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De Aurore Dupin, à George Sand ...

Publié le par Perceval

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Madame Dupin de Francueil en compagnie de sa petite-fille (1815), Aurore, reçoivent le général Alphonse de Colbert (1776-1843),

Pendant son adolescence, Aurore Dupin – née à Paris le 1er juillet 1804 - ( la future George Sand), formait le projet de devenir religieuse... De quatorze à seize ans, elle fut pensionnaire au couvent des Dames augustines anglaises, ce même couvent où sa grand-mère, Marie-Aurore de Saxe, nièce du Maréchal de Saxe, frappée par la politique de la Terreur, fut arrêtée en décembre 1793, et incarcérée pendant huit mois... Marie-Aurore de Saxe avait épousé Claude-Louis Dupin de Francueil en seconde noce (elle était alors âgée de 29 ans et lui de 61 ans).

Leur fils, Maurice Dupin, père de George Sand, et Sophie-Victoire Delaborde, sa mère, se marièrent en 1804. Ce mariage constituait une mésalliance et fut conclu à l’insu de Mme Dupin de Francueil. À l’automne 1805, au début des grandes guerres napoléoniennes, Maurice Dupin repartit en campagne. Il avait été nommé aide de camp du prince Murat .. Maurice Dupin est mort accidentellement d'une chute de cheval à la sortie de La Châtre, le 16 septembre 1808. Aurore est prise en charge par sa grand-mère... Marie-Aurore de Saxe meurt le 26 décembre 1821 à Nohant.

Aurore Dupin (alias George Sand) jeune
Aurore Dupin (alias George Sand) jeune

Aurore Dupin épouse Casimir Dudevant en 1822, un sous-lieutenant qui abandonne sa carrière militaire pour se consacrer au droit. Ils s’installent dans dans la propriété familiale de Nohant ( Berry) appartenant à la mère d'Aurore.

Peu cultivé, Casimir passe tout son temps à la chasse. Aurore tente d’amener son mari à lire et à écouter de la musique, ses deux grandes passions, mais leurs divergences d’éducation minent leur relation. Leur désaccord grandit avec le train de vie de son mari, plutôt attiré par les soirées de beuverie … Cette union est un échec sentimental, malgré la naissance de deux enfants, Maurice venu au monde le 30 juin 1823 puis Solange, quelques années plus tard, le 13 septembre 1828.

Ainsi, délaissée par son mari, Aurore n’a aucun mal à succomber aux charmes cultivés d’Aurélien de Sèze. En 1825 à Cauterets, leur rencontre bouleverse l’équilibre fragile du couple... Aurore et Aurélien se lancent dans une longue relation, principalement épistolaire.  A Nohant, elle noue une liaison avec Stéphane Ajasson de Grandsagne, originaire de La Châtre, de 1827 à 1828. La rumeur publique rattrape les amants et compromet l'équilibre précaire des époux Dudevant. Casimir se met à boire, devient odieux et entretient des relations avec les servantes

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George Sand par de Musset - 1833

Le 30 juillet 1830, la jeune femme ( 26 ans) fait également la connaissance de Jules Sandeau, âgé à l'époque de dix-neuf ans, lors d’une réception chez des amis, les Duvernet, au château voisin de Coudray. Celui-ci devient rapidement son amant.

La séparation d'avec Casimir est inévitable (le divorce n'existe pas à cette époque), elle sera prononcée en sa faveur le 16 février 1836, le tribunal de La Châtre reconnaissant prouvés les « injures graves, sévices et mauvais traitements ». Face à la grande fermeté de son épouse, Casimir Dudevant s'incline et ne veut surtout pas perdre l'usufruit des possessions d'Aurore. Elle obtient de partager désormais son temps entre Nohant et Paris, Casimir accepte également de lui verser une rente de 1.500 Francs. Elle retrouve alors Jules Sandeau, et partage à Paris la vie littéraire qui lui faisait tant envie.

georges-sand-alias-aurore-dudevant-french-writer-dressed-as.jpg      Dans ce Paris de 1831, en pleine effervescence romantique après la révolution de Juillet où les jeunes artistes et poètes du quartier latin portaient des costumes extravagants, Aurore mène une vie de bohème avec ses compagnons, allant dans les théâtres, les musées et les bibliothèques. Ayant obtenu de la préfecture de police de l'Indre une permission de travestissement... elle adopte un costume masculin, plus pratique et moins coûteux: elle endosse une « redingote-guérite », se noue une grosse cravate en laine, se fait couper les cheveux jusqu'aux épaules et met un chapeau de feutre mou. Aurore affiche sa liaison avec Jules Sandeau. Journaliste au Figaro, il lui présente ses amis, dont Balzac. Ils écrivent en commun un roman, Rose et Blanche, publié sous le pseudonyme de J. Sand.

