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L'énigme, Vala Moro

Publié le par Perceval

L'énigme, Vala MoroL'énigme, Vala MoroL'énigme, Vala Moro
L'énigme, Vala Moro

VALA MORO est une artiste énigmatique...

 

...

 

Autrichienne, on la dit danseuse.

 

...

 

Elle a travaillé pendant la période Art Déco. des années vingt et trente...

 

 

 

Elle était connue pour être très belle, et excellait dans les dessins érotiques ( nommés "boudoir art")...

 

 

 

Quelques uns ci-dessous...

L'énigme, Vala Moro
L'énigme, Vala Moro
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L'énigme, Vala Moro

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Juste des images ... 1/99

Publié le par Perceval

De la photographe yéménite  Boushra Almutawakel:

Le-photographe-yemenite--Boushra-Almutawakel-07.jpg Le-photographe-yemenite--Boushra-Almutawakel-01.jpg
   

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Cosima Wagner -2/2

Publié le par Perceval

Cosima-Wagner-2.jpg bildnis-Richard_wagner.jpg

 

En 1868, Richard Wagner est installé à Tribschen, dans une somptueuse villa sur les bords du lac de Lucerne, avec Cosima. Il fait la connaissance de Nietzsche, admirateur lui aussi de Shopenhauer.

Friedrich-Nietzsche.-1864.jpg
Friedrich Nietzsche. 1864

Nietzsche devient un habitué des week-ends de fête donnés par Wagner habillé dans le style flamand, dans une ambiance de décors et de musique d’opéras.

 

23 mars 1871 : « Je range des papiers et lis de vieilles lettres de mon père, ce qui me montre encore une fois très clairement que je n’ai eu ni père ni mère – Richard est le seul qui m’ait aimé, et il représente tout pour moi » Journal de Cosima

 

Seul Wagner réussit la synthèse des éléments appoliniens et dyonisiaques à la manière de la tragédie grecque ". Et, Wagner voit en son jeune ami le fidèle interprète de son esthétique. Dans une lettre de juin 1872, il lui confesse : "A strictement parler, vous êtes, après ma femme, le seul gain que ma vie m'ait apporté." 

Nietzsche est tombé amoureux de Cosima, sans oser se déclarer... Puis, la guerre de 1870 éclate et Nietzsche s’enrôle dans le service de santé...

 

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Cosima Wagner -1879

 

D'abord insidieuse, la brouille éclate publiquement en 1878. Pour le philosophe, le Wagner de Bayreuth, lieu d'un culte rendu à lui-même, le Wagner nationaliste, ne sont plus supportables. « Depuis qu'il était en Allemagne, il s'abaissait progressivement à tout ce que je méprise - même à l'antisémitisme", écrit-il. Nietzsche ne reviendra pas sur les jugements les plus âpres, tel celui-ci : « Wagner [...] ? [...] Il rend malade tout ce qu'il touche. » C'est « en vérité un décadent désespéré tombé en pourriture ».

L'une de ses dernières lettres dévoile aussi le sentiment amoureux qu'il porte à Cosima, surnommée Ariane...


 

27 juillet 1880 : « Au café, nous parlons des vêtements, nous disant qu’ils sont laids et peu naturels ; R. voudrait porter un vêtement en forme de chemise et parle des lignes onduleuses du corps féminin complètement gâtées par la mode actuelle (…) Il  cite un mot de Feuerbach à propos du ventre : « Chez l’homme, c’est un lieu de restauration ; chez la femme, c’est le temple de l’amour » Journal de Cosima

 

Après le festival, il se rend à Venise avec sa famille pour y passer l'hiver. Le mardi 13 février 1883, Richard Wagner est emporté par une violente crise d'angine de poitrine.

Jeune veuve, elle abandonne d’emblée la rédaction de son précieux Journal… et devient la plus exigeante gardienne du Temple.

