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La Fin des Livres

Publié le par Perceval

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

Octave Uzanne par Albert Robida (1888)

''La fin des Livres'' est un texte de 1894, publié dans les Contes pour les Bibliophiles, et illustré par Albert Robida (1848-1926).

Ce texte d'anticipation, est de Octave Uzanne (1852-1931) . Et, Uzanne avait vu juste, en partie. Le sonore, le visuel a pris le pas sur l'imprimé sur papier... !

Uzanne par Robida (1888)

Octave Uzanne est un bibliophile de grande réputation, il est aussi journaliste et essayiste. Il est connu également pour les ''études'' qu'il a fait des femmes :  Son Altesse la Femme (1885), "La Française du siècle" (1886), "La Femme et la mode", "Métamorphoses de la Parisienne de 1792 à 1892", "Tableau des moeurs et usages aux principales époques de notre ère républicaine" (1892), "La Femme à Paris", "Nos contemporaines", "Notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions" (1894), Les Modes de Paris. Variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897  (1898), "Études de sociologie féminine", "Parisiennes de ce temps, en leurs divers milieux, états et conditions", "Études pour servir à l'histoire des femmes, de la société, de la galanterie française, des moeurs contemporaines et de l'égoïsme masculin" (1910).

« Eh bien! mon cher bibliophile (...) ne nous direz-vous pas ce qu’il adviendra des lettres, des littérateurs et des livres d’ici quelque cent ans ? »

( …) l’imprimerie qui, à dater de 1436, régna si despotiquement sur nos esprits, me semble menacée de mort, à mon avis, par les divers enregistreurs du son qui ont été récemment découverts et qui peu à peu vont largement se perfectionner.

<-- Robida et Uzanne, agenouillés et présentant leur ouvrage à deux haultes personnes, à la façon des livres enluminés du moyen-âge.

( …) « Je me base sur cette constatation indéniable que l’homme de loisir repousse chaque jour davantage la fatigue et qu’il recherche avidement ce qu’il appelle le confortable, c’est-à-dire toutes les occasions de ménager autant que possible la dépense et le jeu de ses organes. Vous admettrez bien avec moi que la lecture, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, amène vivement une grande lassitude, car non seulement elle exige de notre cerveau une attention soutenue qui consomme une forte partie de nos phosphates cérébraux, mais encore elle ploie notre corps en diverses attitudes lassantes. Elle nous force, si nous lisons un de vos grands journaux, format du Times, à déployer une certaine habileté dans l’art de retourner et de plier les feuilles; elle surmène nos muscles tenseurs, si nous tenons le papier largement ouvert; enfin, si c’est au livre que nous nous adressons, la nécessité de couper les feuillets, de les chasser tour à tour l’un sur l’autre produit, par menus heurts successifs, un énervement très troublant à la longue.

La Fin des Livres

 (…) les paroles qui nous sont transmises par le tube auditif nous donnent une vibrance spéciale des cellules qui, par un effet constaté par tous les physiologistes actuels et passés, excite nos propres pensées.

« Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons; le phonographe détruira probablement l’imprimerie. Nos yeux sont faits pour voir et refléter les beautés de la nature et non pas pour s’user à la lecture des textes; il y a trop longtemps qu’on en abuse,

(…) « Nos oreilles, au contraire, sont moins souvent mises à contribution; elles s’ouvrent à tous les bruits de la vie, mais nos tympans demeurent moins irrités; nous ne donnons pas une excessive hospitalité dans ces golfes ouverts sur les sphères de notre intelligence, et il me plaît d’imaginer qu’on découvrira bientôt la nécessité de décharger nos yeux pour charger davantage nos oreilles. Ce sera une équitable compensation apportée dans notre économie physique générale. »

(…) il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-plumes en celluloïd, qui contiendront cinq et six cents mots et qui fonctionneront sur des axes très ténus qui tiendront dans la poche; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites; on obtiendra la perfection des appareils comme on obtient la précision des montres les plus petites et les plus bijoux; quant à l’électricité, on la trouvera souvent sur l’individu même, et chacun actionnera avec facilité par son propre courant fluidique, ingénieusement capté et canalisé, les appareils de poche, de tour de cou ou de bandoulière qui tiendront dans un simple tube semblable à un étui de lorgnette.