Mais lorsqu’elle décide de publier seule son prochain roman, Indiana, - un roman d'amour contant l'histoire d'une jeune fille mal mariée - sous le pseudonyme de George Sand, Sandeau reprend la seule paternité du premier roman, mettant ainsi fin à leur relation.

Malgré l'épidémie de choléra qui sévit à Paris et occupe les esprits, celui-ci connaît un vif succès. Au mois de novembre 1831, elle écrit Valentine, premier roman berrichon,et entame une collaboration avec La Revue des Deux-Mondes, pour laquelle elle s'engage à rédiger une chronique. Le 29 mai 1836, dans ces pages très courues, elle dénonce ainsi le silence qui règne sous les toits, les affres de la vie conjugale. L'écrivain se lie aussi avec des personnalités du monde des lettres et des arts : le critique Sainte-Beuve, l'actrice Marie Dorval...

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Le Codex Manesse

Publié le par Perceval

Un chevalier et sa dame

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Lovers-hunting.jpg knight---women-dancing.jpg
illumination-of-courtly-love.jpg A Knight at woman's bedside

 

Le Codex Manesse ,( ou Große Heidelberger Liederhandschrift )  Codex-Manesse.-Zurich-1304-5.jpgest un recueil de chants médiévaux compilés et illustrés vers 1310. Il contient, sur plus de 700 pages, les portraits des poètes et les textes de chansons d'amour courtois. Par exemple, Henri d'Ofterdingen (1), qui était un troubadour allemand du XIIIe siècle ( fictif) , dit avoir participé au concours des Minnesänger à la Wartburg en 1207. 

Note: (1) Henri d'Ofterdingen (en allemand Heinrich von Ofterdingen) est un roman du poète romantique allemand Novalis, qui sera publié après sa mort par son ami Ludwig Tieck.

Pour plus d'images: c'est ICI:

Medieval-love.-Codex-Manesse.-Zurich-1304-5.jpg

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Derrière Le "Poilu", Cherchez La Femme ... -4- Madelon

Publié le par Perceval

La-Madelon-Carte-postale.jpgLa Madelon, parfois dénommée Quand Madelon, a été écrite par Louis Bousquet sur une musique de Camille Robert. Divers comiques-troupiers l'interprètent, notamment Charles-Joseph Pasquier, connu sous son nom de scène, Bach.

C'est le 24 avril 1914 que La Madelon aurait été créé...

Cette chanson n'eut aucun succès à ses débuts, lorsqu'elle fut interprétée par le chanteur Bach devant une assistance civile. Mais c'est au théâtre aux armées que cette chanson doit son immense popularité. Interprétée par ce même Bach en fin de récital, un soir où il avait épuisé tout son répertoire, devant une parterre de poilus en permission, ce fut tout à coup un véritable triomphe qui ne s'est pas démenti depuis. La Madelon passe depuis pour avoir gagné la guerre, et d'autres chansons ont repris avec succès ce prénom symbolique: "La Madelon de la Victoire" (1919) et "Victoire, la fille de Madelon" (1939).

 

 

1. Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre,
«Aux Tourlouroux», c’est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon
Comme son vin, son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon.
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour
Ce n’est que Madelon, mais pour nous c’est l’amour.

Quand Madelon vient nous servir à boireQuand_Madelon.jpg
Sous la tonnelle on frôle son jupon,
Et chacun lui raconte une histoire,
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n’est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire
Madelon ! Madelon ! Madelon !

2. Nous avons tous au pays une payse,
Qui nous attend et que l’on épousera,
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu’on lui dise
Ce qu’on fera quand la classe rentrera.
En comptant les jours on soupire,
Et quand le temps nous semble long,
Tout ce qu’on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon.
On l’embrass’ dans les coins. Ell’ dit : «Veux-tu finir…»
On s’figur’ que c’est l’autr’, ça nous fait bien plaisir.

Refrain.

3. Un caporal en képi de fantaisie
S’en fut trouver Madelon un beau matin
Et fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie
Et qu’il venait pour lui demander sa main.
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
«Et pourquoi prendrai-je un seul homme
Quand j’aime tout un régiment.
Tes amis vont venir. Tu n’auras pas ma main,
J’en ai bien trop besoin pour leur verser du vin».

Refrain.


Peu de chansons de 1914-1918 occupent dans l’imaginaire collectif une place aussi importante que « Madelon ... ». Cet hymne des poilus, véritable talisman qu’ils connaissaient tous par cœur, les touchait car elle exprimait exactement leur ressenti.

madelon.jpg

On a de Quand Madelon l’idée d’une chanson grivoise, faite pour amuser les « poilus » au café-concert. C’est le contraire : ceux qui l’entendaient pleuraient et la redemandaient parce qu’elle exprimait exactement leur ressenti : le propre d’une grande chanson. Il est vrai qu’elle propose une vraie mise en abîme pour le soldat : elle se passe dans un « tourlourou » (1) , un cabaret où l’on vient chanter, à l’écart des combats, et où s’installe peu à peu une petite économie parallèle, axée autour du divertissement.

