Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #femme tag

Femmes de Jacques de Loustal

Publié le par Perceval

Femmes de Jacques de Loustal

Jacques de Loustal est né à Paris en 1956 à Neuilly-sur-Seine, est un auteur de bande dessinée et un illustrateur français Il travaille comme illustrateur pour la publicité et la presse, sans cesser de voyager. Architecte de formation (diplômé des Beaux-Arts en Architecture), il bâtit un univers de belles villas tristes et de stations balnéaires somptueusement délabrées.

Il réalise des illustrations pour le magazine Rock & Folk où il rencontre Philippe Paringaux. Ce dernier lui écrira plusieurs scénarios de bandes dessinées publiées dans les magazines Métal hurlant et 'À suivre'. Ensemble, ils signent plusieurs albums dont Barney et la note bleue,

Ses originaux et sa peinture sont fréquemment exposés. Il compte de nombreux admirateurs et collectionneurs...   

 

Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal
Femmes de Jacques de Loustal

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 14/. -

Publié le par Perceval

Ambiguïté du Féminin-masculin :

Dans une société où les rôles sexués sont clairement définis et délimité... Dans les romans ''libertins'' que signifie ce ''je'' féminin dont l'homme est l'auteur... ?

Margot, « expose au grand jour les rôles divers [qu’elle a] joués pendant [sa] jeunesse », tout comme Fanny écrit à sa « chère amie » qu’elle va retracer « les égarements de [sa] première jeunesse ». Quant à Félicia, elle écrit les « aventures » de sa jeunesse, jusqu’à ses seize ou dix-sept ans environ. Elles écrivent comme elles – ce sont des courtisanes – seraient censés écrire. Ceci ne cautionnant pas le statut de ''femme écrivain'' :

« Voilà, je pense, mon cher bienfaiteur, ce que vous avez exigé que j’écrivisse des détails de ma vie. » Thérèse la philosophe ...

Mademoiselle Javotte : « Encore une brochure, s’écrient déjà nos petits-maîtres caustiques. On n’y peut pas tenir, c’est à périr ! Doucement, messieurs, s’il-vous-plaît ; c’en est une à la vérité, mais brochure où, pour flatter votre goût frivole, on n’y a peint vos sottises qu’avec des couleurs gaies ; brochure où, pour ménager votre faible jugement, on ne s’y est permis d’autres moralités que celles des faits. Enfin, c’est un ouvrage écrit par une jolie femme, et publié par une autre. Pourrez-vous lui refuser votre suffrage ? »

 

Déjà... ! « ce sont les femmes qui […] font la plus grande consommation » de romans » car selon Charles Sorel « elles trouvent qu’ils sont faits principalement pour leur gloire, et qu’à proprement parler, c’est le triomphe de leur sexe » De la Connoissance des bons livres, Paris, Pralard, 1671

Le roman libertin représente les effets de sa propre lecture...

Le roman libertin, est un genre romanesque qui « semble fonctionner sur la mise en abyme de la lecture (…) « Jamais fille chaste n’a lu de romans. Lecture en cachette, lecture en abyme dans Thérèse philosophe », dans L’épreuve du lecteur. Livres et lectures dans le roman d’Ancien Régime de Mainil J. » en multipliant à plaisir les scènes où il représente sa capacité à porter le trouble dans les sens de son lecteur.

D'autant que les romans libertins ne sont pas lus que par les hommes. Les femmes de certains milieux aristocratiques les appréciaient … La médecine, d'ailleurs soucieuse de pathologie sexuelle ne cesse de vouloir prévenir contre « l’horrible danger de la lecture » de tels ouvrages, en particulier lorsqu’ils tombent entre des mains féminines.

 

La lectrice en tant que telle, le plaisir de la lecture est au cœur du roman libertin...

Dans les textes de Crébillon, tel Le Sylphe (1730) ou Le Sopha (1742), de belles lectrices dénudées lisent pour leur plaisir en solitaire dans le secret de leur cabinet ou de leur chambre à coucher mais le regard masculin n’est pas loin...

Dans ces œuvres, les lectrices se présentent comme des femmes belles et intelligentes mais lascives, la lecture les conduit à l’acte sexuel bien guidées par des maîtres séducteurs.

Mlle Créon et Mlle Tékély de Prévost , Félicia de Nerciat ou la marquise de Merteuil de Laclos , Laure de Mirabeau ou la paysanne pervertie de Rétif de la Bretonne lisent beaucoup et développent une liberté de pensée et des idées qui les conduisent à rompre avec les bienséances et les règles sociales pour vivre à leur guise.

