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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Sur le désir de connaître ce mystérieux ''sexe féminin'' le XVIIIe s. s'étale entre vision médicale ( mécaniste) et vision fantasmée... Ainsi exprimée par Félicité :

« Que Dieu vous garde, ma chère maîtresse [c’est Félicité qui parle], d’être jamais dans le cas de passer par la casserole de saint Côme ! Comme la plus belle femme cesse alors d’être l’image d’une divinité ! Quelle humiliation ! Quelle différence d’étaler ses charmes aux yeux d’un fouteur plein d’ivresse, ou bien à ceux d’un inanimé docteur, qui ne voit dans tout cela qu’une machine immonde, détraquée, qu’il s’agit de purifier et de réparer ! Quelle barbare nomenclature au lieu de ces jolis ou joyeux noms qui, dans le plaisir, sont prodigués aux attrayants objets de mille folies ! »

L’appareil génital féminin peut être comparé à un « gouffre aussi insatiable que Charibde ». Code de Cythère ou le Lit de justice d’Amour., de Jean-Pierre Moet (1746).. Le gouffre, la grotte : lieu souterrain, obscur, un piège aussi … !

« Je me dépêche d’arriver à la grotte charmante qui termine le labyrinthe. Quand on y est, il semble qu’on soit séparé de l’univers, on y marche sur les roses et on en est couronné. J’y vais souvent surtout quand le soleil se couche. L’attrait y mène, l’enchantement y retient, on y rêve… à ce qu’on veut » (Les Malheurs de l’inconstance,).

Nerciat réunit en l’effrénée Mme de Caverny la figure de l’hystérique, de la femme-gouffre et plus généralement de l’excès spécifiquement féminin très souvent illustré dans les romans libertins...

« Il faut être folle pour imaginer ce que tenta pour lors l’effrénée Mme de Caverny. D’une main, qui peut à peine seconder son dessein, elle saisit à la fois les deux boute-joies ; enjambe ; les enfourche ; et les présente accolés à l’orifice brûlant de sa spacieuse vulve. Tous deux y pénètrent et reconnaissent qu’elle peut fort bien les héberger. […] Les instruments de son bizarre caprice, malgré la gêne de l’attitude et leur inexpérience à pareil travail, s’en acquittèrent pourtant assez bien : elle tomba dans une crise indicible… les inonda tellement qu’ils ne s’aperçurent presque plus d’être deux ; et fit craindre, un moment, qu’elle n’eût trouvé tout de bon la mort dans ce monstrueux excès de libertinage. » Le Diable au corps de Nerciat

Qu'est-ce donc que ''le diable au corps'' ? C'est « Ce surcroît de possession m’exalte, me met hors de moi : je ne suis plus une simple femme, je suis une démoniaque en délire, dont Priape et Bacchus brassent le sang ; je sanglote ; je siffle comme un serpent ; je jure ; je mords ; je broie à grands coups de mon croupion convulsif les deux fouteurs, […]. » La marquise dans Le Diable au corps de Nerciat

La femme est souvent conçue, au XVIIIe siècle, comme très largement déterminée par son corps, et en particulier par son utérus, cause, entre autres maladies et dysfonctionnements du corps et de l’identité féminins, de l’hystérie.

Et l'homme ? Il y a risque que le sexe masculin soit rendu impuissant par l’appétit sans borne du sexe féminin...!

« Je ne souhaitais plus que la mort : j’avais perdu le pouvoir de jouir de la vie, l’anéantissement était le but de tous mes désirs. J’aurais voulu me cacher éternellement ce que j’avais été, je ne pouvais penser sans horreur à ce que j’étais. « Le voilà donc, disais-je au fond de mon coeur, le voilà cet infortuné père Saturnin cet homme si chéri des femmes, il n’est plus : un coup cruel vient de lui enlever la meilleure partie de lui-même : j’étais un héros, je ne suis plus qu’un... Meurs, malheureux, meurs, peux-tu survivre à cette perte, tu n’es plus qu’un eunuque ». Saturnin, dans Le Portier des Chartreux, atteint par la vérole...

La courtisane serait en toute lumière une: « Eve moderne dont la nature est de tromper. »

Et, la Margot de Fougeret de Monbron, en se faisant représenter en « Madeleine pénitente » par « tous les Apelles et barbouilleurs de Paris», illustre en elle cette ambivalence de la figure de Marie-Madeleine, à la fois voluptueuse ( jusqu'à être incarnée par le corps d’une courtisane) et pénitente.

Notes :

Les Malheurs de l'Inconstance de Claude-Joseph Dorat (1734-1780) est publié en 1772, et Les Liaisons Dangereuses le furent en 1782. Et, à quelques détails, les deux intrigues présentent d'évidentes similitudes.

Roman épistolaire : la narration se fait par lettres successives que les différents protagonistes s'envoient les uns aux autres mais seul le lecteur a une vue de l'ensemble de ces lettres...

Le Duc de ***, libertin cynique, éconduit par Madame de Syrcé, décide de se venger : « Je n'ai pu la déterminer en ma faveur, je veux la séduire par procuration ».

Il confie cette mission à son cousin, le Comte de Mirbelle, dont le cœur est déjà pris par une Anglaise, Lady Sidley. il le pousse dans les bras de la belle puis veux rendre public la liaison, et en causer la rupture … Et ; Madame de Syrcé et le Comte de Mirbelle vont se prendre au jeu, et tomber réellement amoureux l'un de l'autre...

Si Madame de Syrcé est mariée, la belle anglaise Lady Sidley a le coeur pris par le Comte de Mirbelle ; et les vilaines manoeuvres du Duc de *** vont peu à peu être mises à jour...

* Claude-Joseph Dorat (1734-1780). Né dans une famille de robe,et après avoir quitté l'armée, il se mit à fréquenter le monde des lettres, du théâtre et des femmes à la mode où il épuisa son patrimoine en dépenses pour ses plaisirs et pour l'impression de ses ouvrages.

Homme de théâtre, poète, il fut avant tout apprécié comme romancier. Estimé de son temps pour ses deux grands romans: Les Sacrifices de l'Amour (1771) et les Malheurs de l'inconstance (1772)... Amant de Fanny de Beauharnais ( féministe, écrivaine, salonnière ..;) , elle le secourut quand il fut ruiné...

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 7/. -

Publié le par Perceval

L'interdit : La pudeur

L'une des composantes du plaisir libertin est de passer outre les tabous...

« (…) franchir les limites de la décence et de la pudeur... » Les sérails de Paris (1802)

La femme doit être pudique...

