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D'où vient Mata Hari ? -1/2-

Publié le par Perceval

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La jeune Margaretha en 1900

Aventurière affabulatrice et mythomane, Margaretha s'inventa des passés prestigieux et une vie rêvée.

Née en 1876, fille d'un marchand de chapeaux de Leeuwarden aux Pays-Bas et d'une mère javanaise, Margaretha Geertruida Zelle a un teint basané qui la fait passer pour une Eurasienne.

Le père a un magasin de chapeaux, et possède également un moulin et une ferme. La famille peut se permettre un bon niveau de vie, leur lieu de résidence est un ancien palais Kerkstrasse Grote, dans le centre-ville. Margaretha peut fréquenter une école de qualité.

En 1899, les affaires vont mal, le père est forcé de vendre son entreprise. En 1890, ses parents se séparent, et sa mère meurt l'année suivante... Margaretha est ensuite pris en charge par son parrain à Sneek, et elle entreprend des études pour devenir institutrice de maternelle dans une école secondaire à Leiden. Elle est contrainte de quitter l'école à la suite d'une liaison avec le directeur... Margaretha, à 18 ans, se marie par annonce matrimoniale avec un officier de marine qui a le double de son âge : Rudolph MacLeod (1856-1928). Peu après le mariage, le couple s’installe à Java, prospère colonie néerlandaise où la jeune femme s’initie à la culture traditionnelle: elle apprend quelques rudiments de danse et de langue. En 1899, Margaretha perd son jeune fils, assassiné par la maîtresse de son époux. Rentrée en Europe, avec leur fille, son mari boit et la violente... Elle obtient le divorce.

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Photos de mariage avec John MacLeod,  le 11 Juillet 1895 Margaret et Rudolf MacLeod en partance vers les Indes néerlandaises (1897)

 

En 1903, à 26 ans, elle s’installe à Paris et se fait entretenir par des hommes. En 1905, elle se fait embaucher comme écuyère dans le « Nouveau cirque » d’Ernest Molier où elle met sur pieds un numéro de danseuse orientale.

Mata-Hari-12.JPG Mata-Hari-11.jpg

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En 1905, Mata Hari se produit lors d’une réception chez Madame Kiréevsky ; Emile Guimet, collectionneur et érudit passionné par l’Extrême-Orient, admire sa danse sensuelle. Charmé par cette femme qui se prétend javanaise, et connaître les danses cultuelles javanaises, il lui propose de se produire dans le musée qu’il a fondé. Elle adopte alors le nom de Mata Hari ("oeil du jour").

Mata-Hari-executant-des-danses-brahmaniques-au-Musee-Guim.jpg

Quelques semaines plus tard, la bibliothèque du musée est transformée en éphémère sanctuaire de Shiva. Mata Hari interprète trois danses "brahmaniques". Si la chorégraphie n’a rien de religieux, elle est éminemment érotique: "en l’honneur du dieu", la courtisane se dénude langoureusement.

mata-hari-guimet-2.jpg

A suivre ....

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Lillie Langtry, le lys de Jersey -1/2-

Publié le par Perceval

Il était une fois, une femme célèbre pour sa beauté, et son sens de l'entreprise, peut-être même son goût pour l'aventure... Un homme l'a particulièrement remarquée : Albert Edward, le prince de Galles.

Lillie Langtry est née 'Emilie Charlotte Le Breton', le 13 Octobre 1853, à St Saviour, sur l'île de Jersey. Elle est la fille du Révérend William Corbet Le Breton, Doyen de l'île.

Seule fille d'une famille de 7 enfants, ses 6 frères ne lui font pas la vie facile... Elle ne se laisse pas faire, ce qui lui forge et endurcit son caractère. Sa blancheur de peau lui vaut très tôt son surnom de Jersey Lily, du nom de la fleur emblème de l'Île de Jersey. Elle séduit déjà par sa classe et surtout par sa beauté. Elle épouse en 1874, Edward Langtry, son beau-frère, veuf, âgé de 26 ans, un propriétaire foncier irlandais et passent ensemble plusieurs semaines sur son splendide Yacht : le 'Red Gauntlet '. Tous les deux s'installent à Londres deux ans plus tard.

Cette première année se déroule sans incident à Southampton, sauf qu'Edward commence à boire beaucoup, la laisse seule et Lillie s'ennuie... Elle tombe malade, et son médecin très proche de sa patiente, convainc son mari qu'elle a besoin d'un changement complet et que la réalisation de son souhait d'aller à Londres permettrait d'accélérer sa guérison ...

