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Articles avec #muse - egerie - modele ..etc tag

Zinaida Gippius et Dmitri Merezhkovsky -1/4-

Publié le par Perceval

Zinaida Gippius est l'une des femmes parmi les plus étonnantes et intelligentes de son époque en Russie.

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Zinaida Gippius by Otto Renar (1904)

Elle est écrivaine, éditrice, critique littéraire, et ( avec Valery Brioussov  ) une théoricienne du symbolisme dans la littérature russe.

Elle est née Zinaida Nikolaïevna Gippius le 20 novembre 1869, dans la ville de Belev ( province de Toula ), en Russie. Elle est l'aînée de quatre filles. Son père, Nicolas Romanovitch Gippius, est un célèbre avocat et procureur du Sénat russe. Sa mère, Anastasia Vasilevna (née Stepanova), est la fille du chef de la police d'Ekaterinbourg.

Jeune, Zinaida Gippius est éduquée à la maison en mettant l'accent sur ​​la littérature, l'histoire, les arts et la musique, puis elle étudie à l'Institut de Kiev pour les femmes. En 1881, après la mort de son père, elle déménage à Yalta, puis à Tbilissi, et vit chez son oncle à Borjomi. Là, en 1888, elle rencontre Dmitri Merezhkovsky, écrivain il vient de faire paraître son premier livre de poésie... Ils se marient le 9 Janvier 1889, à Borjomi. Elle a dix-neuf ans.

Gippius ( ou orthographe latine-alphabet "Hippius") et Merezhkovsky vivent dans une magnifique maison à Saint-Pétersbourg - un cadeau de mariage de la mère de Merejkovsky. Leur domicile devient un lieu de rencontre apprécié par le milieu culturel de Saint-Pétersbourg milieu culturel.

Zinaida Gippius attire d'abord l'attention avec son comportement peu conventionnel, en cultivant une image androgyne, et plus tard comme critique virulent et perspicace.

Elle tient à affirmer, avec son mari, une égalité dans le couple. Ils ont chacun leur chambre ( une pièce propre, à laquelle tenait beaucoup aussi Virginia Woolf...).

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Gippius Caricature by Mitrich (1907)

Zinaïda Gippius ou Hippius a une réputation ( appelée « décadente ») de femme fatale, qui piège ses victimes telle une araignée... Une caricature la montre en figure masculinisée avec une lorgnette et la cigarette aux lèvres. Chacun reconnaît l'odeur de son tabac parfumé à la cannelle … Contrairement à son mari, elle vit beaucoup la nuit, et se couche vers trois ou quatre heures du matin, pour se lever autour de deux heures de l'après-midi. Andrey Bely (*) décrit Gippius allongée sur le canapé dans le salon au papier peint rouge composée de fauteuils rouges, et engagés dans longue discussion intellectuelle avec un invité plutôt masculin, assis devant la cheminée... Bely souligne sa belle chevelure rousse clair. Il parle de ses yeux verts et de son sourire ambigu de Mona Lisa. Il la compare à une guêpe de taille humaine, à une séductrice dessinée par Aubrey Beardsley...

Aubrey-Beardsley-s-Salome.jpg
 

 

 

 

 

A suivre ...

 

(*) Andreï Biély ou André Bély (1880 - 1934) est un poète et important écrivain russe. Avec son ami, Alexandre Blok, il fut un des chefs de file de la seconde génération symboliste en Russie  

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Effie Gray, J.Ruskin et E.Millais -1/2-

Publié le par Perceval

Euphemia Gray ( Effie ) connaît John Ruskin depuis l'enfance. Ruskin (1819-1900) épouse Effie (1828-1897) en 1846.

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Effie Ruskin en 1851, par G F Watts

Après leur mariage, ils font un voyage à Venise, où Ruskin fait des recherches pour son livre The Stones of Venice. Toutefois, leurs tempéraments différents causent bien vite des problèmes : elle est naturellement extravertie et aime plaire, et s'adapte mal à personnalité « trop sérieuse » de son mari.

