Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Misia, reine de Paris

Publié le par Perceval

Musée d'Orsay    Exposition temporaire

 

Misia-Natanson-en-robe-noire-1896-1897.gif
 Misia Natanson en robe noire1896-1897

Cette exposition pluridisciplinaire se propose de réunir des portraits de Misia et de son entourage ainsi que des oeuvres, des documents et des témoignages d'artistes contemporains illustrant le foisonnement de la création au temps où Misia était la Reine de Paris.

12 juin - 9 septembre 2012

A-Natanson-photo-orsay.gif

 Déjeuner au Relais à Villeneuve-sur-Yonne : Cipa Godebski, Marthe Mellot, Thadée Natanson, une domestique, Edouard Vuillard, Misia Natanson, Romain Coolus, Ida Godebska, Alfred Athis Natanson   -  Vers 1898-1899

Photo de: Alfred Natanson (1873-1932)

Epreuve originale à la gélatine argentique Collection particulière© Cliché musée d’Orsay / Patrice Schmidt

Bien sûr, faute de pouvoir se rendre à Paris, il est possible de visiter les pages sur Misia, sur le site du Musée d'Orsay: C'est ICI ...

Voir les commentaires

Maryse Bastié, grande aviatrice née à Limoges

Publié le par Perceval

Il y a 60 ans.

L'avion de Maryse Bastié ( née à Limoges ( où je suis ...) le 27 février 1898 ) - s'est écrasé au cours d'un meeting aérien à Lyon-Bon le 6 juillet 1952. Elle était âgée de 54 ans et avait conquis une renommée mondiale grâce aux très nombreux records qu'elle a battus.

maryse_bastie_0.jpg

Voir les commentaires

Toto Koopman ( 4 )

Publié le par Perceval

Toto-koopman-fil-photos-11.jpg

A Paris, Miss K. rencontre une femme étonnante : Hui-Lan Wellington-Koo, épouse de l’ambassadeur de Chine à paris. Elles partagent le goût de la politique, de la diplomatie, et de l’audace…

Madame-Wellington-Koo.jpg

Au cours de l’été 1936, Toto assiste aux Jeux olympiques de Berlin. Elle y séjourne régulièrement . Max Aitken accompagne son père, invité personnel de Von Ribbentrop… Beaverbrook a déjà rencontré Hitler et Mussolini, il ne parle pas les deux langues contrairement à Toto.. Toto butine de Berlin à Rome, de Milan à Salzbourg et de Venise à Bayreuth … Elle a une brève liaison avec Herbert Von Karajan, on dit aussi qu’elle a eu une liaison avec le conte Ciano, gendre de Mussolini…

Ses activités exactes restent inconnues ; il semble que Miss K. ait pu passer de l’espionnage industriel, à l’espionnage politique … ?

 

Toto-koopman-fil-photos-12.jpg


Miss K. tombe amoureuse d'un opposant à Mussolini, fait de la résistance, travaille pour les alliés ; ce qui lui coûte d'être arrêtée en Déc 1941 et transférée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle va y vivre un véritable enfer. Elle se fait passer pour une infirmière. Au péril de sa vie elle ment, triche, falsifie les documents afin de sauver un maximum de malades. Courageuse et héroïque, Toto ne baisse jamais les bras.

   Toto-koopman-fil-photos-2.jpg


Physiquement très affaiblie à la fin de la guerre, c’est une femme qui saura l’aimer et la rassurer : Erica Brausen, galeriste à Londres, sera la véritable compagne de Toto Koopman – Erica-Brausen-2.jpgqui ne cessera pas, pour autant, d’avoir des liaisons avec des hommes.

Brausen découvre Francis Bacon, le lance, et entraîne Toto dans le tourbillon artistique anglais des années 50 et 60. 

 

 


Miss K. reprend des études et devient archéologue. Elle participe à de nombreuses fouilles, son mentor n’est autre que Max Mallowan, époux d'Agatha Christie.

