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Articles avec #cinema tag

La femme sur la Toile -2/2-

Publié le par Perceval

Affiches de films de 1928 à 1968

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La femme sur la Toile de 1939 à 1960...! -1/2-

Publié le par Perceval

Affiches de Cinéma entre 1939 et 1960 ....

 
 

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Chantal Akerman

Publié le par Perceval

La cinéaste Chantal Akerman, vient de se donner la Mort. Née en 1950, Chantal Akerman a grandi à Bruxelles et venait d'une famille juive de Pologne, qui fut déportée à Auschwitz. Sa mère y survécut.

 

 

 

 

Chantal Akerman a réalisé un très beau film sur la nature du lien qui peut se tisser entre un homme et une femme, sur le mystère du lien amoureux...

Chantal Akerman, cet été (2105) à Locarno. --->

Ce film '' La Captive '' est construit sur ce qui nous est donné par Proust avec '' La Prisonnière '', et sur ce que nous savons du Cinéma, comme avec Hitchcock, dans Vertigo...

Hauts talons d'une femme marchant dans la Place Vendôme. La caméra suit cette vision élégante jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans une voiture. Un jeune homme (Stanislas Mehrar) suit, en gardant les yeux sur les talons.

Dans '' La Captive '', Ariane (Sylvie Testud) et Simon partagent un grand appartement parisien. Sage, oisive, un peu molle, Ariane va de musée en exposition et de concert en réception. L'inquiétude de Simon est permanente ; il sait qu'avant de le rencontrer, Ariane a aimé des femmes... L'aime-t-elle vraiment ? En est-elle seulement capable ?

Il veut tout savoir d'elle, la suit, la fait accompagner dans ses sorties, et la soumet à un questionnement incessant. Il se doute qu'elle a une double vie, et cela ne fait qu'exacerber sa douleur, son impuissance et sans doute son désir d'elle.

Ci-dessous : ce que Chantal Akerman, disait dans un entretien sur ce film :

« Dans La Prisonnière, Albertine est libre, elle aime les femmes, et le Narrateur est totalement démuni par rapport à ça...(...) Proust montre combien l’amour homosexuel est une vraie prise de risques, qui te prend toute ta vie. (…) Charlus, c’est l’absolue perte de soi, alors que même Swann finit par sortir de sa douleur, mais lui est juif, encore quelque chose qui me concerne de très près.

 Et j’ai toujours été fascinée par le récit de sa mort, quand Proust décrit comment ses traits de juif ressortent de son visage à l’approche de la mort… Le tout début de La Recherche aussi m’intéresse beaucoup, tout le rapport avec sa mère, mais j’en ai marre de faire des choses liées à la mère, même si je sais qu’on n’en a jamais fini…

(…) Pour les relations sexu

elles entre le Narrateur et Albertine, par exemple, j’ai repris quasiment point par point ce que Proust écrit, comment il se tient derrière elle, comment il la frôle, comment il l’appelle dans sa chambre, ou va dans la sienne, comment il la caresse quand elle dort, ou fait semblant de dormir, comment elle dit “Andrée” dans son sommeil, mais c’est sa main à lui qu’elle tient, et comment les deux jouissent. C’est une des choses les plus fortes jamais écrites pour montrer combien au fond, c’est toujours l’imaginaire qui te fait jouir. C’est une situation qui fait fonctionner leur imaginaire à tous les deux, et il n’y a pas besoin de pénétration, c’est une jouissance provoquée par leur imaginaire, une cérémonie sexuelle qui les lie, un cérémonial très au point entre eux deux, jusqu’à ce que sa jalousie à lui et son questionnement permanent devienne plus pesant que le plaisir partagé pris à ce cérémonial. C’est pour ça que quand on dit “C’est un bon coup” ou des trucs comme ça, ça ne veut rien dire, c’est ridicule. L’important est que le partenaire fasse fonctionner ton imaginaire, sinon il n’y a pas de jouissance.

Et c’est bien pour ça qu’Albertine reste chez lui, et ne parvient pas à le quitter, part pour mieux revenir, malgré sa jalousie et ses interrogatoires permanents, parce qu’elle jouit. »

Chantal Akerman observe sans ironie ce drôle de couple où les amants s'étreignent tout habillés et ne paraissent jamais si proches que bavardant à travers la vitre d'une douche ou mêlant leurs ombres au cours d'une promenade.