Ruskin, est connu comme critique d'art. Sa notoriété française doit beaucoup à Marcel Proust, qui forme son esthétique à l'école des livres de Ruskin.

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Ce portrait de John Ruskin par Sir John Everett Millais (1853) est réalisé dans un style qui remplit les idéaux de Ruskin. Ruskin pose élégamment et naturellement sur le bord rocheux d'une cascade... La représentation est précise, non anonyme, dans un décor naturel. Avec réalisme, le peintre capture un moment précis, peut-être un moment de réflexion silencieuse ou de méditation...

 

Le premier ouvrage de Ruskin est consacré aux "Peintres modernes" dans lequel il se livre à une défense passionnée de William Turner. En 1845, amoureux de l'Italie, il y retourne seul, séjourne à Florence et à Pise, puis à Venise, découvrant les primitifs qui vont à jamais changer sa conception de l'art. Au retour, il s'attarde en France afin d'étudier les principaux monuments et, de ce voyage, tirera une étude "Les sept lampes de l'architecte" ( 1849 ) où, à l'opposé d'un Viollet-le-Duc, il développe une conception antirestaurationniste et affirme sa conviction que l'art et l'architecture d'un peuple sont indissociables de sa religion, de sa morale, de ses moeurs et de ses sentiments nationaux.

Ruskin vole au secours des pré-raphaélistes, à l'époque éreintés par la critique, et s'emploie à les défendre dans un pamphlet intitulé "Pré-Raphaeltism" ( 1851 ).

Conjuguant le social et l'esthétisme, Ruskin et Morris plaident pour le renouveau d'un artisanat de haute qualité, en mesure de libérer l'homme de la laideur et du machinisme productif...

Le mariage avec Effie Gray, après cinq années, est annulé pour « non-consommation ». Il continue à alimenter de nos jours des légendes nombreuses et variées, des suppositions. Effie épouse très vite le peintre John Everett Millais, un membre du mouvement préraphaélite dont Ruskin fut le mécène et le soutien... A la suite de ses déboires conjugaux, Ruskin sera sujet à plusieurs reprises de dépressions...

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Effie Ruskin 1851 - Thomas Richmond

Quand Effie rencontre Millais, Ruskin n'a eu de cesse de repousser la consommation de leur mariage. Ses raisons ne sont pas claires :

« Il faisait valoir diverses raisons, sa haine pour les enfants, des motifs religieux, le désir de préserver ma beauté, et c'est cette année qu'il m'a dit au bout du compte sa véritable raison... c'est qu'il avait imaginé les femmes tout à fait différentes de ce qu'il a vu que j'étais, et s'il n'a pas fait de moi sa femme, c'est qu'il s'est senti dégoûté de ma personne le premier soir, le 10 avril. » ( lettre de Effie à son père )

Ruskin déclare à son avocat au cours de la procédure en annulation.

« On peut trouver étrange que j'aie pu m'abstenir d'une femme qui pour la plupart des gens était tellement attirante. Mais si son visage était beau, sa personne n'était pas formée pour exciter la passion. Au contraire, il y avait dans sa personne certaines choses, qui l'ont bien montré. »

 

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Sue Lewin, la muse de Maxfield Parrish.

Publié le par Perceval

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Maxfield Parrish (1870-1966) était un peintre et illustrateur américain connu pour ses œuvres utopiques et éthérées. Né 'Frederick Parrish', il prend le prénom Maxfield, de sa grand-mère quaker. 

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 Dinky_Bird -Maxfield_Parrish -1904  Maxfield Parrish - Fountain of Pirene -
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 Cinderella -  Maxfield Parrish  -  Sleeping Beauty, 1912  - Maxfield Parrish -

Maxfield Parrish, à 33 ans, est un illustrateur connu, il vit dans une très grande propriété, avec sa femme Lydia. Il rencontre Sue Lewin (1889-1978), alors qu'elle n'a que 16 ans, et qu'elle est employée par sa femme pour l'aider aux soins de leurs deux jeunes enfants. Lydia ne posant plus pour lui, il fait poser la jeune nounou dans des costumes de conte de fées.

