Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Alex Gross, et le téléphone portable.

Publié le par Perceval

Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.

Alex Gross  est né en 1968 dans Roslyn Heights, dans la banlieue de New York.IL s’installe en 1988 à Los Angeles.

« Concernant mon travail, je ne fais pas de croquis du tout, j’ai recours à deux outils différents, le premier est mon ordinateur, que je sollicite pour faire tous mes croquis et compositions. Je peux combiner photos et esquisses, tout en digital. Le deuxième outil est ma peinture à l’huile que j’utilise pour les finitions. Mon choix s’est fait naturellement car je maîtrise bien la peinture a l’huile qui s’harmonise parfaitement avec mes œuvres ».

Ces peintures, qualifiées de Surréalisme Pop ( c'est à dire sans prétention intellectuelle... ), sont un mélange obsédant de conte de fées, d'allégorie, de rétro... agrémentées d'esthétisme oriental et occidental... Ces compositions sont élégantes. Le personnage n'est pas forcément le centre d'intérêt... L'objet principal est plus global, et finalement on ressent une certaine mélancolie. 

 

Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.
Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.

Les thèmes évoquent notre société consommation, le désordre humain, le commerce, les médias, les publicités et le passage inévitable du temps. Les personnages sont le plus souvent accompagnés de nourriture provenant de chez Mc Donalds, de glaces et de friandises, ils passent leur temps à regarder leurs téléphones portables et aiment le soda et le luxe.

"Je suis attiré par la consommation, comme beaucoup de gens le sont. Je voudrais avoir un nouveau téléphone mobile, une belle voiture, une belle maison, etc, mais en vérité, ces choses ne sont pas importantes et la seule raison pour laquelle nous les désirons c’est parce que nous avons été endoctrinés par l’industrie de la publicité et du marketing. Aucun d’entre nous n’est à l’abri de cela. Le mieux que nous puissions espérer, c’est de prendre conscience de ce qui se passe, et peut-être changer nos modes de consommation afin que nous ne récompensions pas les conglomérats qui violent la terre et détruisent l’environnement afin de devenir encore plus riches." Alex Gross

Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.
Alex Gross, et le téléphone portable.
Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.Alex Gross, et le téléphone portable.

Tiens...! Beaucoup de femmes ...?

Les hommes ne sont pas en reste....

Alex Gross, et le téléphone portable.
Alex Gross, et le téléphone portable.

Voir les commentaires

1515 : François, le fils de Louise de Savoie sera t-il sacré roi de France ? -2/2-

Publié le par Perceval

A la vue de Mary , François est ébloui, subjugué par l'éclatante beauté de sa nouvelle "belle-mère"... Mais, inquiet ; et si Louis XII faisait un enfant mâle à cette ravissante jeune fille.. ? Difficile... sans doute, Louis est trop malade... Et, ça fait deux ans que Mary a pour amant Charles Brandon, duc de Suffolk, il l'accompagne en France en tant qu'ambassadeur d'Angleterre.

Louise de Savoie qui veille sur son petit "César" et sur son avenir; fait en sorte que le duc de Suffolk soit prié de ne plus 'approcher' Mary...

L'amant absent, Mary tente de le remplacer par François... Elle tenterait - dit-on - de le séduire... Elle ensorcelle son "gendre" qui n'a que 20 ans alors que son mari est malade et en a 52.

Louise de Savoie voit le manège et sermonne son fils. Elle assure que tout ce que veut la reine, c'est un fils ! Et que si c'est le cas François restera duc d'Angoulême, et le comble serait que ce soit, son bâtard qui règne sur la France ! François n'écoute pas, il est éperdument amoureux, qu'importe ce qui arrivera. Puisque François ne veut pas entendre raison, Louise de Savoie décide d'agir. Elle oblige Mary à partager son lit avec la baronne d'Aumont ou avec Claude, lorsque son mari ne la rejoint pas, avec ordre de ne pas la quitter, elles doivent veiller sur la chasteté de la reine!

