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Christine de Pisan (1364-1430) -2/2-

Publié le par Perceval

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Christine à la fontaine de clergie, Le Livre de mutacion de Fortune
« Si pry a Dieu qu’il leur vueille donner
La mort briefment; car leur vie m’anoye,
Pour ce qu’en dueil me font mes jours finer
Sanz vous veoir, ou est toute ma joye
Car ilz se vont entremettant
De moy gaitier nuit et jour, mais pourtant
Ne vous oubli, ce pouez vous savoir,
Pour le desir que j’ay de vous veoir. 
»
Extrait de Pour le désir que j’ay de vous veoir :

Christine est d’abord une poétesse. En effet, c’est le premier moyen de se faire remarquer en bien par les princes mécènes, car leur cour se plaît particulièrement aux jeux poétiques de la littérature courtoise. Pourtant ...

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Christine de Pizan écrivant et la déesse Minerve, Christine de Pizan , Le livre des faits d’armes et de chevalerie, 1434

En 1399 elle publie une Epître au dieu d’Amour. Christine y dénonce l’amour courtois qui n’était, selon elle, qu’hypocrisie. Les hommes, écrit-elle, aiment à séduire, puis à se vanter entre eux de leurs conquêtes et prouesses sexuelles.... En 1401, avec le Dit de la Rose, elle déclenche la fameuse Querelle du Roman de la Rose, en dénonçant la misogynie grossière de Jean de Meung. A la querelle se sont mêlés des personnages très sérieux, parmi lesquels le chancelier de l’Université de Paris, le théologien Jean Gerson.

 Dans ce contexte, elle rédige une œuvre surprenante : la première utopie féminine.

La Cité des Dames (1405) de Christine de Pisan, est un espace gouverné par les femmes, une citadelle inexpugnable, bâtie à l'abri des guerres et du chaos engendré par la domination des hommes.

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Christine de Pizan présentant ses Epîtres du Débat sur le Roman de la Rose à la reine Isabeau de Bavière

« Dans cet espace utopique, dans cet univers féminin, elle analyse le rôle du corps, la fonction qu'il a rempli jusqu'alors. Pour elle, considéré comme beau et sain, il échappe à son destin de tentation et de péché, de procréation et de souffrance. L'image positive du corps de la femme, éloignée de la maternité ou de la faute, suppose une surprenante avancée par rapport aux idées du moment, qui ne laisse pas de surprendre. » Clara Obligado

Un siècle plus tôt, le pape Honoré III clamait du haut de sa chaire : « Les femmes ne doivent pas parler parce que leurs lèvres portent les stigmates d'Eve, dont les paroles ont scellé le destin des hommes ».

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Christine de Pisan offre son livre à Marguerite de Bourgogne

En 1418, au moment de la terreur bourguignonne, Christine trouve refuge dans un monastère. La victoire de Jeanne d’Arc à Orléans lui redonne l’espoir; elle rédige en son honneur le Ditié de la Pucelle en 1429. Elle sera le seul lettré contemporain qui ait salué par ses écrits l’épopée de Jeanne d’Arc. Elle a dû mourir peu de temps après.

 

« Et ainsi moi, Christine, un peu fatiguée par la longue écriture, mais me félicitant de la digne beauté de cette œuvre […] je me résolus d’en multiplier les copies de par le monde, quel qu’en fût le coût, afin qu’elle soit connue en différents endroits par les reines, les princesses et hautes dames, pour qu’elle reçoive les honneurs et louanges qu’elle mérite, et qu’elles la fassent connaître à d’autres femmes. Et lorsque sera réalisé ce projet auquel j’aspire - et qui est en bonne voie -, elle sera diffusée, répandue et publiée dans tous les pays du monde, bien qu’elle soit rédigée en langue française. Toutefois, parce que cette langue est plus connue que n’importe quelle autre dans l’univers, notre dite œuvre ne restera pas vaine pour autant, mais copiée en maints exemplaires, demeurera sans dépérir. Et ainsi les plus excellentes dames et femmes d’autorité, tant du présent que de l’avenir, pourront la voir et la lire, et prieront dieu pour leur servante Christine, regrettant qu’elle n’ait pas vécu en leur temps » (Le Livre des Trois Vertus.)

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Christine de Pisan (1364-1430) -1/2-

Publié le par Perceval

Christine-de-Pizan-ecrivant-1407.jpgChristine de Pisan naît en Italie en 1364, au sein d’une famille d’intellectuels. Son père est un médecin et un conférencier en astrologie à l’université de Bologne. Il est appelé à Paris, à la cour de Charles V, en 1368. C’est là que Christine reçoit une éducation de jeune fille noble, apprend la musique, le latin, la poésie, et lit des ouvrages de philosophie, d’histoire ou de religion.

