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The Girl Gibson - Le sexe fort

Publié le par Perceval

The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort

Dans cette scène amusante, Gibson parodie le jeu de ses jolies femmes avec un admirateur. L'une d'elles brandit une épingle à chapeau comme pour fixer sur place un homme miniaturisé à la manière d'un spécimen entomologique. Il se met à genoux, levant les mains dans un geste suppliant pitoyable. La Gibson girl projette une nouvelle affirmation de soi dans ses relations avec les hommes. Pas plus qu'elle ne semble inféodée aux préférences d'un partenaire potentiel.

 

The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort
The Girl Gibson - Le sexe fort

L'histoire est claire dans ce dessin post-Première Guerre mondiale. Un soldat de retour s'effondre par sa déception de voir que la jeune fille qu'il avait laissé en a épousé un autre. Son ami le soutient, les spectateurs lui envoient des regards sympathiques, et même son ancienne fiancée apparaît mélancolique.

The Girl Gibson - Le sexe fort

Dans ce dessin, Gibson représente, dans sa fin de carrière (1920) - un nouvel idéal féminin avec des cheveux coupés au carré. 

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La '' Gibson girl '' et le mariage

Publié le par Perceval

La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariageLa '' Gibson girl '' et le mariage

Gibson, était non seulement doué pour représenter des femmes idéalisées par leur beauté et leur charme, également il a dépeint une représentation de la femme comme une figure dominante dans les rituels de la cour et du mariage. 

La 'Gibson girl ' affiche son indépendance et l'affirmation de soi dans des scènes où les prétendants ont beaucoup moins de charme. 

La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage
La '' Gibson girl '' et le mariage

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La '' Gibson girl '', et ses prétendants.

Publié le par Perceval

La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.

Vers 1887, Charles Dana Gibson (1867 -1944 ) représente l'idéal de la beauté américaine. Evelyn-Nesbitt-EternalQuestion.gifElle est principalement représentée au crayon ou à l'encre de Chine, et on lui donne le nom de « Gibson Girl » 

La Gibson Girl est grande, mince mais avec de la poitrine, des hanches. Elle porte un corset qui souligne ses courbes en forme de « S ». Elle a les traits fin et elle est belle.

 

La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
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La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.
La '' Gibson girl '', et ses prétendants.

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Saul Leiter - photographe '' In my room ''

Publié le par Perceval

Saul Leiter, Self-Portrait with Inez, c. 1947

Saul Leiter, Self-Portrait with Inez, c. 1947

Saul Leiter est né à Pittsburgh en 1923.

Saul Leiter est surtout connu pour ses photographies de rue des années 1940... En 1946, Saul Leiter est venu à New York pour devenir peintre. Peu après son arrivée, il a été happé par la photographie grâce à une connaissance, l’expressionniste abstrait Richard Pousette-Dart... A cette époque, la photographie n’était pas encore acceptée comme technique artistique. Elle était considérée comme superficielle...

Ses sujets favoris sont des miroirs, des ombres, des reflets dans des vitres et des silhouettes. Les individus dans ses images sont souvent en flou artistique, seulement partiellement présents ou presque complètement absents.

Il a gagné sa vie avec la mode en noir et blanc étalée dans des magazines tels que Harper’s Bazaar et Vogue.

Pendant plus de soixante ans, Saul Leiter a peint et pris des photographies : il casse les perspectives, comprime l'espace...

comme une pratique en duo et il a redéfini les caractéristiques de la photographie de rue due a sa grammaire visuelle distincte : des perspectives éloignées du centre, des dynamiques spatiales comprimées, l’aperçu pour briser le cadre de manière abstraite, imprévisible, et un rythme asymétrique.

''In my room '' reprend des photos de nus à travers des photographies intimes de femmes que Leiter connaissait... Ce sont des espaces intérieurs profondément personnels, souvent éclairés par la lumière naturelle luxuriante de l'atelier de l'artiste dans l' East Village de New York City...

Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''
Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''Saul Leiter - photographe '' In my room ''

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Rilke et Baladine Klossowski

Publié le par Perceval

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Elisabeth Dorothea Klossowski (1886-1969), née Spiro, est plus connue sous le nom de '' Baladine ''.

Devenue la muse de Rilke (1875-1926), il la nommera '' Merline ''. Elle est peintre, épouse du peintre et historien d’art, Erich Klossowski de Rola. De cette union, elle a eu, écrit-elle au poète, « deux ravissants fils », Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus (1908-2001), et de Pierre Klossowski (1905-2001).