Cosima-Wagner-in-una-fotografia-del-1905.jpeg
Cosima Wagner, sur une photographie en 1905

Dans la seconde moitié de sa vie, devenue la veuve du compositeur : il lui reste 47 ans à vivre. Elle fonde un empire : pour le théâtre lyrique, pour le nationalisme allemand et pour sa lignée.Pendant presque un demi-siècle, elle va exclusivement se consacrer au culte de son défunt bien-aimé...

À l’apogée de sa puissance se produit la chute: à la veille de la Première Guerre mondiale, sa fille Isolde, épaulée par son époux Franz Beidler, intente un procès à Cosima. Isolde veut être reconnue comme la fille de son père biologique, Richard Wagner, et toucher sa part de l’héritage. Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle est déboutée. C'est malgré tout un choc pour Cosima Wagner... Elle accule au mariage le fils héritier et légitime, Siegfried, homosexuel et toujours célibataire à 46 ans. Il épouse promptement la très jeune Winifried Williams, qui a 17 ans et qui lui donne quatre enfants dans la foulée. On n’a plus le droit de prononcer le nom d’Isolde en présence de Cosima.

La jeune épouse, anglaise de naissance, régnera après la mort de sa belle-mère et de son mari (disparus en 1930, à cinq mois d’intervalle) sur le sanctuaire de Bayreuth.

Cosima Wagner associe à sa famille des théoriciens racistes comme Chamberlain et Gobineau et s’entiche du jeune Hitler, qui … débarque à Bayreuth le 29 septembre 1923, salué par Houston Stewart Chamberlain, l’époux de sa fille Eva : « Le soir, entre 9h.30 et 10h.30, visite de Hitler, exaltante ! ». Après le putsch raté, ce dernier fait un bref séjour en prison pendant lequel Hitler rédige Mein Kampf, sur du papier obligeamment fourni par la famille Wagner.

Cosima Wagner, attentive grand-mère de ses quatre petits-enfants, meurt le 1er avril 1930 à l'âge de quatre-vingt-douze ans  

 

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Cosima Wagner -1/2

Publié le par Perceval

A l'exemple de Clara Schumann ou d'Alma Mahler, Cosima était destinée à une carrière de musicienne, mais son dévouement à Richard Wagner (1813-1883) fit avorter sa vocation. Cependant, on s'accorde à lui reconnaître - dans sa réinterprétation de la musique de Wagner - un accent personnel qui a marqué la musique de son mari …

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Le 24 novembre 1836, Wagner a épousé l'actrice Minna Planer ( ici en 1835) . Le couple emménage alors à Königsberg puis à Rīga, où Wagner occupe le poste de directeur musical. Après quelques semaines, Minna le quitte, avec sa fille Nathalie qu'elle avait eue à l'âge de 15 ans, le 31 mai 1837 pour un autre homme qui la laisse bientôt sans le sou. Elle retourne alors auprès de Wagner, mais cela marque le début de la progressive décadence de leur mariage, qui se termine dans la souffrance trente ans plus tard. Parmi ses nombreuses aventures féminines : Mathilde Wesendonck, ici en 1850 ( poète et écrivain:1828-1902) a beaucoup inspiré Wagner... Elle est la femme du riche commerçant Otto von Wesendonck. Il rencontre le couple à Zurich en 1852. Otto, grand admirateur de Wagner, met à sa disposition en avril 1857 une petite maison de sa propriété, « l’Asile ». Au bout de quelques années, Wagner s'éprend de Mathilde qui partage ses sentiments...  


Son origine romanesque est inscrite dans son nom Cosima Liszt (1837-1930)... elle est le fruit de la liaison passionnée entre le célèbre pianiste et l'une des plus belles et fougueuses intellectuelles de son époque : la comtesse d'Agoult, qui délaisse son époux et sa fille pour suivre le compositeur...

Marie-Comtesse-d-Agoult.jpg Franz-liszt.jpg
Marie Comtesse d'Agoult (1805-1876) Franz Liszt (1811-1886)

Cosima naît en 1837, mais l'idylle ne s'éternise pas …

Liszt a une relation avec une princesse qui décide de « mettre la main » sur ses enfants - la Princesse de Sayn-Wittgenstein, longtemps compagne de Liszt, que Cosima ne pouvait pas souffrir... elle préfère vivre avec sa grand-mère à Paris.