Elle vit à la cour jusqu’à "l’âge où l’habitude veut que les filles prennent mari, même si j’étais encore très jeune". Des chevaliers, des nobles, de riches clercs demandent sa main, non pour sa "valeur", dit-elle, mais en raison de l’amitié que le roi avait pour son père. Thomas préféra à ces prétendants "un jeune écolier gradué, bien né de nobles parents picards et dont les vertus dépassaient les richesses". Etienne de Castel, vingt-quatre ans. Elle a quinze ans, lorsque « le corps baigné de musc, vêtue de soie et couronnée de fleurs », elle est mariée à Étienne de Castel, qui devient notaire et secrétaire du roi … L-Amant-approche-du-sanctuaire-de-la-Dame---Le-Roman-de-l.jpgChristine a bien de la chance... et connaît l'amour dès la première nuit, alors que rien ne laissait présager que cet homme, de dix ans son aîné, serait le mari idéal... Christine, elle-même, de son mari, explique que « nul ne le valait en bonté, en douceur, en loyauté et tendre amour » (5). Elle y songe encore dans la ballade Douce chose est que mariage : « La première nuit du mariage alors que j’avais très peur, je me rendis compte de sa grandeur car il ne fit rien qui puisse me faire mal, mais jusqu’à l’heure du lever, m’embrassa cent fois… »

Christine et Étienne s'aimèrent et eurent plusieurs enfants... Le 26 septembre 1380 s’ouvre une première fois la porte des infortunes, lorsque le roi Charles V meurt à l’âge de quarante-trois ans. Son père tombe vite en disgrâce... En 1389, année néfaste... Le père de Christine vient de mourir, ruiné et criblé de dettes, et son mari est emporté par la peste... !

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Christine de Pisan assise à côté d'un lutrin et tenant une ecritoire. Miniature.sur.velin.du.xve.siecle.

Christine se retrouve veuve, avec trois enfants, une mère et une nièce à charge. Elle choisit de ne pas se remarier...Et le sort lui réserve une nouvelle épreuve : la perte d'un fils...

Elle fait les sièges des tribunaux plus de treize ans pour régler la succession. Et là, « combien ne fallut-il pas attendre ! Que de paroles outrageantes ! Que de regards moqueurs ! Que de quolibets de la part de ceux qui avaient bien bu ! Et moi, j’étais souvent en butte à des propos inconvenants. Mais, comme j’avais peur que cela ne porte préjudice à ma cause, étant dans le dénuement, je laissais faire et dire. Je détournais la tête pour ne rien répondre, ou bien je faisais semblant de ne pas avoir entendu le grossier bouffon ». Christine est aussi la proie des calomnies : « Ne fut-il pas dit de moi et par toute la ville que j’aimais d’amour ? », alors qu’elle pleure toujours son « ami mort et le bon temps passé ».

Peu après la mort d’Étienne, Christine revient à « la voie qui lui était la plus plaisante et la plus naturelle : celle de la solitude »

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Christine de Pisan fait la lecture à des bourgeois

Elle se lance dans le « métier » de femme de lettres tout en s’évertuant à compléter son éducation et sa culture et à conserver ses relations à la cour. Elle a déjà rédigé une biographie du roi Charles V, des ballades ainsi que des ouvres allégoriques. Ce qui représente une véritable innovation, c'est sa façon de se positionner dans la vie en tant qu'intellectuelle.

Christine de Pizan laissera environ quatre cents poèmes en tout genre, ballades, rondeaux, virelais, complaintes. Elle écrit ces poèmes “d’amant et de dame” sur commande des particuliers, car elle entend vivre de sa plume. Elle compose de nombreuses pièces lyriques rassemblées dans Le Livre des Cent Ballades, dans lequel elle évoque son deuil et sa vie de femme à la cour. Grâce au succès de cette œuvre, elle obtient des commandes et le soutien de puissants.

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La Princesse Lépreuse

Publié le par Perceval

Deux siècles après la mort du Bouddha naquit dans une famille princière du Cachemire une merveilleuse enfant douée de toutes les grâces. En grandissant, elle ne cessait de provoquer dans son entourage des sentiments de joie et d'adoration.
Le destin prend de curieux chemins pour nous enseigner...
La princesse contracta une forme de lèpre particulièrement hideuse, et celle qui avait été l'objet de toutes les admirations devint un objet de répulsion.
En Orient les gens ne pleurent pas sur leur sort. Ils se battent.
Son espérance consistait à prier et retrouver sa beauté...

La jeune fille s'enfuit dans la forêt profonde avec le désir de mener une vie d'ascèse. Elle se mit à pratiquer le Bouddha de la Compassion et bientôt, jour et nuit, les animaux purent entendre murmurer le mantra secret qui s'échappait sans cesse des lèvres tuméfiées de la solitaire.   

Plusieurs années plus tard... Une nuit, un profond sommeil trompa sa vigilance. Dans son rêve un très beau jeune homme blanc s'approcha d'elle, posa sa main sur sa peau malade. Elle reconnut le Bouddha de la Compassion et sut qu'elle était guérie.


En se réveillant elle avait repris l'aspect d'une merveilleuse jeune fille de seize ans. Dès qu'elle récitait le mantra, le Bouddha était là. De manière très féminine, elle lui lança un jour:
 « Je t'ai prié de longues années dans cette forêt sauvage, sans te voir. Pourtant on dit que dès que l'on prononce le mantra tu es là. Pourquoi? »


L'être de lumière sourit avec douceur:
« Je n'ai jamais cessé d'être là, princesse, mais en vérité la force de tes obscurcissements était telle que tu ne pouvais me voir.

