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Voyages Rétro.

Publié le par Perceval

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Né à Londres en 1973, Peregrine Heathcote a passé son enfance en Grande-Bretagne et à Dubaï où son imagination a profité d'une culture jet-set internationale, pour s'épanouir ...

Les images de Heathcote montrent de belles femmes - personnages Gatsby-esques -  qui entreprennent des voyages de luxe sur des avions d'époque ou des navires de croisière....


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Ces "voyages" ne sont pas à vendre ...!

D'ailleurs, ce sont des voyages sans objet... La destination, est sans importance, sans illusion ...

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Elena Cermaria : des toiles naturalistes à la sensualité troublante

Publié le par Perceval

Née à Pesaro en Italie et y résidant toujours aujourd'hui, Elena Cermaria est une artiste autodidacte. Depuis toute petite, elle joue avec les couleurs et les formes et a trouvé dans la peinture une façon d'exprimer la complexité de sa réalité intérieure. Elle se définit comme: Intuitive et nocturne.

Elena Cermaria Menuet avec du thé
Menuet avec thé


"J'ai toujours adoré les contes de fée et la mythologie d'une part, et la peinture de l'autre. En iconographie, j'aime ceux qui sont capables de représenter l'homme dans sa complexité et ses paradoxes." Elena C.

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faim et soif 2010



" J'aime les peintres préraphaélites, tout comme les grands maitres du passé : Caravage, Mantegna et ainsi de suite. J'aime les jeux d'ombres et de lumières, l'impression de contraste et la beauté comme source d'inspiration et désir d'expression. En particulier, les oeuvres de Caravage et les Nymphes de Dante Gabriele Rossetti.

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madonna del soldo

Autant que je m'en souvienne, j'ai toujours aimé dessiner. Pour moi, c'était un moyen d'échapper au monde qui m'entourait et dans lequel je me sentais étrangère. C'était un moyen d'expression que je n'ai utilisé qu'à des fins personnelles pendant très longtemps. Il y a dix ans, je suis sortie de ma coquille grâce à l'aide patiente de mon mari Andrea.

Je travaille habituellement avec de la peinture à l'huile mais aussi  avec la gouache ou la peinture acrylique. Pour les travaux sur papier ( ceux que je préfère) , j'utilise souvent pour mélanger différents types de couleurs des crayons, l'acrylique, le pastel. J'aime essayer différents procédés à  chaque fois.

Je me sers généralement de mon imagination, qui est la pièce maîtresse, mais aussi d'images. J'aime la photographie de mode contemporaine et je collabore souvent avec de nombreux photographes. 

Le corps est, pour moi, le temple de l'âme, et, pour cette raison il est la partie essentielle de ma recherche artistique. Je voudrais parler de l'âme via la forme et la substance du corps. La technique est importante, mais le vrai point est le message derrière.

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ecce hommo

Eros et Thanatos sont les deux pôles importants dans ma vie et dans mon travail .. Je suis attirée, peut-être par nature, par la décadence et les  situations étranges qui brillent par leur sombre beauté esthétique . J'aime le réalisme des martyrs de la Renaissance  et l'extase des Saints qui sont si bien représentés dans les oeuvres du passé ..

"L'isola dei liombruni" 
Le projet a été réalisé en collaboration avec l'auteur du livre, Giovanni de Feo: il m'a demandé de faire quelques peintures et illustrations des personnages du livre. C'était un travail très intéressant, où j'ai "donné un visage et un corps" à son imagination. Je travaille souvent aussi comme artiste de couverture et illustratrice pour divers éditeurs (Fazi, Joker Editore et d'autres). Récemment, j'ai dessiné la couverture du livre "True Love Story" d'Auster Willow  aux Etats-Unis." E.C.

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Une image, une histoire -1/99- Shocking...!