La pudeur serait comme une « maladie inhérente au sexe féminin3 », « qu’en qualité de femme elle ne [peut] s’empêcher d’avoir...», « inhérente au sexe féminin » elle est aussi ce « qui prévient bien des désordres dans le monde » : Éléonore ou l’heureuse personne

« […] on doit toujours respecter la décence ; la volupté même, en se parant de son voile, en devient plus enivrante. Quoique d’une morale peu sévère, je n’ai jamais cessé de rendre hommage à cette vertu ; et lorsque je m’oubliais moi-même, je n’oubliais pas la pudeur. » Félicité de Choiseul-Meuse

« Je voudrais bien que vous me dissiez à quoi sert cette hypocrisie qui vous est commune à toutes, sages et libertines. Sont-ce les choses qui vous effarouchent ? Non ; car vous les savez. Sont-ce les mots ? en vérité, cela n’en vaut pas la peine. S’il est ridicule de rougir de l’action, ne l’est-il infiniment davantage de rougir de l’expression ? » Mangogul se plaint de l’hypocrisie de la pudeur de Mirzoza, dans les Bijoux indiscrets de Diderot

La femme serait-elle destinée ''par nature'' au libertinage ou à la pudeur... ?

« On n’exigera de toi rien de difficile. Je t’avais déchiffrée d’abord. Tu es née pour nos plaisirs. Tes bégueules de tantes, de chez lesquelles il a fallu tant de peine pour t’arracher, auraient, avec leur bigoterie et leur sotte pudeur, gâté le plus heureux naturel. Faire de toi une vestale, ou du moins l’obscure épouse de quelque malotru d’artisan ! c’était un beau projet, ma foi ! Laissons ces vertueux métiers aux laides, aux maussades ; mais une jolie femme, dans quel état que le sort l’ait fait naître, se doit aux voluptés. Toutes à tous, voilà quel doit être notre cri de guerre : c’est ma devise au moins. Je veux qu’elle soit aussi la tienne. Tu te trouves bien sans doute des douces habitudes que je t’ai fait contracter ? Quant à moi, je suis, par mon système, la plus heureuse des femmes. Nargue des préjugés, et donnons-nous en tant et plus. » Nerciat, Le Diable au corps

 

« Trois sortes de pudeur sont donc à distinguer dans le roman libertin : la pudeur réelle, la pudeur feinte ou hypocrite, mais aussi donc, la pudeur imposée à la femme par des conventions sociales qui sont extérieures à son tempérament naturel et qui la contraignent dans son être, toujours dans le refus de toute dichotomie chrétienne entre l’âme et le corps. » Morgane Guillemet

« Dans la foule des femmes auprès desquelles j’ai rempli jusqu’à ce jour le rôle et les fonctions d’amant, je n’en avais encore rencontré aucune qui n’eût, au moins, autant d’envie de se rendre que j’en avais de l’y déterminer ; je m’étais même accoutumé à appeler prudes celles qui ne faisaient que la moitié du chemin, par opposition à tant d’autres, dont la défense provocante ne couvre jamais qu’imparfaitement les premières avances qu’elles ont faites. » lettre CXXV de Valmont des Liaisons dangereuses.

Le couvent : l'un des lieux emblématiques du roman libertin :

« Il est peu de jeunes gens dont l’idée des faveurs d’une jeune et belle religieuse n’allume vivement les désirs. Tendresse, nouveauté, difficulté vaincue, mystère, sûreté, tout cela concourt à séduire en faveur des appas cloîtrés. » Nerciat

L'homme qui pénètre dans un couvent sera nécessairement l’objet de toutes les convoitises et des désirs insatiables des pensionnaires. « La représentation que se fait le roman libertin du couvent est en tout premier lieu celle d’un espace où la fureur érotique s’empare nécessairement du corps féminin.. » M. G.

« Toute jeune que j’étais, quand ma mère, après la mort de son quatrième mari, vint demeurer dans ce couvent en qualité de dame pensionnaire, je ne laissai pas d’être effrayée de la résolution qu’elle avait prise : sans pouvoir distinguer le motif de ma frayeur, je sentais qu’on allait me rendre malheureuse. L’âge, en me donnant des lumières, m’éclaira sur la cause de mon aversion pour le cloître. Je sentais qu’il me manquait quelque chose : la vue d’un homme. » Le Portier des Chartreux,

"Parvenue à ce degré de lumières, je me sentis agitée du désir le plus violent de voir dans un homme l’original d’une chose dont la copie (le godemiché) m’avait fait tant de plaisir. » Themidore, le roman de Godard d’Aucour, en 1744

La grille du couvent – qui s'oppose à la jouissance - représente les préjugés, les frustrations ...

« Depuis deux heures que j’étais près de ma chère amie, mon tempérament était devenu extrêmement violent : il était encore animé par l’obstacle. Celui de Rozette, qui se reposait depuis longtemps, était au moins égal au mien […] » Themidore

Verland, dans Le Portier des Chartreux, n’a que « le temps de passer la main au travers de la grille, de prendre les tétons [de Monique], de [les lui] manier...»

Thémidore, quant à lui, insiste sur les difficultés qui s’opposent d’abord pour embrasser sa maîtresse, ensuite pour toucher « au séjour de l’amusement », ce à quoi il parvient mais sans jamais pouvoir atteindre à la félicité....

Laure, dans le roman de Mirabeau : « Je te fis monter sur l’appui de la grille, tes mains posées sur mes épaules ;je te soutenais. Valfay releva ces habits noirs qui faisaient briller l’éclat et la blancheur de tes fesses charmantes ; il les maniait, les baisait, leur rendait l’hommage qui leur était dû. Ton petit conin, encadré dans un des carreaux de la grille, était un tableau vivant qui l’enchantait. Il lui donna cent baisers. Mais pressé de couronner son bonheur, il te le mit […] ». Le Rideau levé ou l'éducation de Laure

Notes :

Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse (1745) , de Claude Godard d'Aucour (1716-1795), fermier général en 1754, receveur général des Finances à Alençon en 1785. Ce roman licencieux a fait mettre à la Bastille le libraire Mérigot, parce qu'on ne pouvait y mettre l'auteur lui-même.

Jeune conseiller au Parlement, le narrateur rencontre Rozette à l'occasion d'une partie fine. Il s'en éprend aussitôt. Passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs débats amoureux. Averti de cette liaison scandaleuse, le père du conseiller fait enfermer Rozette au couvent de Sainte-Pélagie. Son amant devra déployer des trésors d'imagination pour qu'elle parvienne à s'en échapper.
Dans ce court roman publié en 1745, Godard d'Aucourt ne ménage ni les puissants ni la religion. Il excelle dans l'ironie, dans la périphrase suggestive. L'impertinence de son esprit et la vivacité de son style ont enchanté Maupassant, selon lequel «Thémidore est une merveille de grâce décolletée».