Cosima tombe ensuite sous la tutelle de la baronne von Bülow, dont le fils, Hans, célèbre chef d'orchestre et élève de son père, voue à Wagner une admiration sans bornes...

cosima_kl--1-.jpgCosima est surnommée » la cigogne », tant elle est longue et mince. Elle a une superbe chevelure, des yeux clairs, et l'étude la musique fait partie de son éducation raffinée...

Elle est adolescente lorsqu’elle fait la connaissance d'un ami de son père qui l’impressionne. Elle a à peine quinze ans, et Richard Wagner, quarante.

A dix-neuf ans, elle se marie avec Hans. Lui ébloui par le génie de Wagner, le suit partout, entraînant sa jeune femme...

Homme à femmes, Wagner n'a toujours pas porté ses regards sur elle, alors qu'il a un faible pour les femmes mariées... Puis, Tombe t-il amoureux d'elle ou de l'admiration qu'il lit dans ses yeux... ? 

Ils deviennent amants. Elle a deux filles, Daniela et Blandine, sans se séparer de Bülow, elle cohabite avec Wagner dans une liberté de mœurs qui fait scandale...

En 1857, elle épouse un des élèves les plus doués de son père, le pianiste et grand chef d'orchestre Hans von Bülow, mais leur mariage n'est pas heureux ; et il ne fait pas le poids face au génie du compositeur de Lohengrin, et en était le premier conscient. Cosima met au monde deux enfants - Isolde et Eva - de son amant, alors qu’elle est toujours mariée à Bülow.

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Cosima et Richard-Wagner - 1872 -

Leur amour ne naît pas d’un coup de foudre mais d’un mûrissement passionnel. C’est le regard clair de cette beauté qu’incarne Cosima qui plane sur Tristan et Iseut et bien d’autres portées de Wagner.

Cosima, qui se sépare de von Bülow en 1867, et avant qu'ils ne puissent se marier le 25 août 1870, donne à Richard un fils : le petit dernier, Siegfried (1869-1930) qui tentera avec un certain culot de s’illustrer dans la composition et la direction d’orchestre...

Cosima se donne corps et âme, elle ne craint pas l'épreuve., et il lui faut de la force et de la patience pour endurer les revers de fortune, les insuccès et les frustrations du compositeur. Mais sa constance est payante... Elle assiste aux triomphes de son époux, depuis son adoubement comme artiste absolu par l’illuminé Louis II de Bavière – qui lui apporte en outre une confortable manne financière – jusqu’à la pose de la première pierre du festpielhaus de Bayreuth.

A suivre...

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Bienvenue en 2015

Publié le par Perceval

Personnages-et-documents-vus-en-2014-Bonne-annee-2015.jpg

Quelques femmes croisées sur ce site en 2014...

Rendez-vous en 2015

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La femme affranchie ... 1896

Publié le par Perceval

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La "Gibson-girl" dessinnée par Charles Dana Gibson  

 

Love_in_a_Garden_Gibson.jpg"La femme affranchie, la femme égale de l'homme ne l'aimera plus, disent-ils, et l'homme, de son côté, ne se sentira aucune tendresse réelle, profonde, pour cet être nouveau, pour cette new woman, sorte d'androgyne hautaine, forte de sa liberté, de ce qu'elle nommera sa dignité ; pour cette créature à forme de femme toujours, avec son sexe éternel, mais dépouillée de son antique grâce de faiblesse (magie du sourire qui provoque, implore, boude, du regard dardé sur l'oeil du mâle en muet appel magnétique ou voilé d'attirant émoi, crainte, pudeur, humide enfin de joie naïve aux premiers aveux troublants du désir désiré, espéré).

