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Articles avec #muse - egerie - modele ..etc tag

La Dame et le Graal. -2/3-

Publié le par Perceval

Dante Alighieri fit partie d'un mouvement européen appelé «  Les fidèles d'Amour » et qui se réfère aux poètes, chevaliers et troubadours des « cours d'Amour ».

valve-echecs-amoureux.jpg

« L'affrontement des joueurs est une métaphore à peine voilée de l'affrontement des amants lors de la conquête amoureuse : la dame résiste, le chevalier tente encore et encore de la séduire… Michael Camille propose une interprétation érotique de cette image. Selon lui, la position de la jambe gauche du joueur et le poteau central de la tente, qu'il enserre d'une main, sont des allusions phalliques, tandis que les plis du vêtement de la dame dessinent un sexe féminin. Ceci serait renforcé par les attributs portés par les deux spectateurs : un oiseau de proie pour l'homme, une couronne pour la femme.  », écrit Nicolas Coutant sur Images de l'amour courtois aux XIVe et XVe siècles

On pourrait encore rapprocher la Dame, de la « çakti », de la femme initiatique ou de la femme initiatrice dans le tantrisme. Sauf, qu'en occident, nul n'a osé évoquer ainsi la sexualité féminine... Certains contes indiens, font référence à un rituel tantrique où l'homme, doit passer des nuits dans la même chambre que la jeune fille qu'il a choisie comme çakti et doit dormir avec elle sans la posséder charnellement. Sans doute est-ce là le préliminaire d'une "union subtile". Or, dans la chevalerie qui professe le culte de la "femme", l'épreuve ultime du chevalier, appelée « asag », consiste à passer une nuit au lit avec la femme complètement nue sans accomplir aucun acte charnel, non pas comme une discipline de chasteté mais pour exaspérer le désir.

karidwen.gif
deesse-mere-2.jpgDans la mythologie celtique, karidwen est une déesse que l'on associe à la beauté, elle est représentée portant une amphore, un vase.

La coupe, le calice - comme symbole - nous apporte le mystère d'époques archaïques et légendaires. C'était également le chaudron, après avoir été croissant de lune, pur signe concave, il est l'ouverture et le confinement. A l'origine et à la fin de vie, la source éternelle, le lieu où tout, chaque vie, peut trouver un sens et se reposer...

Signe du féminin sacré, le ventre de la déesse, est aussi source de nourriture, lieu de transformation et de régénération.. L'eau de pluie, du puits, elle-même sacrée devient une expression de la fertilité sacrée de la terre. Le hiéroglyphe égyptien représentant la femme dessine un puits d'eau. La femme, source de vie, est liée à l'eau, source de vie par excellence.

La légende le Graal est liée à la Lance Ensanglantée. Le sang coule dans de Calice et la lance est le symbole masculin par excellence. Le Calice, la femme, la lance, l'homme, engendrent la vie et représente l'acte créateur de Dieu.

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Willy Pogany ~ Parsifal ~ 1912 ~

 

 

Le Perceval de Chrétien de Troyes, commence avec le printemps, au moment où les arbres fleurissent … La vie renaît, et l'histoire commence à partir de la terre ( terme féminin, dans toutes les langues …). Le point de départ c'est aussi la mère de Perceval. Ensuite, c'est avec une « vraie » femme, qu'il offense sa relation au féminin.


C'est ensuite avec la vision du Graal, porté par des demoiselles, que Perceval se confronte avec la lumière, la blessure puis le désert : terres d'un roi blessé entre le jambes. La maladie du Roi défectueux stérilise les terre. Seul la demande de Perceval peut guérir le Roi et faire refleurir la terre.

 

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Le peintre, le modèle, et ... 1/2

Publié le par Perceval

Il ne faut pas longtemps, pour chercher, derrière le peintre, le modèle et donc la Femme.

Voir, observer, pour représenter et montrer. Le comble de tout cela étant, le nu. Le spectateur-voyeur est alors entraîné dans la spirale du désir, ou de la frustration, du rejet …

Nous n'avons toujours qu'une vision limitée des choses, et la photo, après la peinture n'a fait que le confirmer.

Bronzino allegorie triomphe venus moyen
de Bronzino, Allégorie Le triomphe de Vénus (1545)


Bronzino allegorie triomphe venus détail 1Il semblerait que la mythologie, ou la religion ( Eve, Marie-Madeleine ..), ont été prétexte à représenter des corps et des ébats, tel ce « Vénus et Cupidon » ( 1545) de Bronzino. La présence de 'voyeurs' dans ce tableau nous questionne directement.

 


Si derrière l'artiste, il y a la femme, la troisième personne – même si elle n'est pas directement représentée ou symbolisée, c'est moi, c'est le spectateur. Cette personne peut être dominante, comme ici Alexandre le grand, un mécène ( qui tient à représenter une certaine femme ….)... L’ambiguïté, se glisse également sur la relation que prête Alexandre en laissant au peintre Apelle, sa maîtresse, qui devient son modèle : connivence entre le modèle, le mécène, le peintre et le spectateur … !

