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Rilke et Baladine Klossowski

Publié le par Perceval

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Baladine Klossowska (1901). by Eugen Spiro (German,1874- 1972).

Elisabeth Dorothea Klossowski (1886-1969), née Spiro, est plus connue sous le nom de '' Baladine ''.

Devenue la muse de Rilke (1875-1926), il la nommera '' Merline ''. Elle est peintre, épouse du peintre et historien d’art, Erich Klossowski de Rola. De cette union, elle a eu, écrit-elle au poète, « deux ravissants fils », Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus (1908-2001), et de Pierre Klossowski (1905-2001).

Elle est aussi la sœur du peintre Eugen Spiro.

 

Le 11 juin 1919. Rilke, venant de Munich, arrive à Genève, descendant comme toujours à l’Hôtel des Bergues, il y revoit une jeune femme qu’il a rencontrée à Paris vers 1906-1907 : Baladine Klossowski, avec son mari Erich... échangerait bientôt avec lui une abondante correspondance.

Le 3 septembre 1920, toujours à l’Hôtel des Bergues, a lieu, au soir, la première rencontre amoureuse... Merline est venue chercher Rilke à la gare. Il a prévu de rester vingt-quatre heures. Il demeure huit jours.

Rilke sort d'une sévère dépression liée à la guerre et qui l'a empêché d'écrire pendant plusieurs années. Baladine Klossowska (Merline) a onze ans de moins que lui, ils deviennent amants.

(...)

« On devrait l'un dans l'autre pouvoir se coucher
tels des pistils entre les étamines,
tant tout, partout, - monde démesuré, -
grandit, tournoie, nous agglutine.

Mais tandis que l'un contre l'autre nous nous serrons
pour ne pas voir ce qui dehors nous guettes,
en toi, peut être en moi, la menace s’apprête,
car nos âmes vivent de trahison. » (…) Rilke.

Baladine ici avec Mainer Maria Rilke en 1923 ->

Pendant 6 ans Baladine est le grand amour de Maria Rilke et l'inverse, même si l'irruption de cet amour dérange les plans de solitude de Rilke à ce moment-là... Cette liaison va durer jusqu'à la mort de Rainer Maria Rilke en 1926. Ensemble, ils s'installent à Muzot au-dessus de Sierre dans une vieille tour médiévale qui leur semble pouvoir les accueillir...

Il prit à cœur de s’intéresser de près à la vie scolaire et aux dons précoces des deux fils de Baladine, fondant ainsi des bases de confiance pour la carrière d’écrivain de Pierre… et le destin de peintre du jeune Balthus. Mais la situation matérielle de la famille est difficile: les enfants retournent en Allemagne et Rilke entreprend des démarches auprès de connaissances pour tenter de les aider, ce qui a pour conséquence de ramener ensuite les enfants à Paris.

 

 

"Quand Rilke venait chez moi, nous étions quatre enfants heureux" (Baladine Klossowska)Baladine Klossowska (Merline)  La Contemplation intérieure (Rilke dormant sur un petit sofa à Muzot)

La demeure parisienne de Baladine Klossowska d’abord rue Férou, puis 11 rue Malebranche, est un salon littéraire où l’on parle indifféremment français, italien, espagnol et allemand. S’y rencontrent Rilke et Valéry, Verhaeren et Julius Meier-Graefe, Charles Du Bos et Wilhelm Uhde, Gide et Ortega y Gasset, les Maritain et le jeune Pierre Leyris…

« La personne de Baladine a un caractère provocant. Si l’on a remarqué certains mouvements que son grand corps peut faire, on n'arrive plus à en détacher son regard. Un qualificatif assez juste serait « oiseau féminin ». Des jambes hautes et fortes agréables à voir, un pied cambré, hanches et poitrine présentes, mais la taille douce […] ; le visage large et charmeur d'un chat, les minces lèvres passées au rouge, le regard cendré. Quant à ses cheveux ils sont aussi provocants, un peu sombres, sensuels. »

Pierre Jean Jouve, Le Monde désert [1927], Œuvre, II, Mercure de France, 1987, page 250.

 

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Reading is sexy - 6 -

Publié le par Perceval

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Marthe de Méligny et Pierre Bonnard.

Publié le par Perceval

Marthe de Méligny et Pierre Bonnard.

Pierre Bonnard ( 1867-1947) peintre 'postimpressionniste' membre du groupe des 'nabis', a rencontré aux 'Beaux-Arts' de Paris :  Édouard Vuillard, de qui il se rapproche, et découvre les peintures de Paul Gauguin, Edgar Degas, Claude Monet et Paul Cézanne.