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Publié le par Perceval

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Martial Lenoir, photographe de mode et portraitiste, est né en 1971 au Pays Basque.

Il vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école EFET (École supérieure de Photographie et d’Audiovisuel) en 2003, il devient assistant photographe au Studio Daguerre à Paris, et travaille avec des photographes comme Nacer Messili, Gérard Harten et Francis Hammond.

En 2009, il est primé au Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles avec sa série La loge des rats.

En 2011 il est lauréat du prix Argentique, du Jury Ilford. La même année, il expose sa série Les Garçonnes au Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles à la Chapelle Sainte-Anne.

En 2012, il commence sa série Les reflets du désordre qu'il clôt en 2014 par l'exposition à la Galerie Schwab Beaubourg.

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

La composition de ces photos, par leur complexité, dévoile petit à petit la beauté des visages, puis des corps... Elle joue des reflets, de ce qui est caché et découvert ; il y émane une atmosphère et un érotisme esthétique...

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial LenoirReflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Chaque photo offre multiples sens de lecture ; du détail au plan large, de ce qui est visible et révélé par les reflets du miroir à ce qui est encore caché. Se rajoute une coloration ancienne qui ajoute en étrangeté ; également un travail sur le flou, et la lumière... Tout cela rattache ces photographies à une composition en peinture

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial LenoirReflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Ces « Reflets du Désordre » exposent un hommage masculin à la féminité, et son érotisme... Il s'agit de révéler, sans perdre du mystère... Il ne s'agit pas seulement d'un parfum d'un autre temps, celui des femmes lascives et corsetées 1900. Il s'agit d'exprimer une fois de plus le fantasme de ''La Femme''.

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 6/. -

Publié le par Perceval

Un lieu est le support privilégié du fantasme masculin, support imaginaire du Mythe de la Femme : ce lieu c'est le ''gynécée'' : l'appartement des femmes dans les maisons grecques et romaines. Au XVIIIe siècle, apparaît dans l'imaginaire libertin et au delà : le harem oriental... Ces lieux d’intimité féminine énigmatiques interdits à toute présence masculine...

Ces lieux offrent l'avantage – dans l'optique libertine – de tenir le corps féminin, disponible, enchanteur, désirable et multiple … !

L'Orient est à la mode, au XVIIIe siècle : Antoine Galland a traduit du syrien les contes orientaux des Mille et Une Nuits (entre 1703 et 1717) ; ce qui inspirera Les Lettres persanes de Montesquieu, et un corpus plus léger ...

Ainsi notons : le Sopha de Crébillon fils en 1742, Les Bijoux indiscrets de Diderot en 1748, Les Mémoires turcs de Godard d’Aucour en 1750, les Noeuds enchantés de Fanny de Beauharnais en 1789...

Les Bijoux indiscrets de Diderot évoquent la cour du sultan Mangogul en ces termes : « on entrait aussi librement dans leurs appartements que dans aucun couvent de chanoinesses de Flandres ; et on y était aussi sage» ; la narratrice d’un roman paru anonymement en 1754, Histoire de Mademoiselle Brion, utilise sans cesse la métaphore du sérail, parfois en l’associant à celle du couvent comme elle le fait lorsqu’elle évoque, dans une expression évocatrice de par son double sens, les « soeurs du sérail».

A noter que le ''couvent'', réunit lui aussi quelques unes de ces caractéristiques : il n'est pas exotique, mais il est relié au contexte français, et il est porteur d'un côté subversif...

Le fantasme du sérail, se développe naturellement dans les ''maisons closes'', ce qui est décrit dans Les sérails de Paris, ou Vies et portraits des dames Pâris, Gourdan, Montigny et autres appareilleuses. Ouvrage contenant la description de leurs sérails, leurs intrigues...

Se rajoute donc, la fonction économique du corps féminin... Le fantasme se raccroche alors au sérail, qui arrache les femmes au commerce des hommes...

Atalide, jeune Française enlevée par les Turcs pour devenir l’une des épouses d’Achmet Dely-Azet dans les Mémoires turcs de Godard d’Aucour, commente sa vie :

« Je suis maintenant à Constantinople dans un esclavage que vous avez su me rendre aimable. Le sérail vu de plus près, loin de me déplaire, me paraît un séjour délicieux. L’habitude d’y jouir d’une vie exempte de soins, et toute consacrée à l’amour, a totalement changé mon coeur. La liberté n’a plus de charmes pour moi. »

Saturnin, dans Le Portier des Chartreux, se réjouit à l’avance :

« […] l’espérance d’y goûter sans contrainte toutes les délices de l’amour dans les bras d’un nombre de jolies femmes dévouées à mes désirs offrait à mon coeur une immensité de plaisirs que tous les efforts de mon imagination ne me rendaient que faiblement »

Bien sûr difficile d'échapper, aux règles d'échange entre hommes et femmes, de ce modèle libertin. Cette circulation de la femme dans ce système animé par des hommes, fait d'elle un bien de consommation, et d'échange... Le rôle social du Souper, fait de la femme un point de rencontre entre des gens que rien ne lie...

Si le système économique et masculin semble dominé le principe libertin ( la femme est ''entretenue''), le principe de séduction est réglé par la figure féminine porteuse de ruses et de stratagèmes

Monsieur de Gr*** M*** et le frère Alexis prodiguent leurs « salutaires conseils » à Margot :

« Toute personne du sexe qui veut parvenir doit, à l’imitation du marchand, n’avoir en vue que ses intérêts et le gain. Que son coeur soit toujours inaccessible au véritable amour. Il suffit qu’elle fasse semblant d’en avoir, et sache en inspirer aux autres.

Que celui qui la paie le mieux ait la préférence sur ses rivaux. Qu’elle transige le moins qu’elle pourra avec les gens de qualité : ils sont la plupart hautains et escrocs. De gros financiers renforcés sont plus solides et plus aisés à gouverner ; il n’y a que manière de les prendre.

Si elle est sage, elle éconduira les greluchons : outre que ce sont des animaux qui n’apportent aucun profit à la maison, ils en éloignent souvent ceux qui la soutiennent.

Lorsqu’il se présentera pourtant quelque bonne passade, qu’elle ne se fasse pas scrupule d’une infidélité : c’est le casuel du métier.

Qu’elle imite autant qu’il lui sera possible, la frugalité de Mademoiselle Durocher, et ne se permette les bons morceaux que quand ils ne lui coûteront rien.

Qu’elle ait soin de placer son argent à mesure qu’il lui viendra, et s’en fasse de bonnes rentes.

