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Articles avec #femme tag

Gothic - Fantasy - Art

Publié le par Perceval

Arantza Sestayo, est une illustratrice espagnole.

Son travail d'illustration évoque souvent une ambiance gothique et fantasy, avec une image de la femme sensuelle et ténébreuse...

Dans sa première compilation, Baisers maudits, on y trouve une série magnifique sur le monde des vampires et de la Fantasy.

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Victoria Francés est une artiste peintre née à Valence, en Espagne, le 25 octobre 1982. Elle est diplômée de la Facultad de Bellas Artes de San Carlos de l'Université polytechnique de Valence, Espagne.

Citant volontiers des auteurs tels qu'Edgar Allan Poe, Anne Rice et H. P. Lovecraft, et des illustrateurs tels que Brian Froud et Arthur Rackham dans la liste de ses influences, son travail est fortement inspiré par le fantastique et l'univers gothique. Ainsi, évoluant dans des environnements lugubres, vampires, succubes ou simplement jeunes femmes spectrales vêtues de robes traditionnelles sont le genre de personnages que l'on retrouve souvent dans ses œuvres.

Victoria Francés a illustré plusieurs livres et plusieurs posters. Son art peut aussi être admiré dans des calendriers édités de 2006 à 2009.

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Edina Altara et le paquebot Rex

Publié le par Perceval

En 1932, Edina Altara ( 1898-1983) illustre la brochure destinée à annoncer ''le Rex'' - le plus grand paquebot italien de son temps (et jusqu'en 1991), construit par le chantier naval Ansaldo à Sestri Ponente. Le paquebot est en présence du roi Victor Emmanuel III, le 1er Août, 1931. L'objectif de la brochure et donc de l'artiste sarde est de séduire la classe riche de l'Italie fasciste.

Ce travail est réalisé avec son mari Vittorio Accornero : elle dessine les personnages et lui les décors...

 

Edina Altara et Vittorio Accornero de Testa se marient en 1922 et s'installent dans un premier temps à Casale Monferrato puis déménagent à Milan.

Dessinateur déjà confirmé, connu sous le pseudonyme de Victor Max Ninon, Accornero est le représentant typique d'une illustration conventionnelle et élégante, selon les formes d'un art Déco plutôt impersonnel. Quand le couple commence de travailler ensemble, ils signent « Edina et Ninon ». L'accent original d'Edina Altara tend à se ''mimétiser'' jusqu'à disparaître derrière le professionnalisme correct de son époux...

Edina Altara et le paquebot Rex

Le 27 septembre 1932, le Rex lève l'ancre depuis Gênes pour le voyage d'inauguration à New York et toute l'Italie est en fête.

Ce bateau, le plus grand transatlantique jamais lancé par l'Italie, devient une icône nationale : il est le sommet de la technologie de son époque, il doit étonner et se distinguer des grands bateaux étrangers et des transatlantiques classiques qui se côtoient à New York. C'est un bateau à la conception nouvelle, pensée pour un nouveau passager, le touriste, qui voyage par plaisir et non par nécessité. Il offre de grands espaces constellés de parasols, chaises longues et petites tables, deux grandes piscines découvertes, des bars-vérandas, des terrains de badminton et de tennis, des salons, une salle de lecture, entre autres.

Dans son film Amarcord (1973), Federico Fellini rend hommage au Rex en faisant émerger de la nuit la silhouette du bateau tout illuminé...

 

Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex
Edina Altara et le paquebot Rex

La brochure comporte trente-six pages de grand format. La couverture représente les armoiries du bateau surmontées d'une couronne couleur or de la maison de Savoie. L'impression de la brochure fut réalisée par les Officines d'arts graphiques Richter & Co. de Naples. Diverses librairies anciennes et de très nombreux hôtels des ventes ont vendu des copies de ce livret dans le monde entier.

Edina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot RexEdina Altara et le paquebot Rex
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'The Book of beauty' des Reines d'Angleterre .. -3-

Publié le par Perceval

'The Book of beauty'  des Reines d'Angleterre .. -3-

Eleanor de Provence ( 1223 - 1291)

Éléonore est l'une des filles de Raimond-Béranger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie. Elle est sœur de Marguerite de Provence (reine de France et épouse de Saint Louis).

Eleanor est reine consort d'Angleterre, comme l'épouse du roi Henri III d'Angleterre, de 1236 ( mariage - elle a 13 ans, et lui 29) jusqu'à sa mort en 1272.

