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Le Mythe de la '' La Belle dame sans merci ''

Publié le par Perceval

La belle dame sans merci de Dicksee

La belle dame sans merci de Dicksee

La Belle Dame Sans Merci est devenue un mythe depuis le Moyen Âge, en particulier depuis le poème d'Alain Chartier écrit en 1424, qui a été notamment repris par le poète John Keats. Les peintres, en particuliers les Préraphaélites, se sont emparés de ce sujet avec délice, puisque les figures féminines fortes sont les sujets de presque toutes leurs oeuvres.

« I saw pale kings and princes too,
Pale warriors, death-pale were they all;
They cried—‘La Belle Dame sans Merci
Thee hat
h in thrall » de John Keats

(Les rois, les princes, les guerriers, tous pâles comme la mort lui crient : la belle dame sans merci te tient en esclavage.)

 

Ici la Belle Dame est située dans le contexte de l'amour courtois médiéval... Dans l'idéal, l'amour courtois fait l'apologie d'un amour chaste que le chevalier doit gagner auprès de la dame de son cœur. Pour cela, il est prêt à affronter maintes épreuves, jusqu'à ce que la belle... cède.

On retrouve évidemment ce thème dans la légende arthurienne, et les romans de chevalerie qui mette l'accent sur la conquête de la Dame, d'autres s'orientant plutôt vers un certain mysticisme (la quête du Graal et de la pureté). D'autres textes sont plus emprunts de folklorisme (les fées, lutins etc), ou de magie (fée Morgane, Merlin); au fur et à mesure la Belle Dame, celle pour qui se meurent d'amour les chevaliers, se transforme en une sorte de fée, qui vient toujours à la rencontre du cavalier errant, comme le ferait une Viviane ou Morgane.

Ainsi, cet homme plein de bravoure, découvre cette étrange femme dans des endroits toujours inappropriés - dans les bois, près de ruines, dans un château - et toujours au début ou à la fin d'une aventure...

 

Le chevalier rencontre toujours la fée dans les bois, passage d'ombre et des désirs refoulés par excellence.

Mais cette fée est "sans merci", repoussant sans cesse les avances du prétendant. On peut donc comprendre, au sens figuré, que lorsqu'il arrive dans les bois, atteignant alors presque son but, la Dame le repousse une dernière fois, l'assassinant par le même coup.

L'amour peut être meurtrier, et l'espoir, une fois vaincu, vient à bout de tous les héros. Il s'agit d'un retournement total de la matière courtoise. L'homme ne triomphe plus, il courbe l'échine devant le pouvoir féminin. 

Il s'agit d'un grand fantasme masculin. Les Salomé, Judith, Lilith et autres femmes castratrices ont toujours été à la fois attirantes et monstrueuses pour nombres d'artistes.

 

 

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Nancy Cunard... Les années 20, puis Aragon. -3/3-

Publié le par Perceval

le peintre John Banting, Nancy Cunard et l'écrivain Taylor Gordon devant l'hôtel Grampion à Harlem Mai 1932

le peintre John Banting, Nancy Cunard et l'écrivain Taylor Gordon devant l'hôtel Grampion à Harlem Mai 1932

Alors qu'elle a déjà connu des amants à foison et un mariage raté en 1916, Nancy Cunard jette son dévolu sur le jeune poète surréaliste Louis Aragon, guidée sans doute pour les avant-gardes et une vie de bohème dorée et scandaleuse. La malheuruese détermination qu'affichera Aragon, envers cette « femme fatale » rejoint, après Michael Arlen, la possession ressentie par Aldous Huxley pour cette femme froide et distante... Dans son roman Cercle vicieux ( 1923) Uxley décrit cette fascination pour la belle et cruelle Myra, dangereuse manipulatrice. Un autre roman Contrepoint la dépeint comme un être d’exception, incapable de sentiments, « prédatrice à l'âme virile ».

Nancy est à Paris, elle fréquente Ezra Pound et publie Out Laws... Après une brève relation avec le peintre et romancier Percy Wyndham Lewis, Nancy fréquente la joyeuse faune du célèbre cabaret des années folles, Le Boeuf sur le toit... Elle connaît une passion avec l'écrivain Norman Douglas, se fait peindre par l'expressionniste Oskar Kokoschka, en 1924. En 1925, elle fait la connaissance du couple Fitzgerald... Scott, neuf ans plus tard dans Tendre est la nuit, qualifiera le personnage de garçonne qu'elle lui a inspiré de « redoutable »... A la fin de l'année, elle aborde dans un taxi un Aragon « beau comme un jeune dieu »

Le grand amour malheureux qu'Aragon va vivre avec elle marquera son œuvre à tel point qu'Elsa Triolet avouera : « On parle toujours des poèmes que Louis a écrits pour moi. Mais les plus beaux étaient pour Nancy. »

Sa liaison avec Louis Aragon, qui dure officiellement de 1926 à 1928, condense aussi l’histoire intellectuelle des années 1920. L’année où ils se rencontrent, ce dernier publie intégralement son roman surréaliste Le Paysan de Paris et s’implique de plus en plus dans la rédaction de La Défense de l’infini commencée vers 1923. Au côté de Cunard, écrit-il à Jacques Doucet, « je suis continûment heureux pour la première fois de ma vie ».

Un passage de La Défense de l’infini semble évoquer sa compagne. Armand, l’un des personnages principaux du roman, décrit la femme qu’il aime : « une fille grande ouverte à l’avenir […] félonne et féline […]. Délicieux tombeaux ; grande fille du temps […] ». Dix-neuf chapitres de ce roman, qu’Aragon a essayé de faire disparaître de sa bibliographie pendant quarante ans, ont été retrouvés dans les archives de Cunard . Aragon a plusieurs fois évoqué l’autodafé d’une partie du manuscrit lors d’un séjour commun à Madrid en 1927. Il restera de ce roman Le con d'Irène ( 1928) fragment érotique lu sous le manteau pour échapper à la censure, et dans lequel le personnage de Nancy occupe une place majeure

Leur première année commune est marquée par de nombreux voyages...