Précisément, cette femme, Madelon, est là pour faire penser à toutes les autres. Elle donne du vin, rien de plus. Si l’on est trop entreprenant, « elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire » , généreuse comme une sœur, sans agressivité (l’inverse de l’horreur des combats), dont il ne faut pas tomber amoureux mais dont la présence et la gentillesse suffisent à assouvir le manque. Quand Madelon est donc tout l’inverse d’une chanson comique. « C’est l’hymne de cœur des poilus qu’il faut entendre avec sa mélancolie, comme un Lied de Schubert ! » , selon Olivier Hussenet, artiste permanent au Hall de la chanson. Cette chanson est un talisman. Certains affirment qu’on ne la chantait pas en allant se battre. C’eût été la galvauder. D’autres au contraire disent qu’ils se la répétaient en eux-mêmes pour ne pas s’effondrer. Comme une prière.

(1) L'origine du mot « tourlourou » reste sujet à interprétations. La plus vraisemblable semble celle d'un mot populaire voir argotique désignant un (éventuellement jeune) soldat d'infanterie. Il est aux Antilles le nom d'un crabe de terre ; les matelots comparant le fantassin à ce crustacé...
Il désignerait aussi ces comiques-troupiers qui ont, justement, assuré en partie la popularité de Madelon.


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 Le 1er août 1914, le gouvernement français décrète la mobilisation générale. Deux jours après avoir…
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 Les personnels de santé ont rarement vu une telle accumulation d’horribles blessures et de corps fracassés que…

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Effie Gray, J.Ruskin et E.Millais -2/2-

Publié le par Perceval

Alors qu'elle est mariée à Ruskin, elle pose comme modèle pour une peinture de Millais L'Ordre de libération, dans laquelle elle est représentée comme l'épouse fidèle d'un rebelle écossais qui a obtenu que son mari fût libéré de prison.

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The Order of Release, Sir John Everett Millais

Elle devient par la suite son amie, il accompagne le couple à l'occasion d'un voyage en Écosse, et Millais fait le portrait de Ruskin conformément aux principes artistiques de ce dernier.

Pendant le temps, qu'ils passèrent à Brig o' Turk dans les Trossachs (en Ecosse) , ils tombent amoureux l'un de l'autre.

Elle abandonne Ruskin et, avec le soutien de sa famille et d'un certain nombre d'amis influents, elle demande l'annulation de son mariage, ce qui provoque un énorme scandale, et leur union est annulée en 1854. En 1855, elle épouse John Millais à qui elle donnera huit enfants... Elle posera également pour un certain nombre de ses œuvres, notamment Peace Concluded (1856), qui l'idéalise comme une icône de la beauté et de la fécondité.

******

Un commentaire de cette « aventure », pourrait s'articuler sur la nuit de noces des Ruskins, et reconnaître chez cet homme, un symptôme du problème universel de la différence entre une image idéalisée et la réalité. Aujourd'hui encore, l'homme n'est-il pas impressionné par les multiples images de ce qui est censé être la femme idéale, et qui fait abstraction de la vraie vie, faite de rides, de poils et d'odeurs … ?

Effie-with-foxgloves-1853.jpg Effie-Gray-par-John-Everett-Millais-dans-les-annees-1860.jpg
Effie with foxgloves 1853 Effie Gray par John Everett Millais dans les années 1860

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effie-Gray-poster.jpg ruskin.jpg
   

Un long métrage tiré de cette histoire vraie, sortira bientôt dans les salles. Le film d'Emma Thompson « Effie Gray » raconte la mystérieuse relation entre l’artiste John Ruskin et sa nouvelle femme Effie Gray. Dakota Fanning tient le rôle-titre et le mari d’Emma Thompson, Greg Wise joue quant-à lui le rôle du peintre.




 

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Effie Gray, J.Ruskin et E.Millais -1/2-

Publié le par Perceval

Euphemia Gray ( Effie ) connaît John Ruskin depuis l'enfance. Ruskin (1819-1900) épouse Effie (1828-1897) en 1846.

Effie_Ruskin-1851-G-F-Watts.jpg
Effie Ruskin en 1851, par G F Watts

Après leur mariage, ils font un voyage à Venise, où Ruskin fait des recherches pour son livre The Stones of Venice. Toutefois, leurs tempéraments différents causent bien vite des problèmes : elle est naturellement extravertie et aime plaire, et s'adapte mal à personnalité « trop sérieuse » de son mari.

Ruskin, est connu comme critique d'art. Sa notoriété française doit beaucoup à Marcel Proust, qui forme son esthétique à l'école des livres de Ruskin.

Millais_Ruskin.jpg
Ce portrait de John Ruskin par Sir John Everett Millais (1853) est réalisé dans un style qui remplit les idéaux de Ruskin. Ruskin pose élégamment et naturellement sur le bord rocheux d'une cascade... La représentation est précise, non anonyme, dans un décor naturel. Avec réalisme, le peintre capture un moment précis, peut-être un moment de réflexion silencieuse ou de méditation...

