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Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin

Publié le par Perceval

Enfin, ayant reçu l’autorisation de rentrer, le 18 juillet 1605, Marguerite de Valois traverse Paris escortée par le petit duc de Vendôme. Le 26, Henri IV lui rend visite au château de Madrid et le lendemain, c’est Marie de Médicis. Marguerite est accueillie au Louvre et ovationnée par le peuple. Le 6 août, le Dauphin l’attend sur la route de Saint Germain. Eprise de ce petit garçon, Marguerite lui lègue tous ses biens et lui offre un Cupidon parsemé de diamants, assis sur un dauphin muni d’une émeraude et un petit cimeterre constellé de pierres.

Souvent atteinte de malaises et de dysenterie, elle a perdu de sa beauté, est horriblement grosse, s’habille en vieille femme, coiffée de cheveux blond filasse (empruntés à des valets pour en faire des perruques). En avril 1606, elle perd son jeune et cher écuyer Dat de Saint Julien qu’elle aimait passionnément et s’installe au Pré aux Clercs, la peste arrivant à Paris. En septembre, elle achète à Issy, la maison de Jean de la Haye, orfèvre du roi et se met à l’embellir, faisant des travaux dans le parc avec des statues et des fresques sur les murailles. Elle y accueille régulièrement le Dauphin qui reçoit en 1609 un cordon de pierreries de 3000 écus.

De retour à Paris en octobre, elle retrouve avec un immense plaisir, son écuyer Bajaumont devenu philosophe et vaillant soldat, qu’elle perdra fin 1609, attaqué en pleine église. Ses salons se remplissent de diplomates, de soldats, de poètes, elle organise des réceptions accueillant le roi et la reine, on y discute de tout, on y fait de tout : Henri IV dit lui-même revenir du « bordeau ». A la mort du roi, elle fait chanter un service solennel et 2 oraisons funèbres. Restant en bon terme avec la reine, elle joue un rôle dans l’alliance franco-anglaise pour le mariage d’Henriette, mais vit à l’écart de la cour.

Vers la fin de 1614, elle tombe malade d’un engorgement du foie, compliqué d’une gravelle. Son aumônier jugeant l’état très grave, l’avertit. Le 7 mars 1615, elle fait poser la 1ère pierre du tombeau. Elle s’éteint le 28 mars 1615 à 62 ans, laissant 100 000 livres aux pauvres, 200 000 écus de dettes réglées par Marie de Médicis. Un an après, son corps est transporté du couvent des Filles du Sacré Cœur vers Saint Denis.

On ne peut oublier la fin du discours funèbre de 1615 : « morte, Marguerite de France ! Adieu les délices de France, le paradis des plaisirs de la Cour ! Le brillant de nos jours, le jour des beautés, la beauté des vertus, la mignardise des lys, le lys des princesses, la princesse des grandes, la reine des grandeurs, la grandeur des esprits, l’esprit de sagesse, la prudence des nobles, la noble des fleurs, la fleur des Marguerite, la Marguerite de France ».

 

Pastiches et portraits de Marguerite...

Plus sûr, ci-dessous: le Portrait littéraire de Marguerite de Valois par Brantôme, grand écrivain de l'époque

« Son beau visage, si bien formé, en faict la foy ; et diroit on que la mere nature, ouvriere très parfaicte, mist tous ses plus rares sens et subtilz espritz pour la façonner. Car, soit qu'elle veuille monstrer sa douceur ou sa gravité, il sert d'embrazer tout un monde, tant ses traicts sont beaux, ses lineaments tant bien tirez, et ses yeux si transparans et agreables, qu'il ne s'y peut rien trouver à dire : et, qui plus est, ce beau visage est fondé sur un corps de la plus belle, superbe et riche taille qui se puisse veoir, accompaignée d'un port et d'une si grave majestée, qu'on la prendra tousjours pour une deesse du ciel, plus que pour une princesse de la terre. »

Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin
Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin

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Marguerite de Valois – 11/-

Publié le par Perceval

La signature de la paix de Fleix est à l'origine d'une aventure galante qui devait bouleverser la vie de Marguerite et diviser, une fois de plus, la famille royale.

Parmi les jeunes seigneurs qui accompagnent le duc d'Anjou, se trouve un garçon fort séduisant nommé Jacques du Harlay, seigneur de Champvallon, ami d’Alençon que la reine de Navarre, toujours à l'affût, remarque tout de suite pour son regard chaud et sa carrure prometteuse.

Elle a alors trente ans. Son tempérament déjà volcanique se trouve renforcé par la cuisine fortement épicée de Nérac. La vue de ce beau jeune homme lui met immédiatement du feu à tous les bons endroits, et elle s'en trouva gênée. D’une grande beauté, lettré, il a tout pour plaire, il lui parle d’amour... Voyant son trouble, Champvallon sait se montrer galant gentilhomme, et la prend sur-le-champ...