La Dédicace à Zima sur laquelle s’ouvrent les Bijoux indiscrets :

« Zima, profitez du moment, écrit alors Diderot. L’aga Narkis entretient votre mère, et votre gouvernante guette sur un balcon le retour de votre père : prenez, lisez, ne craignez rien. Mais quand on surprendrait les Bijoux indiscrets derrière votre toilette, pensez-vous qu’on s’en étonnât ? Non, Zima, non ; on sait que le Sofa, le Tanzaï et les Confessions ont été sous votre oreiller. Vous hésitez encore ? Apprenez donc qu’Aglaé n’a pas dédaigné de mettre la main à l’ouvrage que vous rougissez d’accepter » Diderot D., Les bijoux indiscrets

 

Fatmé, dans Le Sopha (1742) de Crébillon fils : une « armoire secrète » dissimule des ouvrages licencieux. De cette armoire Fatmé tire un roman dont, nous dit-on, « les situations étaient tendres et les images vives». Bientôt, « Ses yeux devinrent plus vifs ; elle le quitta, moins pour perdre les idées qu’il lui donnait, que pour s’y abandonner avec plus de volupté. Revenue enfin de la rêve dans laquelle il l’avait plongée, elle allait le reprendre, lorsqu’elle entendit un bruit qui le lui fit cacher. Elle s’arma, à tout événement, de l’ouvrage du Bramine : sans doute elle le croyait meilleur à montrer qu’à lire. »

Ainsi, écrit Thérèse :

« Qu’[…] après une heure de lecture, je tombai dans une espèce d’extase. Couchée sur mon lit, les rideaux ouverts de toutes parts, deux tableaux — les Fêtes de Priape, les Amours de Mars et de Vénus — me servaient de perspective. L’imagination échauffée par les attitudes qui y étaient représentées, je me débarrassai des draps et des couvertures et […] je me mis en devoir d’imiter toutes les postures que je voyais. […] Machinalement, ma main droite se porta où celle de l’homme était placée, et j’étais au moment d’y enfoncer le doigt lorsque la réflexion me retint […] que j’étais folle, grands dieux, de résister aux plaisirs inexprimables d’une jouissance réelle ! Tels sont les effets du préjugé : ils sont nos tyrans. […] Quoi ! m’écriai-je, les divinités mêmes font leur bonheur d’un bien que je refuse ! Ah ! cher amant ! je n’y résiste plus. Parais, Comte, je ne crains point ton dard […]. » Boyer J.-B. de, marquis d’Argens, Thérèse philosophe

Notes :

* Le Sopha, conte moral est un conte français de Claude Prosper Jolyot de Crébillon dit « Crébillon fils », rédigé en 1737. Le conte adopte un récit cadre oriental qui renvoie aux Mille et une nuits4 et s’affirme comme une réflexion sur les aléas du désir et de l’amour. Le narrateur, Amanzéï, est transformé en sopha et ne retrouvera sa forme humaine que « quand deux personnes se donneraient mutuellement et sur [lui] leurs prémices ». À l’intention du sultan Schah-Baham, qui s’ennuie, et de la sultane, il raconte les scènes dont il a été le témoin en faisant défiler sept couples. Le dernier, formé de deux adolescents (Zéïnis et Phéléas) dont les jeunes cœurs jouissent innocemment du plaisir qu’ils se donnent, remplit la condition permettant de le libérer.

* Mademoiselle Javotte, ouvrage peu moral, écrit par elle-même et publié par une de ses amies. à Bicêtre, (Paris), 1788, est attribué à l'écrivain français Paul Baret (ou Barret) par le catalogue Paulmy, et par Barbier. La première édition est de 1757. Ce conte facétieux et un peu croustillant raconte les aventures de Javotte, fille d'un portefaix, qui doit vendre ses charmes pour sortir de la misère. "Une note à la main .. dit que l'héroïne du roman vivait à Paris, et qu'elle s'appelait Jeanne Godeau.... de la même famille que Godeau, Antoine, évêque de Vence... fils d'un chapelier de Dreux....

 

* Thérèse Philosophe ou Mémoires pour servir à l’histoire du père Dirrag et de mademoiselle Éradice

Anonyme, Attribué au marquis Boyer d’Argens ( Texte daté de 1748 )

C'est l'histoire d'une relation entre une jeune fille mineure et un vieux prêtre. Ce roman attire l’attention sur la répression sexuelle des femmes à l’époque des Lumières, mais également sur l’exploitation de la sexualité par l’autorité religieuse.