(…) l’auteur parlera son œuvre et la clichera sur des rouleaux enregistreurs et mettra en vente lui-même ses cylindres patentés, qui seront livrés sous enveloppe à la consommation des auditeurs.

(…) « Les auditeurs ne regretteront plus le temps où on les nommait lecteurs ; leur vue reposée, leur visage rafraîchi, leur nonchalance heureuse indiqueront tous les bienfaits d’une vie contemplative.

« Étendus sur des sophas ou bercés sur des rocking-chairs, ils jouiront, silencieux, des merveilleuses aventures dont des tubes flexibles apporteront le récit dans leurs oreilles dilatées par la curiosité.

(…) Le peuple « pourra se griser de littérature comme d’eau claire, à bon compte, car il aura ses distributeurs littéraires des rues comme il a ses fontaines.

« A tous les carrefours des villes, des petits édifices s’élèveront autour desquels pendront, à l’usage des passants studieux, des tuyaux d’audition correspondant à des œuvres faciles à mettre en action par la seule pression sur un bouton indicateur. ? D’autre part, des sortes d’automatic librairies, mues par le déclenchement opéré par le poids d’un penny jeté dans une ouverture, donneront pour cette faible somme les œuvres de Dickens, de Dumas père ou de Longfellow, contenues sur de longs rouleaux faits pour être actionnés à domicile.

(…) le phonographisme futur s’offrira à nos petits-fils dans toutes les circonstances de la vie; chaque table de restaurant sera munie de son répertoire d’œuvres phonographiées, de même les voitures publiques, les salles d’attente, les cabinets des steamers, les halls et les chambres d’hôtel posséderont des phonographotèques à l’usage des passagers.

(…) le futur grand journal phonographique?

« Ce seront des voix du monde entier qui se trouveront centralisées dans les rouleaux de celluloïd que la poste apportera chaque matin aux auditeurs abonnés ; les valets de chambre et les chambrières auront l’habitude de les disposer dans leur axe sur les deux paliers de la machine motrice et ils apporteront les nouvelles au maître ou à la maîtresse, à l’heure du réveil: télégrammes de l’Étranger, cours de la Bourse, articles fantaisistes, revues de la veille, on pourra tout entendre en rêvant encore sur la tiédeur de son oreiller.

(…) l’illustration sera abondante et réaliste; elle pourra satisfaire les plus exigeants. Vous ignorez peut-être la grande découverte de demain, celle qui bientôt nous stupéfiera. Je veux parler du KINÉTOGRAPHE de Thomas Édison, dont j’ai pu voir les premiers essais à Orange-Park dans une récente visite faite au grand électricien près de New-Jersey.

(…) « Le KINÉTOGRAPHE enregistrera le mouvement de l’homme et le reproduira exactement comme le phonographe enregistre et reproduit sa voix. D’ici cinq ou six ans, vous apprécierez cette merveille basée sur la composition des gestes par la photographie instantanée ; le kinétographe sera donc l’illustrateur de la vie quotidienne. Non seulement nous le verrons fonctionner dans sa boîte, mais, par un système de glaces et de réflecteurs, toutes les figures actives qu’il représentera en photo-chromos pourront être projetées dans nos demeures sur de grands tableaux blancs. Les scènes des ouvrages fictifs et des romans d’aventures seront mimées par des figurants bien costumés et aussitôt reproduites; nous aurons également, comme complément au journal phonographique, les illustrations de chaque jour, des Tranches de vie active, comme nous disons aujourd’hui, fraîchement découpées dans l’actualité.

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Gravures: en Noir et Blanc.

Publié le par Perceval

Henri Van Straten (1892-1944) fait partie du groupe flamand : ''Les Cinq'',qui, avec Jan et Jozef Cantré, Frans Masereel et Joris Minne, ont rhéabilité la gravure sur bois en Belgique

Henri Van Straten a laissé une œuvre graphique vaste et variée, mais aussi fortement imprégnée d’un engagement littéraire vis à vis de son époque. On dit qu'il est un expressionniste humaniste sensuel. Son ''Chemin de croix'' a fait quelque bruit ; on cite également : "Don Juan" (1925), "Landverhuizers" (1927), "La Boudeuse" (1931), "Dichter der Armen" (1932), "Het soldatenlief" (1934)  

Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)
Henri van Straten ( 1892 - 1944)

Henri van Straten ( 1892 - 1944)

Frans Masereel (1889-1972) est un graveur, peintre et illustrateur belge d'origine flamande. Il est mort à 82 ans à Avignon.

