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L'Art d'aimer au Moyen-Age- 1/2 -

Publié le par Perceval

L'Art d'aimer au Moyen-Age- 1/2 -

 

« Apprenons l'art d'aimer, de plaire tour à tour. Ne cherchons en un mot que l'amour dans l'amour... » Lettre d’Héloïse à Abélard.

 

 

L'espèce humaine est la première à inscrire les relations entre les sexes dans une conception globale du monde. Elle fait même de ''l'amour'' et de ses interdits un des fondements majeurs des premières civilisations...

Pour les premiers humains, la femme est accueil, lieu de ressourcement ; l'homme est puissance et mouvement ; la femme est ''terre'', l'homme est ''ciel'', disent les peuples des débuts. La femme a un projet de vie : la transmettre. L'homme a un projet de conquête, par peur de la mort. Les hommes ont peur des femmes qui, en leur donnant la vie, leur donnent du même coup la mort.

A partir du XIe siècle, alors que dans le reste du monde diminue encore très largement la polygamie, au moins pour les maîtres, l'ordre social commence à se réinstaller assez solidement en occident et à imposer la monogamie.

En 1074, au concile de Rome, le pape Grégoire VII continue d'interdire aux prêtres de convoler. Pour lui, la femme reste la tentatrice, et la sexualité un symbole du péché...

Cependant, du fait des guerres et des croisades, les femmes prennent de l'assurance, tiennent parfois la place du 'seigneur'... Le mariage devient une forme de vie théologiquement acceptable : en 1123, le premier concile de Latran affirme que l’accès à la béatitude céleste n'est point réservée aux vierges, qu'il est permis entre époux. En matière sexuelle, l’Église a le plus grand mal à imposer ses règles, en particulier interdire aux prêtres de vivre avec des concubines ...

En ce XIIe siècle, se créent des assemblées souvent féminines, dites cours d'amour, où l'on devise sur l'amour : venu de Byzance et des pays de culture grecque, Eros réapparaît sous la forme d'un coup de foudre meurtrier. Dans ce cours, le jour de la Saint-Valentin ( lequel devient à ce moment le 'patron' des amoureux), les seigneurs chantent et complimentent dames et demoiselles. Des chartes établissent les nombreuses règles...

Une des premières vois de femmes s'exprime, vers 1160, Marie de France écrit : « Ni vous sans moi, ni moi sans vous », dans son Lai du chèvrefeuille. Dans la première partie du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris, vers 1235, une jeune femme attire un jeune homme près d'une fontaine du jardin de Déduit où Eros lui décoche une flèche en plein cœur.

Inspirés par les pratiques et les lectures d'Arabie, d'Inde, ainsi que des classiques grecs et latins, les croisés réimportent l'érotisme et l'amour en Europe.

L'Eglise continue de tenter d'endiguer l'amour, qu'il soit réel ou courtois. Elle se résigne néanmoins au XIIIe s., à ce que les conjoints s'aiment. En 1204, Innocent III proclame que le mariage est l'un des sept sacrements, mais les théologiens disputent toujours sur la nature de ce sacrement.

Sources : Amours de Jacques Attali.

Les illustrations proviennent de différentes éditions du '' Roman de la Rose''

Le Roman de la Rose est une des oeuvres importantes de la littérature médiévale française. Il comporte deux parties.

La première partie fût écrite par Guillaume de Lorris, vers 1237.

Le poète a la vision, dans un songe de son destin amoureux. Il accède au verger de déduit (plaisir) où il est séduit par une rose merveilleuse. En effet, au milieu d'un verger paradisiaque, il découvre dans la fontaine de narcisse, miroir magique, un buisson de roses.. Fasciné par un bouton de rose, il en tombe amoureux. Ce récit, qui s 'inspire de l'Art d'Aimer d'Ovide, raconte la cour du poète à son aimée et ses tentatives de pénétrer dans le jardin. Les aventures du narrateur sont un parcours initiatique, semé d'embûches qui sont autant d'épreuves nécessaires à l'accomplissement du parfait amant. Tous les thèmes courtois destinés à enchanter le lecteur sont représentés (vertu, jalousie, danger). Malheureusement, le poème reste inachevé.

Quarante ans plus tard, Jean de Meung, ajoute 17000 vers à la première partie. Il ne s'agit plus là, de sublimation de l'amour, mais d'une critique de la femme et d'une satire du mariage. Cette deuxième partie a provoqué en son temps, de nombreuses polémiques sur la vision de la femme. Christine de Pisan, s'en est insurgée, en particulier ce qu'elle nomme contre le caractère obscène du récit.

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