En 1877, lors d'une soirée, Lillie - qui vient de perde son jeune frère Reggie dans un accident de cheval - porte une robe de deuil toute simple contrastant avec le strass des tenues des autres invitées, est remarquée par les artistes John Millais et Frank Miles... Le portrait d'elle – dans cette tenue de deuil - , de Millais intitulé Lily Jersey, va asseoir sa renommée et sa beauté dans tout Londres.

Sa conversation intelligente, ses opinions tranchées et sa répartie, font qu'elle est très appréciée et demandée lors de réunions mondaines. Le Prince de Galles souhaite rencontrer cette femme célèbre pour ses yeux violets, son intelligence et son sens de l'humour.

Un dîner discrète est organisée chez Sir Allen à Londres. Mme Langtry est assise à côté du prince, tandis que son mari est placé à l'autre bout de la table. Edward Langtry n'a pas d'autre choix que de suivre le protocole et ne fait aucune objection.

 

 

John Everett Millais - Lillie Langtry (A Jersey Lily) King Edward VII (1841-1910).

Lillie devient bientôt la maîtresse du prince à l'exclusion de toutes les autres.

Il est discrètement rappelé à ceux qui invitent le prince, quelque que soit l'occasion mondaine, qu'il serait judicieux d'inviter aussi, Mme Langtry, sinon il serait très peu probable que le Prince y assiste....

Le prince n'est plus intéressé par aucune autre femme et Lillie est reconnue comme sa maîtresse 'officielle', se fait conduire avec elle dans une calèche ouverte et se promène avec elle en public lors d'événements sportifs et mondains...

Portrait of Lillie Langtry by Herbert Gustave Schmalz, 1890s Lillie Langtry - 'The Jersey Lily'

Bien que les deux soient mariés, leur relation n'est pas un secret. Lillie Langtry est même présentée à la reine Victoria. A cette occasion Lillie porte dans les cheveux, trois plumes d'autruche stylisées qui représentent l'emblème du pays de Galles...

Mais, le Prince de Galles Albert Edward ( Bertie pour les intimes) , est volage... La relation de Lillie avec le prince, se termine alors que lors d'une soirée, Lillie boit trop et crée un 'incident' …

Bertie se tourne bientôt vers d'autres cieux - et d'autres yeux: ceux de Sarah Bernhardt.

Lillie & Edward Langtry Sarah Bernhardt  ... Her lovers included Victor Hugo and the Prince of Wales ...

Lillie essaie de se consoler dans les bras du cousin du prince de Galles, le Prince Louis de Battenberg. Il lui laissa un souvenir sous forme d'une petite fille, Jeanne-Marie, qui naît en mars 1881 à Paris.

Le prince Louis de Battenberg, va épouser la petite-fille de la reine Victoria, la Princesse Victoria de Hesse et de Rhénanie en 1884 , et deviendra le père de Louis Mountbatten de Birmanie, le dernier vice-roi de l'Inde, et grand-père du prince Philip, duc d'Édimbourg.

Sitôt que Lillie n'eut plus les faveurs du Prince, les invitations de la haute société se sont retirées, et les créanciers qui ont détecté un changement de fortune pressent Lillie de régler de toute urgence l'état de ses comptes.

Son mari, Edward Langtry n'a pas assez de fortune pour soutenir le nouveau style de vie de sa femme... Leur mariage ne tient plus, et Edward boit beaucoup....

En plus de sa grossesse illégitime, il s'en suit la banqueroute de son mari et ses frasques provoquent la rétrogradation de son père du poste de doyen religieux à celui de simple pasteur à Londres.

Lillie Langtry Rare Lily Langtry in crown

A suivre ...

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Fascinante marquise de Casati .

Publié le par Perceval

Luisa Casati, photographer unknown 1905Luisa Casati, photographer unknown 1905

Luisa Casati, photographer unknown 1905

Marquise Casati 1

Luisa Amann, épouse du marquis Casati Stampa di Soncino, marquise romaine (1881 - 1957) fut la muse et la mécène d'innombrables artistes. Le portraitiste mondain Boldini, le futuriste Balla, le grand séducteur Augustus John mais aussi Kees Van Dongen, Salvador Dalí, Bakst qui lui dessinait ses robes, Man Ray à ses premières armes ...

Luisa Casati par Augustus John, 1919, Art Gallery of Ontari

La plus riche héritière d’Italie est morte en 1957, fouillant les poubelles de Londres. Luisa Amman, dite « La Casati », n’était pas belle, elle était spectaculaire. C'était une personnalité  fantasque, s’entourant de grands couturiers qu’elle patronnait comme Poiret, faisant sensation avec ses colliers Lalique ou ses serpents autour du cou, vivant au milieu de tigres et de panthères dans son palais vénitien, et déclarant qu’elle voulait que sa vie soit une œuvre d’art.