Si un étranger et un Français, également à leur aise, se trouvent en concurrence auprès d’elle, qu’elle n’hésite pas à se déclarer en faveur du premier.

Indépendamment de ce que la politesse le requiert, elle y trouvera mieux son compte, surtout si elle a affaire à quelques mylords de la Cité de Londres ; Ce sont des gens qui, quoique des cancres au fond, sont capables de se ruiner par orgueil pour qu’on les croie plus riches que nous […]. »

Margot la ravaudeuse de Louis-Charles Fougeret de Monbron (1800)

La femme, alors, n'est plus seulement ''objet''...

« Quoique je n’eusse encore ruiné qu’un seul homme, j’avais déjà assez de bijoux et de précieuses nippes pour pouvoir tenir mon rang parmi nos principales sultanes, et occuper comme elles une chaise au bord de l’orchestre, la jambe nonchalamment croisée sur le genou. Il faisait froid alors. Jamais on ne se montra dans un négligé plus fastueux et plus imposant. Mollement enveloppée sous l’hermine et la martre zibeline, j’avais les pieds dans une boîte couverte d’un velours cramoisi, […]. Dans cet orgueilleux appareil, je faisais d’un air distrait des noeuds avec une navette d’or. Quelquefois je regardais à ma montre, et la faisais sonner. J’ouvrais toutes mes tabatières l’une après l’autre, et me portais de temps en temps au nez un superbe flacon de cristal de roche pour des vapeurs que je n’avais pas. Je me penchais pour dire des riens à mes compagnes, afin que les lorgneurs curieux pussent juger de la tournure élégante de mes membres. En un mot, je commis ce soir-là cent impertinences, dont les benêts de spectateurs étaient enchantés. »

Cette comédie doit s'adresser à un certain baron, qui est alors « plongé dans une espèce de ravissement extatique » Margot la ravaudeuse, précise qu’elle n’était « point fâchée [que le baron qu’elle cherche à séduire la] vît. »

Cette ''Femme'', devient dans un réseau de concurrences et de sociabilités proprement masculines, et surtout son corps, ne sert finalement que de faire-valoir à ces fiertés. Ainsi que le remarque Godard d’Aucour, « il en est de ces femmes comme d’un équipage, certaines gens auraient honte d’être vus à pied et de n’avoir point de maîtresse».

La femme, devient l’objet de la conversation des hommes :

« Eh bien ! mon pauvre Rondain, dit-il à mon monsieur, en lui frappant sur l’épaule, c’est donc cette petite personne-là qui est la souveraine de ton coeur ? Je t’en fais mon compliment, elle est d’une beauté à ravir, elle est faite pour faire tourner la tête à tout l’univers. Mais, mais, marquis, disait-il en s’appuyant négligemment sur un de ceux qui l’accompagnaient, de grâce admire-moi ce minois-là, c’est une divinité ! c’est un prodige ! un miracle ! Ah ! parbleu, cela vaut mieux qu’un Rondain. » Les Mémoires de deux amis. Roman attribué à Paul Baret et paru en 1758.

Enfin, après le sérail, le couvent, ou le bordel ; n’oublions pas parmi les lieux saturés de la présence féminine : les jardins du Palais-Royal :

« C’est dans cette espèce de jardin de franchise que nous usons, en toute liberté, du droit de faire les femmes de conséquence, et de braver impunément l’oeil du spectateur par nos grands airs et notre orgueilleux étalage. […] Une multitude infinie de jolies femmes de toute espèce en font un des principaux ornements. Les espaliers qu’elles forment sur des sièges le long des arbres de la grande allée offrent à l’oeil émerveillé un spectacle aussi pompeux que riant et récréatif, et dont l’admirable variété est au-dessus de toute description.. » Margot

« On était alors dans la belle saison, et nous allions nous promener le soir au Palais-Royal, mon gouverneur et moi. […] Le jardin était déjà peuplé d’un grand nombre de femmes ; mais il en vint sur les huit heures un renfort considérable. A la quantité de leurs pierreries, à la magnificence de leurs ajustements, et à la foule de leurs poursuivants, je les prie au moins pour des duchesses. » Sélim, dans Les Bijoux indiscrets de Diderot

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l’ambiguïté féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Promenade du Jardin du Palais Royal

Promenade du Jardin du Palais Royal

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Bande Dessinée - Ana Moralles -

Publié le par Perceval

Ana Miralles (orthographié Mirallès en français) est une illustratrice espagnole de bande dessinée. Elle est née en 1959, et se lance professionnellement dans la BD et l'illustration en 1982 en publiant sa première histoire dans la revue espagnole Rambla.

Son premier album Corps à corps sur scénario de son compagnon Emilio Ruiz est publié par Glénat. Entre 1991 et 1994, elle publie la trilogie Eva Medusa : sur un scénario d'Antonio Segura, une histoire située dans le Brésil des années 1920

Avec Emilio Ruiz, elle a adapté en BD le roman à succès de Juan Eslava Galán : À la recherche de la licorne.

Son œuvre se décline en une multitude de livres illustrés, cartes postales, couvertures de livres inclassables, expositions, etc.

En 2001, elle crée la série Djinn avec Jean Dufaux, sa série la plus populaire à ce jour.

En juin 2009, Mirallès est devenue la première femme à remporter le « Gran Premio del Salón » au Festival de la BD de Barcelone (la plus haute distinction).  

 

 

Eva MedusaEva MedusaEva Medusa

Eva Medusa

Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn

Djinn

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 4/. -

Publié le par Perceval

* Le corps féminin: ''terra incognita''

« Le personnage féminin du roman libertin se caractérise souvent par une identité fluctuante, qu’il s’agisse, pour la femme, de se conformer au caractère de son amant et à ses désirs, ou de ne pas se dévoiler pour ne pas se soumettre. Ainsi Illyrine, dans l’autobiographie romancée de Suzanne Giroust, change-t-elle de prénom avec chaque nouvel amant, comme si elle devenait chaque fois une autre femme, une femme différente, auprès de chaque homme. »

Cette ambiguïté, s'attache au fait que la femme libertine est ici, courtisane et cherche à donner à son corps la forme que souhaite lui voir revêtir son amant ou leur client, et prend l’identité qu’il convient à l’homme d'endosser... « Enfin et pour conclusion, qu’elle n’ait point de caractère à elle ; mais qu’elle étudie avec soin celui de son amant, et sache s’en revêtir comme si c’était le sien propre » Madame de Morency, Illyrine ou l’Écueil de l’inexpérience

Ce « que l’on retrouve de façon récurrente dans le roman libertin, c’est le décalage entre le personnage féminin et ses observateurs, entre ce qu’est véritablement le personnage féminin et l’homme qui cherche à l’observer, à le percer à jour ou à la connaître pense qu’il est. »