Artiste engagé, humaniste, libertaire, pacifiste antimilitariste, marqué par le tourment sanglant de la Première Guerre mondiale, ses œuvres dénoncent sans concessions les horreurs de la guerre, de l'oppression et de l'injustice sociale.  

Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -
Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -

Frans Masereel (1889 - 1972) peintre, graveur sur bois, illustrateur - gravure sur bois -

Vladimir Zimakov est un artiste contemporain qui vit et travaille à Los Angeles en Californie. Il est graveur, illustrateur, concepteur... Il enseigne également l' art et le design et mène fréquemment des conférences. Vous pouvez voir son travail ici sur son site 

Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov
Vladimir Zimakov

Vladimir Zimakov

Artemio Rodríguez est né à Tacámbaro, Michoacán, Mexique en 1972.

« Je base mon style sur des caractéristiques médiévales de la gravure sur bois: la simplicité de la ligne et un style visuel. Quand je crée mes images , je pense réaliser des illustrations pour un livre qui n'existe pas. Heureusement beaucoup de mes œuvres, ensuite, ont trouvé une place dans des livres... »

Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)
Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)

Artemio Rodriguez (b. 1972, Tacambaro, Michoacan, Mexico)

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Le ''Thanks giving Day''

Publié le par Perceval

Certains tableaux paraissent énigmatiques... Le plus souvent nous n'avons pas les clefs pour comprendre la scène qui se joue.

Cette peinture de 1896 est d'une artiste américaine : Alice Barber Stephens (1858 - 1932) appelée "Thanksgiving" et qui fait référence à une fête publique aux États-Unis, elle est célébrée le quatrième jeudi de Novembre.

Thanks giving Day est un jour férié, on exprime à Dieu sa gratitude et sa reconnaissance ; mais aussi à sa famille, et à ses amis, pour leur gentillesse, leur attitude …

Selon une vieille tradition de plusieurs générations dans une même famille on se retrouve pour le repas. Chacun, exprime des mots de remerciement pour toutes les bonnes choses qui sont arrivées dans sa vie pendant cette année. Les symboles de la fête sont la dinde farcie avec du sirop de canneberge ( cranberries ) et une grande tarte à la citrouille ; plats que leurs ancêtres mangeaient déjà en 1621 lors du premier dîner en l'honneur de 'Thanksgiving'. 

Si l'ambiance est à la fête, pourquoi tous les personnages de cette histoire regardent-ils le jeune homme assis le dos tourné.. Ils semblent le faire avec reproche, irritation, presque du dédain... ?  Qui est - il? Un fils, un frère, le mari de quelqu'un? Qu'a t-il fait juste avant? 

La peintre a exprimé très clairement le conflit, en plaçant tous les personnages face à nous, sauf le jeune homme. Leurs expressions faciales semblent pointer une mauvaise attitude de l'homme. 

Cette illustration est parue dans une revue américaine "Weekly Harper" le 28 Novembre 1896, et pourrait exprimer la réprobation générale devant ce jeune homme qui refuse de participer à cette fête et peut-être même ( dans ce cas précis …) de manger de la viande …

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Le couple, avec Norman Rockwell

Publié le par Perceval

Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell

Norman Rockwell, est né à New York (États-Unis) le 03/02/1894 ; Mort à Stockbridge (États-Unis) le 08/11/1978.

Il est l'un des illustrateurs les plus populaires des États-Unis. 

Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell
Le couple, avec Norman Rockwell

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Des ''jeux en société'' au XIXe siècle

Publié le par Perceval

Un recueil des jeux de sociétés parait sous le nom : « Les soirées amusantes ».