Luise Casati par Augustus John en 1919 - >

La Marquise-Man ray

 

 

< - La marquise par Man Ray.

" La légende rapporte que, après Cléopâtre et la Vierge Marie," la Casati "a été la femme la plus représentée dans l’art ". de Camille de Peretti : écrivaine qui a écrit en avril 2011, une biographie- "autobiographie"  à lire ...

 

Luisa Casati abandonna rapidement une fille et un mari encombrants pour se choisir un amant à la hauteur de ses folies, Gabriele d'Annunzio.

  <-  'Marchesa Luisa Casati' - 1921 - by Kees van Dongen (Dutch, 1877-1968)

 

« Le poète s’incline respectueusement et dit : « vous avez la pureté de la licorne, vous êtes la pureté incarnée. » en faisant glisser la pointe de sa barbe blonde à la naissance du bras de la jeune marquise. Il est le premier, il est l’homme d’exception qui trouve le diamant là où d’autres ne voient qu’un caillou. Elle est flattée. Plus que cela, elle est découverte. »

Camille de Peretti.

 

La casati par Romaine Brooks - >

 

 

 

 

romaine-brooks-la-marquise-casati-1920

*****

Luisa Casati by Man Ray, c1928

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Elle, Misa, égérie de nombreux peintres & musiciens

Publié le par Perceval

Elle, Misa, égérie de nombreux peintres &amp; musiciens

Elle est la meilleure amie de Coco Chanel,

Elle est l'intime de Pablo Picasso et de Jean Cocteau,

misia revueblanche bonnard1894

Elle est la confidente ou égérie de Paul Morand,

Elle est l'inspiratrice de Stéphane Mallarmé

Elle a posé pour les peintres Pierre Bonnard, Odilon Redon, Édouard Vuillard, Félix Valloton et Auguste Renoir.

madame-misia-godebska-natanson-sert

 Elle est une  pianiste excellente, élève de Fauré. Elle a tenu salon, au siège de la Revue Blanche

 

En 1893, elle épouse Thadée Natanson, un lointain cousin, qu'elle connaît depuis l'adolescence. Elle commence à se faire connaître dans le milieu artistique parisien par ses talents de pianiste et sa beauté incomparable.

Les journalistes la surnomment la « Reine de Paris ».

En 1905, après un divorce douloureux, elle épouse Alfred Edwards, fondateur du Matin et richissime homme d'affaires.

Photo prise en 1898 dans le manoir de Natanson à Villeneuve-sur-Yonne (de gauche à droite): Felix Valloton, Edouard Vuillard, Stephen Natanson, Marthe Mellot, Tadeusz Natanson et Misia Natanson (plus tard Misia Sert). Derrière eux, le demi-frère de Misia.  

Elle se mariera une troisième et dernière fois, le 2 août 1920, avec le peintre mondain José Maria Sert, dont elle était la maîtresse depuis 1908, et qui lui laissera son nom pour la postérité.

misia dejuner bonnard 1895Misia par Pierre Bonnard déjeuner en 1895.

Lautrec Misia Natanson
 
renoir misia sert 1904
 
Misia Natanson - 1897 - par Lautrec. Misia Sert par Renoir en 1904.
felix-vallotton-misia-a-sa-coiffeuse-en-1898 misia-a-son-bureau-felix-vallotton
Misia à sa coiffeuse en 1898 par Felix Valotton et à son bureau
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) Madame Misia Godebska Natanson 1910 Bonnard  - Misia Godebska 1908
Misia Godebska et Thadée Natans, , c. 1902 par Pierre Bonnard Henri de Toulouse Lautrec, Misia Godebska (Madame Natanson at a time, and later Misia Sert), 1895

Voir aussi:

MISIA, REINE DE PARIS

 

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Nancy Cunard... Les années 20, puis Aragon. -3/3-

Publié le par Perceval

le peintre John Banting, Nancy Cunard et l'écrivain Taylor Gordon devant l'hôtel Grampion à Harlem Mai 1932

le peintre John Banting, Nancy Cunard et l'écrivain Taylor Gordon devant l'hôtel Grampion à Harlem Mai 1932

Alors qu'elle a déjà connu des amants à foison et un mariage raté en 1916, Nancy Cunard jette son dévolu sur le jeune poète surréaliste Louis Aragon, guidée sans doute pour les avant-gardes et une vie de bohème dorée et scandaleuse. La malheuruese détermination qu'affichera Aragon, envers cette « femme fatale » rejoint, après Michael Arlen, la possession ressentie par Aldous Huxley pour cette femme froide et distante... Dans son roman Cercle vicieux ( 1923) Uxley décrit cette fascination pour la belle et cruelle Myra, dangereuse manipulatrice. Un autre roman Contrepoint la dépeint comme un être d’exception, incapable de sentiments, « prédatrice à l'âme virile ».