Le lendemain, encore toute chancelante, elle écrit à son amie, la duchesse d'Uzès, ses impressions sur les quelques instants passés avec ce nouveau partenaire :"j'ai eu tant de plaisir que ce serait chose trop longue à vous écrire." Tant de plaisir qu'elle en est remuée jusqu'au plus profond d'elle-même ; tant de plaisir que, pour la première fois de sa vie, elle tombe vraiment amoureuse...

Transfigurée, rayonnante, oubliant tout : Navarre, Turenne, etc.. Elle vit dans l'adoration de ce jeune seigneur élégant qu'elle appelle, avec quelque exaltation, "son beau soleil", "son bel ange", "son beau miracle de la nature"... Cette passion l'aveugle au point qu'elle perd le peu de réserve qui lui reste, et Champvallon doit la satisfaire dans les escaliers, les placards, les jardins, les champs, les granges …

François, le duc d'Anjou est tombé amoureux de ''la belle Fosseuse'', et Henri de Navarre craint que la petite, dont il connaît l'ambition, ne se laisse séduire par l'héritier présomptif du trône de France

Et François – pour oublier Fosseuse - quitte Nérac, emmenant son fidèle Champvallon … !

François de France (1555, 1584 à 29 ans), frère de Marguerite, duc d'Alençon, d'Anjou, de Touraine, de Brabant et Château-Thierry, est le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.  

 Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, Marguerite de Valois va prendre le parti de la Ligue (1585)  

La passion de Marguerite pour Chamvallon, croît et toutes ses lettres se terminent de même par : « Je ne vis plus qu'en vous, mon beau tout, ma seule et parfaite beauté. Je baise un million de fois ces beaux cheveux, mes chers et doux biens ; je baise un million de fois cette belle et amoureuse bouche.

Après le départ du duc d'Anjou, Henri de Navarre vit une nouvelle lune de miel avec la belle Fosseuse qu'il a failli perdre. C'est alors qu'une idée fort peu louable germe dans l'esprit de cette petite ambitieuse : elle pense que si elle a un fils de Navarre, celui-ci répudiera Marguerite, pour l'épouser, elle... Des soirs durant, elle œuvre consciencieusement dans ce but et, un matin, peut annoncer au Béarnais qu'elle est enceinte de ses bons soins.

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Marguerite de Valois – 10/-

Publié le par Perceval

En compagnie de l'ardent vicomte de Turenne, La reine Marguerite organise des bals, des mascarades au cours desquels, il est de bon ton de se tenir très mal.

Naturellement, Margot n'a pas l'indécence de demander à son mari de payer ces fêtes où elle le cocufie. Elle s'adresse pour cela au bon Pibrac, toujours amoureux d'elle, qui se ruine doucement sans obtenir aucune faveur.

Mais il arrive que les 'moutons' se rebiffent. Un beau matin, Pibrac, ulcéré de voir Marguerite se moquer de lui avec Turenne, quitte Nérac, retourne au Louvre et raconte par le détail à Henri III ce qui se passe à la Cour de Navarre.

Le roi entre dans une grande colère, traite sa soeur de putain et adresse immédiatement une lettre au Béarnais pour l'informer de l'inconduite de Margot.

Navarre, qui a tant à se faire pardonner, fait semblant de ne rien croire, mais s'amuse à montrer la lettre du roi, à Turenne et à Marguerite. Celle-ci, outrée de cette nouvelle perfidie, décide, pour se venger, de pousser son mari à déclarer la guerre au roi. Le prétexte est simple : les villes d'Agen et de Cahors, qui font partie de son douaire, sont retenues injustement par Henri III.

Pour convaincre le Navarre, il suffit d'y ajouter un peu d’excitation, et ce sera le rôle de la jeune Fosseuse.

Quelques jours après, Navarre se prépare à cette guerre qu'Agrippa d'Aubigné devait, avec raison, baptiser "la guerre des Amoureux".

Voici d'ailleurs ce que nous en dit l'auteur de l'Histoire Universelle.