Au début du 19ème siècle, ces jeux sont forts appréciés, ils se trouvent en rapport avec l’esprit de la société d’alors qui ne manque pas d’une liberté que des moralistes sévères peuvent qualifier d’excessive. Mais que sont exactement ces jeux ?

Ce sont les jeux à pénitences. Parmi eux, on trouve, le colin-maillard assis, le pont d’amour, la pendule, le berceau d’amour, le chevalier à la triste figure ; des noms assez équivoques où la pénitence se trouve être systématiquement un baiser.

Nous retrouvons également la description de ces pénitences dans un petit recueil de 1829 : '' Les amusemens du bel âge ou choix de jeux de société ''.

Le baiser à la capucine consiste à embrasser un partenaire en lui tournant le dos et en lui tenant les mains.

Le baiser deviné (discerner qui  embrasse alors que les yeux sont clos), baiser son ombre (une jeune femme se place entre un mur et une lumière afin d'embrasser son ombre alors qu'un jeune homme essaie de se placer entre), le baiser le dessous du chandelier (un jeu de baisers qui implique des chandeliers)

Le baiser à la capucine (embrasser un partenaire en lui tournant le dos et en lui tenant les mains : voir photographies)

Le baiser à la religieuse (s'embrasser à travers les barreaux d'une chaise) etc...

Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle
Des ''jeux en société'' au XIXe siècle

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Des ''jeux en société'' en 1900

Publié le par Perceval

N'oublions pas, qu'au début du XIXe siècle le domaine des jeux est affaire d’adultes, on joue en bonne société avec peu d’accessoires … et ce n’est qu’à partir du milieu du siècle que les jeux de cartonnage apparaissent, et que l’on s’intéresse à l’enfant qu’il faut éduquer.

Sur ces cartes postales, plus exactement, sont représentés des ''gages'' ou punitions : l'Encyclopédie des jeux de Moulidars (1888) en recensent quelques uns, et les décrivent de manière que le paiement des gages soit, en quelque sorte, une agréable continuation de la partie du jeu lui-même …

Le Baiser de lièvre:

Il faut pour cela un petit cordon d’une vingtaine de centimètres avec un nœud au centre, les deux perdants mettent entre leurs dents le ruban et le premier qui saisi le nœud avec les lèvres embrasse l’autre et est déclaré plus aimant que l’autre.

Le Baiser à la religieuse :

Là, on a besoin d’une chaise et d’une image, pour l’expliquer.

 
  

 

Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury
Cartes illustrées de Gaston Noury

Cartes illustrées de Gaston Noury

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Garry Winogrand, photographe

Publié le par Perceval

Garry Winogrand, né le 14 janvier 1928 à New York (États-Unis), mort le 19 mars 1984 (à 56 ans) à Tijuana (Mexique), est un photographe de rue américain.

Principal représentant du mouvement de la photographie de rue, il est renommé pour son portrait des États-Unis de la deuxième moitié du XXe siècle.

Élève d'Alexey Brodovitch, Garry Winogrand est le fils spirituel de Walker Evans. En 1955, lorsqu'il prend connaissance du travail qu'a fait Evans sur les passants dans le métro de New York, Winogrand commence son « étude photographique de la vie américaine ». Son sujet : la rue. Piéton, passant lui-même, il va, pendant presque 30 ans, inlassablement enregistrer, de manière spontanée, la complexité comme la banalité ou les bizarreries de la vie urbaine. Il conçoit la rue comme une énigme, un théâtre où tout est possible et sujet à faire image. Il photographie les hommes, les femmes, les groupes, les foules… 

 

L'absence d'artifice, la neutralité de l'émotion, le rejet de tout formalisme, de toute esthétique a priori permettent au spectateur de rester libre dans son imagination, dans les convergences, les divergences, la composition qu'il peut faire à chaque image.  

Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe
Garry Winogrand, photographe

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Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -2/2-

Publié le par Perceval

Le plaisir sexuel en couple, au début du XXe siècle. -2/2-

Jusque-là, les relations sexuelles étaient évoquées de façon euphémique ou à l'aide d'un lexique renvoyant à la saleté ou au péché.

Désormais, on utilise des termes anatomiques, et on dit «sexe», «vagin», «coït»... Le langage se libère. Les consciences aussi. Tout cela déculpabilise les pratiques sexuelles.