Cette même année, Cunard est aussi à ses côtés, en Normandie, lorsqu’il amorce sa rupture formelle avec le surréalisme en écrivant Traité de style (1928), à quelques kilomètres du lieu de villégiature de leur ami André Breton, qui entame alors Nadja. L’année suivante, les activités de « passeuse littéraire » de Cunard continuent avec la traduction (ou son financement) du chapitre d’ouverture de Nadja, en mars 1928, pour la revue américaine Transition d’Eugene Jolas.

Sensibilisée aux arts africains et océaniens, au début des années 1920, par Moffat , c’est avec Aragon que Cunard entame sa collection d’art non occidental.

C’est encore avec Aragon qu’elle fonde, en 1928, sa maison d’édition, Hours Press, qui devait défendre « l’innovation et une nouvelle vision des choses » et publier de la poésie expérimentale. Aragon raconte :

« Nane avait acheté une petite maison avec un jardin, quelque part, au-delà de Vernon, c’est-à-dire un peu au nord-ouest de Vernon, me semble-t-il. Le jeu avait commencé d’installer ici les retours des voyages. Nous faisions presque tout de nos mains, les peintures, aménager une sorte de hangar, pour un projet assez fou, une imprimerie, la presse à bras… un métier à apprendre… composer à la main… est-ce qu’on sait encore ce que c’est aujourd’hui ? J’y avais mis toute ma folie. […] Mon projet était d’imprimer une traduction de Lewis Caroll, un texte en France inconnu, La Chasse au Snark. Tout devait y être de ma main, y compris les caractères de la couverture, inventés par moi. Près d’un an y passa. La maison était devenue la folie de Nancy. Enfin, je ne vais pas raconter ça… » (Aragon ).

Elle découvre le métier d’éditeur-imprimeur avec Aragon, mais c’est surtout avec son nouveau compagnon Henry Crowder, pianiste africain-américain rencontré à Venise, l’été 1928, qu’elle va le pratiquer pendant quatre ans

Partout ils fréquentent jusqu'au bout de la nuit dancings, bordels, cabarets et autre lieux de plaisirs pour insomniaques et amateurs de poudre blanche et de charleston … L'alcool a déjà commencé son travail de sape sur la nature déjà volcanique de Nancy... Outre l'écart de revenus qui marque leur relation au fer rouge, Aragon souffre de son manque d'affection, entre mensonge et jalousie. En 1927, alors qu'ils sont en Normandie, il découvre que Nancy le trompe avec son ami André Breton, et s'en trouve profondément affecté...

En 1928, elle loue un palazzo à Venise, et Aragon l'accompagne, malgré une relation à couteaux tirés. Les scènes se multiplient et il manque de commettre l'irréparable en faisant, exaspéré, une tentative de suicide à l'aide de somnifères. Il s'en tire de justesse, mais ce triste épisode sonne le glas de leur liaison. Contrairement à elle, Aragon, met un certain temps à panser ses blessures...

A Venise, Nancy Cunard rencontre le musicien noir américain Henri Crowder, pianiste jazz, avec qui elle va connaître une grande histoire d'amour.

Sources : Muses de Farid Abdelouahab ; et Introduction à « L'Atlantique noir » par Sarah Frioux-Salgas ( Gradhiva - Musée du quai Branly)

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Kiss-Retro pour la Saint-Valentin

Publié le par Perceval

Kiss-Retro pour la Saint-Valentin
Le baiser de l’hôtel de Ville  par  Robert Doisneau. en 1950. Baiser entre un marin et une jeune nurse,  in Times Square, le 14 août 1945...

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Les lupercales célébrées le 15 février, était observée par les anciens Romains en l’honneur de Lupercus, le dieu de la fertilité et de l’agriculture... Les Romains croyaient que Lupercus protégerait Rome des meutes de loups qui dévoraient le bétail et les gens.

Assistés par les vierges vestales, les luperques (les prêtres mâles) observaient les rites de purification en sacrifiant des chèvres et un chien dans la caverne du Palatin, là où les Romains croyaient que Romulus et Remus avaient été abrités par la louve qui les avait nourris avant qu’ils fondent Rome. Habillés de pagnes tachés de sang et faits avec la peau des chèvres sacrifiées, les luperques parcouraient Rome frappant les femmes avec des februa, des courroies faites des peaux des chèvres. Les luperques croyaient que ces flagellations purifiaient les femmes et leur garantissaient la fertilité et l’aisance lors de l’accouchement. Le mot février dérive du mot februa et signifie purification.

Pour les Romains, février était aussi consacré à Junon Februata, la déesse de febris (fièvre de l’amour), des femmes et du mariage. Le 14 février, des billets (petites pièces de papier sur lesquels étaient écrits le nom d’une adolescente) étaient mis dans un récipient. Des adolescents choisissaient alors au hasard un billet. Le garçon et la jeune fille dont les noms avaient été choisis formaient alors un couple lors de jeux érotiques et de fêtes qui étaient célébrées partout dans Rome. Cette coutume a été observée dans l’empire romain pendant des siècles.

En 494 ap. J.-C., le pape Gélase a rebaptisé la fête de Junon Februata en l’appelant la fête de la purification de la vierge Marie. Le pape Gélase a rebaptisé la fête de Junon Februata en l’appelant la fête de la purification de la vierge Marie. Elle est aussi connue sous le nom de Chandeleur, de fête de la Présentation, de purification de la Sainte Vierge et de fête de la présentation du Christ au Temple.