Ce n'est que lorsque tu as abandonné tout espoir personnel, tout désir de te protéger, de guérir, d'être belle, d'être différente, que j'ai pu être visible. Lorsque tu as lâché prise. La paix ne vient que dans l'abandon. Alors naît aussi le bonheur. »

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L'histoire de Psyché ( l'âme )

Publié le par Perceval

A propos de l'article précédent, je retiens l’histoire de Psyché, parce qu'elle enseigne comment l'âme se purifie ( se réalise) :

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L’âme pour les Grecs était une princesse de toute beauté, nommée Psyché (Psuké).

Psyché est l'une des trois filles d'un roi, si belle que tous les habitants du royaume l'adorent... Mais aussi, si belle que personne n’ose l’épouser ! Les foules se contentent de venir la contempler comme une œuvre d'art et de la vénérer comme une déesse. Vénus, jalouse de cette rivale et offensée par un tel sacrilège, Vénus - elle-même - en devient jalouse, au point de vouloir tramer sa perte.

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Elle envoie Cupidon avec comme mission de lui inspirer l'amour pour l'être le plus hideux de la terre. Mais tel est pris (épris?) qui croyait prendre... Cupidon tombe lui aussi sous le charme de Psyché.

Cupidon se confie à Apollon – déjà prié par le père de Psyché désespéré de voir que sa fille ne trouve pas d'époux – Apollon donne un oracle au roi qui lui prescrit d'exposer sa fille sur un rocher où viendra la chercher son futur époux, un monstrueux serpent volant. Là vêtue de noir, soumise, elle attend la venue du monstre mais c'est le souffle léger de Zéphyr qui l'emporte vers un palais mystérieux.

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Elle est la seule habitante de ce palais merveilleux où les portes sont ornées de pierres précieuses et où le dallage du sol est d'or pur. Jamais elle ne peut voir le maître de céans mais il lui rend visite toutes les nuits, et lui promet que leur bonheur durera toujours, à la condition qu'elle ne cherche pas à voir le visage de son amant.

Psyché s'ennuie et supplie son amant, de l'autoriser à recevoir ses sœurs. Et, les sœurs de Psyché la persuadent qu'elle est aimée d'un monstre, qui finira par la dévorer. Terrifiée à cette idée, une nuit, elle allume une lampe. Tandis qu'elle contemple avec ravissement la beauté de son amant, une goutte d'huile tombe sur lui. Il se réveille et s'enfuit, alors disparaît le palais enchanté.

Psyché se retrouve seule sur terre, - grâce à l'appui secret de Cupidon ( Eros), et surtout la ténacité de son amour - elle part à la recherche de Vénus, qui accepte de la rencontrer et l'accable de mille tourments, la retient comme esclave et lui impose quatre épreuves réputées impossibles. Mais à chaque fois quelqu'un sera là pour l'aider.

Ainsi, elle trie des graines mélangées de toutes espèces à l'aide de fourmis... Elle rapporte la laine d'or de moutons féroces grâce à un roseau qui lui indique le bon moment pour récupérer la laine prise aux branches du buisson près de la rivière … Elle puise l'eau inaccessible du Styx avec l'aide de l'aigle de Zeus. 

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Pour la dernière épreuve, Psyché doit se rendre aux enfers demander à Perséphone un précieux flacon contenant une eau de Jouvence...

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Persuadée de ne pas pouvoir y parvenir elle est sur le point de se jeter du haut d'une tour quand la tour se met à lui parler et lui indique la marche à suivre; il lui est recommandé de ne pas l'ouvrir et de ne pas partager le repas de Perséphone.

Normalement, nul mortel ne pouvait se rendre aux enfers sous peine d'être dévoré par son terrible gardien : Cerbère. Pour passer la porte des enfers sans dommage, Psyché donne au monstre un gâteau trempé dans du vin drogué qui l'endort.

Elle n'a pas oublié de prendre deux pièces de monnaie pour payer Charon à l'aller et au retour.

Mais au retour alors que tout s'est bien passé, Psyché est à nouveau perdue par sa curiosité; elle débouche le flacon, une fumée noire se répand et se dépose sur son visage qui devient hideux. En se regardant dans un miroir Psyché s'évanouit. Cependant, Cupidon ne l'oublie pas, il l'éveille d'une piqûre de ses flèches et lui rend sa beauté première.

Enfin, Zeus intervient et Vénus (Aphrodite) pardonne; Zeus accorde son pardon à Cupidon et convoque les dieux pour célébrer l'immortalité de Psyché et le mariage du couple. Les jeunes mariés auront une fille : Hêdonê en grec ou Volupté pour les Romains.

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La morale de l’histoire est que l’âme humaine ( déchue) doit devenir divine et qu’elle ne le peut qu’après des épreuves multiples et difficiles, grâce à l’Amour. La beauté de l’âme est ce qui mène à l’amour et l’âme ne peut survivre que grâce à l’amour.