Lewin est vite devenue sa muse, le modèle pour ses illustrations les plus célèbres. Finalement Parrish emménage un atelier afin que lui et Lewin puissent travailler en étroite collaboration. ….

 

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 Parrish--photo-de-Lewin.jpg  Sue-Lewin-4.jpg

 

Les villageois de cette petite ville agricole sont scandalisés par ce mode de vie et même envoient une délégation pour rencontre l'artiste !. Mais Parrish et Lewin assurent que leur relation est purement platonique.... Ils seront ensemble pendant 55 années... Puis,alors que Parrish a 90 ans et Lewin 71 ans, la femme de Parrish meurt, le laissant libre de se marier avec Lewin... Cependant, il refuse! ... Alors, elle fait ses valises, quitte le domaine et retourne à son village où elle épouse quelqu'un d'autre. 

Parrish, peintre de génie à l'imagination débordante meurt, seul, quelques années plus tard.  

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Sue Lewin 3 Maxfield-Parrish--avec--Lewin-comme-modele.jpg

*****

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Un Fête florentine  -1916-

Étonnantes peintures murales (1910-1916)  de Maxfield Parrish peintes pour  la Salle à manger des « girls » à la Curtis Publishing Company de Philadelphie. 

Un observateur attentif remarque facilement le modèle préféré de Parrish, sa maîtresse Susan Lewin ; elle apparaît 166 fois dans ces peintures murales. Parrish lui-même se représente 10 fois.

Sue Lewin est représenté comme fille ou garçon, mais avec des positions, des coiffures et des costumes différentes. 

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Il a été une figure unique dans l'art américain, Parrish était célèbre pour les couleurs lumineuses qui ont marqué une grande partie de son œuvre. La teinte "Parrish bleu" a été inventée en reconnaissance pour sa couleur. Il a obtenu ce résultat dans ses tableaux en utilisant une technique spéciale impliquant plusieurs couches d'huile et de vernis.  

Parrish n'a fait partie d'aucun mouvement traditionnel ou d'aucune école, et a développé un style vraiment original.

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Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -6/6-

Publié le par Perceval

J C Leyendecker
J C Leyendecker

On voit Gauvain exprimer ce désir au moment où il rencontre Clarissant au château des reines. La présentation de Clarissant ressemble beaucoup au portrait de Blanchefleur.

 

...ses cheveux aussi dorés

que l'or ou même davantage.

Elle avait la face blanche et, dessus,

Nature l'avait enluminée

d'une couleur vermeille et pure. (v. 7820- 7824).

La représentation de Clarissant est un ensemble d'éléments choisis par l’auteur qui interprète le désir du voyeur masculin, Gauvain. Son désir d'abord inconsciemment incestueux, car Clarissant est sa soeur sans qu’il le sache, est le désir d’une femme qui n'a pas de sexe désirant. Puisque la beauté de Clarissant est associée à la lumière divine, une lumière trouvée dans les portraits de la Madone et des saintes, la demoiselle devient cet être inaccessible qui n'existe qu'à travers le désir du chevalier; celui-ci tombe amoureux d'un portrait et non pas d'une femme de chair et d'os. La lumière sert aussi à porter l’oeil de l’observateur sur la surface plutôt que sur l’objet même de son angoisse. Tel est le cas de Guiromelant, le chevalier qui tombe amoureux de Clarissant sans jamais l'avoir vue.

a knight and his lady 11
 

Mais la femme comme représentation de la divinité peut -être souvent la mère du chevalier. Celle qui selon le modèle de la Vierge Marie est la représentation de la pureté et de la chasteté. Voyons d'abord la présentation de la mère du roi Arthur, père symbolique de tous les chevaliers.

 

Mais il avait tout lieu de le pressentir,
Qui en voyant les tresses blanches
qui lui tombaient jusque sur les hanches.
Elle était vêtue d'une robe de brocart
blanche, brochée de fleurs d'orfinement dessinées.