Publié le par Perceval

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Ce beau portrait a été acheté en 1947, et exposé dans le musée de Newport au Pays de Galles. L'image a attiré, l'attention, et l'opposition de ceux qui jugeaient cette représentation immorale. La peinture «obscène» a du être reléguée dans les dépôts du sous-sol. Ce tableau a été peint par le célèbre peintre Gerald Festus Kelly(1879-1972) en 1924 (il a peint la famille royale et est devenu plus tard président de la Royal Academy.). Il a pu être considéré comme inhabituel dans sa présentation du corps nu d'une femme... Cette femme semblait afficher sa nudité sans vergogne, sans honte. Elle semblait respirer l'équilibre, la confiance et l'égalité. De plus la cigarette dans sa main droite indiquait clairement une violation des normes, de la part d'une jeune fille.

Après 60 ans dans le sous-sol du musée, l'image est réapparue … Plus rien ne choque, sauf peut-être la cigarette … !

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Portraits mondains - Madeleine de Montgomery par Beltrán Masses

Publié le par Perceval

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 Federico Beltrán Masses. La Condesa de Montgomery, Mme Bonnardel , 1934

 

Madeleine de Montgomery est née dans une famille noble, le 7 Février 1899. Elle est la fille du comte de Montgomery et de Marthe Doublet de Saint Lambert (1871-1952), et petite-fille du comte Alfred de Montgomery (1810-1891)

Elle est « fortunée » et possède son propre avion, un Morane-Saulnier, avec lequel elle est représentée sur une photographie célèbre publié dans Le Figaro en mai 1935.

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Mariée avec Jean Bonnardel, Madeleine de Montgomery - appelée par ses amis : Minou - posséde une propriété en Normandie, le Château de Saint-Aubin. Elle y invite les couples, mais séparément. Elle accueille les maris sans leurs femmes, mais avec d'autres femmes dont les maris seront invités la fois suivante … Simone Maurois supportait mal, que son mari André Maurois, puisse ainsi fréquenter d'autres femmes... Invitée à son tour ( sans Maurois), elle répond: «  Je ne veux pas aller à la Minouterie »

Minou tient aussi un légendaire « salon » (rouge et blanc) dans son splendide appartement neuf à 77, avenue Malakoff. Svelte, élégante et très nerveuse, avec des cheveux blonds et des yeux bleu-vert de cendres, sa beauté et sa personnalité font de son salon l'un des plus populaires de Paris dans les années 1930.

Amante de Jean Prouvost ( le patron de presse), la contesse de Montgomery est une femme du monde consciente de la lourde responsabilité qui pèse sur elle à ce titre : «  C'est très éprouvant d'avoir tous les soirs un dîner, mais aucune femme seule, si haut placée soit-elle, ne peut se permettre d'être mal élevée au point de n'accepter que les dîners intéressants. ». Minou est belle. Pierre Lazareff la voit en « Diane chasseresse aux attaches fines et nerveuses, avce ses cheveux cendrés, ses yeux d'aigue-marine et ses longues mains fines qui accentuaient chacune de ses phrases comme autant de point d'exclamation, elle inspirait par sa seule présence d'interminables tournois d'idées et d'éloquence ».

Madeleine de Montgomery devient la première directrice du tout nouveau « Marie-Claire » (1937) lancé par Jean Prouvost.

En 1946, Minou épouse le général Antoine Béthouart (1889-1982), Compagnon de la Libération, il est une figure de proue dans le commandement militaire français libre au cours de la Seconde Guerre mondiale.