 

Toto devient archéologue, parcourt la Turquie, la Grèce, le Liban ou l’Irak tout en continuant à faire vivre à Londres, avec Erica, la galerie Hanover. Toto-koopman-00210.jpgDans les années soixante, les deux femmes s’aménagent une maison de rêve sur l’île de Panaréa, un bout de terre aride, sans  eau courante ni électricité, situé au nord de la Sicile, au milieu de la mer Tyrrhénienne. L’endroit deviendra un lieu de vacances obligé pour leurs nombreux amis parmi lesquels des gens comme Luchino Visconti ou Edmonde Charles-Roux et Gaston Deferre. Tous ceux qui l’ont approchée parlent de son étonnante beauté, de son anticonformisme et de sa capacité à susciter le scandale sans jamais se départir de cette élégance qui vous fait immanquablement pardonner de tous vos excès.


Toto Koopman est morte en 1991.

Voir les commentaires

Jean-Jacques Rousseau, et les femmes.

Publié le par Perceval

L’année 2012, est l’année Jean-Jacques Rousseau (il est né le 28 juin 1712 ( tricentenaire ) à Genève, où il a passé les seize premières années de sa vie…) Jean-Jacques_Rousseau.jpg

La première femme de sa vie meurt en lui donnant le jour. La seconde est Sa tante Suzanne (tante Suzon). C’est elle qui sauve Jean Jacques de la mort à sa naissance.
      «Chère tante je vous pardonne de m’avoir fait vivre et je m’afflige de ne pouvoir vous rendre à la fin de vos jours les tendres soins que vous m’avez prodigues au commencement des miens».
C’est grâce à ses chants qu’il prend le gout pour la musique; il se rappelle sa voix: « elle chantait avec un filet de voix douce».   La chanson de sa tante c’est le «charme attendrissant » auquel il retourne souvent pour trouver une source de délice qui lui est impossible de retrouver pas dans le présent.

Rousseau-cn04_136_le_cerisier.jpgMelle Goton : Elle est le premier amour du jeune garçon. Il garde un souvenir clair de cette très jeune fille, se rappelant son visage, ses yeux d’adulte sur une tête d’enfant, son maintien de femme combiné un corps bien développé. Les relations qu’ils entretenaient furent brèves mais vives, elle, jouant à la maîtresse ou à la maman. Il garda en lui ce plaisir si particulier à se faire diriger.

Melle de Vulson : Bien distinct de l’amour porté à la secrète Melle Goton, Rousseau éprouve pour Melle de Vulson un sentiment tout aussi vif. La jalousie, les plaisanteries, les agaceries même étaient les petits plaisirs quotidiens de l’adolescent. Il ne supportait pas que quelque jeune homme s’approche d’elle, pourtant il ne l’appréciait qu’en public, alors il se montrait possessif, presque tyrannique pour cette jeune fille. Après de longues périodes déchirantes lorsqu’ils étaient séparés, Rousseau finit par l’oublier, il ne la revoit que 20 ans après ....et l’évite.

Rousseau_le_passage_du_ruisseau.jpgMme Basile : Mariée a un homme alors souvent absent, Mme Basile représente l’idylle même. Il en tombe rapidement amoureux et est mis à l’épreuve étrange de ne pas lui avouer ses sentiments. Pourtant, alors qu’il succombe à ses charmes, trop puissants et trop sensuels il est interrompu mais en plein élan par l’intervention d‘une femme de chambre alors qu’il était agenouillé devant Mme Basile. La perte de cette complicité fait souffrir le jeune homme lorsque Mr Basile, à son retour, le renvoya. C’est donc un amour fondé sur la proximité et la complicité que Rousseau découvre, encore différent des autres.

Mlle de Breil : L’anecdote de l’amour avec Mlle de Breil est une véritable tragédie. Attiré par cette dernière, parce qu’elle est une superbe jeune-fille, mais qui ne lui portait aucune attention, il souffrit constamment d’une distance insurmontable liée à la différence sociale et tenta tous les jours d’obtenir un de ses regards. Lorsqu’enfin il obtint l’attention de cette dernière, l’émotion fut si forte qu’il renversa de l’eau sur sa robe alors qu’il la servait. Ayant perdu tout espoir, il n’attache plus aucune importance à sa situation et n’hésite pas à tout quitter .