Charles-dana-gibson-girl.jpgL'instruction de la femme, partout répandue peu à peu, s'élevant à la plus haute culture chez une élite de plus en plus nombreuse, les carrières jusqu'en ces derniers temps réservées au Masculin, ouvertes au Féminin qui déjà les entrouvre et qui s'apprête à s'y ruer pour une âpre concurrence, d'ailleurs pleine de menaces économiques ; la femme médecin, la femme avocat, la femme ingénieur, architecte, notaire, etc … Voyez-vous le pauvre Eros avec ses flèches parmi ce combat des sexes rivaux, ennemis pour l'argent, pour la clientèle, pour la célébrité, parmi ces diplômes, ces dossiers d'affaires, ces discussions techniques où l'homme, dans sa partenaire, aura l'illusion d'un autre homme devant lui, où la femme oubliera elle-même qu'elle est femme, ravie de ne plus le paraître ?"

 Source : L'avenir de l'amour, par Léopold Lacour. Article publié dans Gil Blas en octobre 1896

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Charles-dana-gibson-girl-2.jpgLa jeune fille française, élevée dans la protection vigilante de la famille, avait été avec soin préservée de l’éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil ; elle grandissait dans une poétique ignorance des mystères des choses [...]. Et cette paix candide de jeune fille, cette délicieuse floraison de pudiques désirs, ces élans d’idéale bonté qui plus tard font l’amour de l’épouse, le dévouement de la femme et le sacrifice de la mère, tout ce charme exquis, toute cette poésie [...], tout cela va disparaître !

On va supprimer la jeune fille [...]. On leur apprendra tout, même la rébellion contre la famille, même l’impureté. Elles n’auront même pas été vierges avant de devenir femmes...

Journal Le Gaulois, 25 novembre 1880.

Les-affaires-sont-les-affaires--acte-II--Comedie-Francais.jpg Gibson-girl-Majority_of_Men.jpg
19030- Germaine Lechat, personnage d'Octave Mirbeau qui a profondément choqué certains hommes ...  



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Milena Jesenská, l'amie de Kafka. -2/2-

Publié le par Perceval

Le rapport de Kafka aux femmes était difficile. Les rapports sexuels n'étaient pour lui qu'un « résidu » de l'amour, peut-être même nuisibles à la pureté des relations, bien qu'il ne les refusait pas toujours...

Franz souhaite que Milena se sépare de son mari, mais elle n’est pas prête pour le divorce, malgré la passion qu’elle lui voue.Milena-Jesenska-3.jpg

Il est malheureux et les lettres s'espacent car; estime-t-il, « ces lettres en zigzag doivent cesser, Milena, elles nous rendent fous. » En fait, il est malade, toujours aussi angoissé et dans sa dernière lettre datée de juillet 1923, alors qu'il ne lui reste qu'à peine un an à vivre, il lui avoue qu'il « a trouvé à Müritz une aide prodigieuse en son genre, » qui s'appelle Dora Dymant, jeune Berlinoise de 19 ans qui l'accompagnera jusqu’à la fin le 3 juin 1924.

Milena Jesenská et Kafka ne se sont rencontrés que deux fois, toute leur relation est essentiellement épistolaire, d’une densité rare, d’une courte durée, et Franz, tuberculeux, meurt en 1924.

Dans le Narodni Listy du 7 juin 1924, Milena lui rend hommage dans un article d'un acuité extraordinaire où elle le peint comme un homme « timide, inquiet, doux et bon, mais les livres qu’il a écrits sont cruels et douloureux, » le présentant comme celui qui « a écrit les livres les plus importants de la jeune littérature allemande, » des livres ajoute-t-elle « pleins de l’ironie sèche et de la vision sensible d’un homme qui voyait le monde si clairement qu’il ne pouvait pas le supporter et qu’il lui fallait mourir s’il ne voulait pas faire de concessions comme les autres… »

Milena traduira en Tchèque plusieurs des nouvelles de Kafka :« La contemplation », « Le chauffeur » (premier chapitre du roman inachevé L’Amérique), « Le verdict » et « La métamorphose ». Par la suite, elle traduira des auteurs germanophones (Henrich Mann, Franz Werfel) mais aussi français (Jules Laforgue, Guillaume Apollinaire, Romain Rolland...)