Elle devint célèbre par sa piété, et est connue sous le nom de Sainte Éléonore, bien qu'elle ait seulement été béatifiée et non canonisée. Après la mort de son époux Henri III d'Angleterre en 1272, et à la suite de celles de son petit-fils Henry, et de ses filles Marguerite et Béatrice, elle se retira dans l'abbaye bénédictine d'Amesbury en 1276, où elle mourut en 1291. On la fête en juillet ou le 25 juin.

'The Book of beauty'  des Reines d'Angleterre .. -3-

Philippa de Hainault (1314- 1369)

Philippa était la reine consort du roi Edouard III d'Angleterre. Le mariage a été célébré le 24 Janvier 1328. Philippa était âgée de 14 ans. Elle a donné naissance à quatorze enfants. ..

Philippa est probablement née à Valenciennes en Hainaut. Elle est la fille de Guillaume Ier de Hainaut dit le Bon et Jeanne de Valois, elle-même petite-fille de Philippe III de France, nièce de Philippe IV de France et sœur de Philippe VI de France.

Elle est surtout connue, comme une épouse compatissante, qui intercéda auprès de son mari, et le persuada d'épargner la vie des bourgeois de Calais, alors qu'il avait prévu de les exécuter pour servir d'exemple auprès de la population de Calais

Le chroniqueur Jean Froissart, fut son confident et à son service de 1361 à 1366.

La rivalité de ses cinq fils déclenche une guerre civile, connue sous le nom de guerre des Deux-Roses au siècle suivant. L'un d'eux est Edouard de Woodstock, dit le Prince noir (1330-1376), prince de Galles.

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'The Book of beauty' -2-

Publié le par Perceval

'The Book of beauty' -2-

Mathilde d'Écosse (1080 – 1118), reine consort d'Henri Ier d'Angleterre.

Fille du Roi Malcolm d'Ecosse. Depuis l'âge de 12 ans la princesse écossaise est très convoitée comme épouse ; on refuse pour elle les propositions de William de Warenne, 2e comte de Surrey, et Alan le Roux, seigneur de Richmond. Mathilde a passé la majeure partie de sa vie dans un couvent, il y eut même une certaine controverse quant à savoir si elle était ''nonne'' et donc canoniquement inadmissible pour le mariage. Henri Ier d'Angleterre qui vient tout juste de s'emparer du trône d'Angleterre lui propose le mariage. Ils se marient le 11 Novembre 1100 à l'abbaye de Westminster.

Elle s'investit complètement dans son rôle de reine, assistant à de nombreux conseils de son mari. Il arrive même qu'en son absence elle les dirige.

Très religieuse, elle soutient particulièrement les lépreux … Elle meurt le 1er mai 1118 à l'abbaye de Westminster. Elle est inhumée dans l'abbaye près de la tombe d'Édouard le Confesseur1. Après que plusieurs miracles se sont produits sur sa tombe, sa sainteté est envisagée, mais son culte tombe rapidement en désuétude

'The Book of beauty' -2-

Isabelle d'Angoulême (1188- 1246)

Elle est comtesse d'Angoulême de son plein droit (suo jure). En 1200, elle devient reine consort d'Angleterre après avoir épousé le roi Jean sans Terre († 1216).

Au début de l'année 1200, alors qu'elle a 12 ans, elle est promise au futur Hugues X, comte de Lusignan, dont le père Hugues IX a récemment reçu le comté de la Marche du roi d'Angleterre Jean sans Terre. Leur mariage établirait Hugues de Lusignan comme futur comte de Lusignan, de la Marche et d'Angoulême.

Les chroniqueurs commentant les faits ont écrit que Jean sans Terre aurait été si ébloui par la beauté d'Isabelle qu'il l'aurait ravie et épousée. Ses intentions sont plutôt politiques...

Les chroniqueurs mentionnent qu'elle serait infidèle... Quoi qu'il en soit, elle n'est que rarement en compagnie de son époux après 1205. En 1214, ils vont ensemble à Poitiers, Jean ayant finalement réussi à prendre le contrôle de l'héritage d'Isabelle, le comté d'Angoulême.

À la mort de Jean sans Terre en octobre 1216, son fils aîné devient roi d'Angleterre sous le nom d'Henri III.

Elle revient en France, et reprend progressivement le contrôle effectif de ses terres... En avril ou mai 1220, elle épouse Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, son ancien fiancé. Celui-ci vient de succéder à son père et leur mariage permet de former le territoire (Lusignan, la Marche et Angoulême) que Jean sans Terre redoutait en 1200.

A suivre ...

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'The Book of beauty' by the Countess of Blessingtton.

Publié le par Perceval

Marguerite comtesse de Blessington, édite un ouvrage sur les reines consort d'Angleterre. Il est nommé : ''The book of beauty'', or, Regal gallery ... : with beautifully finished engravings from drawings by the first artists.

