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Qu'est ce qu'on fait ...?

Publié le par Perceval

Jour de pluie ...

Jour de pluie ...

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Saul Leiter - photographe '' In my room ''

Publié le par Perceval

Saul Leiter, Self-Portrait with Inez, c. 1947

Saul Leiter, Self-Portrait with Inez, c. 1947

Saul Leiter est né à Pittsburgh en 1923.

Saul Leiter est surtout connu pour ses photographies de rue des années 1940... En 1946, Saul Leiter est venu à New York pour devenir peintre. Peu après son arrivée, il a été happé par la photographie grâce à une connaissance, l’expressionniste abstrait Richard Pousette-Dart... A cette époque, la photographie n’était pas encore acceptée comme technique artistique. Elle était considérée comme superficielle...

Ses sujets favoris sont des miroirs, des ombres, des reflets dans des vitres et des silhouettes. Les individus dans ses images sont souvent en flou artistique, seulement partiellement présents ou presque complètement absents.

Il a gagné sa vie avec la mode en noir et blanc étalée dans des magazines tels que Harper’s Bazaar et Vogue.

Pendant plus de soixante ans, Saul Leiter a peint et pris des photographies : il casse les perspectives, comprime l'espace...

comme une pratique en duo et il a redéfini les caractéristiques de la photographie de rue due a sa grammaire visuelle distincte : des perspectives éloignées du centre, des dynamiques spatiales comprimées, l’aperçu pour briser le cadre de manière abstraite, imprévisible, et un rythme asymétrique.

''In my room '' reprend des photos de nus à travers des photographies intimes de femmes que Leiter connaissait... Ce sont des espaces intérieurs profondément personnels, souvent éclairés par la lumière naturelle luxuriante de l'atelier de l'artiste dans l' East Village de New York City...

Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''
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Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''

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Rilke et Baladine Klossowski

Publié le par Perceval

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Elisabeth Dorothea Klossowski (1886-1969), née Spiro, est plus connue sous le nom de '' Baladine ''.

Devenue la muse de Rilke (1875-1926), il la nommera '' Merline ''. Elle est peintre, épouse du peintre et historien d’art, Erich Klossowski de Rola. De cette union, elle a eu, écrit-elle au poète, « deux ravissants fils », Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus (1908-2001), et de Pierre Klossowski (1905-2001).

Elle est aussi la sœur du peintre Eugen Spiro.

 

Le 11 juin 1919. Rilke, venant de Munich, arrive à Genève, descendant comme toujours à l’Hôtel des Bergues, il y revoit une jeune femme qu’il a rencontrée à Paris vers 1906-1907 : Baladine Klossowski, avec son mari Erich... échangerait bientôt avec lui une abondante correspondance.

Le 3 septembre 1920, toujours à l’Hôtel des Bergues, a lieu, au soir, la première rencontre amoureuse... Merline est venue chercher Rilke à la gare. Il a prévu de rester vingt-quatre heures. Il demeure huit jours.

Rilke sort d'une sévère dépression liée à la guerre et qui l'a empêché d'écrire pendant plusieurs années. Baladine Klossowska (Merline) a onze ans de moins que lui, ils deviennent amants.

(...)

« On devrait l'un dans l'autre pouvoir se coucher
tels des pistils entre les étamines,
tant tout, partout, - monde démesuré, -
grandit, tournoie, nous agglutine.

Mais tandis que l'un contre l'autre nous nous serrons
pour ne pas voir ce qui dehors nous guettes,
en toi, peut être en moi, la menace s’apprête,
car nos âmes vivent de trahison. » (…) Rilke.

Baladine ici avec Mainer Maria Rilke en 1923 ->

Pendant 6 ans Baladine est le grand amour de Maria Rilke et l'inverse, même si l'irruption de cet amour dérange les plans de solitude de Rilke à ce moment-là... Cette liaison va durer jusqu'à la mort de Rainer Maria Rilke en 1926. Ensemble, ils s'installent à Muzot au-dessus de Sierre dans une vieille tour médiévale qui leur semble pouvoir les accueillir...

Il prit à cœur de s’intéresser de près à la vie scolaire et aux dons précoces des deux fils de Baladine, fondant ainsi des bases de confiance pour la carrière d’écrivain de Pierre… et le destin de peintre du jeune Balthus. Mais la situation matérielle de la famille est difficile: les enfants retournent en Allemagne et Rilke entreprend des démarches auprès de connaissances pour tenter de les aider, ce qui a pour conséquence de ramener ensuite les enfants à Paris.