Milena-Jesenska-5.jpgMilena se sépare finalement de son mari et s'installe à Dresde, puis de nouveau à Prague avec son nouvel amant, le comte Xavier Schaffgotsch. Milena est devenu la rédactrice en chef d'un important journal de Prague, elle écrit sur la mode et la décoration intérieure, et édite une série de livres pour enfants. En 1927 Milena rencontre et épouse un architecte du Bauhaus, Jaromír Krejcar. Elle semble alors plus heureuse qu'elle ne l'a jamais été.

De ce second mariage, elle a une fille, puis tombe malade et devient dépendante de la morphine.

Dans les années 1930 Miléna Jesenská est attirée par le communisme, mais finalement rejette cette idéologie quand elle prend conscience des excès du stalinisme. En Octobre 1934, son deuxième mariage ne tient plus... Dans un élan d'idéalisme, Jaromír déménage pour l'Union soviétique. Quand il revient, Milena a un nouvel amant; et lui, souhaite épouser une interprète lettone qu'il a rencontré lors de sa visite à l'Union soviétique.

Après l’entrée des troupes allemandes à Prague en mars 1939, Milena s’engage dans la résistance, au sein d’une organisation visant à aider ses concitoyens à fuir en Pologne... Jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par la Gestapo.

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1929 Milena avec sa fille Honza Krejcarová

Elle a la bonne idée de confier à son ami Max Brod toutes les lettres de Kafka avant d’être arrêtée. Mais inversement, toutes ses propres lettres à Kafka n’ont hélas jamais été retrouvées. Kafka avait lui-même confié son testament à Max Brod en lui demandant de détruire tous ses manuscrits après sa mort, Brod avait heureusement pour nous, lecteurs, désobéi à son ami.

Milena est arrêtée par la Gestapo en novembre 1939 et déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle y rencontré Margarete Buber-Neumann, qui est aussi journaliste et ancienne communiste, et elles devinrent très liées. Elles se promettent d'écrire un livre ensemble quand elles seront sorties, et si une seule survit, elle aurait à rendre témoignage à l'autre. Milena meurt le 17 mai 1944 à l'âge de 47 ans. Margarete tient sa promesse... ,

En 1995 Miléna Jesenská est honorée à Yad Vashem, à Jérusalem comme l'une des "Justes parmi les Nations" pour ses efforts à sauver les Juifs des nazis.  

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C'est une fille !

Publié le par Perceval

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Milena Jesenská, l'amie de Kafka. -1/2-

Publié le par Perceval

Milena Jesenská (1896-1944), écrivaine et journaliste, est connue, aussi, pour avoir été l'amie de Franz Kafka. Fille d'un professeur d'université praguois et stomatologue de renom, Milena perd sa mère à l'âge de 16 ans et grandit sans grande contrainte... Elle devient une jeune fille rebelle, intrépide, n’hésitant pas à traverser la Moldau à la nage pour retrouver un petit copain...Milena-Jesenska-4.jpg

Lors d'une promenade à travers Prague, elle rencontre Max Brod et Franz Werfel au Café Arco. Elles fréquente assidûment le quartier juif-allemand de la ville, où elle rencontre l'élite artistique de l'époque.

Sur la volonté de son père, elle entame des études de médecine, qu'elle abandonne bientôt.

Ernst-Pollak.jpgElle rencontre Ernst Pollak, alors qu'elle a environ 20 ans , et tombe éperdument amoureuse de lui, même s'il a dix ans de plus qu'elle. Son père est un antisémite enragé et désapprouve sa liaison avec E. Pollak, juif de langue allemande. Il va jusqu'à l'enfermer dans un hôpital psychiatrique pendant neuf mois, de Juin à Mars 1918. Elle réussit finalement à s'échapper et rompt définitivement avec sa famille.

Milena vit bientôt de sa plume, travaillant comme journaliste et traductrice.