Comme Clarissant et toutes les autres femmes idéalisées dans le texte, la mère du roi Arthur est le symbole de la pureté représentée par le blanc de ses cheveux et de sa robe. Le fait qu'elle vit plongée dans une monde féminin renforce aussi sa pureté. Elle ne représente pas une menace pour Gauvain, parce qu’en représentant l'image divine de la mère symbolique de tous les chevaliers, elle représente aussi la mère qu'il n'a jamais connue et qui se trouve dans le même château.

John Everett Millais - Le Chevalier Errant (1870)
John Everett Millais - Le Chevalier Errant (1870)

Mais les femmes au château des reines ne représentent pas seulement la femme icône, elles représentent aussi un désir refoulé chez le chevalier. À travers ses aventures chevaleresques, Gauvain n'a jamais eu l'occasion de satisfaire son désir sexuel. D'abord quand il est avec la soeur d'Ivonet il est interrompu, et après, quand il est avec Clarissant, il ne peut pas combler son désir incestueux, le tabou par excellence. En plus, en apprenant qu'il doit rester prisonnier dans le château des reines, il veut en sortir. Vivre dans un monde féminin, c'est perdre son identité comme sujet masculin. Gauvain n'a pas encore trouvé la Lance-qui-saigne et il faut qu'il la trouve. Il faut aussi qu'il fasse preuve de sa virilité chaque fois qu'on menace son honneur chevaleresque. C'est ce désir d'être un homme viril qui l'aide à franchir le Gué Périlleux et à accepter le défi que lui propose Guiromelant.

Finalement, on voit que la femme n’a d’importance dans le texte que par rapport au désir masculin. Elle y existe comme adjuvant, celle qui aide le héros à réussir les aventures chevaleresques. Elle est femme médiatrice, celle qui informe le chevalier de tous les événements pour qu'il puisse agir correctement dans chaque épreuve de virilité qui se présente à lui.

Tacuinum Sanitatis, ca. 1400 Mandrake
Tacuinum Sanitatis, ca. 1400 Mandrake

Puisque, selon l'homme médiéval, la femme est naturellement un être inférieur, elle devient objectivée devant le regard masculin. D'une part, elle est idéalisée pour qu'ainsi le chevalier puisse éloigner de lui l'angoisse de la castration que la femme en tant qu’être manquant représente pour l’homme. D'autre part, elle est comparée à des animaux maléfiques, ce qui reflète la façon négative dont l'homme la perçoit. Quelle que soit la situation, la femme est toujours pour le chevalier un corps morcélé construit à partir des éléments de la nature selon le désir masculin. En n'ayant ni un corps réel, ni un désir sexuel, la femme n'est pas un sujet dans le texte. Sa présence textuelle s'efface complètement avec l'émergence du sujet masculin qui, étant le porteur du symbole du pouvoir, devient enfin le héros du roman.

 

Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes montre alors qu’à la fin du XIIe siècle le statut de la femme n’est pas trop élevé dans le roman médiéval, car elle reste désormais à l’ombre du héros chevaleresque qui s’en sert pour atteindre son désir.

 

Sources : Le désir masculin et l’absence du corps féminin dans Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes par Eugénia M. Neves dos Santos : Ph.D. Candidate Department of French The University of Western Ontario ; esantos@uwo.ca

 

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Analyse de l'idée de la Femme, dans Perceval -3/6-

Publié le par Perceval

Un autre personnage féminin qui est complètement déshumanisé est la demoiselle hideuse qui apparaît sur une mule à la cour du roi Arthur pour insulter Perceval. Son corps est tout morcelé et chaque partie appartient à un animal différent. La demoiselle hideuse est celle qui castre Perceval publiquement devant toute la cour du roi Arthur en lui disant que plusieurs personnes vont souffrir à cause de son imprudence (v.4578-4583).

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Quentin Metsys, un peintre flamand du XVème-XVIème siècle:  vieille-femme-grotesque

Sa parole met en question la valeur chevaleresque de Perceval devant tous les chevaliers de la cour. La demoiselle hideuse est aussi celle qui le force à définir son identité comme homme viril. C'est à cause d'elle alors que Perceval va finalement trouver la signification du Nom-du Père, c’est-à-dire, la valeur du nom de famille et de ce que celui-ci représente pour le seul fils mâle. Étant le seul homme dans la famille, le poids d’honorer le Nom-du-Père lui tombe directement sur les épaules. Or Perceval va seulement découvrir la vraie signification de son nom au moment où il arrivera chez l'oncle ermite, après cinq ans d'errance.