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Portraits mondains - laure hayman ( 1851-1932 ) - julius leblanc stewart

Portraits mondains - laure hayman ( 1851-1932 ) - julius leblanc stewart

- Laure Hayman ( 1851-1932 ) - Julius Leblanc Stewart - Julius Leblanc Stewart: Portrait de Laure Hayman 1882 Odette de Grécy, est un personnage…

 

Portraits mondains - madame saint-georges - william orpen 1912

Portraits mondains - madame saint-georges - william orpen 1912

- Madame Saint-Georges - William Orpen 1912 - William Orpen, Madame Saint-Georges, 1912. Madame Saint-George était la fille du banquier George Fisher.…

 

Portraits mondains - pauline de metternich - franz xavier winterhalter, 1860

Portraits mondains - pauline de metternich - franz xavier winterhalter, 1860

portraits mondains - Pauline de Metternich - Franz Xavier Winterhalter, 1860 - Franz Xavier Winterhalter, Princesse Pauline de Metternich, 1860. Pauline Sandor-Metternich,…

 

Portraits mondains - elinor glyn philip par alexius de laszlo 1914

Portraits mondains - elinor glyn philip par alexius de laszlo 1914

- Elinor Glyn Philip par Alexius de Laszlo 1914 - Elinor Glyn peinte par Philip Alexius de Laszlo en 1914 ***** Cette peinture ci-dessus a été…

 

Portraits mondains - madame x ( madame gautreau ) - john singer sargent 1884

Portraits mondains - madame x ( madame gautreau ) - john singer sargent 1884

- Madame x ( Madame Gautreau ) - John Singer Sargent 1884 - John Singer Sargent, Madame x ( Madame Gautreau ) 1884 …

 

Portraits mondains - genevieve lantelme - giovanni boldini 1907

Portraits mondains - genevieve lantelme - giovanni boldini 1907

- Genevieve Lantelme - Giovanni Boldini 1907 - Visiter les portraits mondains de ce début du XXème siècle, n'exprime pas de ma part une nostalgie de ce « grand monde…

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -3/3-

Publié le par Perceval

«  je pense, mon amie, qu'au milieu de Venise et plus encore dans Milan et sur les lacs ( qui mettent en activité toute l'imagination et ne lui offrent aucun objet) vous évoquerez nécessairement votre ami. Je me rappelle le coup de couteau que me fut à Venise telle scène ou telle autre ... » lettre de Barrès du 6 Octobre 1907

«  (…) je suis désormais l'écho, le miroir de votre propre vie ; habitée par la sublime amitié (…) Mon ami, mon amitié jusqu'à cet automne était absolue, parfaite, divine, mais la Douleur l'a prise et l'a posée dans le sublime. » Lettre d'Anna du 20 décembre 1907

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Portrait d'Anna de Noailles, 1918

Pour dire vrai, l'aventure passionnelle entre les deux poètes, s'est renversée :

Cécile Sorel, actrice et ancienne maitresse de Barrès, note dans ses mémoires ( Les Belles Heures de ma Vie -1946 )  que Barrès affolé, demande à la voir. Il lui explique qu’Anna a décidé de transformer leur chaste passion en aventure : « Elle veut me jeter hors de ma vie, hors de mon œuvre. Elle veut être ma souveraine »

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Anna s’embrase. Vivre ! Elle veut vivre au grand jour avec l’homme qu’elle aime. Elle veut quitter son mari, partir. Les malles sont faites, elle a trente ans, elle n’est plus une petite fille.

Barrès monte dans le fiacre qui est venu le chercher chez Cécile Sorel. A l’intérieur, Anna en tenue de voyage. Partir. Tout abandonner. La gloire, l’Académie, le confort bourgeois et la tradition. Partir impossible.

Anna ne lui pardonne pas. C’est ainsi qu’on pourrait comprendre sa phrase à l’Abbé Mugnier : Barrès est sorti de ma vie « comme un misérable. »


Anna va se mettre à adorer l’homme qui commence à la fuir, jusqu’à l’épuisement, mais jamais jusqu’au renoncement.Maurice_Barres_1916.jpg