Nancy est à Paris, elle fréquente Ezra Pound et publie Out Laws... Après une brève relation avec le peintre et romancier Percy Wyndham Lewis, Nancy fréquente la joyeuse faune du célèbre cabaret des années folles, Le Boeuf sur le toit... Elle connaît une passion avec l'écrivain Norman Douglas, se fait peindre par l'expressionniste Oskar Kokoschka, en 1924. En 1925, elle fait la connaissance du couple Fitzgerald... Scott, neuf ans plus tard dans Tendre est la nuit, qualifiera le personnage de garçonne qu'elle lui a inspiré de « redoutable »... A la fin de l'année, elle aborde dans un taxi un Aragon « beau comme un jeune dieu »

Le grand amour malheureux qu'Aragon va vivre avec elle marquera son œuvre à tel point qu'Elsa Triolet avouera : « On parle toujours des poèmes que Louis a écrits pour moi. Mais les plus beaux étaient pour Nancy. »

Sa liaison avec Louis Aragon, qui dure officiellement de 1926 à 1928, condense aussi l’histoire intellectuelle des années 1920. L’année où ils se rencontrent, ce dernier publie intégralement son roman surréaliste Le Paysan de Paris et s’implique de plus en plus dans la rédaction de La Défense de l’infini commencée vers 1923. Au côté de Cunard, écrit-il à Jacques Doucet, « je suis continûment heureux pour la première fois de ma vie ».

Un passage de La Défense de l’infini semble évoquer sa compagne. Armand, l’un des personnages principaux du roman, décrit la femme qu’il aime : « une fille grande ouverte à l’avenir […] félonne et féline […]. Délicieux tombeaux ; grande fille du temps […] ». Dix-neuf chapitres de ce roman, qu’Aragon a essayé de faire disparaître de sa bibliographie pendant quarante ans, ont été retrouvés dans les archives de Cunard . Aragon a plusieurs fois évoqué l’autodafé d’une partie du manuscrit lors d’un séjour commun à Madrid en 1927. Il restera de ce roman Le con d'Irène ( 1928) fragment érotique lu sous le manteau pour échapper à la censure, et dans lequel le personnage de Nancy occupe une place majeure

Leur première année commune est marquée par de nombreux voyages...

Cette même année, Cunard est aussi à ses côtés, en Normandie, lorsqu’il amorce sa rupture formelle avec le surréalisme en écrivant Traité de style (1928), à quelques kilomètres du lieu de villégiature de leur ami André Breton, qui entame alors Nadja. L’année suivante, les activités de « passeuse littéraire » de Cunard continuent avec la traduction (ou son financement) du chapitre d’ouverture de Nadja, en mars 1928, pour la revue américaine Transition d’Eugene Jolas.

Sensibilisée aux arts africains et océaniens, au début des années 1920, par Moffat , c’est avec Aragon que Cunard entame sa collection d’art non occidental.

C’est encore avec Aragon qu’elle fonde, en 1928, sa maison d’édition, Hours Press, qui devait défendre « l’innovation et une nouvelle vision des choses » et publier de la poésie expérimentale. Aragon raconte :

« Nane avait acheté une petite maison avec un jardin, quelque part, au-delà de Vernon, c’est-à-dire un peu au nord-ouest de Vernon, me semble-t-il. Le jeu avait commencé d’installer ici les retours des voyages. Nous faisions presque tout de nos mains, les peintures, aménager une sorte de hangar, pour un projet assez fou, une imprimerie, la presse à bras… un métier à apprendre… composer à la main… est-ce qu’on sait encore ce que c’est aujourd’hui ? J’y avais mis toute ma folie. […] Mon projet était d’imprimer une traduction de Lewis Caroll, un texte en France inconnu, La Chasse au Snark. Tout devait y être de ma main, y compris les caractères de la couverture, inventés par moi. Près d’un an y passa. La maison était devenue la folie de Nancy. Enfin, je ne vais pas raconter ça… » (Aragon ).

