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Articles avec #musique tag

Wagner, Minna, Mathilde et Cosima à Zurich -2/2-

Publié le par Perceval

Hans Bülow et Cosima descendent d'abord à l'hôtel. Mais leur séjour débute avec des problèmes : Bülow, est pris d'une fièvre rhumatismale et doit garder la chambre. Lorsque son état se rétablit, deux jours plus tard, les époux Bülow se rendent chez Wagner... Hans est en admiration devant Wagner...

Cosima a rencontré Richard Wagner pour la première fois à Paris en 1853, c'était encore une adolescente. Des années plus tard, elle rencontre un homme dont le charisme l'enchante et l'effraie à la fois. Wagner, grand séducteur, aborde ses interlocuteurs d'une manière vive et directe, et fait preuve d'une séduisante brutalité ...

Minna ne sait encore rien de la liaison de son époux avec la femme de son financier. L'atmosphère , dans « l'asile » de Wagner, entouré de Minna, Mathilde et Cosima est électrique … Un soir, alors que Wagner lit son livret de Tristan, Cosima fond en larmes... !

Fin septembre 1857, les Bülow prennent congé de « l'asile »... Cosima,dans ses lettres, s'amuse de cet étrange ménage à trois formé par Wagner, Minna et Mathilde... Elle se moque de « la face de citron » qu'affichait Minna en présence de la « belle Mathilde ».

En septembre 1857, Minna se plaint des façons de la « jeune Mme Wesendonck », si méprisante, si hautaine, jusqu'à refuser toutes les invitations ; puis devant les excuses de la jeune femme elle se réconcilient … Pas pour longtemps … En cause, les commérages des domestiques et des voisins qui l'incitent à surveiller son mari. Elle intercepte une lettre ( un rouleau qui contient le prologue de Tristan et une lettre enflammée), une lettre passionnée de Wagner à Mathilde Wesendonck (1858)

Minna s'éloigne pour une suivre une cure médicale. Wagner voyage à Venise. Il finit ''Tristan und Isolde''. Voyage à Paris et Minna le rejoint.

 

Richard Wagner va revoir Cosima en 1863, à Berlin, mère de deux filles... Le 28 novembre 1863, au moment où Richard quitte Berlin, Cosima et lui, après s’être longuement promenés tous les deux dans la ville, « prirent, avec des larmes et des sanglots, l’engagement de s’appartenir l’un à l’autre ».

 

 

 

 

L’année suivante, au milieu des pires difficultés morales et matérielles, Wagner est sauvé par l’intervention du roi Louis II de Bavière, qui l’appele à Munich... Un des premiers gestes de Richard est d’inviter le ménage Bülow à venir le rejoindre, et Hans est nominé pianiste de la Cour et chef d’orchestre. Assez rapidement, semble-t-il, Cosima devient la maîtresse de Wagner. En tout cas, le 10 avril 1865, elle met au monde une fille, qu’elle nomma Isolde...

En 1868, c'est officiel, et fait la une du ''People Zeitung'' Cosima s’enfuit du domicile conjugal pour retrouver son amant, Wagner et emporte avec elle les quatre filles du couple (dont les deux dernières sont en fait celles de son amant). Bülow refusera toujours de laisser ces dernières prendre le nom de Wagner. Le divorce entre Hans et Cosima est prononcé en 1870.

 

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

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Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

Publié le par Perceval

A Leipzig, Richard Wagner est le chef d'orchestre du théâtre de Magdebourg. Tout lui déplaît dans cette station balnéaire, il aurait abandonné ce contrat, si la rencontre de « la plus aimable et la plus jolie fille qu'il y eut à Lauchstaedt en ce moment » n'avait pas brusquement modifié ses projets...

Elle s'appelait Minna Planer... Agée de vingt-cinq ans, elle avait l'aspect gracieux, le visage souriant ...etc. Il tomba jaloux d'un jeune aristocrate qui lui faisait une cour plus pressante … La coquetterie de Minna servait les intérêts de sa profession d'actrice, mais elle avait toute jeune, passé par une épreuve qui la mettait en garde contre des assiduités poussées trop loin. Elle fut séduite et abandonnée à l'âge de seize ans, mit au monde une fille, qu'elle fit passer toujours pour sa sœur, afin de dissimuler sa faute. Sa beauté, plus que son talent, la fit engager dans un théâtre. Jolie, simple, décente, elle plaisait par la grâce de son maintien...

Wagner étaient hantés par des soucis d'argent, ses créanciers l'accablèrent de plaintes en justice … Richard et Minna se marièrent à Königsberg en 1836, et Minna suivit son mari à Riga, en Lettonie. Wagner rêvait d'un « port du repos », et il apportait en dot à sa femme, du génie, un mauvais caractère et des dettes … !

S'en suivirent, malgré une « affection réelle et cordiale » pour sa femme, jalousie, colère, crises de nerf, excuses, et réconciliations, mais « l'aventure insensée de son malheureux mariage » rendait Minna plus accessible aux hommages de sympathie que les familiers du théâtre lui prodiguaient...

Le 31 mai 1837, accompagnée de sa fille Nathalie, dont son mari acceptait la présence, elle s'enfuit avec un certain Dietrich, un homme riche, qui lui avait « attesté sa compassion d'une manière infiniment séduisante ». Wagner se mit à leur poursuite … Puis Minna revint chez sa mère, Wagner eut des remords... Il revint chercher sa femme … Mais, Dietrich enleva Minna ; avant de l'abandonner … !

Minna écrivit à Wagner, lui disant son infidélité, sa détresse … et son amour... Wagner, ému, retrouva sa femme...

1939 : Richard et Minna sont contraints de fuir les créanciers, et se rendent à Londres et à Paris...

