Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #voyages tag

Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

"Accroupi dans les vapeurs bleu et rose d'une aube naissante, le Winter Palace étirait le long du Nil sa façade de vieux cake rassis, entre deux bouquets de palmiers mités par la pollution du gasoil. Le vieil hôtel, toutefois, perpétuait crânement une époque disparue, celle où Thomas Cook and Sons étaient encore les seuls dispensateurs d'exotisme. Des rechampis jaune d'oeuf soulignaient dans un ensemble marron indécis les détails d'une architecture où l'entrelacs modern'style le disputait aux palmettes de lotus pharaoniques. Immuable, le vieux caravansérail tenait la dragée haute aux années dans l'alignement du grand temple des Thoutmosis et des Aménophis, y maintenant un tourisme qui avait glissé, par les effets du temps, de la villégiature chic à une industrie de masse. Cependant des stores orange, flambant neufs, tirés sur les terrasses et un vieux mobilier en rotin, ressorti des greniers pour remplacer les sièges et les tables de plastique, plus conformes au goût de la clientèle des tours-operators, laissaient présager un changement...." Pierre Combescot - Le Songe de Pharaon.

Le Steam Ship Sudan est le dernier témoin de la navigation sur le Nil à la Belle Epoque. Dans son sillage flotte l’esprit visionnaire de Thomas Cook et l’histoire des plus belles croisières sur le fleuve.

En 1869, la création du canal de Suez ouvre la voie au transport maritime entre Europe et Asie. L’économie et le tourisme de l’Egypte en profitent. Thomas Cook, visionnaire entrepreneur britannique, mise alors sur ce pays mêlant des millénaires d’histoire à une douceur de vivre unique. Convaincu que ce potentiel attirerait l’aristocratie britannique, Cook et son fils (Cook & Son) organisent la première croisière sur un bateau vapeur loué au khédive.

En 1876, L’Egypte passe sous protectorat britannique. Cook développe alors ses voyages sur le Nil. En 1880, il obtient la concession de toute la navigation touristique.

1911-1921 : Une nouvelle flottille de vapeurs Cook composée de l’Egypt, l’Arabia et le Sudan, est créée. Plus rapides, ils réduisent à 20 jours la durée d’une croisière Le Caire-Assouan. Ladies et gentlemen se précipitent à bord.

1922-1935 : Sudan et tourisme fluvial coulent des jours heureux sur le Nil. Diplomates, hommes d’affaires, archéologues naviguent à la découverte de l’Egypte et de ses sites. En 1933, Agatha Christie, accompagne son mari alors en mission archéologique à bord du bateau. Lors de ce voyage, la romancière trouve l’inspiration de Mort sur le Nil.

1939-1991 : La Seconde Guerre Mondiale sonne le glas du tourisme en Egypte. Le Sudan est laissé à quai pendant plus de 50 ans. Au début des années 90, face à la démocratisation du tourisme et le nouveau boom des croisières sur le Nil, un armateur égyptien remet le Sudan en exploitation pour le compte d’un tour opérateur allemand, puis le bateau est à nouveau abandonné.

 

« Nous abordons; le voyage est fini, tout à fait fini, voyage charmant, si facile que œ n'est qu'une longue promenade, cinq semaines pendant lesquelles, libre de tout souci matériel grâce aux soins incessants et prévoyants de l'agence Lubin, je n'ai eu qu'à me laisser vivre et à admirer, voyage ou je n'ai pas eu une désillusion, où tout ce que j'attendais s'est trouvé être plus intéressant, plus beau, plus grandiose que je ne l'attendais, où le rêve a été surpassé par la réalité, dont pas un accident, pas même un ennui n'a assombri une seule journée, voyage accompli au milieu d'aimables compagnons qui, inconnus la veille resteront, je l'espère, les amis de demain, heures enfin qui compteront parmi ces belles heures de la vie dont le souvenir vous charme encore longtemps après qu'elles se sont écoulées.

