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Articles avec #arts visuels tag

La jeune Tarentine -2- Controverse

Publié le par Perceval

Alexandre Schoenewerk, s'est inspiré d'un poème d'André Chénier narrant la mort de la jeune Tarentine emportée par une vague avant de retrouver son amant.

On dit que Myrtho la Jeune Tarentine est morte dans les bras d’un Alcyon au petit matin de sa nuit d’amour avec Eros. On dit qu'elle s'est offerte sans retenue aux bras, aux mains et aux lèvres de Eros, et qu'elle s’est livrée à toutes ses caresses. Ainsi, Myrhto aurait vécu une première mort de plaisir…

De son corps vaincu par les caresses, il ne reste plus de force, que celle … de sa main … Elle esquisse une dernière caresse dans l’air …avant de sombrer dans le sommeil de l’amour…

 

Alexandre Schoenewerk - La Jeune Tarentine - montage 2

 

« …A côté, il y a une pâmoison de marbre que le public attendri entoure avec recueillement. C’est La Jeune Tarentine, de M. Schoenewerk. Voilà qui est délicat. L’artiste a couché sur un roc cette amante dont nous parle André Chénier, qui allait à l’amour et qui ne rencontra que la mort ; la vague ne roule que son cadavre sur la rive, où l’attendait le bien-aimé.
La hanche haute, la tête renversée, la face déjà amollie et comme effacée par l’eau, le cadavre se dissout d’une façon toute tendre et toute poétique ; il est mûr pour quelque morgue de l’idéal. Les dames en soie grise et les messieurs décorés sont charmés de cette délicatesse dans la putréfaction… »

E. Zola – Compte-rendu du Salon de 1872

La controverse aujourd'hui, concernerait l'objet présenté, en tant que représentation d'une femme-objet, abandonnée au seul plaisir des hommes-en-quête-de-volupté... ?femme-nue-photographiee-sea-sex-sun.jpg

Mais faut-il, alors s'insurger contre la littérature, la sculpture, la peinture ?

 Y aurait-il, dans toute œuvre masculine, qui utiliserait le nu féminin, la double figure de la femme: « ange et pute », et conforterait-elle à tout jamais la culpabilité de l'homme qui « viole et tue », et la position de la femme qui ne peut que pleurer ( sous son voile...) ?

 L'artiste, ou le photographe qui « aime capturer » la beauté, ne devrait-il pas se sentir obliger de rendre des comptes ? Jusqu'où pourrait-il ainsi instrumentaliser ( même par le regard ) le corps d'un(e) autre ? Ici, c'est pratique, il ne nous reste plus que la statue … à photographier... !

C'est vrai, aussi, que photographier une femme nue, semble si banal, qu'on imagine que le modèle y trouve son compte … ?

8141346665030.jpgLa nudité, dans nos sociétés habillées ( avec tout cet argent mis pour plaire et séduire, aussi …) est une pratique « privée. Ce qui est alors exhibé est « excitant » pour l'homme, et comment la femme peut-elle partager ce plaisir qui - pour elle- évoque la passivité abusée (abusive) de la femme « exposée », et qui sans doute, la renvoie elle-même à des tas de questions non résolues ?

Pourrait-on comprendre et concilier, à cette occasion, la sexualité masculine et la sexualité féminine... ?

Il nous faut, sans doute, plaider pour la liberté du regard mais lui adjoindre un questionnement honnête sur les enjeux de l’image partagée. Un corps humain n’est pas un lampadaire et sa représentation ne laisse personne neutre. Celle-ci véhicule des valeurs sociales et une hiérarchie des droits de regard et d’exposition qu’il convient de questionner de temps en temps.  

Sources: utilisation d'un article et des commentaires, du site d'Ossiane: http://ossiane.blog.lemonde.fr/ , pour étayer cette controverse ...


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La jeune Tarentine, Alexandre Schoenewerk -1871-Musée d'Orsay

Publié le par Perceval

Pierre-Alexandre Schoenewerk (1820-1885) est un sculpteur français. 