Après que Constantin eut fait de l’Église romaine la religion chrétienne officielle de l’empire romain (325 ap. J.-C), ses dirigeants voulurent se débarrasser des fêtes païennes observées par le peuple. Parmi elles, les lupercales étaient prioritaires. Toutefois, les citoyens romains voyaient cela d’un autre oeil.

Ce ne fut pas avant 496 ap. J.-C. que l’Église de Rome put agir sur les lupercales. Ne pouvant s’en débarrasser, le pape Gélase la changea plutôt du 15 au 14 février et l’appela la Saint-Valentin. La date de célébration fut plus tard changée du 14 au 2 février. Elle tire son nom d’un des saints de l’Église qui, en 270, fut exécuté par l’empereur à cause de ses croyances.

Pour en revenir à Valentin, lui-même, on dit que Claude II empereur romain (en 268) fit annuler toutes les fiançailles de l'empire pour éviter que ses soldats soient tentés de rester avec leur fiancée plutôt que de partir à la guerre ! Furieux un prêtre catholique nommé Valentin décida de marier en secret les amoureux. Il fut découvert et envoyé en prison jusqu'à sa mort.

Les sources avérées des origines de la saint Valentin remontent à la fin du moyen-âge. C'est en Angleterre, au XIV ème siècle que l'on prit l'habitude de former un couple au hasard... La coutume du "Valentinage" est née dans l'aristocratie anglaise à la fin du Moyen-Âge. Une jeune fille était associée à un jeune homme et durant la journée ils avaient des obligations l'un envers l'autre. Le valentin et sa valentine devaient s'offrir en secret des petits cadeaux et se faire des galanteries. Cette coutume est arrivée à la cour de Savoie puis elle s'est répandue dans les régions voisines. Le "valentinage" s'est enrichi de l'envoi de poèmes. Depuis Valentins et Valentines Anglo-saxons s'envoient des "Valentines"Cette coutume d'échange d'amitié se transforma peu à peu en fête des amoureux. Dans les pays anglo-saxons les amis échangent aussi des mots d'amitié pour la Saint Valentin.

Depuis le XVIII e siècle la coutume de l'envoi des "valentines" s'est généralisée en Grande-Bretagne puis en Amérique du Nord ou elle prend le nom de "Valentine's day". La coutume s'est répandue en Europe avec l'arrivée des GI à la fin de la seconde guerre mondiale.

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Leçon: - à gauche, ce qu'il ne faut pas faire ....

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Nancy Cunard... Les années 20, puis Aragon. -2/3-

Publié le par Perceval

Dans les années 1920, Nancy Cunard voyage beaucoup en Europe, et vit entre Londres et Paris. La capitale française accueille alors de nombreux Anglo-Saxons, journalistes, écrivains, artistes, photographes, éditeurs, mécènes, poètes, qui seront tous, à un moment ou à un autre, de vrais Parisiens tel que l’entend Valéry Larbaud : « On est parisien dans la mesure où on contribue à l’activité matérielle et à la puissance spirituelle de Paris »

Cunard est une de ces femmes anglo-saxonnes qui ont quitté leur pays trop puritain et se sont installées à Paris pour vivre pleinement leur sexualité ou leurs activités intellectuelles et créatrices. Les couples que forment Gertrude Stein et Alice B. Toklas d’une part, Natalie Barney et Romaine Brooks d’autre part, en sont les exemples les plus célèbres. Cunard, quant à elle, forme un trio original et extravagant avec le couple de journalistes américaines Janet Flaner et Solita Solano, rencontrées en 1923. Plusieurs peintres et photographes les ont d’ailleurs immortalisées en chapeaux haut-de-forme et vestes de cavalière. Symbole de la « mode garçonne » des années 1920, cette tenue, inspirée des dandys du XIXe siècle, représentait, pour ces femmes émancipées, la modernité et la remise en question de la masculinité...

Janet Flanner in Paris, 1927 par Berenice Abbott Janet Flanner and Solita Solano

Cunard est aussi une femme riche et mondaine habillée par Paul Poiret, Elsa Schiaparelli, Coco Chanel ou Sonia Delaunay . Elle participe aux nombreuses fêtes parisiennes qui rassemblent artistes, écrivains et poètes d’avant-garde ainsi que les élites qui les soutiennent. À partir de 1923, elle devient très proche de Tristan Tzara puis de René Crevel. L’année suivante, Tzara lui dédie sa pièce Mouchoir de nuages .

Man Ray, Tristan Tzara kneeling to kiss Nancy Cunard's hand, Bal du Comte de Beaumont, 1924 Nancy Cunard, by Alvaro Guevara