À Zurich (1848), Minna, est tombée dans une profonde dépression.

Richard Wagner et Minna habite depuis peu une vaste maison avec jardin au-dessus du lac de Zurich : ''son asile'' que le riche négociant Otto Wesendonck met à sa disposition, depuis 1852...

 

En Mathilde Wesendonck, la femme de son riche mécène, Richard Wagner trouve une âme sœur qui inspire son travail. Mathilde devient la muse de Wagner, elle a un impact sur la création de « das Rheingold » (1853) , Le compositeur a consacré le prélude à la "Walkyrie" pour elle, et le triangle amoureux entre lui, Minna et Mathilde inspire "Tristan und Isolde" …

Août 1857 : Hans et Cosima von Bülow, en voyage de noces, répondent à l'invitation lancée par Richard Wagner... ( Cosima von Bülow, est la fille illégitime de Franz Liszt et la comtesse française Marie d'Agoult. )

A suivre ...

Sources : '' La vie ardente de Wagner '' de Louis Barthou. Et ''Cosima Wagner : La maîtresse de la colline.'' de Oliver Hilmes

Wagner, Minna, Mathilde et Cosima -1/2-

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Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Publié le par Perceval

Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma
Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Après le Prélude à l’Après-midi d’un faune (1894), certaines œuvres de Claude Debussy (1862-1918) sont des succès : Chansons de Bilitis (1898), les Nocturnes (1899), etc. Depuis quelques temps, Ernest Chausson lui apporte un soutien financier, qui stoppera en 1894 lorsque la liaison entre Debussy (alors fiancé à Thérèse Roger et qui de plus s’endette) et la danseuse Gabrielle Dupont (jusqu’en 1899) sera révélée par des lettres anonymes.

Thérèse Roger est une chanteuse et une pianiste... Thérèse Roger n’est pas passé à la postérité et semble avoir été une artiste bien moyenne à en croire une caricature la représentant chantant, juché sur une casserole ! Mais la médiocrité de la jeune femme importait peu à Debussy. Il y a – en effet - un projet de mariage entre Mlle Roger et Claude Debussy !

Debussy écrit: « je suis tout à fait libre, ma dernière petite amie s’étant en allée par un matin de février ». En réalité, Gaby (Gabrielle Dupont) vivait toujours avec le compositeur rue Gustave Doré et n’aurait peut-être pas apprécié d’être désignée avec légèreté comme la « dernière petite amie ». Le mariage devait avoir lieu le 16 avril et le couple devait s’installer rue Vaneau. En réalité, Debussy était surtout désireux de faire un mariage bourgeois pour être admis dans le monde comme il le sous-entend à Chausson tout en prétendant être très amoureux de Thérèse.

La comédie ne dura pas longtemps, car, quelques semaines plus tard, les fiançailles furent rompues. Chausson et d’autres proches des fiancés avaient reçu des lettres anonymes dénonçant le double jeu de Debussy, plus endetté qu’il ne le prétendait et encore en ménage avec Gaby dont les mauvaises langues disaient qu’elle avait usé de ses charmes pour faire vivre le couple. Juste avant cette rupture, Debussy tenta de soutirer 1 500 francs à Chausson pour rembourser quelques dettes et acheter une robe pour sa mère. Chausson fut peiné et furieux de cette lugubre affaire et se brouilla définitivement avec Debussy. Si Debussy perdit l’amitié de Chausson, celle qu’il avait nouée avec Pierre Louÿs se renforça. Dans l’affaire Thérèse Roger, Pierre Louÿs défendit Debussy dans une lettre à Mme de Saint- Marceaux, scellant ainsi leur amitié. Il poursuivit donc sa relation tumultueuse avec Gaby.

1890-1898, période, pendant laquelle il vécut avec Gabrielle Dupont, appelée par ses amis « Gaby aux yeux verts », qui partagea pendant plus de huit ans sa vie ; une vie très impécunieuse mais dont il devait avouer plus tard que c'était « tout de même du bon temps ». Cette belle normande, de 4 ans sa cadette a joué dans son existence un rôle de stabilité affective qui a permis l'éclosion d'œuvres majeures. Elle était de Lisieux, où son père travaillait dans une usine textile et sa mère était couturière. Debussy, avec sa cape flottante, son chapeau aux larges rebords et sa grâce féline et langoureuse, était une silhouette familière dans les rues et les cafés nocturnes de Montmartre.

Après avoir quitté ''Gaby''. En avril 1899, débute sa liaison avec Rosalie Texier (Lilly) qu'il épouse le 19 octobre 1899. Sa pauvreté était telle qu'il dû donner des leçons de piano le jour de ses noces, afin de payer le prix du repas. Ce fut une alliance passionnée avec la femme qui s’appelait « Lily-Lilo » ; il avait menacé de se suicider si elle refusait de le marier et lui a dédié les Nocturnes comme « preuve de la joie profonde et passionnée que je ressens à l'idée d'être son mari ». Le trouble était qu'il y avait, dans le couple, plus de joie que de passion.

Rosalie était une couturière qui ne possédait pas d'attirance ou de sensibilité particulière pour la musique mais qui était charmante et dévouée pour Debussy. Lilly, d'origine modeste et ''inculte'' avait pour elle « son esprit gavroche et sa beauté : elle avait d’abondants cheveux blonds qui recouvraient ses tempes en bandeaux et une taille particulièrement fine. » ( de Pasteur Vallery-Radot, qui fut l’intime et le confident de Debussy). Il croyait l’aimer, mais ses goûts et sa conversation le désarçonnaient. Dans une lettre adressée à son ami Robert Godet, il précise, quelque peu méprisant, qu’elle n’aime la musique que « selon sa fantaisie », sa chanson favorite étant « une ronde où il est question d’un petit grenadier à la mine vermeille qui porte comme un vieux troupier son chapeau sur l’oreille » (rime involontaire ?). En quelques années, les charmes de Rosalie s'étaient usés.