Après sa 'libération', elle épouse Ernst et le couple s'installe à Vienne. Elle s'y sent seule et son mari la trompe... Le couple manque d’argent. Milena donne des leçons de tchèque, traduit, porte les bagages à la gare, sert comme dame de compagnie, rédige des articles… Elle publie finalement des articles et des éditoriaux dans certains des quotidiens et magazines les plus connus de Prague.kafka_franz.jpg

Milena écrit à Kafka qu’elle souhaite traduire en tchèque un texte qu'elle vient de lire « Der Heizer ». C’est le début de leur fameuse correspondance, la « joie secrète » de Milena.

Après trois mois d’échanges, leur rencontre ne se fait pas sans une préalable lutte intérieure chez Kafka. Il voudrait bien voir Milena, mais il redoute aussi la rencontre immédiate, physique. Kafka rompt ses fiançailles avec Julie Wohryzek.

Ils ne se ressemblent pas du tout : Ils font connaissance à Merano où Kafka fait une cure; elle a 24 ans, et lui 38. Il lui parle de ses problèmes, sa tuberculose, son hypocondrie, alors qu'elle est la vie même, une femme gaie et passionnée. Ces Lettres à Milena portent bien leur nom : elles sont à sens unique, seule Milena ayant conservé les courriers de Kafka.

C'est le coup de foudre, et une correspondance passionnée s’ensuit.

« J’ai besoin pour toi de ce temps et de mille fois plus que ce temps : de tout le temps qu’il peut y avoir au monde, celui de penser à toi, de respirer en toi, (…) de ce présent qui t’appartient. »

Milena-Jesenska.jpgDans son Journal, le 2 décembre 1921, Kafka semble littéralement frappé par la foudre : 

« Toujours Milena, ou peut-être pas Milena, mais un principe, une lumière dans les ténèbres. Elle est le ciel fourvoyé sur terre. »

Très vite, les lettres de Milena deviennent une drogue indispensable pour Kafka. Anxieux, Kafka ne cesse de déplorer son état de dépendance tout autant que la crainte du sevrage :

« Hier je t’ai conseillé de ne pas m’écrire chaque jour; je n’ai pas changé d’avis, ce serait très bon pour nous deux, et je te le conseille encore, et j’y insiste même encore plus; seulement, Milena, ne m’écoute pas, je t’en prie; écris-moi quand même tous les jours, tu n’as pas besoin d’en mettre bien long, tu peux faire bien plus bref que tes lettres d’aujourd’hui; deux lignes à peine, un seul mot, mais de ce mot je ne puis me passer sans une effroyable souffrance. »

En juillet 1920, ils se retrouvent à Vienne où ils passent quatre longs jours ensemble, « ton visage au-dessous du mien dans la forêt et ma tête qui repose sur ton sein presque nu… » Il hésite, s'imagine détruire ce miracle, cette harmonie s'il cède à la rencontre physique... Seconde rencontre à Gmundà la frontière autrichienne, « ce jour-là nous nous sommes parlé, nous nous sommes écoutés, souvent, longtemps, comme des étrangers. »

Après cette rencontre, il est à la fois lyrique et lucide : « Je ne sais ce que j’ai, je ne puis plus rien t’écrire de ce qui n’est pas ce qui nous concerne seuls, nous dans la cohue de ce monde. Tout ce qui est étranger à cela m'est étranger ». Il recherche la fusion : « ce n’est pas toi que j’aime, c’est bien plus, c’est mon existence : elle m’est donnée à travers toi » ; il doute : « tu veux toujours savoir, Milena, si je t’aime ; c’est une grave question à laquelle on ne saurait répondre dans une lettre. »

La relation amoureuse entre Franz et Milena reste essentiellement platonique. Elle traduit en tchèque plusieurs œuvres de l'écrivain, alors relativement méconnu. Leur amitié durera jusqu'à la mort de Kafka.