Mlle Galley et Mlle de Graffenried. : Rousseau passe avec ces deux demoiselles une journée d’été féerique. Tout d’abord, la nature est omniprésente, ce qui joue sur son esprit rêveur, puis il est en compagnie de deux adorables jeunes filles. Il préfère Mlle Galley, plus réservée et timide que son amie qui lui semble plutôt extravertie et entreprenante. Il aimerait entretenir avec cette dernière une relation amicale plus qu’amoureuse. C’est donc la deuxième fois que Rousseau éprouve deux amours en même temps et ce cas de figure se reproduira tout au long de sa vie, étant donné sa facilité à tomber amoureux et à mettre ses sens en éveil.

 

Madame de Warens:Mme-de-Warens.jpg

Françoise-Louise de Warens (1699-1762) avait traversé le Léman parce qu’elle ne supportait plus l’existence qu’elle menait auprès de son époux, un riche aristocrate du canton de Vaud.

Emportant ses rêves et aussi l’argenterie, elle était venue demander asile en Savoie, auprès du roi de Piémont qui prenait les eaux à Evian.

Tombé sous le charme, le souverain en fit sa protégée et lui alloua une pension, à condition qu’elle opte pour la religion catholique et qu’elle s’emploie à convertir les concitoyens helvétiques qui se présenteraient à elle…

Ainsi débarque un garçon un peu gauche. Originaire de Genève, Rousseau a 16 ans, il fait intrusion dans la vie de celle qu’il appellera Maman.

warens.JPGElle l’envoie s’instruire de la vraie religion à Turin.

Puis le jeune homme revient. Il restera auprès d’elle une dizaine d’années, dans un hôtel sombre de la place Saint-Léger à Chambéry.

Il donne des cours de solfège aux demoiselles de la bonne société. Et il finit par tomber dans les bras de sa protectrice.

Les deux couleront des étés exquis dans le vallon des Charmettes. Jean-Jacques écrira qu’il vécut les meilleurs moments de sa vie. Mais tout a une fin, Maman se trouve un nouvel amant. Rousseau blessé s’en ira…

 

Louise d’ Epinay (1726 - 1783):

Madame-d-epinay.gifSon cousin, Denis Joseph La Live de Bellegarde s’éprend d’ elle. Il devient marquis d’ Epinay après l’achat d’une propriété située au Nord de Paris.Leur mariage sera célébré le 23 décembre 1745. Elle aura 2 enfants, un fils, le 25 septembre 1746, Louis-Joseph et une fille, Angélique en 1752.

Ils vivent à Paris ou au château de la Chevrette, près d’Epinay-sur-Seine.

A Paris, rue Saint-Honoré, elle reçoit dans son salon une societé brillante et cultivée : philosophes, savants, écrivains, artistes et on y parle en toute liberté des sujets les plus variés.

Les noms les plus en vue défilent chez elle : Jean-Jacques Rousseau, Marmontel, Duclos et d’ Holbach, Saint Lambert, Francueil, Grimm, Diderot, d’ Alembert et bien d’autres.

Louise d'Épinay , femme de lettres, a joué un rôle important dans la vie de Jean-Jacques Rousseau. En tant qu'amie proche, c'est elle qui lui a fait construire (pour qu'il l'habite comme refuge) cette petite maison célèbre sous le nom d'Ermitage, située à l'orée de la forêt de Montmorency. Rousseau y a séjourné de 1756 à 1757. C'est là qu'il a écrit ses premiers chefs-d'oeuvre: «Le Contrat social», «Émile», «La Nouvelle Héloïse».

Elle devient la bienfaitrice de Jean-Jacques Rousseau. Diderot est également un habitué du salon. Voltaire y charme les invités de Mme d’ Epinay, et Grimm est un des plus fidéle. Parfois, elle reçoit le jeune Mozart de passage à Paris.

En 1762 son mari est destitué de sa charge de fermier général et ruiné. Ils quittent le château de la Chevrette qu’ ils sont obligés de louer et s’installent à Paris de façon plus modeste, mais elle a encore assez d’énergie pour tenir son salon.