 

 

"Quand Rilke venait chez moi, nous étions quatre enfants heureux" (Baladine Klossowska)Baladine Klossowska (Merline)  La Contemplation intérieure (Rilke dormant sur un petit sofa à Muzot)

La demeure parisienne de Baladine Klossowska d’abord rue Férou, puis 11 rue Malebranche, est un salon littéraire où l’on parle indifféremment français, italien, espagnol et allemand. S’y rencontrent Rilke et Valéry, Verhaeren et Julius Meier-Graefe, Charles Du Bos et Wilhelm Uhde, Gide et Ortega y Gasset, les Maritain et le jeune Pierre Leyris…

« La personne de Baladine a un caractère provocant. Si l’on a remarqué certains mouvements que son grand corps peut faire, on n'arrive plus à en détacher son regard. Un qualificatif assez juste serait « oiseau féminin ». Des jambes hautes et fortes agréables à voir, un pied cambré, hanches et poitrine présentes, mais la taille douce […] ; le visage large et charmeur d'un chat, les minces lèvres passées au rouge, le regard cendré. Quant à ses cheveux ils sont aussi provocants, un peu sombres, sensuels. »

Pierre Jean Jouve, Le Monde désert [1927], Œuvre, II, Mercure de France, 1987, page 250.

 

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Un verre, pour 2017 ...

Publié le par Perceval

Avec Fabian Perez, un artiste né à Buenos Aires.

 

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Réveillons...

Publié le par Perceval

Et si... 

 

 

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Peintures de Brent Lynch, peintre canadien de la côte ouest .

 

 

 

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Marguerite de Valois: ''La Ruelle mal assortie''

Publié le par Perceval

La Ruelle mal assortie (ca 1610) ou entretiens amoureux d'une dame éloquente avec un cavalier gascon plus beau de corps que d'esprit et qui a autant d'ignorance comme elle a le sçavoir.

De, Marguerite de Valois (1553-1615)

Marguerite de Valois, connue sous le nom de ''Reine Margot'' d'après le surnom que lui a donné Alexandre Dumas, est la fille de Henri II et Catherine de Médicis, et donc la sœur des trois derniers rois de la lignée des Valois. Elle est célèbre pour sa culture et pour ses nombreux amants. On dit que la belle Margot, étant née sensible, est devenue l'une des grandes amoureuses du siècle, et si riche en liaisons qu'il n'en coûte rien de lui en prêter... Mariée de force par sa mère à Henri IV afin de réconcilier les catholiques aux protestants, elle se révolte plus tard et doit s’exiler avant de laisser sa place de reine de France à Marie de Médicis....

''La Ruelle mal assortie'', serait l'œuvre de Marguerite de Valois, petite-nièce par le sang, et petite-fille par alliance de Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier, et qui avait été elle aussi reine de Navarre, elle mériterait comme sa grand'tante d'être comptée parmi les meilleurs écrivains de la Renaissance française. Elle écrit de si jolies lettres que Brantôme crie son enthousiasme...

La Ruelle mal assortie est un court dialogue ''philosophique'' où Marguerite de Valois et son jeune amant en titre démontrent chacun à sa façon l'excellence de l'amour pur et de l'autre.

La Dame savante et éprise d'idéal, se plaint que le jeune gascon soit inculte et qu'il ne puisse la satisfaire que physiquement - ce a quoi elle se résout - après avoir vainement essayé de le convertir a l’honnête conversation d’amour.

- «Je vous aime byen sans tant philosopher », soupire le Gascon, a la torture. « je viens quand vous me mandes venir », « je suis captif et despends de vos volontes », serine‐t‐il. Alors que la Dame l'accable sur un ton méprisant...

Elle : « mon inclination ne tend qu'à ces petites voluptés qui proviennent des yeux et de la parole, qui sont, sans comparaison, d'un goust plus savoureux et de plus de douceur que cet autre plaisir que nous avons de commun avec les bestes. »   
Lui : « - Je prends grand plaisir à faire la beste. »

Elle : « - Vous avés raison, car c'est sans contrainte et sans prendre grande peine, et croy qu'il faut bien, veu l'antipathie de nos humeurs, la discordance de nos génies et la dissemblance de nos idées, qu'il y ait quelque vertu secrette qui agisse pour vous »

Lui : « - Je vous aime byen sans tant philosopher. »

Elle : «  vous feriés bien mieux d'employer le temps à lire l'Equicola, Leon Hebrieux ou Marcel Ficin (*), qu'en l'entretien de ces coquettes qui parlent tousjours et ne disent rien, que je suis lasse de vous en tant crier. » (...)