 « Mon ami, que ne suis-je morte quand votre cœur, votre esprit, votre caractère me semblait divins, quand toute mon âme était fière de vous, quand vous me consoliez de la mort, quand vous étiez mon repos, mon paradis et ma gloire éternelle. Mon ami, je suis à bout de forces, de paroles, je suis exténuée, brisée, déçue jusqu’à mourir (…). Mon ami, dîtes à chacune de vos journées que vous m’empêchez de vivre, que vous avez mon sang sur vos mains. Ne me répondez pas à présent vous me feriez trop mal. Ah mon ami, mon ami ! Je mets ma douleur, ma main dans votre main. A.N. » Lettre d’Anna à Barrès, 21 mai 1907


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Anna de Noailles en 1922

«Aucune absence, fût elle de vingt années, ne me délie de mon serment d’éternelle amitié. Tous les besoins des êtres, la faim, le repos, la vanité, je les ignore ; je suis sourde à ce qui n’est pas la voix de mon cœur pour vous. (…) Mon ami, mon amitié est divine, ne brisez pas dans un moment de colère, de démence, cette plus grande chose sur la terre. Je m’en remets à vous pour rétablir, quel que soit le temps qu’il faille y mettre, ce lien sublime. (…) Si vous étiez mort, j’aurais été plusieurs fois par an, et jusqu’à ma mort, sur la place où vous eussiez reposé. Moi vivante et vous vivant, comment accepter cette plus morte mort. » Anna, le 21 juin 1907.

 

Leurs retrouvailles ont lieu de manière informelle en 1916. Pendant quelques mois, leur passion indéfectible trouve enfin sa concrétisation peine et entière. Mais le bonheur est de courte durée : Barrès malade et en proie au doute, s'éloigne de nouveau. Il s’apaise enfin, dans une lettre du 11 mai 1923, il exprime la volonté que toute son œuvre soit dédiée à Madame de Noailles.

 

Sources ( entre autres...) Un article de Patricia Voisin, docteur en lettres et écrivaine.

- Voir aussi:

L'ivresse de la danse: henri franck et anna de noailles

L'ivresse de la danse: henri franck et anna de noailles

 L'ivresse de la Danse: Henri Franck et Anna de Noailles - René Franck, le père d’Henri, crée une société de courtage en sucre et participe à plusieurs conseils d’administration de…

 

 
Les passions d' anna de noailles

Les passions d'Anna de noailles

Les passions d' Anna de Noailles - Roumaine et Grecque de par ses origines, la princesse Brancovan, - née à Paris le 15 novembre 1876 - évolue au coeur de la vie mondaine parisienne au …

 

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -2/3-

Publié le par Perceval

«  Je me suis mise à un livre ( la Domination ) où je n'écris pas une phrase qui ne soit pour que vous l'aimiez, et qui ne soit de vous par moi. » lettre d'Anna de juillet 1904

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Anna de Noailles, en 1913 par Ignacio Zuloaga


Maurice Barrès prend ombrage de la vie mondaine, brillante, libérée d'Anna; jaloux des hommes qui l'approchent ...

Anna semble vouloir préserver la morale, en refusant la chair. Elle lui écrit presque chaque jour. Elle l’appelle « mon ami » ou « Monsieur Chéri ».

« Mon ami votre lettre est meilleure que la vie, ce matin où je suis sans courage, triste, fatiguée sous le plus beau ciel. Votre voix lointaine, si bonne, mais voilée, c'est l'irréel, le rêve, - et la vérité qui fait mal c'est cette dure, éblouissante journée. Vous m'êtes plus précieux, meilleur encore, mais plus mystérieux aussi que dans nos après-midi de chez moi, avec tant de paroles, de disputes, d'appui, de concorde. Que c'est loin, indéfiniment loin mes goûters au ministère, mon émoi et ma farouche dignité politiques, mes silencieuses ou débordantes colères ! Je suis alanguie sous l'été, mon esprit replié ne s'ouvre qu'à l'instant de votre lettre, et je referme sur elle tous les soigneux pétales de la douce et triste rêverie. Et puis aussi la surprise de ne pas attendre à quatre heures votre visite fixe la monotone couleur de la journée, et les jours passent, douce cendre, dédiée à vous. [...] Anna_de_Noailles-yeux-detail.jpgDites-moi si vous vous portez bien; au revoir mon unique ami, toutes mes pensées pensent à vous. Anna » lettre du Dimanche 29 juillet 1906