Les néo-platoniciens y virent la promesse d'une renaissance, d'une vie future, d'un bonheur éternel.

Psyché est souvent représentée avec des ailes de papillon, car l'âme avait en effet le papillon pour symbole. Cette histoire est tirée du récit d'Apulée, (Métamorphoses IV-28 à VI-24), qui a fait connaître l'interprétation populaire de cette allégorie.

 


Les illustrations sont de Maurice Denis (1870-1943), artiste peintre nabi... Ces esquisses sont réalisées pour la décoration du salon de musique de l'hôtel du collectionneur Ivan Morosoff à Moscou...  Les peintures réalisées à la fin de 1907 sont conservées au Musée de l'Ermitage à Saint-Petersbourg.

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L'âme est un corps de femme

Publié le par Perceval

Il est clair que que dans la cité grecque, la femme est une éternelle mineure, et au contraire d'un esclave, ou d'un étranger ; elle ne pourra jamais accéder à la citoyenneté... Bref, la femme est d'une humanité inférieure à l'homme … !g_knucklebone_players.jpg

 « Ce sont les mâles seulement qui sont créés directement par les dieux et à qui l’âme est donnée. Ceux qui vivent avec droiture retournent vers les étoiles, mais pour ceux qui sont ‘lâches’ [ vivent des vies sans rectitude], on peut supposer avec raison qu’ils ont acquis la nature des femmes à la seconde génération. Cette régression peut continuer pendant des générations successives à moins qu’elle ne s’inverse. Dans cette situation, ce sont évidemment seulement les hommes qui sont des êtres humains complets et qui peuvent espérer l’accomplissement ultime ; ce qu’une femme peut espérer au mieux est de devenir homme » ( le Timée 90e, de Platon (né en -428, décédé en -347))

prostituc3a9e-grecque.jpg Pour Aristote (né vers 384 av. J.-C., décédé vers 322 av. J.-C.) , La raison de l’infériorité des femmes provient d’un défaut. « Les femmes ont un défaut par nature » parce qu’elles ne peuvent pas reproduire le sperme qui contient l’être humain tout entier. Quand un homme et une femme font l’amour, l’homme apporte la substance de l’être humain (c’est-à-dire, l’âme), la femme apporte seulement la nourriture (la matière).

Il est pour Aristote un principe fondamental que, des deux facteurs ou composants de chaque être humain, la forme est supérieure à la matière...

Ces deux oppositions: l'homme et la femme, l'âme (psychê) et le corps (sôma), reviennent de manière asymétriques et obsessionnelles chez les intellectuels helléniques . La femme est du côté de la matière et de la passivité. Ce principe de la dualité du corps et de l'âme, et de l'infériorité du corps et de l'autonomie de l'activité intellectuelle, est un absolu avec Platon : « le sôma (corps) est le sêma (tombeau) de la psychê ».

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Mais … paradoxe... !

Giulia Sissa (*) débusque les paradoxes de ce discours. Alors qu'ils ont démontré l'infériorité du féminin et sa complicité avec le corps qu'ils exècrent, les philosophes dotent l'activité intellectuelle d'un nom féminin « psychê » et d'une représentation à la morphologie indéniablement féminine, la charmante Psychê.delphes_pythie-themis_aigeus.jpg

Pour parler de l'activité intellectuelle avec laquelle ils prétendent se confondre après avoir échappé à la gangue de leur sôma, ils utilisent volontiers des métaphores anatomo-physiologiques féminines...

La maïeutique socratique utilise le langage de l'accouchement et de ses douleurs pour exprimer la difficulté inhérente au travail intellectuel.... Giulia Sissa constate que la connaissance la plus valorisée en pays grec, celle que communique Apollon à Delphes, passe par l'intermédiaire d'une femme instrumentalisée : la Pythie... Elle doit être pure, vierge dans tous les sens du mot, absente de toute souillure et d’idées fausses...

 


(*) Chercheuse en histoire, anthropologie et philosophie du monde ancien - Giulia SISSA, L'âme est un corps de femme, Paris, Editions Odile Jacob

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L'histoire de la Dame Endormie au vase noir, et disparue ...

Publié le par Perceval

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Ce tableau : Dame endormie au vase noir, perdu depuis plus de 80ans , vit une belle histoire.

Dans quelques jours il sera vendu aux enchères à Budapest.

Cette toile de Robert Bereny (1888-1953), maître de l’avant-garde hongroise de l’entre-deux-guerres, était disparue depuis les années 20...

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L'historien Gergely Barki, la « Dame endormie au vase noir » et Stuart Little

 

Un expert du Musée national hongrois, a reconnu ce tableau alors qu'il visionnait le film Stuart Little, mettant en scène une souris adoptée par une famille américaine, avec sa fille de trois ans.

L'expert se souvenait du tableau pour l’avoir vu sur une photo en noir et blanc publiée dans un catalogue de 1928. Seul un fin connaisseur était capable de repérer ce détail du décor, ce qui explique pourquoi aucun des millions de spectateurs ayant visionné le film depuis sa sortie en 1999 ne l’ait signalé avant cette découverte en 2009.