Alexander & Campaspe, painted by Apelles Giovanni Battista
 

 

*****

Ici, le type de relation entre le peintre Raphaël et son modèle est appuyé par Ingres (1813). De plus, le modèle ( ici la Fornarina) nous regarde et nous prend à témoin.

Ingres_Raphael_et_la_Fornarina_detail.jpg
de Ingres, Raphael_et_la_Fornarina 1814

 

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mottez victor zeuxis choisissant un modèle pour hélène

Dans ce tableau de Victor Mottez, Zeuxis choisissant un modèle pour Hélène (1858), nous avons du mal à situer les acteurs, et donc, pour nous-mêmes trouver notre place.

Le détail montre à droite dans le coin, Zeuxis, et à gauche, le voyeur qui soulève le rideau. Le modèle observé lui, nous est habilement suggéré, tandis que les autres sont indifférents ...

mottez victor zeuxis choisissant un modèle pour -copie-1

A suivre: ...

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Maurice Denis, Marthe et la guerre -1/2-

Publié le par Perceval

Maurice Denis ( 1870-1943) , est né à Granville (Manche) sur fond de guerre franco-prussienne, le 25 novembre 1870, il est mort à Paris, accidentellement, en pleine Seconde Guerre mondiale, le 13 novembre 1943, et la Grande Guerre correspond à un tournant dans son œuvre.

La Première Guerre mondiale coïncide avec une période charnière dans la vie de l’artiste. C’est le moment où il achète Le Prieuré à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) qui sera sa demeure ( aujourd'hui : le musée départemental Maurice Denis). Il gère la formation du groupe Nabis, d’un nom hébreux Nebiim qui signifie prophète.

maurice-denis--soir-de-septembre-1911.jpg
Maurice Denis, soir de septembre - 1911 -

« Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs, en un certain ordre, assemblées. »

Denis-Maurice-Denis--Marthe-au-divan--ou-Marthe-au-tablier-.jpg
 

Cette époque correspond également à la longue maladie de sa première épouse Marthe, sa muse depuis leur rencontre à l’automne 1890, qui mourra le 22 août 1919.

Maurice Denis fait la connaissance de Marthe Meurier en 1890 et comprend aussitôt qu’elle est la femme qu’il attend. Le peintre réalisera de nombreux portraits de Marthe et la fera figurer dans de multiples compositions. Le 12 Juin 1893, il épouse Marthe dont il aura 7 enfants. Elle sera le modèle de toutes ses madones...

« Elle est plus belle que toutes les images, que toutes les représentations, que tous les effets subjectifs. Elle est en dehors de moi, ce n’est pas moi qui la crée » M Denis.

 


Maurice-Denis--les-muses.jpg Maurice-Denis--Marthe-triple-portrait-de-marthe-fiancee.jpg

Les Muses de Maurice Denis - Musée d'Orsay

Marthe est représentée deux fois : de profil et de dos sur la chaise. Maurice Denis a situé la scène sur la terrasse de Saint-Germain-en-Laye, ville où il a résidé toute sa vie.

Marthe fiancée, une seule image les différentes faces d’un visage, Denis veut suggérer en un portrait qu’une même personnalité peut posséder différents aspects, mais aussi revêtir aux yeux de ceux qui l’entourent des rôles différents. Ainsi Marthe, dont les yeux d’abord fermés s’ouvrent progressivement au regard de l’Aimé

 

Comme catholique, le peinture que Maurice Denis souhaite représenter, est un art « incarné » ( le divin qui se fait humain). Il cherche à témoigner de l'actualité du message évangélique en replaçant des scènes bibliques dans le contexte de son époque.

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Femmes au tombeau - Maurice Denis - (détail) Le triple portrait d'Yvonne Lerolle



Le 1er août 1914, jour de la déclaration de la guerre, il est en Bretagne. Il fait de démarches pour s'engager, mais il n'est pas appelé :

« Mon inaction me pèse et me fait honte, mon incapacité m’épouvante. […] Qu’est-ce que je vaux ? Est-ce que je suis prêt à me sacrifier pour Dieu, pour ma patrie, pour le roi ? Est-ce que je n’aime pas mieux une petite vie confortable et ce lâche dilettantisme que justifie ou qu’excuse la profession artistique ? » ( Journal )

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Maurice Denis - Amour, Foi, Espérance - 1915


Le 31 octobre, bien qu'inapte et vu son âge, il reçoit son ordre de mobilisation … comme garde-voie à Conches-en-Ouches (Eure), et protéger la capitale de l'encerclement de Paris ( 1870)