(*) Ce sont trois des grands classiques de l'amour platonique.

Elle : « - L'esprit, pourtant, est bien plus à aymer, c'est lui qui tient le coeur quand la beauté l'a pris ; mais il faut, malgré la raison, que chacun ayme son semblable ; et pour vous la cause en est, sans guere subtiliser, que vous estes tout corps et n'avés point d'esprit, et ne sçauriés juger des vrayes voluptés, en tant qu'elles viennent de l’ame par raison de science ; mais ouy bien des fausses voluptés, parce qu'elles procedent des sens exterieurs ; et encore en jugés vous bien mal le plus souvent, vous laissant coiffer si aisément à toutes les laides qui se présentent. »
Lui : « - Aussi bien je ne suis coiffé que de vous. » (...)

La « vertu secrette »du jeune homme, mystérieusement évoquée en ouverture, s’y dévoile de manière très pragmatique :

Elle - «il faut confesser qu'il n'y a pas grand peine à vous faire déclarer une beste, advouant que j'ai tort de vous faire parler, puisque vous avés trop plus de graces à vous taire ; et faut occuper desormais vostre bouche à un autre usage, et en retirer quelque sorte de plaisir, pardonnant a la nature qui employant tout a polir le corps, n’a rien peu reserver pour l’esprit. […] Approches vous donc, […] car vous estes mieux pres que loing. Et puisque vous estes plus propre a satisfaire au goust qu’a l’ouie, recherchons d’entre un nombre infini de baisers diversifies, le quel sera le plus savoureux pour le continuer. O ! qu’ils sont doux […] ; j’en suis toute esmue et en rougis jusque dans les cheveux. […] Eh bien ! vous voila enfin dans vostre element […] Ha ! j’en suis hors d’aleine et ne m’en puis plus ravoir ; et me faut, n’en deplaise a la parole, a la fin advouer que, pour si beau que soit le discours, cet ebatement le surpasse ».

L'attribution de ce texte à Marguerite de Valois est contesté, soit qu'il serait trop féministe, ou plutôt jugé misogyne par l’excès même du texte … D'autres critiquent le dénouement ''contradictoire'' où l'héroïne succombe à l'amour vulgaire et le dit supérieur en agrément à l'autre... ''La Ruelle'' ne serait qu'une satire, avec des propos repris de Marguerite... On sait qu'elle confia ses notes au poète François Maynard qui pourrait en être l'auteur …

Marguerite de Valois, se distinguait par sa culture et se goûts intellectuels... A Usson et à Paris, elle ne se mettait pas à table sans avoir entendu discourir sur des ''propos non communs '' de forts honnêtes gens et savants ( Brantôme).

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Le Cantique des Cantiques -2/2-

Publié le par Perceval

* Le périple amoureux des deux amants peut être divisé en cinq actes, mettant en scène les différents personnages.

  • Le premier acte (I, 2 ; II, 7) présente l'amante captive qui pense à son amant (I, 2-7), puis qui est rappelée à l'ordre par le chœur (I, 8). Ensuite Salomon intervient (I, 9-11) : son amour n'est ni véritable ni inspiré comme le suggère la comparaison profondément matérielle et comme le souligne le champ lexical de la richesse des bijoux : "pendeloques", "colliers", "pendants d'or", "globules d'argent". La Sulamite reprend alors la parole pour célébrer son amant (I, 12-14), et se livre avec le roi Salomon à un dialogue (I, 15-17 -II, 1) fondé sur une suite de malentendus puisque Salomon flatte la Sulamite et croit en être flatté en retour, alors même que celle-ci pense à son amant. Ce dernier surgit dans cet échange confus (II, 2), comme le souligne la continuité de la comparaison "Comme lis entre les chardons […] Comme le pommier parmi les arbres d'un verger". La Sulamite se laisse aller à son illusion (II, 3-7). Les verbes "n'éveillez pas, ne réveillez pas" indiquent que l'amante est en proie au sommeil, ce qui annonce la fin de l'acte.