Bonnard sera aussi avocat, carrière qu'il va abandonner en 1891 : année où il expose pour la première fois au Salon des Indépendants...

Pierre Bonnard est un peintre de la couleur, de la lumière. C'est une couleur rêvée, imaginaire, faite de nuances, de passages... Sans violence, à la différence des 'fauves'. De la couleur, et sans dessin. Le dessin sert juste à mettre en place ses idées ; tout est dans la coloration...

* En 1893, il rencontre Marthe de Meligny ( 1869-1942). Elle deviendra son modèle puis son épouse, le 15 août 1925.  Le 9 septembre 1925, Renée Monchaty, qui avait servi de modèle à des tableaux comme La Cheminée, et avec qui il avait une liaison depuis une dizaine d'années, se donnait la mort. Tyrannique, Marthe obligera Bonnard à détruire toutes les toiles qui auraient pu lui rappeler son ancienne maîtresse.

Pierre Bonnard fait la connaissance de Marthe, alors âgée de 24 ans, elle devient son modèle favori ; il vient de l'aborder dans les rues de Paris en ce jour d'hiver 1893. « Je m'appelle Marthe de Méligny, je travaille dans les fleurs. Je suis orpheline. [...] J'ai 16 ans. Et vous? ». Il a 26 ans...

En 1925, après trente ans de vie commune, Pierre Bonnard et Marthe se marient le 13 août.

Marthe de Méligny se disait descendre d'une vieille lignée italienne. Mais, Bonnard s'aperçoit alors qu'elle s'appelle Maria Boursin et qu'elle est la fille d'un charpentier de Bourges.

Il s'en moque.. Elle jure qu'elle est orpheline et seule au monde. Ce qui, à la recherche de succession, s’avérera faux …

Ce couple sans enfant vit une relation complexe, s'y ajoutent les maladies de Marthe - langueur, sa dépression, son asthme - et sa misanthropie de plus en plus marquée au fil du temps, jusqu'à écarter les amis, Vuillard, Matisse, Signac...  

L'oeuvre de Bonnard est habitée de la présence de Marthe : une silhouette à l’arrière-plan, un corps nu dans la baignoire, un visage à la fenêtre…

Le peintre est un adepte du Kodak portatif : clichés  en noir et blanc, ils fixent l’instant. Toutes les photos ont été prises entre 1889 et 1901 par Pierre Bonnard

Les formes se mélangent et se chevauchent dans un dense tissage de couleurs ; la lumière qui traverse la fenêtre se distille dans les reflets de l’eau, du carrelage et de la peau mouillée de Marthe, créant une confusion étrange entre le monde extérieur et l’intérieur de la salle de bain. Noyée parmi les éclats de couleurs chaudes et froides, la chair du modèle paraît presque se dissoudre dans la peinture. « La forme des jambes dans la baignoire crée une silhouette énigmatique, à la fois très éthérée et assez évocatrice. C’est l’un des chefs-d’œuvre de Bonnard. Il introduit quelque chose d’ambigu, de l’ordre du rêve et de l’érotisme, dans un sujet d’une très grande banalité que personne, je crois, n’avait vraiment peint jusque-là. En tout cas pas de manière aussi féerique. » Fabrice Hergott, directeur du musée d’Art moderne de Paris.

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La Femme selon Julio Romero de Torres

Publié le par Perceval

Julio Romero de Torres est né à Cordoue en Espagne, le 9 Novembre 1874, et il est mort à Cordoue, le 10 mai 1930. Julio Romero de Torres (Spanish, 1874-1930), Self-portrait, 1898Il est le fils d'un artiste et enseignant bien andalous bien connu : Rafael Romero Barros, directeur du Musée des Beaux-Arts de Cordoue.

A droite: Julio Romero de Torres (Espagnol, 1874-1930), Self-portrait, 1898

Avec son père comme seul maître, il commence à peindre très jeune. En 1907 , il participe avec les peintres les plus renommés de l'époque à ce qui est appelé, l'Exposition indépendante au Cercle des Beaux - Arts. Peu de temps après, à Madrid, il remporte une première médaille avec sa toile, Musa Gitana. Il reçoit un Prix analogue au Salon de Barcelone de 1911, et deux ans plus tard à l'internationale de Munich. 


On dit qu'il est le peintre de l'âme de l'Andalousie, à travers la figure féminine. Chacune de ses toiles est comme un ''couplet populaire'' ou comme un ballet romantique avec des sentiments tragiques façon ''cordoba'' idéalisée …

La jeune femme brune au regard profond et sensuel, est l’héroïne de la plupart des peintures de Romero de Torres. Ici, il reprend la pose de la ''Rokeby Venus'' peinte par Velazquez...

