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Articles avec #xviiie tag

Lettres d'amour: Diderot – Sophie Volland -2/2-

Publié le par Perceval

En 1755 Sophie Volland devient la maîtresse de Diderot. Elle s’appelle « Louise-Henriette » mais Diderot la rebaptise '' Sophie '', en grec 'sagesse'.. Leur relation passionnée dure cinq ans. Puis, Madame Volland surprend les amoureux ensemble, et surcroît de malchance, Madame Diderot découvre une lettre de Sophie à son mari. Madame Volland emmène Sophie sur ses terres et Madame Diderot menace, en cas de divorce, d’interdire à Diderot de voir Angélique, sa fille chérie !

C’est à partir de ce moment que Diderot développe la métaphore d’Héloïse et Abélard pour évoquer leur amour. Les deux amants n’ont plus qu’une solution pour continuer à communiquer : s’écrire !

Le libertin et Sophie, échangent alors une correspondance passionnée et savante … Sophie, curieuse de tout, au courant des écrits des philosophes comme de ceux des scientifiques. Son intelligence vive, son jugement pertinent en font la correspondante privilégiée de Diderot pendant 14 ans.

À la cour de Versailles, Diderot peut compter sur de puissants protecteurs, à commencer par la marquise de Pompadour et Malesherbes, le directeur de la librairie.

Plus fort encore, la tsarine Catherine II de Russie lui apporte son soutien et, pour le libérer de ses tracas financiers, lui achète sa bibliothèque tout en lui en laissant l'usage. Diderot va rendre visite à sa bienfaitrice en 1773 à Saint-Pétersbourg.

En 1769, Diderot devient l’amant de madame de Maux.

En 1773-74 il effectue le voyage à Saint-Petersbourg auquel Catherine II l’invitait depuis des années. Il en revient épuisé et affaibli.

Denis Diderot décède le 31 juillet 1784, six mois après sa maîtresse Sophie Volland.

Sans doute, dans cette correspondance, Sophie par ses retards, ses lenteurs , n’y exprimait peut-être qu’une « liaison douce », toujours en deçà des attentes du philosophe. Si cette correspondance a pu s’accomplir dans la durée, c'est que Sophie était une destinataire à la hauteur.

Cette relation est exigeante, de la part des deux amants : Diderot ne s’adresse pas à Louise-Henriette, le véritable prénom de mademoiselle Volland, mais à Sophie, la sagesse, pseudonyme qui évoque cette muse parfaite dont rêve tout philosophe. Lectrice enthousiaste, sensible et indépendante, telle est Sophie. Diderot écrit d’elle qu’elle a « de l’esprit comme un démon » (15 septembre 1760)…

« Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne. N’est-il pas vrai, ma Sophie, que vous êtes bien aimable ? Regardez au-dedans de vous-même. Voyez-vous bien, voyez combien vous êtes digne d’être aimée, et connoissez combien je vous aime » (Paris, le 23 juillet 1759 )

L’oeuvre de Montaigne, auteur de prédilection de la jeune femme, a pu servir de guide ou d’emblème à la relation entre les deux amants, si l’on en croit le testament de celle-ci et l’association qu’elle fera, comme Diderot des années auparavant, entre un ouvrage intellectuel et un objet de faveur évoquant le corps de l’aimée :

« Je donne et lègue à Monsieur Diderot sept petits volumes des Essais de Montaigne, reliés en maroquin rouge, plus une bague que j’appelle ma pauline. »

Si l’écrivain invoque très tôt le modèle héloïsien pour définir la relation de maître à disciple qui l’unit à Sophie, c’est pour lui donner bientôt un rôle égalitaire au sein de leurs joutes intellectuelles, favorisées par une certaine androgynie physique et morale du personnage : « Ma Sophie est homme et femme quand il lui plaît » ( 10 mai 1759 ).

La correspondance révèle un personnage très important : Marie-Charlotte Volland, la sœur benjamine de Sophie, surnommée ''Uranie''... la sœur de Sophie rêvait l'amour mais était dans l'incapacité de la vivre. Elle eaimait les galanteries sans céder aux hommes de peut d'être abandonnée. La relation Diderot-Sophie-Uranie en devient étrange, insolite, complexe. Uranie semble « se fondre » dans leur amour et sa présence est ambiguë :

« Je vous félicite toutes deux, chères sœurs, de vous posséder. Je serai souvent en esprit entre l’une et l’autre, mettant vos mains entre les miennes, ne sachant laquelle des deux j’aime le plus ; autant ami de l’aînée que de la cadette ; partageant également mon respect et mon estime. »