M-Denis.JPG
 

« Je conçois très bien votre découragement et votre mécontentement de vous trouver dans ce milieu d’embusqués, vous si patriote et si actif. […] Mais ne dites pas que vous seriez content de voir le front. Non vous seriez malheureux et vous souffririez de voir un si triste spectacle. Si vous pouviez voir […] ces plaines sans culture, ces villages écrasés, ces églises mutilées, ces arbres brisés, ces excavations d’obus, ces hommes couverts de boue, rampant ou ne sortant qu’à la nuit, guettant l’adversaire et lui envoyant la volée de mort dès qu’un peu de vie se manifeste. Puis après, ces êtres brisés et sanglants que l’on emporte, ces cadavres qui restent sans sépulture entre les lignes. Si vous entendiez ces plaintes et ces râles, vous vous demanderiez si ce sont bien les hommes du XXesiècle, l’œuvre des nations dont la civilisation régit le monde. Et écœuré, découragé vous ne voudriez plus rester dans ce cauchemar et vous iriez bien loin chercher le coin paisible pour n’y plus songer » Lettre de Albert Martine (1888-1983) datée du 30 dec 1914

 

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L'amour impossible de Manet pour Berthe Morisot -1/2-

Publié le par Perceval

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de Henri FANTIN-LATOUR

 - Portrait de Manet - 1867

M. et Mme Morisot reçoivent et fréquentent les amis peintres de leurs enfants, ils connaissent et apprécient Fantin-Latour, Stevens, Degas. En 1860, Berthe Morisot ( 1841-1895) et sa soeur Edma commencent à travailler sous la direction de Corot. Ainsi, en 1864, Berthe et Edma participent pour la première fois au Salon avec des paysages. Durant ces trois années, Berthe Morisot expose au Salon des paysages, natures mortes et portraits.

En 1868, Fantin-Latour présenta, au Louvre, son ami Edouard Manet (1832-1883) à M. et Mme Morisot. Berthe l'avait déjà croisé en copiant des tableaux au Louvre.

« Je suis de votre avis, les demoiselles Morisot sont charmantes. C'est fâcheux qu'elles ne soient pas des hommes ; cependant elles pourraient, comme femmes, servir la cause de la peinture en épousant chacune un académicien... C'est leur demander bien du dévouement. En attendant, présentez-leur mes hommages. » Lettre du 26 août 1868 de Manet, à Fantin-Latour

Berthe_Morisot_Reading.jpg Berthe_Morisot_The_Harbor_at_Lorient.jpg
- Edma Morisot lisant - 
par Berthe Morisot (1867)
Vue du petit port de Lorient
1869, par Berthe Morisot

C'est le début d'une attirance mutuelle qui se manifeste chez elle par la constante recherche de l'assentiment de Manet et chez lui par le plaisir de sa présence et le besoin même de son approbation.

Manet est frappé par la physionomie de la jeune fille, son originalité : des yeux sombres, magnifiques, qui éclairent étrangement un visage aux traits énergiques. Le capricieux enroulement d'une chevelure brune fait ressortir encore davantage sa très grande pâleur. Une vie intérieure ardente se dégage d'elle et sa vivacité toute parisienne la rend très attirante.

Manet-le-balcon---avec-Berthe-Morisot-en-modele.jpgManet le balcon , avec Berthe Morisot assise en modèle, présenté au Salon de Paris de 1869.

Manet peut comprendre et apprécier le charme de cette hautaine et belle figure; il trouve en Berthe le type dont le caractère répond à son goût pour l'art espagnol. Il lui demande donc de poser pour le Balcon; ( tableau inspiré par Goya)

Manet renonce au modèle professionnel, et préfère s'inspirer de Berthe, elle devient son amie... Nous la retrouvons dans ses plus beaux portraits de femme, dans « le Repos », « Berthe Morisot au manchon » ...
Ailleurs, Berthe, la tête fièrement dressée, tient un éventail entre les doigts... Ainsi Manet devait exécuter plus de dix peintures, deux lithographies et une eau-forte, où Berthe Morisot était représentée tantôt de face, tantôt de profil, en chapeau ou nu-tête, en costumes variés, comportant parfois un certain négligé, souvent un grand raffinement dans l'élégance. La diversité de ces attitudes témoignent du plaisir éprouvé par Manet à reproduire ses moindres expressions farouches ou ardentes, mélancoliques ou pensives, et à traduire ainsi avec toute la finesse de son pinceau l'extrême mobilité de ce visage qui lui fournissait l'étude d'un type très différent de ceux qu'il avait traités jusqu'ici.

Manet--Le-Repos---1870-----Berthe-Morisot-est-au-repos-.jpg Edouard_Manet---Berthe_Morisot_au_Manchon-1969.jpg
Manet, Le Repos , 1870, 
Berthe Morisot, au repos
Édouard Manet - 1869
Berthe_Morisot_au_Manchon

Les familles Morisot et Manet se lient. Les Morisot assistent aux jeudis de Mme Auguste Manet où ils rencontrent Charles Baudelaire, Emile Zola; Edgar Degas, Alfred Stevens. Grâce à ce dernier Berthe rencontre Puvis de Chavannes.

Edouard Manet, s'est marié avec Suzanne Leenhoff (1830-1906), qu'il a rencontré en 1849 alors qu'elle était professeur de piano, il avait 17 ans. En 1852, nait Léon , fils "caché" d'Edouard et de Suzanne, qu'elle présente elle-même comme son petit frère ...! Dès 1860, ils vivent tous les trois aux Batignolles, et en 1863, il épouse "par devoir" Suzanne... En 1868, il rencontre Berthe Morisot.