Que représentent ces quatre vieilles femmes.. ?

Le peintre de Cordou a scandalisé la société de son temps avec la représentation de femmes nues troublantes... La femme andalouse devient dans ses peintures un symbole érotique dans lequel le caractère, la force et la volupté sont combinés. Tout cela s'ajoute dans des compositions où il mêle, l'utilisation de symboles et d'allégories , et d'une étrange lumière... 

Souvent la femme regarde directement le spectateur, ce qui ajoute à sa beauté, une certaine tension érotique...

Julio Romero de Torres est un post-romantique, sans aucun doute, ce genre rassemble des écrivains et des artistes qui se rebellent contre les modes de vie de la bourgeoisie, dans un esprit de liberté.

 

La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres
La Femme selon Julio Romero de Torres

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Lettres d'amour :Diderot – Sophie Volland -1/2-

Publié le par Perceval

Denis Diderot (1713-1784)

Denis Diderot (1713-1784)

Denis Diderot  a entretenu pendant plus de vingt ans une relation épistolaire avec Sophie Volland (1725-1784). Cette femme, issue d’un milieu de financiers et de fermiers généraux, était très cultivée et pouvait jouer le rôle de confidente. Mais ses réponses ne nous sont pas parvenues et nous ne possédons aucun portrait d’elle.

Alors, il faut ''imaginer'' la réalité : Ils se rencontrent au Palais-Royal, sur le banc d’Argenson, c'est ce que l'on dit … Ou, dans un salon parisien. Par le biais de familles interposées, Diderot s'est fait inviter chez une dame qui a 3 filles : les Volland. L’aînée et la cadette sont mariées, seule celle du milieu est célibataire : c’est Sophie. Mademoiselle Volland est célibataire, elle a 38 ans, elle appartient à une famille de fermiers Généraux.

Diderot, alors est marié, il a 41 ans, il travaille à l’Encyclopédie. Il a épousé une jeune femme sans argent. Né à Langres dans une famille de la bourgeoisie, il vient à Paris en 1728, tonsuré et portant le titre et l’habit d’abbé pour poursuivre ses études religieuses. Il se marie en 1743 avec Marie-Antoinette Champion malgré la farouche opposition de son père... Il lui sera toujours fidèle et infidèle, c’est à dire qu’il eut de nombreuses maîtresses, mais il ne l’abandonna jamais. De leurs quatre enfants, seule Marie-Angélique atteindra l’âge adulte.

Sophie Volland est cultivée, curieuse, elle est de constitution frêle, porte des lunettes. Très curieuse de tout, au courant des écrits des philosophes comme de ceux des scientifiques, son intelligence vive, son jugement pertinent en firent la correspondante privilégiée de Diderot pendant 14 ans. Diderot conservait son portrait réalisé par la peintre Anne Vallayer-Coster, enchâssé dans la couverture d'un livre, qui malheureusement n'a jamais été retrouvé.

C’est une relation intellectuelle qui naît dans un premier temps. Sophie ''est'' dans un célibat, elle tient un salon austère. Elle passe son temps à s’échapper dans des livres de philosophie, Montaigne est son auteur préféré. Diderot constate que cette femme est unique en son genre. Elle se tient au courant de toute la vie intellectuelle.

Et des rendez-vous vont s’organiser... Diderot, de son côté à des ennuis sans nombre : il est victime de la censure, de la police, il est pourchassé et réprouvé.

Ils vont avoir des conventions ( ruse amoureuse ) : ils se rencontreront sur le banc d’Argenson à Paris. L’allée de Foix est cette allée qui figure dans Le neveu de Rameau : c’est cette allée où circulent les courtisanes. Ce serait la raison pour laquelle Diderot aurait dit dans Le Neveu de Rameau qu’il suit ses idées sans ordre, de même qu’on suit ses courtisanes sans ordre ; il dit même cette belle phrase : « Mes pensées sont des catins ».

Ils se rencontrent aussi au théâtre, Diderot achète un billet bon marché, Sophie Volland se rend dans une loge louée à l’année. Ils échangent alors des regards langoureux. Ils fusionnent sur les grands succès de Voltaire.

Ils se sont donc rencontrés en 1755, mais nous n’avons des lettres qu’à partir de 1759 ! Parce que Sophie s'auto-censure, elle aurait détruit les 1ères lettres. En 1759, ils s’écrivent deux fois par semaine : tous les jeudis et les dimanches ; jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais, Sophie n’est pas toujours à Paris....