  • Dans le second acte (II, 8-III, 6), la Sulamite rêve de son amant. Puis elle se réveille en pleine nuit et cherche son amant en parcourant la ville (III, 1-6).

  • Le troisième acte s'ouvre sur l'entrée solennelle de Salomon dans Jérusalem, scène visualisée par le chœur composé de jeunes hommes (III, 6-11) : ce passage est intéressant car on a l'impression d'assister à une somptueuse mise en scène (III, 9-10). Puis Salomon prend la parole (IV, 1-7) et fait une description physique de l'amante, description plus rhétorique qu'amoureuse si l'on se réfère à la vision ascendante plutôt structurée à laquelle se livre Salomon. La différence d'expression (IV, 8-16) est certaine : la campagne natale de l'amante est évoquée, "montagne" que seul l'amant connaît pour avoir aimé l'amante en ces lieux. L'interlocuteur semble nostalgique et plus passionné, ce qui pourrait bien faire de lui l'amant de la Sulamite. La Sulamite prend la parole (IV, 16) et c'est au tour de l'amant (V, 1).

  • Le quatrième acte (V, 2 - VI, 3) commence par le réveil en sursaut de la jeune fille qui entend la voix de son Bien-Aimé à la porte. Mais il disparaît. Elle le cherche et rencontre le chœur des jeunes filles (V, 9), avec lequel elle dialogue.

  • Le cinquième acte débute sur la prise de parole de Salomon qui paraît embarrassé face à la Sulamite : "Détourne de moi tes regards", car il commence à sentir que l’amour qu’elle éprouve ne lui est pas destiné. L’amant intervient pour détruire les paroles de Salomon (VI, 8-10). Il évoque le souvenir de "sa mère", ce qui certifie sa nature. La Sulamite raconte la façon dont elle a été capturée par Salomon. Puis le chœur tente de l’apprivoiser. Le passage suivant (VII, 2-6) est ambigu : il semble que ce dithyrambe soit celui d’une autre jeune fille du harem qui oppose ses charmes à ceux de la Sulamite. En effet, il serait étrange qu’il s’agisse de la Sulamite elle-même, qui danse en montrant ses charmes.

Mais il semble que les deux hypothèses se valent, car les louanges chantées par le chœur embellissent le corps de la Sulamite également. Salomon intervient alors (VII, 7-10) car le ton est audacieux. La Sulamite semble d’abord éprouver un sentiment de répulsion à son égard (VII, 10-11) et réaffirme sa fidélité à son amant en se consolant dans ses souvenirs (VII, 12 ; VIII, 4). Le chœur reprend la parole. La Sulamite est endormie et son amant la transporte dans son village natal pendant son sommeil où elle se donne à lui. Enfin le chœur résume la morale de la pièce.

  • L’épilogue (VIII, 8-14) rappelle l’enfance de la Sulamite tiraillée par ses frères inquiets de sa vertu.  

** La « erwah », c’est-à-dire la nudité et tout ce qui relève de la sexualité, est intensément présente dans le poème.

Les allusions sexuelles les plus frappantes sont présentes en V, 4 et en VII, 9. La figure vaginale du trou est importante car elle incarne la féminité face à l’acte sexuel :

"Mon Bien-aimé a passé la main

par le trou de la porte

et du coup mes entrailles ont frémi.

Je me suis levée

pour ouvrir à mon Bien-aimé,

et de mes mains a dégoutté la myrrhe,

de mes doigts la myrrhe vierge,

sur la poignée du verrou."

L’allusion est ici très claire : la main représente la force de l’homme, le membre. La dimension phallique du passage est euphémisée par l’emploi du substantif « main », mais l’acte sexuel est ici bien réel puisque lorsque l’amant retire sa main, le ventre de la Sulamite frémit, ce qui correspond à la frustration du désir, de la jouissance. L’évocation de la myrrhe symbolise le liquide féminin de la passion, liquide dont les doigts viennent calmer l’ardeur impatiente provoquée par la présence de l’amant. La force et le désir sexuel sont également suggérés dans la description du nombril : "Ton nombril forme une coupe / où le vin ne manque pas." Le nombril est au centre du corps, il reçoit toutes les énergies symbolisées par le vin, il est donc le réservoir de toute l’énergie vitale du corps. Le nombril est l’Eros biblique, l’énergie charnelle et érotique.