« Nous avons touché, écrit-il, de la haine de la reine de Navarre contre le roi son frère,. Cela fit que, pour lui remettre la guerre sur les bras, à quelque prix que ce fût, cette femme artificieuse se servit de l'amour de son mari envers Fosseuse pour semer en l'esprit de ce prince les résolutions qu'elle désirait. Cette fille, craintive, pour son âge, au commencement, ne pouvait bien pratiquer les leçons de sa maîtresse. Elle la faisait aider par une fille de chambre, nommée Xainte, avec laquelle le roi de Navare familiarisait. Celle-ci, hardie, rapportait sans discrétion force nouvelles que la reine de Navarre recevait ou inventait de la Cour, soit les paroles de mépris que son frère disait en son cabinet, soit les risées de Monsieur et du duc de Guise, qui se faisaient à ses dépens devant la dame de Sauve. D'ailleurs, elle séduisit les maîtresses de ceux qui avaient voix au chapitre. Elle même gagna pour ce point le vicomte de Turenne, embarqué en son amour... »

Les hostilité commencent sans tarder. On se bat avec fureur dans toute la Guyenne, et Navarre parvient à prendre Cahors. Aussitôt, par représailles, les soldats du maréchal de Biron viennent jeter des boulets dans de nombreuses villes huguenotes qui sont incendiées.

A Nérac, Marguerite se croit à l'abri, car elle a obtenu de Henri III que cette ville "fût tenue en neutralité" sous la réserve expresse que Navarre ne s'y trouvât pas.

" Mais, nous dit-elle dans ses Mémoires, cette condition n'empêcha poin que le roi, mon mari, ne vînt souvent à Nérac où nous étions, Madame, sa soeur et moi, étant son naturel de se plaire parmi les dames, même étant lors fort amoureux de Fosseuse.

Ces considération l'ayant amené un jour à Nérac avec ses troupes, il y séjourna trois jours, ne pouvant se départir d'une compagnie et d'un séjour si agréables..."

Le maréchal de Biron n'attend que cette occasion. Il accourt avec son armée et "fit tirer sept ou huit volées de canon dans la ville, dont l'un donna jusqu'au château..."

C'est ainsi que l'amour faillit causer la destruction de Nérac …

Au mois de novembre, le duc d'Anjou vient entamer des négociations, qui aboutissent au traité de Fleix (26 novembre 1580). La "Guerre des Amoureux" était finie.

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Marguerite de Valois – 9/-

Publié le par Perceval

Nérac

Le charme de cette cour rayonne au loin, puisque Shakespeare y situe la scène de ses "Peines d'amour perdues". Ce ne sont que fêtes, concerts, poèmes, débats platoniciens sur "l'honnête amour", qui n'empêchent pas les galanteries plus terrestres, les deux époux fermant les yeux sur leurs infidélités réciproques.

À Nérac, Marguerite commence à s’entourer de gens de lettres. Outre le poète Salluste du Bartas, le magistrat et poète Pibrac, ou Agrippa d’Aubigné, elle entretient des échanges réguliers avec Montaigne. Ce mouvement s’amplifie considérablement durant le long séjour à Usson où elle rédige ses Mémoires.

Elle y reçoit une foule d’écrivains, tels Brantôme qui sera à l’origine de la rédaction des Mémoires. Elle y accueille aussi Honoré d’Urfé qui fait d’elle la nymphe Galatée dans l’Astrée. Enfin c’est à Paris, à l’hôtel des Augustins, où elle tiendra salon à partir de 1605 et jusqu’à sa mort en 1615. C’est l’époque du passage entre la Renaissance et le Grand Siècle, assurée par un brillant parterre d’artistes, d’écrivains et de philosophes dont elle s’est entourée. Citons les plus connus : Maynard, Mathurin Régnier, Théophile de Viau.

 

Catherine de Médicis imagine en ramenant Melle Dayelle au Louvre, attirer Navarre à Paris et disloquer ainsi le camp protestant. La jeune Grecque est donc chargée de s'attacher le Béarnais par tous les moyens, y compris les vices les plus singuliers. Au début du printemps 1579, Catherine de Médicis pense que le moment favorable à l'accomplissement de ses desseins est arrivé : elle annonce son départ. Mais Henri flaire la chose, et refuse de suivre ...

Henri oublie rapidement la belle Grecque : il prend pour maîtresse Melle de Rebours, l'une des demoiselles de la suite de Marguerite ; cette liaison reste courte.... Car, un soir, il découvre parmi les jeunes femmes qui hantent à présent le château de Nérac une ravissante blonde nommée Françoise de Montmorency ( la belle Fosseuse ) dont, il devient l'amant. Mais, nous allons y revenir...

A Nérac, Marguerite est heureuse de retrouver son rang, son château, son époux et l’on se côtoie agréablement. 

Elle se fait courtiser par le vicomte de Turenne, pendant qu’Henri s’occupe de la Rebours (fille d’honneur de Marguerite) et décide de gérer les maîtresses de son époux en instaurant la théorie de l’amour néoplatonicien ! « On muguette, on conte fleurette, mais il est interdit de déflorer ! ». Tout fonctionne jusqu’à ce que Navarre ait connaissance de la relation entre Turenne et Marguerite. Ne se laissant pas faire, la « guerre des amoureux » est déclarée en fin d’année 1579 : il s’agit de prendre les villes appartenant à l’un ou à l’autre, mais sans que ni l’un ni l’autre ne le sache : c’est le cas pour Cahors !