 

Thérèse Levasseur (1721 – 1801):JJ-rousseau2.jpg

Durant l’hiver 1744-1745, Rousseau rencontre Thérèse à l’Hôtel Saint-Quentin, où il réside. Elle y est servante-lingère.

« Je n’avais cherché d’abord qu’à me donner un amusement. Je vis que j’avais plus fait, et que je m’étais donné une compagne. Un peu d’habitude avec cette excellente fille, un peu de réflexion sur ma situation, me firent sentir qu’en ne songeant qu’à mes plaisirs, j’avais beaucoup fait pour mon bonheur. Il me fallait à la place de l’ambition éteinte un sentiment vif qui remplît mon cœur. Il fallait, pour tout dire, un successeur à Maman : puisque je ne devais plus vivre avec elle, il me fallait quelqu’un qui vécût avec son élève, et en qui je trouvasse la simplicité, la docilité de cœur qu’elle avait trouvée en moi. Il fallait que la douceur de la vie privée et domestique me dédommageât du sort brillant auquel je renonçais. Quand j’étais absolument seul, mon cœur était vide ; mais il n’en fallait qu’un pour le remplir. Le sort m’avait ôté, m’avait aliéné, du moins en partie, celui pour lequel la nature m’avait fait. Dès lors j’étais seul ; car il n’y eut jamais pour moi d’intermédiaire entre tout et rien. Je trouvai dans Thérèse le supplément dont j’avais besoin ; par elle je vécus heureux autant que je pouvais l’être selon le cours des événements. » ConfessionsJJ-Rouseau-et-Therese.jpg

 

« Je voulus d’abord former son esprit. J’y perdis ma peine. Son esprit est ce que l’a fait la nature ; la culture et les soins n’y prennent pas. Je ne rougis point d’avouer qu’elle n’a jamais bien su lire, quoiqu’elle écrive passablement . »

 

Ils auront cinq enfants, tous abandonnés à l’hôpital des Enfants-Trouvés, au grand dam de Thérèse, mais avec la complicité de la belle-mère. Les adversaires de Rousseau, ( auteur de Émile ou de l’éducation ), le lui reprocheront amèrement. Il ne l’a certes jamais abandonnée mais ne s’est pas privé d’avoir des aventures. Il l’épousera, malgré tout, symboliquement le 30 août 1768 en se contentant de lui jurer fidélité devant le maire de Bourgoin (Isère). Ils resteront ensemble jusqu’à la mort de Jean-Jacques en 1778. Thérèse, devenue héritière de ses écrits, vivra jusqu’en 1801.


Voir les commentaires

Miss K. ( 3)

Publié le par Perceval

Toto-koopman-0012.jpgToto Koopman est-elle simplement cette femme, belle et audacieuse, futile.. ?  Ingénue ou perverse  ? qui sait jouer de sa beauté :  Toto dès son plus jeune âge sait s’entourer des personnes les plus influentes de la société.


Sa liaison avec Lord Beaverbrook, le magnat de la presse anglaise, puis avec son fils Max Aitken, sera un épisode scandaleux retentissant … Le fils de Winston Churchill, Randolph, après avoir été son amant, viendra à son secours, à la sortie de Toto du camp de Ravensbruck.

Lord Beaverbrook  Tallulah-Bankhead.jpg
 Lord Beaverbrook  Tallulah Bankhead


Insoumise de naissance, esprit libre et sauvage, polyglotte et cultivée, cette femme, a la force de s’imposer comme le premier mannequin métisse. Miss K. n’a aucun tabou : elle affiche vite sa bisexualité en vivant une passion avec l’actrice américaine Tallulah Bankhead.

Toto-Koopman-33.jpg

Usant et abusant de ses charmes, Toto accumule les liaisons, aussi bien masculines que féminines, collectionnant les scandales d’une société encore trop puritaine pour son esprit libéré. Elle conçoit sa vie comme un jeu romanesque, elle joue avec audace et style. Allure souveraine et yeux bridés de sphinx elle s’habille chez Schiaparelli, après, mannequin-cabine pour une Coco Chanel, e lle s’impose comme la première mannequin métisse à faire la couverture de Vogue. C’est George Hoyningen-Huene, l’un des plus grands photographes de mode des années 30, qui en fera son égérie et lui ouvrira toutes les portes du monde de la mode.