« Votre sœur vous aime bien ; j’admire comme elle se prête à votre délire. Ne levons pas tout à fait ce petit rideau ; c’est bien assez d’en avoir écarté un point. Si vous saviez, mon amie, combien les discours les plus passionnés sont maussades pour ceux qui les écoutent de sang-froid ! Uranie nous voit tous deux dans la cahutte à travers les barreaux ; elle vient s’appuyer sur le trou, et causer gaiement avec nous. » (le 22 septembre 1761 )

La mort des amants

Lettre de Diderot à Sophie Volland

"Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l'un à côté de l'autre ne sont peut-être pas aussi fous qu'on pense.
Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s'unissent. Que sais-je? Peut-être n'ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état.
Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière du fond de l'urne froide qui les renferme.[...]
Ô ma Sophie, il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m'unir, de me confondre avec vous lorsque nous ne serons plus.
S'il y avait dans nos principes une loi d'affinité, s'il nous était réservé de composer un être commun; si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous; si les molécules de votre amant dissous venaient à s'agiter, à se mouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature!
Laissez-moi cette chimère. Elle m'est douce. Elle m'assurerait l'éternité en vous et avec vous...
" (Lettre du 15 octobre 1759)

Lettre de Diderot à Sophie Volland

Lettre de Diderot à Sophie Volland

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Les dames du XVIIIe s. et le cabinet des fées. -2/3-

Publié le par Perceval

D'où viennent les contes .. ?

Comme nous l'avons déjà lu, de l'écoute des histoires d'un « nombre infini de Pères, de Mères, de Grands-Mères, de gouvernantes et de Grand'Amies qui, depuis peut-être plus de mille ans, y ont ajouté en enchérissant toujours les uns sur les autres beaucoup d'agréables circonstances. »

Cette récupération du folklore a pu aussi se faire au hasard de livres véhiculant eux-mêmes une tradition orale : « Le Prince Marcassin » de Mme d'Aulnoy s'inspire très vraisemblablement d'une des Nuits facétieuses de Straparole et la « Cendrillon » de Perrault doit quelques uns de ses traits à la « Gatta Cenerentola » de Basile, qui figure, en 1636, dans le Pentamerone.

Il arrive aussi que, sournoisement, certains auteurs du Cabinet des fées, se refusent à avouer cette source populaire d'inspiration : Mlle de la Force prétend bien haut avoir inventé l'histoire de cette femme qui dut donner sa fille aux fées pour leur avoir volé du persil alors qu'elle l'attendait ; Or Basile en donne déjà une version et le motif des tresses de la belle qu'elle dénoue à la fenêtre de sa tour pour que son amant y grimpe et la rejoigne se trouve dans le Livre des rois du poète persan du Xe siècle, Firdousi.

Parfois, tout bonnement, ces mondains prétendront qu'ils tirent leurs fables des fées elles-mêmes.

Ré-écriture du conte :

Il y a manipulation et appropriation, car un conte, qu'il soit oral ou littéraire est inséparable de la communauté qui le produit et dans laquelle il s'inscrit. Issus de l'aristocratie provinciale, des hommes, des femmes parfois liés à la préciosité écrivent et publient des contes ; ils publient pour la Cour et ceux qui gravitent autour d'elle, pour les salons où l'on occupe mille et une nuits à se désennuyer des peines des jours où l'on a joué aux bergers sur les pelouses de Trianon. L'appropriation passe d'abord par l'élimination de tous les éléments qui décèlent une origine populaire. Ces récits ne sont pas destinés à être entendus tandis que l'on tresse des paniers ou que, le cochon abattu, on mitonne ses rognons dans une sauce au sang. Ils seront lus au boudoir ou sous les feux d'un lustre de Bohême.

C'est en aristocrates que ces lettrés traitent une culture qui vient du peuple et donc ils la retraitent. Il faut aux deux sœurs du conte « Les Fées » épouiller la tête de la vierge avant de cracher ducats sonnants et trébuchants ; Perrault éliminera avec soin ce détail, comme il éliminera le dépeçage rituel de la grand-mère du Chaperon Rouge. Et s'il affuble Cendrillon du qualificatif de « cucendron » il a soin d'en faire par l'italique une citation. Quand il faut prendre femme, le garçon éconduit par les filles de son village épouse la première grenouille qui sort du « patouillas » tandis que le cadet de Mme d'Aulnoy s'éprend d'une chatte de luxe aussi blanche que nacre et qui repose au fond d'un palais doré sur des coussins de taffetas. Héros et héroïnes sont des aristocrates et, lorsque Mme d'Aulnoy s'inspire du « Petit Poucet », son conte, « Finette Cendron », ne commence point dans une pauvre hutte de bûcheron mais chez un roi et une reine « qui avaient mal fait leurs affaires ». Jamais il ne sera question de perdre les trois fillettes parce qu'il n'y a plus rien à leur donner à manger - hantise qui ne cessera de peser sur les fermes d'avant la Révolution - mais tout simplement parce qu'elles veulent faire les demoiselles et avoir tous les habits dont elles ont envie. Le préjugé nobiliaire ne manque pas même d'atteindre les fées. Ainsi, Mme de Murât ne cache pas son mépris pour celles qui traversent les récits populaires : « Leurs occupations étaient basses, écrit-elle, et pué- riles. Elles étaient presque toujours laides, mal vêtues et mal logées.(2) » Rurales donc, les fées appartenaient toutes à la gent de la forêt, des prés et des buissons, plus habiles à tailler un fagot et à mûrir des fromages qu'à mélanger poudres et sortilèges. Les siennes seront étincelantes, habillées d'argent et de pierres précieuses ; telles des reines-soleils, elles habiteront des palais enchantés. Désinvoltes ou sûrs d'être maîtres des outils intellectuels de référence, ces auteurs manipulent la matière orale en toute liberté et, ce faisant, obéissent à leur insu à cette loi du conte qui veut que celui-ci ait tendance à s'agglutiner avec des récits voisins.