Madame Volland a une propriété vers Vitry-François, au bord de la Marne. Elle doit gérer ce domaine elle-même. C’est en Champagne, et elle a l’appât du gain. Elle a un homme de confiance et tous les étés, elle quitte Paris début juillet et elle ne rentre à Paris qu’à la Saint-Martin avec Sophie. Sophie doit accompagner sa mère au château, et le château est très humide. Il est agréable l’été, mais elle tient Sophie au château jusqu’au 15-20 décembre ! Alors même que le château devient invivable.


Lettres de Diderot

Paris, le 10 juillet 1759.

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ? Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

… juillet 1759.

Je ne saurais m’en aller d’ici sans vous dire un petit mot. Hé bien ! mon amie, vous comptez donc beaucoup sur moi ! votre bonheur, votre vie sont donc liés à la durée de ma tendresse ! ne craignez rien, ma Sophie, elle durera, et vous vivrez et vous vivrez heureuse. Je n’ai point encore commis le crime, et je ne commencerai point à le commettre : je suis tout pour vous, vous êtes tout pour moi ; nous supporterons ensemble les peines qu’il plaira au sort de nous envoyer ; vous allégerez les miennes, j’allégerai les vôtres. Puissé-je vous voir toujours telle que vous êtes depuis quelques mois ! pour moi, vous serez forcée de convenir que je suis comme au premier jour : ce n’est pas un mérite que j’aie, c’est une justice que je vous rends. L’effet des qualités réelles, c’est de se faire sentir plus vivement de jour en jour. Reposez-vous de ma constance sur les vôtres et sur le discernement que j’en ai. Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne. N’est-il pas vrai, ma Sophie, que vous êtes bien aimable ? Regardez au dedans de vous-même ; voyez-vous bien ? voyez combien vous êtes digne d’être aimée, et connaissez combien je vous aime. C’est là qu’est la mesure invariable de mes sentiments.

Bonsoir, ma Sophie, je m’en vais plein de joie, la plus douce et la plus pure qu’un homme puisse ressentir. Je suis aimé, et je le suis de la plus digne des femmes. »

 

Le 1er novembre 1759.

J’ai vu toute la sagesse des nations, et j’ai pensé qu’elle ne valait pas la douce folie que m’inspirait mon amie. J’ai entendu leurs discours sublimes, et j’ai pensé qu’une parole de la bouche de mon amie porterait dans mon âme une émotion qu’ils ne me donnaient pas. Ils me peignaient la vertu, et leurs images m’échauffaient ; mais j’aurais encore mieux aimé voir mon amie, la regarder en silence, et verser une larme que sa main aurait essuyée ou que ses lèvres auraient recueillie. Ils cherchaient à me décrier la volupté et son ivresse, parce qu’elle est passagère et trompeuse ; et je brûlais de la trouver entre les bras de mon amie, parce qu’elle s’y renouvelle quand il lui plaît, et que son cœur est droit, et que ses caresses sont vraies. Ils me disaient : Tu vieilliras ; et je répondais en moi-même : Ses ans passeront avec les miens. Vous mourrez tous deux ; et j’ajoutais : Si mon amie meure avant moi, je la pleurerai, et serai heureux la pleurant. Elle fait mon bonheur aujourd’hui ; demain elle fera mon bonheur, et après-demain, et après-demain encore, et toujours, parce qu’elle ne changera point, parce que les dieux lui ont donné le bon esprit, la droiture, la sensibilité, la franchise, la vertu, la vérité qui ne change point. Et je fermai l’oreille aux conseils austères des philosophes ; et je fis bien, n’est-ce pas, ma Sophie ?

Au Grandval, le 18 octobre 1760.

Nous recevrons, vous mes lettres, moi les vôtres, deux à deux ; c’est une affaire arrangée. Combien d’autres plaisirs qui s’accroissent par l’impatience et le délai ! Éloigner nos jouissances, souvent c’est nous servir ; faire attendre le bonheur, c’est ménager à son ami une perspective agréable ; c’est en user avec lui comme l’économe fidèle qui placerait à un haut intérêt le dépôt oisif qu’on lui aurait confié. Voilà des maximes qui ne déplairont pas à votre sœur. J’en ai entendu de plus folles encore. Il y en a qui disent qu’on ne s’ennuie presque jamais d’espérer, et qu’il est rare qu’on ne s’ennuie pas d’avoir. Je réponds, moi, qu’on espère toujours avec quelque peine, et qu’on ne jouit jamais sans quelque plaisir. Et puis la vie s’échappe, la sagacité des hommes a donné au temps une voix qui les avertit de sa fuite sourde et légère. Mais à quoi bon l’heure sonne-t-elle, si ce n’est jamais l’heure du plaisir ? Venez, mon amie ; venez que je vous embrasse, venez et que tous vos instants et tous les miens soient marqués par notre tendresse ; que votre pendule et la mienne battent toujours la minute où je vous aime et que la longue nuit qui nous attend soit au moins précédée de quelques beaux jours.