Au XVIIIe siècle, la femme est donc un être essentiellement inconstant... Cette ambiguïté devient fantasme et participe au mystère féminin ( ce ''continent noir'' : Freud) …

Elle devient instrument de pouvoir, pour donner à la femme les moyens d'obtenir ce qu'elle désire... La marquise de Merteuil a appris à jouer de son corps avec une grande virtuosité pour son propre plaisir et afin d’exercer son pouvoir sur les hommes, sur ses amants, ainsi est-elle : « tour à tour enfant et raisonnable, folâtre et sensible, quelquefois même libertine, je me plaisais à le considérer comme un Sultan au milieu de son Sérail, dont j’étais tour à tour les Favorites différentes. En effet, ses hommages réitérés, quoique toujours reçu par la même femme, le furent toujours par une Maîtresse nouvelle. » Laclos

 

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

 

* * Notes sur Suzanne Giroust de Morency :

Issue d'une riche famille de négociants, Barbe-Suzanne-Amable Giroust voit le jour, rue Saint-Denis, le 16 novembre 1770. Elle est mariée à dix-huit ans pendant la révolution à un avocat Bertrand Quinquet... Suzanne Giroust qui osa faire paraître un roman autobiographique un peu leste, sous le nom de G...de Morency, en 1799 :"Illyrine, ou l'écueil de l'inexpérience" (Paris an VIII, Rainville.).

Courtisane.. ? ou femme libérée ? Elle revendiquer le droit de disposer de son corps, et fait, grâce à ses relations, lire un texte à l'Assemblée demandant le droit au divorce. Elle revendique l’adultère et réclame pour les femmes le droit de maîtriser leur destin.

Dans son roman ''Illyrine ..'', elle met en scène ses nombreux amants révolutionnaires ; « le vécu prime sur l'imaginaire et toutes les bibliographes s'accordent à considérer le roman comme une authentique autobiographie, que viennent agrémenter les exagérations et les fantasmes romanesques... L'intérêt de l'ouvrage réside à la fois dans le témoignage (vécu) que l'auteur nous apporte sur la vie quotidienne d'une aventurière sous la Révolution et le Directoire, dans les portraits de ses amants ( on a bien plus l'habitude de rencontrer leurs noms dans les manuels d'histoire que dans les récits d’alcôve), mais surtout dans l'orientation autobiographique du roman du libertinage, qui semblait jusqu'alors assez rare et réservé aux auteurs masculins » Sexualité, mariage et famille au XVIIIe siècle, par Olga B. Cragg, Rosena Davison

 

« Illyrine, ou l’écueil de l’inexpérience est une fiction romanesque remarquable par la pensée libre de tout préjugé de Suzanne Giroust : un parti pris de vérité dénote une sorte de sagesse épicurienne, proche parfois d'une pensée sceptique. Le regard plein d'humour porté sur la société et les relations humaines est d'une rare lucidité... Si l'amour est le bonheur suprême, il ne s'entend que dans la volupté et dans le renouvellement : « j'aimais sans jouir, je jouissais sans aimer ; mais bientôt je jouis et j'aimais. ».

L'héroïne de la fiction est une femme émancipée, indépendante, qui affiche ses conquêtes, parle de sensualité ardente et de ses jouissances avec bonheur. Les expériences successives lui révèlent son être féminin, sa sensualité, le désir , le plaisir. La liberté sexuelle pour laquelle la romancière plaide, sa remise en cause du mariage et du couple sont un écho de certaines revendications féministes de la Révolution. (..) Suzanne Illyrine, déçue par son mariage, trouve sur son chemin le député Hérault de Séchelles, le duc de Biron, général des armées de Belgique, le général Dumouriez.

Impulsive, elle vit passionnément ses idylles d'un jour ou de plusieurs mois. Après un divorce qu'elle obtint sitôt les lois civiles modifiées, elle suit Fabre d'Eglantine, puis de nouveau Hérault de Séchelles dans quelque temple d'amour, avant d'être sauvée des prisons de la Terreur par le citoyen Corbières-Dorat. L'héroïne n'éprouve aucun remords, la vertu pour elle une pure convention sociale. Dans le contexte conservateur du Directoire, le roman a des avancées très originales sur les droit des femmes à la sexualité, à l'amour et sur leur liberté. » Vivre libre et écrire: anthologie des romancières de la période … publié par Huguette Krief

 

« Ce monde est une comédie. / Où chaque acteur vient à son tour./ Amuser les hommes du jour. / Des aventures de sa vie. » Suzanne Giroust

A suivre...

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 3/. -

Publié le par Perceval

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

* La Jeune Fille devient femme, par une ''rupture'' : la violence du dépucelage.

« Son pied glissa sur la voie lactée, elle tomba à la renverse ; je volai à son secours, mais inutilement. Une puissance plus forte que moi m’empêcha de la relever et m’entraîna dans sa chute… J’avais quinze ans et Aline quatorze. C’était à cet âge et dans ce lieu que l’amour nous attendait pour nous donner ses premières leçons. Mon bonheur fut d’abord troublé par les pleurs d’Aline, mais bientôt sa douleur fit place à la volupté, elle lui fit aussi verser des larmes ! Et quelles larmes ! ce fut alors que je connus vraiment le plaisir, et le plaisir plus grand d’en donner à ce qu’on aime » . BOUFFLERS, Stanislas de, La Reine de Golconde, s.l., 1761 - cf note (1)

 

« Déjà tout ce que j’avais souffert était oublié ; je jouissais réellement, sentant que je possédais celui qui m’était si cher, et qu’après avoir payé le bizarre tribut auquel la nature a voulu soumettre notre sexe infortuné, j’allais moissonné à mon aise dans le vaste champ des voluptés »… La Reine de Golconde

 

« La douleur aiguë que l’intromission de ce monstre, à jamais vénérable, me causa, m’aurait arraché les hauts cris si je n’avais appréhendé de donner l’alarme au voisinage. Néanmoins, le mal fut bientôt oublié par les délicieuses agonies où il me plongea. Que ne puis-je exprimer les ravissantes convulsions, les charmantes syncopes, les douces extases que j’ai éprouvées alors! »

« Je fus bien et dûment déflorée. Depuis ce temps-là, je dormis beaucoup mieux. Mille songes flatteurs présidaient à mon repos » . Margot la ravaudeuse. (2)

 

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue... Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

(1) Stanislas Jean de Boufflers, marquis de Remiencourt (1738-1815) à Paris en France) est un libertin, un poète lorrain puis français. Il est le fils de Louis François, marquis de Remiencourt, et de la marquise, la belle et spirituelle Marie Françoise Catherine de Beauvau-Craon (1711-1786).