Elle est aussi la sœur du peintre Eugen Spiro.

 

Le 11 juin 1919. Rilke, venant de Munich, arrive à Genève, descendant comme toujours à l’Hôtel des Bergues, il y revoit une jeune femme qu’il a rencontrée à Paris vers 1906-1907 : Baladine Klossowski, avec son mari Erich... échangerait bientôt avec lui une abondante correspondance.

Le 3 septembre 1920, toujours à l’Hôtel des Bergues, a lieu, au soir, la première rencontre amoureuse... Merline est venue chercher Rilke à la gare. Il a prévu de rester vingt-quatre heures. Il demeure huit jours.

Rilke sort d'une sévère dépression liée à la guerre et qui l'a empêché d'écrire pendant plusieurs années. Baladine Klossowska (Merline) a onze ans de moins que lui, ils deviennent amants.

(...)

« On devrait l'un dans l'autre pouvoir se coucher
tels des pistils entre les étamines,
tant tout, partout, - monde démesuré, -
grandit, tournoie, nous agglutine.

Mais tandis que l'un contre l'autre nous nous serrons
pour ne pas voir ce qui dehors nous guettes,
en toi, peut être en moi, la menace s’apprête,
car nos âmes vivent de trahison. » (…) Rilke.

Baladine ici avec Mainer Maria Rilke en 1923 ->

Pendant 6 ans Baladine est le grand amour de Maria Rilke et l'inverse, même si l'irruption de cet amour dérange les plans de solitude de Rilke à ce moment-là... Cette liaison va durer jusqu'à la mort de Rainer Maria Rilke en 1926. Ensemble, ils s'installent à Muzot au-dessus de Sierre dans une vieille tour médiévale qui leur semble pouvoir les accueillir...

Il prit à cœur de s’intéresser de près à la vie scolaire et aux dons précoces des deux fils de Baladine, fondant ainsi des bases de confiance pour la carrière d’écrivain de Pierre… et le destin de peintre du jeune Balthus. Mais la situation matérielle de la famille est difficile: les enfants retournent en Allemagne et Rilke entreprend des démarches auprès de connaissances pour tenter de les aider, ce qui a pour conséquence de ramener ensuite les enfants à Paris.

 

 

"Quand Rilke venait chez moi, nous étions quatre enfants heureux" (Baladine Klossowska)Baladine Klossowska (Merline)  La Contemplation intérieure (Rilke dormant sur un petit sofa à Muzot)

La demeure parisienne de Baladine Klossowska d’abord rue Férou, puis 11 rue Malebranche, est un salon littéraire où l’on parle indifféremment français, italien, espagnol et allemand. S’y rencontrent Rilke et Valéry, Verhaeren et Julius Meier-Graefe, Charles Du Bos et Wilhelm Uhde, Gide et Ortega y Gasset, les Maritain et le jeune Pierre Leyris…

« La personne de Baladine a un caractère provocant. Si l’on a remarqué certains mouvements que son grand corps peut faire, on n'arrive plus à en détacher son regard. Un qualificatif assez juste serait « oiseau féminin ». Des jambes hautes et fortes agréables à voir, un pied cambré, hanches et poitrine présentes, mais la taille douce […] ; le visage large et charmeur d'un chat, les minces lèvres passées au rouge, le regard cendré. Quant à ses cheveux ils sont aussi provocants, un peu sombres, sensuels. »

Pierre Jean Jouve, Le Monde désert [1927], Œuvre, II, Mercure de France, 1987, page 250.

 

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Reading is sexy - 6 -

Publié le par Perceval

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Marthe de Méligny et Pierre Bonnard.

Publié le par Perceval

Marthe de Méligny et Pierre Bonnard.

Pierre Bonnard ( 1867-1947) peintre 'postimpressionniste' membre du groupe des 'nabis', a rencontré aux 'Beaux-Arts' de Paris :  Édouard Vuillard, de qui il se rapproche, et découvre les peintures de Paul Gauguin, Edgar Degas, Claude Monet et Paul Cézanne.

Bonnard sera aussi avocat, carrière qu'il va abandonner en 1891 : année où il expose pour la première fois au Salon des Indépendants...

Pierre Bonnard est un peintre de la couleur, de la lumière. C'est une couleur rêvée, imaginaire, faite de nuances, de passages... Sans violence, à la différence des 'fauves'. De la couleur, et sans dessin. Le dessin sert juste à mettre en place ses idées ; tout est dans la coloration...