Selon Lacan "c'est par identification au père que la virilité est assumée"  et alors, c'est en découvrant la valeur de Dieu, père symbolique, que Perceval devient un sujet indépendant et un héros accompli dans le texte. La femme n'est qu'une apparition épisodique dans le texte pour donner lieu à l'émergence du sujet masculin.

Mais examinons pour un moment la représentation du corps de la demoiselle hideuse :

      Ses yeux formaient deux creux,

pas plus gros que des yeux de rat,
son nez tenait du singe ou du chat,
et ses lèvres, de l'âne ou du boeuf...
elle avait de la barbe comme un bouc...
du côté de l'échine, elle ressemblait à une crosse.

Sorciere.jpgDans le portrait de la demoiselle hideuse il ne s'agit pas du portrait d'un être humain mais d'une créature maléfique qui a comme fonction d’apporter le malheur au chevalier. Le portrait de la demoiselle hideuse correspond à la représentation fidèle de la laideur idéale... Puisque l'aspect physique est la réflexion de la personnalité du personnage médiéval, la laideur de la demoiselle hideuse représente sa méchanceté. Il ne faut pas oublier quand-même que c'est toujours le désir masculin qui construit le portrait féminin. C'est l'artiste masculin qui choisit les animaux auxquels il veut comparer la demoiselle. Beaucoup de ces animaux sont associés au diabolique, et donc, elle est dévalorisée à travers le regard masculin.

A suivre ( Gauvain ...)

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Les dames dans les "Pulp Fiction" -1/6-

Publié le par Perceval

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Avertissement :

 Cet été je passe mes congés avec des « bad girls »... Je remonte le temps, et je me plante devant le kiosque à journaux recouvert de « pulp fiction »... Je les choisis selon la couverture, j'en prends un lot, et cherche un coin tranquille dans un coffee lounge , pour lire, mais aussi observer ...Pulp_Comics_Newsstand_1940s_Sm.jpg

 Je baisse les yeux, pour parcourir la féerie d'un monde imaginé par un autre, mais selon des codes reconnus et qui jouent avec ses propres phantasmes à la façon d'un jeu de rôle... La vraie vie, ici, n'a pas lieu d'être, et la culpabilité n'a pas prise... Si je remonte mon regard vers la « vraie vie », je vois des femmes, des hommes qui jouent d'autres règles ; mais surtout je reconnais la complexité de chaque personne, avec sa dignité singulière et commune à tous...

Je vous dis cela, pour en arriver, à l'image de la femme, développée au travers de multiples scénarios ( les plus fous...), de ces « pulp » magazines... S'ils ne représentent en rien «  la vraie vie », il n'influencent en rien, mon comportement envers une personne de chair et d'esprit. Je tiens à rassurer la lectrice de ces articles ….

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1940 a Googie-style Biff’s Coffee Shop in Los Angeles, 1950

 Non seulement tout ceci n'est que de la fiction, mais il relève du genre Pulp, qui tire son nom des magasines à bas prix, faits à base de « wood pulp » papier bon marché, que l’on pouvait acheter des années 20 aux années 50.Pulp-femme-crime-juil-1954.jpg

Aventure, Héroïsme , Exotisme et érotisme étaient les maîtres mots de ces magasine, et cela à toutes les sauces…. Superheros, Détectives, Explorateurs ...

Il y avait de quoi émoustiller le mâle commun avec de l'action, de la violence et des femmes...

Côté homme, on peut croiser :

L'homme en noir maître dans l’art de l’hypnose, ancien aviateur professionnel. Ils croisent des cadavres, des femmes fatales et des espions...