Mais les jours du roi semblent comptés.... Le roi meurt le 1er janvier 1515 de consomption, trois mois seulement après que le mariage ait été célébré. Mary restera encore 'internée' 40 jours à l'hôtel de Cluny afin de s'assurer qu'elle ne porte pas d'enfant.

Après son sacre et malgré la grossesse de la reine Claude, le roi François Ier propose le mariage à Mary, dont il est de plus en plus amoureux. Louis XII n'a t-il pas répudié Jeanne de France pour épouser Anne de Bretagne?

Mais la ravissante Mary, préfère Charles Brandon, duc de Suffolk qu'elle épouse trois mois plus tard.

l y a 500 ans, le 25 janvier 1515, François Ier est donc, sacré roi de France à Reims. Cette année, est marquée par la célèbre victoire de Marignan, près de Milan, contre les Suisses. Il s’en suivra un traité de paix avec le peuple helvétique, toujours respecté jusqu’à aujourd’hui.

La mère de François s’intéresse de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils...

 

Nb/ Mary Tudor-Brandon, duchesse de Suffolk, pourrait être l'une des femmes les plus célèbres du monde sous le nom de La Dame à la Licorne... ?

Wedding portrait of the real Mary Tudor and her husband Charles Brandon, 1st Duke of Suffolk La Dame à la Licorne

 

Voir les commentaires

1515 : François, le fils de Louise de Savoie sera t-il sacré roi de France ? -1/2-

Publié le par Perceval

Louise de Savoie Marguerite d'Angoulême (1492-1549) par Jean Clouet. Sœur de François 1er, elle devient reine de Navarre et la plus célèbre 'Femme de lettres' de la Renaissance française.

En 1488, à 12 ans, Louise de Savoie épouse Charles d'Orléans, comte d'Angoulême. Veuve à dix-neuf ans, Louise de Savoie (1476-1531), se consacre à l'éducation de ses enfants : Marguerite d'Angoulême (1492-1549), et François (1494-1547)...

Son unique objectif devient alors de bien préparer son fils, qu'elle appelle " son César bien aimé " à l'accession au trône...

Le 31 mai 1505 par testament, Louis XII montre sa volonté de marier sa fille Claude et François d'Angoulême. Claude de FranceLa cérémonie de fiançailles a lieu le 21 mai 1506 dans le château de Plessis-lèz-Tours... Dès lors, François s'installe au château de Blois. En janvier 1512, Anne de Bretagne, très affaiblie par une dizaine de couches en une vingtaine d'années, accouche à nouveau d'un fils mort-né. Louis XII va alors se résoudre à traiter François en prince héritier, il le fait entrer au Conseil du Roi et le nomme commandant en chef de l'armée de Guyenne le 12 octobre 1512

Le père de Claude, Louis XII, l'avait promise au futur Charles Quint... Instrument politique, Claude de France a conscience que le fringant comte d'Angoulême n'éprouve aucun sentiment à son égard, pas même un peu de tendresse ou d'affection.

Quatre mois après la mort de la reine Anne de Bretagne, la princesse Claude de France épouse le fringant comte d'Angoulême, le futur François 1er, le 13 mai 1514...

Mausolée de Louis XII et Anne de BretagneLa cérémonie est lugubre. La maigre assistance (le roi n'a pas voulu déranger la Cour) porte encore le deuil de la reine Anne. La petite Claude n'a que quatorze ans et demi. Elle, si disgracieuse, d'étrange corpulence et boiteuse, contemple avec admiration son futur époux, de cinq ans son aîné, cet hommes "glorieux" et "triomphant". François a le corps taillé pour la guerre... et pour l'amour des femmes … Il se tient à la droite du roi au milieu des princes et des hauts fonctionnaires, vêtu d'un pourpoint de damas noir incrusté de velours. Son regard se pose à peine sur cette femme-enfant que la politique lui impose. "J'estime certes, cette fille du roi, mais je ne pourrai jamais l'aimer. Rien en se personne ne me séduit. Question d'Etat! Il y va du règlement de l'Affaire de Bretagne, voire des intérêts généraux du royaume. Pour l'amour, il est d'autres prés où, presque sans me baisser, j'aurai tout plaisir de cueillir à foison les plus capiteuses corolles", a-t-il confié à sa soeur Marguerite quelques semaines avant les noces.