 

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Image du film Stuart Little avec le tableau en arrière-plan

Comment le tableau a-t-il pu réapparaître dans un décor de cinéma aux États-Unis ? Gergely Barki, résolu à percer ce mystère, envoie des mails à Columbia et Sony Pictures, les producteurs du film. Il parvient à contacter une ancienne scénographe ayant travaillé sur Stuart Little. « Elle m’a expliqué avoir vu le tableau chez un antiquaire de Pasadena, en Californie, et l’avoir acheté pour une bouchée de pain », indique l’expert.

La scénographe de Stuart Little a fait là un heureux choix, d’autant qu’elle a acheté le tableau à titre privé après le tournage. On ne connaît pas encore tout de l’étonnant voyage de la Dame endormie au vase noir à travers les turbulences du XXe siècle; la toile a pu être achetée avant la Seconde Guerre mondiale par un collectionneur juif, parti s’installer aux États-Unis pour fuir la menace nazie.

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Robert Bereny (1888-1953)

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Camille Claudel, incarcérée pour trente ans...

Publié le par Perceval

Camille Claudel passe les 30 dernières années de sa vie enfermée: sacrifiée par son frère Paul?  Victime d'un complot familial?

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Paul Claudel Camille Claudel Rodin

Article de d'Alfred Grosser, et paru dans La Croix du 03 Déc 2014:

Camille Claudel est née voici cent cinquante ans, le 8 décembre 1864. On peut dire que sa vie s’est achevée deux fois. Sa mort est intervenue le 19 octobre 1943, mais quelle fut donc son existence à partir du 10 mars 1913 ? Ce jour-là, une semaine après le décès de son père qui l’aimait et la protégeait, elle fut enlevée, à la demande de sa mère et de son frère Paul, sur la base d’un certificat médical établi par un médecin qui ne l’avait pas examinée, pour être enfermée pendant les trente années suivantes. Son œuvre de sculptrice est aujourd’hui reconnue comme majeure, et qui n’a pas été ému en contemplant ses œuvres, même s’il n’est pas au courant de sa sordide histoire ?C-Claudel-Vieil-aveugle-chantant.jpg

Transférée à Montdevergues, au Centre de santé de Montfavet, elle fut tenue au secret. Ses lettres devaient sortir clandestinement. À lire ses plaintes fort précises sur les conditions de sa détention (1), on comprend l’étendue de ses souffrances. En 1917, elle écrit : « Je suis incarcérée depuis cinq ans comme une criminelle, privée de liberté, privée de nourriture, privée de feu, privée des plus élémentaires commodités. » La pire période est celle de la guerre. Le froid et la faim dont elle se plaignait déjà deviennent dramatiques. En cette période de restrictions, les « fous » deviennent victimes prioritaires et, comme des centaines d’autres aliénés à travers la France, Camille est morte de faim.

Certes, elle reçoit quelques paquets de nourriture d’amis et de son frère Paul. Mais les discussions familiales sur le montant et les conditions de son entretien à l’asile sont sordides. Par relations, Paul obtient une sorte de subvention gouvernementale complétant la pension à verser à l’hôpital psychiatrique. Un conseil de famille décide, contre l’avis de Paul, de transformer en rente viagère la majeure partie de ce qui revient en héritage à Camille. Cette rente suffit à peu près à satisfaire les exigences de la clinique pour assurer une vie même pas décente à l’enfermée qui ne cesse de demander un transfert dans la région parisienne, même dans une institution où elle serait encore détenue.

Sa mère ne viendra jamais la voir pendant ces trente années. Paul vient rarement, ce que sa sœur lui pardonne. Au début de 1939, elle lui écrit : « Mon cher Paul. Hier, samedi, j’ai bien reçu les cinquante francs que tu as bien voulu m’envoyer et qui me seront bien utiles… Je suis bien fâchée de savoir que tu es toujours souffrant. Espérons que cela se remettra peu à peu. J’attends la visite que tu me promets pour l’été prochain, mais je ne l’espère pas. C’est loin Paris et Dieu sait ce qui arrivera d’ici là… Ta sœur en exil C. » Une autre fois, elle dit comprendre les empêchements de Paul. Comme ambassadeur, il a sûrement des dépenses qui ne lui permettent pas d’assumer les frais du voyage à Montdevergues. Il effectue une dernière visite peu avant la mort de sa sœur. Il note : « Elle me reconnaît, profondément touchée de me voir. ”Mon petit Paul, mon petit Paul !”…Elle est très affectueuse. Tout le monde l’aime, me dit-on. Amer, amer regret de l’avoir si longtemps abandonnée ! »

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Violaine Kruchpetite

Le Musée les Arcades du Centre hospitalier psychiatrique de Montfavet a rendu hommage à Camille Claudel. Des sculptures et des tableaux, fruits du travail des patients de l’atelier de psychothérapie à médiation créatrice  Marie-Laurencin ont été exposées aux côtés de ses œuvres.