Stanislas grandit à la cour de Lunéville où il eut pour parrain le roi Stanislas, dont sa mère était la maîtresse en titre :  au grand déplaisir du Père de Menoux, confesseur de Stanislas : « [...] La marquise était fort jolie femme, plus galante encore et, s'il est possible, encore plus incrédule. Elle ne concevait pas comment on pouvait aimer Dieu » Souvenirs du comte de Tressan

Douée « d'un charme à nul autre pareil [...], de beaucoup de gaieté naturelle, de bonne grâce et de finesse [...], d'un esprit supérieur, juste, original »  elle sera la maîtresse de quelques hommes qu'elle distingua : l’avocat et poète François-Antoine Devaux, l’intendant de Lorraine Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, le poète Jean-François de Saint-Lambert. « Pour Tressan, on a des doutes. On cite encore le vicomte d'Adhemar et le comte de Croy. C'est tout. », peut-on lire dans une étude de la revue Le Pays lorrain (Maurice Payard ).

D’abord destiné à l’Église, son fils, Stanislas de Boufflers passe deux ans au séminaire de Saint-Sulpice où il compose un conte légèrement licencieux, Aline, reine de Golconde, qui connut un grand succès.

***

(2) Louis-Charles Fougeret de Monbron (1706 - 1760), est un homme de lettres français.

'Margot la ravaudeuse' est née dans une famille des bas-fonds parisiens, elle répare, chaussures et vêtements dans un tonneau, sorte de modeste échoppe, sur la voie publique avant d'être repérée par une maquerelle et de devenir "demoiselle du beau-monde" ; le lecteur suit les péripéties de cette fille du peuple reconvertie... Il s'agit d'une satire misanthrope et pessimiste de Fourgeret qui s'exprime avec humour aussi, c'est sa dénonciation d'un monde cruel ( Eglise comprise...) où le peuple est ignoré...

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 2/. -

Publié le par Perceval

Ainsi avance l’idée de la « femme naturelle », et prend d’autant plus de sens dans un contexte idéologique qui fait de la femme l’être par excellence voué à la nature et à sa nature.

Laclos, lui, dans ses « essais sur les femmes », en 1783, va plus loin : l’esclavage de la femme n’est en rien naturel, ce sont la société et le manque d’éducation qui lui ont ravi les avantages accordés par la nature.

« Il ne veut point, ce philosophe ( ndt : il s'agit de Rousseau) , ainsi que ma mère, faire de moi ni une citoyenne, ni une Marchande, ni une femme attachée à des devoirs civils, ni une mère sensible à ses enfants, ni attachée à son état ; mais une fille, une femme naturelle, tel est l’ordre de la nature, et il n’y en a point d’autre. » HUERNE DE LA MOTHE, François-Charles, Histoire nouvelle de Margot des Pelotons, Genève, 1775, p. 6

La liberté sexuelle apparaît comme un état de nature – opposé à l’état social qui refuse cette liberté sexuelle à la femme - dans le discours que tient le père de Laure à la jeune fille :

« Elles tiennent de leur existence et de leur constitution le droit de choisir, et même de changer si elles se sont trompées. Eh ! qui ne se trompe pas ? Enfin, c’est ce droit né avec elles qui les rend plus inconstantes que les hommes, qui tiennent des lois générales d’être plus infidèles. S’il est en elles, par la constitution de leur sexe, un degré de volupté plus grand, un plaisir plus vif ou plus durable que le nôtre, qui les dédommage en quelque sorte des accidents et des peines auxquels elles sont soumises, quelle injustice de leur en faire un crime ! » MIRABEAU, Honoré-Gabriel Riqueti de, Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, Arles, 1785

Les personnages de libertins, à l’instar de l’abbé T*** à Thérèse, ne cessent de l’affirmer, les « besoins de tempérament [sont] aussi naturels que ceux de la faim et de la soif »

Est désigné, par le terme « tempérament », l'appétit sexuel .... « Je crois que la nature m’en a plus appris que les meilleurs maîtres. » Amélie de Saint-Far ou la Fatale erreur,

« Leur tempérament dépend-il d’elles ? De qui l’ont-elles reçu ? Leur imagination, plus aisément frappée et plus vivement affectée en raison de la délicatesse et de la sensibilité de leurs organes, leur curiosité excessive et ce tempérament animé leur présentent des images qui les émeuvent violemment, et qui les obligent de succomber d’autant plus aisément que le moment présent est, en général, ce qui les remue avec le plus d’énergie. » Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure.

 

Le tempérament, présenté comme la cause de l’inconstance et de la liberté sexuelle de la femme, n’apparaît plus comme le seul apanage de la courtisane, mais fait de toute femme, au moins potentiellement, un être sensuel et voluptueux. Car « s’il est bien difficile à un homme de triompher de ses désirs, il l’est bien davantage à ce sexe que tout sollicite à suivre la nature et les plaisirs ». NOUGARET, Pierre-Jean-Baptiste, Lucette ou les Progrès du libertinage, Londres, Nourse, 1765 Mais seule la femme libre aura su développer ses facultés pour parvenir à l’état naturel : la femme naturelle est donc fondamentalement un être libre.

Mirabeau, avec Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, explique ainsi que la jeune fille doit soumettre l’évolution de son être à celle de son corps et donc de la nature – dans une conception de l’être féminin et de son corps entièrement soumis à la nature telle que l’entend le siècle.

« […] tes tétons naissants sont presque formés, tes membres s’arrondissent, ta motte se rebondit, elle est d’un incarnat admirable, et j’ai cru découvrir dans tes yeux que la nature veut qu’on te mette bientôt au rang des femmes. L’année dernière, au printemps, tu vis les préludes d’une éruption qui va s’établir tout à fait » .