Le mariage conclu, Louis XII s'empresse de se rendre à la chasse, et François de rejoindre à Paris, sa maîtresse, Jeanne Le Coq - appelée Madame Dishommes- épouse d'un avocat du Parlement : « le plus riche de tous les gens de robe ». Désormais, Claude va devoir subir, malgré l'amour qu'elle lui porte, la froideur de son époux doublée de l'hostilité de sa belle-mère, Louise de Savoie.

Mary Tudor

 

Neuf mois après son veuvage, Louis XII se décide d'épouser une Anglaise, la sœur d'Henri VIII. La nouvelle reine - la jeune Marie d'Angleterre (18 ans) appelée aussi Mary Tudor (1496 -1533) - arrive le 7 octobre en France. Et c'est, François d'Angoulême, gendre de Louis XII, qui est chargé de l'accueillir. Ce n'est pas de gaieté de cœur que François d'Angoulême s'acquitte de sa mission. Car si Louis XII venait à mourir sans héritier mâle c'est lui François d'Angoulême qui serait roi. ( à suivre ...)

Voir les commentaires

Petite histoire de la Pin-up – 2/2-

Publié le par Perceval

 

La pin-up après avoir servi pour soutenir le patriotisme des hommes, sert à nouveau la société par la publicité... D'ailleurs, Tout ce qui est donné à consommer n'est-il pas de ce fait affecté de l'exposant sexuel, donc de plaisir … Le corps féminin est alors utilisé comme symbole d’une société optimiste en pleine croissance économique. Les objets de consommation accessibles à tous, les progrès techniques et le plein emploi jouent un rôle sans précédent dans la vision d’un avenir meilleur.

Il est intéressant de constater que la pin-up innocente et effarouchée, peut devenir une pin-up provocatrice et exhibitionniste, peut-être en corrélation, avec l'évolution des moeurs au cours du XXe siècle et plus particulièrement avec le statut de la sexualité ...

La pin-up possède une séduction particulière, elle peut être à la fois irrévérencieuse et complètement intégrée aux normes sociales et morales de son époque. Elle participe donc à la construction d'un imaginaire...

 

Très vite, les pin-up ne sont pas seulement produites pour les hommes. Elles apparaissent dans la presse féminine et dans les publicités d'objets de consommations destinées aux femmes. Images imposées dans lesquelles transparaît, en filigrane, un idéal esthétique à atteindre. La pin-up devient alors un support d'identification pour les femmes...

 

La pin-up est le portrait d'une jeune femme occidentale. Elle porte généralement une tenue légère qui révèle des formes avantageuses. La pin-up se découvre par mégarde, faux mouvement ou accident. Ces mises en scène dont la crédibilité importe peu, permettent d'érotiser la femme sans en faire un sujet sexuel actif (qui veut ou désire) tout en lui conservant fraîcheur et naïveté.

La pin-up est également fixée dans des normes corporelles précises et permanentes, sa plastique est idéale, « améliorée » : seins en obus, jambes interminables, taille de guêpe, fesses hautes. Nous voyons aussi se construire cette image autour d'accessoires usuels de séduction : bas, porte-jarretelles, talons, avec une mise en valeur des attributs sexuels évocateurs : les jambes, les fesses, les seins.

L'humour et la légèreté, très présents dans cette imagerie, permettent de déculpabiliser le spectateur et lui offrent alors une excitation, sous forme d'invitation sexuelle innocente. Ainsi, le voyeurisme, plus ou moins sollicité, est inhérent à cette imagerie.

La photo « playmate » détrônant la pin-up, c'est du côté de la bande-dessinée que naissent de nouvelles figures...

Aujourd'hui, la pin-up est sexy mais n'est jamais vulgaire. De plus, elle évoque le rétro et le glamour, et rien ne fait plus fantasmer les hommes et les femmes qu’un peu de mystère : une partie du corps que l’on dénude de façon suggérée... Aujourd'hui, la pin-up s'invite chez soi, et il est admis que l'épouse puisse se laisser tenter par les articles présentées sur ces photos de femmes en guêpière, lingerie, gaine sexy, bas, cheveux bouclés, chapeau haut de forme, nœuds dans les cheveux, bas résille et évidemment porte-jarretelles et talons aiguilles...