Protégé et encouragé par la princesse Mathilde il connaît un grand succès sous le Second Empire. Elève de Triqueti et de David d’Angers il reste très influencé par l’Italie, la Mythologie et l’Antiquité et produira de nombreux bustes et statues, contribuant à la décoration des Palais du Louvre et des Tuileries, de l’Hôtel de Ville, de l’Opéra Garnier, des jardins de l’ancien Trocadéro (Allégorie de l’Europe, Musée d'Orsay, Inv. RF 3751) ainsi qu’à celles des églises Saint Augustin ou de la Sorbonne… 
Au Salon, il débute en 1841 avec Agar une statue en plâtre, puis expose successivement des statues et des groupes en bronze tels : L’Amour Vaincu (Exposition Universelle de 1855), L’Enlèvement de Déjanire (Ville de Rouen) ou des groupes en marbre tels Léda et le Cygne (Parc du Palais de Compiègne), la Jeune Tarentine (Musée d'Orsay).

 

Alexandre-Schoenewerk---La-Jeune-Tarentine---montage-halo.jpg

Alexandre Schoenewerk appartient au courant majeur de la sculpture de la fin du XIX° siècle qu'est l'éclectisme: fait d'emprunts à tous les temps et à tous les peuples: une sorte de volonté de puissance d'une bourgeoisie qui semble vouloir s'approprier le monde par la représentation.

Alexandre Schoenewerk respecte les préceptes académiques: il puise aux sources d'une antiquité magnifiée par les fouilles archéologiques de Pompéi et d'Herculanum... La Jeune Tarentine, se veut la traduction plastique d'un texte littéraire. C'est à un poème d'André Chénier, lui-même inspiré des sources antiques, que le sculpteur emprunte le sujet de cette oeuvre de 1871, présentée et acquise par l'Etat au Salon de 1872. Mais, comme La Femme piquée par un serpent d'Auguste Clésinger, La Jeune Tarentine évoque aussi le thème romantique des noces tragiques de l'amour et de la mort. On y retrouve enfin la pose lascive des belles de la mythologie revisitées par les artistes acadamistes, qui sont censés représenter par cette torsion de tout le corps, le spasme du plaisir féminin...


La jeune Tarentine

 
Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez.

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine.
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine.
Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a pour cette journée
Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée
Et l'or dont au festin ses bras seraient parés
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L'enveloppe. Étonnée, et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine.
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher
Aux monstres dévorants eut soin de la cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides
L'élèvent au-dessus des demeures humides,
Le portent au rivage, et dans ce monument
L'ont, au cap du Zéphir, déposé mollement.
Puis de loin à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent : « hélas ! » autour de son cercueil.

Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée.
Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée.
L'or autour de tes bras n'a point serré de nœuds.
Les doux parfums n'ont point coulé sur tes cheveux.

in Poésies Antiques d'André Chénier


 André Marie de Chénier, dit André Chénier, est né le 30 octobre 1762 à Constantinople. Poète et journaliste français, il est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, pour avoir « recelé les papiers de l'ambassadeur d'Espagne ». Déclaré prosateur stérile il est guillotiné le 25 juillet 1794, deux jours avant l’arrestation de Robespierre. Après s’être enthousiasmé pour la Révolution, il s’est emporté contre ses excès, à travers des écrits virulents. Il est arrêté alors qu’il revient de son exil londonien. Emprisonné, il a le temps de s’éprendre d’une beauté menacée elle aussi de décapitation – mais qui échappera au couperet – : Aimée de Coigny. C’est elle la jeune captive, son dernier amour...

L'article suivant, abordera - à partir de cet exemple - le problème de l'image du "corps de la femme" ainsi exhibé... A suivre, donc.

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La photo de corps -3- Howard Schatz

Publié le par Perceval

La photo de corps, est rarement anonyme ... 

A moins que le mouvement, la beauté et la forme du corps, soient l'objet même de la représentation ...

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La série suivante, a passé le passé le pas de la "rencontre"... De plus, un enjeu ici s'ajoute, du fait même que ces mannequins posent avec leur maman

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La photo de corps -2- Howard Schatz

Publié le par Perceval

Howard Schatz (de Chicago aux États-Unis -) est né en 1940, il est médecin et un photographe américain dont le travail est exposé dans plusieurs musées et galeries de photos du monde.