Le playboy d'avant la Grande guerre, aviateur pendant, détective après. Réel aventurier il sait maîtriser toutes les techniques de filature, de déguisement pour résoudre les affaires que la police ne saurait élucider.

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« Pulp Fiction » est aussi, ce réjouissant film de Tarantino, PALME D’OR, Cannes 1994...

Difficile de résumer Pulp fiction tant le film tient autant sur les savoureux dialogues que sur l’histoire proprement dite. 

 

 

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Les jambes des femmes

Publié le par Perceval

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The graduate avec Dustin Hoffman 1965

Les hommes ont beaucoup de chance... grâce aux femmes; grâce aux jambes des femmes. Elles n'ont l'air de rien, et furtivement attirent le regard... Coquines ou sages...

Et, ce n'est pas d'aujourd'hui.

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art rupestre dans la vallée de la rivière Swith dans le sud du Drakensberg Aphrodite, à Pompeii

Sur ce thème, restons rétro... De belles photos, connues, et qui le resteront.

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Elmer Batters  (1919-1997)  

 

Dans "L'homme qui aimait les femmes", de Francois Truffaut: " Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.

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Le photographe Wermer Bokelberg est né en 1937 à Brême, en Allemagne Années 60-70

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Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, 
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, 
Comme deux sorcières qui font 
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Charles Beaudelaire, Les fleurs du Mal

 

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Les sœurs Nesle « favorites » du Roi Louis XV -1/2-

Publié le par Perceval

L'histoire des cinq soeurs de Nesle, n'est pas ordinaire... Tour à tour ( sauf une ...), entre 1733 et 1744, ces descendantes du cardinal Mazarin devinrent les premières maîtresses de Louis XV.

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Carle Vanloo  Les grâces, Salon de 1765

Mme de Pompadour avait-elle été prévenue de l'identification des 3 Grâces de Vanloo aux trois 

maîtresses qui régnèrent officiellement sur le cœur du roi entre 1732 et 1745, c'est-à-dire Louise Julie de Nesle, Comtesse de Mailly (1732-1739),Pauline 
Félicité de Nesle, Comtesse de Vintimille (1739-1742), Marie Anne de Nesle, Marquise de la Tournelle, Duchesse de Chateauroux (1742-1745)... Lorsqu’elle lâcha son « Çà ! Des grâces ! » ? 

Louise Julie de Mailly-Nesle (1710-1751), comtesse de Mailly,

Pauline Félicité de Mailly-Nesle (1712-1741), comtesse de Vintimille,

Diane Adélaïde de Mailly-Nesle (1713-1760), duchesse de Lauraguais 

Hortense-Félicité de Mailly (1715-1799), marquise de Flavacourt,

Marie-Anne de Mailly-Nesle (1717-1744), marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux.

 

le-roi-louis-XV-se-meurt-a-Metz-1744-detail.jpg
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 8 août 1744, le roi – parti en guerre contre l'Autriche - tombe malade à Metz. On le croit à l'article de la mort. Pressé par le clergé qui l'entoure, et lui assure l'enfer s'il ne reçoit pas l'absolution , il promet de renoncer à sa maîtresse Marie Anne et de faire construire une église (le futur Panthéon) si Dieu lui prête vie.

Deux années auparavant, en novembre 1742, Marie-Anne accepte de devenir sa favorite s' il consent à renvoyer Louise de Mailly – sa sœur ainée - et elle, à la faire duchesse. Marie-Anne est ainsi, titrée duchesse de Châteauroux.

On pense que le roi va mourir , il reçoit les derniers sacrements et l'extrême-onction .

Il se rétablit ... et Marie- Anne est rappelée auprès du roi .

Depuis l'arrivée de sa dernière soeur Marie-Anne, Louise perd son amant royal.  Cette jeune veuve, dotée d'un physique avantageux apparaît en effet comme la petite peste de la famille.

Louise quitte Versailles, et se réfugie dans un couvent où elle meurt à 41 ans, la nouvelle maîtresse ne cesse de se mêler de politique et impose au roi ses ministres. Elle devient rapidement très impopulaire et fait rare, elle suit même le roi au front.