Octobre 1903 : Debussy offre à Emma Bardac un exemplaire dédicacé des Estampes pour piano.

Emma Bardac, est la femme d'un riche banquier et l'ancienne maîtresse de Gabriel Fauré. Emma est une femme du monde et une chanteuse accomplie. Elle rencontre Fauré et entame une relation passionnelle avec lui pendant l'été 1892. Fauré écrit sa suite Dolly pour Hélène et le cycle La Bonne chanson, d'après Verlaine, pour Emma elle-même. À la fin de l'année 1903, elle est présentée à Debussy par son fils, Raoul, un de ses étudiants.

En juin 1904, la vie personnelle de Debussy bascule : la dédicace des Fêtes galantes (2esérie) qu'il offre à Emma Bardac prouve que leur amour est scellé. Il a emprunté à Jules Laforgue le tendre qualificatif de « petite Mienne » avec lequel il désigne Emma.

Le 15 juillet, Debussy décide Lilly à partir pour Bichain. Et, début août-mi octobre, Debussy séjourne en cachette avec Emma au Grand Hôtel de Jersey. Puis ils s'installent à Pourville (Normandie).

Tout Paris bourdonna à propos de ce scandale et bourdonna encore plus fort lorsque la désespérée Rosalie tenta de se suicider (Cette rupture poussa Rosalie à tenter de se suicider en se tirant une balle dans la poitrine, à laquelle elle survécut).

Emma et Sigismond divorcent le 4 mai 1905, Debussy le 17 juillet de la même année, et Emma se remarie avec Debussy en 1908. Debussy a une fille avec Emma, Claude-Emma (née le 30 octobre 1905), surnommée « Chouchou ».

Le 20 janvier 1908, Debussy et Emma Bardac se marient à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Claude-Emma meurt de diphtérie en 1919, un an après son père.

 

Sources : 'Debussy / Les femmes' - LES GRANDS COMPOSITEURS dans LA REVUE DE LA MUSIQUE

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Erik Satie, l'excentrique

Publié le par Perceval

Si l'on cherche la femme, derrière Erik Satie (1866-1925), on ne trouve qu'une relation amoureuse et quelques amitiés …

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Le bohème poète de Montmartre- Portrait d'Erik Satie - Ramon Casas Evanston

À Montmartre, Satie croise Bruant, Suzanne Valadon qui est sa voisine et son fils Maurice Utrillo. Il fréquente assidûment, pour y boire autant que pour y gagner sa vie, les cabarets de Montmartre, comme le Chat Noir ou il devient second pianiste dès 1891, l’Auberge du Clou avenue Trudaine, où il se lie d’amitié avec Debussy ( 1891) , le Divan Japonais qui deviendra la Divan du Monde, ou le Lapin Agile. Sa dégaine est celle du "gymnopédiste" : barbe hirsute, cheveux longs et haut-de- forme, vêtements sombres et lavallière.

Erik Satie, est un étrange personnage, excentrique même et provoquant pour ce qui est de la musique … Il suit dès 1879, des études au Conservatoire de Paris, où il y brille par son absence. Vers 1886, il adopte un mode de vie bohème et fantasque qui séduit nombreux artistes et musiciens.

Il compose, en 1888 : GYMNOPEDIES*, pour piano, 1890-1891 6 GNOSSIENNES, clôturant une première période d'œuvres très expressives et sensibles.

En 1891, Il adhère au mouvement des Rose - Croix à Paris, puis fonde à partir de 1895 une Église métropolitaine d'art de Jésus conducteur, dont il est le seul adepte. Parallèlement, il écrit des œuvres engagées au service d'une foi, d'un esthétisme ou d'une pure dérision : MESSE DES PAUVRES, (1895), PIECES FROIDES (1897).

Erik_Satie_Cheminee.jpg1898 SATIE s'installe à Arcueil dans une chambre retirée, une tour d'ivoire où il ne laissera entrer personne, à part quelques chiens errants.

En 1905, Nouveau départ pour SATIE qui entreprend des études sérieuses de composition, à la Schola Cantorum, avec Vincent d'INDY et Albert ROUSSEL.

1917 Création de son ballet PARADE, commande de DIAGHILEV sur un argument de COCTEAU. Le scandale de cette œuvre propulse SATIE au premier rang de l'actualité.

1924 Composition du ballet RELÂCHE, associé au mouvement DADA. Lors de sa création, le rideau porte la légende : Erik SATIE est le plus grand musicien du monde ; quiconque est en désaccord avec cette notion est prié de quitter la salle.

1925 Mort de SATIE, pauvre et néanmoins célèbre, à l'hôpital Saint-Joseph à Paris.


Erik Satie, n'a peut-être aimé qu'une femme : Suzanne Valadon (1865-1938).

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de Suzanne Valadon - Portrait d'Erik Satie Puvis de Chavannes (1824-98) Suzanne_Valadon en 1880


Sa liaison avec Suzanne Valadon n'a duré que, comme il le note lui-même, du 14 janvier au 20 juin 1893. Suzanne Valadon a été d’abord trapéziste, puis peintre. Elle posait pour le peintre que Satie préférait, Puvis de Chavanne. Satie et Suzanne vont au Luxembourg et jouent à faire flotter des petits bateaux en papier. Ils ont des rapports très conflictuels. La nuit, ils dorment par terre sur une couverture, c’est la Bohême montmartroise. Suzanne peint un portrait à l’huile de Satie, c’est l’une de ses toutes premières peintures à l’huile. Elle dessine également un médaillon du profil de Satie sans barbe. De son côté, Satie dessine lui aussi Suzanne, et compose, un jour d’orage conjugal, les Danses gothiques. Il dédie à Valadon une œuvre minuscule "Bonjour Biqui".