À partir de 1924, son appartement de l’île Saint-Louis, rue Le Regrattier, aménagé par le décorateur Jean-Michel Frank , devient un lieu de rencontre entre les intellectuels anglo-saxons et l’avant-garde littéraire et artistique parisienne. Elle joue alors, de manières assez variées, le rôle d’intermédiaire, de passeuse ou de traductrice entre ces milieux. En 1924, elle traduit en français, pour Tzara, la pièce Faust de Christopher Marlowe, puis pour Crevel la version anglaise d’un classique japonais, Le Dit du Genji . En 1926, elle propose à l’éditeur l’anglais John Rodker (éditions Ovid) de traduire en anglais le premier roman de l’écrivain Marcel Jouhandeau, Mademoiselle Zéline (1924). Elle tient aussi une chronique régulière, « Paris today as I see it », dans la version anglaise du magazine Vogue. En mai 1926, elle y décrit l’exposition Tableaux de Man Ray et objets des îles présentée à la Galerie surréaliste (Grossman 2009). Cette même année, Man Ray réalise une série de portraits d’elle, dont le plus célèbre en habit léopard et cheveux courts avec au premier plan ses bras recouverts de bracelets africains. Le 5 octobre 1927, le Vogue anglais publie cette photographie légendée « London fashion » et accompagnée d’un petit texte la présentant comme une jeune poétesse vivant à Paris. Cette image fut aussi reproduite en 1929 dans deux autres revues, une belge, Variétés, Revue mensuelle illustrée de l’esprit contemporain, et une américaine, The Little Review. Ce portrait mythique est en quelque sorte une synthèse de l’histoire artistique et culturelle des années 1920, largement étudiée , que l’on associe souvent à la femme émancipée, au goût pour les arts non occidentaux et au primitivisme.

  Nancy Cunard by Cecil Beaton 1929

Avant Man Ray, des peintres comme Lewis, Eugene MacCown, John Banting ou Oskar Kokoschka avaient déjà réalisé des portraits de Cunard , mais à partir de 1926 elle devient le modèle d’autres grands photographes anglo-saxons. Curtis Moffat (ancien mari de son amie Iris Tree), Cecil Beaton et Barbara Key-Seymer, tous sensibilisés à l’esthétique surréaliste, réalisent de magnifiques clichés qui confirment son statut d’icône de l’entre-deux-guerres.

Sources : Muses de Farid Abdelouahab ; et Introduction à « L'Atlantique noir » par Sarah Frioux-Salgas ( Gradhiva - Musée du quai Branly)

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Nancy Cunard... Les années 20, puis Aragon. -1/3-

Publié le par Perceval

Pour les lecteurs familiers de l'histoire maritime, le nom de Cunard résonne à lui seul comme le symbole de la navigation transatlantique. Ingénieur et homme d'affaire anglais , l'arrière grand-père de Nancy initia en effet la première compagnie de bateaux à vapeur, et se retrouva rapidement à la tête d'un véritable empire industriel. Nancy, qui voit le jour en 1896, est élevée par des gouvernantes successives, comme toute aristocrate de son époque.

Sa mère, Maud Alice Burke, est américaine et son père, Bache Cunard, anglais, héritier de l’entreprise maritime Cunard Line. Elle passe son enfance au château de Neville Holt, dans le centre de l’Angleterre, élevée par des gouvernantes au rythme des fêtes organisées par sa mère, Lady Cunard.

Très tôt sa mère, Maud, elle-même héritière américaine délaissée par un mari grand amateur de golf, lui offre un modèle qu'elle reproduira toute son existence : celui d'une séductrice aux amours passagères. Maud fréquente les artistes, politiciens et aventuriers les plus renommés de son époque et Nancy grandit dans une ambiance où le faste rivalise avec l'intelligence. Dès son adolescence, elle noue une relation durable avec George Moore, amant de sa mère et romancier auquel elle consacrera un ouvrage dans les années 1950.

Adolescente, elle voyage, étudie dans une école prestigieuse de Londres, en France et en Allemagne, et suit sa mère dans ses activités mondaines. C’est à la veille de la première guerre mondiale, à ses 18 ans, qu’elle entame sa vie de jeune fille libre, bohème et provocante qui cherche à s’affranchir des règles de l’Angleterre victorienne. Son amie Iris Tree témoigne

[…] À ce moment-là, nous étions des bandits, n’hésitant pas à nous maquiller avec de la craie blanche sur le visage et du rouge à lèvres écarlate, fumant des cigarettes parmi des fêtards choisis par nous-mêmes […] Nous étions de vrais caméléons. Nous passions de Meredith à Proust et à Dostoïevski, goûtions à l’absinthe avec Baudelaire et Oscar Wilde, […] nous nous laissions assombrir par le pessimisme nihiliste, […] inspirées par le jeune Rupert Brooke, T.S. Eliot, Yeats, D.H. Laurence, secouées par Blast de Wyndham Lewis, […] la « signifiant form », […], les sculptures d’Epstein, la musique de Stravinsky, les premiers ballets russes et le jazz américain »

Iris Tree (1897-1968) : poète et actrice liée à l’avant-garde...

1920's flapper girls

Ce témoignage ancre clairement Cunard dans la contre-culture anglaise du début du XXe siècle. Wyndham Lewis, T.S. Eliot, Jacob Epstein mais aussi Ezra Pound, qui fut un temps proche de Cunard, appartiennent à des mouvements artistiques et littéraires qui symbolisent la modernité et la radicalité anglo-saxonne avant la première guerre mondiale.

Nancy Cunard 1920's  1920s Evening Wear

Nancy Cunard veut aussi être poète. Ses premiers poèmes sont publiés en 1916 dans le premier numéro de l’anthologie Wheels, titre d’un de ses poèmes, éditée par les frères Sitwell et consacrée à la « nouvelle poésie ». Elle est également l’auteur de quatre recueils de poésies. À Londres, elle fréquente régulièrement le « Bloomsbury group », qui regroupe des théoriciens, des écrivains et des peintres dont les époux Leonard et Virginia Woolf, John Maynard Keynes ou encore Clive Bell et Roger Fry...

Lytton Strachey et Iris Tree Nancy Cunard 1920's

À cette époque, Cunard est aussi le symbole d’une certaine élite anglaise meurtrie par la première guerre mondiale, qui se bat contre l’Angleterre traditionnelle et défend une nouvelle liberté des mœurs. Iris March, héroïne du roman de Michael Arlen devenu culte, Le Chapeau vert (1924), qui décrit ce milieu, est officiellement inspirée par Cunard, qui fut un temps la compagne de l’auteur.