Toto-kopman-41.jpg  Toto-kopman-4.jpg
 Toto-koopman3.jpg  Toto-Koopman-in-Kimono-Gown.jpg


 

 

 

Toto Koopman rencontre Joseph Oppenheimer  à la suite de son implication dans le monde de l'art. Il a aussi peint un autre portrait de Toto vêtue d'une robe bleue en 1938 et il est probable que notre image remonte à une période similaire.Joseph-Oppenheimer-Toto-Koopman.jpg

 

 


Par ailleurs, il est rare de rencontrer des personnes qui sont prêtes à mourir pour un engagement, et miss K en faisait partie. Anti fasciste, elles se rend volontairement en Italie où elle est plusieurs fois arrêtée, relâchée, échappée… Comment a t-elle pu préféré les maquis italiens aux folies parisiennes, jusqu’à découvrir l’enfer des camps de concentration… ?

Voir les commentaires

Miss K. (Toto Koopman 2)

Publié le par Perceval

Le clan Mdivani fait scandale dans le paris des années 20-30. Conséquence de la révolution russe, les trois frères – Alexis-Mdivani.jpgAlexis, David, Serge et les deux sœurs Nina et Roussi – fascinent par leur beauté et leur titre de princes - inventé -… D’une pauvreté chic et séduisante, ils sont -lorsque Toto devient la meilleure amie de Nina, et la maîtresse d’Alexis – à la tête d’une véritable fortune. Serge et David ont épousé deux étoiles de Hollywood : Pola Negri et Mae Murray, quant à Alexis, il épouse l’une des héritières les plus riches de Etats-Unis : Louise astor Van Allen, ravie de devenir princesse. Roussi, vit en ménage à trois avec le peintre catalan José Maria Sert et sa femme Misia, ils inspirent une pièce à Jean Cocteau : Les Monstres sacrés . Sert divorcera de Misia, et épousera Roussi…

Rudolph-Valentino-and-Pola-Negri-at-the-wedding-of-copie-1.jpg
 

Nina, mariée à un avocat américain, le quittera pour se marier avec le fils de Sir Arthur Conan Doyle…

 

Toto Koopman adoptée par le clan, en son entier, est enchantée par la vie que lui offre son prince voyou. Ils ignorent tous deux l’idée même de modération… Jeu de polo en compagnie du Prince de galles et de lord Mounbatten, somptueuses fêtes offertes par sa femme... dont Alexis se sépare pour épouser une autre héritière américaine Barbara Hutton.

 

Cette vie de « désordre » pour beaucoup; est pour Miss K.  - qui n’aspire nullement à la respectabilité-  l’expression d’une indépendance intellectuelle et érotique. Initiée aux arcanes de l’écosystème modain, Toto devient baronne van Halmaëll, elle a trouvé trace d’un Jan George Koopaman( 1770-1830) qui avait épousé une certaine Maria van Halmaëll… ! etc...

 

Toto-Koopman-mannequin--espionne-et-ouvertement-bi.jpgMiss K. belle, émancipée, libertine, revendique l’autonomie sociale et sexuelle jusqu’alors réservée aux hommes, sans rien perdre de sa féminité. Pour Alexis, elles est à la fois, une sœur, une maitresse, et une sirène. Ils naviguent en méditerranée à bord du  Ali-baba , bateau somptueux offert par le beau-père … Alexis, obsédé par le polo, narcissique et fantasque, devient alcoolique et multiplie les crises de nerf.. Barbara Hutton, le quitte : «  J’aurais mieux fait de naitre jument !».. ( Elle eut sept maris ...). En 1935, Alexis ( 30 ans ) meurt dans un accident de voiture, Serge quelques mois plus tard décède à son tour d’une chute de cheval. Roussi, folle de chagrin, droguée et anorexique s’éteint en 1938… 

***

 