Une fois, il s'accusa d'avoir tué Suzanne Valadon : Accourus sur place, les gendarmes n’avaient cependant pas trouvé de cadavre, car son entraînement d’acrobate avait permis à la jeune de femme de sortir sans dommage de cette aventure.

« Un après-midi où Suzanne, après avoir rendu visite à Degas, est montée chez Satie, le musicien tourmenté par un mauvais pressentiment lui à barré le passage : – Ne pars pas :  Valadon s’est fachée : – Laisse-moi passer… je suis déjà en retard ! – J’ai déjà à peine le temps de te prendre dans mes bras que tu es déjà envolée ! Depuis que je t’aime, je vis dans l’appréhension de te perdre ! Alors qu’elle allait ouvrir la porte de force, il l’a saisi à bras-le-corps sa maîtresse qui s’est débattue. Après les protestations, les insultes ont jailli. Suzanne a traité le musicien de tous les noms.

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Five O'clock avce Paulette Darty

Emporté par la fureur, Satie a giflé l’enragée qui s’est mise à hurler. Pour étouffer ses cris, il l’a enfermée dans un placard. Un peu plus tard, un voisin alerté par le vacarme est venu délivrer Suzanne. Tandis que son amant s’effondrait à ses pieds en lui demandant pardon, la jeune femme à moitié asphyxiée a prié le voisin de la raccompagner chez elle. Cet esclandre a porté un coup fatal à une liaison déjà bien bousculée. Malgré ses supplications, Suzanne a refusé de revoir Satie pour lequel elle n’a plus que crainte et mépris. » Extrait de  « Suzanne Valadon ou la recherche de la vérité » de Jeanne Champion.


 On dit aussi, qu'Erik Satie aurait pu demander à Paulette Darty ( chanteuse ) de devenir sa femme, s'il n'avait craint de devenir « cocu », selon ses propres mots. Satie lui a composé, quelques titres, dont «  Je te veux » (1904).  

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Conçue comme le volet d'un tripyque dédié au compositeur Erik Satie, la toile de Jacques Emile Blanche (1861-1942)  doit à ce projet sa forme allongée et son titre, "Hommage à Erik Satie".
Mais le compositeur ayant refusé de poser, Blanche abandonna le triptyque et seule cette toile fut achevée.
Elle présente le "groupe des six" qu'une admiration commune pour l'oeuvre de Satie réunit à partir de 1917 :

De gauche à droite : en bas à gauche,  Germaine Tailleferre ;

au-dessus  de face, Darius Milhaud ;

derrière de profil, Arthur  Honegger ;

au fond, debout de profil, Louis Durey

de face,  Francis Poulenc ;

en haut à droite, Jean  Cocteau ;

assis à droite, Georges Auric 

 Il manque Luis Durey. Derrière l'épaule de Poulenc, figure Jean Cocteau, tout jeune, et l'homme à lunettes, au fond, est Jean Wiener, pianiste et compositeur français, ami du groupe. Enfin, créant le pivot de cette composition compacte qu'elle aère et anime par sa pose non conventionnelle, sa silhouette très élancée et sa jupe blanche aux délicates broderies bleues, la pianiste Meyer-Bertin pose une touche de lumière et de fantaisie à ce portrait de groupe

C'est Bertin qui introduit sa jeune épouse auprès de Satie, dont, à 20 ans, elle devient l'interprète préférée.
Les Six étaient membres d'un groupe de compositeurs célèbres qui écrivaient en France dans la première moitié du XXe siècle. Le nom leur a été donné par le critique Henri Collet en 1920. Leur musique réagissait essentiellement contre l'impressionnisme et le wagnérisme. Ils étaient très influencés par les idées d'Erik Satie et de Jean Cocteau.
Les_six.jpg les-six.jpg
   

 Erik Satie vit dans la misère à Arcueil. Il n'a pas assez d'argent pour suivre le groupe des jeunes, de vingt-cinq ans ses cadets.

Erik Satie: Gnossienne No. 1, 2, 3
Pianist: Daniel Varsano

 

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29 mai 1913 : Le Sacre du printemps fait scandale à la première à Paris

Publié le par Perceval

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29 mai 1913 : Le Sacre du printemps du compositeur russe Igor Stravinski et du chorégraphe Vaslav Nijinski dansé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev fait scandale à la première à Paris.

Igor Stravinsky et Vaslav Nijinski habillé en Petrouchka

En 1910, Stravinsky a triomphé avec L’oiseau de feu et en 1911 avec Petrouchka. Quant aux Ballets russes de Serge Diaghilev, ils sont la référence attendue pour chaque saison parisienne.

Nijinski n’en est certes pas à son coup d’essai, puisqu’il a créé, dansé, en 1912, Le prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy, qui avait – déjà – fait quelque scandale.

 

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Le Sacre du Printemps est né d’une idée d’Igor Stravinsky en 1910, alors qu’il se consacrait à l’écriture de L’Oiseau de Feu. Il « entrevit dans [son] imagination le spectacle d’un grand rite sacral païen : les vieux sages, assis en cercle et observant la danse à la mort d’une jeune fille, qu’ils sacrifient pour leur rendre propice le dieu du printemps. Ce fut le thème du Sacre du Printemps » (Chroniques, 1950).