 

Le premier ouvrage de Ruskin est consacré aux "Peintres modernes" dans lequel il se livre à une défense passionnée de William Turner. En 1845, amoureux de l'Italie, il y retourne seul, séjourne à Florence et à Pise, puis à Venise, découvrant les primitifs qui vont à jamais changer sa conception de l'art. Au retour, il s'attarde en France afin d'étudier les principaux monuments et, de ce voyage, tirera une étude "Les sept lampes de l'architecte" ( 1849 ) où, à l'opposé d'un Viollet-le-Duc, il développe une conception antirestaurationniste et affirme sa conviction que l'art et l'architecture d'un peuple sont indissociables de sa religion, de sa morale, de ses moeurs et de ses sentiments nationaux.

Ruskin vole au secours des pré-raphaélistes, à l'époque éreintés par la critique, et s'emploie à les défendre dans un pamphlet intitulé "Pré-Raphaeltism" ( 1851 ).

Conjuguant le social et l'esthétisme, Ruskin et Morris plaident pour le renouveau d'un artisanat de haute qualité, en mesure de libérer l'homme de la laideur et du machinisme productif...

Le mariage avec Effie Gray, après cinq années, est annulé pour « non-consommation ». Il continue à alimenter de nos jours des légendes nombreuses et variées, des suppositions. Effie épouse très vite le peintre John Everett Millais, un membre du mouvement préraphaélite dont Ruskin fut le mécène et le soutien... A la suite de ses déboires conjugaux, Ruskin sera sujet à plusieurs reprises de dépressions...

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Effie Ruskin 1851 - Thomas Richmond

Quand Effie rencontre Millais, Ruskin n'a eu de cesse de repousser la consommation de leur mariage. Ses raisons ne sont pas claires :

« Il faisait valoir diverses raisons, sa haine pour les enfants, des motifs religieux, le désir de préserver ma beauté, et c'est cette année qu'il m'a dit au bout du compte sa véritable raison... c'est qu'il avait imaginé les femmes tout à fait différentes de ce qu'il a vu que j'étais, et s'il n'a pas fait de moi sa femme, c'est qu'il s'est senti dégoûté de ma personne le premier soir, le 10 avril. » ( lettre de Effie à son père )

Ruskin déclare à son avocat au cours de la procédure en annulation.

« On peut trouver étrange que j'aie pu m'abstenir d'une femme qui pour la plupart des gens était tellement attirante. Mais si son visage était beau, sa personne n'était pas formée pour exciter la passion. Au contraire, il y avait dans sa personne certaines choses, qui l'ont bien montré. »

 

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Sue Lewin, la muse de Maxfield Parrish.

Publié le par Perceval

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Maxfield Parrish (1870-1966) était un peintre et illustrateur américain connu pour ses œuvres utopiques et éthérées. Né 'Frederick Parrish', il prend le prénom Maxfield, de sa grand-mère quaker. 

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 Dinky_Bird -Maxfield_Parrish -1904  Maxfield Parrish - Fountain of Pirene -
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 Cinderella -  Maxfield Parrish  -  Sleeping Beauty, 1912  - Maxfield Parrish -

Maxfield Parrish, à 33 ans, est un illustrateur connu, il vit dans une très grande propriété, avec sa femme Lydia. Il rencontre Sue Lewin (1889-1978), alors qu'elle n'a que 16 ans, et qu'elle est employée par sa femme pour l'aider aux soins de leurs deux jeunes enfants. Lydia ne posant plus pour lui, il fait poser la jeune nounou dans des costumes de conte de fées.

Lewin est vite devenue sa muse, le modèle pour ses illustrations les plus célèbres. Finalement Parrish emménage un atelier afin que lui et Lewin puissent travailler en étroite collaboration. ….

 

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 Parrish--photo-de-Lewin.jpg  Sue-Lewin-4.jpg

 

Les villageois de cette petite ville agricole sont scandalisés par ce mode de vie et même envoient une délégation pour rencontre l'artiste !. Mais Parrish et Lewin assurent que leur relation est purement platonique.... Ils seront ensemble pendant 55 années... Puis,alors que Parrish a 90 ans et Lewin 71 ans, la femme de Parrish meurt, le laissant libre de se marier avec Lewin... Cependant, il refuse! ... Alors, elle fait ses valises, quitte le domaine et retourne à son village où elle épouse quelqu'un d'autre. 

Parrish, peintre de génie à l'imagination débordante meurt, seul, quelques années plus tard.  

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Sue Lewin 3 Maxfield-Parrish--avec--Lewin-comme-modele.jpg

*****

 Maxfield-Parrish-Florentine-Fete--1916-petit.jpg

Un Fête florentine  -1916-

Étonnantes peintures murales (1910-1916)  de Maxfield Parrish peintes pour  la Salle à manger des « girls » à la Curtis Publishing Company de Philadelphie. 