 

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de Léda au cygne -3/3-

Publié le par Perceval

1908_Leon_Comerre_Leda-and-the-Swan.jpgde Leon Comerre en 1908 - Leda et le cygne

Dans son ouvrage sur les mystères d’Eleusis, Victor Magnien suggère que le cygne « symbolise la force du poète et de la poésie ». Le cygne devient l’emblème du poète inspiré, du pontife sacré, du druide habillé de blanc, du barde nordique…  

Leda-and-the-Swan-by-Colette-Calascione.jpg
Leda and the Swan by Colette Calascione

Le Lac des Cygnes, le célèbre ballet de Tchaïkovski, décrit une malédiction vécue par Tchaïkovski lui-même. En effet, après l’échec d’un mariage de pure convenance, Tchaïkovski tente d’échapper à sa nature profonde et à son homosexualité dans une relation épistolaire idéalisée avec sa protectrice Nadedja von Meck. Cette relation, purement platonique, durera plus de quatorze ans. Nadedja von Meck ne se doute jamais de la vraie nature de Tchaïkovski mais elle lui écrit : « Piotr Illyich avez-vous aimé ? Il me semble que non. Vous aimez trop la musique pour aimer une femme ».

Ainsi pour Siegfried, les amours féminines lui sont interdites. Le prince ne peut pas avoir de relation charnelle avec le cygne blanc, symbole de pureté. Ceci serait contraire aux lois humaines. Le cygne blanc est la femme intouchable, le cygne noir en est le miroir inversé.

 

 Giovanni Boldini (1910)  Charlotte Mutsaers
 Giovanni Boldini (1910)  Charlotte Mutsaers
 Salvador Dali (1949)  Nicholai Kalmakoff (1917)
 Salvador Dali (1949)  Nicholai Kalmakoff (1917)

Le Cygne est également un poème de Baudelaire, publié dans la section « Tableaux parisiens » des Fleurs du Mal, et dédié à Victor Hugo (1857). C’est aussi le très beau poème de Sully Prud’homme qui s’intitule « le cygne ».

 

Légende :

 La femme-cygne est une légende qui raconte l'histoire d'un jeune homme célibataire qui vole une robe magique faite de plumes de cygne à une femme-cygne pour qu'elle ne puisse pas s'envoler et l'épouse. Dans la plupart des versions, elle porte ses enfants ; lorsque les enfants grandissent, ils chantent une chanson sur l'endroit où leur père a caché la robe de leur mère ; dans d'autres versions, un des enfants demande à sa mère pourquoi elle pleure continuellement et trouve la robe, ou ils lui révèlent le secret d'une autre façon. La femme-cygne reprend immédiatement sa robe et disparaît d'où elle vient. Bien que cela l'attriste d'abandonner ses enfants, elle ne les emporte pas avec elle, mais parfois revient les chercher. Dans certaines versions, le mari parvient à la retrouver seulement après une quête ardue ; le plus souvent, l'impossibilité de la retrouver est assez manifeste pour qu'il ne s'y risque même pas. ( Wiki)

 Gustave Moreau (1880)  Paul Delvaux (1948)
 Gustave Moreau (1880)  Paul Delvaux (1948)
 Sara Jones Renae  Sergey Marshennikov
 Sara Jones Renae  Sergey Marshennikov


Conte bouriate

La Bouriatie est une petite république entre la Yakoutie, la Sibérie et la Mongolie, à proximité du lac Baïkal. Les bouriates sont des mongols

Les bouriates racontent qu'un chasseur surprit un jour trois femmes splendides qui se baignaient dans un lac. C'était en fait des cygnes qui s'étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l'eau. Le chasseur vola un de ces costumes et le cacha. Après leur bain, deux femmes-cygnes seulement purent reprendre possession de leurs ailes et s'envoler. L'homme prit la troisième pour épouse et lui donna 11 fils et 6 filles. Elle reprit ensuite son costume et s'envola après lui avoir dit :

"Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi je ne suis pas d'ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le nord, et chaque automne, quand nous redescendrons vers le sud, vous célébrerez notre passage par des cérémonies spéciales"

Les femmes bouriates font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu'elles aperçoivent au printemps

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Leda and the Swan. William Shackleton Fred Einaudi
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1977. Francesca Woodman. Swan of darkness Anna Pavlova, 1932. Foto de Joan Seyferth

 

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Léda et le cygne -1/3-

Publié le par Perceval

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1532 Correggio ( Corrège ) Léda et le cygne

Dernièrement, le hasard a placé successivement devant mes yeux, plusieurs tableaux d'une scène étonnante représentée par les plus grands peintres... - Véronèse et, le Corrège, le Titien, Michel Ange, Léonard de Vinci, Rubens, Cézanne, Dali, et bien d’autres - . Il s'agit de l'accouplement de Leda avec un cygne... !