La merveille n'est plus, comme dans la matière populaire, l'au-delà du miroir, le rêve d'un rubis qui n'est qu'une goutte de sang sur la blancheur de la neige ; elle est le reflet des palais de ces aristocrates qui l'installent en abyme dans leurs récits.

Dans les versions populaires, l'animalité était simple : ours, chien, porc ou loup sont les figures d'emprunt qu'adopte l'éphémère métamorphose. Dans les versions des lettrés, il ne s'agit plus que de monstres, moitié femme moitié baleine, de dragon aux ailes verdâtres, d'écrevisse ou de nain jaune. Le lettré, formé par une culture classique, fabrique des chimères.

Sources : '' Où l'on voit ces dames aller aux champs, et le Conte s'écrire... L'oralité populaire mise en écriture par les lettrés du XVIIIe siècle par Elisabeth Lemirre

Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
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Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
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Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
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Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français. Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime

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Les dames du XVIIIe s. et le cabinet des fées. -1/3-

Publié le par Perceval

La plupart des contes de fées sont écrits par des femmes qui trouvent dans les salons mondains une forme d'émancipation et la possibilité de prouver leur intelligence

Alors qu'un « Roi-Soleil règne sur une cour que des codes souverains régissent et dont les plaisirs des îles enchantées ont été eux-mêmes soumis à une étiquette rigoureuse. »... Dans ce même pays la plupart des « sujets de ce roi ignorent tout à la fois le français, l'usage de la lecture et la pratique de l'écriture. Ce qu'ils savent : leur pater et leur ave ; ce qu'ils connaissent : le profil de leur roi au revers de quelques doublons et les visages de leurs saints patrons aux vitraux de leur paroisse ; ce qui leur revient, au bout de la langue, comme la pluie et le soleil au bout du champ : des histoires, celle d'un homme à la barbe bleue qui égorgeait ses femmes au fond d'une chambre secrète ou celle encore de la fillette au bonnet rouge qui ne savait quel chemin prendre, celui des épingles ou celui des aiguilles. Ces histoires, ils les tiennent de la bouche d'une mère-grand ou d'un conteur qui les avaient entendues un soir de moisson ou qui les avaient lues dans un petit livre bleu avant de les redire, à leur façon, toujours semblable et toujours différente ; car à se répéter, on le sait, les histoires se retissent à la couleur du temps. »

 

Ainsi donc, une société tout entière se penche sur son 'folklore' et s'émerveille... Elle s'émerveille de ce temps où tout au fond de la forêt, il y avait un château de cristal dont la porte était d'or et où le boudin parfois se pendait au bout du nez des bûcheronnes ( conte des souhaits ridicules). Claude Perrault, le frère de Charles, collecte une version de « Mélusine », lors d'un voyage à Bordeaux et en parle à son frère. Une lettre de Mme de Sévigné datée de 1656 et adressée à Mlle de Montpensier rapporte l'histoire de la cane de Montfort qui fut autrefois demoiselle et qui, chaque année, sort de l'étang pour s'en venir avec ses canetons suivre l'office de la sainte messe. Une autre lettre de la Marquise, d'août 1677, rapporte à Mme de Coulanges comment ces dames de la cour s'amusent follement à « mitonner » des histoires à dormir assises sur des chaises d'or.

 

Sources : '' Où l'on voit ces dames aller aux champs, et le Conte s'écrire... L'oralité populaire mise en écriture par les lettrés du XVIIIe siècle par Elisabeth Lemirre.