*****

Ce besoin de percer le secret de l'autre et les filatures qui en résultent font écho à l'intrigue de Vertigo (Sueurs froides) d'Alfred Hitchcock. À l'instar de Scottie (James Stewart), Simon suit Ariane dans un musée et l'observe en train de contempler une œuvre d'art. La coiffure de la Femme slave d'Auguste Rodin (1906) évoque le chignon de Madeleine (Kim Novak) et de Carlotta, le personnage du tableau, dans le film d'Hitchcock.

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La dame de Shanghai

Publié le par Perceval

Rita Hayworth, atteint son apogée de star avec le film Gilda (1946) de Charles Vidor.

Alors qu’ils sont en instance de divorce, Orson Welles lui offre, comme un cadeau de rupture, son meilleur film, La Dame de Shanghai.

Je viens de revoir ''La Dame de Shanghai '' (1947) un film de Orson Welles avec Rita Hayworth et Orson Welles...

Un film 'décalé' ( pas seulement parce qu'il est de 1947...) et envoûtant...

Plus qu'une histoire, il s'agit d'une atmosphère, d'un cauchemar... Chaque plan porte une charge d’insolite, de jeu entre les apparences trompeuses et la réalité.

Ce film est un jeu sur l'image et l'univers possible que l'on peut créer avec des images : de la fiction, de la romance, du rêve d'un monde sans rêve, de la réalisation de la beauté comme promesse. On se rend compte de la nature fascinante, magique et mythique, de l'image cinématographique, capable de métamorphoser la beauté, en apparence démoniaque et fatale...

Dans le palais des mirages, à la fin du film, images et réalité s'auto-détruisent... Ainsi ce film, démontre la force mythique, et ici le mensonge et l'artifice de l'image de la Femme : fascinante, séductrice, fatale … L'œuvre crée à la fois la belle apparence et en conjure la magie : la belle apparence est mortelle...

En ce qui concerne l'histoire, dès le départ le personnage d'Elsa 'Rosalie' Bannister est bordé de mystère, on ne sait pas trop ce qu'elle fait seule dans la calèche en pleine nuit, au beau milieu de Central Park. Welles la présente comme une tentatrice fatale, il fait jouer les couleurs... Elle apparaît dans la nuit noire, resplendissante, vêtue de blanc, on ne voit qu'elle... Tout y est, regards, sourires, beauté perfide et captivante. Rapidement, Michael O’Hara ( O. Welles ) n'est pas en mesure de résister aux provocations d'Elsa et lorsqu'elle lui propose de la suivre dans le yacht de son mari, Arthur Bannister (Peter Sloane), il accepte juste pour la revoir.

Le mari ( Bannister) insiste lui-même pour que qu’O’Hara vienne avec eux en croisière... !

Pendant le voyage, Michael fait la connaissance de l’associé du mari, l’ignoble George Grisby (Glenn Anders), personnage repoussant: voyeuriste, suintant, mesquin, vicieux et sympathisant d’extrême-droite. O’Hara pénètre ainsi un univers qui le répugne, peuplé d’individus morbides qui se haïssent mais qui restent pourtant inséparables.

En les approchant, O’Hara entre dans leur jeu : on n’échappe pas au désir de l’autre. C’est alors que Grisby fait une étrange proposition à Michael : accepter d’endosser la responsabilité de son propre meurtre contre 5000 dollars. Avec l’argent, O’Hara pourrait convaincre Rosaleen de le suivre et de quitter son mari. Il accepte, et tombe ainsi dans une sombre machination...

Il y a l'amour de Michael, amoureux de Rosalie, ou plutôt de son image, de ce qu’elle incarne par la façon dont il l’idéalise et qui devient un pantin pathétique, profondément meurtri, dont le cynisme apparent cache une souffrance réelle. L'amour de Grisby fait de désir physique et de haine de Bannister... Et, Rosalie, à force d’être aimée de tous, elle ne peut aimer personne. Elle joue de l'amour qui devient pervers... Cette relation n'est plus qu'un jeu d’identification où les uns se définissent par rapport aux autres comme l’explicite la scène des miroirs. « Te tuer c’est me tuer moi-même, c’est la même chose » dit Bannister à sa femme avant leur fusillade. Ce qui se brise, aussi, avec les miroirs c’est l’image de Rosaleen, l’image qu’en avait Michael, son idéalisation.