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Botero

Comment une scène aussi explicite a t-elle pu être autant représentée ?

Je sais, que Zeus,pour s’unir à cette mortelle, dût se transformer en un magnifique cygne blanc.

 S'agirait-il de représenter une étreinte amoureuse, sans la montrer... ?

L'histoire de Léda est bien plus complexe... En effet, ainsi, Léda eut deux enfants ( issus de deux œufs ) l'un aurait été fécondé par Zeus, et l’autre par son mari avec lequel elle aurait eu aussi une relation la même nuit.

Léda était-elle consentante ou a-t-elle été abusée par Zeus ?

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1580 Paolo-Veronese  Leda-et-le-cygne

Une version signale que si Zeus se change en cygne pour approcher Léda, reine de Sparte, c’est, après que celle-ci « s’est métamorphosée en oie pour lui échapper ».

Dans la mythologie grecque, Léda est la fille d'Eurythémis et de Thestios, roi de Pleuron en Etolie. Elle est mariée au roi de Sparte, Tyndare.

Elle est aimée par Zeus, qui prend la forme d’un cygne pour la séduire. De ses amours avec le dieu, elle conçoit deux enfants, Hélène et Pollux, qui naissent d'un un œuf, alors que Clytemnestre et Castor, ( fils de Tyndare ? ), naissent d'un un autre œuf... Par la suite, elle est divinisée sous le nom de la déesse Némésis.



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Leonardo da Vinci  (1510)

A la renaissance, le sujet traité par Léonard de Vinci, est le sujet d'une réflexion sur la relation avec le divin. Si le buste de la femme est tourné vers le cygne, sa tête est orientée en sens contraire du cygne. De plus, le corps magnifié de Léda est dominant, dans l'image. Ainsi, l'artiste affirme la domination de la beauté physique par rapport à l’esprit divin. Ce corps humain a une réalité charnelle, alors que la pensée religieuse n'est représentée que par un animal, ou n'est que virtuelle …. On peut également dire, que la relation entre le cygne et la femme, figure la dépendance de l’esprit envers le corps. L'humanisme, affirme la place centrale de l'humain, au détriment des dieux …

L’artiste a divisé l’image en trois parts : le ciel, la rivière et la terre. Le ciel est du domaine de Dieu, cet espace est représenté en petit dimension dans l’image. Il signifie peut-être une perte du pouvoir divin. La rivière symbolise l'origine de la vie des êtres vivants. La terre appartient au monde humain...

 

Le cygne est ambivalent, il peut être le jour, solaire et mâle ; et la nuit, lunaire et femelle. S'il assure la synthèse, il peut être chargé d'un mystère sacré. Il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

Leda-and-the-Swan.jpg Louis-Icart--French--1888-1950----Leda-and-the-Swan.jpg
Nikolai Kalmakov 1917 Louis Icart (1888-1950),  Leda et le cygne

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Tile mosaic depicting ‘Leda and the Swan’ from the Sanctuary of Aphrodite, Palea Paphos, now in the Cyprus Museum, Nicosia, Cyprus. The mosaic is estimated to be 3rd century AD Léda-et-le-cygne sur une lampe attique - IIIe siecle Apjc -

A suivre ....

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Le corps nu féminin -2-

Publié le par Perceval

Le corps féminin, est-il la victime de la mode...?

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"Fashion Victim" par Jeroen Buitenman

Habillé, pour être deshabillé...

Quel est donc le sujet, du nu ?

Une femme, représentée nue, n'est-elle qu'un corps deshabillé?

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peinture de Alex Alemany

 

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Juan-Bautista-Nieto--Espagne--ne-en-1963.jpg

Juan Bautista Nieto est né à Séville (Espagne) en 1963. Guidé par son père mèdecin, il a été encouragé très jeune à suivre des études de médecine. Cependant, depuis toujours, il cultivait une passion secrète pour la peinture et le dessin. Il a étudié à la Faculté de médecine à Séville et fut en contact quotidien avec des corps vivants, malades, ou inertes et anonymes. Il s'est formé à l'anatomie humaine.

A la mort de son père, Nieto a pris la décision de renoncer à la médecine, en faveur de sa passion secrète pour la peinture et le dessin. Sérieusement, il a commencé à dessiner et à peindre en privé, puis à la Faculté des Beaux-Arts de Séville.

Chaque facette de son sujet est représenté avec minutie et exactitude, et garde, malgré les détails, un effet   impersonnel. Ses matériaux sont l'huile et l'acrylique combinés, posés en une accumulation de couches fines, pour évoquer les multiples nuances et tonalités  de la lumière, des ombres et de la densité de la matière.

Nieto est considéré dans les milieux de l'art espagnol comme l'un des représentants les plus éminents de l'hyperréalisme en Espagne aujourd'hui.   