Pourquoi cet abandon ? On trouve peut-être la raison profonde dans une lettre que Paul Claudel écrit en 1939 à une amie qui vient de se faire avorter : « Sachez qu’une personne de qui je suis très proche a commis le même crime que vous et qu’elle expie depuis vingt-six ans dans une maison de fous. » (Il est possible que la haine tenace de Camille pour Rodin, encore vivace dans ses lettres d’internée, vienne de cet avortement).

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Camille Claudel à l'asile 
de Montdevergues (Montfavet)

L’abandon cesse lorsque la célébrité de Camille grandit. Paul meurt en 1955. En 1962 son fils Pierre demande au maire de Montfvafet : « Les membres de la famille de Paul Claudel seraient heureux de donner à Camille Claudel, la sœur de Paul Claudel, une sépulture plus digne de la grande artiste qu’elle a été… » Le Bureau des cimetières répond : «… votre désir de transférer les restes de Madame Camille Claudel, inhumée au cimetière de Montfavet dans la partie réservée à l’hôpital de Montdevergues. J’ai le regret de vous faire connaître que le terrain a été repris pour les besoins du service, les renseignements concernant la famille de la défunte n’ayant pas été fournis au service du cimetière. »

(1) textes dans le Dossier Camille Claudel de Jacques Cassar, librairie Séguier, 1987.

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Néfertiti, la Belle venue d'ailleurs... -3/3-

Publié le par Perceval

La fin de la vie de la Reine est une grande énigme. Elle disparaît de la scène publique vers l'an 12, après la célébration de la mort de sa deuxième fille Maketaton.

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Nefertiti And Daughters Akenhaten, his wife Nefertiti and their children

Soit, elle est morte à cette époque, soit elle se transforme en un autre personnage... !

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Akhenaten et Nefertiti

Une hypothèse, proposée par certains égyptologues, dont Christian E.Loeben, affirme que la disparition brutale de Néfertiti, ne serait en fait qu'un changement de statut de la Reine, accompagné d'un changement de nom. Elle serait devenue Corégente et, survivant à son époux, aurait pris les pleins pouvoirs et elle serait, pour eux, la "Femme Roi" qui lui succéda sous le nom de Ânkh(t)Khéperourê Néfernéferouaton. La mort d'Akhénaton est, elle aussi, mystérieuse. On ne sait pas exactement, ni quand ni comment, il décède. La seule précision, est une dernière inscription le mentionnant, que l'on date de l'an 16. Selon ces spécialistes Néfertiti aurait bien régné après le décès d'Amenhotep IV car dans son palais, on a retrouvé des jarres qui porteraient comme indication : L’an 1 de Néfertiti ?.

 

Une autre hypothèse, relève qu'à partir de l'an 14 et jusqu'à sa mort en l'an 17, Akhenaton partage la régence avec un « individu » appelé Néfernéférouaton. Le nom royal complet de Néfertiti tel qu'il se trouvait dans un cartouche était Néfernéféraouaton Néfertiti, Aimée d'akhenaton.

Il a été suggéré que ces deux monarques étaient en fait Néfertiti.

 

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Le buste de Néfertiti emblématique, découvert par Ludwig Borchardt, fait partie de la collection Ägyptisches, Musée de Berlin.

Le célèbre buste de Néfertiti

En 1912, dans Amarna, on fait l'excitante découverte de l'atelier du sculpteur Thoutmosis, identifié comme "le favori du roi et chef des travaux", qui contient encore un grand nombre de statues et de têtes inachevées. La pièce la plus étonnante est un buste polychrome, en calcaire et en plâtre stuqué, de la reine Néfertiti. L'objet est tombé d'une étagère qui s'est écroulée, rongée par les termites. Il atterrit à l'envers au milieu des débris, sur le sol du magasin. La pièce est par la suite nettoyée et elle s'avére être une étude magistrale due au chef des sculpteurs de la reine Néfertiti, destinée à être copiée par des sculpteurs de moindre talent (expliquant ainsi l'absence de l'oeil gauche).

Sa découverte n'est pas annoncée avant 1925 et l'apparition de l'objet à Berlin dans le Neues Museum crée la plus vive des sensations, à cause de la manière quasi intemporelle avec laquelle la grâce royale a été interprétée dans cette oeuvre.

 

 

La place faite à la femme dans l’Égypte antique (pré-hellénistique) peut paraître surprenante de « modernité » si on la compare à celle qu’elle occupa dans la Rome antique ...

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Corps de femme, sans doute Néfertiti, musée du Louvre

La souveraine devait s'avancer vers le dieu les yeux mi-clos et lever le bras droit en signe de respect.

La société égyptienne reconnaît à la femme, non seulement son égalité à l’homme, mais son indispensable complémentarité qui s’exprime notamment dans l’acte créateur. Ce respect s’exprime clairement dans la morale et la théologie égyptienne, mais il est certes assez difficile de déterminer son degré d’application dans la vie quotidienne des Égyptiens. On est loin de la société de la Grèce antique où la femme était considérée comme « une éternelle mineure ».