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La femme paysage de Mïrka Lugosi -2-

Publié le par Perceval

Mirka Lugosi est le modèle, la muse et la compagne du photographe Gilles Berquet.

Giles-Berquet--Mirka-Lugosi---Marie-Laure-Dagoit.jpgGiles Berquet, Mïrka Lugosi & Marie-Laure Dagoit ( l'éditrice )

Né le 3 mars 1956, Gilles Berquet, vit et travaille à Clamart. Après la découverte des œuvres de Pierre Molinier, il lui reprend les thèmes et l'esthétique: le corps des femmes, avec un point de vue fantasmé, et une obsession du cadrage des jambes, de la silhouette ; dans des mises en scène érotiques. Parmi ses modèles, Mïrka.

Ils mettront leurs imaginations et leurs fantasmes en commun à l’occasion du livre Défense d’ouvrir qui regroupe des photographies de Gilles peintes par Mïrka.

Mirka Lugosi la malette repeinte Mirka Lugosi photo peintes
Mirka Lugosi photo peintes 2 Gilles Berquet 6

Inquiétante étrangeté, qui attire et angoisse à la fois … Ces formes phalliques et fantomatiques, sont-elles empruntes d'une douceur érotique ? Que nous évoquent ces formes racinaires, cellulaires ou volcaniques, ces méduses, racines, chevelures, cornes et veines qui rythment les compositions ?

L'étrangeté de ses dessins est nourrie de sa manière de matérialiser l'inconnu de nos , par les formes de la nature... Le voyage devient introspectif, mélancolique et exaltant par ce qu'il ose s'aventurer sur des territoires que l'on peut craindre de visiter … !

Y aurait-il une face sombre, de ces jeux des sens ? Est-il possible d'errer par delà le bien et le mal... ?

Mirka Lugosi 15 Mirka Lugosi 22
Mirka Lugosi 23 Mirka Lugosi 27

Peut-on si facilement user du principe de plaisir, et « bâtir une intersubjectivité solaire -, en célébrant le corps artificialisé qui sublime les nécessités naturelles en techniques corporelles, en indexant le culturel païen sur du culturel hédoniste... » etc , etc … selon les mots de Michel Onfray ?

Voyage fantaisiste ( parfois humoristique ...): je ne suis pas dupe de la gamme des illusions ainsi perpétrées …

Mirka Lugosi 01 Mirka Lugosi 02
Mirka Lugosi 03 Mirka Lugosi Institut Beau-Sejour un “objet” fait main

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La femme paysage de Mïrka Lugosi -1-

Publié le par Perceval

Le travail de cette femme ( du moins , une partie...), Mïrka Lugosi : m'a interpellé... Oui, et aussi, parce qu'elle est une femme.

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Son angle « vampire », influencé -sans doute – par son lieu de naissance : au cœur des Carpates septentrionales, peut exacerber une représentation fétichiste, voire sado. qui m'intéresse moins … Par contre, je suis troublé par cet univers de formes sensuelles ...

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Son trait à la mine de plomb ultra fine lui impose des heures de travail ; c'est dit-elle un labeur douloureux, une épreuve physique … Mirka Lugosi nous entraîne dans un monde d’objets, d’êtres humains et d’animaux qui, tous traités sur un pied d’égalité, fusionnent. Un monde aux apparences naïves, à l’imagerie érotique et questionne avec subtilité et impertinence nos rêves, nos pulsions à l'envie des fantaisies de l'artiste.

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Mirka Lugosi 13 Mirka Lugosi 14


Je préfère ses dessins, à ceux qui pourraient être ses références : Hans Bellmer, et Unica Zurn … ?

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Les « petites gens » de Paris au XIXème siècle -2-

Publié le par Perceval

Les immeubles au XIXe siècle étaient recouverts de peinture au plomb. C’est ce qui donne à Paris un aspect d’une blancheur immaculée, en arrière plan de cette peinture. Lorsqu’on découvrira l’aspect nocif du plomb, les façades seront modifiées mais le peuple se plaindra d’avoir perdu le blanc des immeubles.