From-left-Betsy-Stack--Pola-Negri--Rudolph-Valentino--Kathl.jpg  Mae-Murray-and-David-Mdivani.jpg
 A parir de la gauche: Betsy Stack, Pola Negri, Rudolph Valentino, Kathleen Williams, Mae Murray, Prince David Mdivani, Manuel Reachi and Agnes Ayres  Mae Murray et David Mdivani
 Toto-Koopman-Turned-to-Profile.jpg  Nina-Mdivani.jpg
Toto Koopman
 Nina Mdivani
 serge-and-pola.jpg  Coco-Chanel-MAXPPP.jpg
 Serge Mdivani et Pola Negri
 Coco Chanel
 Barbara-Hutton.jpg  Accident-Alexis.jpg
 Barbara Hutton
 Accident et mort d'Alexis Mdivani

 

  A suivre : ....

 

Sources: principalement - La Javanaise Biographie de Jean-Noël Liaut. ( Laffont )

Voir les commentaires

La vie mouvementée de Miss K. ( 1)

Publié le par Perceval

" On dirait  que ...."  toto-koopman-mannequin-resistante-espionne-Couv.pngCe serait l’histoire d’une héroïne, telle une vamp de série-noire, elle aurai été cover-girl avant de devenir agent secret et résistante. De la haute couture au camp de concentration, elle aurait survécue pour devenir archéologue.

La vie de Miss K. dépasse encore la fiction.

 

Catharina Johanna Anna Koopman est née le 28 octobre 1908 à Salatiga, sur l’île de Java ( Indonésie ).Dame-javanaise.jpg Sa mère est à moitié indonésienne, et son père hollandais de pure souche est née en Indonésie. Son arrière grand-mère javanaise qui aurait fait partie du harem du sultan de Solo. Son père un officier de cavalerie hollandais qui aimait tant ses chevaux qu’à la naissance de sa fille le seul prénom qui lui vint à l’esprit fut celui de sa monture favorite : Toto.

Le promenades à cheval rythment les journées de la famille Koopman. Miss K. se souvient de sa mère, en amazone portant l’habit traditionnel javanais de lin blanc, des fourmis blanches dévorant le mobilier et des pratiques occultes en vigueur dans la région.

A l’âge de douze ans, Toto quitte java pour rejoindre la Hollande, et intégrer le pensionnat de Bloemendaal, établissement renommé ; et Toto, se souvient de la visite de la princesse Juliana ( reine des Pays-Bas en 1948 ). Finishinf-school-books-on-head.jpgElle termine ses études en Angleterre dans une finishing school de Bournemouth, étape indispensable pour toute jeune fille de bonne famille. En plus du hollandais, elle parle couramment le français, l’anglais et l’allemand, en moindre mesure l’italien et le turc.

 

En 1928, Toto Koopman, arrive à paris, elle compte sur son physique pour conquérir la capitale de l’élégance. Elle devient immédiatement mannequin, et rejoindra Vogue. Ce choix de carrière déplait à ses parents. Indépendante, Miss K. ne souhaite pas se marier, ni accepter d’être sous la coupe d’une Coco Chanel autoritaire, elle la quitte en 1931, pour Marcel Rochas.

honey-kennedy-edward-steichen-vogue-1928-lee-miller-1.jpg

***


After-Dinner-by-the-Fireplace-Toto-Koopman-wearing-long-mar.jpg 

 

 

Miss K. devient ce que les couturiers appellent «  un jockey », c’est à dire une jeune femme – mannequin, actrice ou aristocrate – qui porte gratuitement leurs couleurs ( robes , manteaux .. ). Toto est partout : à l’Opéra, à Longchamp, à Auteuil, aux fêtes de Jean Patou, dans les night-clubs, comme le Bricktop … Miss K. devient la mascotte d’une tribu pour le moins inattendue, la famille Mdivani. ( à suivre )... 

 

 

Sources: principalement - La Javanaise Biographie de Jean-Noël Liaut. ( Laffont )

Voir les commentaires

L’univers féminin dans « le conte du Graal »

Publié le par Perceval

dame_et_servantes.jpgLa quête du Graal est portée symboliquement par des hommes, mais la place du féminin est essentielle. enid_and_geraint.jpgOn compte pas moins d’une quarantaine de personnages féminins dans le roman de Chrétien  de Troyes.