Juan-Bautista-Nieto-1.jpg

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Juan-Bautista-Nieto-2.jpg

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Le corps nu féminin -1-

Le corps nu féminin -1-

Le corps nu féminin -1- - Le nu d'une femme ( forcément, d'une femme en particulier), renvoie - le plus souvent - au nu de "La Femme". Un peu comme si, avant son existence, il y avait une …

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Les neuf Preuses, ou chevaleresses -1/2-

Publié le par Perceval

Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475
Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475

 

Dans le premier livre de La morte d'Arthur de sir Thomas Malory, le roi fait prêter un serment solennel le jour de la Pentecôte à ses chevaliers de la Table Ronde.

Ce serment, qui entend résumer toute l'éthique chevaleresque, comprend la ladies clause: chaque chevalier s'engage à porter secours aux gentes dames, demoiselles et veuves et à défendre leurs droits et à ne jamais les violenter sous peine de mort. La communauté chevaleresque dépeinte par Malory, se construit donc sur une nette distinction des sexes. Pour devenir un homme, le chevalier a littéralement besoin d'une femme en détresse.

 

 


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Les neuf Preux - Cologne - 

Le thème littéraire des « neuf Preux » connut pendant les XIVe s. et XVe siècles, un grand succès. Le Preux, - incarnant les valeurs chevaleresques, comme la prouesse et l'honneur - est une idée qui remonte au XIe siècle. Elle trouve une forme quasi définitive au début du XIVe siècle, sous la plume d'un poète lorrain, Jacques de Longuyon, dans les Vœux du Paon vers 1310-1312.

La notoriété du roi Arthur, lui vaut d'être compté parmi les Neuf Preux aux côtés de Josué, David, Judas,Macchabée, Hector, Jules César, Alexandre, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. C'est dire surtout, l’extraordinaire diffusion et faveur dont jouissent les textes relatifs à la matière de Bretagne tout au long du Moyen Âge …

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Les neuf Preuses au château de Pierrefonds

C'est à la fin du XIV° siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce" (1385) , véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont reines.

Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse

Penthésilée, reine des Amazones,

 et Preuse

Sémiranis, reine de Babylone. Sinope, Hippolyte sa sœur ; Ménalippe, Lampeto et Penthésilée souveraines des Amazones. Tomirys, qui a vaincu l’empereur perse Cyrus. Teuca reine d’Illyrie. Déiphyle, femme de Tydée roi d’Argos, qui a vaincu Thèbes.

Dans les pays germaniques, on substitue aux Amazones et reines de l’Antiquité une triade juive avec Esther, Judith et Yael, une triade païenne avec Lucrèce, Veturia et Virginie, et une triade chrétienne avec Sainte Hélène, Sainte Brigitte, et Sainte Elisabeth.

Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen
Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen

Au début du XVème siècle, Christine de Pizan évoque les Preuses dans son Livre de la Cité des Dames.

La facilité étonnante de l’accueil fait à la pucelle de Donrémy à la cour de France avait été préparée par les décennies de succès du thème des Preuses et la mode de la ' egregia bellarix ' . De son vivant, Jeanne d’Arc est qualifiée de "dixième Preuse".

 

 

Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges  

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Oriane de Guermantes / Greffulhe - Proust -

Publié le par Perceval

C'est l’histoire – racontée par Marcel Proust - d’un enfant amoureux de l’image qu’il se fait d’une duchesse. Jacques Emile Blanche (Français, 1861-1942) - Portrait deElle a des ancêtres hors du commun, son nom évoque l'histoire de France, jusqu'aux mérovingiens … Oriane de Guermantes entoure les lieux qu'elle fréquente d'un mystère féerique. Elle est une femme-fée.

Enfant, il a l’occasion de l’apercevoir dans l’église de Combray lors d'un mariage.

«  Et mes regards s’arrêtant à ses cheveux blonds, à ses yeux bleus, à l’attache de son cou et omettant les traits qui eussent pu me rappeler d’autres visages, je m’écriais devant ce croquis volontairement incomplet : « Qu’elle est belle ! Quelle noblesse ! Comme c’est bien une fière Guermantes, la descendante de Geneviève de Brabant, que j’ai devant moi ! » Et l’attention avec laquelle j’éclairais son visage l’isolait tellement, qu’aujourd’hui si je repense à cette cérémonie, il m’est impossible de revoir une seule des personnes qui y assistaient sauf elle et le suisse qui répondit affirmativement quand je lui demandai si cette dame était bien Mme de Guermantes. » (Swann ).

Comtesse-de-Greffulhe-by-Felix-Nadar--1886.jpg Marie Joséphine Anatole Louise Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay, comtesse Henry Greffulhe, immortalisée sous le nom de comtesse Greffulhe, est née le 11 juillet 1860 à Paris 7e et morte le 21 août 1952 à Lausanne.
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Portrait peint en 1905 par Philip Alexius de Laszlo.

 

La comtesse Greffulhe est un des modèles de la duchesse de Guermantes dans A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust. Elle est la cousine de Robert de Montesquiou.

 

Déterminé à la connaître, le narrateur de La Recherche, devient un mondain et espère être présenté à Oriane qui exerce son attrait sur le faubourg Saint-Germain.