L’aspect proprement charnel du Cantique des Cantiques donne au poème toute son humanité. Mais il ne se focalise pas uniquement sur l’aspect corporel de l’érotisme, il sait faire intervenir le sensualisme des éléments pour donner douceur et volupté à son contenu.

Quelques extraits:

Meinrad Craighead's vision of the Song of Songs(...)
Écoutez !... Mon Bien-Aimé l... Le voici.
Il vient, bondissant sur les montagnes,
franchissant les collines.
Pareil au chevreuil, mon Bien-Aimé,
au faon de la biche.
Le voilà ! Debout derrière notre mur.
Il regarde par la fenêtre,
son œil brille à travers le grillage.
Il parle, mon Bien-Aimé. Il me dit :
"Lève-toi, mon Amour, ma Belle, et viens.
Car voici l'hiver passé, la saison des pluies est finie,
elle s'en est allée ;
Les fleurs ont paru dans les champs,
l'époque de l'émondage est venue
et la voix de la tourterelle s'est fait entendre
dans nos campagnes;
Les fruits du figuier mûrissent,
les vignes en fleur embaument.
Lève-toi, mon Amour, ma Belle, et viens !"
Ma colombe se retire dans les fentes du rocher,
dans les cachettes de l'escarpement.
- Montre-moi ton visage, fais entendre ta voix,
car ta voix est douce et ton visage est beau.
Prenez-nous les renards, les petits renards,
détruisant les vignobles, et nos vignes sont en fleur.
Mon Bien-Aimé est à moi,
et je suis à lui qui fait paître parmi les roses.
Tandis que le jour se lève et que les ombres s'enfuient, retourne.
Sois semblable, mon Bien-Aimé, au chevreuil
ou au faon de la biche sur les " monts de la Séparation ".

(...)
Que tu es belle, ma Bien-Aimée, que tu es belle !
Tes yeux, à travers ton voile, sont des colombes.
Ta chevelure est un troupeau de chèvres couchées
sur la montagne de Guiléad;
Tes dents sont un troupeau de brebis tondues remontent du bain, toutes sont mères de jumeaux aucune n'est stérile;
Tes lèvres sont des bandelettes d'écarlate et ta voix est agréable ;
tes joues, sous ton voile, sont des moitiés de grenade ;
Ton cou est la tour de David bâtie pour les trophées,
mille boucliers y sont suspendus, tous les carquois des braves ;
Tes seins sont deux faons jumeaux de biche paissant parmi les roses.
Lorsque le jour soufflera et que les ombres disparaîtront,
j'irai au " mont de la Myrrhe " et à la " colline de l'Encens ".
Tu es toute beauté, ma Bien-Aimée, tu n'as aucun défaut.
Vers moi du Liban, Épouse, vers moi du Liban, tu viendras :
tu regarderas du sommet d'Amanâ, du sommet du Schenir et du Hermon, des repaires de lions, des montagnes de léopards.
Tu as ravi mon cœur, ma Sœur, mon Épouse,
tu as ravi mon cœur d'un regard, par un collier de ton cou.
Qu'il est beau ton amour, ma Sœur, mon Épouse !
Il est meilleur que le vin, ton amour !
Et l'odeur de ton parfum préférable à tous les aromates !
Tes lèvres, Bien-Aimée, distillent le miel ;
le miel et le lait sont sous ta langue,
et l'odeur de ton vêtement a le parfum du Liban ;
Ma sœur, mon Épouse, (tu es) un jardin fermé,
une source close, une fontaine scellée ;
Tes plantes forment un verger de grenadiers et d'autres fruits délicieux, de cyprès et de nards;
Le nard et le safran, la cannelle et le cinnamome
avec toutes sortes d'arbres à encens : myrrhe et aloès,
avec tous les aromates précieux ;
Une source de jardin, une fontaine d'eau vive et les ruisseaux du Liban !
Lève-toi, Aquilon; accours, Autan!
Soufflez sur mon jardin, que ses parfums se diffusent !
Que mon Bien-Aimé vienne dans son jardin et mange de ses fruits exquis !