Le grand hymne à Isis (papyri d’Oxyrhynque, IIe siècle av. J.-C.) traduit cette égalité de la femme et de l’homme, s’adressant à la déesse « honneur du sexe féminin » :« c’est toi la maîtresse de la terre [...] tu as rendu le pouvoir des femmes égal à celui des hommes ! ».

Christiane Desroches Noblecourt, le confirme : «  La femme égyptienne, la mère que l’on respecte avant tout, la femme sujette à une stricte loi morale, mais dotée d’une grande liberté d’expression — sa capacité juridique entière, son étonnante indépendance financière, l’impact de sa personnalité dans la vie familiale et la gestion des biens communs et de ses biens propres. »

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Il n’est pas rare de voir dans l’Égypte antique des femmes prendre le trône, comme l’a fait Hatchepsout, qui prend la place de son neveu Thoutmôsis III, ou les Cléopâtre, dont la plus célèbre Cléopâtre VII (-69 à -30), célèbre pour sa beauté et ses amours avec César puis Antoine, les chefs dont dépend alors son trône.

 

La déesse est représentative du regard associé à l’époque sur la femme, car ce qu’il faut garder à l’esprit dans son image, c’est cette idée de vie éternelle et de maturité que reflète Isis, vénérée comme Mère céleste (ce qui, au fil du temps fera d’elle la déesse la plus importante de la mythologie égyptienne, et portant même son influence sur les religions de différentes civilisations, où elle sera identifiée sous divers noms et où son culte se répandra, notamment dans tout l’Empire romain).

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Pharaon et Hathor    La déesse Hathor


Les déesses les plus influentes sont :

  • Isis : déesse de la magie et des mystères,

  • Hathor : déesse nourricière et de l’amour,

  • Bastet : déesse protectrice du foyer,

  • Sekhmet : déesse féroce.

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 Isis déployant ses ailes face à la déesse Maât

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Néfertiti, la Belle venue d'ailleurs... -2/3-

Publié le par Perceval

nefertiti-portrait-reconstitue-2.jpgLa souveraine Tadukhipa, a bien existé ; mais raccrocher le début de son son histoire, à celle de Nefertiti n'est qu'une hypothèse ..

" Amenhotep III est mort presque deux ans plus tard (- 1353), à 45 ans, soit 37 ans après son accession au trône. Son fils et héritier, Amenhotep IV ( appelé aussi Akhénaton), a hérité de son harem et épouse aussi Tadukhipa. Le reste de sa vie nous est inconnu. Tadukhepa n'a peut-être jamais été Grande Épouse Royale (Hmt-nswt wr-)...

Son identification à Néfertiti a été proposée comme solution aux destins incertains de Tadukhipa et de Néfertiti. Cependant, d'autres identifient Tadukhipa avec Kiya, supposée avoir été une autre reine d'Akhénaton." ( Wiki)

Hathor était représenté par une vache ou sous forme huma
Hathor était représenté par une vache ou sous forme humaine coiffé d'une couronne représentant le disque solaire entouré des cornes d'une vache.

 

En l'an deux de son règne ( vers 1351 avant JC), Pharaon veut marquer une rupture définitive avec le passé. Il fête et officialise la position du dieu Aton comme dieu d'Etat et relègue son adversaire, Amon, au second plan. Pharaon s'appelle désormais Akhenaton ( « Celui qui est utile à Aton »). Quand à son épouse, à la légendaire beauté, elle se nomme à partir de cet instant et jusqu'à sa mort, Néfertiti ( « La Belle est venue ») il ne s'agit pas seulement de célébrer la venue d'une beauté étrangère en Terre d'Egypte... Nefertiti n'est plus reconnue comme être humain, elle accède au divin en portant la même épithète que la déesse Hathor qui revient chaque année, du fin fond des terres inaccessibles, apporter avec elle la crue du Nil.

Akhenaton, porté par son épouse, part pour une quête solaire...

 

En l'an 6 de son règne, Akhenaton et Néfertiti s'installent dans leur nouvelle capitale au milieu du désert baptisée Akhetaton "l'Horizon d'Aton", (aujourd'hui Tell el-Amarna).

Comme Akhenaton, Néfertiti, la grande épouse royale, modifie son nom en ajoutant Néfernéferouaton "Belle est la beauté d'Aton".

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Akhenaton et Néfertiti forment un couple étroitement lié, en particulier politiquement. Ils sont associés dans les cérémonies, mais, chose nouvelle, l'art officiel les présente dès le début dans des scènes familiales jugées jusque-là trop intimes pour être montrées. Leur rôle n'est toutefois pas équivalent : dans le grand hymne à Aton, par exemple, le roi est le seul à connaître le dieu.

Detail-d-une-fresque-montrant-Akhenaton-et-Nefertiti-de.jpgAux côtés d'Akhenaton, Néfertiti a joué un rôle très important, inhabituel pour une femme de pharaon. Sous leur règne s'opère un profond bouleversement religieux. Alors que la 18ème dynastie était placée sous la protection du dieu Amon, Akhenaton impose le culte du dieu Aton, le Soleil, créant une religion quasi monothéiste. Néfertiti participe largement à l'installation de cette religion "amarnienne" et s'attribue les insignes du pouvoir.