Un observateur attentif remarque facilement le modèle préféré de Parrish, sa maîtresse Susan Lewin ; elle apparaît 166 fois dans ces peintures murales. Parrish lui-même se représente 10 fois.

Sue Lewin est représenté comme fille ou garçon, mais avec des positions, des coiffures et des costumes différentes. 

Maxfield-Parrish--A-Florentine-Fete--1911---detail.jpg Maxfield-Parrish-The-Lute-Players--1922-petit.jpg
   

Il a été une figure unique dans l'art américain, Parrish était célèbre pour les couleurs lumineuses qui ont marqué une grande partie de son œuvre. La teinte "Parrish bleu" a été inventée en reconnaissance pour sa couleur. Il a obtenu ce résultat dans ses tableaux en utilisant une technique spéciale impliquant plusieurs couches d'huile et de vernis.  

Parrish n'a fait partie d'aucun mouvement traditionnel ou d'aucune école, et a développé un style vraiment original.

Maxfield-Parrish-2.jpg

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Emma Florence Harrison

Publié le par Perceval

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Emma Florence Harrison (1877-1955) était une peintre et une illustratrice anglaise. ( Il y a un problème d'identification avec Florence Susan Harrison...? ( mystère ...?) )

Emma Florence Harrison, est née à Brisbane, en Australie, en 1877, à bord du clipper "Windsor Castle". Son père Norwood Harrison, était capitaine du navire qui transportait des émigrés en Australie et retournait au Royaume-Uni avec des cargaisons. Elle a passé une grande partie de son enfance, en mer.

Comme beaucoup de femmes de la génération de la Première Guerre mondiale, elle n'a jamais été mariée. Une profonde amitié avec l'écrivaine catholique irlandaise Enid Maud Dinnis, dont elle illustré quelques récits. Elle a eu une influence formatrice sur sa vie et son travail...

Son travail est axé vers la poésie et il met en évidence ses influences, que sont l'Art nouveau et l'art préraphaélite . 

Emma-Florence-Harrison---Three-Maidens---illustration-from-.jpg Florence-Susan-Harrison-Guinevere-and-Other-Poems-by-Alfred.jpg
Emma Florence Harrison - Three Maidens - illustration from  Early Poems  by William Morris Florence Susan Harrison Guinevere and Other Poems by Alfred Lord Tennyson, 1912
Florence-Susan-Harrison-Three-Angels-Bear-the-Grail---Guine.jpg Florence-Susan-Harrison-She-Made-Her-Face-a-Darkness-from-t.jpg
Florence Susan Harrison Three Angels Bear the Grail - Guinevere and Other Poems by Alfred Lord Tennyson, 1912 Florence Susan Harrison She Made Her Face a Darkness from the King - Guinevere and Other Poems by Alfred Lord Tennyson, 1912

Plusieurs de ses livres ont été publiés par Blackie and Sons. Entre autres ...

  • Goblin Market et autres poèmes "par Christina Rossetti
  • "Guenièvre et autres poèmes" Alfred Tennyson
  • "Early Poems" de William Morris
  • "Poèmes" de S. Ferguson ...
  • “Elfin Song”
  • “In the Fairy Ring”
  • “The Rhyme of a Run”
  • “Light of Love”
  • “Tennyson’s Dream Of Fair Women and other poems” de Alfred Tennyson
  • etc ...
Florence-Susan-Harrison-No-one-walks-there-now--Except-in-t.jpg Florence-Susan-Harrison-So-Like-a-Shatter-d-Column-Lay-the-.jpg
No one walks there now; Except in the white moonlight The white ghosts walk in a row - Early poems of William Morris, 1914 So Like a Shatter'd Column Lay the King - Guinevere and Other Poems by Alfred Lord Tennyson, 1912
Florence-Susan-Harrison-Sleep-at-Sea---The-Poems-of-Christi.jpg Florence-Susan-Harrison-Early-poems-of-William-Morris--1914.jpg
Sleep at Sea - The Poems of Christina Rossetti, 1910 Early poems of William Morris, 1914

 

L'imagination créative, permet plus qu'une simple invention. Elle participe au pouvoir de création, à partir d'abstractions ... Elle travaille au cœur de l'invisible, et permet - à ce qui est si mystérieusement caché du commun des mortels - de le révéler à la claire lumière de leur compréhension, ou du moins de leur compréhension partielle.

Ainsi, il y a dans les contes de fées, une vérité émotionnelle qui est si profonde qu'il y a peu de choses qui rivalisent avec eux ... Leur illustration, peut-être ...