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Le Sacre du Printemps - les danseurs : Julitska, Rambert, Jejerska, Boni, Boniecka, Faithful, dans les costumes de Nicholas Roerich, In le magazine The Sketch, Londres, 1913

 

le-Sacre-du-Printemps---choregraphie-de-Vaslav-Nijinski--m.jpgDès les premières notes, des rires et des moqueries retentirent (« faites venir un dentiste pour la dame ! », « ta gueule ! », « qu’on arrête de se moquer de nous ! »). « Ces manifestations, d’abord isolées, devinrent bientôt générales et, provoquant d’autre part des contre-manifestations, elles se transformèrent très vite en un vacarme épouvantable. Je n’avais jamais été aussi furieux de ma vie ». On sait aujourd’hui que Diaghilev, en prévision d’un potentiel scandale, avait distribué des billets d’arrières corbeilles à de jeunes étudiants parisiens, chargés de soutenir l’œuvre par des applaudissements nourris. Ce qu’ils firent avec force et conviction, rendant l’atmosphère encore plus électrique.

La salle était en ébullition. « Je passais en coulisses et demeurait là pendant toute la représentation à côté de Nijinsky. Celui-ci était debout sur une chaise, criant éperdument aux danseurs (« seize, dix-sept, dix-huit !»). Naturellement les pauvres danseurs n’entendaient rien à cause du tumulte dans la salle et de leur propre trépignement. Je devais tenir Nijinsky par son vêtement car il rageait, prêt à tout moment à bondir sur la scène pour faire un esclandre. Diaghilev, dans l’intention de faire cesser ce tapage, donnait aux électriciens l’ordre tantôt d’allumer, tantôt d’éteindre la lumière dans la salle. C’est tout ce que j’ai retenu de cette première ».

De son côté, Monteux dirigeait l’Orchestre des Ballets Russes et restait « impassible et blindé comme un crocodile ». Cocteau retrouva à deux heures du matin Stravinsky, Nijinsky et Diaghilev. Ce dernier, en pleurs, répétait sans cesse : « c’est exactement ce que je voulais » dans les bras d’un Nijinsky, blanc comme un linge. Pendant ce temps, le compositeur, excité, furieux et dégoûté faisait les cents pas dans la pièce.Marie-Piltz--danse-du-sacrifice---croquis-de-Valentine-Gros.jpg

 

Pierre Lalo, dans le Temps :

« Tout est laid, lourdement, platement et uniformément laid. Danseurs et danseurs ne s’élèvent jamais de terre, restent ramassés sur eux-mêmes, bras et jambes contractés, s’agitant avec une pesante et gauche frénésie. On se doit de faire face à l’inadmissible refus de la grâce traditionnelle ; le choix est entre civilisation et barbarie. »

Adolphe Boschot, dans L’Echo de Paris, évoque les danseurs :

« [ils] répètent cent fois de suite le même geste : ils piétinent sur place, ils piétinent, ils piétinent et ils piétinent… Couic : ils se cassent en deux et se saluent. Et ils piétinent, ils piétinent, ils piétinent… Couic…. »

 

*****

Recréation par le Joffrey Ballet de la chorégraphie originale de Nijinsky pour "Le Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky (1913)

 

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1913: L'année du Tango -2-

Publié le par Perceval

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En 1913, la folie du tango bat son plein; et les certains font déjà de curieux rapprochements... en comparant cette folie du luxe et de débauche aux déclins qui précèdent les grands cataclysmes … !tango-201.jpg

Attention ! Voici le portait alarmant du « tangomane » publié dans « Fémina » en 1913 :

" Le « tangomane » a ceci de particulier et de redoutable (…), c’est qu’il se présente comme vous ou moi, qu’il n’a l’air de rien, ou qu’il a l’air de penser à autre chose – et qu’en réalité il ne pense qu’à ça… (…)  Il est évident que, dans ces conditions, il ne s’agit plus avec le tango d’un divertissement passager et de quelques instants ; c’est toute la vie du danseur de tango vouée dorénavant au tango, son corps et son esprit entièrement accaparés par le tango, par delà même le jour où l’on ne dansera plus le tango. ( …) Jeune homme inconséquent, jeune femme imprudente, songez qu’à partir du moment où vous aurez fait les six pas marchés par quoi la théorie nous enseigne que le tango commence, à partir de ce moment, votre esprit n’aura plus qu’une pensée, danser le tango, et les différentes évolutions du tango s’imposeront à vos membres assouplis comme autant de mouvements réflexes …». Franc-Nohain-1913

Femina-201913-02-01-20Danses-20nouvelles-20tango-20p.jpg Femina-20259-2-P.jpg Femina-1913-02-15-Thes-dansants-tango.jpg

Femina - 1913 

Georges Goursat dit Sem  (1863-1934) écrit ceci :

Femina-201912-20danse-20ours-20p.jpgSur l’ampleur du phénomène : « Cette névrose a fait de terribles progrès. Par une marche foudroyante, elle s’est répandue sur tout Paris, a envahi les salons, les théâtres, les bars, les cabarets de nuit, les grands hôtels et les guinguettes. La ville entière est en branle, elle a le tango dans la peau, la moitié de Paris frotte l’autre. »

Sur l’érotisme du tango : « Ces gens attentifs, qui se frottent, qui se pétrissent mutuellement avec tant d’application opiniâtre et méthodique, pratiquent-ils du massage abdominal? Est-ce un traitement? De la culture physique? N’est-ce pas plutôt un moyen de volupté? Est-ce un sport ou un vice? Sont-ce des névrosés, des exhibitionnistes ou des maniaques? Double-20Boston-20p.jpgDevant ces contorsions mystérieuses et lascives, on se sent mal à l’aise, avec une envie nerveuse de rire, comme si le geste de l’amour était brusquement dévoilé en public. »

Sur la transformation ‘magique’ du tango, une danse qui arrive des bouges de Buenos-Aires : « Le tango de Paris, voyez-vous, c’est la peau de bête puante arrivant du fond de la Sibérie, souilllée et infectée de miasmes, se transformant aux mains magiques des fourreurs, jusqu’à devenir la précieuse zibeline, caresse tiède et parfumée aux épaules fragiles des parisiennes; c’est le havane noir et juteux métamorphosé en une mince cigarette blonde et dorée; le tango de Paris, c’est le tango argentin dénicotinisé.  » Sem, « Les possédés ».