Ces gravures de reines, sont ensuite souvent utilisées pour les représenter.

 

 

 

 

La ''Countess of Blessington'', mérite bien quelques mots sur sa biographie :

Painted by Sir Thomas Lawrence in 1822

Margaret Power (1789-1849) est la fille de petits propriétaires fonciers, sa famille la marie dès ses quinze ans à un officier anglais, dont les habitudes d'ivrogne vont l'amener en prison. Il tombe d'une fenêtre en 1817.

Elle rencontre  Charles John Gardiner, 1er comte de Blessington , veuf avec quatre enfants (dont deux légitimes), de sept ans plus âgé. Ils se marient le 16 février 1818, seulement quatre mois après la mort de son premier mari.

La comtesse de Blessington est reconnue pour sa beauté, son charme et esprit esprit, elle se distingue aussi par sa générosité et pour ses goûts extravagants qu'elle partage avec son second mari, ce qui a engendre de nombreuses dettes … !

À l'automne 1822, ils partent ensemble pour l'étranger. L'année suivante, ils passent quatre mois à Gênes, où elle rencontre Lord Byron à plusieurs reprises, ce qui donne lieu au livre Conversations avec Lord Byron.

Lady Blessington and Lord Byron

Elle fréquente le comte Alfred d'Orsay et ont une relation dès 1821 à Londres... Pourtant, c'est en Italie, le 1er décembre 1827, que le comte d'Orsay épouse Harriet Gardiner, la seule fille de Lord Blessington avec son ancienne femme....(*)

Elle reste sur le continent jusqu'à la mort de Lord Blessington en mai 1829 et devient l'amie, outre de Byron, de Charles Dickens, de Bulwer, et de la famille Bonaparte. Elle ouvre alors son salon aux gens de lettres.

Elle habite à Gore House, à Kensington, de 1836 à sa mort en 1849. Elle y tient un salon littéraire qui devient le rendez-vous obligé de nombreux étrangers de distinction. Il reste néanmoins peu fréquenté par les dames anglaises dont elle avait, dans ses livres, moqué la pruderie.

Elle est inhumée, dans une tombe en forme de pyramide, au cimetière de Chambourcy (Yvelines), à côté de son amant Alfred d'Orsay.

(*) Le comte d'Orsay n'aurait pas laissé son nom à la postérité sans une réputation de dandy qui fit sa légende. Du dandy, il eut le mépris de convention, l'élégance d'esthète, le culte du moi, et sa vie s'accorde en quelque manière avec le « geste du dandy ». Il n'a guère plus de vingt ans lorsqu'il rencontre lady Blessington, belle vedette de la société londonienne. Il réussit à devenir à la fois l'amant de la dame, le protégé du vieux lord Blessington et l'époux de sa fille, belle-fille de lady Blessington. Le scandale, qui évite l'inceste, amuse le Tout-Londres, séduit par ce Français, beau, élégant et charmeur : « Il plaisait si naturellement et si passionnément à tout le monde qu'il faisait porter son médaillon jusqu'à des hommes. » Une seule mécontente dans cette histoire : la jeune comtesse d'Orsay que son mari n'a même pas regardée. À la mort de lord Blessington en 1829, d'Orsay se sépare officiellement de sa femme pour vivre avec sa maîtresse.

A suivre ...

 

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Kristina Gehrmann - Illustratrice

Publié le par Perceval

Kristina Gehrmann - Illustratrice

Ci-dessous des œuvres de l'illustratrice allemande Kristina Gehrmann ( née en 1989). Elle vit et travaille à Hambourg et Meerbusch, en Allemagne. Elle est pratiquement ''sourde'' depuis sa naissance..

Elle met l'accent sur des sujets historiques et fantastiques. Elle travaille en dessinant surtout des couvertures de livres ou des illustrations pour les livres, des livres pour enfants et des cartes de jeux pour les clients en Allemagne et à l'extérieur. Ses clients sont pour la plupart des grandes et petites entreprises d'édition et des éditeurs personnels.

Elle peint numériquement avec une tablette graphique. Ses outils préférés sont une tablette Wacom et Photoshop...