* En 1893, il rencontre Marthe de Meligny ( 1869-1942). Elle deviendra son modèle puis son épouse, le 15 août 1925.  Le 9 septembre 1925, Renée Monchaty, qui avait servi de modèle à des tableaux comme La Cheminée, et avec qui il avait une liaison depuis une dizaine d'années, se donnait la mort. Tyrannique, Marthe obligera Bonnard à détruire toutes les toiles qui auraient pu lui rappeler son ancienne maîtresse.

Pierre Bonnard fait la connaissance de Marthe, alors âgée de 24 ans, elle devient son modèle favori ; il vient de l'aborder dans les rues de Paris en ce jour d'hiver 1893. « Je m'appelle Marthe de Méligny, je travaille dans les fleurs. Je suis orpheline. [...] J'ai 16 ans. Et vous? ». Il a 26 ans...

En 1925, après trente ans de vie commune, Pierre Bonnard et Marthe se marient le 13 août.

Marthe de Méligny se disait descendre d'une vieille lignée italienne. Mais, Bonnard s'aperçoit alors qu'elle s'appelle Maria Boursin et qu'elle est la fille d'un charpentier de Bourges.

Il s'en moque.. Elle jure qu'elle est orpheline et seule au monde. Ce qui, à la recherche de succession, s’avérera faux …

Ce couple sans enfant vit une relation complexe, s'y ajoutent les maladies de Marthe - langueur, sa dépression, son asthme - et sa misanthropie de plus en plus marquée au fil du temps, jusqu'à écarter les amis, Vuillard, Matisse, Signac...  

L'oeuvre de Bonnard est habitée de la présence de Marthe : une silhouette à l’arrière-plan, un corps nu dans la baignoire, un visage à la fenêtre…

Le peintre est un adepte du Kodak portatif : clichés  en noir et blanc, ils fixent l’instant. Toutes les photos ont été prises entre 1889 et 1901 par Pierre Bonnard

Les formes se mélangent et se chevauchent dans un dense tissage de couleurs ; la lumière qui traverse la fenêtre se distille dans les reflets de l’eau, du carrelage et de la peau mouillée de Marthe, créant une confusion étrange entre le monde extérieur et l’intérieur de la salle de bain. Noyée parmi les éclats de couleurs chaudes et froides, la chair du modèle paraît presque se dissoudre dans la peinture. « La forme des jambes dans la baignoire crée une silhouette énigmatique, à la fois très éthérée et assez évocatrice. C’est l’un des chefs-d’œuvre de Bonnard. Il introduit quelque chose d’ambigu, de l’ordre du rêve et de l’érotisme, dans un sujet d’une très grande banalité que personne, je crois, n’avait vraiment peint jusque-là. En tout cas pas de manière aussi féerique. » Fabrice Hergott, directeur du musée d’Art moderne de Paris.

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La Femme selon Julio Romero de Torres

Publié le par Perceval

Julio Romero de Torres est né à Cordoue en Espagne, le 9 Novembre 1874, et il est mort à Cordoue, le 10 mai 1930. Julio Romero de Torres (Spanish, 1874-1930), Self-portrait, 1898Il est le fils d'un artiste et enseignant bien andalous bien connu : Rafael Romero Barros, directeur du Musée des Beaux-Arts de Cordoue.

A droite: Julio Romero de Torres (Espagnol, 1874-1930), Self-portrait, 1898

Avec son père comme seul maître, il commence à peindre très jeune. En 1907 , il participe avec les peintres les plus renommés de l'époque à ce qui est appelé, l'Exposition indépendante au Cercle des Beaux - Arts. Peu de temps après, à Madrid, il remporte une première médaille avec sa toile, Musa Gitana. Il reçoit un Prix analogue au Salon de Barcelone de 1911, et deux ans plus tard à l'internationale de Munich. 


On dit qu'il est le peintre de l'âme de l'Andalousie, à travers la figure féminine. Chacune de ses toiles est comme un ''couplet populaire'' ou comme un ballet romantique avec des sentiments tragiques façon ''cordoba'' idéalisée …

La jeune femme brune au regard profond et sensuel, est l’héroïne de la plupart des peintures de Romero de Torres. Ici, il reprend la pose de la ''Rokeby Venus'' peinte par Velazquez...

Que représentent ces quatre vieilles femmes.. ?

Le peintre de Cordou a scandalisé la société de son temps avec la représentation de femmes nues troublantes... La femme andalouse devient dans ses peintures un symbole érotique dans lequel le caractère, la force et la volupté sont combinés. Tout cela s'ajoute dans des compositions où il mêle, l'utilisation de symboles et d'allégories , et d'une étrange lumière... 