 

21 juillet 1765.

Dépêchez-vous, faites-moi préparer une niche grande comme la main, proche de vous, où je me réfugie loin de tous ces chagrins qui viennent m’assaillir. Il ne peut y avoir de bonheur pour un homme simple comme moi au milieu de huit cent mille âmes. Que je vive obscur, ignoré, oublié, proche de celle que j’aime, jamais je ne lui causerai la moindre peine, et près d’elle le chagrin n’osera pas approcher de moi. Est-il prêt, ce petit asile ? Venez le partager ! Nous nous verrons le matin ; j’irai, tout en m’éveillant, savoir comment vous avez passé la nuit ; nous causerons ; nous nous séparerons pour brûler de nous rejoindre ; nous dînerons ensemble ; nous nous promènerons au loin, jusqu’à ce que nous ayons rencontré un endroit dérobé où personne ne nous aperçoive. Là nous nous dirons que nous nous aimons, et nous nous aimerons ; nous rapporterons sur des fauteuils la douce et légère fatigue des plaisirs et nous passerons un siècle pareil sans que notre attente soit jamais trompée. Le beau rêve !

( A suivre )

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima à Zurich -2/2-

Publié le par Perceval

Hans Bülow et Cosima descendent d'abord à l'hôtel. Mais leur séjour débute avec des problèmes : Bülow, est pris d'une fièvre rhumatismale et doit garder la chambre. Lorsque son état se rétablit, deux jours plus tard, les époux Bülow se rendent chez Wagner... Hans est en admiration devant Wagner...

Cosima a rencontré Richard Wagner pour la première fois à Paris en 1853, c'était encore une adolescente. Des années plus tard, elle rencontre un homme dont le charisme l'enchante et l'effraie à la fois. Wagner, grand séducteur, aborde ses interlocuteurs d'une manière vive et directe, et fait preuve d'une séduisante brutalité ...

Minna ne sait encore rien de la liaison de son époux avec la femme de son financier. L'atmosphère , dans « l'asile » de Wagner, entouré de Minna, Mathilde et Cosima est électrique … Un soir, alors que Wagner lit son livret de Tristan, Cosima fond en larmes... !

Fin septembre 1857, les Bülow prennent congé de « l'asile »... Cosima,dans ses lettres, s'amuse de cet étrange ménage à trois formé par Wagner, Minna et Mathilde... Elle se moque de « la face de citron » qu'affichait Minna en présence de la « belle Mathilde ».

En septembre 1857, Minna se plaint des façons de la « jeune Mme Wesendonck », si méprisante, si hautaine, jusqu'à refuser toutes les invitations ; puis devant les excuses de la jeune femme elle se réconcilient … Pas pour longtemps … En cause, les commérages des domestiques et des voisins qui l'incitent à surveiller son mari. Elle intercepte une lettre ( un rouleau qui contient le prologue de Tristan et une lettre enflammée), une lettre passionnée de Wagner à Mathilde Wesendonck (1858)

Minna s'éloigne pour une suivre une cure médicale. Wagner voyage à Venise. Il finit ''Tristan und Isolde''. Voyage à Paris et Minna le rejoint.

 

Richard Wagner va revoir Cosima en 1863, à Berlin, mère de deux filles... Le 28 novembre 1863, au moment où Richard quitte Berlin, Cosima et lui, après s’être longuement promenés tous les deux dans la ville, « prirent, avec des larmes et des sanglots, l’engagement de s’appartenir l’un à l’autre ».

 

 

 

 

L’année suivante, au milieu des pires difficultés morales et matérielles, Wagner est sauvé par l’intervention du roi Louis II de Bavière, qui l’appele à Munich... Un des premiers gestes de Richard est d’inviter le ménage Bülow à venir le rejoindre, et Hans est nominé pianiste de la Cour et chef d’orchestre. Assez rapidement, semble-t-il, Cosima devient la maîtresse de Wagner. En tout cas, le 10 avril 1865, elle met au monde une fille, qu’elle nomma Isolde...

En 1868, c'est officiel, et fait la une du ''People Zeitung'' Cosima s’enfuit du domicile conjugal pour retrouver son amant, Wagner et emporte avec elle les quatre filles du couple (dont les deux dernières sont en fait celles de son amant). Bülow refusera toujours de laisser ces dernières prendre le nom de Wagner. Le divorce entre Hans et Cosima est prononcé en 1870.