Elle découvre le métier d’éditeur-imprimeur avec Aragon, mais c’est surtout avec son nouveau compagnon Henry Crowder, pianiste africain-américain rencontré à Venise, l’été 1928, qu’elle va le pratiquer pendant quatre ans

Partout ils fréquentent jusqu'au bout de la nuit dancings, bordels, cabarets et autre lieux de plaisirs pour insomniaques et amateurs de poudre blanche et de charleston … L'alcool a déjà commencé son travail de sape sur la nature déjà volcanique de Nancy... Outre l'écart de revenus qui marque leur relation au fer rouge, Aragon souffre de son manque d'affection, entre mensonge et jalousie. En 1927, alors qu'ils sont en Normandie, il découvre que Nancy le trompe avec son ami André Breton, et s'en trouve profondément affecté...

En 1928, elle loue un palazzo à Venise, et Aragon l'accompagne, malgré une relation à couteaux tirés. Les scènes se multiplient et il manque de commettre l'irréparable en faisant, exaspéré, une tentative de suicide à l'aide de somnifères. Il s'en tire de justesse, mais ce triste épisode sonne le glas de leur liaison. Contrairement à elle, Aragon, met un certain temps à panser ses blessures...

A Venise, Nancy Cunard rencontre le musicien noir américain Henri Crowder, pianiste jazz, avec qui elle va connaître une grande histoire d'amour.

Sources : Muses de Farid Abdelouahab ; et Introduction à « L'Atlantique noir » par Sarah Frioux-Salgas ( Gradhiva - Musée du quai Branly)

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Nancy Cunard... Les années 20, puis Aragon. -1/3-

Publié le par Perceval

Pour les lecteurs familiers de l'histoire maritime, le nom de Cunard résonne à lui seul comme le symbole de la navigation transatlantique. Ingénieur et homme d'affaire anglais , l'arrière grand-père de Nancy initia en effet la première compagnie de bateaux à vapeur, et se retrouva rapidement à la tête d'un véritable empire industriel. Nancy, qui voit le jour en 1896, est élevée par des gouvernantes successives, comme toute aristocrate de son époque.

Sa mère, Maud Alice Burke, est américaine et son père, Bache Cunard, anglais, héritier de l’entreprise maritime Cunard Line. Elle passe son enfance au château de Neville Holt, dans le centre de l’Angleterre, élevée par des gouvernantes au rythme des fêtes organisées par sa mère, Lady Cunard.

Très tôt sa mère, Maud, elle-même héritière américaine délaissée par un mari grand amateur de golf, lui offre un modèle qu'elle reproduira toute son existence : celui d'une séductrice aux amours passagères. Maud fréquente les artistes, politiciens et aventuriers les plus renommés de son époque et Nancy grandit dans une ambiance où le faste rivalise avec l'intelligence. Dès son adolescence, elle noue une relation durable avec George Moore, amant de sa mère et romancier auquel elle consacrera un ouvrage dans les années 1950.

Adolescente, elle voyage, étudie dans une école prestigieuse de Londres, en France et en Allemagne, et suit sa mère dans ses activités mondaines. C’est à la veille de la première guerre mondiale, à ses 18 ans, qu’elle entame sa vie de jeune fille libre, bohème et provocante qui cherche à s’affranchir des règles de l’Angleterre victorienne. Son amie Iris Tree témoigne

[…] À ce moment-là, nous étions des bandits, n’hésitant pas à nous maquiller avec de la craie blanche sur le visage et du rouge à lèvres écarlate, fumant des cigarettes parmi des fêtards choisis par nous-mêmes […] Nous étions de vrais caméléons. Nous passions de Meredith à Proust et à Dostoïevski, goûtions à l’absinthe avec Baudelaire et Oscar Wilde, […] nous nous laissions assombrir par le pessimisme nihiliste, […] inspirées par le jeune Rupert Brooke, T.S. Eliot, Yeats, D.H. Laurence, secouées par Blast de Wyndham Lewis, […] la « signifiant form », […], les sculptures d’Epstein, la musique de Stravinsky, les premiers ballets russes et le jazz américain »

Iris Tree (1897-1968) : poète et actrice liée à l’avant-garde...

1920's flapper girls

Ce témoignage ancre clairement Cunard dans la contre-culture anglaise du début du XXe siècle. Wyndham Lewis, T.S. Eliot, Jacob Epstein mais aussi Ezra Pound, qui fut un temps proche de Cunard, appartiennent à des mouvements artistiques et littéraires qui symbolisent la modernité et la radicalité anglo-saxonne avant la première guerre mondiale.