Sources: http://www.tango-argentin-orleans.fr/ , et http://www.histoire-tango.fr

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Clara et Robert Schumann

Publié le par Perceval

Clara en 1836Clara (1819-1896) et Robert Schumann ( 1810-1856) : ce couple du XIXème siècle, reste essentiellement romantique, compte tenu des contraintes et préjugés qui entourent leur mariage et leur pratique professionnelle: compositeur pour l'un et concertiste pour l'autre ….

De tous temps, l'expérience amoureuse ( Clara et Robert), mais aussi amicale et passionnée ( Clara et Brahms...) entre homme et femme, a le pouvoir de se cristalliser en chefs-d’œuvre. 


Friedrich Wieck, musicien et pédagogue reconnu garde jalousement les talents de sa fille : elle a dix ans, en 1830, quand Schumann s'installe chez le professeur... .

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            Clara Schumann 1819-1896

Clara donne son premier concert au Gewandhaus de Leipzig, où elle est remarquée par Goethe. En tournée à Paris, elle connaît un triomphe. En 1829, Clara publie ses premières œuvres, Quatre Polonaises. En 1832, Robert publie Papillons ; Clara joue cette œuvre en concert l'année même. Entre 1834 et 1836, elle compose les Soirées musicales, qui connaissent un grand succès notamment auprès de Liszt.
Quand elle s'éprend de Robert Schumann, elle a seize ans. Robert demande sa main à son père lorsque la jeune fille atteint sa dix-huitième année. M
ais Wieck s'oppose vigoureusement à leur mariage. Les amoureux sont séparés de force, mais communiquent par le biais d'amis et de messages musicaux dans les concerts de Clara. Le mariage est finalement célébré en 1840 à Schönefeld en exécution d'une décision judiciaire. Huit enfants sont issus de leur union.

Peu avant son mariage, Clara avait noté dans son journal : «Il fut un temps où je croyais posséder un talent créateur, mais je suis revenue de cette idée ; une femme ne doit pas prétendre composer, aucune n’a encore été capable de la faire et pourquoi serais je un exception ? Il serait arrogant de croire cela, c’est une impression que seul mon père m’a autrefois donnée » 

passion-immortelle-1947-Katharine-Hepburn.jpg Fruehlingssinfonie-BM-Berlin-Los-Angeles.jpg

            "Passion-immortelle", en 1947 avec  

Katharine Hepburn

 Fruehlingssinfonie  avec Nastassja Kinski

*****

La vie du couple est rythmé par les grossesses de Clara d'artistes, et c'est aussi celle d'un compositeur au mode de vie très sédentaire et une pianiste concertiste qui part en tournées, même si le rythme des voyages ralentit dans les premiers temps de la vie conjugale.

Le quotidien est souvent difficile, voire orageux entre les époux et Clara ne cache pas son découragement quand s’annonce en 1853, le huitième enfant. La vie du couple prend même un tour dramatique quand Robert, victime d’hallucinations, est interné en 1854 dans un asile après une tentative de suicide. Clara entame alors une tournée de concerts en Europe et ne revoit Robert que peu avant son décès, en 1856. Veuve à 37 ans, avec huit enfants encore jeunes, sa peine est immense mais une nouvelle vie commence pour elle (elle le dit ainsi dans son journal). De 1854 aux années 1880, Clara Schumann se produit sur toutes les grandes scènes d’Europe. Reçue en mars 1862 à Paris, avec tous les honneurs, à la cour de Russie en 1864, par la reine Victoria en 1872, elle est considérée comme la plus grande pianiste et même le plus grand pianiste de son temps. 

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 "La Sérénade à trois" de Clara Schumann  Katharine Hepburn dans Passion Immortelle (1947)

*****

En 1853, Robert Schumann, directeur de musique à Düsseldorf, fait la connaissance de Yohannès Brahms et permet, grâce à un article très élogieux, de faire connaître le jeune musicien à travers toute l’Allemagne.
Brahms fait alors la connaissance de Clara, qui le fascine… En 1854, Robert Schumann est interné.
La relation entre Clara Schumann et Brahms s’intensifie. Ils vivent dans la même maison à Düsseldorf, Brahms soutient Clara dans la vie quotidienne.

Entre 1854 et 1858, Clara Schumann et Brahms échangent de nombreuses lettres, témoignages qu’ils se sont ensuite accordés à détruire presque entièrement. Les quelques lettres retrouvées reflètent l’image d’une passion grandissante.

Clara-Schumann-10.jpg Clara-Schumann-in-old-age-cropped.jpg
   

Cependant, après le décès de Robert Schumann en 1856, Clara s’éloigne peu à peu de Brahms. Elle multiplie les tournées en Angleterre, en France, en Russie… et n'a de cesse de défendre l'œuvre de son mari . Elle affirme désormais que ses seuls moments de bonheur sont ceux où elle joue ou écoute la musique de son cher disparu. Clara déménage à Berlin en 1857.

On 19th of January 2007 Daria van den Bercken played the Clara Schumann Concerto with the Rotterdam Philharmonic Orchestra, conducted by JoAnn Falletta.