Sources : Muses de Farid Abdelouahab ; et Introduction à « L'Atlantique noir » par Sarah Frioux-Salgas ( Gradhiva - Musée du quai Branly)

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Assia Djebar, nous quitte ...

Publié le par Perceval

L'écrivaine et historienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, est décédée ce samedi 7 février dans un hôpital parisien. Née à Cherchell dans le Nord de l'Algérie en 1936, Assia Djebar est l'une des auteurs les plus célèbres du Magrheb. Elle a été élue à l'Académie française en 2005.

Enfant, elle fréquente l’école française. Les premières années, après l’école française, elle va dans une école coranique privée ; elles sont deux filles au milieu de garçons. Elle étudie au Collège de Blida, section classique, le latin, le grec et l’anglais. Elle est la seule musulmane dans sa classe. Il y a une vingtaine d’Algériennes qu’on appelle « les indigènes » mais elles sont en section moderne. Toutes sont internes. Fatma Zohra passe le bac à Blida et Alger.

1953, elle entre en Hypokhâgne au Lycée Bugeaud (aujourd’hui Lycée Emir-Abdelkader) à Alger, où Albert Camus a fait ses études. Puis, son père accepte de la laisser partir en khâgne à Paris, au Lycée Fénelon où elle rencontre Jacqueline Risset.

Zoulikha Oudai, née Yasmina Echaïb le 7 mai 1911 à Hadjout en Algérie, est une résistante algérienne durant la Guerre d'Algérie

1 Nov. 1954 La guerre d’Algérie commence. Elle réussit l’entrée à l’ENS de Sèvres.

Mai-Juin 1956 Grève des étudiants algériens. Fatma Zohra ne passe pas ses examens en raison des « événements »

Juin 1957 Son premier roman La Soif, qu’elle a écrit en deux mois, est publié chez Julliard. Il est traduit aussitôt aux Etats-Unis où il a du succès et reçoit une importante édition en livre de poche. Fatma Zohra prend le pseudonyme de Assia Djebar à cause de ses parents et à cause de l’administration de l’Ecole.

Mars 1958 Elle continue à faire la grève des examens. La directrice de l’ENS la contraint de quitter l’école.

Assia épouse un Algérien et quitte la France avec lui pour la Suisse puis Tunis. Assia travaille comme journaliste.

Eté 1959... Elle se rend dans les camps, aux frontières tunisiennes, avec la Croix Rouge et le Croissant Rouge, où elle fait des enquêtes parmi les paysans algériens réfugiés après le bombardement de Sakiet Sidi Youssef. Son 4ème roman Les Alouettes naïves, qu’elle publiera en 1967, retrace cette période.

A Tunis, en 1958, Assia rencontre Kateb Yacine.
A la Faculté des Lettres de Rabat. Elle enseigne pendant 3 ans comme Assistante en Histoire.

Été 1960, Assia écrit Les Enfants du nouveau monde. Certains récits lui sont inspirés par sa mère et sa belle-mère qui viennent lui rendre visite à Rabat et qui lui racontent des épisodes de la guerre à Blida vue depuis le patio des femmes.

1962 : Le 1er juillet, Assia rentre à Alger, envoyée par Françoise Giroud, directrice de l’Express, pour faire un reportage sur les premiers jours de l’Indépendance.

Elle est nommée Professeur à l’Université d’Alger où elle est la seule Algérienne à enseigner l’Histoire. Assia choisit de travailler sur le XIXème siècle et l’Etat de l’Emir Abdelkader. Elle enseigne jusqu’en 1965. L’Histoire, comme la Philosophie, doivent alors être arabisées : Assia se met en disponibilité et quitte Alger pour Paris.

1974 – En janvier 1974, retour à Alger. Elle enseigne la littérature française.

Divorce en Octobre 1975.
Assia dépose à la TV algérienne un projet de film long métrage qui est un documentaire-fiction sur la tribu de sa mère, les Berkani, au nord de Cherchell.

Elle tourne le film La Nouba des femmes du Mont Chenoua … Elle reçoit le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise.

1981 – Assia épouse le poète Malek Alloula.

1984 Assia refuse un poste à l’UNESCO. Retirée à l’Hay-les-Roses, elle se consacre à l’écriture.

Elle travaille à un nouveau film de montage à partir des Archives à Paris : La Zerda ou les chants de l’oubli, avec le musicien Hamed Essyad. Le film est financé par la Télévision algérienne. En février 1983, il obtient au Festival de Berlin le Prix du Meilleur Film historique.

1993 – Les assassinats en Algérie frappent ses proches : Tahar Djaout est tué le 3 juin

1994 1993 ; Mahfoud Boucebci le 15 juin ; M’Hamed Boukhobza le 27 juin. Abdelkader Alloula, son beau-frère, est assassiné le 11 mars 1993 et meurt à Paris le 15.
1999 Elue à l’Académie Royale de Belgique sur le fauteuil de Julien Green.

2001 Quitte la Louisiane pour New York University.

2002 Doctorat honoris causa de l’Université de Concordia (Montréal).

Nommée Silver Chair Professor à New York University.
2005 Reçoit le doctorat honoris causa de l’Université d’Osnabrück, ville-symbole de l’historique Traité de Westphalie et de la concorde entre les peuples et les religions.

16 juin 2005 Assia Djebar est élue à l’Académie Française.