La musique est également très appréciée. Les joueurs d’orgues servaient également de contacts à la police.

Honore-Daumier--Le-joueur-d-orgue-de-barbarie--vers-1864-1.jpg
metiers_le_boutiquier.jpg
cocher_de_fiacre.jpg decrotteur

Les conditions de précarité sont telles que certaines personnes peuvent basculer dans la pauvreté en cas de maladie, d’accident ou de chômage. On fait alors appel au Mont-de-piété en engageant ses effets contre un peu d’argent. La population qui se rend au Mont-de-piété est très variée : ouvriers, grisettes, dandys désargentés…

Le plus souvent, on engageait son matelas pour une raison très simple : ceux-ci étaient systématiquement nettoyés et débarrassés des puces et autres vermines qui l’infestaient. Il suffisait de le récupérer quelques jours plus tard.

les-chifonniers-de-paris.jpgLa figure du chiffonnier illustre bien cette précarité. Ceux-ci travaillent la nuit et inquiètent la police au point de devoir se faire référencer.

Au XIXe siècle, des piles de détritus dans les rues attendaient le passage des tombereaux au petit matin. Les chiffonniers récupéraient les chiffons mais également les os de boucherie. Les sucreries sont alors en pleine expansion et le sucre est extrait du raisin et de la betterave. Coloré à l’origine, on blanchit ce sucre en le filtrant avec de l’os calciné… ou du sang de cheval.
Les chiffonniers récupéraient également la suie et les boîtes en métal pour la fabrication des jouets. En 1883, M. Poubelle mettra leur activité en danger. On autorisera alors les chiffonniers à fouiller les piles dans les rues une heure seulement.

Les abandons d’enfants sont légion car les mères n’ont pas les moyens de les garder. Ils sont déposés à l’assistance publique.
Devant les couvents, on trouve une petite porte qu’on ouvre avant de déposer les nouveau-nés dans un tour d’abandon, on sonne une cloche pour prévenir de son « dépôt » avant de s’enfuir dans la nuit. Les orphelins sont pris en charge par l’Eglise puis mis dehors dès qu’ils sont en âge de se débrouiller seuls. Livrés à eux-mêmes, ces enfants sombrent très rapidement dans la délinquance.
Parallèlement, la philanthropie se développe ce qui n’est pas sans nous rappeler certains passages de Germinal (Cécile étranglée par le père Maheu alors qu’elle vient faire la charité avec ses parents) ou des Misérables (la visite de Jean Valjean et Cosette aux Thénardiers).

Hippolyte-Bellange--Les-Extremes-se-touchent--1823-.jpgAux yeux des classes supérieures, le peuple représente le danger.... La peur du crime va augmenter au cours du XIXe siècle. Peur qui s’accompagne d’une certaine fascination jusqu’à l’âge d’or du fait divers à la Belle Epoque.

C’est dans ce contexte que nous retrouvons le nom de Baptiste-Joseph Billoir dans l’affaire du crime de Saint-Ouen. Cet homme avait en effet assassiné sa compagne, une bretonne nommée Jeanne-Marie Le Manach, avant de la dépecer et de balancer les restes dans la Seine. Cette affaire, comme celle de l’incendie du Bazar de la Charité attirera de nombreuses personnes à la morgue qui viendront « en visite ».

Les barricades ont jalonnées le siècle : l’issue des trois Glorieuses de 1830, de février et juin 1848 et de la Commune en 1871 qui furent réprimées dans le sang.

Un bourgeois qui demande du feu à un chiffonnier sous les yeux amusées d’un témoin. Deux mondes qui se croisent, aux antipodes l’un de l’autre, sans vraiment se rencontrer. Ou la parfaite illustration de la lutte des classes.