On parle de rupture, même si Marguerite est présente pendant les 17 jours de maladie du roi et qu’elle aide la Belle Fosseuse (maîtresse du roi) à accoucher d’une fille morte née. Nous y reviendrons ...

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Marguerite de Valois – 8/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 8/-

Parmi ces dames de ''l'escadron volant'' se trouve Mme de Sauve, qui a déjà partagé la couche de Henri de Navarre... Ainsi, Catherine de Médicis traverse t-elle la France sous les acclamations en ramenant à son gendre à la fois une épouse et une maîtresse...

La reine de Navarre, elle, a choisi parmi les hommes qui l'accompagnent un joli garçon dont elle apprécie, aux étapes, la vigueur et le savoir-faire ; c'était, dit-elle en souriant : son "petit amant de voyage"... Ce jeune homme est joueur de luth et se nomme Guillaume Raspault. Il fait partie du quatuor privé de la reine composé d'un violoniste, d'un autre luthiste et d'un joueur de musette.

- Anecdote de voyage.

Un chroniqueur raconte une anecdote au sujet de la Reine de Navarre et du joueur de luth, Guillaume Raspault, que, - en cette période estivale - je recopie ici :

« Au cours d'une halte dans la forêt de Chinon, Marguerite s'enfonça dans un fourré, en compagnie de Guillaume Raspault.

Après avoir cheminé à travers les fougères, ils trouvèrent un petit tapis de mousse sur lequel ils s'étendirent.

Quelques instant plus tard, ils se savouraient dans un grand désordre de vêtements et de champignons écrasés, quand soudain, un bruit de branches remuées leur fit tourner la tête : entre deux arbres, un magnifique cerf, l'ai hautain, les contemplait.

Effrayé, le joueur de luth s'immobilisa et s'aplatit le plus qu'il put pour former un bouclier vivant sur le corps de la reine de Navarre.

L'animal avança, intrigué, vint flairer le couple qui n'osait faire un geste, sortit une langue énorme, et lécha le visage de Margot. La jeune femme était sur le point de perdre les sens (ce qui eût été navrant si l'on considère les circonstances) quand un groupe de paysans fit bruyamment irruption dans la clairière.

D'un bond gigantesque, le cerf disparut dans la forêt.

Au même instant, quelques cavaliers en fringant équipage surgirent à leur tour.

- Il était là messeigneurs, leur expliqua l'un des paysans. Il léchait cette belle dame qui avait grand peur.

Et il ajouta, à l'adresse de Marguerite et de Guillaume, qui restaient bien entendu, dans la posture où le cerf les avait surpris : - Vous pouvez vous relever, il est parti.

Très embarrassés, les deux amants adressèrent aux chasseurs un sourire un peu figé.

- Merci ! bredouilla Guillaume, merci !

Et, nous dit le chroniqueur, qui rapporte cette anecdote, "le joueur de luth et la reine de Navarre, toujours l'un sur l'autre, comme bête à deux dos, bien que Guillaume Raspault ait depuis longtemps perdu de son beau maintien, n'osaient se redresser, de peur que leur fricatelle ne soit découverte".

Alors, brusquement, les cavaliers et les paysant, comprenant dans quelle situation critique se trouvaient Margot et son amant, éclatèrent d'un rire énorme, fantastique, qui attira plusieurs dames de la suite.

En reconnaissant la reine Marguerite, ces jeunes femmes se précipitèrent :

- Etes-vous souffrante, Madame ?

Les cavaliers répondirent en riant qu'il s'agissait d'un mal fort agréable et contèrent l'aventure en détail. On dut, pour les faire fuir, dévoiler l'identité de Marguerite.

Affolés, ils partirent au galop tandis que les paysans couraient en tremblant se cacher dans des taillis.Les deux amant purent alors se "rajuster, prendre l'allure innocente de chercheurs de fleurettes" et rejoindre leur carrosse.

Cette histoire, qui fut connue immédiatement de tous les "gens du voyage", fit la joie des amateurs de potins, irrita Catherine de Médicis, peina le chancelier Pibrac, qui était amoureux de Marguerite, mais n'arrêta pas la liaison de celle-ci avec le joueur de luth. »

 Le voyage se poursuit sans encombre, et, le 2 octobre, la reine de Navarre retrouve son mari à la Réole.

Marguerite de Navarre écrit dans ses Mémoires : « Le roi, mon mari, est devenu fort amoureux de Melle Dayelle ( de ''l'escadron volant''..) , ce qui n'empêchait pas que je reçusse beaucoup d'honneur et d'amitié du roi, qui m'en témoignait autant que j'en eusse pu désirer... »

Après un long séjour à Toulouse, Marguerite entre à Nérac, sa capitale, le 15 décembre 1578

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Marguerite de Valois – 7/-

Publié le par Perceval

L’escadron volant de Catherine de Médicis

Catherine de Médicis, après la mort de son mari Henri II en 1559 et le retrait de la favorite en titre, gouverne l’Etat pour de bon, conseillère de ses fils...