 

Oeuvres :

Nulle part dans la maison de mon père (roman), Fayard, 2007.
La Disparition de la langue française (roman), Albin Michel, 2003.
La Femme sans sépulture (roman), Albin Michel, 2002.
Ces voix qui m'assiègent (essai), Albin Michel, 1999.
Les Nuits de Strasbourg (roman), Actes Sud, 1997.
Oran, langue morte (récit), Actes Sud, 1997.
Le Blanc de l'Algérie (récit-témoignage), Albin Michel, 1996.
Vaste est la prison (roman), Albin Michel, 1995.
Villes d'Algérie au XIXè siècle, Paris, Centre Culturel Algérien, 1994.
Chronique d'un été algérien (Photographies de Claudine Dioury, John Vink, Hugues de Wurstemberger et Patrick Zachmann), Paris, Plume, 1993.
Loin de Médine (roman), Albin Michel, 1991.
Ombre Sultane (roman), J.-C. Lattès, 1987.
L'Amour, la fantasia (roman), J.-C. Lattès, 1985.
Femmes d'Alger dans leur appartement (nouvelles), Éditions des Femmes, 1980.
Poèmes pour l'Algérie heureuse, Alger, S.N.E.D., 1969.
Rouge l'aube (théâtre, avec la collaboration de Walid Carn), Alger, S.N.E.D., 1969.
Les Alouettes naïves (roman), Julliard, 1967.
Les Enfants du nouveau monde (roman), Julliard, 1962.
Les Impatients, (roman), Julliard, 1958.
La Soif (roman), Julliard, 1957.

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Louise Anne de Bourbon Condé (1695-1758)

Publié le par Perceval

La mère - de Louise-Anne née le 23 juin 1695,- veuve dès 1710, encore belle et provocante offre à sa troisième fille l'exemple peu édifiant du libertinage. Louise Françoise de Bourbon (1673-1743), (dite Mlle de Nantes) devient maîtresse de son beau-frère le Prince de Conti, avant de s'afficher avec l'un des grands séducteurs du temps, le Marquis de Lassay...

Louise-Anne, dite Mademoiselle de Sens ou plus souvent « Mademoiselle de Charolais » est petite-fille de Louis XIV ( et petite fille de Madame de Montespan .). Afin de collectionner plus librement les amants, elle ne s'est jamais résolue au mariage, menant jusqu'aux portes de la vieillesse une existence incandescente, entremêlée d'intrigues et d'amours illicites.

« Entre mille perfections que la nature lui avait prodiguées, elle avait des yeux d'une si grande beauté, qu'au bal ils perçaient sous le masque et la faisaient toujours reconnaître. » selon le Baron de Besenval

Elle sacrifie sa virginité avec son professeur de flûte. L'auteur des indiscrètes « Chroniques de l’œil de bœuf », Monsieur Touchard-Lafosse, rapporte : « Portée aux tendres faiblesses de l'amour, elle n'a pas même attendu pour s'y livrer les licences que la beauté reçoit trop souvent de l'hymen ». Un autre plumitif la pare « d'une sensibilité extrême qui lui faisait un besoin de l'amour »...

L'ardente demoiselle jette son dévolu sur le Chevalier de Bavière ( Emmanuel-Francois-Joseph) , bientôt détrôné par le duc de Richelieu ( arrière petit-neveu du grand Cardinal)...

Louis François Armand de Vigneron du Plessis, duc de Richelieu naquit en 1696 à Paris et mourut dans la même ville en 1788, à l'orée de la Révolution Française. Sa carrière a embrassé tous les aspects de la vie de cour du XVIIIe siècle : ayant connu la Bastille dans son jeune âge en raison de son trop grand empressement pour Mademoiselle de Noailles, puis sous la Régence pour une affaire de duel et un complot bien mal ficelé, il s'y fit des amis et traversa le siècle tel un météore.

Il eut d'innombrables conquêtes depuis les dames de la cour jusqu'aux chambrières et aux actrices de l'Opéra comme La Souris. Il s'amusa même à conquérir toutes les maîtresses du Régent, certes après lui..., et fut l'ami du roi Louis XV  

Elle confie la clef de ses appartements, qui ouvrent sur les jardins, au rez-de-chaussée de l'hôtel parisien des Condés. Louise-Anne adresse à son amant des missives impudiques :

« Je ne sais quel moyen employer pour vous voir. Je n'ose plus sortir à pied, comme je le faisais (…) Il est bien cruel d'être contrarié par la bienséance et par ses parents quand on brûle de se voir. Sinon, nous serions forcé de faire quelque étourderie dans le jardin, mais nous pouvons être découverts. Vous étiez bien amoureux la dernière fois, vous m'aviez sûrement été fidèle pendant quelque temps, car les preuves de votre amour ont été plus répétées qu'à l'ordinaire. Ah ! Soyez toujours de même, et vous serez le plus adorable des hommes... »

 

A la suite de la disparition brutale de Philippe d'Orléans, le 2 décembre 1723. Louise-Anne se rapproche du pouvoir. Son frère le duc de Bourbon, devient Premier ministre. C'est vers cette époque que Charles-Joseph Natoire la peint étrangement revêtue d'une bure franciscaine, jouant en fausse ingénue avec sa cordelière en « lacs d'amour ». S'affiche ainsi publiquement, sa coutume de recevoir ses amants nue sous la cuculle – plus facile à ôter qu'une robe de cour.

Voltaire, qu'elle convie à ses soupers intimes et licencieux, lui dédie cet impromptu de circonstance, sur l'air de Robin turelure :

« Frère Ange de Charolois

Dis-nous par quelle aventure

le cordon de saint françois

sert à Vénus de ceinture. »

Portrait de Louise-Anne de Bourbon Condé,

Mademoiselle de Charolais par C J Natoire

Mademoiselle de Charolais.

Portrait par J-M_Nattier

Louise-Anne se moque bien du qu 'en-dira-t-on !