Les deux dernières illustrations: Meinrad Craighead's vision of the Song of Songs

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Le Cantique des Cantiques -1/2-

Publié le par Perceval

Elle et Lui « amoureux de l’absence de l’autre –, aucune incertitude ne pèse sur l’existence de celui qui est aimé et qui aime. « Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! ». Cette conjonction entre la certitude et l’attente à l’égard de l’Aimé ne définit-elle pas notre imaginaire amoureux, mais aussi religieux ? » Julia Kristeva

Elle :
«
Il me baisera des baisers de sa bouche ;

oui, tes étreintes sont meilleures que le vin. » (1,2)

« Mon amant est pour moi un sachet de myrrhe ;

il nuite entre mes seins. » (1, 13)

« Qu'elles sont belles tes étreintes, ma sœur, ma fiancée ;

qu'elles sont bonnes tes étreintes, plus que le vin ! » (4, 10)

« De nectar, elles dégoulinent, tes lèvres, fiancée ! » (4, 11)


Lui :
«
Mangez, compagnons, buvez, enivrez-vous d'étreintes ! » (5, 1)


Elle :
«
Ses joues (...) sont des tours d'épices ; ses lèvres, des lotus, (...)

Ses mains, des sphères d'or (...) ; son ventre, un bloc d'ivoire (...)

Ses jarrets, des colonnes d'albâtre (...)

Son sein est douceur, son tout désirable. » (5, 13-16)


Lui :
«
Le galbe de tes cuisses, tels des joyaux, est oeuvre de main d'artiste.

Ton ombilic, cratère de lune, ne manque pas de brandevin.

Ton ventre, une meule de blé (...)

Tes deux seins, tels deux faons, jumeaux d'une gazelle. » (7,2-4)

« Ceci, ta taille ressemble au palmier, et tes seins à des pampres. » (7, 8)

Elle :
«
Là, je te donnerai mes étreintes. » (7, 13)

« Initie-moi. » (8, 2)

« Va, mon amant, sortons au champ, nuitons dans les villages ! » (7, 12)

« Oui, l'amour est inexorable comme la mort,

l'ardeur, dure comme le Shéol.

Ses fulgurations sont fulgurations de feu, flammes de Yah. » (8, 6)

Il s'agit d'un long poème biblique, qui trace un récit des amours de deux êtres humains, qui se cherchent et se répondent l'un à l'autre. L'amour qui semble les unir est empli d'images fortes en sensualité et en érotisme.

Au regard des exégètes juifs et chrétiens, il s'agit d'une allégorie des relations entre Yahvé et Israël ou entre le Christ et l'Eglise.

Il s'agit d'un dialogue entre l'époux et l'épouse : un chant nuptial... La Bible elle-même indique l'intervention d'un chœur à l'antique, mais ce découpage est arbitraire, car à l'origine il n'existe pas de parties différentes clairement dissociées, ni de distinction réelle entre les personnages.

Il ne s'agit pas d'un drame antique : les actions ne sont pas jouées, mais racontées, comme on peut le voir en I, 4 : "Le Roi m'a introduite dans ses appartements", ou encore en V, 1 "J'entre dans mon jardin". C'est un drame fait pour être lu, non pour être joué.

Le poème met en scène plusieurs personnages ou groupes : La Sulamite, celle que la Bible nomme le plus souvent "l'Epouse" ou "la Bien-Aimée", le berger, le roi Salomon, les frères de la Sulamite, les femmes du harem, le chœur, les jeunes filles de Jérusalem et quelques autres de moindre importance.

La Sulamite est l'amante séparée de son amant par Salomon, qui l'a faite prisonnière dans son harem. La jeune femme va alors laisser libre cours à sa rêverie, songeant à son amant qui vient la retrouver, malgré Salomon. Cette distinction entre l'amant et Salomon peut se fonder en VIII, 11-12, où l'amante (ou l'amant) prononce ces paroles "Salomon avait une vigne […] Ma vigne à moi, je l'ai sous mes yeux" : ces images portent toute la symbolique du vin, source de vie, de plaisir, l'amant en opposition à Salomon. Dès lors, Salomon est celui qui permet malgré lui l'exaltation de cet amour momentanément contrarié.

Illustrations de Eric Gill (1882-1940), britannique, et graphiste, dessinateur et sculpteur,

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Rozi Demant

Publié le par Perceval

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Rozi Demant est née en 1985 en Nouvelle-Zélande. Autodidacte, elle peint un univers fantasmagorique peuplé de femmes surréalistes aux jambes interminables et à l'allure provoquante.
Il se dégage de ces visions, une atmosphère d'un érotisme sombre, la fantaisie domine dans un monde de ténèbres... Représentations surréalistes aux scénarios oniriques, qui font penser Dali et Magritte...

 

 

 

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Reading is sexy - 6 -

Publié le par Perceval

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