Souvent la femme regarde directement le spectateur, ce qui ajoute à sa beauté, une certaine tension érotique...

Julio Romero de Torres est un post-romantique, sans aucun doute, ce genre rassemble des écrivains et des artistes qui se rebellent contre les modes de vie de la bourgeoisie, dans un esprit de liberté.

 

La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres

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Lettres d'amour :Diderot – Sophie Volland -1/2-

Publié le par Perceval

Denis Diderot (1713-1784)

Denis Diderot (1713-1784)

Denis Diderot  a entretenu pendant plus de vingt ans une relation épistolaire avec Sophie Volland (1725-1784). Cette femme, issue d’un milieu de financiers et de fermiers généraux, était très cultivée et pouvait jouer le rôle de confidente. Mais ses réponses ne nous sont pas parvenues et nous ne possédons aucun portrait d’elle.

Alors, il faut ''imaginer'' la réalité : Ils se rencontrent au Palais-Royal, sur le banc d’Argenson, c'est ce que l'on dit … Ou, dans un salon parisien. Par le biais de familles interposées, Diderot s'est fait inviter chez une dame qui a 3 filles : les Volland. L’aînée et la cadette sont mariées, seule celle du milieu est célibataire : c’est Sophie. Mademoiselle Volland est célibataire, elle a 38 ans, elle appartient à une famille de fermiers Généraux.

Diderot, alors est marié, il a 41 ans, il travaille à l’Encyclopédie. Il a épousé une jeune femme sans argent. Né à Langres dans une famille de la bourgeoisie, il vient à Paris en 1728, tonsuré et portant le titre et l’habit d’abbé pour poursuivre ses études religieuses. Il se marie en 1743 avec Marie-Antoinette Champion malgré la farouche opposition de son père... Il lui sera toujours fidèle et infidèle, c’est à dire qu’il eut de nombreuses maîtresses, mais il ne l’abandonna jamais. De leurs quatre enfants, seule Marie-Angélique atteindra l’âge adulte.

Sophie Volland est cultivée, curieuse, elle est de constitution frêle, porte des lunettes. Très curieuse de tout, au courant des écrits des philosophes comme de ceux des scientifiques, son intelligence vive, son jugement pertinent en firent la correspondante privilégiée de Diderot pendant 14 ans. Diderot conservait son portrait réalisé par la peintre Anne Vallayer-Coster, enchâssé dans la couverture d'un livre, qui malheureusement n'a jamais été retrouvé.

C’est une relation intellectuelle qui naît dans un premier temps. Sophie ''est'' dans un célibat, elle tient un salon austère. Elle passe son temps à s’échapper dans des livres de philosophie, Montaigne est son auteur préféré. Diderot constate que cette femme est unique en son genre. Elle se tient au courant de toute la vie intellectuelle.

Et des rendez-vous vont s’organiser... Diderot, de son côté à des ennuis sans nombre : il est victime de la censure, de la police, il est pourchassé et réprouvé.

Ils vont avoir des conventions ( ruse amoureuse ) : ils se rencontreront sur le banc d’Argenson à Paris. L’allée de Foix est cette allée qui figure dans Le neveu de Rameau : c’est cette allée où circulent les courtisanes. Ce serait la raison pour laquelle Diderot aurait dit dans Le Neveu de Rameau qu’il suit ses idées sans ordre, de même qu’on suit ses courtisanes sans ordre ; il dit même cette belle phrase : « Mes pensées sont des catins ».

Ils se rencontrent aussi au théâtre, Diderot achète un billet bon marché, Sophie Volland se rend dans une loge louée à l’année. Ils échangent alors des regards langoureux. Ils fusionnent sur les grands succès de Voltaire.

Ils se sont donc rencontrés en 1755, mais nous n’avons des lettres qu’à partir de 1759 ! Parce que Sophie s'auto-censure, elle aurait détruit les 1ères lettres. En 1759, ils s’écrivent deux fois par semaine : tous les jeudis et les dimanches ; jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais, Sophie n’est pas toujours à Paris....

Madame Volland a une propriété vers Vitry-François, au bord de la Marne. Elle doit gérer ce domaine elle-même. C’est en Champagne, et elle a l’appât du gain. Elle a un homme de confiance et tous les étés, elle quitte Paris début juillet et elle ne rentre à Paris qu’à la Saint-Martin avec Sophie. Sophie doit accompagner sa mère au château, et le château est très humide. Il est agréable l’été, mais elle tient Sophie au château jusqu’au 15-20 décembre ! Alors même que le château devient invivable.