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Les années 20 avec Mona Street

Publié le par Perceval

Aujourd'hui, on peut rêver des années 20 avec Mona Street, une jeune Américaine à peine sortie de l'université de Boston.

 

Elle rejoint alors sa ravissante tante Beth, laquelle la croit une oie blanche. Mona joue de cette réputation pour réaliser tous ses fantasmes l’air de rien, en manipulant ceux qui passent à sa portée, ou en se vengeant si elle s’aperçoit qu’on a voulu la manipuler.

 

Sublime, elle porte un soin extrême à ses tenues, porte-jarretelles, dessous en dentelle et bas noirs.

 

Dans des lettres, elle détaille ses jeux sexuels : aventures saphiques, souvenirs du collège, nombreux amants, jeunes garçons pleins d'entrain ou vieux dragueurs invétérés... pour s'en moquer le plus souvent !

Leone Frollo (né en 1931 à Venise) est l’un des grands maîtres de la bande dessinée érotique italienne.
Leone Frollo (né en 1931 à Venise) est l’un des grands maîtres de la bande dessinée érotique italienne.
Leone Frollo (né en 1931 à Venise) est l’un des grands maîtres de la bande dessinée érotique italienne.

Leone Frollo (né en 1931 à Venise) est l’un des grands maîtres de la bande dessinée érotique italienne.

Les années 20 avec Mona Street
Les années 20 avec Mona Street

On la voit tricher aux cartes pour subir un gage et affrioler des jeunes gens ; trembler d’être reconnue jouant dans un film porno qu’on lui projette, croyant la choquer ; exciter de vieux voyeurs qu’elle sait la regarder dans une cabine d’essayage pourvue d’une glace sans tain, etc.

 

Les années 20 avec Mona Street
Les années 20 avec Mona Street
Les années 20 avec Mona Street
Les années 20 avec Mona Street

L’histoire la plus élaborée se passe à Venise où une amie de Mona est enlevée par un gang d’aristocrates lubriques, dont son mari fait partie, alors qu’il feint d’être dans tous ses états, et se tape la bonne en attendant le retour de sa femme. Mona saura libérer ces dames, grâce à ses amis gondoliers, dont malheureusement l’auteur nous fait apprécier les charmes avec une parcimonie inversement proportionnelle à sa générosité dans la peinture de la morphologie féminine la plus intime.

Les années 20 avec Mona Street

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Sur le désir de connaître ce mystérieux ''sexe féminin'' le XVIIIe s. s'étale entre vision médicale ( mécaniste) et vision fantasmée... Ainsi exprimée par Félicité :

« Que Dieu vous garde, ma chère maîtresse [c’est Félicité qui parle], d’être jamais dans le cas de passer par la casserole de saint Côme ! Comme la plus belle femme cesse alors d’être l’image d’une divinité ! Quelle humiliation ! Quelle différence d’étaler ses charmes aux yeux d’un fouteur plein d’ivresse, ou bien à ceux d’un inanimé docteur, qui ne voit dans tout cela qu’une machine immonde, détraquée, qu’il s’agit de purifier et de réparer ! Quelle barbare nomenclature au lieu de ces jolis ou joyeux noms qui, dans le plaisir, sont prodigués aux attrayants objets de mille folies ! »

L’appareil génital féminin peut être comparé à un « gouffre aussi insatiable que Charibde ». Code de Cythère ou le Lit de justice d’Amour., de Jean-Pierre Moet (1746).. Le gouffre, la grotte : lieu souterrain, obscur, un piège aussi … !

« Je me dépêche d’arriver à la grotte charmante qui termine le labyrinthe. Quand on y est, il semble qu’on soit séparé de l’univers, on y marche sur les roses et on en est couronné. J’y vais souvent surtout quand le soleil se couche. L’attrait y mène, l’enchantement y retient, on y rêve… à ce qu’on veut » (Les Malheurs de l’inconstance,).

Nerciat réunit en l’effrénée Mme de Caverny la figure de l’hystérique, de la femme-gouffre et plus généralement de l’excès spécifiquement féminin très souvent illustré dans les romans libertins...