Exerçant le pouvoir, elle joue sur son statut de veuve pour légitimer ses ambitions. Mais il lui faut s’entourer d’autres femmes, jeunes et désirables, afin de redonner à la Cour un souffle nouveau.

Catherine ne les choisit pas au hasard. Elle les veut de haute naissance, donc issues des plus nobles maisons du royaume. Il est primordial qu’elles soient belles et emplies de charme, mais il faut aussi qu’elles aient de l’esprit, possèdent l’art de la conversation ainsi qu’un certain talent au chant et à la danse. Elle les prends sous sa protection, les nourrit, leur fournit des toilettes somptueuses, assure leur entretien et leur avenir : c’est un véritable honneur pour les familles, ravies de lancer leurs filles dans le monde, presque certaines de leur dégoter un mari convenable sans effort.

En retour, les demoiselles jouent le jeu. Elles deviennent l’ornement de la Cour, qu’elles égaient de leur élégance et de leur grâce, incarnant la féminité à laquelle Catherine a renoncé depuis son veuvage. Le contraste est non seulement saisissant, mais bénéfique pour la Reine mère :

Une demoiselle qui se donne facilement n’a aucun intérêt ! Il faut qu’elles soient désirables et longuement désirées pour fixer durablement les guerriers à la Cour, les intéresser. On s’embrasse, on se courtise, on s’adresse quelques sourires aguicheurs...

Ainsi, les femmes qui composent « l’escadron volant » de Catherine de Médicis deviennent de précieuses informatrices pour la Reine mère, qui n’hésite pas à se servir d’elles à des fins politiques. Séduire, faire parler et convertir aux intérêts de la couronne les plus vulnérables, voilà à quoi elles peuvent servir.

  • Il leur était formellement interdit d'avoir "l'enflure du ventre" et apprenait toutes les techniques pour ne pas tomber enceinte.

  • Il leur était aussi interdit de tomber amoureux de leur objectif (c'est que qui arriva malheureusement pour le Balafré et Charlotte de Sauve, ainsi que pour la belle Limeuil et Condé).

Renée de Rieux de Chateauneuf (née 1550-?) fut la première maîtresse du futur Henri III de 1569 à 1571. Louise de la Béraudière (surnommée la Belle Rouet) a la réputation d'avoir été la première à déniaiser deux des fils de Catherine, le futur Henri III et le futur Charles IX. Elle eut ensuite pour mission de séduire Antoine de Navarre (père du futur Henri IV) qui abjura le protestantisme pour les beaux yeux de Louise..

Henri de Navarre, est séduit par madame de Sauve mais aussi par une demoiselle de Rouet, fille d'honneur de la reine. Extrêmement séduisante, Charlotte de Sauve ( mariée ) est ensuite la folle passion du duc d'Alençon, fils de Catherine de Médicis et devient sa maîtresse vers 1578. En 1587, elle est la maîtresse très aimée de Henri le Balafré, duc de Guise (1550-1588)

Isabelle de Limeuil (décédée en 1609), (qui était catholique) a pour mission de séduire le frère d'Antoine de Navarre, le très prude et récemment veuf, Louis de Bourbon, prince de Condé, qui est de plus, prince protestant. Elle devient sa maîtresse en 1563.


Brantome (qui tombera amoureux à intervalles réguliers des filles d’honneur de la reine) décrit cet Escadron comme « une belle troupe de dames et damoiselles, créatures plutôt divines qu’humaines, qui brillaient aux entrées de Paris et d’autres villes, aux sacrées et superlatives noces des rois de France et de leurs sœurs, à l’entrevue de Bayonne et ailleurs, toutes plus belles les unes que les autres et ornées en de telles fêtes de livrées, toutes plus gentilles les unes que les autres. On les voyait reluire dans une salle de bal, au Palais ou au Louvre, comme étoiles en ciel en temps serein, et qu’il faisait beau les regarder aussi, quand la reine allait par pays, en sa litière étant grosse, ou qu’elle allât à cheval en l’assemblée ! Elles la suivaient à quarante ou cinquante, sur de blanches haquenées bien harnachées, merveilleuses sous leurs chapeaux garnis de plumes qui demandaient l’amour ou la guerre. Elles étaient religieuses de Vénus et de Diane, il fallait qu’elles eussent bien de la sagesse et bien de l’habileté pour se garder de l’enflure du ventre ! »

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Marguerite de Valois – 6/-

Publié le par Perceval

A Liège, elle reçoit un accueil chaleureux de la part des seigneurs flamands et allemands qui organisent des fêtes somptueuses en son honneur. Finalement, elle n'a pas le temps d'aller jusqu'à Spa, distante de sept lieues, et doit se faire apporter les eaux dans des tonneaux .....