Nancy Cunard 1920's  1920s Evening Wear

Nancy Cunard veut aussi être poète. Ses premiers poèmes sont publiés en 1916 dans le premier numéro de l’anthologie Wheels, titre d’un de ses poèmes, éditée par les frères Sitwell et consacrée à la « nouvelle poésie ». Elle est également l’auteur de quatre recueils de poésies. À Londres, elle fréquente régulièrement le « Bloomsbury group », qui regroupe des théoriciens, des écrivains et des peintres dont les époux Leonard et Virginia Woolf, John Maynard Keynes ou encore Clive Bell et Roger Fry...

Lytton Strachey et Iris Tree Nancy Cunard 1920's

À cette époque, Cunard est aussi le symbole d’une certaine élite anglaise meurtrie par la première guerre mondiale, qui se bat contre l’Angleterre traditionnelle et défend une nouvelle liberté des mœurs. Iris March, héroïne du roman de Michael Arlen devenu culte, Le Chapeau vert (1924), qui décrit ce milieu, est officiellement inspirée par Cunard, qui fut un temps la compagne de l’auteur.

Sources : Muses de Farid Abdelouahab ; et Introduction à « L'Atlantique noir » par Sarah Frioux-Salgas ( Gradhiva - Musée du quai Branly)

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Cosima Wagner -2/2

Publié le par Perceval

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En 1868, Richard Wagner est installé à Tribschen, dans une somptueuse villa sur les bords du lac de Lucerne, avec Cosima. Il fait la connaissance de Nietzsche, admirateur lui aussi de Shopenhauer.

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Friedrich Nietzsche. 1864

Nietzsche devient un habitué des week-ends de fête donnés par Wagner habillé dans le style flamand, dans une ambiance de décors et de musique d’opéras.

 

23 mars 1871 : « Je range des papiers et lis de vieilles lettres de mon père, ce qui me montre encore une fois très clairement que je n’ai eu ni père ni mère – Richard est le seul qui m’ait aimé, et il représente tout pour moi » Journal de Cosima

 

Seul Wagner réussit la synthèse des éléments appoliniens et dyonisiaques à la manière de la tragédie grecque ". Et, Wagner voit en son jeune ami le fidèle interprète de son esthétique. Dans une lettre de juin 1872, il lui confesse : "A strictement parler, vous êtes, après ma femme, le seul gain que ma vie m'ait apporté." 

Nietzsche est tombé amoureux de Cosima, sans oser se déclarer... Puis, la guerre de 1870 éclate et Nietzsche s’enrôle dans le service de santé...

 

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Cosima Wagner -1879

 

D'abord insidieuse, la brouille éclate publiquement en 1878. Pour le philosophe, le Wagner de Bayreuth, lieu d'un culte rendu à lui-même, le Wagner nationaliste, ne sont plus supportables. « Depuis qu'il était en Allemagne, il s'abaissait progressivement à tout ce que je méprise - même à l'antisémitisme", écrit-il. Nietzsche ne reviendra pas sur les jugements les plus âpres, tel celui-ci : « Wagner [...] ? [...] Il rend malade tout ce qu'il touche. » C'est « en vérité un décadent désespéré tombé en pourriture ».

L'une de ses dernières lettres dévoile aussi le sentiment amoureux qu'il porte à Cosima, surnommée Ariane...


 

27 juillet 1880 : « Au café, nous parlons des vêtements, nous disant qu’ils sont laids et peu naturels ; R. voudrait porter un vêtement en forme de chemise et parle des lignes onduleuses du corps féminin complètement gâtées par la mode actuelle (…) Il  cite un mot de Feuerbach à propos du ventre : « Chez l’homme, c’est un lieu de restauration ; chez la femme, c’est le temple de l’amour » Journal de Cosima

 

Après le festival, il se rend à Venise avec sa famille pour y passer l'hiver. Le mardi 13 février 1883, Richard Wagner est emporté par une violente crise d'angine de poitrine.

Jeune veuve, elle abandonne d’emblée la rédaction de son précieux Journal… et devient la plus exigeante gardienne du Temple.

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Cosima Wagner, sur une photographie en 1905

Dans la seconde moitié de sa vie, devenue la veuve du compositeur : il lui reste 47 ans à vivre. Elle fonde un empire : pour le théâtre lyrique, pour le nationalisme allemand et pour sa lignée.Pendant presque un demi-siècle, elle va exclusivement se consacrer au culte de son défunt bien-aimé...