Retro Self Portrait by Kristina Gehrmann

Retro Self Portrait by Kristina Gehrmann

Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice
Kristina Gehrmann - Illustratrice

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 20/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 20/. -

Le voyage féminin pour le plaisir : le ''voyage à Cythère'' : ( métaphore de ce que la mère de Frétillon a le plaisir d’entreprendre dans les bras d’un jeune homme ) :

« Un jeune homme assez connu par ses richesses et par son état, lui proposa de faire un petit voyage à Cythère, et se chargea de l’y conduire. Ma bonne maman accepta la proposition ; le temps lui parut favorable : elle leva les voiles dans le moment même, en se flattant d’une heureuse navigation. Déjà son jeune pilote faisait avancer la proue vers le port de cette île enchanteresse […] »

L’Histoire de la vie et des mœurs de Mademoiselle Cronel dite Frétillon par Pierre Alexandre Gaillard de la Bataille (1739-1743 ) : violent pamphlet anonyme publié au XVIIIe siècle dans le but de nuire à une actrice célèbre de la Comédie-Française, Mademoiselle Clairon. Mademoiselle Clairon, qui écrivit ses Mémoires, désigna elle-même Pierre Alexandre Gaillard comme l’auteur du pamphlet. Selon elle, il s’agissait de la vengeance d’un amoureux éconduit.

L'Embarquement pour Cythere, by Antoine Watteau - 1717

« Je lui trouvai dans les yeux cette impression de volupté que je lui avais vue le jour où elle m’apprenait par quelles progressions on arrive aux plaisirs, et combien l’amour les subdivise ». Les Égarements du coeur et de l’esprit ou Mémoires de M. de Meilcour est un roman-mémoires et libertin de Crébillon fils paru en 1736.

 

Le plaisir de la promenade :

« Laurette le fit sortir pour le distraire, et le conduisit au jardin. Semblable guide était propre à l’égarer. Apparemment qu’ils se fourvoyèrent en chemin, et tombèrent dans quelques broussailles, car nous remarquâmes que la rosée avait gâté la robe de celle qui, je crois, n’était point sortie pour examiner les étoiles. » Themidore de Godard d’Aucour

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

« Après s’être promenés longtemps, Zobéide fatiguée s’assit sur le gazon ; le prince se mit auprès d’elle : il soupirait, elle était émue ; il lui baisait les mains, elle le souffrait ; il poussa ses entreprises plus avant : la bouche de Zobéide, sa gorge entièrement découverte, et livrée à ses transports, fut un instant couverte de ses baisers. Ses mains cherchèrent de nouveaux attraits ; Zobéide résistait assez pour augmenter et non pour empêcher ses plaisirs. Enfin elle lui avait abandonné ses charmes adorables ; il se rassasia de délices. Zobéide n’y fut pas insensible, les mouvements qu’elle se donna pour diminuer sa victoire mirent le dernier comble à leur volupté ». Jacques Rochette de La Morliere - Angola, Histoire Indienne 1746

 

 

« Nous enfilions la grande route du sentiment, et la reprenions de si haut, qu’il m’était impossible d’entrevoir le terme du voyage ». Madame de T*** dans Point de lendemain

« Quel espace immense, me dit-elle, entre ce lieu-ci et le pavillon que nous venons de quitter ! »

Confidences (elles-mêmes de plus en plus intimes) – baisers – caresses – animent la progression du plaisir avec celui du cheminement géographique ...

Madame de Lursay met au fait le jeune Meilcour : « Elle ajouta à cela mille choses finement pensées, et me fit entrevoir de quelle nécessité étaient les gradations. Ce mot, et l’idée qu’il renfermait, m’étaient totalement inconnus. » Crebillon fils

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

 

« […] le délire voluptueux s’empara de nos sens ; Bacchus et la Folie menaient le branle. […] Ces jeux, ces baisers qui se répétaient dans les glaces nous échauffèrent à l’excès.

(…) Rose, livrée sans frein à la passion furieuse dont elle faisait l’idole de son bonheur, à la fin y succomba. Ses règles n’avaient point paru ; elle ne fut pas longtemps sans essuyer un épuisement total, suivi de vapeurs affreuses. Sa vue s’en ressentit, elle ne ressemblait plus qu’à une ombre ambulante. Sa gaieté fut totalement perdue et un dépérissement, produit par une fièvre lente, la conduisit enfin au tombeau. » Le Rideau levé, ou l'éducation de Laure de Mirabeau

 

« Amélie s’accoutuma […] à recevoir des caresses qui l’auraient révolté, si le duc n’avait eu l’adresse de les obtenir par de lentes gradations » Félicité de Choiseul-Meuse

Nicolas Lavreince (Lafrensen Niklas, dit)

« la résistance [ajoute] au plaisir » (…) «  Je reculai d’abord, mais on pense bien que je n’avais pas la force de résister. Je me laissai aller sur une bergère, l’abbé en fit autant, persista dans ses hardiesses et vainquit ma résistance. » Javotte dans le roman attribué à Paul Baret

 

« Tout ceci avait été un peu brusqué. Nous sentîmes notre faute. Nous reprîmes avec plus de détails ce qui nous avait échappé. Trop ardent, on est moins délicat. On court à la jouissance en confondant les délices qui la précèdent. » le narrateur de Point de lendemain.