« Il faut être folle pour imaginer ce que tenta pour lors l’effrénée Mme de Caverny. D’une main, qui peut à peine seconder son dessein, elle saisit à la fois les deux boute-joies ; enjambe ; les enfourche ; et les présente accolés à l’orifice brûlant de sa spacieuse vulve. Tous deux y pénètrent et reconnaissent qu’elle peut fort bien les héberger. […] Les instruments de son bizarre caprice, malgré la gêne de l’attitude et leur inexpérience à pareil travail, s’en acquittèrent pourtant assez bien : elle tomba dans une crise indicible… les inonda tellement qu’ils ne s’aperçurent presque plus d’être deux ; et fit craindre, un moment, qu’elle n’eût trouvé tout de bon la mort dans ce monstrueux excès de libertinage. » Le Diable au corps de Nerciat

Qu'est-ce donc que ''le diable au corps'' ? C'est « Ce surcroît de possession m’exalte, me met hors de moi : je ne suis plus une simple femme, je suis une démoniaque en délire, dont Priape et Bacchus brassent le sang ; je sanglote ; je siffle comme un serpent ; je jure ; je mords ; je broie à grands coups de mon croupion convulsif les deux fouteurs, […]. » La marquise dans Le Diable au corps de Nerciat

La femme est souvent conçue, au XVIIIe siècle, comme très largement déterminée par son corps, et en particulier par son utérus, cause, entre autres maladies et dysfonctionnements du corps et de l’identité féminins, de l’hystérie.

Et l'homme ? Il y a risque que le sexe masculin soit rendu impuissant par l’appétit sans borne du sexe féminin...!

« Je ne souhaitais plus que la mort : j’avais perdu le pouvoir de jouir de la vie, l’anéantissement était le but de tous mes désirs. J’aurais voulu me cacher éternellement ce que j’avais été, je ne pouvais penser sans horreur à ce que j’étais. « Le voilà donc, disais-je au fond de mon coeur, le voilà cet infortuné père Saturnin cet homme si chéri des femmes, il n’est plus : un coup cruel vient de lui enlever la meilleure partie de lui-même : j’étais un héros, je ne suis plus qu’un... Meurs, malheureux, meurs, peux-tu survivre à cette perte, tu n’es plus qu’un eunuque ». Saturnin, dans Le Portier des Chartreux, atteint par la vérole...

La courtisane serait en toute lumière une: « Eve moderne dont la nature est de tromper. »

Et, la Margot de Fougeret de Monbron, en se faisant représenter en « Madeleine pénitente » par « tous les Apelles et barbouilleurs de Paris», illustre en elle cette ambivalence de la figure de Marie-Madeleine, à la fois voluptueuse ( jusqu'à être incarnée par le corps d’une courtisane) et pénitente.

Notes :

Les Malheurs de l'Inconstance de Claude-Joseph Dorat (1734-1780) est publié en 1772, et Les Liaisons Dangereuses le furent en 1782. Et, à quelques détails, les deux intrigues présentent d'évidentes similitudes.

Roman épistolaire : la narration se fait par lettres successives que les différents protagonistes s'envoient les uns aux autres mais seul le lecteur a une vue de l'ensemble de ces lettres...

Le Duc de ***, libertin cynique, éconduit par Madame de Syrcé, décide de se venger : « Je n'ai pu la déterminer en ma faveur, je veux la séduire par procuration ».

Il confie cette mission à son cousin, le Comte de Mirbelle, dont le cœur est déjà pris par une Anglaise, Lady Sidley. il le pousse dans les bras de la belle puis veux rendre public la liaison, et en causer la rupture … Et ; Madame de Syrcé et le Comte de Mirbelle vont se prendre au jeu, et tomber réellement amoureux l'un de l'autre...

Si Madame de Syrcé est mariée, la belle anglaise Lady Sidley a le coeur pris par le Comte de Mirbelle ; et les vilaines manoeuvres du Duc de *** vont peu à peu être mises à jour...

* Claude-Joseph Dorat (1734-1780). Né dans une famille de robe,et après avoir quitté l'armée, il se mit à fréquenter le monde des lettres, du théâtre et des femmes à la mode où il épuisa son patrimoine en dépenses pour ses plaisirs et pour l'impression de ses ouvrages.

Homme de théâtre, poète, il fut avant tout apprécié comme romancier. Estimé de son temps pour ses deux grands romans: Les Sacrifices de l'Amour (1771) et les Malheurs de l'inconstance (1772)... Amant de Fanny de Beauharnais ( féministe, écrivaine, salonnière ..;) , elle le secourut quand il fut ruiné...

 

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 12/. -

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 7/. -

Publié le par Perceval

L'interdit : La pudeur

L'une des composantes du plaisir libertin est de passer outre les tabous...