« Mon ami, vous me manquez plus que je ne puis vous dire, la vie cesse loin de votre amitié visible. Mes lettres, qui n'ont pas le divin accent des vôtres, vous apportent-elles du moins la détresse de mon regard sur cet été si beau, si vide. J'en arrive à une discipline de couvent pour ne pas me désespérer, pour exister
Lire à telle heure, sortir à telle heure, mais la rêverie baigne tant mon coeur que, tout à l'heure, lisant la description d'un dîner que faisaient sous les bambous d'un jardin de Malaisie, au dix-huitième siècle, deux tendres voyageurs, je me sentais mourir de nostalgie, de poésie, de vague et torturante espérance.
Sentez, mon ami, le poids de mes journées sans vous, comme moi je pense sans cesse au vide qui est autour de vous, et que, présente, je comblais de mon amitié infinie. Anna 
» lettre du Lundi 30 juillet 1906

Maurice_Barres-elu-en-1906-a-l-academie-francaise.jpg- Le jour de son investiture à l’académie française, Barrès dans son discours – en présence d'Anna – décrit les effets de la poésie : « Un trouble inconnu s’empare de nous, un besoin d’amitié tendre, d’amour impérissable, un désir de mourir pour celle que nous aimons, la certitude qu’elle est une fée »

En avril 1907, paraissent «  Les Eblouissements » (grand succès, avec une cinquième édition en mai...) que Barrès dédicace à Anna, rendant publique sa passion.

Elle-même souhaite lui dédicacer, un recueil sur l'amitié, mais son mari s'y oppose :

« Un jour, deux mois avant le 2 avril, mon mari à qui je parle de vous dédier mon livre me dit que c’est impossible, que notre amitié, si pure, si innocente n’en est pas moins l’objet d’un malveillant scandale, et enfin, me dit que, puisque je n’ai jamais dédié de livre à personne, à ma mère, à lui, au petit, il me le défend. Si je passais outre, c’était chez moi, la rupture. »Lettre d’Anna de Noailles à Maurice Barrès, 21 mai 1907

Barrès est déçu, et doute...

« Adieu mon amie,

Il est inutile de m’écrire ; je n’ouvrirai pas vos lettres. Je sais votre facilité pour tout dire.

Daignez agréer, Madame, les respectueux souvenirs de l’ami que vos finesses ont offensé mortellement.

Maurice Barrès » Lettre de Barrès à Anna de Noailles, 2 avril 1907

 

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Anna de Noailles et Maurice Barrès : Correspondance -1/3-

Publié le par Perceval

La correspondance de Anna-Élisabeth de Noailles (539 lettres ) à Maurice Barrès (392 lettres à la comtesse) connue, est le témoin d'une passion singulière durant de nombreuses années. Ils se sont écrits de 1903 à 1923, avec une interruption de sept années de silence.

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Anna de Noailles en 1904

En 1903. Anna de Noailles (1876-1933) a vingt-six ans, elle est reconnue comme poétesse, elle a publié son premier recueil en 1901, Le Cœur Innombrable, qui lui a valu tous les succès. Elle est l’épouse enviée de Mathieu de Noailles et s’est déclarée dreyfusarde, par esprit de contradiction. Sa silhouette frêle et brune hante les salons où elle récite ses vers.

Maurice_Barres-en-1.jpgMaurice Barrès (1862-1923), nationaliste a subi quelques échecs électoraux, il rencontre Anna qui lui parle politique. Elle se revendique dreyfusarde. La rencontre aurait pu tourner court, mais déjà, l’attirance est plus forte que les divergences.