 

Voir les commentaires

Petite histoire de la Pin-up – 1/2-

Publié le par Perceval

Un peu de légèreté ( masculine) qui j'espère n’apparaîtra pas irrespectueuse, pour une lectrice...

C'est une rapide et petite histoire tout à fait subjective... A partir de quand l'homme de sexe mâle, s'est-il attaché dans les yeux, une image idéale et excitante de cette autre, de sexe femelle ?

J'imagine, que ce petit homme ne pouvait qu'être impressionné par ces déesses représentées avec leur caractère sexuel... Très vite sous prétexte d'art et de religion, il se permet de représenter ce corps, et de valoriser sa beauté. La beauté étant une particularité divine...

Hélas, la nudité féminine est avant tout fille d'Ève, et éternelle coupable... Première femme de la création, nue, tentatrice et pécheresse, c'est elle qui précipite l'homme dans la faute originelle. Cette figure de la nudité maléfique et dangereuse va parcourir en fil rouge tout l'art occidental...

Au Moyen Âge, l'érotisme émanant d'un corps nu est considéré comme un péché. Aussi, en plus de l’érotisme qu’il dégage, le corps nu est honteux et matériel, par opposition à l’âme, immatérielle.

Ensuite, il a toujours été plus évident, dans les écoles des beaux-arts, de copier les antiques que de dessiner d’après le modèle vivant.

Du XVI è siècle au XVIII è siècle, la mythologie ou l’histoire sainte reste l’occasion idéale pour représenter des nus masculins ou féminins ; ces derniers renvoient à un idéal de beauté parfaite.

Cet idéal, à côté de l'image pornographique ( cachée, et réservée...), rencontre la « pin-up » en ce début du XXè s. La pin-up est une représentation du corps de la femme idéalisé. La pin-up est provocante, mais jamais vulgaire … Une représentation à destination masculine, qui doit susciter un intérêt sexuel … La femme représentée est une créature de rêve, pulpeuse, émoustillante et sensuelle. Et, c'est la « fille d'à côté ». Elle est à la fois inaccessible, donc support de fantasmes, populaire (sans distinction de classe), universelle (par ses codes esthétiques), idéale (par sa plastique) mais aussi une beauté, somme toute « courante », et « domestique »...

La "Pin-up Girl" ("jeune fille épinglée, affichée"), abrégée en Pin-Up, est une image représentant une femme séduisante, dans une position suggestive, que les hommes accrochent au mur.

Cette image punaisée apparaît en Amérique dans les années mouvementées de la prohibition (1920-1930). L’illustration vit son heure de gloire en couverture de romans policiers ou d’aventures, de pulps, dans la presse familiale ou spécialisée… La légende attribue la naissance de cette « petite chérie de l’Amérique » à l’Anglais Charles Dana Gibson (1867-1944)...

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Pin-up connaissent un très large succès, surtout chez les soldats américains. Le règlement militaire prévoit même une image de Pin-Up dans le paquetage des GI’s. Après-guerre, le succès des Pin-up ne se dément pas et elles connaissent leur âge d’or dans les années 50.

On retrouve ces femmes « sexy » dans le Nose Art, peintes sur le fuselage des avions américains.

Voir les commentaires

Christine de Suède : "Homme illustre" -4/4-

Publié le par Perceval

Christine est-elle misogyne ? Ou plutôt, reconnaît-elle que les femmes sont maintenues en esclavage par les hommes ?