Louis XV échappe à la mort, on le surnomme "le Bien-Aimé", mais en dépit des promesses il renoue avec sa chère et tendre Marie-Anne. Cependant elle ne profite pas de ce retour car elle meurt peu de temps après, le 8 décembre 1744, à l'âge de 27 ans , sa mort est suspecte et on pense qu'elle à été empoisonnée...

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Halte de chasse de Carle VANLOO 1737 

Ce tableau galant, au cadre inspiré des paysagistes flamands du XVIIe siècle, a été peint pour la salle à manger des petits appartements de Louis XV à Fontainebleau. La légende voudrait y reconnaître le roi, entouré des trois soeurs de Nesle, qui furent ses maîtresses

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Louise Julie de Nesle, Comtesse_de_Mailly par Alexis_Grimou

 

Veuf de sa favorite, le roi cherche aussitôt à la remplacer. Justement, il y a une cinquième soeur Mailly, la plus belle de toutes : Hortense-Félicité. Ce serait trop bête de rater le grand chelem. Louis XV lui fait des avances, persuadé qu'on ne repousse pas un roi. C'est compter sans le mari, le marquis de Flavacourt. Habituellement, c'est un honneur pour un époux de partager sa couche avec le roi. C'est aussi la promesse de richesses. Mais le marquis est très amoureux de sa femme. L'imbécile. Il menace de la tuer si elle "devient putain" comme ses soeurs. Louis XV doit s'incliner. Il n'aura pas la cinquième soeur Mailly. Bientôt, il se consolera dans les bras de Jeanne Le Normant d'Étiolles, née Poisson. La marquise de Pompadour !

 

En 1729, Louise de Mailly a 19 ans, Mariée depuis trois ans, quand elle entre au service de la reine Marie Leszczynska comme dame d’honneur.

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Le roi Louis XV, jeune 

La reine est de sept ans l'aînée du roi. Sans être une "belle femme", selon les canons esthétiques de l'époque, elle séduit rapidement le jeune roi ( il a 15 ans) qui en tombe amoureux, au point que celui-ci prétendit "l'honorer" à sept reprises lors de la nuit de noce. Marie donne dix enfants au royaume de France. Mais ses grossesses à répétition la fatiguent énormément et l'amènent peu à peu à refuser au roi l'accès à sa couche (1738). Petit à petit, Louis XV délaisse cette reine qui vieillit mal et dont la légendaire gourmandise la rend replète et victime d'indigestions récurrentes.

Le roi s'affiche alors publiquement avec Louise, sa maîtresse, cette liaison est née en 1733, avec la complicité du Cardinal de Fleury, qui souhaitait sortir le roi de son ennui..

La comtesse de Mailly introduit bientôt à Versailles sa sœur Pauline, qui vient de finir son éducation au couvent. Pauline est aussi vive, insolente et charmante que sa sœur aînée est réservée, timide et sans grande beauté.  

 

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Univers Steampunk -4/4-

Publié le par Perceval

Galerie Steampunk: Mode

 M steampunk sketches a by david nakayama  M steampunk design par Nola
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M Un appartement Steampunk à New-York

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 M appartement steampunk 4  M appartement steampunk 6

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 M Steampulp 2  M Steampulp couple
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 M The Adventures of Victoria Clarke  M Steampunk-fashion-9


Univers steampunk -3/4-

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Univers steampunk -3/4- - Galerie steampunk: Tiffanie Uldry - la clef d'argent…
Univers steampunk -1/3-

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Univers steampunk -1/3- - Peut-être ne connaissez-vous pas le « steampunk »… ? …
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Univers steampunk -2/3- - Pour parler du steampunk, il faut d'abord parler un peu de ses origines, il trouve ses racines au début des années 80 et est à la base un…

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Les fées, ça n'existe pas ! -1/3-

Publié le par Perceval

Comment « croire » aux fées dans un monde dont le système de référence, rationaliste, ne leur permet pas d'exister ?
 