Tout va donc pour le mieux, quand elle apprend par une lettre de son frère que le roi est au courant de ses entretiens avec les Flamands. Après être entré dans une formidable colère, il a averti les Espagnols, dans l'espoir que Marguerite soit arrêtée comme conspiratrice...

Affolée, la reine de Navarre prévient ses dames d'honneur, leur dit de laisser là robes, bagages, cadeaux, parures, bijoux, et de se préparer à partir d'un instant à l'autre ; puis elle court voir quelques amis favorables au duc d'Anjou et obtient des chevaux. Deux heures plus tard, Marguerite et toute sa suite galopent à bride abattue en direction de la France.

Après cinq jours d'un voyage mouvementé, les fugitives, harassées, arrivent enfin à la Fère, ville qui appartient au duc d'Anjou. François s'y trouve, attendant sa soeur avec impatience.

Le frère et la sœur, rejoignent le roi et le Louvre, chacun laissant croire que la concorde est revenue...

 

En février 1578, d’Alençon s’enfuit du Louvre. Et Marguerite demande à Henri III de l'autoriser à rejoindre son époux à Nérac.

Le roi, qui ne décolère pas depuis la fuite du duc d'Anjou, va refuser une fois de plus, quand Catherine de Médicis intervient : « Ma fille, vous irez en Guyenne, et je vous accompagnerai... »

Ce n'était pas par pure bonté d'âme que Catherine de Médicis accepte d'aller voir son gendre ; mais pour des raisons politiques. Depuis quelques mois, une agitation huguenote assez inquiétante est signalée en Languedoc, et pour parer à une nouvelle menace de guerre civile, la Florentine juge prudent de se rendre sur place.

La longue suite de carrosses traversa la Touraine, le Poitou, soulevant un enthousiasme considérable dans le peuple, tout heureux de voir les deux reines et tant de jolies femmes derrière elles. Catherine de Médicis, pour améliorer les rapports avec certains chefs huguenots, a jugé bon, en effet de se faire accompagner de ''l'Escadron Volant'' au grand complet ...

''L'Escadron volant '' ...? On en parle dans le prochain article .... A suivre.

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

Ecole FLAMANDE du XVIe siècle, atelier de Martin van CLEVE

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Marguerite de Valois – 5/-

Publié le par Perceval

Marguerite, est aussi une véritable amazone de la politique, conforme au rôle, alors reconnu aux femmes de l'aristocratie... Sous prétexte de prendre les eaux à Spa, dans l'actuelle Belgique, Marguerite se rend dans les Flandres 1577 pour y convaincre les seigneurs révoltés contre Philippe II de choisir comme souverain François d'Alençon, le tout à la barbe de don Juan d'Autriche...

Brantôme (Richard Bohringer) « muguète » une dame galante, à dr. chez Mme de Retz, dans le film de Tacchella (1990) ...

Mais avant : le 15 mai 1577, Catherine de Médicis donne dans les jardins du château de Chenonceaux un banquet où toutes les licences seront admises.

"En ce beau banquet, nous dit Pierre de l'Estoile, les dames les plus honnêtes et les plus belles de la Cour, étant à moitié nues et ayant leurs cheveux épars comme épousées, furent employées à faire le service." Mme de Sauve est, paraît-il, décolletée jusqu'à la ceinture. 

 

Elle n'est pas la seule à exposer aussi généreusement ses appas, car l'Estoile nous dit qu'en ce printemps de 1577:

 "les dames et les demoiselles semblaient avoir appris la manière des soldats de ce temps, qui font parade de montrer leurs poitrinals dorés et reluisants quand ils vont faire leur montre, car tout de même elles faisaient montre de leurs seins et poitrines ouvertes et autres parties pectorales, qui ont un perpétuel mouvement, que ces bonnes dames faisaient aller par compas ou mesure comme une horloge, ou, pour mieux dire, comme les soufflets des maréchaux, lesquels allument le feu pour servir à leur forge".

On les embrasse dans le cou, on les culbute dans l’herbe, on les baise contre les arbres. » extrait de ''Catherine de Médicis – La Reine de Fer'', par Raphaël Dargent (2011)

.« Les halètements se mêlent aux rires, les corps n’en peuvent plus, tendus à l’extrême. C’est une obsession : se plonger dans les crinières odorantes, se presser contre les croupes aguichantes. Les corps sont offerts, à qui veut les prendre : poitrines généreuses, tendues sous les corsages, humides de sueur ; lèvres brillantes, rouges et charnues : cous blancs, doux et chauds.

Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes : certains affirment que Catherine réprouve farouchement la débauche, et son « escadron volant » ne mérite pas une réputation aussi sulfureuse. La Cour des Valois n’est pas une Cour dissolue. Si certains se font une joie d’exagérer des scandales ou d’en inventer de toutes pièces, c’est parce qu’ils ne savent pas comment réagir face à cette nouvelle société qui prend forme, une société où la femme possède une place à part entière, répandant à la Cour un vent de sociabilité et de sentiment amoureux...

 

Le départ pour les Flandres a lieu le 28 mai 1577.

A Cambrai, Marguerite trouve sur place ce qu'il lui faut, en la personne de M. d'Inchy, le gouverneur, dont elle fait la connaissance au cours d'un bal organisé par l'évêque. Ce saint homme, se retire après le souper, effrayé sans doute par la tournure que semblent vouloir prendre les choses.

Lorsque l'orgie à laquelle participent benoîtement toutes les grandes dames de la ville bat son plein, la reine de Navarre s'éclipse à son tour dans ses appartements avec M. d' Inchy qui se montre si valeureux amant qu'elle lui demande s'il veut l'accompagner dans son voyage.

Le gouverneur accepte, et le plaisir de visiter un pays inconnu se double pour la reine Margot des délices d'une lune de miel …

Elle n'oublie pas pour autant sa mission. D'ailleurs, cette aventure galante fait partie d'un plan.

Marguerite, dans ses Mémoires, laisse entendre, en effet, qu'en se faisant accompagner par le gouverneur de Cambrai, elle pense gagner celui-ci à la cause du duc d'Anjou ( d'Alençon)... Dans toutes les villes où elle s'arrête - et où on lui fait fête - elle sait fort habilement parler de François, vantant ses mérites et promettant même des charges et des titres à ceux qui voudraient aider ce frère chéri à conquérir les Pays-Bas.

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Marguerite de Valois – 3/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 3/-

Sur l'oreiller, la Mole, entretient Marguerite d'un complot ourdi par lui et Henri de Navarre... L’époux de Marguerite, veut détrôner le roi et y placer François d’Alençon, son frère cadet.

''Fille de roi'', Marguerite prévient aussitôt Catherine de Médicis...

Immédiatement, le duc d'Alençon et le roi de Navarre sont enfermés dans leurs appartements, et accusent La Mole, qui est soumis à la question, condamné à mort et exécuté en place Saint-Jean de Grève à Paris. (1574)

La Reine Margot - Film 1994 - Extraits: Margot et La Mole Chanson : Adagio Lara Fabian

Marguerite manifeste du chagrin ... Elle suspend à sa ceinture, pour afficher son deuil, une breloque, en forme de tête de mort comme on les aime à l’époque...

Quant à Henri de Navarre, il quitte Paris. Marguerite ira le rejoindre en 1578.

On dit que Marguerite essaie consciencieusement – pendant une semaine - d'être fidèle à la mémoire du cher disparu. Mais les meilleurs sentiments ne résistent pas longtemps aux poussées d'une nature généreuse. Marguerite se sent dans un état de grande surexcitation qui la gêne pour trouver ses mots et l'empêchait de s'asseoir. Il lui faut un calmant. Elle le trouve en la personne d'un garçon de la Cour, réputé pour son intarissable vigueur. En quelques séances, il apaise le tourment de Margot.

Alors la jeune reine recommence à fréquenter les bals.

Un soir, elle rencontre le beau Charles de Balzac d'Entragues et devient sa maîtresse.

Elle ignore que ce gentilhomme est poussé vers elle par le duc de Guise, qui veux ainsi la rapprocher de son parti..

Charles IX meurt le 30 mai 1574, il avait vingt-quatre ans.

Le nouveau roi Henri III s'irrite de la nouvelle liaison de sa sœur ; et la reproche à Henri de Navarre, qui sans aucun remord se livre à la débauche la plus effrénée...

Un peu plus tard, c'est de Louis de Clermont d'Amboise, seigneur de Bussy, que Marguerite devient la maîtresse...

C'était un élégant jeune homme, "escalabreux, brave et vaillant", qui passe son temps à se battre en duel et à entrer dans le lit des jolies femmes de la Cour. Au contact de Marguerite, ce bouillant garçon se déchaîne et ce n'est entre eux que "concupiscence effrénée, conjonction cachée et consommation à l'écart".

 

Bientôt, ils commettent des imprudences. Un soir, quelqu'un les aperçoit, alors "qu'il la baise toute en jupe sur la porte de sa chambre".

 

Henri III ne tarde pas à être mis au courant des distractions que Marguerite s'offrent dans les couloirs du Louvre.