« J’eus une aversion et une antipathie invincible pour tout ce que font et disent les femmes »

« Le sexe feminin est un terrible et incorrigible defaut, c’est un tres grand embarras dont on ne sauroit presque se tirer avec honneur. »

« Quel crime a commis le sexe feminin pour estre condamné a la dure necessité detre enfermees toutte leur vie ou prisonieres ou esclaves ? J’appelle prisonieres les religieuses et esclaves les mariées »

Ci-dessous :Christine au Palazzo Corsini, peint par Kristian Zahrtmann (1908)

Elle écrit aussi :

« Il y a des hommes qui sont aussi femmes que leurs mères, et des femmes qui sont autant hommes que leurs pères, car l’âme n’a point de sexe »

Christine assume pleinement sa féminité. Elle ne regrette véritablement de ne pas être un homme que pour l’exercice du pouvoir et, de manière plus ambivalente, pour la liberté de mœurs à laquelle elle pourrait prétendre

Elle accepte d’être une « fille », et elle refuse de devenir une « femme ». Christine en effet associe étroitement, avec une remarquable lucidité, ce qu’elle appelle sa « liberté » à son statut de femme non mariée, de « fille », soustraite à l’autorité masculine. Elle exprime également un profond dégoût pour la grossesse, qui lui apparaît comme le signe le plus violent de l’asservissement sexuel (aussi traite-t-elle de « vaches » les femmes enceintes de son entourage, selon des témoins). Elle-même, plus d’une fois, a exprimé son refus du mariage, comme un renoncement, ou du moins une entrave considérable au plaisir de la chair, pour une femme désireuse comme elle de préserver son honneur, au nom de la liberté, érigée en valeur suprême.Ninon de Lenclos

 

On ne peut manquer d'évoquer la rencontre qui eut vraiment lieu de Christine de Suède avec Ninon de Lenclos, alors en résidence surveillée chez religieuses de Lagny pour la punir de son « libertinage ». C'est un peu – dit-on - comme si deux 'hommes illustres' se rencontraient.

Citation de Mme de Motteville :

« [...] elle voulut voir une demoiselle qu’on appeloit Ninon, célèbre par son vice, par son libertinage et la beauté de son esprit. Ce fut à elle seule, de toutes les femmes qu’elle vit en France, à qui elle donna quelques marques d’estime. Le maréchal d’Albret et quelques autres en furent cause, par les louanges qu’ils donnèrent à cette courtisane de notre siècle. »

Et, selon Claude Quillet, affirmant l’avoir appris de la bouche même de la célèbre courtisane, Christine, au bout de deux heures d’entretien aurait demandé à Ninon de se mettre nue devant elle ; et celle-ci se serait exécutée, « avec une grande lenteur et des gestes savants »

Christine de Suède, agée. Monument funéraire de Christine de Suède à St-Pierre, Vatican.

L'âge venant, Christine s'abandonne à de longues contemplations mystiques et dévotes proches du quiétisme. Elle finit sa vie à Rome où elle décède en 1689.

 

- Source principale : un dossier de J.P. Cavaillé ( du GRIHL), sur les écrits sur et de Christine de Suède

Voir les commentaires

Christine de Suède : Libertine -3/4-

Publié le par Perceval

Elle est accueillie, en août 1656, à Lyon par le duc de Guise, avant de se rendre à Paris qui lui consacre une semaine de cérémonies et de divertissements. Christine présente pour certains un danger … En effet, elle convoite le trône de Naples... ! Il serait prévu que Christine monte sur le trône de Naples quand les Français auraient expulsé les Espagnols. Sans descendance, Christine transmettrait sa couronne à Philippe d'Anjou, frère de Louis XIV.

Alors qu'elle est reçue à Fontainebleau, elle ordonne l'assassinat à coups de couteau, dans la galerie des cerfs du château, du comte de Monaldesco, intendant de sa maison et, semble-t-il, son amant, mais qui l'aurait trahi ( en faveur des espagnols) : un crime qui scandalise nombre de ses contemporains.

Christine rentre en Italie après avoir emprunté d'importantes sommes d'argent à Mazarin.

Christine est « libertine » autant par ses propos grivois, son comportement en rupture avec les bienséances de son sexe et les conventions mondaines, autant par les multiples intrigues amoureuses qu’on lui prête, que par son irréligion ostentatoire et raisonnante.