Le couple s'érotise, ( Alain Corbin). L'acte sexuel lui-même, conduit jusque-là de manière assez primitive, va s'adoucir ..

Dans l'entre-deux-guerres, les caresses se généralisent, ainsi que le baiser profond sur la bouche, autrefois jugé scandaleux, même en privé (un arrêt de la Cour de cassation de 1881 le jugeait constitutif du crime d'attentat à la pudeur!), qui devient maintenant le symbole de la passion. Au lit, l'accent est mis sur les préliminaires. La sexualité buccale se développe. Cela va de pair avec le progrès de l'hygiène intime. Mais les femmes gardent une ancienne pudeur.

Dans les milieux populaires, même si on fait parfois l'amour en plein jour, à l'écurie ou sur la huche, on garde ses vêtements.

Et dans la chambre conjugale, on se déshabille, mais on reste dans le noir. S'aimer, ce n'est pas s'abandonner.

Cependant, à partir des années 1930, les femmes vont à la plage, elles portent un short, une jupe-culotte, elles montrent leurs jambes. Petit à petit, le corps se dévoile.

Les femmes ne parlent pas du plaisir, mais elles y pensent. Certaines trompent leur mari, le plus souvent avec quelqu'un de plus jeune, et se défendent en disant: «Il est plus habile que toi.» Ce qui veut bien dire qu'elles recherchent le plaisir. L'absence de sexualité heureuse dans le couple, même amoureux, commence à devenir une source de tracas.

 

Sources : L'historienne Anne-Marie Sohn ; et Alain Corbin, historien français spécialiste du XIXe siècle en France.

 

Illustrations de: 

Robert Auer, est un peintre et illustrateur croate. Il est né en 1873 à Zagreb (Empire austro-hongrois) et mort dans cette ville le 8 mars 1952 .  

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L'Amour et le XIXe siècle -1/3-

Publié le par Perceval

Après la révolution, le XIXe s. s'ouvre avec un souffle romantique : « Hâtons-nous, jouissons!» déclame Lamartine ; et se termine sous la loi des médecins 'hygiénistes' et des prêtres 'confesseurs'.. !

Après le libertinage, le XIXe marque le retour du sentiment amoureux. Toute la littérature du siècle - l’âge d’or du roman - en témoigne: Lamartine, Hugo, Musset, Stendhal, les sœurs Brontë…, les grands romans dépeignent des amours romantiques et contrariées. "C’est la cristallisation" comme dit Stendhal, décrivant Julien Sorel succombant à Madame de Rênal dans Le Rouge et le Noir, ou Balzac inventant comment tomber amoureux d’une femme de dos avec Le lys dans la vallée.

Le romantisme domine l’imaginaire amoureux du premier XIXe siècle. Et préfère la sublimation à la consommation sexuelle… Souffrir par amour devient une étape nécessaire de l’éducation sentimentale des amoureux. Il semble même que le ce siècle romanesque commence à faire vaciller les grandes stratégies matrimoniales. C’est-à-dire à faire peu à peu entrer l’amour dans le mariage.

Le XIXe s. répond à l’égalité des sexes défendue par les lumières par la misogynie, ou la transgression...

Pour le 'bourgeois', après 1848, la femme est faite pour la procréation, et l’élevage des enfants.

La femme est le fondement de la famille et le point d’attache qui permet aux hommes de se positionner dans la société.

 

Mais, le XIXe s. est un siècle hypocrite qui réprime le sexe mais en est obsédé. Traque la nudité mais regarde par les trous de serrure. Corsète le couple conjugal mais promeut les maisons de plaisir. A ce moment là, la transgression bouscule le jeu amoureux...

On ne vit pas, et on ne dit pas, la sexualité de la même manière selon que l'on est homme ou femme.

- Côté féminin, l'imaginaire est centré sur la pudeur: une jeune fille de bonne famille ne se regarde pas dans le miroir, ni même dans l'eau de sa baignoire; on prescrit des poudres qui troublent l'eau pour éviter les reflets (en revanche, les miroirs tapissent les murs des bordels). Les femmes connaissent mal leur propre corps, on leur interdit même d'entrer dans les musées d'anatomie. Le corps est caché, corseté, protégé par des noeuds, agrafes, boutons (d'où un érotisme diffus, qui se fixe sur la taille, la poitrine, le cuir des bottines).