 

Geliebte-Clara-affiche.jpgUne existence aussi riche et des situations aussi tragiques ont de quoi séduire les cinéastes, comme le montre l’existence de plusieurs réalisations et parmi les plus reconnues : celle de Clarence Brown avec Katharine HepburnSong of Love (1947), celle allemande, de Peter Schamoni, Frühlingssinfonie ( 1983) avec Nastassja Kinski ; et celle de Martina Gedeck dans Clara(2008). 

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LA FEMME AU CHAR DANS L'NOIR

Publié le par Perceval

Je viens d'avoir une belle visite sur ce site : celle de de Pierrot le vagabond, québecois.

Pierrot1.jpg

Il me laisse cette chanson, que l'on peut entendre par lui-même ICI :

LA FEMME AU CHAR DANS L'NOIR 

COUPLET 1
on s’est r’trouvés tout seuls
un soir dans forêt
à dormir dans ton char
dans l’noir en secret

toute habillée désespérée
le coeur en mille morceaux brisés
t’as eu besoin d’mes bras
rien qu’de mes bras

COUPLET 2
tu m’avais ramassé sa route
malgré tes doutes
tu m’as dit qu’c'est en voyant ma guitare
qu’t'as eu confiance en mon regard

comme tu pleurais tous tes secrets
le coeur brisé par un décès
t’as eu besoin d’mon âme
rien qu’de mon âme

COUPLET 3
y avait tellement pas d’place
dans l’char entre les deux bords
que t’as dormi la tête contre mon ventre
mains agrippées autour d’ma jambe

tu respirais comme UNE enfant
qui crie papa j’ai mal en dedans
t’as eu besoin d’mes ailes
rien qu’de mes ailes
COUPLET 4
mes doigts dans tes cheveux disaient
oh sois bénie amie
j’ai pas eu d’femme entre mes deux bras
depuis deux ans et demie, amie

pour toutes celles que j’ai mal aimées
que j’ai souvent abandonnées
j’ai eu besoin d’tes larmes
rien qu’de la beauté d’tes larmes

COUPLET 5
ca s’est passé le 8 juillet 2008 pas loin d’la mer
à Natasquan entre les tentes
dans un camping inou completement désert
que ma chanson chante le mystere

d’un homme et d’une femme sur cette terre
qu’y ont eu besoin d’leurs peines
rien qu’de leurs peines
en dessous dl’leur chair humaine

Pierrot
vagabond céleste  
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Barbara

Publié le par Perceval

Barbara décède le Lundi 24 novembre 1997 à 16 h 10.

Barbara-par-Francis-Legault.jpg

Lundi 9 juin 1930 à 14 h 45 : naissance près du square des Batignolles, à Paris de Monique Andrée Serf. Ses parents sont tous deux d'ascendance juive. La branche maternelle trouve ses racines en Moldavie en Ukraine, la branche paternelle en Alsace Lorraine.

En 1937, la famille quitte Paris pour Marseille, première étape d'un itinéraire sinueux et troublé.

Durant l'été 1942, Barbara et sa petite sœur se cachent chez des cultivateurs près de Chasseneuil-sur-Bonnieure en Charente. A quelques kilomètres de là, les parents se terrent dans un village isolé. A vélo, souvent elle rejoint ses parents.

En 1947, elle entre au Conservatoire de musique, rue de Madrid dans la classe de maître Paulet en auditrice libre.

Au mois de février 1950, elle fugue pour Bruxelles. Son cousin Sacha Piroutsky l'héberge. Il joue de la balalaïka. Elle ne reste que deux mois chez lui. Il devenait violent. Pendant quelques temps elle loge dans une chambre de l'hôtel Central à Bruxelles. Elle croise la route de Peggy une jeune fille enceinte, paumée, originaire de Charleroi. Toutes deux louent la même chambre. Tous les jours elles ne mangent pas  à leurs leur faim. Elles rejoignent la ville natale de Peggy, s'installent à La Mansarde de l'étoile au dessus L'étoile du sud à Marcinelle dans la banlieue de Charleroi. L'étoile du sud abrite un dancing ouvert les après-midi et aménagé en salle de concert. Dans ce lieu se produit un groupe d'artistes, des amis d'enfance de Peggy : Ida Benet, Sarah Sand, Edmée Feuroge, Yvan Delporte, Boby Jaspar (1926-1963)... Barbara chatonne et joue maladroitement sur un piano. Cette joyeuse bande ouvre neuf mois plus tard toujours à Charleroi un cabaret Le Vent vert. Barbara effectue de nombreux allers retours entre Charleroi et Bruxelles en auto stop. Elle chante ensuite à L'Arche de Noé, rue de l'Écuyer à Bruxelles. Elle fredonne dans ces différents lieux les dimanches après-midi sous le nom de Barbara Brody (Brodsky est le nom de famille de sa mère). Toujours au piano elle chante L'hymne à l'amour de Edith Piaf, les chansons de Mireille, Monsieur William de Jean Roger Caussimon et Léo Ferré quelques titres de Bruant. Chaque fois le maigre public la siffle copieusement. ( sources: Fr. Faurant )...

 

Barbara 2


 

" Ce qui m'a frappé quand je l'ai vue,  
c'est la beauté...
  "

Quand tu fais une photo d'une femme  
qui devient de plus en plus belle,  
tu ne peux que devenir son ami...
 "

La beauté c'est pas le photographe,
c'est la personne qu'il y a dessus... 
"

Quand on fait un travail, 
il y a toujours une histoire d'amour, 

de complicité, 

je préfère dire d'amitié, de confiance...