 

« Nous n’allions pas au bonheur avec la rapidité du trait qui vole à son but ; mille gradations délicates nous y conduisaient lentement, la mèche brûlait avec économie : des plaisirs inexprimables suspendaient l’explosion des flammes dont nous étions intérieurement embrassés. » Félicia ou Mes Fredaines de André-Robert Andréa de Nerciat.

 

Madame de T*** dans Point de lendemain, enlève le jeune narrateur :

« Elle sourit, me demande la main, descend, me fait entrer dans sa voiture, et je suis déjà hors de la ville avant d’avoir pu l’informer de ce qu’on voulait faire de moi. »

« (…) On me faisait, par intervalles, admirer la beauté du paysage, le calme de la nuit, le silence touchant de la nature. Pour admirer ensemble, comme de raison, nous nous penchions à la même portière ; le mouvement de la voiture faisait que le visage de Madame de T*** et le mien s’entretouchaient. Dans un choc imprévu, elle me serra la main ; et moi, par le plus grand hasard du monde, je la retins entre mes bras. Dans cette attitude, je ne sais ce que nous cherchions à voir. »

 

«  (…) L’attitude où un homme et une femme se trouvaient nécessairement dans ces sortes d’équipages avait je ne sais quoi de voluptueux qui rendait l’un plus entreprenant et l’autre plus facile à vaincre. Les genoux et les jambes se trouvaient entrelacés l’un dans l’autre ; les visages, vis-à-vis et très près l’un de l’autre, se renvoyaient mutuellement la chaleur de la passion qui les animait. Séparés du reste du monde et se regardant comme dans une entière solitude, tout disposait à la volupté et contribuait à diminuer les égards d’un côté, et à faire perdre les scrupules de l’autre. »

 

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 19/. -

Publié le par Perceval

Une sexualité maîtrisée :

« Quel préjugé bizarre nous interdit la liberté de suivre les mouvements de notre cœur ! On permet aux hommes de pousser la licence jusqu’à feindre très souvent des passions qu’ils n’ont pas, tandis que l’on nous impose la rigoureuse loi de renfermer dans nos cœurs un feu dévorant » : l'héroïne, Dans Les Galanteries de Thérèse -1745 - de Antoine Bret.

(…) « toutes sont convaincues de quelle utilité il serait pour le sexe de former un concours unanime pour revendiquer [leurs] droits ; mais qui osera se charger de donner l’exemple? »

« (…) S’ils nous montrent de la répugnance, nous leur rendons dégoût pour dégoût ; ils doivent s’en apercevoir. Nous ne leur abandonnons souvent qu’une statue ; et, tandis qu’enflammés par leurs propres désirs ils se consument sur des appas insensibles, notre tranquille froideur jouit à loisir de toute leur sensibilité.

C’est dans ce moment, qui égale le plus fier satrape au dernier citoyen de la république, que nous reprenons sur eux tous nos droits. Une petite chaleur de sang renverse à nos pieds ces superbes, et nous rend maîtresses de leur sort. »

 

Crébillon, dans La Nuit et le moment, en 1755, présentait la femme dont la volupté n’existe « que dans ses idées », telle que Célimène, comme supérieure à celle dont cette même volupté « ne part que des sens »

« D’ailleurs la froideur de ses sens n’empêche pas sa tête de s’animer : et si la nature lui a refusé ce que l’on appelle le plaisir, elle lui a en échange donné une sorte de volupté, qui n’existe, à la vérité, que dans ses idées ; mais qui lui fait peut-être éprouver quelque chose de plus délicat que ce qui ne part que des sens. Pour vous, plus heureuse qu’elle, vous avez, si je ne me trompe, rassemblé les deux »

 

La femme joue de l’ambiguïté de la perception féminine, entre froideur et jouissance ...

Au sujet de Mlle de La Motte, '' Le diable au corps '' : « Pourtant, au plus fort de cette tempête, quelle présence d’esprit ! elle se dégage brusquement (...)

« Tant d’appas achevèrent de troubler mon âme. Accablé sous le nombre et la violence de ses désirs, toutes ses facultés demeurèrent quelque temps suspendues. C’était en vain que je voulais former une idée ; je sentais seulement que je l’aimais, et sans prévoir ou craindre les suites d’une aussi funeste passion, je m’y abandonnais tout entier. »

 

Ne subsiste de l'homme que son « menaçant cylindre »... !