Le dialogue renvoie à l’histoire de ''la grenouille et du scorpion'' de Mr Arkadin ( autre film de O. Welles) . Que l’on soit grenouille comme O’Hara ou scorpion comme Rosaleen, s’est toujours par un consentement mutuelle que l’un pique l’autre.

Welles filme le désir entre Michael et Elsa, le malaise (gros plans sur les visages masculins dégoulinant de sueurs) et enfin le malheur sur la scène finale, (plans rapprochés sur les visages des époux qui s'entretuent).

La Dame de Shanghai est un film qui ne ménage pas le spectateur. La star de l'époque Rita Hayworth, de splendide femme rousse devient ici une froide blonde calculatrice, qui meurt lamentablement et dans l’indifférence du héros. L’intrigue, elle-même déroute, semble incompréhensible, et finalement Welles la relègue au second plan au profit d’une mise en abyme des rapports aliénants des personnages. Enfin, la conception narrative du cinéma classique est bousculée par la modernité du récit orienté vers l’abstraction et la métaphysique.


La Grenouille et le scorpion

Un jour, sur le rivage d’un étang, un scorpion pensif rêvait de se promener sur l’autre rive, mais il ne savait pas nager. Au loin, il aperçut une grenouille, il l’appela et lui demanda :

– « Bonjour, Grenouille, je voudrais traverser cet étang mais je ne sais pas nager. Pourrais-tu m’aider ? » – « Oui, je veux bien mais comment le pourrais-je ? », lui répondit la grenouille surprise. – « Porte-moi sur ton dos jusqu’à l’autre berge », lui dit le Scorpion. – « Certainement pas. Si je le faisais, tu me piquerais et je mourrais », répondit la Grenouille. – « Mais pas du tout, je ne te piquerais pas car sinon tu coulerais et je coulerais avec toi», lui rétorqua le Scorpion – « C’est vrai. Tu as raison. Alors d’accord! », lui répondit la Grenouille, convaincue et rassurée.

Le Scorpion monte sur le dos de la grenouille. Celle-ci commence à nager en direction de l’autre berge. Mais au milieu de l’étang, le Scorpion relève sa queue et pique la grenouille qui se paralyse et coule.

– « Je vais mourir et tu m’avais pourtant promis que tu ne me piquerais pas. Tu vas mourir également, d’ailleurs, puisque tu ne sais pas nager », s’exclama la grenouille. « Je sais, Grenouille, mais vois-tu, c’est dans ma nature… Je n’ai pas pu m’en empêcher », conclut le scorpion.

Et la Grenouille et le Scorpion sombrèrent dans les eaux profondes de l’étang.

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Lika, un amour de Tchekhov

Publié le par Perceval

Lika et Tchekhov, film '' Anton Tchékhov 1890 "

Lika et Tchekhov, film '' Anton Tchékhov 1890 "

Lydia Stakjevna Mizinova (Lika) (1870-1937)

Lydia Mizinova, surnommée « Lika », est reçue chez les Tchekhov en octobre 1889. Elle enseigne la langue russe dans le gymnase privé de L.F. Rjeskaïa où enseigne également Marie Tchekhov, et elles sont liées d’amitié. C’était une très belle jeune femme aux cheveux blonds cendrés, aux yeux gris, et comme le dit Tchekhov, « aux sourcils de zibeline ». Elle n’a que vingt ans.

Elle tombe passionnément amoureuse de Tchekhov. Il est sensible à son charme, mais il reste aussi sur la défensive et bien décidé à ne pas s’engager avec elle. En avril 1890 il part pour Sakhaline et ne lui écrit pas pendant les six mois que dure son voyage, alors qu’il écrit de nombreuses lettres à sa famille et à Souvorine.