« Croire », c'est s’écarter de critères qui relèvent de la raison, des sens : voir, toucher, raisonner, expérimenter... tout ce qui appartient à des activités humaines dans un système qui ne tient compte que de ce qui est matériel, humain et dans le cadre de ses connaissances actuelles ...etc.
Dans ce système, beaucoup de choses sont à écarter, en particulier la transcendance, la relation au sacré … et sans doute, la compréhension des mythes, et des contes traditionnels...
 
Au Moyen-âge, les enfants ne sont pas les seuls à « croire » aux fées. « Croire », c'est alors : prendre au sérieux, reconnaître l'influence, la prégnance, d'un ensemble de faits, d'êtres, sur lesquels il n'est pas aisé de mettre des mots pour en partager l'expérience. La convention partagée, est d'en parler au travers d'histoires ( contes, légendes, mythes …).
Dans un univers mental, aujourd'hui entièrement étranger au nôtre, la question posée par ces figures « fantastiques et ambiguës », est moins celle de leur « existence » que celle de leur signification....
Si elles signifient quelque chose, n'est-il pas absurde de nier leur « existence »... ?
Il est d'ailleurs intéressant de constater la place qu'attribue la religion chrétienne, à ces figures païennes … ! Elle ne leur dénie pas une réalité surnaturelle, mais elle modifie leur interprétation. A côté d'un surnaturel orthodoxe ( les miracles, les pièges du démon, …), il existe un surnaturel problématique dont font partie les fées ….
 
Exemple :
A la fin du XIIe s., Marie de France dit recueillir dans ses lais des contes bretons qu'elle fait remonter à un passé mythique.
Dans le lai d'Yonec, une jeune femme a été mariée contre son gré à un vieillard jaloux qui la tient en prison. Un jour de printemps, elle évoque d'antiques croyances selon lesquelles, autrefois, «  les chevaliers trouvaient les femmes de leurs rêves, nobles et belles, et les dames trouvaient des amants, preux et vaillants, sans encourir le moindre blâme, car elles étaient les seules à les voir ». Elle supplie Dieu de lui envoyer un de ces amants merveilleux, et Dieu, compatissant, exauce son vœu. Un grand oiseau vole jusqu'à sa fenêtre et, dans sa chambre, se transforme en un beau chevalier qui sollicite son amour. La dame, d'abord terrorisée, consent à l'aimer, s'il est bon chrétien. Aussitôt dit, aussitôt fait : le chevalier-oiseau se métamorphose pour revêtir l’apparence de la dame et recevoir la communion à sa place : celle-ci, rassurée se donne à lui. On reconnaît ici une version du conte de l'Oiseau bleu. Mais l'originalité du récit de Marie de France réside dans cette réaction de la dame, qui n'est nullement rebutée par la nature animale de son soupirant mais craint par-dessus tout de tomber dans un piège du démon : il suffit au chevalier-oiseau de prouver qu'il est bon chrétien pour vaincre sa réticence.
 
La fée Viviane et Merlin par G Doré
Au Moyen-âge, le surnaturel apparaît :
- Avec Dieu, et son intervention : le miracle...
- Avec la magie, le surnaturel satanique et la sorcellerie...
- Avec ce qui regroupe toutes les « merveilles » : le merveilleux ( de miror = s'étonner ) et ses êtres fantastiques ( fées, lutins, ogres, monstres…) . Cela suscite d'ailleurs une certaine incompréhension, et donc une inquiétude … L'interrogation porte sur l'interprétation de la merveille …. L'interrogation ne porte pas sur la réalité de la merveille, que nul ne met en doute, mais sur son sens : à quel registre de la transcendance relier le phénomène ? Où situer les fées qui n’appartiennent ni à Dieu ni au diable ?
 
ps: L'Oiseau bleu est un conte de fées français en prose de Marie-Catherine d'Aulnoy, publié en 1697 et racontant l'histoire d'amour de la princesse Florine et du roi Charmant, transformé en oiseau bleu. Ce conte est contemporain des contes de Perrault.
 
Sources : Laurence Harf-Lancner, Le Monde des fées dans l’Occident médiéval, Paris, Hachette (« Littératures »), 2003

 

 

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