« Tu ne m’y prendras pas, Jean-Foutre, s’écrie-t-elle. Il en était temps, ma foi ; je ne serais pas mal foutue, vraiment, si tu m’avais mis tout cela dedans ! foutu calotin : tu n’en fais pas d’autres : tu seras bien avancé, n’est-ce pas, quand tu m’auras foutu un enfant dans le corps ? Tu es bien en état, gueusasse, de me donner de quoi le nourrir ! »

 

L’abbé T***, dans Thérèse philosophe, à Madame C*** : - qui semble en convenir avec lui - « les femmes n’ont que trois choses à redouter : la peur du diable, la réputation et la grossesse ».

Expériences transgressives ( éviter la grossesse...):

La masturbation solitaire, pratiquée par un grand nombre d’héroïnes du roman libertin alors même que le XVIIIe siècle croit à sa dangereuse nocivité...

« Si, jusqu’alors j’avais non seulement négligé, mais scrupuleusement évité la voluptueuse ressource à laquelle Thérèse s’était si longtemps bornée, en vraie sotte, c’est que tous mes docteurs s’étaient accordés à me peindre des plus détestables couleurs cette solitaire pratique. » Thérèse philosophe... - Petite, « On prit le parti de me lier étroitement les mains de manière qu’il me fut impossible de continuer mes amusements nocturnes. »

 

« Pourquoi, dans la formation de la femme,( Dieu )aurait-il placé le centre des plaisirs dans un endroit où la main se porte sans peine et machinalement dans les démangeaisons cuisantes ? Serait-ce pour avoir occasion de nous punir d’avoir suivi en tout les lois de la nature, de cette bonne mère qui indique si bien à ses enfants les moyens de rendre leur existence heureuse? » se demande Suzon - L’Histoire de Dom Bougre, portier des Chartreux est un roman libertin de 1741 attribué à l’avocat Gervaise de Latouche

 

« Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ; il lui faut des extravagances ; tantôt elle veut qu’on la traite comme un mignon, tantôt qu’on lui fasse… ce que tu refusais si cruellement la première nuit de nos folies... quelquefois sa bouche est jalouse de l’offrande que…

- Fi, la vilaine, interrompis-je, dégoûtée de cette image… » Félicia ou Mes Fredaines (1778)

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

 

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 18/. - Le corps mis en scène

Publié le par Perceval

L'abandon :

« Alidor alors court à la petite armoire, il y prend un flacon de sels et me le fait respirer… rien ; il me coule une cuillerée de vin d’Alicante dans la bouche… pas l’ombre d’un signe de vie. Pour le coup, il cave au plus fort et se met à me branler en maître… Alors seulement je veux bien paraître de retour à la vie. » Félicité dans Lolotte de Nerciat.

L'image de la « belle endormie » porte en elle, les fantasmes liés à une érotisation et à une disponibilité sexuelle ...

 

« Il faut la mitiger par une distinction plus sensée, et on la trouvera dans l’examen du sommeil. Pour s’y prendre avec succès, approchez-vous sans bruit et à pas mesurés. Vous devez ce ménagement si elle est endormie de bonne foi, et si elle ne l’est que par une dissimulation obligeante, il vous est encore nécessaire afin de l’engager à la continuer avec bienséance. Lorsque vous serez assez près, examinez sa respiration, c’est elle qui vous développera le mystère. Si son sommeil est naturel, profond, accompagné de symptômes convaincants, respectez-le. En l’arrachant d’un assoupissement qui faisait son repos, vous vous exposez à une résistance humiliante pour vous dans le moment, et d’une conséquence encore plus fâcheuse pour les suites. Attendez votre bonheur du réveil, vous le trouverez plutôt dans ce tendre épanouissement de ses sens.

Mais si vous lui voyez un teint trop fleuri, trop animé pour une personne endormie, doutez d’abord, et rendez-vous certain en vous attachant au mouvement de sa gorge. Laissez exhaler quelques soupirs. Si ce souffle pénètre dans ses sens, si vous le voyez ranimer l’émotion des charmes que vous contemplez, n’hésitez point, vous êtes heureux. » La leçon de la sylphide à Philandre dans La Poupée de Jean Galli de Bibiena (1747)

Saturnin, « pressé par [ses] désirs », entreprend de profiter du sommeil de la fausse dormeuse : « Elle dort d’un sommeil trop profond pour se réveiller, disais-je, et quand elle se réveillerait, mettons les choses au pis, elle me grondera, voilà tout : je l’ai bien fait hier, elle ne l’a pas trouvé mauvais, le trouvera-t-elle aujourd’hui, essayons »

 

L'homme, devant la femme qui contrefait la dormeuse, se laisse séduire et enhardir par le regard qu’il fait glisser sur le corps féminin « endormi », en détaillant les charmes et en offrant ainsi au lecteur une description « voluptueuse ». Celui qui est au fait des « évanouissements des dames », sait lire sur le corps de la fausse dormeuse l’expression du désir, voire du plaisir … .