Ils se rendent visite, accompagnés de leur conjoint. Barrès est fasciné, passionné, par ses manières, sa conversation, ses artifices... Anna est flattée, amusée, emportée... Mais … Anna peaufine, l’image de la princesse alanguie dans les coussins aux étoffes brillantes et soyeuses, l’image d’une femme au charme si fulgurant qu’on n’y résiste pas...

«  Je vous appartiens et je vous prie de ne trouver dans mes sentiments que du repos et des raisons de vivre » lettre de Barrès du 27 juin 1903

Pour Maurice, Anna devient une héroïne ; il l’appelle « l’incomparable fée », la « magicienne », « mon bel incendie ». Elle devient son égérie. Et c’est sans doute ce qu'elle souhaite, habiter l'esprit, l’œuvre de Barrès.

«Je vous aime, Madame, d'une telle manière que la vie me gène » lettre du 9 sept. 1903

 Barrès, par delà la femme, loue également l’œuvre d’Anna : « c’est dans ses vers qu’éclate son génie. Et Génie est bien le seul mot pour signifier le phénomène par lequel les plus beaux poèmes de ce temps se forgent dans cette jeune femme de vingt-cinq ans. Rien n’est au-dessus de Déchirement, Parfums dans l’ombre, C’est vrai je me suis beaucoup plainte , publiés dans la Revue des deux mondes du 15 juin. » Barrès

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Anna de Noailles en 1913, par Lazlo

Mathieu de Noailles, rechigne à laisser sa femme, rejoindre Barrès...

« Monsieur, je me tourmente, je suis très triste, je sens que vous croyez que j’hésite à partir, et en effet vous ne pouvez pas savoir que je suis prête, et impatiente de partir ce soir même, et que je supporte très mal la distraction de Mathieu et son fort entêtement à ne point se presser. » Lettre d’Anna de Noailles à Maurice Barrès, 22 avril 1904

Pourtant, il semble bien que cette passion reste platonique, malgré l'empressement de Maurice. Ensuite … Barrès est désenchanté, désabusé … Il note dans ses cahiers :

« Première impression d’une certaine lassitude et d’une certaine mauvaise humeur. – Las, à mon tour, de tout donner ou de tant donner. – Je mesure d’un œil dégrisé. Cette volonté de se faire désirer par l’univers, c’est intéressant par le don d’expression qu’elle y joint, mais c’est l’imagination vaniteuse d’une jeune femme d’officier, qui n’a pas vraiment l’échelle des valeurs. »

 

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La légende bretonne

Publié le par Perceval

Cette oeuvre a été acquise récemment par le musée d'Orsay, elle est déjà visible accrochée dans les salles Lille.

Edgard-Maxence--1871-1954--legende-bretonne-1906.jpgEdgard Maxence (1871-1954) La Légende bretonne, 1906

L’iconographie du tableau qui renvoie, comme son nom l’indique, à la mythologie bretonne sans qu’une légende précise ait pu être identifiée. Edgard-Maxence--1871-1954--legende-bretonne-detail-2.jpgCelle qui ressemble à la maléfique reine des Fées semble prédire un destin funeste à une jeune paysanne bretonne qui se tord les mains d’effroi, une peur sans doute accentuée par la vue des elfes menaçants à gauche de la composition. Il s’agirait (selon la notice du Musée d’Orsay, de « korrigans rouges »).

 

La scène se déroule dans un champ de menhir et de dolmens, par une nuit de pleine lune.
L’œuvre conserve encore son cadre d’origine sculpté, dessiné par Edgard Maxence lui même. Edgard-Maxence--1871-1954--legende-bretonne-detail.jpgExposée au Salon des Artistes Français en 1906, elle avait été commandée un an plus tôt par le docteur Louis-Gustave Richelot pour son hôtel particulier parisien de la rue Rabelais, dans le VIIIe arrondissement. En 1905 également, ce médecin qui était aussi musicien et élève de César Franck, avait composé Légende bretonne, pièce pour voix et orchestre. Il y a donc tout lieu de penser que cette toile est une traduction picturale de cette mélodie.