Florence-Susan-Harrison-The-Poems-of-Christina-Rossetti--19.jpg Florence-Susan-Harrison-22.jpg
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Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -6/6-

Publié le par Perceval

J C Leyendecker
J C Leyendecker

On voit Gauvain exprimer ce désir au moment où il rencontre Clarissant au château des reines. La présentation de Clarissant ressemble beaucoup au portrait de Blanchefleur.

 

...ses cheveux aussi dorés

que l'or ou même davantage.

Elle avait la face blanche et, dessus,

Nature l'avait enluminée

d'une couleur vermeille et pure. (v. 7820- 7824).

La représentation de Clarissant est un ensemble d'éléments choisis par l’auteur qui interprète le désir du voyeur masculin, Gauvain. Son désir d'abord inconsciemment incestueux, car Clarissant est sa soeur sans qu’il le sache, est le désir d’une femme qui n'a pas de sexe désirant. Puisque la beauté de Clarissant est associée à la lumière divine, une lumière trouvée dans les portraits de la Madone et des saintes, la demoiselle devient cet être inaccessible qui n'existe qu'à travers le désir du chevalier; celui-ci tombe amoureux d'un portrait et non pas d'une femme de chair et d'os. La lumière sert aussi à porter l’oeil de l’observateur sur la surface plutôt que sur l’objet même de son angoisse. Tel est le cas de Guiromelant, le chevalier qui tombe amoureux de Clarissant sans jamais l'avoir vue.

a knight and his lady 11
 

Mais la femme comme représentation de la divinité peut -être souvent la mère du chevalier. Celle qui selon le modèle de la Vierge Marie est la représentation de la pureté et de la chasteté. Voyons d'abord la présentation de la mère du roi Arthur, père symbolique de tous les chevaliers.

 

Mais il avait tout lieu de le pressentir,
Qui en voyant les tresses blanches
qui lui tombaient jusque sur les hanches.
Elle était vêtue d'une robe de brocart
blanche, brochée de fleurs d'orfinement dessinées.


Comme Clarissant et toutes les autres femmes idéalisées dans le texte, la mère du roi Arthur est le symbole de la pureté représentée par le blanc de ses cheveux et de sa robe. Le fait qu'elle vit plongée dans une monde féminin renforce aussi sa pureté. Elle ne représente pas une menace pour Gauvain, parce qu’en représentant l'image divine de la mère symbolique de tous les chevaliers, elle représente aussi la mère qu'il n'a jamais connue et qui se trouve dans le même château.

John Everett Millais - Le Chevalier Errant (1870)
John Everett Millais - Le Chevalier Errant (1870)

Mais les femmes au château des reines ne représentent pas seulement la femme icône, elles représentent aussi un désir refoulé chez le chevalier. À travers ses aventures chevaleresques, Gauvain n'a jamais eu l'occasion de satisfaire son désir sexuel. D'abord quand il est avec la soeur d'Ivonet il est interrompu, et après, quand il est avec Clarissant, il ne peut pas combler son désir incestueux, le tabou par excellence. En plus, en apprenant qu'il doit rester prisonnier dans le château des reines, il veut en sortir. Vivre dans un monde féminin, c'est perdre son identité comme sujet masculin. Gauvain n'a pas encore trouvé la Lance-qui-saigne et il faut qu'il la trouve. Il faut aussi qu'il fasse preuve de sa virilité chaque fois qu'on menace son honneur chevaleresque. C'est ce désir d'être un homme viril qui l'aide à franchir le Gué Périlleux et à accepter le défi que lui propose Guiromelant.

Finalement, on voit que la femme n’a d’importance dans le texte que par rapport au désir masculin. Elle y existe comme adjuvant, celle qui aide le héros à réussir les aventures chevaleresques. Elle est femme médiatrice, celle qui informe le chevalier de tous les événements pour qu'il puisse agir correctement dans chaque épreuve de virilité qui se présente à lui.

Tacuinum Sanitatis, ca. 1400 Mandrake
Tacuinum Sanitatis, ca. 1400 Mandrake

Puisque, selon l'homme médiéval, la femme est naturellement un être inférieur, elle devient objectivée devant le regard masculin. D'une part, elle est idéalisée pour qu'ainsi le chevalier puisse éloigner de lui l'angoisse de la castration que la femme en tant qu’être manquant représente pour l’homme. D'autre part, elle est comparée à des animaux maléfiques, ce qui reflète la façon négative dont l'homme la perçoit. Quelle que soit la situation, la femme est toujours pour le chevalier un corps morcélé construit à partir des éléments de la nature selon le désir masculin. En n'ayant ni un corps réel, ni un désir sexuel, la femme n'est pas un sujet dans le texte. Sa présence textuelle s'efface complètement avec l'émergence du sujet masculin qui, étant le porteur du symbole du pouvoir, devient enfin le héros du roman.

 

Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes montre alors qu’à la fin du XIIe siècle le statut de la femme n’est pas trop élevé dans le roman médiéval, car elle reste désormais à l’ombre du héros chevaleresque qui s’en sert pour atteindre son désir.