« Rozette dormait en disposition de se réveiller aisément et en position qui n’attendait que le plaisir » :

[…] ses mains étaient jointes sur sa tête, mais sans la presser ; ses yeux fermés ; sa bouche ouverte comme pour demander quelque offrande. Une rougeur naturelle et fraîche couvrait ses joues ; le zéphyr avait caressé tout son extérieur ; une mousseline transparente couvrait la moitié de sa gorge, et l’autre moitié se montrait en négligé aux regards : d’un côté l’examen était permis, et de l’autre, sous l’air d’être défendu, il devenait plus piquant. Ses bras paraissaient avec tout leur embonpoint et leur blancheur. Ses jambes croisées dérobaient ce que j’aurais voulu envisager, mais fournissaient à l’imagination une belle prairie à s’égarer. » Themidore de Godard d’Aucour

 

Nicole s’abandonne à certains gestes impudiques... « C’était, en effet, l’unique moyen décent de permettre qu’Hilarion goûtât et fit goûter complètement le fruit de son larcin impudique : c’était, après l’éclair de la première insulte, l’autoriser à risquer (selon ses puissants moyens) la récidive, avant que l’insultée n’en vînt aux éclats. Cette douce attente ne fut point trompée. » Le Diable au corps de Robert Andrea de Nerciat.

 

Claude Godard d'Aucourt (1716-1795), est né à Langres, il fut fermier général (1754) puis receveur général des Finances à Alençon (1785). 

Jeune conseiller au Parlement, le narrateur rencontre Rozette à l'occasion d'une partie fine.

- Convié à une partie fine, le narrateur, jeune conseiller au Parlement, «fait canapé» avec Laurette, puis avec Argentine ; Rozette, qui a tout entendu de la chambre voisine, apparaît. Aussitôt, il s'en éprend. Passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs ébats amoureux. -

Il passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs débats amoureux. Averti de cette liaison scandaleuse, le père du conseiller fait enfermer Rozette au couvent de Sainte-Pélagie. Son amant devra déployer des trésors d'imagination pour qu'elle parvienne à s'en échapper.


Dans ce court roman publié en 1745, Godard d'Aucourt ne ménage ni les puissants ni la religion. Il excelle dans l'ironie, dans la périphrase suggestive.

On y manie le double sens avec subtilité. On s'y adonne au voyeurisme autant qu'à la philosophie. On ne force rien ni personne, tous les adultes sont consentants. L'élégance rime avec l'extravagance, la fausse ingénuité avec l'ingéniosité. La malice augmente les délices. En 1882, dans Le Gaulois, Maupassant qualifiait Thémidore de " merveille de grâce décolletée ", d'" impur chef-d'oeuvre " qui ferait rougir, disait-il, " nos prêcheurs doctrinaires, ces empêcheurs de danser en rond, farcis d'idées graves et de préceptes pudibonds ".

«  Avertissement : - Nous ne conseillons point aux âmes scrupuleuses de jeter les yeux sur ces aventures ; elles sont quelquefois chatouilleuses et capables d’exciter des idées extrêmement éveillées […] Au reste, ces mémoires sont écrits avec retenue : il n’y a aucun mot qui puisse blesser la modestie ; mais on ne répond pas des idées qu’ils peuvent faire naître. Ils sont semés de sentences très sages et aisées à retenir ; ils sont dans le goût actuel du public, puisqu’ils ne contiennent que d’aimables bagatelles bien dictées et plus propres à amuser l’esprit qu’à nourrir le cœur. »

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 17/. - Le corps mis en scène

Publié le par Perceval

Pour le libertin, l'accession au corps féminin, lors de la toilette intime, ou vêtu d'un seul déshabillé, correspond à une effraction fantasmatique et provoque le désir ...

La toilette :

« […] il ne suffit pas d’être belle ; on doit être encore attentive sur soi […] Il y a apparence que vous n’en connaissez pas trop l’usage : venez, que je vous montre, tandis que nous en avons le temps. » Aussitôt elle m’introduisit dans une petite garde-robe ; et m’ayant fait mettre à califourchon sur un bidet, elle m’y donna la première leçon de propreté. » Margot

Margot reçoit son amant « dans un déshabillé plus agaçant que coquet » : L’art que j’y avais mis était si voisin de la nature que mes charmes ne semblaient rien emprunter de mon ajustement. J’avais tout lieu de présumer de leur pouvoir ».