Sources: La tribune de l'art.

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La Dame et le Graal. -3/3-

Publié le par Perceval

La femme ( dans l'idéalité de sa féminitude ...)  'porte' en elle-même quelque chose de la vérité du Graal, mais elle a besoin de l'homme ( dans l'idéalité de sa masculinité...) pour que ce soit pleinement révélé à l'extérieur.King-Arthur-asks-the-lade-of-the-lake-for-the-sword-excalib.jpg

Ce sont toujours des femmes qui finissent par guider les chevaliers vers le lieu où se trouve le Graal. Et le chevalier ( Perceval, en particulier)  doit absolument gagner l'amour de cette femme unique pour atteindre le château du Graal, le temple du Graal qui représente la totalité des choses.


      « Le Graal évoque aussi les fontaines, les entrées souterraines, les grottes rapportées en dernière analyse à la vulve de la grande déesse primitive, dispensatrice de tous les biens, de tout ce qui est à la fois nourricier, chaud, intime, doux, accueillant.. » Georges Bertin ( la pierre et le Graal).

Barjavel, dans son Merlin, imagine que le contenu du Graal doit ressembler aux formes féminines de Viviane : « Tes seins sont sources et fontaines, sources de joie et fontaine de vie... Si je suis un jour admis à regarder dans le Graal, c'est certainement eux que j'y verrai. Ils sont la double perfection du monde, ils expliquent les mouvements et les formes, et éclairent les mystères » René Barjavel, l'Enchateur.

Barjavel fait remonter le Graal à Eve, qui faite de glaise ( celle du Jardin, qui a façonné le premier homme …) recueille le sang d'Adam, l'utilise comme écuelle et l'emporte hors du jardin …

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Le Graal, servira aussi à Jésus, à Cana... Il est intimement lié à la différenciation sexuelle... La femme a fait le Graal. On pourrait s'interroger si la femme ne serait pas la seule à accéder à la relique ? ( Marie de Magdala?).

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La quête médiévale laisse peu de place à la femme. La dame courtoise est en général une entrave à la vie du chevalier; la littérature – sous l'influence de l'Eglise - préférera très vite dresser le portrait de la femme tentatrice qui conduit au péché.

La-tentation-de-Sir-Percival--par-Arthur-Hacker.jpgC'est à cause de Guenièvre que Lancelot est conduit à trahir Arthur, ce qui mène à la perte et à la stérilité du royaume et donc, à la fin de la quête du Saint-Graal.

Ainsi, le Graal dans la littérature arthurienne, suscite un désir qui vient presque occulter toutes les aspirations courtoises de l’époque. Les chevaliers qui partent à sa recherche se trouvent confrontés à un choix impossible, à savoir aimer leur dame ou adorer le Graal, celui-ci excluant peu à peu l’appartenance de corps et d’âme à une femme.

Le Graal devient ainsi le rival de la femme, et lui devient un gage de leur sécurité: sans lui le monde deviendrait violent, et les dames seraient bafouées... Par contre, il faut se méfier, des demoiselles étranges qui se dressent sur la route des chevaliers pour les provoquer... Le Graal, ainsi animerait un désir suprême qui se doit d’étouffer tous les autres désirs, celui de la dame avant toute chose; pourtant, malgré cette condition impérieuse, Lancelot préférera Guenièvre au Graal, et c’est là une transgression magnifique que nous offre la littérature médiévale.Sir-Galahad-et-l-ange--par-Sir-Joseph-Noel-Paton-fond-noir.jpg

 


Perceval, s'il est l'élu d’une demoiselle nommée Blanchefleur - dans Le Conte du Graal -, un amour qu’il aurait pu étouffer, mais qu’il finira par faire éclore; ne pourra pas devenir « l'élu du Graal ».