Le roi et la reine mènent une révolution religieuse et ferment les temples anciens. Ils tentent d'imposer le culte exclusif de Rê-Horakhty « qui est dans Aton ». Néfertiti occupe le rôle inhabituel de prêtre d'Aton. Dans la nouvelle religion, presque monothéiste, le roi et la reine sont considérés comme "une première paire primitive," par qui Aten fourni ses bénédictions. Ils forment ainsi une triade royale ou trinité avec Aton, à travers lequel "la lumière" de Aten a été distribué à l'ensemble de la population.

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Pair of Hands from a Group Statue of Akhenaton and Nefertiti -- New Kingdom -- Circa 1350 BCE

Pendant le règne d'Akhenaton (et peut-être après) Nefertiti jouit d'un pouvoir sans précédent et lors de la douzième année de son règne, il y a des indices qui la qualifierait de co-régente, le même statut que le pharaon lui-même. Elle est souvent représenté sur les murs du temple de la même taille que lui, signifiant son importance, et est représenté seule adorant le dieu Aton. Elle conduit un char, porte la couronne atef, portée seulement par les rois. Elle officie torse nu vêtue du kilt royal. 

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Néfertiti sur son char royal La reine Néfertiti officie

 

Ses titres : Néfertiti est appelée ( entre autres ...) : Grande de louanges ; Dame de Grâce ; Douceur d'amour; Dame des Deux Terres; Épouse du Roi sa bien-aimée; Épouse favorite du Roi; Épouse favorite du Roi sa bien-aimée ; Grande Épouse Royale ; Grande Épouse Royale sa bien-aimée ; Mâitresse [Souveraine] de toutes les femmes ; Maîtresse [Souveraine] de toutes les terres ; Maîtresse [Souveraine] de la Haute et de la Basse-Égypte ; Grande de faveur, Possédée du charme, Jaillissante de bonheur, L'aimée, Calmant le cœur du Roi dans sa maison etc...

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Nefertiti Standing-striding Berlin  


 

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Néfertiti, la Belle venue d'ailleurs... -1/3-

Publié le par Perceval

Il était une fois, dans un pays très lointain … Une reine ( et ancienne princesse d’Égypte) qui vient de mettre au monde une petite fille...Banjara-Woman.jpg

Son père est le souverain d'un royaume prospère et heureux, le Mitanni ( au Nord de la Syrie actuelle ). Ses voisins le laisse en paix, parce qu'il a eu la grande sagesse de s'allier avec l'empire le plus puissant du monde : L'Egypte.

Les deux royaumes ont pris l'habitude de prendre des nouvelles des familles royales, et d'échanger de nombreux cadeaux...

Lettres-d-Amarna--echange-diplomatique-entre-Pharaon-et-le.png
Lettres d'Amarna, 
échange diplomatique entre Pharaon et le roi

Les années passent. Les deux souverains vieillissent. Nous sommes aux alentours de 1350 avant J.C. ... La santé de Pharaon se détériore et il tombe malade ; ses médecins en dépit de leurs connaissances secrètes ne peuvent soulager le roi. Son grand vizir, se rend en Mitanni avec le mince espoir d'y trouver de l'aide...

L'hôte de marque est accueilli et convié à partager la vie de la famille royale... Le noble ambassadeur est aussitôt bouleversé par l'exceptionnelle beauté de la princesse Tadukhipa ( ou Taduképa), la fille du roi... Sa peau claire et d'une éclatante fraîcheur confère à son teint une transparence divine et inaccessible. Une source lumineuse émane de son être. Elle est solaire.

Le vizir apprend à la connaître et il est séduit par son intelligence fine et intuitive. Les heures qu'ils passent à ses côtés lui semble suspendues dans le temps. Le temps s'arrête et les dieux eux-mêmes approuvent … Taduképa, est – elle-même - le remède qu'ils offrent aux vieux pharaon... !amytis.png

 

Le roi Tushratta, remercie le vizir de sa visite. Il souhaite un prompt rétablissement à son allié et frère, le Maître des deux terres... Il lui fait don d'une statuette de la déesse Ishtar qui a le pouvoir de guérir celui qui la possède. A-Babylonian-Alabaster-Statue-of-Ishtar--the-Goddess-of-Lov.jpgEnfin, il sous-entend que Tadukhipa, et lui-même seraient heureux qu'elle soit accueillie en Egypte, en échange, évidemment, de présents à la hauteur du « sacrifice » ….

 

Comment imaginer que cette délicate princesse puisse s'unir, un jour, à un vieillard ventru et repoussant – à cause du mal qui le ronge - qu'est devenu Aménophis III ? Que ferait-elle, prisonnière dans la moiteur d'un harem que le roi n'honorait plus de sa présence ?

 

Et pourtant, le définitif voyage est organisé. Tadukhipa arrive à la cour d’Égypte. Sa beauté subjugue le vieux roi et les courtisans. Elle devient désormais pour tous à travers le pays : «  La Belle est venue », ou Néfertiti, et l'épouse d'Aménophis III...

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