Pendant la durée de son règne effectif, beaucoup de documents présentent Christine comme capable de toute l’autorité – et « donc » de toute la virilité – requise par la fonction. Dans l’abdication, par contre, elle révèle sa faiblesse première de femme (dépouillée de son corps mystique de « roi », la reine n’était plus en effet qu’une simple femme), une femme qui chercherait à réaffirmer sa masculinité de manière dérisoire, par le vêtement, le comportement et surtout l’exercice de l’impiété.

Christine : image d'une aventurière travestie, devient ainsi une figure du libertinage au féminin.

La féminité de la reine a une incidence importante sur son irréligion : celle-ci est en effet essentiellement pensée moins comme un trait de son esprit et de sa personnalité propre que comme le résultat fâcheux, par mimétisme, de la fréquentation d’hommes, et en particulier de savants, notoirement licencieux et mécréants. Il est invariablement répété que ce sont ces hommes, en particulier le médecin Bourdelot (Pierre Michon), mais aussi d’autres parmi les intellectuels dont elle s’entoure en Suède (l’humaniste Isaac Vossius, etc.) qui furent les corrupteurs de l’esprit de la reine. Soit, comme il est dit dans un pamphlet de 1655, farouchement hostile au médecin français, La Brieve relation de la vie de Christine, Reine de Suède, jusque à la démission de sa couronne et son arrivée à Bruxelles : « Cet homme sans religion et sans piete, imprima tous ses faux sentimens dans l’esprit de la Reyne, qu’il rendit en peu de temps fort semblable à luy. […] la Reyne s’est depuis monstrée telle qu’il l’avoit laissée; c’est-à-dire, sans Religion, sans pieté, sans vertu, sans loyauté, dissoluë, & libertine en ses discours, fourbe, trompeuse, medisante, mocqueuse... »

Légendes des photos: Voici deux pistolets à rouet portés lors du couronnement de Christine, et le détail d’un pistolet orné de figures coquines ...

Christine racontée par elle-même : ( textes autobiographiques)

Souper chez le Prince de Conti (M.B. Ollivier)« Tout le respect, l’admiration, l’amour que j’ai eu toute ma vie pour vous, Seigneur, ne m’empêchoit pas d’être très incrédule & peu dévote ? Je ne croyois rien de la Religion dans laquelle je fus nourrie. Tout ce qu’on m’en disoit me sembloit peu digne de vous. Je crus que les hommes vous faisoient parler à leur mode, & qu’ils me vouloient tromper, & me faire peur pour me gouverner à la leur. Je haissois mortellement les longs & frequens Sermons des Luthériens ; mais je connus qu’il falloit les laisser dire & avoir patience, & qu’il falloit dissimuler ce que j’en pensois. Mais quand je me trouvois un peu aggrandie, je me formois une espèce de Religion à ma mode, en attendant celle que vous m’avez inspirée, à laquelle j’avoir naturellement une si forte inclination. Vous savez combien de fois, par un langage inconnu du commun, je vous ai demandé la grace d’être éclairée de vous, que je fis vœu de vous obéir au prix de ma vie & de ma fortune. »

Cependant, une lettre de Fortner à Bouilliau (26 octobre 1656) rapporte une anecdote selon laquelle, de passage à Dijon, Christine se serait déclarée, non pas catholique, mais de « la religion des philosophes », telle qu’on la trouve dans le De Natura Rerum de Lucrèce...

En tout cas, il n’est nullement question dans ses propos d’un quelconque remord, ou même regret d’avoir suivi les mauvais enseignements des « libertins » dont elle s’était entourée..

Voir les commentaires

La vie à deux ...

Publié le par Perceval

Le couple primordial

Vladimir Kush est un peintre russe surréaliste né en 1965 à Moscou. Il vit actuellement à Hawaï et aux Etats-Unis.

Bien que son style est souvent décrit comme surréaliste , Kush lui-même se définit comme «réaliste métaphorique" et cite l'influence précoce sur son style de Salvador Dali, mais aussi des  paysages du peintre romantique allemand, Caspar David Friedrich . Hieronymus Bosch a aussi influencé son travail …

Une manière généreuse de voir la réalité, par le biais de métaphores... Les couleurs, la douceur qui imprègne chacune de ses oeuvres... Un sentiment de calme, de paisibilité, émane de ses très nombreux tableaux.