Elles sont des jeunes filles qui portent assistance ou incitent le héros à l’action, d’autres inspirent des sentiments amoureux, les mères suscitent affection et respect. Elles sont le féminin agressé, la beauté incarnée ( Blanchefleur ) ou la laideur repoussante ( la demoiselle à la mule fauve ). Ce sont des femmes qui côtoient le sacré ( Graal) ou une société de dames qui occupe le château des Reines …

Ces personnages sont rarement désignées par leur nom propre : la veuve dame ( la mère de Perceval), l’amie de l’orgueilleux, la jeune fille de la tente, la cousine de Perceval qui porte dans ses bras la tête décapitée de son amie, la jeune fille que Keu a giflée et désignée comme la demoiselle qui a ri.

La courtoisie met le chevalier au service des dames, elles incarnent la faiblesse, la beauté, l’amour … Chevalier-dame.jpgLa chevalerie contribue au malheur des dames, et le chevalier est incité à se détourner du combat inutile et à évoluer … Perceval, lui-même, devient peu à peu courtois. La compassion peut conduire à l’amour : les pleurs de Blanchefleur émeuvent Perceval qui eut pour la première fois un mouvement de courtoisie. Devant les taches rouges de sang, Perceval pense à distance à son amie : c’est le propre de la fin’amor : soumission à l’image de sa dame.

Les femmes chez Chrétien de Troyes, sont détentrices d’un savoir que n’ont pas les hommes.

La mère de Perceval lui enseigne ses origines, ( et les bonnes manières ).


La cousine de Perceval connaît l’existence du Roi Pêcheur, elle sait quelles questions il fallait poser et quelles auraient été les conséquences. Elle connaît aussi le « péché » de son cousin. C’est aussi en sa présence que Perceval découvre son nom… !feminin-sacre.jpg

 

La demoiselle à la mule fauve, sortie d’on ne sait où, vient à la cour pour donner des informations : elle condamene Perceval au nom de ce qu’elle sait et prophétise les conséquences ; c’est elle enfin qui renseigne les chevaliers de la Table ronde sur les différentes épreuves dans lesquelles ils pourraient s’illustrer.

 

Les Reines se révèleront aussi détentrices de connaissances qui échappent aux mortels.

Dans l’univers de Chrétien, les femmes assurent toute la part irrationnelle de la connaissance.

 

Sources: Grands modèles littéraires Catherine Durvye ( ellipses)

Voir les commentaires

Les nombreuses vies de Cristina Trivulzio Belgioioso -3-

Publié le par Perceval

En 1852, la princesse Cristina di Belgiojoso traverse seule la Turquie pour se rendre en Terre sainte. Souhaitant se documenter sur la région et y faire un pèlerinage, elle s’était en réalité imposé un exil volontaire pour fuir les autorités autrichiennes qui contrôlaient la Lombardie.

Cristina-Trivulzio-Belgioioso-Francesco_Hayez_034.jpgElle se rend d’abord à Athènes, puis en Turquie, où elle achete une petite ferme dans la vallée d’Eiaq-Maq-Oglou, sur les rives du Bosphore, à deux heures de cheval d’Ankara….

En janvier  1852, elle entame un périple à cheval de onze mois à destination de la Syrie et de la Palestine, accompagnée par sa fille ( illégitime ) Maria, sa domestique anglaise Mrs Parker, et l’un des fils d’Osman ( le vendeur de la ferme ). En chemin, elle visite des harems, administre des médicaments, s’intéresse aux coutumes locales, et discute les affaires du monde avec des muftis qui vivent dans des contrées reculées. Les difficultés liées aux voyage en hiver – les pièces enfumées par les braseros, l’âpreté du froid qui entrave les déplacements à cheval et la neige qui masque les pistes – sont un sujet qui reviennent régulièrement. Elle pose constamment des questions sur la vie des femmes turques, arméniennes ou syriennes.