 

En juin 1891, il écrit :

« Chère Lydia ! Je vous aime passionnément, comme un tigre, et vous offre ma main ! »

Par contre, le 28 juin 1892 :

« Noble et brave Lika ! Dès que vous m’eûtes écrit que mes lettres ne m’engageaient à rien, j’ai respiré librement sans craindre que quelqu’un, voyant ces lignes, m’oblige à me marier avec un monstre tel que vous. En vous, Lika, habite un gros crocodile et je fais bien d’écouter mon bon sens et non mon cœur mordu par vous. Allons, au revoir, épi de maïs de mon âme ! J’envie vos vieilles chaussures qui vous voient chaque jour ! »

Il maintient le trouble, la maltraite par son rejet, sa froideur... Sans doute cherche t-il à préserver sa solitude ( d'écrivain), mais lui-même s'interroge sur son insensibilité, son incapacité d’éprouver un véritable sentiment amoureux...

Avec le temps, il se montre de plus en plus indifférent et cruel tout en entretenant ce lien douloureux... Il la critique durement quand, lassée de l’attendre en vain, elle a une liaison avec son ami le peintre Lévitan.
En 1894, elle se laisse séduire par l’écrivain Potapenko qu’elle avait souvent rencontré chez les Tchékhov à Melikhovo. Ces liaisons avec des amis très proches de Tchékhov sont une provocation - et un appel au secours qui lui est adressé.

Elle lui écrit : « Il y a un seul homme au monde qui aurait pu encore me retenir de cette autodestruction consciente, mais cet homme ne s’intéresse nullement à moi. Écrivez-moi, je vous en supplie, et n’oubliez pas celle que vous avez abandonnée ».

Séduire et abandonner... Ce scénario constitue la trame sur laquelle se tissent la plupart des pièces de Tchekhov. Platonov et Ivanov sont d’odieux séducteurs, narcissiques, désinvoltes, inconstants et cruels. Mais au-delà du marivaudage, on ressent chez eux le remords et la culpabilité de faire souffrir, et la douleur de l’impuissance d’aimer-jusqu’au désespoir.

Vera Komissarzhevskaya, le premier interprète du rôle de Nina Zarechnaya La Mouette, un film de 1972

- Les péripéties de l’aventure de Lika avec Potapenko et ses conséquences dramatiques pour elle se retrouvent clairement dans « la Mouette » sous les traits de Nina et de Trigorine.

Potapenko n’était pas libre et n’avait jamais envisagé de quitter sa femme. Il abandonne Lika à Paris en octobre 1894. Elle est enceinte. Seule, réfugiée en Suisse, elle écrit à Tchékhov plusieurs lettres désespérées. Il les trouve à Nice fin octobre. Elle lui avait écrit :
« Il est clair que je suis condamnée et que ceux que j’aime me dédaignent. C’est pourquoi je voudrais aujourd’hui vous parler. Je suis très malheureuse. Il ne reste pas trace de la Lika d’avant ; Il me semble que vous avez toujours été indifférent à l’égard des gens.. »

Tchékhov ne répond pas.

En décembre, elle l'appelle encore :

« Il y a bientôt deux mois que je suis à Paris et je n’ai pas un mot de vous. Est-il possible que vous soyez fâché contre moi ? Sans vous, je me sens complètement perdue et rejetée. Je donnerais la moitié de ma vie pour être à Melikhovo, me trouver assise sur votre divan et parler avec vous ».

Non seulement Tchékhov ne répond pas, mais il renoue avec Potapenko dont la conduite envers Lika l’avait pourtant indigné peu de temps auparavant."

Dans sa préface intitulée Tchekhov et les femmes (dans La Dame au petit chien et autres nouvelles), Roger Grenier souligne cette difficulté, sinon impossibilité, d’aimer, ouvertement avouée dans la nouvelle intitulée Vera : « Il voulait découvrir la raison de son étrange froideur. Il voyait bien qu’elle était en lui-même, et ne provenait pas d’une cause extérieure. Il reconnut que ce n’était pas la froideur dont se piquent si souvent les gens intelligents, ni la froideur d’un fat imbécile, mais une simple impuissance de l’âge, l’incapacité de ressentir profondément la beauté, une vieillesse précoce acquise par l’éducation, par la lutte désordonnée pour gagner son pain, par la vie isolée dans une chambre d’hôtel. » Grandi avant l’âge, Tchekhov ne croit pas au bonheur mais à « quelque chose de plus sage et de plus grand ».

Sources : Une psychanalyste lit Tchékhov, Annie Anargyros

Jenna Thiam dans ''Anton Tchékhov 1890 '' film 2015

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