« Ses soins généreux ou intéressés furent payés par des progrès étonnants. Ma beauté se développa de bonne heure, et bientôt mon esprit promit encore plus. Je devenais de jour en jour plus chère à Cynare : mes attraits naissants, loin de l’alarmer, lui paraissaient, dans le déclin des siens, une ressource utile, et elle n’épargna rien pour mon éducation ». Psaphion, la personnage principale du roman éponyme de Meusnier de Querlon en 1748

« J’avançais en âge et j’atteignis la fin de ma seizième année lorsque ma situation prit une face nouvelle : les formes commençaient à se décider ; mes tétons avaient acquis du volume, j’en admirais l’arrondissement journalier, j’en faisais voir tous les jours les progrès à Lucette et à mon papa, je les leur faisais baiser, je mettais leurs mains dessus et je leur faisais faire attention qu’ils les remplissaient déjà.. » Psaphion

« Telle j’étais à quatorze ans ; mais je touchais au moment où toutes les passions que je renfermais dans mon sein devaient éclore. Mon penchant à l’amour se trahissait de mille manières ; mes yeux étaient animés, souvent même remplis d’ivresse. Tout annonçait en moi ce que je devais être un jour » . CHOISEUL-MEUSE, Félicité de, Julie ou J’ai sauvé ma rose

« Nous ne cessions de nous toucher, de nous examiner ; nos cœurs purs comme le jour et nos mains innocentes ne trouvaient point déshonnêtes ces caresses naturelles. Semblables aux enfants des peuples policés, dont les préjugés n’ont pas encore altéré la tranquille candeur, on les voit entre eux jouer à la mère, se donner le fouet, parcourir avec émotion les lieux les plus secrets de leurs corps. Cet instinct, chez les enfants, est sans doute celui de la nature : c’était le nôtre. […] Une nuit, il s’approcha plus de moi, nous nous accouplâmes sans le savoir. » Félicité de Choiseul-Meuse

 

Il est à noter toutefois que le plus souvent – en dehors de quelques exceptions comme Le Rideau levé ou l’Éducation de Laure, de Félicia ou Mes fredaines, de Julie ou J’ai sauvé ma rose de Félicité de Choiseul-Meuse, et quelques autres encore – le corps féminin n’est guère décrit dans les romans libertins,

« Pourrai-je jamais t’exprimer la blancheur, le satiné de sa peau, cette gorge divine sur laquelle sont posés deux jolis boutons de rose, l’élégance, la souplesse de sa taille, le contour, la fermeté de deux fesses dont la partie supérieure forme la chute de reins la plus admirable, la rondeur de deux cuisses que jamais l’art ne pourra imiter ? Pourrai-je te peindre ce ventre lisse et poli sur lequel j’imprimai un million de baisers ?... Pourrai-je, surtout, te donner une idée de ce réduit admirable, le plus bel ouvrage de la nature, centre de tous nos plaisirs, lieu délicieux où l’amour a fixé son séjour ? Vit-on jamais une motte mieux relevée et garnie d’une plus jolie mousse ? » ... ANONYME, La Messaline française, à Tribalis, de l’Imprimerie de Priape, 1789

Le regard masculin se dirige ainsi du haut vers le bas, commençant par la « gorge », laissant de côté le visage, et terminant par le « réduit des plaisirs », centre et but de toutes les attentions, de tous les désirs et de tous les fantasmes masculins. Car il ne s’agit pas tant de décrire le corps féminin – le choix de la formulation interrogative est révélateur – que de montrer le désir qui anime le regard masculin.

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 1/. -

Publié le par Perceval

« Jamais fille chaste n’a lu de romans, et j’ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu’en l’ouvrant on sût à quoi s’en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue ; mais qu’elle n’impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d’avance » écrit Jean-Jacques Rousseau dans la deuxième préface de La Nouvelle Héloïse en 1761.

« Ainsi toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu’on doit leur apprendre dès leur enfance » ROUSSEAU, Jean-Jacques, Émile ou De l’éducation, La Haye, J. Neaulme, 1762

Des textes comme ceux du docteur Nicolas Venette, auteur du Tableau de l’amour conjugal en 1687, mais aussi, bien entendu, de textes littéraires, en particulier ceux de Diderot, notamment avec son Essai sur les femmes en 1772, et de Sade ; s’intéressent à la femme pour l’enfermer, bien souvent, dans l’infériorité physique qu’on lui suppose, doublée bien souvent d’une infériorité intellectuelle justifiée par la faiblesse physiologique.

C’est la Nature qui permet de justifier la subordination de la femme à son corps et à l’homme.

Dans le Roman libertin du XVIIIe , c’est toujours la nature qui décide de la femme et surtout de son corps, ce qui conduit bien souvent à subordonner la femme à son corps.

L’imagerie traditionnelle du roman libertin, qui fait notamment du bidet un meuble indispensable à la femme, la renvoie donc sans cesse à son corps et en particulier à cette partie qui cristallise tous les fantasmes masculins et concentre toutes les attentions, à savoir ce que le roman libertin aime à appeler le « minon » et la ramène une nouvelle fois à l’intérieur de son corps, c’est-à-dire à l’utérus, dont le sexe apparent se montre comme la porte d’entrée, véritable porte du Gynécée.

« Si cet ouvrage vient à tomber entre les mains de jeunes personnes, soit par l’inattention des pères et mères, soit par la négligence des personnes faites pour veiller à leur éducation, soit enfin par la séduction de quelques âmes libertines, qui ne manquent jamais d’artifice pour se procurer l’entrée des maisons honnêtes, si en un mot par tel accident que ce puisse être, une jeune fille se trouve à même de lire ce livre, qu’en arrivera-t-il ? Rien. Elle sera dans le cas, tout au plus, de gémir sur l’assemblage prodigieux des imperfections auxquelles son sexe est sujet, et sur les causes infiniment multipliées de son dérangement et de son entière destruction » . Le docteur Bienville, dans la préface de La Nymphomanie ou traité de la fureur utérine, en 1771.

« Votre mal, auquel ils n’ont rien connu, n’est point une affection du corps, mais un dégoût de l’esprit, causé par l’abus d’une vie trop délicieuse. Les plaisirs sont à l’âme ce que la bonne chère est à l’estomac. » NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Le roman libertin ne représente jamais la jeune fille lisant des ouvrages médicaux, ni même de textes pouvant l’instruire sur sa propre physiologie ou sur son corps. L’héroïne d’Andréa de Nerciat, Lolotte, se voit ainsi mise en possession, par ses maîtres, de « quantité de livres qui [l’]avaient considérablement avancée dans la connaissances du sexe masculin, et de la douce utilité dont il est au sexe féminin ». NERCIAT, André-Robert de, Mon noviciat ou les joies de Lolotte, s. l., 1792

Les personnages masculins du roman libertin qui voient dans les femmes des êtres « susceptibles de faiblesses ou d’égarement » ne manquent pas, à l’image du chevalier de Gérac qui, dans Les Malheurs de l’inconstance de Dorat, en 1772, parle du sexe féminin comme d’ « un sexe faible, avide de bonheur et si bien fait pour le sentir ». DORAT, Claude-Joseph, Les Malheurs de l’inconstance, ou Lettres de la marquise de Syrcé et du comte de Mirbelle, Amsterdam et Paris, Delalain, 1772

De même, la femme auteure:...