Ses faiblesse pour le fringant officier aux gardes « le petit Howell », lui valent de se retrouver enceinte …

Pour établir plus sûrement son influence – alors que certains courtisans murmurent ( à tort..) que Mlle de Charolais avait été l'une des premières maîtresses du roi - elle sert d'entremetteuse au timide et encore chaste Louis XV. Mademoiselle de Charolais lui présente alors Louise Julie de Mailly-Nesle, dont il fait sa première favorite.

Il semble Louise-Anne ait donné le jour à plusieurs enfants naturels dont elle n'était pas toujours capable de déterminer qui en était le père. Il semble qu'il y ait là une exagération manifeste. Enceinte elle aurait déclaré : « Ce n'est là qu'un accident propre à la nature des femmes. »

Un fait est sûr : elle a vingt-trois ou vingt-quatre ans quand elle s'aperçoit qu'elle est pour la première fois enceinte et va, éplorée, trouver sa marraine pour lui révéler son état : « Eh bien, ma fille, vous accoucherez » ( ce propos figure dans une lettre écrite par la Palatine).

De cet enfant naturel, le père est connu. En 1718, Louise-Anne est la maîtresse de Richelieu et follement amoureuse de lui. Quand cet "accident" lui arrive, elle se retire, prétend-on, dans quelque château appartenant à sa famille, met au monde l'enfant, le confie à une nourrice, et reparaît à la Cour qui feint d'ignorer les raisons de son absence.

Sur son testament apparaissent des noms de personnages qui n'appartiennent pas à sa maison et qu'il est impossible d'identifier. Est-ce à des enfants naturels qu'elle faisait ainsi des dons ? C'est probable....

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Cordélia et le Roi Lear

Publié le par Perceval

Le roi Lear et ses filles, Chronica Majora de Matthew Paris, vers 1250

Le roi Lear et ses filles, Chronica Majora de Matthew Paris, vers 1250

''Le Roi Lear'' (1606) , de Shakespeare, reprend la figure légendaire de Leir, roi mythique de l'île de Bretagne à l'époque celtique précédant la conquête romaine et de sa fille Cordélia. Elle contient une double intrigue... Il y a d’un côté l’histoire du roi Lear lui-même avec ses trois filles, Goneril, Régane et Cordelia, et, de l’autre, celle du duc de Gloucester et de ses deux fils, le bâtard Edmond et son fils légitime, Edgar.King Lear Disinheriting Cordelia by John Rogers Herbert (1850)

Le vieux roi qui, lassé des tracas du pouvoir, va, par les preuves d’amour qu’il impose à ses trois filles, comme dans un conte de fées, (on compare souvent Le Roi Lear à Cendrillon) choisir de mettre fin à son règne et de tout donner à ses héritières. La décision, sans précédent, va créer la confusion et la division dans le royaume et entraîner le monarque dans la spirale de la folie.

 

Dans la grande salle du palais des rois de Grande-Bretagne, le vieux roi Lear réunit ses filles, leurs maris et son fidèle ami le comte de Kent. Il annonce son désir de se retirer du pouvoir et sa décision de diviser son royaume entre ses trois filles, Goneril mariée au duc d'Albany, Régane épouse de Cornouailles et Cordélia, la plus jeune, courtisée par le duc de Bourgogne et le roi de France. La plus large part sera offerte à celle qui saura lui déclarer qu'elle l'aime le mieux. Alors que les deux aînées n'hésitent pas à jouer la carte de la flagornerie, Cordélia se montre sobre et sincère en affirmant qu'elle devra un jour la moitié de son affection à un futur mari bien qu'elle aime profondément son père. king-Lear Goneril et ReganeBlessé par cette réserve qui pique d'autant plus son orgueil qu'elle émane de son enfant préférée, Lear déshérite Cordélia, partage le royaume entre les deux autres sœurs, la chasse impitoyablement et annonce qu'il ira vivre alternativement sur les terres de Goneril et de Régane avec sa suite d'une centaine de chevaliers. Le comte de Kent, proche du roi, s'oppose à ce traitement injuste et tente de faire entendre raison au souverain qui, excédé, le bannit également. Apprenant l'infortune de Cordélia, le duc de Bourgogne renonce à ses vues mais le roi de France, sa passion raffermie par tant de vertus qu'il juge plus précieuses qu'une dot, annonce que Cordélia régnera sur la belle France où elle trouvera mieux que ce qu'elle a perdu.(...)

Il y a les passages où Goneril, qui va délaisser son mari Albany, et Régane, veuve du duc de Cornouailles, vont toutes deux s’entretuer en se disputant l’amour du bel Edmond. Goneril empoisonne en effet Régane qui ensuite va se poignarder. (...)

Á la fin, Cordélia est pendue. Le roi Lear arrive en scène dans un état de chagrin au dernier degré et il porte sa fille morte dans ses bras...

 

 

 

 

Les adieux de Cordelia par Edwin Austin Abbey (1898)

 

D'inspiration préraphaélite – qui met le Moyen-âge est au cœur de l'attention car il évoque la dignité de l'homme et sa foi profonde – le tableau met en scène Cordelia en robe virginale en opposition avec ses sœurs, Goneril et Regan, vêtues de rouge et de noir. Lear, entouré de ses hommes et de ses pages, tourne le dos à ses trois filles.

L'oeuvre exprime avec force et élégance la grandiloquence de la confrontation entre père et filles au premier acte de la tragédie. Peut-être toutefois sa discrétion ne fait-elle qu'en augmenter le caractère touchant et tragique.