Et pourtant, quand le lendemain, lourd d'une nuit passée en wagon, je me réveille à l'aube, que les paysages familiers courent derrière les vitres, coteaux bourguignons aux sommets boisés, vallées encore voilées de la brume matinale, moutonnement des collines, allées de peupliers au bord des ruisseaux, jolis villages dont les toits fument, rivières paisibles glissant dans les prés argentés du givre de la nuit, et, quand sur tout cela, pointant soudain au-dessus du plateau ondulé, le soleil lance sa première flèche, que tout renaît, frémit, s'illumine, pâlissent les souvenirs des longues rives basses du grand fleuve, des champs verts déployés au seuil des rochers jaunes troués d'hypogées, des palmiers balancés au-dessus des villages où passent les hommes bruns aux robes claires et les femmes voilées, pâlissent même ceux des énormes temples à demi ensevelis, des colonnes debout ou écroulées, et je répète la phrase du vieil Heinsius : « Après celui du Ciel, il n'est pas de royaume plus beau que le tien, ô France, ô douce France ! » H.R. ''Cinq semaines en Egypte'' 1903.

Autre source : Un Voyage En Egypte; Au Temps Des Derniers Rois - Alain Blottiere

Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-
Un voyage en Egypte, après 1900 -4/4-

Voir aussi:

Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.- - Il était une fois ...

 - L'Égypte a sa saison : on n'y séjourne que de Novembre en mars, quand le pays prodigue la douceur de ses journées tièdes. Le fou furieux ...

Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.- - Il était une fois ...

 - Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-. Arrivée à Alexandrie : « A notre dernier dîner à bord, le cadran est encore avancé de 25 minutes = total ...

Néfertiti, la Belle venue d'ailleurs... -1/3- - Il était une fois ...

 - Une reine ( et ancienne princesse d'Égypte) qui vient de mettre au monde une petite fille... Son père est le souverain d'un royaume prospère et ...
 

Voir les commentaires

Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -3/4-

Le Caire :

« Un tel encombrement pourrait faire croire à quelque fête, s'il n'y manquait cette expression particulière qui se dégage des foules lorsqu'un événement commun tourne les esprits dans un même sens ; procession rituelle, enterrement d'un notable, élections générales ou marché. Ici, rien ne réunit les éléments de ce puzzle humain que notre voiture frôle à chaque tour de roue. Mais pourquoi vouloir les réunir ? C'est encore céder au goût de la couleur locale et croire que des êtres vêtus autrement que nous sont des acteurs, qu'ils sont une pièce à jouer. Il ne s'agit heureusement plus de cela. Nous sommes dans un autre monde » Claude Aveline.

L'hôtel Oberoi Mena House, est construit en 1869 face aux pyramides.

Le khédive Ismâil Pacha, vice-roi d'Égypte, ne pouvait choisir meilleur emplacement pour y édifier, en 1869, son pavillon de chasse et y accueillir ses invités de marque. Le souverain fait agrandir les lieux à l'occasion de l'ouverture du canal de Suez, y reçoit l'impératrice Eugénie. Et construit une route entre Le Caire et Gizeh pour qu'elle puisse accéder commodément aux pyramides. Vendu à de riches Anglais, le pavillon prend ensuite le nom du pharaon Mena, s'agrandit à nouveau et, dès 1889, est équipé d'un golf. Au tournant du siècle, le Mena House devient un hôtel de luxe pour les premiers touristes fortunés, les têtes couronnées et les politiques. En 1943, il accueille ainsi la « Big Three Conference » entre Chiang Kai-shek, Roosevelt et Churchill, qui devint un habitué de l'hôtel.

"Nous avions été prendre le déjeuner du matin aux pyramides, sur la terrasse du Mena House. Le ciel ne s'était pas encore couvert. Le soleil étincelait. Les oiseaux chantaient. Chéops ressemblait à un gigantesque pâté de sable fait au moule". Jean Cocteau, Maalesh.

A partir de 1880, l'Egypte devient une station à la mode et chic hiver pour les voyageurs européens. Le climat près de la Grande Pyramide de Gizeh, en dehors du Caire, est évidemment meilleur que dans la ville. . Pendant l'hiver, il y a pas de routes boueuses (dues à la pluie occasionnelle), pas de poussière dans l'air et aucun trafic...