( Sources: articles sur l'expo. du Carnavalet )

 

LE PEUPLE DE PARIS AU XIXe SIÈCLE: Des guinguettes aux barricades - MUSÉE CARNAVALET
5 octobre 2011 - 26 février 2012



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Les « petites gens » de Paris au XIXème siècle -1-

Publié le par Perceval

thomas-girtin-le-faubourg-et-la-porte-saint-denis-1801.jpgThomas-Girtin - le-faubourg-et-la-porte-saint-denis-1801

Ces estampes, nous permettent aujourd'hui, de composer un reportage sur les métiers et les mœurs à Paris au XIXème siècle. ( Sources : expo. musée Carnavalet)

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 Rue Boutebrea

La capitale est alors en pleine mutation, touchée par l’explosion démographique, la révolution industrielle et les transformations urbaines. Paris est encore un labyrinthe de ruelles étroites et sinueuses où l'on rencontre le « peuple », catégorie sociale majeure et figure mythique de l’imaginaire parisien depuis la Révolution française.

Tous les aspects de la vie quotidienne sont abordés, on découvre les conditions de vie et de travail des classes populaires : Comment se logeaient-elles ? Que mangeaient-elles ? Quels étaient leurs codes vestimentaires ? Leurs distractions ?

Avec l’art de Daumier, empreint d’humour et de tendresse, l'éclairage est tour à tour pittoresque, amusant, effrayant ou tragique sur le monde des chiffonniers, des migrants saisonniers, des ouvriers des faubourgs, des Apaches des fortifs’ ou des grisettes… ceux des guinguettes, du cabaret ou du bal musette. Également, on peut déceler les peurs que font naître ce peuple protéiforme au sein de la classe dirigeante. La précarité, l’immigration, la ségrégation urbaine, la condition enfantine sont présents en filigrane. D'ailleurs, sont aussi là : les insurrections qui jalonnent le siècle et font entrer le peuple de Paris dans l’histoire.

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 Place (ex_rue)  du Carrousel 1830             Vue de Notre Dame

*****

Au XIXe siècle, le centre de Paris se situe autour de l’Hôtel de Ville. Il y a très peu de lumière (la fée électricité n’est pas encore passée par là), les immeubles sont bas (ils ne seront rehaussés que lors des grands travaux haussmanniens) et donnent sur des cours étroites dans lesquelles les habitants n’hésitent pas à jeter des déchets divers et variés. Les épidémies sont fréquentes. La population explose à travers une immigration massive qui trouve refuge dans la zone près de la Porte de Clignancourt (à peu près au niveau des actuelles puces de Saint-Ouen).

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 Paul Gavarni: vendeuse de chocolat

Ce peuple exerce une multitude de métiers comme tondeur de chiens ou porteur d’eau (en bas, à gauche sur la gravure). Nous remarquons que les habitants portent aux pieds, des sabots, particulièrement résistants à l’usure.

Les petits ramoneurs sont particulièrement symboliques de cette migration professionnelle qui va et vient selon les saisons. Ce sont surtout les enfants, plus aptes à se faufiler dans les cheminées, qui exercent ce métier. Ils ne sont pas épargnés malgré leur jeune âge et doivent exercer des labeurs difficiles afin d’aider leurs familles à vivre.

Parmi ces anciens métiers dont la plupart ont aujourd’hui disparu, nous découvrons le marchand de coco qui vendait de l’eau parfumée à la réglisse, le vitrier et son portoir (métier toujours en activité), la foire aux maçons sur la place de l’Hôtel de Ville ou encore les Forts des Halles qui étaient des manutentionnaires chargés de transporter les marchandises entre l’extérieur et l’intérieur des pavillons des Halles de Paris. Afin de devenir « Fort », il fallait prouver sa force en transportant une charge de 200 kg sur 60 mètres sans aucune aide extérieure.

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 Edgar Degas, Les Repasseuses (1884)

Les femmes exercent souvent un métier ayant trait à l’entretien du linge. La propreté est alors associée au blanc (toiles de lin, de coton, de chanvre…) Sous le Second Empire, il existe environ 70.000 blanchisseuses à Paris qui travaillent depuis leurs domiciles à la lumière du jour, parfaites représentantes du Sweating System (exploitation du prolétariat).

C’est un travail épuisant à l’image du tableau de Degas. L’eau n’est pas propre car non traitée. L’apparition de l’eau de javel en 1780 aide cependant à maintenir le blanc du linge et un semblant de propreté.