Ce sera un chevalier vierge, Galaad ( Galahad) fils de Lancelot, qui seul pourra communier au Graal...

 

Lorsque Galaad se penche pour contempler le Graal, il dit: "Tout m'est révélé, je n'ai plus besoin de vivre". Et il meurt, parce qu'il a vu la vérité absolu. Les autres se sont contentés de regarder de loin le Graal.

 

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La Dame et le Graal. -2/3-

Publié le par Perceval

Dante Alighieri fit partie d'un mouvement européen appelé «  Les fidèles d'Amour » et qui se réfère aux poètes, chevaliers et troubadours des « cours d'Amour ».

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« L'affrontement des joueurs est une métaphore à peine voilée de l'affrontement des amants lors de la conquête amoureuse : la dame résiste, le chevalier tente encore et encore de la séduire… Michael Camille propose une interprétation érotique de cette image. Selon lui, la position de la jambe gauche du joueur et le poteau central de la tente, qu'il enserre d'une main, sont des allusions phalliques, tandis que les plis du vêtement de la dame dessinent un sexe féminin. Ceci serait renforcé par les attributs portés par les deux spectateurs : un oiseau de proie pour l'homme, une couronne pour la femme.  », écrit Nicolas Coutant sur Images de l'amour courtois aux XIVe et XVe siècles

On pourrait encore rapprocher la Dame, de la « çakti », de la femme initiatique ou de la femme initiatrice dans le tantrisme. Sauf, qu'en occident, nul n'a osé évoquer ainsi la sexualité féminine... Certains contes indiens, font référence à un rituel tantrique où l'homme, doit passer des nuits dans la même chambre que la jeune fille qu'il a choisie comme çakti et doit dormir avec elle sans la posséder charnellement. Sans doute est-ce là le préliminaire d'une "union subtile". Or, dans la chevalerie qui professe le culte de la "femme", l'épreuve ultime du chevalier, appelée « asag », consiste à passer une nuit au lit avec la femme complètement nue sans accomplir aucun acte charnel, non pas comme une discipline de chasteté mais pour exaspérer le désir.

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deesse-mere-2.jpgDans la mythologie celtique, karidwen est une déesse que l'on associe à la beauté, elle est représentée portant une amphore, un vase.

La coupe, le calice - comme symbole - nous apporte le mystère d'époques archaïques et légendaires. C'était également le chaudron, après avoir été croissant de lune, pur signe concave, il est l'ouverture et le confinement. A l'origine et à la fin de vie, la source éternelle, le lieu où tout, chaque vie, peut trouver un sens et se reposer...

Signe du féminin sacré, le ventre de la déesse, est aussi source de nourriture, lieu de transformation et de régénération.. L'eau de pluie, du puits, elle-même sacrée devient une expression de la fertilité sacrée de la terre. Le hiéroglyphe égyptien représentant la femme dessine un puits d'eau. La femme, source de vie, est liée à l'eau, source de vie par excellence.

La légende le Graal est liée à la Lance Ensanglantée. Le sang coule dans de Calice et la lance est le symbole masculin par excellence. Le Calice, la femme, la lance, l'homme, engendrent la vie et représente l'acte créateur de Dieu.

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Willy Pogany ~ Parsifal ~ 1912 ~

 

 

Le Perceval de Chrétien de Troyes, commence avec le printemps, au moment où les arbres fleurissent … La vie renaît, et l'histoire commence à partir de la terre ( terme féminin, dans toutes les langues …). Le point de départ c'est aussi la mère de Perceval. Ensuite, c'est avec une « vraie » femme, qu'il offense sa relation au féminin.


C'est ensuite avec la vision du Graal, porté par des demoiselles, que Perceval se confronte avec la lumière, la blessure puis le désert : terres d'un roi blessé entre le jambes. La maladie du Roi défectueux stérilise les terre. Seul la demande de Perceval peut guérir le Roi et faire refleurir la terre.

 

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