À l’apogée de sa puissance se produit la chute: à la veille de la Première Guerre mondiale, sa fille Isolde, épaulée par son époux Franz Beidler, intente un procès à Cosima. Isolde veut être reconnue comme la fille de son père biologique, Richard Wagner, et toucher sa part de l’héritage. Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle est déboutée. C'est malgré tout un choc pour Cosima Wagner... Elle accule au mariage le fils héritier et légitime, Siegfried, homosexuel et toujours célibataire à 46 ans. Il épouse promptement la très jeune Winifried Williams, qui a 17 ans et qui lui donne quatre enfants dans la foulée. On n’a plus le droit de prononcer le nom d’Isolde en présence de Cosima.

La jeune épouse, anglaise de naissance, régnera après la mort de sa belle-mère et de son mari (disparus en 1930, à cinq mois d’intervalle) sur le sanctuaire de Bayreuth.

Cosima Wagner associe à sa famille des théoriciens racistes comme Chamberlain et Gobineau et s’entiche du jeune Hitler, qui … débarque à Bayreuth le 29 septembre 1923, salué par Houston Stewart Chamberlain, l’époux de sa fille Eva : « Le soir, entre 9h.30 et 10h.30, visite de Hitler, exaltante ! ». Après le putsch raté, ce dernier fait un bref séjour en prison pendant lequel Hitler rédige Mein Kampf, sur du papier obligeamment fourni par la famille Wagner.

Cosima Wagner, attentive grand-mère de ses quatre petits-enfants, meurt le 1er avril 1930 à l'âge de quatre-vingt-douze ans  

 

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Cosima Wagner -1/2

Publié le par Perceval

A l'exemple de Clara Schumann ou d'Alma Mahler, Cosima était destinée à une carrière de musicienne, mais son dévouement à Richard Wagner (1813-1883) fit avorter sa vocation. Cependant, on s'accorde à lui reconnaître - dans sa réinterprétation de la musique de Wagner - un accent personnel qui a marqué la musique de son mari …

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Le 24 novembre 1836, Wagner a épousé l'actrice Minna Planer ( ici en 1835) . Le couple emménage alors à Königsberg puis à Rīga, où Wagner occupe le poste de directeur musical. Après quelques semaines, Minna le quitte, avec sa fille Nathalie qu'elle avait eue à l'âge de 15 ans, le 31 mai 1837 pour un autre homme qui la laisse bientôt sans le sou. Elle retourne alors auprès de Wagner, mais cela marque le début de la progressive décadence de leur mariage, qui se termine dans la souffrance trente ans plus tard. Parmi ses nombreuses aventures féminines : Mathilde Wesendonck, ici en 1850 ( poète et écrivain:1828-1902) a beaucoup inspiré Wagner... Elle est la femme du riche commerçant Otto von Wesendonck. Il rencontre le couple à Zurich en 1852. Otto, grand admirateur de Wagner, met à sa disposition en avril 1857 une petite maison de sa propriété, « l’Asile ». Au bout de quelques années, Wagner s'éprend de Mathilde qui partage ses sentiments...  


Son origine romanesque est inscrite dans son nom Cosima Liszt (1837-1930)... elle est le fruit de la liaison passionnée entre le célèbre pianiste et l'une des plus belles et fougueuses intellectuelles de son époque : la comtesse d'Agoult, qui délaisse son époux et sa fille pour suivre le compositeur...

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Marie Comtesse d'Agoult (1805-1876) Franz Liszt (1811-1886)

Cosima naît en 1837, mais l'idylle ne s'éternise pas …

Liszt a une relation avec une princesse qui décide de « mettre la main » sur ses enfants - la Princesse de Sayn-Wittgenstein, longtemps compagne de Liszt, que Cosima ne pouvait pas souffrir... elle préfère vivre avec sa grand-mère à Paris.

Cosima tombe ensuite sous la tutelle de la baronne von Bülow, dont le fils, Hans, célèbre chef d'orchestre et élève de son père, voue à Wagner une admiration sans bornes...

cosima_kl--1-.jpgCosima est surnommée » la cigogne », tant elle est longue et mince. Elle a une superbe chevelure, des yeux clairs, et l'étude la musique fait partie de son éducation raffinée...

Elle est adolescente lorsqu’elle fait la connaissance d'un ami de son père qui l’impressionne. Elle a à peine quinze ans, et Richard Wagner, quarante.

A dix-neuf ans, elle se marie avec Hans. Lui ébloui par le génie de Wagner, le suit partout, entraînant sa jeune femme...

Homme à femmes, Wagner n'a toujours pas porté ses regards sur elle, alors qu'il a un faible pour les femmes mariées... Puis, Tombe t-il amoureux d'elle ou de l'admiration qu'il lit dans ses yeux... ? 