Marcel Imsand



 


 




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Héroïne d’aujourd’hui : Hélène Grimaud

Publié le par Perceval

«  La pianiste française Hélène Grimaud renouvelle une figure mythologique ancienne, celle d’Orphée. (…) orphee.jpgChaque confrontation avec une ouvre nouvelle est pour elle un défi comparable avec une descente aux enfers pour régénérer l’œuvre … » Laureline Amanieux

Il nous appartient, à chacun notre mesure, de renouveler un mythe personnel… Et, pour Campbell : «  Sans doute l’artiste est-il le meilleur prototype du héros moderne. »

Helene-Grimaud-1.jpgHélène Grimaud ( Leçons particulières 2005 ) souhaite incarner « une vie continuée de la musique ». Pour cela, elle cherche le moment de joie où tout sonne juste, le son du piano, et celui de l’expérience humaine, le moment de certitude d’être dans le vrai ».

 

«  On se trompe rarement, on ne va simplement pas assez loin. »

 

«  l’art d’Hélène déclenche en moi une synesthésie particulière : je vois des vers apparaître sous mes yeux. C’est Nazim Hikmet qui me revient soudain : “Je suis dans la clarté qui s’avance/ Mes mains sont toutes pleines de désirs/ Le monde est beau... Etre captif, là n’est pas la question/ Il s’agit de ne pas se rendre/ Voilà”. Je ne suis plus captive et j’ai quitté pour un temps l’étroitesse de mon propre corps. Hélène Grimaud a les mains qui marchent jusqu’au ciel. Elle fait battre les paupières du coeur surtout quand on les a refermées. » Laureline Amanieux,

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 « L'art tutoie l'âme car c'est à l'âme qu'il s'adresse. » Hélène Grimaud


Son beau regard bleu et profond et son don pour le piano ne laissent personne indifférent. Née en 1969 à Aix-en-Provence, l'enfant rêveuse et pleine d'énergie qu'elle était, trouve pleinement son destin dans la musique, à l'âge de 7 ans. Reçue au Conservatoire de Paris en 1982, grâce au travail de Pierre Barbizet au Conservatoire de Marseille, elle devient l'une des pianistes les plus célèbres à ce jour, et quitte, à 21 ans, en 1990, la France pour les Etats-Unis. ( Le monde des religions )

 

***

 

***

«Beethoven devait lutter avec la difficulté de vivre à une époque de discorde, déchirée par les bouleversements et les contradictions. Les vérités qui valaient tel jour étaient déjà dépassées le lendemain. Mais tout cela n'empêcha pas Beethoven, malade, quasi sourd, de s'en tenir résolument à son universalisme musical. Il était prêt à renverser les anciennes formes et conventions pour en trouver de nouvelles. Ce n'était pas le monde qui était “sorti de ses gonds", mais le langage utilisé pour lui donner un sens.» Selon Hélène Grimaud, c'est le véritable défi de Beethoven pour notre époque: l'individu pris de doutes voit un monde qui part en déroute. Pour le ramener sous son contrôle Beethoven avait besoin de musique. » S. Grimaud

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«On entend la lutte dans les compositions de Beethoven, sa lutte avec chaque note, chaque accord. Il concevait le monde d'une manière que je trouve absolument contemporaine, pour ne pas dire moderne. Nous vivons nous aussi dans un monde que nous avons du mal à comprendre, où notre perception de sa complexité est dépassée par la confusion qu'il projette. Nous cherchons nous aussi, désespérément, à donner forme à ce monde. Beethoven nous a montré que réparer les fissures et les défauts dans l'existence humaine peut produire de la belle musique. Il aspirait au paradis sur terre. Il était toujours prêt à renverser le monde.» S. Grimaud

Lorsqu'on entend «L'Empereur» d'Hélène Grimaud, les attributs héroïques de l'œuvre prennent une signification nouvelle. Pour la pianiste, les héros ne se trouvent pas sur le champ de bataille. Ses héros tentent d'apporter de l'ordre au monde tel qu'ils le trouvent. Ils se mettent eux-mêmes en cause afin de sauver le monde. Le nouveau Beethoven d'Hélène Grimaud représente la naissance d'un nouveau héros - d'un sage. (http://www.deutschegrammophon.com )

 

***

 

 

 

Un autre aspect de son combat, c’est sa défense active des loups et son engagement écologique.

 

" Et c’est à cet instant que je l’ai vue pour la première fois.

Une silhouette de chien mais, dès le premier coup d’œil, on savait
instantanément que ce n’était pas un chien. L’animal avait une démarche
indescriptible, tendue, furtive. Ses yeux avaient une luisance presque
surnaturelle ; ils diffusaient une lumière sourde, violette et sauvage.helene-grimaud-loups.jpg
Bizarrement, chacun de ses pas éteignait les sons autour d’elle :

plus d’oiseaux de nuit, plus de reptations ni de bruissements d’ailes

mais un silence épais et tendu.

Elle m’a regardée et un frisson m’a parcourue – ni
peur, ni angoisse, un frisson tout simplement.

 

Et la louve a bougé.
A pas doux, elle est venue vers moi. Elle s’est approchée de ma main, l’a
flairée. J’ai juste étendu les doigts et toute seule, elle a glissé sa tête
puis ses omoplates contre ma paume. Alors, j’ai ressenti une étincelle
fulgurante, une décharge dans tout le corps, ,un contact unique qui a
irradié tout mon bras, ma poitrine et m’a emplie de douceur. De douceur
seulement ? Oui, dans ce qu’elle a de plus impérieux et qui a élevé en moi
un chant mystérieux, l’appel d’une force inconnue et primordiale. Au même
moment, la louve a semblé ramollir et elle s’est couchée renversée sur leflanc.
Elle m’offrait son ventre.
Mon sourire de bonheur, je crois, aurait pu éclairer la nuit. "

« Variations sauvages » d’Hélène Grimaud

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