Le palace Old Cataracte d'Assouan, trône au-dessus du Nil tel un monolithe rose de l’âge d’or. Sur la terrasse de l'hôtel, les gourmets apprécient à l'heure du thé un délicieux High Tea et la vue sur l’île Éléphantine. Agatha Christy a trouvé ici l'inspiration pour son roman policier devenu un 'classique' :« Mort sur le Nil (1933)». Winston Churchill, le roi Farouk et Lady Diana comptent également parmi les illustres visiteurs de ce palace construit en 1899.

« Assouan est une vraie beauté d'Orient. La lumière y est violente, le soleil âpre mais tempéré par une brise fraîche qui aide à supporter la chaleur du jour. » Comtesse de La Morinière, 1911

 

Le Old Winter Palace, est situé sur la Corniche, en plein coeur de Louxor. Ses suites ont accueilli les plus grands personnages de l'histoire. Ce palais, construit en 1886 et rénové en 1995, est la plus belle illustration de l'architecture victorienne de la fin du siècle dernier et combine parfaitement l'opulence de son glorieux passé avec la modernité d'aujourd'hui. Le Old Winter Palace offre une plongée dans les fastes de temps anciens.

Architecture victorienne, jardin tropical, mobilier refait à l’identique… tout évoque l’ancien Palais d’Hiver où se retrouvaient autrefois princes, archéologues et écrivains dans un havre de luxe, au bord du Nil, à quelques minutes des fabuleux temples et tombeaux de l’antique Thèbes.

En 1907, "L'Egyptian Gazette" annonce ainsi l'ouverture du Winter Palace de Louxor. "La party a commencé par un lunch inaugural dans le site prestigieux de la Vallée des Rois puis s'est poursuivie par des discours et une distribution de nourriture aux équipes qui ont travaillé à la construction du bâtiment".
Le Winter Palace de Thomas Cook est, dès lors, prêt à accueillir la bonne société cosmopolite d'Égypte et du monde : "Ses aménagements sont tout ce qu'il y a de plus moderne et de plus luxueux, lumière électrique et ascenseur" (Comment visiter l'Égypte, 1911-1912).

En 1907, Pierre Loti écrit: « le Winter Palace, un hâtif produit du modernisme qui a germé au bord du Nil depuis l'année dernière, un colossal hôtel, visiblement construit en toc, plâtre et torchis, sur carcasse de fer ». Visiblement, très remonté, il continue ainsi "Dans l'alignement pompeux du Winter Palace, des boutiques se succèdent : on y vend tout ce dont s'affublent les touristes : éventails, chasse-mouches, casques et lunettes bleues. En plus la bimbeloterie du Soudan : vieux couteaux de nègre, peaux de panthère et cornes de gazelles".
En 1914, l'égyptologue Georges Legrain fait le constat suivant "Les touristes étrangers, Cooks and Cookesses, sont 'quelques milliers' chaque année à Louxor et en Haute-Egypte. La ville vit en grande partie au rythme de ses occupants étrangers, touristes, voyageurs, savants et administrateurs, à savoir du mois d'octobre au mois d'avril, la haute saison se situant de janvier à mars. Il est difficile d'évaluer leur importance."

Voir aussi:

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -1/.-

UN VOYAGE EN EGYPTE, APRÈS 1900 -2/.-

Voir les commentaires

Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-

Publié le par Perceval

Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-

Arrivée à Alexandrie :

« A notre dernier dîner à bord, le cadran est encore avancé de 25 minutes = total 1 h. 55 m. depuis Marseille.

Après dîner, on propose une promenade en ville, et, sitôt descendu sur le sol africain, au milieu des wagons, des locomotives, des trains roulant et sifflant dans l'obscurité, je perds mes compagnons.

Après quelques minutes de recherches infructueuses, je me décide à marcher seul, et, dès que je suis débarrassé des importuns qui, à toute force, veulent me piloter dans la ville, je suis saisi par le caractère inattendu de ce qui -m'entoure.