 

Sources : Le désir masculin et l’absence du corps féminin dans Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes par Eugénia M. Neves dos Santos : Ph.D. Candidate Department of French The University of Western Ontario ; esantos@uwo.ca

 

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Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -5/6-

Publié le par Perceval

Lady-Bertilak-au-lit-de-Gauvain--du-manuscrit-original--art.jpgLa loi médiévale représente le pouvoir de l’oeil de la société qui regarde toujours ce qui se passe dans le couple amoureux. Quand Gauvain est en train d'échanger des baisers avec la soeur d'Ivonet, ils sont interrompus par un arrière-vassal. Au lieu de blâmer Gauvain, l’arrière-vassal accuse la demoiselle d'échanger des caresses avec un traître.

 

On a tort de l'appeler encore femme,

car elle en perd le nom

à n'aimer que le bien!

Mais toi, tu es bien femme c'est clair,

car l'homme qui est assis là, à côté de toi,

est celui qui a tué ton père, et il a tes baisers!

Mais quand une femme a trouvé ce qu'il lui

faut, le reste lui importe peu! (v. 5784-5791)

 Sir-gawain-2.jpg

On accuse explicitement la demoiselle d'être quelqu'un qui ne peut pas contrôler ses désirs. Selon cet arrière-vassal, voir ou non un chevalier qui soit un traître, ce n'est pas important; ce qui l’intéresse c'est le fait qu'elle va satisfaire son désir sexuel en échangeant des caresses avec le chevalier. La sexualité de Gauvain ou même son attitude vis-à-vis de la dame ne sont pas mises en question. La femme est celle qui séduit, celle qui veut être avec un homme à tout prix.

 

Pour confirmer cela, il nous reste le récit que l'Orgeuilleux de la Lande, l’ami de la demoiselle de la tente, fait à Perceval en lui disant que " la femme a si peur de consentir, mais désire qu'on la prenne de force... "(v. 3809-3811). La raison pour laquelle la dame doit se soumettre aux volontés d'un chevalier qui veut lui offrir son amour est qu'elle a toujours besoin de la protection d'un homme vaillant et viril. Comme on a vu avec Perceval, si la femme se trouve seule, elle court un grand danger, car elle peut souffrir toutes sortes de violences. Avec un homme qui peut la défendre en sortant vainqueur de chaque combat, elle est plus assurée d'être protégée. En plus, sa beauté va assurément refléter la valeur du chevalier, car celui qui a la femme la plus belle est celui qui a aussi la plus grande valeur dans le monde des hommes.

Arthur-Pyle_Sir_Gawaine_finds_the_beautiful_Lady.JPGEn effet, la beauté de la femme sert seulement au chevalier qui la choisit comme objet de son amour. C'est à dire, la femme narcissique, celle qui est trop sûre de sa beauté, a tendance à raccourcir le rôle de femme castratrice et pour cette raison elle représente une menace au chevalier. Telle est la situation quand Gauvain rencontre la jeune fille au miroir qui y "contemplait sa face et sa gorge qui étaient plus blanches que neige" (v.6588-6589). La façon dont Gauvain voit la jeune fille est le résultat de sa peur de la castration. Il ne voit pas son corps tout entier, il voit seulement sa face et sa gorge en niant alors que la femme ait un sexe. La demoiselle devient encore une fois la victime du désir masculin du chevalier qui, pour éloigner son angoisse, la transforme en être asexué.

Quoique Gauvain essaie d'éloigner de lui l'angoisse de la castration, il n'arrive pas à le faire, car il trouve toute une série de chevaliers qui ont perdu les têtes à cause de cette demoiselle qui les leur a fait trancher. Le miroir qu'elle porte à la main ne symbolise pas seulement le narcissisme féminin, mais aussi l'altérité de Gauvain . C'est à dire, l’image de la jeune fille dans le miroir renvoie à Gauvain la représentation de cet autre au phallus manquant qu'il ne veut pas devenir. Mais puisque, malgré ses efforts, il ne peut pas échapper à la réalité de son origine, il doit subir encore une fois la castration symbolique avec la jeune fille qui lui dit:

 

Je veux en tout premier me divertir

au spectacle de vos malheurs!...

Moi, je vais vous suivre, comme convenu

et je ne vous lâcherai pas,

jusqu'à ce que honte vous arrive. (v. 7104-7112)

Marianne Stokes (1855 Graz, Styria – August 1927 London)
Marianne Stokes (1855 Graz, Styria – August 1927 London)

En prononçant ces paroles à Gauvain la jeune fille lui fait subir une grande honte. Il doit absolument partir à la quête de la Lance-qui-saigne, symbole du phallus, pour ainsi reconstruire son honneur chevaleresque. Méchante et castratrice, la jeune fille occupe ici la même position que la demoiselle hideuse, car c’est à cause d'elle que Gauvain donne valeur à son désir de trouver la lance.