 

« Le lendemain on me mena chez le dentiste de Mme de Furiel, qui visita ma bouche, m’arrangea les dents, les nettoya, me donna d’une eau propre à rendre l’haleine douce et suave. Revenue, on me mit de nouveau dans le bain ; après m’avoir essuyée légèrement, on me fit les ongles des pieds et des mains […] ; on m’épila dans les endroits où des poils follets mal placés pouvaient rendre au tact la peau moins unie […]. Deux jeunes filles de la jardinière, accoutumées à cette fonction me nettoyèrent les ouvertures, les oreilles, l’anus, la vulve […]. Mon corps ainsi disposé, on y répandit des essences à grands flots, puis on me fit la toilette ordinaire à toutes les femmes, on me coiffa avec un chignon très lâche, des boucles ondoyantes sur mes épaules et sur mon sein, quelques fleurs dans mes cheveux […] ». Sapho à son entrée chez Mme de Furiel - Mathieu-François Pidansat de Mairobert, « Confession d’une jeune fille »

Une élégante à sa toilette par Michel Garnier

L'Art de feindre :

Le « goût bizarre de ces hommes pour les chimériques princesses de théâtre » l’Histoire de Mademoiselle Cronel dite Frétillon, écrite par elle-même...

Les femmes mettent en scène leur corps :

« les femmes savent mettre, sans paraître y songer, tant d’art à développer les grâces de leurs mouvements et le jeu de leur physionomie. » Le Diable au corps - Nerciat

 

« Alors je commençai à déployer sur le grand Théâtre, les talents que je m’étais donnés. Mon premier soin fut d’acquérir le renom d’invincible. Pour y parvenir, les hommes qui ne me plaisaient point furent toujours les seuls dont j’eus l’air d’accepter les hommages. Je les employais utilement à me procurer les honneurs de la résistance, tandis que je me livrais sans crainte à l’amant préféré. Mais, celui-là, ma feinte timidité ne lui a jamais permis de me suivre dans le monde ; et les regards du cercle ont été, ainsi, toujours fixés sur l’amant malheureux. » La marquise de Merteuil, joue sans cesse sur une identité double...

Le masque : « Je sentais fort bien que, si je cédais aux sollicitations qu’on me faisait pour me démasquer, ma cour dans l’instant diminuerait. La curiosité fait faire au bal les trois quarts des démarches que l’on y fait Je voulus jouir le plus longtemps qu’il me serait possible du plaisir de voir mes rivales humiliées par les préférences marquées que tout le monde s’empressait de me faire ; nous n’avions mis personne dans le secret ; Manon n’était point connue, et moi je ne l’étais pas assez pour craindre d’être devinée une première fois que je paraissais au bal. » Histoire de Mlle Brion dite Comtesse de Launay ( 1754)

 

Le 'masque' source d'erreur ( masculine) : « Ils se retirèrent ensemble dans un coin, et Angola, persuadé que c’était Luzéide, l’assura qu’il la connaissait et la conjura de se démasquer. Il lui jura que son coeur ne pouvait le tromper, et y joignit les protestations d’amour les plus tendres dont il put s’aviser. Le masque les recevait avec une froideur dont il était surpris. Il redoubla ses instances pour la faire démasquer ; mais quelle fut sa surprise lorsque, s’étant rendue à ses persécutions, elle défit son masque et offrit à ses yeux, au lieu des traits de Luzéide, ceux de Clénire, à laquelle il ne songeait nullement ! Il fut un instant pétrifié ; mais il avait trop de monde, et, par conséquent, trop de fourberie pour ne pas réparer promptement sa faute. » Angola , de La Morlière

 

« On l’avait averti qu’elle serait en blanc avec des réseaux d’or. Il se mit derrière une femme vêtue de cette façon qui était de la contredanse, et lui débita beaucoup de fadaises dans cet aimable fausset qui était consacré pour le bal, et qu’il entendait parfaitement. Elle y répondit dans le même goût, le lutina beaucoup, le trouva insupportable, se plaignit de sa folie outrée, lui leva plusieurs fois le taffetas de son masque, lui fit quelques-unes de ces questions qu’on applique à tout le monde, le reconnut, n’en fit pas semblant, joua la personne déroutée, feignit d’être ennuyée au possible de lui et de ses propos ; et, après la contredanse, le tira à part pour le gronder de ses persécutions, et bien résolue dans le fond à s’exposer à de plus essentielles. »

Clénire, qui est confondue avec Luzéide, se trouve en position de maîtrise puisque c’est son identité à elle qui est ignorée alors qu’elle-même connaît celle du masque masculin...

Et lorsque, la femme se dévoile, se « démasque », elle perd toute maîtrise sur elle-même et sur son corps, elle se laisse séduire plutôt qu’elle ne séduit...

 

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 17/. - Le corps mis en scène
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