Ils deviennent amants. Elle a deux filles, Daniela et Blandine, sans se séparer de Bülow, elle cohabite avec Wagner dans une liberté de mœurs qui fait scandale...

En 1857, elle épouse un des élèves les plus doués de son père, le pianiste et grand chef d'orchestre Hans von Bülow, mais leur mariage n'est pas heureux ; et il ne fait pas le poids face au génie du compositeur de Lohengrin, et en était le premier conscient. Cosima met au monde deux enfants - Isolde et Eva - de son amant, alors qu’elle est toujours mariée à Bülow.

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Cosima et Richard-Wagner - 1872 -

Leur amour ne naît pas d’un coup de foudre mais d’un mûrissement passionnel. C’est le regard clair de cette beauté qu’incarne Cosima qui plane sur Tristan et Iseut et bien d’autres portées de Wagner.

Cosima, qui se sépare de von Bülow en 1867, et avant qu'ils ne puissent se marier le 25 août 1870, donne à Richard un fils : le petit dernier, Siegfried (1869-1930) qui tentera avec un certain culot de s’illustrer dans la composition et la direction d’orchestre...

Cosima se donne corps et âme, elle ne craint pas l'épreuve., et il lui faut de la force et de la patience pour endurer les revers de fortune, les insuccès et les frustrations du compositeur. Mais sa constance est payante... Elle assiste aux triomphes de son époux, depuis son adoubement comme artiste absolu par l’illuminé Louis II de Bavière – qui lui apporte en outre une confortable manne financière – jusqu’à la pose de la première pierre du festpielhaus de Bayreuth.

A suivre...

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Bienvenue en 2015

Publié le par Perceval

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Quelques femmes croisées sur ce site en 2014...

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La femme affranchie ... 1896

Publié le par Perceval

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La "Gibson-girl" dessinnée par Charles Dana Gibson  

 

Love_in_a_Garden_Gibson.jpg"La femme affranchie, la femme égale de l'homme ne l'aimera plus, disent-ils, et l'homme, de son côté, ne se sentira aucune tendresse réelle, profonde, pour cet être nouveau, pour cette new woman, sorte d'androgyne hautaine, forte de sa liberté, de ce qu'elle nommera sa dignité ; pour cette créature à forme de femme toujours, avec son sexe éternel, mais dépouillée de son antique grâce de faiblesse (magie du sourire qui provoque, implore, boude, du regard dardé sur l'oeil du mâle en muet appel magnétique ou voilé d'attirant émoi, crainte, pudeur, humide enfin de joie naïve aux premiers aveux troublants du désir désiré, espéré).

Charles-dana-gibson-girl.jpgL'instruction de la femme, partout répandue peu à peu, s'élevant à la plus haute culture chez une élite de plus en plus nombreuse, les carrières jusqu'en ces derniers temps réservées au Masculin, ouvertes au Féminin qui déjà les entrouvre et qui s'apprête à s'y ruer pour une âpre concurrence, d'ailleurs pleine de menaces économiques ; la femme médecin, la femme avocat, la femme ingénieur, architecte, notaire, etc … Voyez-vous le pauvre Eros avec ses flèches parmi ce combat des sexes rivaux, ennemis pour l'argent, pour la clientèle, pour la célébrité, parmi ces diplômes, ces dossiers d'affaires, ces discussions techniques où l'homme, dans sa partenaire, aura l'illusion d'un autre homme devant lui, où la femme oubliera elle-même qu'elle est femme, ravie de ne plus le paraître ?"

 Source : L'avenir de l'amour, par Léopold Lacour. Article publié dans Gil Blas en octobre 1896

*****

Charles-dana-gibson-girl-2.jpgLa jeune fille française, élevée dans la protection vigilante de la famille, avait été avec soin préservée de l’éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil ; elle grandissait dans une poétique ignorance des mystères des choses [...]. Et cette paix candide de jeune fille, cette délicieuse floraison de pudiques désirs, ces élans d’idéale bonté qui plus tard font l’amour de l’épouse, le dévouement de la femme et le sacrifice de la mère, tout ce charme exquis, toute cette poésie [...], tout cela va disparaître !

On va supprimer la jeune fille [...]. On leur apprendra tout, même la rébellion contre la famille, même l’impureté. Elles n’auront même pas été vierges avant de devenir femmes...

Journal Le Gaulois, 25 novembre 1880.

Les-affaires-sont-les-affaires--acte-II--Comedie-Francais.jpg Gibson-girl-Majority_of_Men.jpg
19030- Germaine Lechat, personnage d'Octave Mirbeau qui a profondément choqué certains hommes ...  



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