« (…) franchir les limites de la décence et de la pudeur... » Les sérails de Paris (1802)

La femme doit être pudique...

La pudeur serait comme une « maladie inhérente au sexe féminin3 », « qu’en qualité de femme elle ne [peut] s’empêcher d’avoir...», « inhérente au sexe féminin » elle est aussi ce « qui prévient bien des désordres dans le monde » : Éléonore ou l’heureuse personne

« […] on doit toujours respecter la décence ; la volupté même, en se parant de son voile, en devient plus enivrante. Quoique d’une morale peu sévère, je n’ai jamais cessé de rendre hommage à cette vertu ; et lorsque je m’oubliais moi-même, je n’oubliais pas la pudeur. » Félicité de Choiseul-Meuse

« Je voudrais bien que vous me dissiez à quoi sert cette hypocrisie qui vous est commune à toutes, sages et libertines. Sont-ce les choses qui vous effarouchent ? Non ; car vous les savez. Sont-ce les mots ? en vérité, cela n’en vaut pas la peine. S’il est ridicule de rougir de l’action, ne l’est-il infiniment davantage de rougir de l’expression ? » Mangogul se plaint de l’hypocrisie de la pudeur de Mirzoza, dans les Bijoux indiscrets de Diderot

La femme serait-elle destinée ''par nature'' au libertinage ou à la pudeur... ?

« On n’exigera de toi rien de difficile. Je t’avais déchiffrée d’abord. Tu es née pour nos plaisirs. Tes bégueules de tantes, de chez lesquelles il a fallu tant de peine pour t’arracher, auraient, avec leur bigoterie et leur sotte pudeur, gâté le plus heureux naturel. Faire de toi une vestale, ou du moins l’obscure épouse de quelque malotru d’artisan ! c’était un beau projet, ma foi ! Laissons ces vertueux métiers aux laides, aux maussades ; mais une jolie femme, dans quel état que le sort l’ait fait naître, se doit aux voluptés. Toutes à tous, voilà quel doit être notre cri de guerre : c’est ma devise au moins. Je veux qu’elle soit aussi la tienne. Tu te trouves bien sans doute des douces habitudes que je t’ai fait contracter ? Quant à moi, je suis, par mon système, la plus heureuse des femmes. Nargue des préjugés, et donnons-nous en tant et plus. » Nerciat, Le Diable au corps

 

« Trois sortes de pudeur sont donc à distinguer dans le roman libertin : la pudeur réelle, la pudeur feinte ou hypocrite, mais aussi donc, la pudeur imposée à la femme par des conventions sociales qui sont extérieures à son tempérament naturel et qui la contraignent dans son être, toujours dans le refus de toute dichotomie chrétienne entre l’âme et le corps. » Morgane Guillemet

« Dans la foule des femmes auprès desquelles j’ai rempli jusqu’à ce jour le rôle et les fonctions d’amant, je n’en avais encore rencontré aucune qui n’eût, au moins, autant d’envie de se rendre que j’en avais de l’y déterminer ; je m’étais même accoutumé à appeler prudes celles qui ne faisaient que la moitié du chemin, par opposition à tant d’autres, dont la défense provocante ne couvre jamais qu’imparfaitement les premières avances qu’elles ont faites. » lettre CXXV de Valmont des Liaisons dangereuses.

Le couvent : l'un des lieux emblématiques du roman libertin :

« Il est peu de jeunes gens dont l’idée des faveurs d’une jeune et belle religieuse n’allume vivement les désirs. Tendresse, nouveauté, difficulté vaincue, mystère, sûreté, tout cela concourt à séduire en faveur des appas cloîtrés. » Nerciat

L'homme qui pénètre dans un couvent sera nécessairement l’objet de toutes les convoitises et des désirs insatiables des pensionnaires. « La représentation que se fait le roman libertin du couvent est en tout premier lieu celle d’un espace où la fureur érotique s’empare nécessairement du corps féminin.. » M. G.

« Toute jeune que j’étais, quand ma mère, après la mort de son quatrième mari, vint demeurer dans ce couvent en qualité de dame pensionnaire, je ne laissai pas d’être effrayée de la résolution qu’elle avait prise : sans pouvoir distinguer le motif de ma frayeur, je sentais qu’on allait me rendre malheureuse. L’âge, en me donnant des lumières, m’éclaira sur la cause de mon aversion pour le cloître. Je sentais qu’il me manquait quelque chose : la vue d’un homme. » Le Portier des Chartreux,

"Parvenue à ce degré de lumières, je me sentis agitée du désir le plus violent de voir dans un homme l’original d’une chose dont la copie (le godemiché) m’avait fait tant de plaisir. » Themidore, le roman de Godard d’Aucour, en 1744

La grille du couvent – qui s'oppose à la jouissance - représente les préjugés, les frustrations ...