Lettres de Diderot

Paris, le 10 juillet 1759.

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ? Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

… juillet 1759.

Je ne saurais m’en aller d’ici sans vous dire un petit mot. Hé bien ! mon amie, vous comptez donc beaucoup sur moi ! votre bonheur, votre vie sont donc liés à la durée de ma tendresse ! ne craignez rien, ma Sophie, elle durera, et vous vivrez et vous vivrez heureuse. Je n’ai point encore commis le crime, et je ne commencerai point à le commettre : je suis tout pour vous, vous êtes tout pour moi ; nous supporterons ensemble les peines qu’il plaira au sort de nous envoyer ; vous allégerez les miennes, j’allégerai les vôtres. Puissé-je vous voir toujours telle que vous êtes depuis quelques mois ! pour moi, vous serez forcée de convenir que je suis comme au premier jour : ce n’est pas un mérite que j’aie, c’est une justice que je vous rends. L’effet des qualités réelles, c’est de se faire sentir plus vivement de jour en jour. Reposez-vous de ma constance sur les vôtres et sur le discernement que j’en ai. Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne. N’est-il pas vrai, ma Sophie, que vous êtes bien aimable ? Regardez au dedans de vous-même ; voyez-vous bien ? voyez combien vous êtes digne d’être aimée, et connaissez combien je vous aime. C’est là qu’est la mesure invariable de mes sentiments.

Bonsoir, ma Sophie, je m’en vais plein de joie, la plus douce et la plus pure qu’un homme puisse ressentir. Je suis aimé, et je le suis de la plus digne des femmes. »

 

Le 1er novembre 1759.

J’ai vu toute la sagesse des nations, et j’ai pensé qu’elle ne valait pas la douce folie que m’inspirait mon amie. J’ai entendu leurs discours sublimes, et j’ai pensé qu’une parole de la bouche de mon amie porterait dans mon âme une émotion qu’ils ne me donnaient pas. Ils me peignaient la vertu, et leurs images m’échauffaient ; mais j’aurais encore mieux aimé voir mon amie, la regarder en silence, et verser une larme que sa main aurait essuyée ou que ses lèvres auraient recueillie. Ils cherchaient à me décrier la volupté et son ivresse, parce qu’elle est passagère et trompeuse ; et je brûlais de la trouver entre les bras de mon amie, parce qu’elle s’y renouvelle quand il lui plaît, et que son cœur est droit, et que ses caresses sont vraies. Ils me disaient : Tu vieilliras ; et je répondais en moi-même : Ses ans passeront avec les miens. Vous mourrez tous deux ; et j’ajoutais : Si mon amie meure avant moi, je la pleurerai, et serai heureux la pleurant. Elle fait mon bonheur aujourd’hui ; demain elle fera mon bonheur, et après-demain, et après-demain encore, et toujours, parce qu’elle ne changera point, parce que les dieux lui ont donné le bon esprit, la droiture, la sensibilité, la franchise, la vertu, la vérité qui ne change point. Et je fermai l’oreille aux conseils austères des philosophes ; et je fis bien, n’est-ce pas, ma Sophie ?

Au Grandval, le 18 octobre 1760.

Nous recevrons, vous mes lettres, moi les vôtres, deux à deux ; c’est une affaire arrangée. Combien d’autres plaisirs qui s’accroissent par l’impatience et le délai ! Éloigner nos jouissances, souvent c’est nous servir ; faire attendre le bonheur, c’est ménager à son ami une perspective agréable ; c’est en user avec lui comme l’économe fidèle qui placerait à un haut intérêt le dépôt oisif qu’on lui aurait confié. Voilà des maximes qui ne déplairont pas à votre sœur. J’en ai entendu de plus folles encore. Il y en a qui disent qu’on ne s’ennuie presque jamais d’espérer, et qu’il est rare qu’on ne s’ennuie pas d’avoir. Je réponds, moi, qu’on espère toujours avec quelque peine, et qu’on ne jouit jamais sans quelque plaisir. Et puis la vie s’échappe, la sagacité des hommes a donné au temps une voix qui les avertit de sa fuite sourde et légère. Mais à quoi bon l’heure sonne-t-elle, si ce n’est jamais l’heure du plaisir ? Venez, mon amie ; venez que je vous embrasse, venez et que tous vos instants et tous les miens soient marqués par notre tendresse ; que votre pendule et la mienne battent toujours la minute où je vous aime et que la longue nuit qui nous attend soit au moins précédée de quelques beaux jours.