 

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

Publié le par Perceval

A Leipzig, Richard Wagner est le chef d'orchestre du théâtre de Magdebourg. Tout lui déplaît dans cette station balnéaire, il aurait abandonné ce contrat, si la rencontre de « la plus aimable et la plus jolie fille qu'il y eut à Lauchstaedt en ce moment » n'avait pas brusquement modifié ses projets...

Elle s'appelait Minna Planer... Agée de vingt-cinq ans, elle avait l'aspect gracieux, le visage souriant ...etc. Il tomba jaloux d'un jeune aristocrate qui lui faisait une cour plus pressante … La coquetterie de Minna servait les intérêts de sa profession d'actrice, mais elle avait toute jeune, passé par une épreuve qui la mettait en garde contre des assiduités poussées trop loin. Elle fut séduite et abandonnée à l'âge de seize ans, mit au monde une fille, qu'elle fit passer toujours pour sa sœur, afin de dissimuler sa faute. Sa beauté, plus que son talent, la fit engager dans un théâtre. Jolie, simple, décente, elle plaisait par la grâce de son maintien...

Wagner étaient hantés par des soucis d'argent, ses créanciers l'accablèrent de plaintes en justice … Richard et Minna se marièrent à Königsberg en 1836, et Minna suivit son mari à Riga, en Lettonie. Wagner rêvait d'un « port du repos », et il apportait en dot à sa femme, du génie, un mauvais caractère et des dettes … !

S'en suivirent, malgré une « affection réelle et cordiale » pour sa femme, jalousie, colère, crises de nerf, excuses, et réconciliations, mais « l'aventure insensée de son malheureux mariage » rendait Minna plus accessible aux hommages de sympathie que les familiers du théâtre lui prodiguaient...

Le 31 mai 1837, accompagnée de sa fille Nathalie, dont son mari acceptait la présence, elle s'enfuit avec un certain Dietrich, un homme riche, qui lui avait « attesté sa compassion d'une manière infiniment séduisante ». Wagner se mit à leur poursuite … Puis Minna revint chez sa mère, Wagner eut des remords... Il revint chercher sa femme … Mais, Dietrich enleva Minna ; avant de l'abandonner … !

Minna écrivit à Wagner, lui disant son infidélité, sa détresse … et son amour... Wagner, ému, retrouva sa femme...

1939 : Richard et Minna sont contraints de fuir les créanciers, et se rendent à Londres et à Paris...

À Zurich (1848), Minna, est tombée dans une profonde dépression.

Richard Wagner et Minna habite depuis peu une vaste maison avec jardin au-dessus du lac de Zurich : ''son asile'' que le riche négociant Otto Wesendonck met à sa disposition, depuis 1852...

 

En Mathilde Wesendonck, la femme de son riche mécène, Richard Wagner trouve une âme sœur qui inspire son travail. Mathilde devient la muse de Wagner, elle a un impact sur la création de « das Rheingold » (1853) , Le compositeur a consacré le prélude à la "Walkyrie" pour elle, et le triangle amoureux entre lui, Minna et Mathilde inspire "Tristan und Isolde" …

Août 1857 : Hans et Cosima von Bülow, en voyage de noces, répondent à l'invitation lancée par Richard Wagner... ( Cosima von Bülow, est la fille illégitime de Franz Liszt et la comtesse française Marie d'Agoult. )

A suivre ...

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

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Joanna Hiffernan : James Whisler Courbet

Publié le par Perceval

Courbet-Gustave-Autoportrait-a-la-pipe-1849-Muse-copie-1.jpgCherchez deux peintres :James-Abbott-McNeill-Whistler-copie-1.jpg

 

Gustave Courbet ( Français ), et James Whisler ( américain ),

 

et vous trouvez la même femme :

Joanna Hiffernan, dite Jo.

joanna-hiffernan.jpg

Joanna Hifferman, au moment où Courbet en fit ces portraits, était le modèle et la compagne de James Whistler. Courbet aurait fait sa connaissance alors que le couple se trouvait, comme lui, en résidence à Trouville, rencontre qu'il n'évoque que tardivement dans une lettre à  Whistler, en 1877 : «  Rappelez-vous Trouville et Jo qui faisait le clown pour nous égayer. Le soir elle chantait si bien des chants irlandais, car elle avait l’esprit et la distinction de l’art. (…) Gustave-Courbet-Joanna-Hifferman.jpg

 

 

- Gustave COURBET --- >

"J’ai encore le portrait de Jo que je ne vendrai jamais, il fait l’admiration de tout le monde. ».