Cordelia est présentée au centre du tableau, en vierge harcelée par une masse hostile que constituent ses sœurs à gauche, son père et les hommes de la Cour à droite. Cette scène manichéenne met en valeur une Cordelia résignée confrontée au regard insolent, méprisant et lâche de ses sœurs, Regan et Goneril en noir et rouge tandis que Lear et son vieux chien quittent la scène. Davantage que par celle du roi, le peintre se préoccupe de la tragédie que vit la jeune femme. Son bras tendu donne de l'ampleur à sa présence dans la scène et tandis qu'elle reçoit un baiser de France, elle semble irrésistiblement fuir le regard provocateur de ses sœurs, toute happée qu'elle est par le mouvement de départ de son père.

George William Joy - Cordelia comforting her father, King

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Alex Gross, et le téléphone portable.

Publié le par Perceval

Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.

Alex Gross  est né en 1968 dans Roslyn Heights, dans la banlieue de New York.IL s’installe en 1988 à Los Angeles.

« Concernant mon travail, je ne fais pas de croquis du tout, j’ai recours à deux outils différents, le premier est mon ordinateur, que je sollicite pour faire tous mes croquis et compositions. Je peux combiner photos et esquisses, tout en digital. Le deuxième outil est ma peinture à l’huile que j’utilise pour les finitions. Mon choix s’est fait naturellement car je maîtrise bien la peinture a l’huile qui s’harmonise parfaitement avec mes œuvres ».

Ces peintures, qualifiées de Surréalisme Pop ( c'est à dire sans prétention intellectuelle... ), sont un mélange obsédant de conte de fées, d'allégorie, de rétro... agrémentées d'esthétisme oriental et occidental... Ces compositions sont élégantes. Le personnage n'est pas forcément le centre d'intérêt... L'objet principal est plus global, et finalement on ressent une certaine mélancolie. 

 

Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.
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Les thèmes évoquent notre société consommation, le désordre humain, le commerce, les médias, les publicités et le passage inévitable du temps. Les personnages sont le plus souvent accompagnés de nourriture provenant de chez Mc Donalds, de glaces et de friandises, ils passent leur temps à regarder leurs téléphones portables et aiment le soda et le luxe.

"Je suis attiré par la consommation, comme beaucoup de gens le sont. Je voudrais avoir un nouveau téléphone mobile, une belle voiture, une belle maison, etc, mais en vérité, ces choses ne sont pas importantes et la seule raison pour laquelle nous les désirons c’est parce que nous avons été endoctrinés par l’industrie de la publicité et du marketing. Aucun d’entre nous n’est à l’abri de cela. Le mieux que nous puissions espérer, c’est de prendre conscience de ce qui se passe, et peut-être changer nos modes de consommation afin que nous ne récompensions pas les conglomérats qui violent la terre et détruisent l’environnement afin de devenir encore plus riches." Alex Gross

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Tiens...! Beaucoup de femmes ...?

Les hommes ne sont pas en reste....

Alex Gross, et le téléphone portable.
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1515 : François, le fils de Louise de Savoie sera t-il sacré roi de France ? -2/2-

Publié le par Perceval

A la vue de Mary , François est ébloui, subjugué par l'éclatante beauté de sa nouvelle "belle-mère"... Mais, inquiet ; et si Louis XII faisait un enfant mâle à cette ravissante jeune fille.. ? Difficile... sans doute, Louis est trop malade... Et, ça fait deux ans que Mary a pour amant Charles Brandon, duc de Suffolk, il l'accompagne en France en tant qu'ambassadeur d'Angleterre.

Louise de Savoie qui veille sur son petit "César" et sur son avenir; fait en sorte que le duc de Suffolk soit prié de ne plus 'approcher' Mary...

L'amant absent, Mary tente de le remplacer par François... Elle tenterait - dit-on - de le séduire... Elle ensorcelle son "gendre" qui n'a que 20 ans alors que son mari est malade et en a 52.

Louise de Savoie voit le manège et sermonne son fils. Elle assure que tout ce que veut la reine, c'est un fils ! Et que si c'est le cas François restera duc d'Angoulême, et le comble serait que ce soit, son bâtard qui règne sur la France ! François n'écoute pas, il est éperdument amoureux, qu'importe ce qui arrivera. Puisque François ne veut pas entendre raison, Louise de Savoie décide d'agir. Elle oblige Mary à partager son lit avec la baronne d'Aumont ou avec Claude, lorsque son mari ne la rejoint pas, avec ordre de ne pas la quitter, elles doivent veiller sur la chasteté de la reine!

Mais les jours du roi semblent comptés.... Le roi meurt le 1er janvier 1515 de consomption, trois mois seulement après que le mariage ait été célébré. Mary restera encore 'internée' 40 jours à l'hôtel de Cluny afin de s'assurer qu'elle ne porte pas d'enfant.

Après son sacre et malgré la grossesse de la reine Claude, le roi François Ier propose le mariage à Mary, dont il est de plus en plus amoureux. Louis XII n'a t-il pas répudié Jeanne de France pour épouser Anne de Bretagne?

Mais la ravissante Mary, préfère Charles Brandon, duc de Suffolk qu'elle épouse trois mois plus tard.

l y a 500 ans, le 25 janvier 1515, François Ier est donc, sacré roi de France à Reims. Cette année, est marquée par la célèbre victoire de Marignan, près de Milan, contre les Suisses. Il s’en suivra un traité de paix avec le peuple helvétique, toujours respecté jusqu’à aujourd’hui.

La mère de François s’intéresse de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils...

 

Nb/ Mary Tudor-Brandon, duchesse de Suffolk, pourrait être l'une des femmes les plus célèbres du monde sous le nom de La Dame à la Licorne... ?

Wedding portrait of the real Mary Tudor and her husband Charles Brandon, 1st Duke of Suffolk La Dame à la Licorne

 

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