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Christine de Pisan (1364-1430) -2/2-

Publié le par Perceval

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Christine à la fontaine de clergie, Le Livre de mutacion de Fortune
« Si pry a Dieu qu’il leur vueille donner
La mort briefment; car leur vie m’anoye,
Pour ce qu’en dueil me font mes jours finer
Sanz vous veoir, ou est toute ma joye
Car ilz se vont entremettant
De moy gaitier nuit et jour, mais pourtant
Ne vous oubli, ce pouez vous savoir,
Pour le desir que j’ay de vous veoir. 
»
Extrait de Pour le désir que j’ay de vous veoir :

Christine est d’abord une poétesse. En effet, c’est le premier moyen de se faire remarquer en bien par les princes mécènes, car leur cour se plaît particulièrement aux jeux poétiques de la littérature courtoise. Pourtant ...

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Christine de Pizan écrivant et la déesse Minerve, Christine de Pizan , Le livre des faits d’armes et de chevalerie, 1434

En 1399 elle publie une Epître au dieu d’Amour. Christine y dénonce l’amour courtois qui n’était, selon elle, qu’hypocrisie. Les hommes, écrit-elle, aiment à séduire, puis à se vanter entre eux de leurs conquêtes et prouesses sexuelles.... En 1401, avec le Dit de la Rose, elle déclenche la fameuse Querelle du Roman de la Rose, en dénonçant la misogynie grossière de Jean de Meung. A la querelle se sont mêlés des personnages très sérieux, parmi lesquels le chancelier de l’Université de Paris, le théologien Jean Gerson.

 Dans ce contexte, elle rédige une œuvre surprenante : la première utopie féminine.

La Cité des Dames (1405) de Christine de Pisan, est un espace gouverné par les femmes, une citadelle inexpugnable, bâtie à l'abri des guerres et du chaos engendré par la domination des hommes.

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Christine de Pizan présentant ses Epîtres du Débat sur le Roman de la Rose à la reine Isabeau de Bavière

« Dans cet espace utopique, dans cet univers féminin, elle analyse le rôle du corps, la fonction qu'il a rempli jusqu'alors. Pour elle, considéré comme beau et sain, il échappe à son destin de tentation et de péché, de procréation et de souffrance. L'image positive du corps de la femme, éloignée de la maternité ou de la faute, suppose une surprenante avancée par rapport aux idées du moment, qui ne laisse pas de surprendre. » Clara Obligado

Un siècle plus tôt, le pape Honoré III clamait du haut de sa chaire : « Les femmes ne doivent pas parler parce que leurs lèvres portent les stigmates d'Eve, dont les paroles ont scellé le destin des hommes ».

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Christine de Pisan offre son livre à Marguerite de Bourgogne

En 1418, au moment de la terreur bourguignonne, Christine trouve refuge dans un monastère. La victoire de Jeanne d’Arc à Orléans lui redonne l’espoir; elle rédige en son honneur le Ditié de la Pucelle en 1429. Elle sera le seul lettré contemporain qui ait salué par ses écrits l’épopée de Jeanne d’Arc. Elle a dû mourir peu de temps après.

 

« Et ainsi moi, Christine, un peu fatiguée par la longue écriture, mais me félicitant de la digne beauté de cette œuvre […] je me résolus d’en multiplier les copies de par le monde, quel qu’en fût le coût, afin qu’elle soit connue en différents endroits par les reines, les princesses et hautes dames, pour qu’elle reçoive les honneurs et louanges qu’elle mérite, et qu’elles la fassent connaître à d’autres femmes. Et lorsque sera réalisé ce projet auquel j’aspire - et qui est en bonne voie -, elle sera diffusée, répandue et publiée dans tous les pays du monde, bien qu’elle soit rédigée en langue française. Toutefois, parce que cette langue est plus connue que n’importe quelle autre dans l’univers, notre dite œuvre ne restera pas vaine pour autant, mais copiée en maints exemplaires, demeurera sans dépérir. Et ainsi les plus excellentes dames et femmes d’autorité, tant du présent que de l’avenir, pourront la voir et la lire, et prieront dieu pour leur servante Christine, regrettant qu’elle n’ait pas vécu en leur temps » (Le Livre des Trois Vertus.)

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