 

Courbet connaissait déjà l’existence de Jo, par le biais de « La dame en Blanc » tableau que Whistler avait exposé en 1861 à Paris et qui avait retenu son attention. 

Elle fut vraisemblablement le modèle de L’Origine du monde, et la raison du différend entre les deux hommes…

Dante-Gabriel-Rossetti--1828-1882-.---Lady-Lilith---Version.jpgIl n'est pas impossible que la fréquentation de Whistler ait donné à Courbet l'occasion de mieux découvrir le travail des Préraphaélites , ainsi le portrait qu’il fit alors de Joanna  à  Trouville (puis les copies ultérieures) soit en partie marqué par les modèles de Dante Gabriel Rossetti lequel était depuis 1862, un ami de Whistler.

Dante Gabriel Rossetti (1828-1882). - Lady Lilith - Version de 1868 avec le visage de  Fanny Comforth, la prostituée dont il est tombé amoureux après la mort de sa femme: ... 

Whistler rencontra pour le première fois Joanna Hiffernan en 1860 alors qu'elle posait dans un atelier de Rathbone Place. Des amis (les Pennells ) ont ecrit d’elle : "Elle n'était pas seulement belle. Elle était intelligente,et sympathique. ... Il ne pouvait pas vivre sans elle." Elle était donc, en France, avec Whistler pendant l'été de 1861. Ils ont cotoyé ensemble Dante Gabriel Rossetti à Chelsea en 1863, et ont passé l'été et l'automne de 1865 à Trouville.

En 1866, Whistler donne à Hiffernan  ‘procuration’ sur ses affaires alors qu'il est à Valparaiso pendant sept mois, et lui donne le pouvoir d'agir en tant qu'agent dans la vente de ses œuvres.

Ci-dessous: Le Sommeil de G. Courbet

gustave_courbet-Le-sommeil.jpgPendant l'absence de Whistler, Hiffernan voyage à Paris et pose pour Courbet dans les traverses, ou Le Sommeil  qui représente deux femmes nues au lit, endormies. Il est probable qu'elle a une liaison avec Courbet à cette époque. Après la fin de sa relation avec Hiffernan, Whistler retourné à l' États-Unis , et laisse un testament en sa faveur.

Après avoir été séparés de Whistler, Hiffernan contribue à élever le fils de Whistler, Charles James Whistler Hanson (1870-1935), le résultat d'une liaison avec une femme de chambre.

Le collectionneur d'art Charles Freer Lang a rencontré Joanna Hiffernan lors de l'enterrement de Whistler en 1903. « Alors qu’elle a soulevé son voile, j'ai vu ... ses cheveux épais, ondulés, rayés de gris. J’étais sûr qu’il s’agissait de Johanna, la belle Irlandaise» que Courbet a peint avec ses cheveux magnifique et un miroir dans sa main .... Elle s’est tenue longtemps à côté du cercueil, près d'une heure je pense .... . »

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nb/ Autre chose ... Reprenons la peinture de Courbet ci-dessous ....

Si l’on regarde attentivement cette versions du portrait de Jo, la Belle Irlandaise, ne peut-on pas voir dans la chevelure tissée par la main droite, le visage de quelqu’un... ?

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Gerda Wegener, et Lili Elbe 'Danish Girl'

Publié le par Perceval

Gerda et Einar Wegener ont quitté le Danemark pour, la France, et faire leur chemin dans le monde de l'art à Paris. Le couple apparait passionnément amoureux. Le-Modele---Gerda-Wegener-1927_7058.jpgUn jour, sur un caprice, Einar ramasse une robe de Gerda et l’essaie…. Gerda sort son carnet de croquis et représente, avec ambigüité Einar comme une femme.Lili-Elbe-1882-1931.jpg Avec le temps Einar s’habille de plus en plus comme une femme, et sert de modèle à Gerda.

 

Einar Wegener était considéré comme un artiste talentueux, il a aidé sa femme dans sa carrière artistique. Son déguisement en "Lili" est devenu le modèle féminin favori de Gerda.

Einar Wegener souhaite être transformé en femme, ce qui sera fait par Gohrbandt, à Berlin. Ce fut la première intervention de changement de sexe, et en 1930, il devient « Lili Elbe ».

Le roi de Danemark déclare le mariage des « Wegener » invalide en octobre 1930.

Lili Elbe est décédée en 1931, en raison de complications, trois mois après sa cinquième opération. Cette opération était conçue pour porter un enfant, et a entraîné la transplantation d'un utérus.