Le monde des ouvriers spécialisés est plus enviable car lié à des activités de luxe pour les classes supérieures. Ainsi, les tabletiers garnisseurs ou les serruriers ont des modes de vie un peu plus confortables que la majorité du peuple. Ils bénéficient d’un week-end de deux jours tout au long du XIXe siècle.

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 Eugène Atget, Cour, 178 avenue de Choisy (1913)

Les logements sont rares et de nombreuses activités s’organisent dans les cours d’immeubles. C’est d’ailleurs ainsi que le métier de concierge verra le jour. Ces cours sont pourtant des lieux insalubres : il n’existe aucun système d’évacuation des eaux usées, celles-ci sont jetées depuis les fenêtres. Cela entraîne de graves problèmes d’hygiène qui donnent lieu à de grandes épidémies (comme celle de choléra en 1832).

On découvre quelques objets de la vie courante comme un petit réchaud à braises qui se trouve être également la seule source de chaleur du foyer. Les familles nombreuses s’entassent souvent dans une même pièce. On boit beaucoup de vin car il sert à la fois de reconstituant et de valeur sûre car non souillé contrairement à l’eau. L’alcoolisme est très répandu, la population tiraillée par la faim...

La première cité ouvrière de Paris voit le jour en 1849 sur une idée de Napoléon III. Elle n’aura guère de succès à cause d’un règlement interne draconien et des loyers très élevés. Ces cités sont pourvues de toilettes, de salles de bain et d’un médecin. Ces luxes restent hors de portée pour une population majoritairement pauvre.

Les logements sont souvent pourvus du strict nécessaire.

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 Honoré Daumier, La soupe (vers 1864-1865)

L’hygiène des corps n’est pas une priorité : on se lave environ une fois par semaine en été et une fois par mois en hiver.

La criminalité est élevée notamment dans certains quartiers (Belleville, Ménilmontant, etc.)

Même si les moments de repos sont rares, les Parisiens trouvent des occasions de s’amuser. Les loisirs sont simples : la promenade (on quitte alors le centre de Paris pour Montmartre), un pique-nique, un verre dans un cabaret ou quelques danses dans les guinguettes (dont le célèbre Moulin de la Galette). Il y a alors une véritable fascination pour le spectacle au point d’organiser des journées gratuites pour le peuple.

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L'estampe au XIXème s.

Publié le par Perceval

Avant la photographie, comment représenter les manières de vivre en ce début du XIXème ?

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de Charles Philipon: La Maison Aubert

C'est en particulier grâce à à l'introduction de la lithographie en France. Très vite, d'éminents artistes se sont intéressés à cette technique nouvelle, rapidement perfectionnée par de grands imprimeurs, surtout Charles de Lasteyrie et Engelmann. Entre 1817 et 1825 paraissent de nombreuses feuilles, dues notamment à J.-B. Isabey, Géricault, Prud'hon, Goya, Delacroix. D'autres artistes vont se consacrer à la lithographie : Charlet, Raffet, Gavarni et, le plus grand de tous, Daumier. Les imprimeurs tiraient rapidement des pierres des éditions très nombreuses, ce qui permettait de répandre ces feuilles dans un large public. L'art s'est adapté à ces conditions nouvelles, et c'est ainsi que l'épopée napoléonienne et la satire morale et politique ont pu atteindre à une expression parfaite, faisant se rejoindre l'imagerie et l'art le plus élevé.

Affiche-Exposition-des-oeuvres-de-Charlet-Litho-1893.jpg
 

Par l'affiche, la lithographie gagne le mur, prend des proportions monumentales et, sous l'influence du japonisme, exploite les couleurs en aplats : Jules Chéret, Mucha en furent les initiateurs. Bonnard et Toulouse-Lautrec produisirent dans ce genre des chefs-d'œuvre.

Une estampe est une image imprimée sur papier au moyen d'une planche préalablement gravée. Le matériau employé peut être le cuivre, le bois ou la pierre (cette dernière exclusivement pour la lithographie). 
On tire des épreuves de ces planches, après encrage, généralement sur une presse à bras.