Son itinéraire à travers la Syrie la conduit à Latakia et à Beyrouth, puis à Sidon où elle séjourne au Khan des français où s’était arrêtée Hester Stanhope ( 1776-1839) trente ans auparavant…

Indépendante, Cristina voyage avec une détermination et une confiance en elle tout à fait perceptibles dans ses articles publiés dans la Revue des deux mondes comme dans son livre Asie mineure et Syrie, souvenirs de voyage

Cristina-Trivulzio-di-Belgioioso-copie-1.jpgUn de ses employés, dans la ferme où elle retourne en décembre, parce qu’il avait été réprimandé par la gouvernante anglaise avec qui il avait eu une relation, aveuglé par la haine frappe Cristina de cinq coups de couteau en Juillet 1853. Les blessures ne sont pas fatales, mais à partir de cette mésaventure , elle se trouve trop affaiblie et préfère retourner en Italie, trois ans plus tard…


En Novembre 1855, elle se rend à Paris. Sa relation avec Mignet est éteinte. En Novembre 1860 elle vend la maison de Paris.

Elle tente de faire reconnaître sa fille à son mari, en vain ;  Emilio meurt de la syphilis

Mary a déjà vingt ans, n'a pas encore de nom... Elle se marie avec un marquis : Trotti  (24 Janvier 1861), un veuf, avec le plein assentiment de Cristina

Elle achète une villa à Blevio où elle a déménagé avec son fidèle Bodoz, le serviteur turc, qui l'a suivie pendant vingt ans, et Miss Mary Ann Parker, la gouvernante anglaise, qui avait vécu avec elle et sa fille depuis 1839.

Elle est morte en 1871, à seulement 63 ans dans la maison de sa fille à Milan. Elle fut enterrée à Locate, où elle demeure aujourd'hui.

Voir les commentaires

Les nombreuses vies de Cristina Trivulzio Belgioioso -2-

Publié le par Perceval

La naissance de Marie marque le début de la seconde vie de Cristina. Le climat de persécution de la police autrichienne a été beaucoup atténué après le couronnement du nouvel empereur, aussi retourne t-elle à Milan, en Juillet 1840.


Cristina-Trivulzio-di-Belgioioso-hayez.jpgElle achète une ferme dans une petite vallée en Cappadoce, et y fonde une colonie agricole ouvertes aux réfugiés italiens. La pauvreté, l'ignorance, les maladies des paysans de Locate, met devant les yeux Cristina une réalité très différente de celle des salons parisiens. Elle se laisse entrainer à comprendre et lutter contre cet environnement, et devient une réformatrice sociale, elle s’inspire des théories utopiques entendus en France – (Saint Simon,  Fourier ). Elle regroupe les enfants, crée des écoles… parfois au grand scandale des riches lombards qui ne comprennent pas cet intérêt pour les agriculteurs …lotto-lorenzo-portrait-of-cristina-barbiano-trivulzio-di-be.jpg

Cristina étudie et publie ses premiers travaux: l'essai sur la formation du dogme catholique et la traduction en français des œuvres de Gian Battista Vico, avec une longue introduction. Rédigé en français et publié en France, ces livres renforce contre elle l’hostilité des puissants… C'est la limite! Non seulement cette femme donne des cours d’économie mais elle empiète sur le champ de la philosophie et même de la Théologie.


En 1843, Lehman fait de Cristina un célèbre portrait :


A l’occasion des évènements politiques elle devient journaliste, s'associe avec les dirigeants de la Cavour Risorgimento,  parcourt en 1847 toute l’Italie et promeut la dynastie de Savoie (Charles-Albert de Sardaigne) pour unifier l’Italie avant d’instaurer la République.

Cristina-et-sa-division-Belgioioso.jpg 

 

 

Elle se trouve à Naples pendant l'insurrection qui conduit aux cinq journées de Milan de 1848. Elle part immédiatement et paye le voyage à environ 200 napolitains, transporté par mer à Gênes et de là à Milan , qui sont prêts à la suivre.

Dans la chaleur de la bataille politique décède Stelzi le secrétaire bien-aimé, qui sera enterré dans le cimetière même où reposent les restes de Cristina.

 

 

 

Il Risorgimento invisibile Lombardo

Voir les commentaires