La jeune fille est aussi la femme fatale, une tentatrice qui valorise sa qualité séduisante en ne suscitant le désir masculin que pour le repousser. Cette femme castratrice lance à Gauvain le défi de la toucher en se faisant l’objet du désir du chevalier.

 

Si tu avais touché une chose

qui fût sur moi, de ta main nue,

et que tu l'eusses palpée ou caressée

je croirais en être déshonorée.

 

Ici la demoiselle parle à Gauvain comme si celui-ci avait les mains sales. C’est comme si elle avait été victime d’abus sexuel et que maintenant elle était obsédée de remettre continuellement en vigueur la scène originaire de disgrâce. En plus, les mots qu'elle utilise peuvent être aussi l'indication d'une grande pudeur. La représentation de la femme pudique apparaît très souvent dans la littérature médiévale comme critique de la femme. En accusant la femme de pudeur on l'accuse aussi de vouloir tromper l'homme qui veut une femme qui soit asexuée.

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Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -4/6-

Publié le par Perceval

Gawain-meets-a-wounded-knight-in-this-painting-from-Ludwig-.jpgPassons maintenant à Gauvain et à la façon dont il manifeste son désir vis-à-vis de la femme. Au contraire de Perceval, qui a quitté sa mère de manière brutale pour s'insérer dans le monde des hommes, Gauvain quitte le monde des hommes pour s'insérer finalement dans le monde des femmes représenté par le château des reines. Gauvain est déjà un sujet accompli dans le texte, car il est bien connu pour sa courtoisie et sa valeur chevaleresque.

Cependant, au moment où Guinganbrésil entre à la cour du roi Arthur et accuse Gauvain de trahison, sa virilité est mise en question. On se demande alors si Gauvain est réellement un chevalier de grande valeur comme tout le monde le croyait au début. Pour que personne ne doute de son identité chevaleresque, Gauvain doit prouver qu'il a été accusé injustement. Autrement dit, il doit reconquérir son honneur chevaleresque. En plus, en faisant subir à Gauvain et une castration symbolique et une castration publique, Guinganbrésil le fait retourner à l’origine de son désir, à savoir où aller chercher la Lance-qui-saigne, symbole du pouvoir masculin et de l’identité du chevalier.

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Gauvain part alors afin de reconquérir son identité comme sujet et sa première épreuve de virilité est au tournoi de Tintagel. Au tournoi il y a toute une série de dames qui regardent le combat entre les chevaliers. Entre les dames, il y a les deux filles de Thibaut dont l'aînée représente la femme castratrice, et la cadette l'innocence. La fille aînée est la femme castratrice, car elle accuse publiquement Gauvain de lâcheté; la fille cadette représente l’innocence, car elle ne suscite aucun désir sexuel chez Gauvain. La fille aînée de Thibaut veut avoir un chevalier fort et viril représenté par Méliant de Lis.Messire-Gauvain--la-fleur-de-la-chevalerie.jpg

 

Mesdames, quelle merveille!

Vous n'en avez jamais vu de pareille,

ni même entendu parler.

Voici de tous les jeunes le meilleur chevalier

que vous ayez jamais pu voir de vos yeux,

car il est beau et il fait mieux

que tous ceux qui sont au tournoi.

 

Quand elle voit Gauvain, elle l’accuse d’être quelqu’un de bas lignage, " car il use d'une indigne tromperie, en faisant transporter des écus et des lances et mener des chevaux par la bride " (v. 5150-5154). Elle sait que Gauvain peut tuer l'homme qu'elle désire et alors elle prend la position de la femme castratrice pour ainsi éviter cette fatalité. Pour que Gauvain sorte vainqueur du combat avec Méliant de Lis, il doit savoir qu'il vient d'être raillé par la fille aînée de Thibaut. Il faut qu'il subisse une castration pour enfin pouvoir continuer à désirer devenir sujet.

Gauvain-le-chevalier-aux-demoiselles.jpgLa femme joue encore une fois le rôle d'adjuvant vis-à-vis du chevalier qui en profite le plus possible. Le féminin contribue au bon passage du héros vers la suite de ses aventures.

 

Redevenu un chevalier honorable. Le désir sexuel se manifeste en lui pour la première fois dans le texte. On voit cela quand il se trouve tout seul avec la soeur d'Ivonet. À part la description de ce que sent Gauvain quand il la voit, on ne reçoit aucun détail sur l'apparence physique de la jeune fille. Il semble qu'elle n'est même pas importante dans le texte et que sa seule fonction est de devenir pour quelques moments l'objet d'amour de Gauvain (v.5750-5755).

On sait à travers le texte qu'elle correspond à l'idéal courtois, car on nous dit "qu'elle était si belle et si courtoise et qu'elle était d'une éducation parfaite" (v.5746-5747). La femme n'a pas d'individualité, elle doit se porter selon la loi médiévale et plus particulièrement, selon le désir du chevalier.

 

 

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