 

21 juillet 1765.

Dépêchez-vous, faites-moi préparer une niche grande comme la main, proche de vous, où je me réfugie loin de tous ces chagrins qui viennent m’assaillir. Il ne peut y avoir de bonheur pour un homme simple comme moi au milieu de huit cent mille âmes. Que je vive obscur, ignoré, oublié, proche de celle que j’aime, jamais je ne lui causerai la moindre peine, et près d’elle le chagrin n’osera pas approcher de moi. Est-il prêt, ce petit asile ? Venez le partager ! Nous nous verrons le matin ; j’irai, tout en m’éveillant, savoir comment vous avez passé la nuit ; nous causerons ; nous nous séparerons pour brûler de nous rejoindre ; nous dînerons ensemble ; nous nous promènerons au loin, jusqu’à ce que nous ayons rencontré un endroit dérobé où personne ne nous aperçoive. Là nous nous dirons que nous nous aimons, et nous nous aimerons ; nous rapporterons sur des fauteuils la douce et légère fatigue des plaisirs et nous passerons un siècle pareil sans que notre attente soit jamais trompée. Le beau rêve !

( A suivre )

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima à Zurich -2/2-

Publié le par Perceval

Hans Bülow et Cosima descendent d'abord à l'hôtel. Mais leur séjour débute avec des problèmes : Bülow, est pris d'une fièvre rhumatismale et doit garder la chambre. Lorsque son état se rétablit, deux jours plus tard, les époux Bülow se rendent chez Wagner... Hans est en admiration devant Wagner...

Cosima a rencontré Richard Wagner pour la première fois à Paris en 1853, c'était encore une adolescente. Des années plus tard, elle rencontre un homme dont le charisme l'enchante et l'effraie à la fois. Wagner, grand séducteur, aborde ses interlocuteurs d'une manière vive et directe, et fait preuve d'une séduisante brutalité ...

Minna ne sait encore rien de la liaison de son époux avec la femme de son financier. L'atmosphère , dans « l'asile » de Wagner, entouré de Minna, Mathilde et Cosima est électrique … Un soir, alors que Wagner lit son livret de Tristan, Cosima fond en larmes... !

Fin septembre 1857, les Bülow prennent congé de « l'asile »... Cosima,dans ses lettres, s'amuse de cet étrange ménage à trois formé par Wagner, Minna et Mathilde... Elle se moque de « la face de citron » qu'affichait Minna en présence de la « belle Mathilde ».

En septembre 1857, Minna se plaint des façons de la « jeune Mme Wesendonck », si méprisante, si hautaine, jusqu'à refuser toutes les invitations ; puis devant les excuses de la jeune femme elle se réconcilient … Pas pour longtemps … En cause, les commérages des domestiques et des voisins qui l'incitent à surveiller son mari. Elle intercepte une lettre ( un rouleau qui contient le prologue de Tristan et une lettre enflammée), une lettre passionnée de Wagner à Mathilde Wesendonck (1858)

Minna s'éloigne pour une suivre une cure médicale. Wagner voyage à Venise. Il finit ''Tristan und Isolde''. Voyage à Paris et Minna le rejoint.

 

Richard Wagner va revoir Cosima en 1863, à Berlin, mère de deux filles... Le 28 novembre 1863, au moment où Richard quitte Berlin, Cosima et lui, après s’être longuement promenés tous les deux dans la ville, « prirent, avec des larmes et des sanglots, l’engagement de s’appartenir l’un à l’autre ».

 

 

 

 

L’année suivante, au milieu des pires difficultés morales et matérielles, Wagner est sauvé par l’intervention du roi Louis II de Bavière, qui l’appele à Munich... Un des premiers gestes de Richard est d’inviter le ménage Bülow à venir le rejoindre, et Hans est nominé pianiste de la Cour et chef d’orchestre. Assez rapidement, semble-t-il, Cosima devient la maîtresse de Wagner. En tout cas, le 10 avril 1865, elle met au monde une fille, qu’elle nomma Isolde...

En 1868, c'est officiel, et fait la une du ''People Zeitung'' Cosima s’enfuit du domicile conjugal pour retrouver son amant, Wagner et emporte avec elle les quatre filles du couple (dont les deux dernières sont en fait celles de son amant). Bülow refusera toujours de laisser ces dernières prendre le nom de Wagner. Le divorce entre Hans et Cosima est prononcé en 1870.

 

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

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