 

Bussy échappe à une tentative d’assassinat, et après quoi, il juge prudent de "changer d'air". Il quitte Paris le 22 mai 1575... Il tentera de séduire la dame de Montsoreau, et sera tué dans le piège que lui tendra le mari de celle-ci, le 19 août 1579

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Marguerite de Valois – 2/-

Publié le par Perceval

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Catherine de Médicis et ses enfants - Charles IX, Henry III, François Duc d'Alençon, et Marguerite de Navarre

Marguerite de Valois naît en mai 1553 au château de Saint Germain. De ses 5 frères et ses 2 sœurs, le futur Charles IX la surnomme Margot. Elle reçoit une éducation de princesse à Amboise : littérature, danse et musique.

Elle est élevée dans la crainte de sa mère Catherine de Médicis, et n’a que 6 ans lorsque son père meurt.

Grande, mince, la taille fine, le teint de neige, la chevelure brune, les yeux sombres, la démarche souple et légère : Marguerite de Valois, est incontestablement belle, très belle. Au printemps 1569, dans toute la fraîcheur de ses seize ans, elle a acquis un charme et une grâce irrésistibles, elle prend conscience de sa séduction; et s'éveille à l'amour.

Les premiers balbutiements de son coeur sont pour le jeune duc Henri de Guise (1549 - Blois 1588) ( dit Henri Ier le Balafré ), duc de Guise

L'héritier de la Maison de Lorraine a presque dix neuf ans et toutes les qualités pour séduire une adolescente romanesque. Grand, athlétique, des cheveux couleur de blé, des yeux myosotis, lorsqu'il s'incline devant Marguerite, l'aimable demoiselle lui décoche son plus rayonnant sourire...

Margot ne peut résister bien longtemps. Elle succombe aux caresses et aux baisers volés, découvre la volupté et, audacieuse, multiplie les rencontres. Prudents, les jeunes gens dissimulent leur idylle. Seul le cardinal de Lorraine, l'oncle d'Henri, la remarque et l'encourage … Mais, Marguerite est surveillée, et dénoncée.. Henri d’Anjou connaît la folle ambition des Lorrains, qui rêvent d'accéder au pouvoir, par quelque moyen que ce soit. A son tour, il prévient sa mère, Catherine de Médicis...

Henri et sa mère se méfie de Marguerite ; et lui reprochent cette ''trahison''. Un complot est monté contre Henri de Guise, il quitte la Cour et se voit marier à Catherine de Clèves (1570).

Charles IX (1550 – 1574) et Catherine de Médicis, amadouent le roi de Navarre. Le roi veut se venger de ses ennemis, et accorde la main de sa sœur à un huguenot...

 

Le 20 juillet 1572, le roi de Navarre arrive à Paris, avec 800 gentilshommes, le mariage est célébré en août.

 

 

 

Marguerite de Valois a 20 ans lorsqu’est célébré au Louvre son mariage avec Henri, roi de Navarre (1553-1610), qui deviendra le futur roi Henri IV... On ne sait pas si l’affaire était préméditée mais c’est pendant les fêtes accompagnant la noce, qui a attiré à Paris la noblesse calviniste et réformée, que sont perpétrés les massacres de la Saint-Barthélemy.

A la suite de ces événements, Henri de Navarre est 'retenu prisonnier' et ne s’échappera que 4 ans plus tard.

Parmi les favoris de François de France (1555-1584, François d'Alençon, duc d'Anjou et dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis),- je rappelle qu'à la Cour de Charles IX, il prend la tête du parti des Malcontents et complote avec Henri de Navarre pour s'imposer comme successeur du roi à la place de son frère Henri …- , donc parmi les favoris de François d'Alençon se trouve le seigneur Boniface de La Mole (1526-1574), célèbre comme beau danseur et fort aimé des dames... Et fort dévot ! Après la messe, il s’emploie à l'amour, persuadé « que la messe ouïe dévotement expiait tous les péchés et paillardises qu'on eût su commettre ».

Un jour, il rencontre Marguerite, moulée dans une robe de brocart, le corsage ouvert, laissant voir cette gorge "pleine et charnue, dont mouroient tous les courtisans", et il en tombe immédiatement amoureux...

La volcanique reine de Navarre a remarqué Boniface depuis longtemps... Séduite par ce bel homme, elle sent s'allumer en elle une espèce de feu "qui lui embrasait le bijou", et elle attend avec impatience qu'il veuille bien lui faire un signe...Ce jour là, il se permet un regard un peu insistant.

L'effet dépasse ses espérances. Marguerite bondit sur lui, le prend par la main et le traîne dans sa chambre, où leurs amours sont si peu discrètes que, deux heures plus tard, toute la Cour sait que la reine de Navarre a un amant de plus.

A suivre ...

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