Voici quelques représentations du couple...

La vie à deux ...La vie à deux ...
La vie à deux ...
La vie à deux ...La vie à deux ...La vie à deux ...

Voir les commentaires

Christine de Suède - 2/4 -

Publié le par Perceval

Christine de Suède - 2/4 -

Reine androgyne, reine hermaphrodite... Mais, une femme, qui a pu incarner l’un et l’autre genre à la fois, et donc ni l’un ni l’autre entièrement. Christine refuse, de manière ostensible et répétée, le mariage, le statut de femme mariée et de mère... Dans l’imagination de ses contemporains, elle incarne cette indécision du genre dans la figure du pouvoir souverain...

De plus, elle abdique par un acte volontaire, sans contrainte extérieure, donc paradoxal dans le cadre d'une souveraineté absolue...

Dispute philosophique de la Reine avec Descartes

Dispute philosophique de la Reine avec Descartes

Elle se convertit au catholicisme (1654), s'installe à Rome en novembre 1655, et investit le monde exclusivement masculin de la curie romaine ! Le collège des cardinaux, qui l'attend à la porte de la ville, l'accompagne avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique de Saint-Pierre, où elle se prosterne devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représente une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retourne à Saint-Pierre pour faire sa première communion qu'elle reçoit des mains du pape. Ce dernier l'invite à dîner le lendemain, honneur extraordinaire pour une femme, avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, que le duc de Parme a mis à sa disposition.

Sa conversion au catholicisme étonna l'Europe. Comme on l'interrogeait sur les raisons qui l'y avaient poussée, elle déclara avec humour : "Ici, à Rome, il n'y a que des malotrus, des scélérats, des bouffons, des fripons, des mendiants et des vauriens. Les papes que j'ai rencontrés n'avaient pas toute leur raison. Il faut donc bien que l'Église soit dirigée par Dieu !".

Pourtant, la plupart des témoignages contemporains clament l'irréligion de la reine … A la fin de sa vie, ses écrits témoignent d'une certaine pensée catholique, mais hétérodoxe ( adhésion au quiétisme, pourfend les bigots ...)

Christine s'habille moitié en homme, moitié en femme. Elle n’est pas considérée seulement comme une femme qui se conduit en homme, mais comme une femme (car l’élément féminin n’est jamais sérieusement nié) qui perturbe les codes de distinction entre le masculin et le féminin. « Je vis descendre de la litière un... je ne sais quoi, moitié homme, moitié femme, vêtu d’un justaucorps avec une cravate et une jupe qui ne passait pas la cheville », dit un témoin qui la voit arriver à Innsbruck le 31 octobre 1655

Cette ambivalence ne manque pas d’être mise en relation avec ses ambiguïtés en matière de religion, au moment de sa conversion. Soit par exemple, dans le Génie de la reine Christine. Les Jésuites qui travaillent à sa conversion, dit l’auteur, « [...] ont tant de peine à reconnoistre de quelle religion elle est, qu’eux qui se meslent de decider les points de la foy, ne scauroient connoistre la sienne : ils sont en suspens ce qu’ils doivent croire de son sexe, pource que tantost on la voit paroistre en habit d’homme, tantost en cellui de femme, & le plus souvent on la voit vestuë d’une façon qui participe de tous les deux, comme si elle estoit hermafrodite. »

Contes de La Fontaine

Plus loin …

 

« Je lui ay ouï faire des contes, que je n’oserois descrire sans rougir, & je sçay qu’une personne fort spirituelle, avec laquelle j’avois contracté un amitié fort estroitte en Suede, l’a divertie cent fois, en lui racontant des choses que la plus dissoluë de toutes les femmes souffriroit avec peine... De cette haute galanterie, ou plutost dissolution, dont elle faisait une profession publique, elle a passé dans l’impieté, & ces belles lumières qu’elle s’estoit acquises par l’estude, qui lui servoient auparavant pour regler ses moeurs, luy ont fourni des raisons & des arguments pour combatre les sacrés misteres de la Religion Chrestienne. »

 

 

Voir les commentaires

Christine de Suède - Une femme hors norme - 1/4-

Publié le par Perceval

Christine de Suède - Une femme hors norme - 1/4-

Christine de Suède (1626-1688) mérite notre attention, parce qu'en tant que femme, elle pose aujourd'hui encore, des questions sur ce que nous appelons : « féminité » et « masculinité »...