Les Fées ont tenu conseil sous la présidence de Mauritiane : Florine a été enfermée dans le « cabinet du Crepuscule », où elle est condamnée à « filer la toile qui sépare le jour d’avec la nuit ». Une des Fées cependant la prend en pitié et lui rend visite :

    « mais elle fut bien surprise de trouver la Princesse qui se reposoit sur son lit, ayant achevé son ouvrage avec la dernière perfection. De Françoise Le Marchand, (17..-1754) - Florine, ou la belle Italienne (1713)  

 

''Le Cabinet des fées'' est une collection d’ouvrages parue tout au long du XVIIIe s. Elle se finalise dans une édition de contes rassemblés entre 1785 et 1786 et publiés à Amsterdam par Charles-Joseph Mayer et Charles-Georges-Thomas Garnier ; les 4 derniers vol. (t. 38-41) ont été publiés à Genève en 1788-1789 ; ils contiennent même une suite des “Mille et une nuits”.

Mayer poursuit deux buts essentiels : sauvegarder des contes risquant de tomber dans l’oubli et fournir aux générations futures des modèles et des sources d’inspiration. Sûr de lui, Mayer affirme ses choix, sélectionne et hiérarchise : une quarantaine de conteurs retenus, les contes libertins écartés et, bien entendu, la première place donnée à Perrault.

Les illustrations sont de Clément-Pierre Marillier. ( A noter que pas un volumes n'est exempt de charmes féminins offerts au lecteur en illustration et ce, même lorsque le texte est dénué de toute évocation suggestive...)

 

Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)

Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)

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Des femmes avant "La Révolution" -1-

Publié le par Perceval

Parler « des femmes » à la veille de la Révolution ne prend pas en compte la diversité des catégories sociales ...

Charpentier-JB-La-Famille-du-duc-de-Penthievre-en-1768.jpgL'aristocratie impose la dictature de l'apparence et une certaine frivolité. Après le couvent, la femme cherche, pour son mariage, le meilleur parti. La motivation du mariage n’est pas l’amour, mais l’intérêt de deux familles. Ces unions peuvent être totalement décalées, avec des différences d’âge... La mode est de vivre séparément. Cohabiter étant considéré comme « bourgeois », les deux époux mènent une vie parallèle, ce qui favorise les adultères...

« Elles sont généralement très ouvertes aux pensées nouvelles qu’elles tentent de mettre en pratique et c’est grâce à elles, souvent, que les idées, telles que celles des Lumières, s’implantent dans les mœurs. Par ailleurs, le XVIIIe siècle a vu l’apparition de salons, presque exclusivement tenus par des femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie, à Paris tout comme en province. »

Famille-de-Paysans-de-JPHA.png« Le travail des femmes « du peuple», est extrêmement fréquent dans la France d’Ancien Régime. Dans les campagnes, on sait que la vie des paysannes est éreintante. Soumise aux travaux pénibles des champs et d’entretien de la ferme, elles sont usées par le labeur. Leur quotidien est en majorité celui d’êtres soumis à une société patriarcale. »


« Néanmoins, et il est essentiel de le souligner, il existe des points communs à toutes ces femmes, peu importe leur catégorie sociale : leur statut législatif. Nobles ou roturières, ce dernier se définit par le mariage. En dehors de lui, elles ne sont rien, n’existent pas. Et quand elles sont mariées, elles n’ont toujours pas d’identité propre, elles se définissent perpétuellement par rapport à leur époux. Cet état de fait engendre diverses pertes de droits : 
- Incapacité à transmettre leur nom, qu’elles perdent d’ailleurs quand elles se marient. 
- Elles ne peuvent bénéficier du droit d’aînesse (sauf dans quelques régions du Sud-ouest, comme l’a bien démontré l’anthropologie historique), par conséquent elles n’héritent pas. 
- Leur dot, contrairement à ce que l’on pouvait constater par exemple à l’époque féodale, ne leur appartient pas : c’est leur mari qui la gère ou même parfois se l’approprie. 
- Celles qui n’ont pas de dot sont obligées de travailler pour s’en constituer une suffisamment attractive pour intéresser un parti. Et quand elles n’y arrivent pas (car sous-payées ou sans emploi), il n’est pas rare qu’elles doivent se prostituer. »


jean-baptiste_greuze_the_white_hat.jpg

 

Beaucoup des travaux de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), célèbre peintre et dessinateur français du Siècle des Lumières  ont consisté en images de jeunes filles, 
qui contiennent, légèrement voilées, des allusions sexuelles ...
Le sein gauche découvert et les fleurs coupées retenues dans son tablier sont des notations iconographiques connues du public du XVIIIe siècle comme des symboles de la virginité perdue, sujet souvent traité par Greuze dans La Laitière, L'oiseau mort ou Les Œufs cassés

Ces jeunes filles doivent affronter le regard ambivalent de la société

greuze-Oeufs-casses.jpg

Jean_Baptiste_Greuze_La_Cruche_cassee.jpg


Sources : Céline B. Agora Vox : http://www.agoravox.fr/auteur/celine-b

      A suivre: Les femmes dans "La Révolution" 2, 3 et 4

 

 

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