Madame Durancy, dans Amélie de Saint-Far de Félicité de Choiseul-Meuse, en 1808, explique qu’une « femme ordinaire » est une femme « aimant à l’excès, soumise jusqu’à la faiblesse, confiante jusqu’à la sottise ». Mais dans le discours des personnages féminins qui fustigent cette faiblesse, la rejeter c’est aussi cesser, d’un certain point de vue, d’appartenir au sexe féminin. C’est ce qu’indique Emma, un des personnages féminins, lorsqu’elle se raconte lors de la sixième soirée de Entre chien et loup de Félicité de Choiseul-Meuse :

De la représentation au mythe : l’ambiguïté féminine dans le roman libertin « […] je ne vis plus qu’avec un souverain mépris, les faiblesses d’un sexe auquel je voulais appartenir le moins possible » .

« La femme porte au-dedans d’elle-même un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d’elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. [...] C’est de l’organe propre à son sexe que partent toutes ses idées extraordinaires. La femme hystérique dans la jeunesse se fait dévote dans l’âge avancé » DIDEROT, Denis, Sur les femmes, 1772

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le salon de Madeleine Lemaire ( 1845-1928 )

Publié le par Perceval

Madeleine-Lemaire--1845-1928--dans-son-atelier.jpg« Tout Paris voulut pénétrer dans l’atelier et ne réussit pas du premier coup à en forcer l’entrée. Mais dès qu’une soirée était sur le point d’avoir lieu, chaque ami de la maîtresse de maison venant en ambassade afin d’obtenir une invitation pour un de ses amis, Mme Lemaire en est arrivée à ce que tous les mardis de mai, la circulation des voitures est à peu près impossible dans les rues Monceau, Rembrandt, Courcelles, et qu’un certain nombre de ses invités restent inévitablement dans le jardin, sous les lilas fleurissants, dans l’impossibilité où ils sont de tenir tous dans l’atelier si vaste pourtant, où la soirée vient de commencer.

La soirée vient de commencer au milieu du travail interrompu de l’aquarelliste, travail qui sera repris demain matin de bonne heure et dont la mise en scène délicieuse et simple, reste là, visible, les grandes roses vivantes “posant” encore dans les vases pleins d’eau, en face de roses peintes, et vivantes aussi, leurs copies, et déjà leurs rivales. À côté d’elles, un portrait commencé, déjà magnifique de jolie ressemblance, d’après Mme Kinen, et un autre qu’à la prière de Mme d’Haussonville Mme Lemaire peint d’après le fils de Mme de La Chevrelière née Séguier, attirent tous les regards. La soirée commence à peine et déjà Mme Lemaire jette à sa fille un regard inquiet en voyant qu’il ne reste plus une chaise ! Madeleine-Lemaire--1845-1928--chez-elle.jpgEt pourtant ce serait le moment chez une autre d’avancer les fauteuils : voici qu’entrent successivement M. Paul Deschanel, ancien président, et M. Léon Bourgeois, président actuel de la Chambre des députés, les ambassadeurs d’Italie, d’Allemagne et de Russie, la comtesse Greffulhe, M. Gaston Calmette, la grande-duchesse Vladimir avec la comtesse Adhéaume de Chevigné, le duc et la duchesse de Luynes […]. Cela n’arrête pas une minute, et déjà les nouveaux arrivants désespérant de trouver de la place font le tour par le jardin et prennent position sur les marches de la salle à manger ou se perchent carrément debout sur des chaises dans l’antichambre. La baronne Gustave de Rothschild, habituée à être mieux assise au spectacle, se penche désespérément d’un tabouret sur lequel elle a grimpé pour apercevoir Raynaldo Hahn qui s’assied au piano. » de Marcel Proust dans le Figaro du 11mai 1903.

Madeleine Lemaire (1845-1928), est artiste peintre, elle aussi un des modèles de Mme Verdurin et Mme de Villeparisis dans A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust.

Proust-Madeleine-Lemaire-et-Reynaldo-Hahn-copie-1.jpg

 Reynaldo Hahn, Madeleine Lemaire et Marcel Proust.


« Mme de Villeparisis, coiffée d'un bonnet de dentelles noires de l'ancien temps (qu'elle conservait avec le même instinct avisé de la couleur locale ou historique qu'un hôtelier breton qui, si parisienne que soit devenue sa clientèle, croit plus habile de faire garder à ses servantes la coiffe et les grandes manches), était assise à un petit bureau, où devant elle, à côté de ses pinceaux, de sa palette et d'une aquarelle de fleurs commencée, il y avait dans des verres, dans des soucoupes, dans des tasses, des roses mousseuses, des zinnias, des cheveux de Vénus, qu'à cause de l'affluence à ce moment-là des visites elle s'était arrêtée de peindre, et qui avaient l'air d'achalander le comptoir d'une fleuriste dans quelque estampe du XVIIIe siècle. » Marcel Proust ,Le côté de Guermantes I pages 180-181.

MADELEINE-LEMAIRE---LE-GOUTER-AU-SALON-DU-PEINTRE.jpg

Madeleine Lemaire (1845-1928), tenait un salon mondain (31 rue de Monceau) très en vue fréquenté par les plus grandes personnalités : Alexandre Dumas fils (dont elle fut la maîtresse), Proust, Hahn, Saint-Saëns, Massenet, Deschanel, Anatole France, Lucien Guitry..., nombreux peintres mondains. Aquarelliste, elle était une spécialiste des roses. Introduit par Hahn, Straram fréquente son salon dès 1907 accompagnant au piano.

En 1865 elle épouse le peintre Casimir Lemaire, dont elle a une fille, Suzanne.

En 1879, elle est membre titulaire à la création de la Société des aquarellistes français. Elle exposera en 1898 à la Biennale de Venise, en  1906 elle sera Vice-présidente du jury du prix Femina.

Madeleine_Lemaire_Phoebe.jpgEn 1870, à Dieppe, elle rencontre Alexandre Dumas fils, qui lui fait connaître la haute société et lui permet d'avoir en 1890 l'un des salons les plus brillants et influents de Paris, tant du point de vue artistique que mondain.

Elle rencontre Proust qui a vingt ans, et lui présente en 1893: Robert de  Montesquiou et Reynaldo Hahn …

Elle accueille dans son atelier-salon: peintres, musiciens, écrivains et «gens du monde».
Le théâtre a une place privilégié: sur la scène installée dans l’atelier se produisent souvent les comédiennes Sarah Bernhardt, Réjane, Jeanne Granier, Jane Hading.
Peintres, écrivains et hommes politiques s’y donnent rendez-vous et l’on peut y voir Victorien Sardou, Robert de Montesquiou, Bonnat, Boldini, la princesse Mathilde, Anatole France, Jean Mounet- Sully, Raymond Poincaré, Paul Deschanel ou Emile Loubet.

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