C'est de plus une femme passionnée et étonnante, incarnée par Gréta Garbo au cinéma.

Le 16 novembre 1632, son père le roi Gustave-Adolphe de Suède, meurt à la tête de ses mousquetaires lors de la bataille de Lÿtzen, il s'est illustré lors de la Guerre de Trente Ans à la tête des armées protestantes. Et, à six ans, fille unique, Christine, dernière princesse de la maison de Vasa, lui succède…

A 18 ans, en 1644, elle règne personnellement et directement. Un règne qui va durer 10 ans et durant lequel elle va se forger sa légende et va exaspérer les esprits autant qu’elle va susciter l’admiration.

Vive, curieuse, - élevée comme un garçon - Christine parle français, allemand, italien et latin aussi bien que suédois. Elle invite savants et artistes à sa cour, puis vient à leur rencontre. Elle demande même des cours de philosophie à René Descartes !

La postérité retient parmi les favoris de la reine, un certain Pierre Bourdelot, médecin bourguignon, sans diplôme, qui devient le professeur d'immoralité de la jeune femme. Elle s'éprend de la blondeur d'archange du Conte Magnus de la Gardie, qu'elle fait ambassadeur. Ses sujets luthériens commencent à lui reprocher ses dépenses somptuaires...

Elle partage ses amours entre les hommes et les femmes, tel celui pour Ebba Sparre (1626-1662), qu'elle appelle " Belle " dans des lettres enflammées ; ou la belle Rachel Silva, nièce de son homme d'affaire à Hambourg...

Magnus de la Gardie Ebba Sparre married in 1652 a brother of Magnus Gabriel de la Gardie

A 28 ans, elle renonce au trône, et abdique... Le fameux acte d’abdication au trône de Suède, signé en 1654, par la reine elle-mêmeHabillée en homme, Christine voyage avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne et la Hollande protestantes, et parvient en août dans les Pays-Bas espagnols, premier pays catholique de son itinéraire, où elle est reçue par l'archiduc Léopold.

Son séjour de onze mois à Anvers et à Bruxelles lui vaut la réputation de femme lesbienne, libertine et scandaleuse.

Portrait de Christine de Suède par David Beck (1650)

« Elle ne ressembloit en rien à une femme, elle n’en avoit pas même la modestie nécessaire : elle se faisoit servir par des hommes dans les heures les plus particulières ; elle affectoit de paroître homme en toutes ses actions ; elle rioit démesurément quand quelque chose la touchoit, et particulièrement à la Comédie italienne, lorsque par hasard les bouffonneries étoient bonnes : elle éclatoit de même en louanges et en soupirs […] quand les sérieuses lui plaisoient. Elle chantoit souvent en compagnie ; elle rêvoit, et sa rêverie alloit jusqu’à l’assoupissement : elle paroissoit inégale, brusque et libertine en toutes ses paroles, tant sur la religion que sur les choses à quoi la bienséance de son sexe l’obligeoit d’être retenue : elle juroit le nom de Dieu, et son libertinage s’étoit répandu de son esprit dans ses actions. En présence du Roi, de la Reine et de toute la Cour, elle appuyoit ses jambes sur des sièges aussi hauts que celui où elle étoit assise, et les laissoit voir trop librement : elle faisoit profession de mépriser toutes les femmes, à cause de leur ignorance, et prenoit plaisir de converser avec les hommes sur les mauvaises matières, de même que les bonnes : elle n’observoit nulle règle de toutes celles que les rois ont accoutumé de garder, à l’égard du respect qu’on leur porte. » Françoise de Motteville, Mémoires,Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France : portrait réalisé en 1656, lors de sa visite en France

Voir les commentaires

1 2 > >>