La reproduction du dessin trouve une solution avec l'invention de la lithographie en 1796 et son importation en France en 1802. C'est en 1818 que J.-B. Isabey, selon l'imprimeur Engelmann, « fut le premier à exécuter des dessins soignés en lithographie. » En 1824, la lithographie est dotée d'une section spécifique au Salon et six ans plus tard le nombre de lithographies exposées dépassait la centaine d'œuvres. Les portraits et les paysages se multiplient, leur prix de vente est bon marché : Lemercier, imprimeur parisien, possédait dans son atelier quatre-vingts presses. La « France des notables » goûte fort ce nouveau procédé, les rééditions successives entre 1820 et 1878 des Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France le prouvent.

Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Gibaut--marchand-d-estampes.jpg Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Backner--marchand-d-estampe.jpg
Vendeurs_d'estampes_Boutique de Gibaut, marchand d'estampes et éditeur, boulevard des Italiens, vers 1835 Vendeurs_d'estampes_Boutique de Backner, marchand d'estampes et éditeur, Panoramas du Boulevard, vers 1815
Vendeurs_d-estampes_Boutique-de-Vigneres--editeur-d-estam.jpg Vendeurs_d-estampes_-Boutique-de-Delpech--editeur-de-Raffe.jpg
Vendeurs_d'estampes_Boutique de Vignères, éditeur d'estampes, barraques de la place du Carrousel, vers 1849 Vendeurs_d'estampes_ Boutique de Delpech, éditeur de Raffet, de Charlet, etc., vers 1815

*****

 

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Les pratiques d'affichage dans l'espace public à Paris en 1830 - Bellangé, imprimeur-lithographe Bichebois,  26 juillet 1830, lecture des ordonnances dans le moniteur au jardin du palais royal  , Bib. nat.,

Le travail est parcellisé ; « des dizaines de graveurs se relayaient jour et nuit, sous surveillance, chacun penché sur quelques centimètres carrés d'une image qu'on reconstituait ensuite pour former de vastes planches destinées à l'illustration ds livres bon marché et des premiers magazines éducatifs». L'acier prend le pas sur la lithographie et la galvanoplastie en 1836 facilite les tirages d'estampe.

En 1889, la reconnaissance de l'estampe comme œuvre d'art majeur est entérinée par la création de la Société des peintres-graveurs français : estampes, dessin et peintures sont présentés sur un pied d'égalité. Deux problèmes restent en suspens : la lithographie qui apparaît comme le moyen de diffusion bon marché et l'emploi de la couleur suspecté de vouloir séduire un public facile. « Par ses principes, ses origines et ses traditions, l'art de la gravure est sans contredit l'art du noir et du blanc », déclare en 1898 le président de la section de gravure et de lithographie du Salon.

Le succès de l'estampe se manifeste à travers la parution de nombreuses revues : L'Estampe originale (mai 1893), L'Épreuve (1894), L'Estampe moderne (1897), L'Estampe et l'Affiche (1897). Vers 1900, « le marché de l'estampe est définitivement installé dans le champ artistique», même si les graveurs de reproduction n'ont pas encore disparu. ( Sources wiki. )

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Danny Galieote

Publié le par Perceval

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Daniel Galieote est né et vit à Los Angeles en Californie.

Danny Galieote 00 ...LaurieHolden

Il a participé à plusieurs collèges d'art, dont Art Center College of Design, California Institute of the Arts et California State University Northridge. Il a travaillé au Walt Disney Animation Studios, pendant plusieurs années comme l'un de leurs meilleurs artistes.

Galieote peint des scènes de la vie quotidienne en Amérique . Son travail est inspiré par les peintres de la scène américaine, les régionalistes et WPA artistes des années 1930 et 40. Cependant, son travail n'est pas pure nostalgie, mais il est dans la poursuite des universels, des thèmes intemporels de la nature humaine.

« Mon travail touche le cœur des relations humaines et répond au besoin inné que j'ai de partager avec les autres. J'ai le désir de réfléchir sur les pulsions, le besoin que nous avons tous de nous exprimer... Mes tableaux voudraient donner une compréhension plus profonde de la nature humaine, avec humour … 

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