La duchesse de Guermantes mène une vie mondaine brillante qui impressionne le narrateur de  plus en plus amoureux d’elle. Il va jusqu’à surveiller ses moindres déplacements, relever les heures de ses promenades quotidiennes afin de se retrouver sur son chemin et espérer un regard d’elle.

« Cette villa, cette baignoire, où Mme de Guermantes transvasait sa vie, ne me semblaient pas des lieux moins féeriques que ses appartements. Les noms de Guise, de Parme, de Guermantes–Bavière, différenciaient de toutes les autres les villégiatures où se rendait la duchesse, les fêtes quotidiennes que le sillage de sa voiture reliaient à son hôtel. S’ils me disaient qu’en ces villégiatures, en ces fêtes consistait successivement la vie de Mme de Guermantes, ils ne m’apportaient sur elle aucun éclaircissement. » (Guer)

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Comtesse Greffulhe Comtesse Greffulhe

Le narrateur devenu l’ami de Robert de Saint-Loup qui est le neveu de la duchesse, lui demande de parler de lui à sa tante.

« Vous êtes trop gentil. Mais justement, voilà : Mme de Guermantes ne se doute pas que je vous connais, n’est-ce pas ?

Je n’en sais rien ; je ne l’ai pas vue depuis l’été dernier puisque je ne suis pas venu en permission depuis qu’elle est rentrée.

C’est que je vais vous dire, on m’a assuré qu’elle me croit tout à fait idiot.

Cela, je ne le crois pas : Oriane n’est pas un aigle, mais elle n’est tout de même pas stupide.

Vous savez que je ne tiens pas du tout en général à ce que vous publiez les bons sentiments que vous avez pour moi, car je n’ai pas d’amour-propre. Aussi je regrette que vous ayez dit des choses aimables sur mon compte à vos amis (que nous allons rejoindre dans deux secondes). Mais pour Mme de Guermantes, si vous pouviez lui faire savoir, même avec un peu d’exagération, ce que vous pensez de moi, vous me feriez un grand plaisir. » (Guer)

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Comtesse Greffhule . Photo de Nadar (Rmn)

 

Un jour, enfin, lors d’une réception chez la Princesse de Villeparisis, Saint-Loup  présente le narrateur à la duchesse avec laquelle il peut enfin échanger quelques mots...

« Vous ne voulez pas que je vous donne une tasse de thé ou un peu de tarte, elle est très bonne, me dit Mme de Guermantes, désireuse d’avoir été aussi aimable que possible. Je fais les honneurs de cette maison comme si c’était la mienne, ajouta-t-elle sur un ton ironique qui donnait quelque chose d’un peu guttural à sa voix, comme si elle avait étouffé un rire rauque. » (Guer)

Paradoxalement, c’est à partir de ce moment que son attirance pour elle disparaît, à la grande satisfaction de sa mère qui jugeait son attitude ridicule.

« Sa  [duchesse de Guermantes] vue ne me causait plus aucun trouble. Un certain jour, m’imposant les mains sur le front (comme c’était son habitude quand elle avait peur de me faire de la peine), en me disant : « Ne continue pas tes sorties pour rencontrer Mme de Guermantes, tu es la fable de la maison. D’ailleurs, vois comme ta grand’mère est souffrante, tu as vraiment des choses plus sérieuses à faire que de te poster sur le chemin d’une femme qui se moque de toi », d’un seul coup, comme un hypnotiseur qui vous fait revenir du lointain pays où vous vous imaginiez être, et vous rouvre les yeux, ou comme le médecin qui, vous rappelant au sentiment du devoir et de la réalité, vous guérit d’un mal imaginaire dans lequel vous vous complaisiez, ma mère m’avait réveillé d’un trop long songe. » (Guer)

A l’inverse et curieusement, c’est à partir de ce moment-là également que la duchesse prête attention au narrateur.

« Pourquoi ne venez-vous jamais me voir ? me dit Mme de Guermantes quand Mme de Villeparisis se fut éloignée pour féliciter les artistes et remettre à la diva un bouquet de roses dont la main qui l’offrait faisait seule tout le prix, car il n’avait coûté que vingt francs. (C’était du reste son prix maximum quand on n’avait chanté qu’une fois. Celles qui prêtaient leur concours à toutes les matinées et soirées recevaient des roses peintes par la marquise.)C’est ennuyeux de ne jamais se voir que chez les autres. Puisque vous ne voulez pas dîner avec moi chez ma tante, pourquoi ne viendriez-vous pas dîner chez moi ? » (Guer)

 

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Comtesse Greffulhe, 1883

Madame de Guermantes est une belle femme, grande, blonde aux yeux bleus. Spontanée et naturelle elle a un esprit brillant et impressionne son entourage par sa personnalité affirmée. Trompée depuis le premier jour par son mari qui collectionne les conquêtes, elle fait bonne figure auprès de son entourage qui ne réalise peut-être pas les avanies qu’elle doit subir.

Le Duc de Guermantes se montre dur envers sa femme et la trompe sans vergogne. Celle-ci accepte cette situation et parfois même demande à ce que sa concurrente lui soit présentée. Il lui arrive même de s’en faire une alliée.