- Côté masculin, ce sont des rituels vénaux et une double morale permanente: le même jeune homme qui identifie la jeune fille à la pureté et fait sa cour selon le rituel classique connaît des expériences sexuelles multiples avec des prostituées, des cousettes (les ouvrières à l'aiguille dans les grandes villes) ou une grisette, jeune fille facile et fraîche qu'on abandonnera pour épouser l'héritière de bonne famille. 

 

Comme le raconte Balzac dans Une double famille, il n'est pas rare de conserver, après le mariage, une «fille» entretenue.

La nudité complète entre époux sera proscrite jusque vers 1900 (la nudité, c'est pour le bordel !). 

On fait l'amour dans l'ombre, rapidement, dans la position du missionnaire, comme le recommandent les médecins, sans trop se soucier du plaisir de sa partenaire. 

Les femmes avouent-elles leur plaisir, surmontent-elles le mépris ou le dégoût que peut leur inspirer leur partenaire? Elles n'en parlent jamais dans leurs journaux intimes ou leurs correspondances avant les années 1860.

 

Dans les campagnes, on vit ses amours avec un peu plus de liberté.
La campagne, c'est un autre monde. Comme Jacques Solé l'a montré pour le XVIIIe siècle, on pratique une sexualité d'attente, on se déniaise dans les foins, on ferme parfois les yeux quand un cadet viole les petites bergères.

On se touche, on «fait l'amour», c'est-à-dire on se courtise. La fille abandonne au garçon le «haut du sac» ou elle se laisse «bouchonner». Dans certaines régions, on pratique le «mignotage» ou, en Vendée, le «maraîchinage», forme de masturbation réciproque. Dans les bals, les filles se laissent caresser sans que cela porte à conséquence. Curieusement, le baiser profond reste un tabou. De leur côté, les bourgeois rêvent de ces amours simples et libres. Mais ils en ont peur.

 

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin..

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The Saturday Evening Post

Publié le par Perceval

Le '' Saturday Evening Post '' du 09 Février 1957

Le '' Saturday Evening Post '' du 09 Février 1957

''The Saturday Evening Post'' semble avoir vu le jour le 4 août 1821 - même si le journal revendique sa création par Benjamin Franklin en 1728 avec le ''Pennsylvania Gazette'' - sous la forme d'un hebdomadaire qu'il conservera jusqu'au 8 février 1969.

Il s'impose au cours du XIXe siècle comme un journal familial et populaire, disons celui de la classe moyenne, proposant des articles de fond politiques et d'actualité, des chroniques sportives ou encore des feuilletons.

Saturday Evening Post - 1906-04-07 - Saturday Evening Post - 1909-11-06 -

En 1897, Curtis part de l'idée que le principal intérêt d'un homme dans la vie est sa réussite dans l'entreprise; ainsi, aussi bien les documentaires que la fiction concernent la vie d'hommes d'affaires, et de leur épouse. Le point de vue de cette revue, conservateur et sa forte admiration pour la réussite matérielle correspond aux goût de la classe moyenne, qui chaque jeudi soir s'installe dans un fauteuil avec elle....

Cover Saturday Evening Post, 1920 par J.C. Leyendecker,  The Saturday Evening Post - 6 March 1920 -

Dès le début du XXe siècle, le Post offre systématiquement à ses lecteurs une couverture illustrée présentant une scène de la vie quotidienne. Les plus connues des couvertures du journal sont probablement à mettre au compte du peintre Norman Rockwell. Dans les années 1920 et 1930, le journal publie des nouvelles de certains grands auteurs comme Agatha Christie, Francis Scott Fitzgerald ou John Steinbeck.

 

 

 

 

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Le jeu du Mah-Jongg -1924-  1933 Saturday Evening Post Cover ~ Marland Stone
Cover dated October 19, 1940 - Sat_navy Saturday Evening Post - 1959 -
Saturday Evening Post _ 1987 05-06 Mia Farrow as Daisy Buchanan

 

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