio Tristán, ancien vice-roi du Pérou…

 Elle a traversé seule le Pérou en pleine révolution …  Elle a enquêté dans les maisons closes à Londres. flora-tristan.jpgElle est devenue une figure des salons parisiens. Elle s'est introduite dans la Chambre des Lords déguisée en homme. Elle a été surveillée par les polices politiques. Elle a vécu les dernières années de sa vie avec une balle logée près du coeur, victime de son mari jaloux...

Elle est la grand-mère de Paul Gauguin …


Qui est-elle ?


brune-nicole-avril.jpg« Je l’imagine. Brune comme une héroïne romantique. Ardente et intense. Flora Tristan. Sa rencontre a marqué ma vie. Son histoire dans l’Histoire est un roman.

Née à Paris en 1803, de mère française et de père péruvien, elle s’embarque – seule femme à bord, quatre mois en mer et le cap Horn en prime – pour faire valoir ses droits auprès de sa riche famille paternelle qui l’a abandonnée. Au Pérou, elle découvre la passion, la violence et l’esclavage. Autodidacte, elle écrit à son retour Pérégrinations d’une paria. Jaloux de son succès, son mari lui tire une balle dans le dos, qui restera fichée à deux doigts de son cœur. » Nicole Avril

 

Beaucoup d’éléments biographiques, et l’époque, rapprochent George Sand ( 1804-1876) de Flora Tristan ( 1803-1844).george-sand-02.jpg

Par exemple : Flora, née le 7 avril 1803, a 4 ans à la mort de son père. Aurore, née le 1er juillet 1804 a le même âge quand en 1808 son père se tue en tombant de cheval. Etc … etc...  

leroux-pierre.jpgLe socialiste saint-simonien Pierre Leroux constitue un trait d'union entre les deux femmes. Cependant la "Bonne Dame de Nohant" n'apprécie guère "La Paria" : tout en lui reconnaissant du courage et des convictions, elle la juge trop vaniteuse, impérieuse et coléreuse...


Pierre Leroux fut, entre autres choses, imprimeur à Boussac ( ce n'est pas loin de chez moi ... Limoges..) dans la Creuse, petite ville dont il fut élu maire en 1848 au lendemain de la Révolution de 1848 ...Caricature-Leroux.jpg


Pierre Leroux ( né en 1797 ), introduit en France le mot " socialisme " comme antithèse de l’individualisme.  Il fonde « le Globe », qui devient le journal des jeunes opposants au régime de la Restauration. Après la révolution de 1830, il se rallie au saint-simonisme dont il se sépare en novembre 1831. Pierre Leroux rencontre George Sand en 1835 et une profonde amitié nait de leur admiration mutuelle, le philosophe trouve auprès de l’écrivain une aide matérielle importante. Spiridion est dédié au philosophe dont l’influence est particulièrement nette dans les romans " socialistes " du début des années 1840. En 1843, Pierre Leroux obtient un brevet d’imprimeur et, l’année suivante, il s’installe à Boussac, toute petite sous-préfecture de la Creuse, à quelques lieues de Nohant.

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