Il me semble être au milieu d'une mascarade: voici des tramways électriques, vides presque tous d'ailleurs, des rues éclairées au gaz bec Auer, des cafés ouverts tout grands, des salons de coiffure avec toilettes parisiennes et lavabos brevetés s g. d. g., et, à. travers tout cela passe une multitude vêtue de longues robes noires, blanches, bleues, roses, des gens à turban marchant gravement un bâton blanc à la main, des femmes au visage voilé de noir, des fillettes courant sous des chemises roses ou blanches ; dans la rue, des marchands vendent des dattes, des bananes, ou avec des gargoulettes de cuivre donnent à boire aux passants; dans les cafés aux murs tapissés de lithographies représentant Humbert, Nicolas, Guillaume, Carnot, sont accroupis sur les banquettes des hommes bruns, aux robes bigarrées, fumant des narghilés, chantant, jouant de la mandoline ou de l'accordéon ; tout cela remue, s'agite, grouille.

Je m'adosse au pilier d'une construction à colonnes qu'un peu plus tard je sais être le Police office, sur laquelle, sans armes, et immobile, veille un soldat turc, et je regarde.

L'impression carnavalesque a disparu : je sens une bouffée d'air oriental, je la respire à pleins poumons. Une fillette d'une douzaine d'années passe et repasse devant moi, provocante, son frêle corps dessiné par l'ondoiement d'une robe rose ; devant mon sourire elle s'enhardit, s'approche jusqu'à me toucher, et murmure en riant je ne sais quoi. A ce moment grand tapage; on apporte au poste un paquet blanc, homme ou femme, qui se débat et crie ; cinq ou six diables bruns aux vêtements bariolés veulent suivre et protestent ; mais voici que soudain du poste sortent un soldat avec un grand manteau noir flottant et une grande médaille de cuivre sur la poitrine et derrière lui cinq ou six autres en tuniques à boutons d'or, coiffés de fez et armés de bâtons blancs, et vlan! vlan! à droite, à gauche, les diables bruns reçoivent une volée de coups sur les épaules, le dos, la tête, et, envahisseurs, curieux, passants, la fillette rose aussi, s'enfuient comme des oiseaux effarés.

Il est 9 heures et demie; je crains de trouver la barrière du port fermée et je me décide à rentrer; j'aperçois devant moi un groupe d'Européens, je presse le pas ; ce sont mes compagnons qui ne veulent pas croire que mon égarement ait été involontaire, c'était la vérité pourtant, mais le hasard m'avait bien servi, car je m'aperçus aussitôt que cette bouffée d'Orient qui m'avait grisé n'avait pas soufflé sur eux, et ils écoutaient, visiblement étonnés, mes exclamations enthousiastes. Que m’importe après... » H.R. ( un voyageur publie anonymement ( H.R.) en 1903 son récit ''Cinq semaines en Egypte'' )

 

Alexandrie, sensuelle dont Lawrence Durell se souvint comme d'un « grand pressoir de l'amour » est d'autant moins une « fausse ville européenne » qu'elle n'est pas une ville du tout. Alexandrie est une sorte d'île. … A l'image de la Justine de L. Durell « vraie fille d'Alexandrie : c'est à dire ni grecque, ni syrienne, ni égyptienne, mais une hybride, une charnière du monde. »

Dans cette île cosmopolite, où jusqu'en 1937 les étrangers bénéficient d'une liberté sans bornes, s'épanouit une société insouciante, tolérante, ouverte à ses propres différences mais imperméables aux malheurs des autres. Dans les familles aisées, si le Grec voisine agréablement avec l'Italien, on méprise souverainement la masse égyptienne musulmane, souvent misérable, et jusqu'à la montée du fascisme on ignore les crises et les conflits qui secouent le reste du monde. Le climat est doux, les affaires sont bonnes, les plaisirs de la plage et de l'amour prodiguent des jours inoubliables : c'est la douceur de vivre replié dans son île, hors du temps.

Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -2/.-

Voir les commentaires

Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-

Publié le par Perceval

« Un somptueux cabriolet au pied des Pyramides, une felouque aménagée en yacht, des touristes en costume blanc coiffés d'un panama : quelques images d'un voyage en Egypte au temps de ses rois, Fouad et Farouk, dans la première moitié du XXe siècle. L'époque voit naître ici le tourisme organisé à grande échelle, sous l'égide de Thomas Cook. Cinquante mille privilégiés empruntent chaque année ses bateaux pour effectuer la très courue croisière sur le Nil. Parmi les voyageurs, rares sont ceux qui ne se contentent pas de contempler les ruines. Rudyard Kipling, Jean Cocteau, André Gide et d'autres mesurent à quel point ces « années folles » égyptiennes sont fascinantes : dans un pays tourné vers l'Europe, « protégé » par l'armée britannique, une très singulière société s'épanouit au Caire et à Alexandrie. Francophone, cosmopolite, avide de plaisirs en tous genres, elle semble vivre dans l'insouciance sur des sables mouvants. C'est l'Égypte du Quatuor d'Alexandrie de Laurence Durell. Un monde d'une grande diversité, où voient le jour aussi bien Cavafy que Ungaretti, Albert Cossery que Taha Hussein, Youssef Chahine que Naguib Mahfouz, Oum Khalsoum que Dalida... »

* Un voyage en Egypte : Au temps des derniers rois de Alain Blottière

L’Égypte a sa saison : on n'y séjourne que de Novembre en mars, quand le pays prodigue la douceur de ses journées tièdes. Le fou furieux qui dérogerait à la règle trouverait porte close devant la plupart des hôtels. C'est donc en hiver que l'on franchit la Méditerranée...

L'anglais s'en remet à la P&O. ( Peninsular and Oriental), le français aux Messageries Maritimes.

Le hasard de la vie réserve parfois l'inverse... Robert d'Humières ( grand ami de M. Proust) s'embarque à Marseille sur un paquebot de la P&O. :

« La sensation de passer subitement des quais de Marseille en terre anglaise frappe curieusement. Car c'est bien ici la vie anglaise que nous mènerons pendant cinq jours. On verra sur le pont, dans une sorte de cage en filet, des romanciers à succès jouer au cricket avec de jeunes ''subalterns'' à destination des Indes, on prendra des repas corrects et sans âme et, le dimanche, si on ouvre le piano, de vieilles dames bouderont. Quant au flirt, il sera conduit par le personnel féminin et non marié du navire avec cette persévérance et ce sens pratique qui ont fait la grandeur de l'Angleterre. »

 

 

A peu près à la même date, un voyageur qui publiera anonymement ( H.R.) en 1903 son récit ''Cinq semaines en Egypte'', embarque sur le Ville de la Ciotat des M.M., avec d'autres touristes : « Ce sont des bourgeois parisiens, négociants ou rentiers, avec lesquels, je crois, je m'accommoderai fort bien. Parmi les autres voyageurs , un photographe qui photographie à tout propos, deux jésuites qui vont au Caire ; une jolie blonde, princesse dit-on ; un jeune homme enrichi par un brevet d'électricité qui va montrer son invention au khédive, puis un lot d’Anglais et d'Anglaises. »

 

 

 

« Après quatre ou cinq jours de mer, la terre attire les corps humains comme un aimant : on croirait que le paquebot va chavirer sous la foule des passagers collés à la rambarde, qui se penchent vers le rivage. Pourtant il y a peu d'européens sur le quais, peu de mouchoirs agités sur le bateau, et n'entends autour de moi que des gens qui se demandent en tirant leur montre : « Pourrons-nous avoir le train du Caire ? » Nul touriste ne s'arrête jamais à Alexandrie. Alors , le navire s'ouvre le flanc généreusement et reçoit en plein ventre la passerelle par où le flot des portefaix jaillit comme un puissant jet d'eau, inonde les couloirs, emplis les escaliers, déferle en vague sur les ponts... Il y a deux méthodes: ou bien se tenir devant la porte de sa cabine et la défendre, ou bien laisser faire, et voir sans émotion ses bagages disparaître dans cette mer multicolore. Les résultats sont les mêmes : on retrouve toujours les colis miraculeusement assemblés à la douane. » Jacques Boulenger ( 1879-1944)

Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-
Un voyage en Egypte, après 1900 -1/.-

Voir les commentaires