« Mais ce cas était le plus rare; d’ailleurs, quand le jour de la présentation arrivait enfin (à un moment où elle était d’ordinaire déjà assez indifférente au duc, dont les actions, comme celles de tout le monde, étaient plus souvent commandées par les actions antérieures, dont le mobile premier n’existait plus) il se trouvait souvent que ç‘avait été Mme de Guermantes qui avait cherché à recevoir la maîtresse en qui elle espérait et avait si grand besoin de rencontrer, contre son terrible époux, une précieuse alliée. » (Guer)

 

Swann lui aussi est impressionné par la duchesse et rêve de pouvoir un jour lui présenter sa femme Odette et sa fille Gilberte.

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Comtesse Greffulhe (Félix Nadar), 1896

« Mais quand Swann dans ses heures de rêverie voyait Odette devenue sa femme, il se représentait invariablement le moment où il l’amènerait, elle et surtout sa fille, chez la princesse des Laumes, devenue bientôt la duchesse de Guermantes par la mort de son beau-père. Il ne désirait pas les présenter ailleurs, mais il s’attendrissait quand il inventait, en énonçant les mots eux-mêmes, tout ce que la duchesse dirait de lui àOdette, et Odette à Madame de Guermantes, la tendresse que celle-ci témoignerait àGilberte, la gâtant, le rendant fier de sa fille. » (JF)

Très intime avec Swann, elle lui fait cependant deux reproches majeurs, celui d’être dreyfusard et celui d’avoir épousé Odette et peut-être aussi celui d’être juif. Swann gravement malade et qui sait qu’il va mourir lui demande d’accepter qu’il lui présente sa femme et sa fille mais elle lui refuse ce dernier plaisir et explique au narrateur ses raisons.

« Mon Dieu, ça me fait une peine infinie qu’il soit malade, mais d’abord j’espère que ce n’est pas aussi grave que ça. Et puis enfin ce n’est tout de même pas une raison, parce que ce serait vraiment trop facile. Un écrivain sans talent n’aurait qu’à dire : « Votez pour moi à l’Académie parce que ma femme va mourir et que je veux lui donner cette dernière joie. » Il n’y aurait plus de salons si on était obligé de faire la connaissance de tous les mourants. Mon cocher pourrait me faire valoir : « Ma fille est très mal, faites-moi recevoir chez la princesse de Parme. » J’adore Charles, et cela me ferait beaucoup de chagrin de lui refuser, aussi est-ce pour cela que j’aime mieux éviter qu’il me le demande. » (SG)

 

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Les "apprentissages" de Colette -3/3-

Publié le par Perceval

Un jour, Willy conseille à Colette d’écrire ses souvenirs d’écolière: « Vous devriez jeter sur le papier des souvenirs de l’école primaire. N’ayez pas peur des détails piquants, je pourrai peut-être en tirer quelque chose… les fonds sont bas. » M App.

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Claudine à l’école paraît en 1900, signé du seul nom de Willy. Ce sera le plus gros succès littéraire de la Belle Époque. La comédienne Polaire, façonnée pour être la jumelle de Colette, interprète Claudine au théâtre.

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Polaire en Claudine avec Willy Polaire en Claudine

En 1905, la « séparation de corps » avec Willy est prononcée, et Colette rencontre Missy – de son vrai nom Mathilde de Morny. Cette dernière est le quatrième et dernier enfant du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Alors que Willy s’affiche en ville au bras de la jeune Meg Villars, Colette trouve auprès de Missy le réconfort et l’appui nécessaire à la conquête de sa liberté.

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Colette et Mathilde de Morny au Moulin Rouge

Elle est le «  compagnon fidèle et honnête, et tendre, qui m'a sauvée du désespoir, du suicide sans doute, ou peut-être, ce qui serait pis, de la triste vie des femmes entretenues. »

 

Elle semble s'affranchit de la morale. Elle joue la pantomime au music-hall. Ses tenues très dévêtues font fureur au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge, au Bataclan… Et sa liaison avec sa partenaire Missy, fait scandale. Le scandale de Rêve d’Égypte sur la scène du Moulin-Rouge au cours duquel elle échange un long baiser avec Missy tandis que les armes des Morny trônent sur les affiches, lui octroie une publicité inespérée. Colette a bien retenu la leçon. Fin 1907, elle exhibe sur scène dans La Chair un sein nu qui lui vaut à nouveau de nombreux articles et caricatures.

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En 1907 au Moulin-Rouge, la tapageuse Colette choque l'opinion dans la pantomime Rêve d'Egypte...

 

Sa nouvelle carrière ne l’empêche pas de publier durant cette période des œuvres importantes : La Retraite sentimentale (1907), Les Vrilles de la vigne (1908) et La Vagabonde (1910) où s’exprime une voix nouvelle et originale que l’œuvre à venir prolongera. En 1910, le divorce entre Colette et Willy est officialisé.

 

Sources : en particulier Fréderic Maget, Présence de la littérature CNDP

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