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 Lily Elbe (Einar Wegener) avec son infirmière après l'opération. Berlin 1930  Lily Elbe

En 1931, Gerda Wegener se marie avec le commandant Fernando Porta (né en 1896), un officier italien, aviateur et diplomate (dans une lettre, elle décrit son second mari comme« un mâle magnifique et splendide » et déménage avec lui au Maroc, entre Marrakech et Casablanca. Elle divorce en 1936 et retourne au Danemark en 1938. Elle fait sa dernière exposition en 1939 qui fut un échec.

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 Gerda et ses domestiques Arabes – Marrakech.  Fernando et Gerda à la chasse au sanglier dans l'Atlas

Elle meurt en juillet 1940. En dépit d’une brillante vie, elle est morte dans la pauvreté et l’anonymat. Un esprit libre et sans taboue, dans une France sans complexe, Gerda avait réalisé de nombreux dessins érotiques, dans la majeure partie en forme d’illustration, où elle transgressait les interdits de son époque.

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  Gerda-Gottlieb-Wegener-La-dame-de-coeur.jpg  Gerda-Wegener--1889-1940--The-Dancer.jpg

On peut admirer certains œuvres au Musée d'art Moderne, Centre George Pompidou à Paris.

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Claude Debussy - Marie-Blanche Vasnier

Publié le par Perceval

La vie affective du jeune compositeur Claude Debussy, tumultueuse, commence par une cour effrénée à Marie-Blanche Vasnier, son élève (classe de chant de Victorine Moreau-Sainti.) , soprano amatrice, de beaucoup son aînée, femme mariée à l’un de ses premiers protecteurs.

 

Il est très épris et lui écrit de nombreux chants d'amour pour sa voix de soprano, il lui dédit en particulier son premier recueil des Fêtes Galantes et Mandoline sur un poème de Paul Verlaine. :

« A Madame Vasnier, ces mélodies, conçues en quelque sorte par votre souvenir, ne peuvent que vous appartenir, comme vous appartient l’auteur » et « A Madame Vasnier, la seule muse qui ne m’ait inspiré quelque chose ressemblant à un sentiment musical (pour ne parler que de celui-là) » ou encore « A Madame Vasnier, ces chansons qui n’ont jamais vécu que par elle et qui perdront leur grâce charmeresse si jamais plus elles ne passent par sa bouche de fée mélodieuse. L’auteur éternellement reconnaissant »

marie blanche Vasnier par jacques Emile Blanche 1888 2

Elle le prend sous sa protection « maternelle » en le guidant sur le choix de ses vêtements et dans ses manières. Monsieur Vasnier éloigne le jeune soupirant de son épouse en l'encourageant à se présenter au prix de Rome.

En 1884, il remporte le prix de Rome avec une cantate "L'Enfant prodigue". Il n'aime pas ni la ville de Rome, ni la nourriture, ni les autres étudiants…et surtout il ne peut pas supporter d'être séparé de Mme. Vasnier. Il écrit à un ami : "Je vous l'ai dit : j'ai trop pris l'habitude de ne vouloir et de ne concevoir que par elle ..."

Marie-Blanche Vasnier par Jacques émile Blanche

Avant de quitter Rome il reçoit une dernière lettre de Madame Vasnier :

"...La dernière lettre d'elle que j'ai reçue, avant-hier, cachait mal tout l'ennui qui lui donnerait ma présence là-bas. Me disant qu'il serait très imprudent de nous revoir..."

Claude Debussy by Marcel Baschet 1884

A son retour à Paris, il adopta le style de vie des bohémiens de Montmartre, composant et vivant dans la pauvreté. Il fréquenta alors les salons des poètes "symbolistes" tels Beaudelaire, Rimbaud , Verlaine et Mallarmé. Il ajusta sa musique à la poésie de ces auteurs et il s'éloigna de la musique traditionnelle.

Incapable de ranimer ce qui existait entre lui et Mme. Vasnier, Claude Debussy ( ténébreux, fascinant : il séduit… ) trouvera une maîtresse, Gabrielle Dupont, qu'il appellera "Gaby aux yeux verts".

yeux MB Vasnier

La méthode du symbolisme, écrit Mallarmé, était "d'évoquer, dans une ombre délibérée, un objet non mentionné en utilisant des mots allusifs". Debussy allait devenir le poète musical de cet art du brouillard et de la suggestion. Comme tous les symbolistes, il était attiré par les mystères sans nom et les horreurs obscures d'Edgar Allan Poe, tels que traduits par Beaudelaire.

yeux N Dessay

Nathalie Dessay chante le recueil à Madame Vasnier  

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