« Depuis deux heures que j’étais près de ma chère amie, mon tempérament était devenu extrêmement violent : il était encore animé par l’obstacle. Celui de Rozette, qui se reposait depuis longtemps, était au moins égal au mien […] » Themidore

Verland, dans Le Portier des Chartreux, n’a que « le temps de passer la main au travers de la grille, de prendre les tétons [de Monique], de [les lui] manier...»

Thémidore, quant à lui, insiste sur les difficultés qui s’opposent d’abord pour embrasser sa maîtresse, ensuite pour toucher « au séjour de l’amusement », ce à quoi il parvient mais sans jamais pouvoir atteindre à la félicité....

Laure, dans le roman de Mirabeau : « Je te fis monter sur l’appui de la grille, tes mains posées sur mes épaules ;je te soutenais. Valfay releva ces habits noirs qui faisaient briller l’éclat et la blancheur de tes fesses charmantes ; il les maniait, les baisait, leur rendait l’hommage qui leur était dû. Ton petit conin, encadré dans un des carreaux de la grille, était un tableau vivant qui l’enchantait. Il lui donna cent baisers. Mais pressé de couronner son bonheur, il te le mit […] ». Le Rideau levé ou l'éducation de Laure

Notes :

Thémidore ou Mon histoire et celle de ma maîtresse (1745) , de Claude Godard d'Aucour (1716-1795), fermier général en 1754, receveur général des Finances à Alençon en 1785. Ce roman licencieux a fait mettre à la Bastille le libraire Mérigot, parce qu'on ne pouvait y mettre l'auteur lui-même.

Jeune conseiller au Parlement, le narrateur rencontre Rozette à l'occasion d'une partie fine. Il s'en éprend aussitôt. Passe chez elle le plus clair de son temps. Lui laisse l'initiative dans leurs débats amoureux. Averti de cette liaison scandaleuse, le père du conseiller fait enfermer Rozette au couvent de Sainte-Pélagie. Son amant devra déployer des trésors d'imagination pour qu'elle parvienne à s'en échapper.
Dans ce court roman publié en 1745, Godard d'Aucourt ne ménage ni les puissants ni la religion. Il excelle dans l'ironie, dans la périphrase suggestive. L'impertinence de son esprit et la vivacité de son style ont enchanté Maupassant, selon lequel «Thémidore est une merveille de grâce décolletée».

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Voir les commentaires

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Publié le par Perceval

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Martial Lenoir, photographe de mode et portraitiste, est né en 1971 au Pays Basque.

Il vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école EFET (École supérieure de Photographie et d’Audiovisuel) en 2003, il devient assistant photographe au Studio Daguerre à Paris, et travaille avec des photographes comme Nacer Messili, Gérard Harten et Francis Hammond.

En 2009, il est primé au Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles avec sa série La loge des rats.

En 2011 il est lauréat du prix Argentique, du Jury Ilford. La même année, il expose sa série Les Garçonnes au Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles à la Chapelle Sainte-Anne.

En 2012, il commence sa série Les reflets du désordre qu'il clôt en 2014 par l'exposition à la Galerie Schwab Beaubourg.

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

La composition de ces photos, par leur complexité, dévoile petit à petit la beauté des visages, puis des corps... Elle joue des reflets, de ce qui est caché et découvert ; il y émane une atmosphère et un érotisme esthétique...

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial LenoirReflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Chaque photo offre multiples sens de lecture ; du détail au plan large, de ce qui est visible et révélé par les reflets du miroir à ce qui est encore caché. Se rajoute une coloration ancienne qui ajoute en étrangeté ; également un travail sur le flou, et la lumière... Tout cela rattache ces photographies à une composition en peinture

Reflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir
Reflets du Désordre - Photos de Martial LenoirReflets du Désordre - Photos de Martial Lenoir

Ces « Reflets du Désordre » exposent un hommage masculin à la féminité, et son érotisme... Il s'agit de révéler, sans perdre du mystère... Il ne s'agit pas seulement d'un parfum d'un autre temps, celui des femmes lascives et corsetées 1900. Il s'agit d'exprimer une fois de plus le fantasme de ''La Femme''.

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 6/. -

Publié le par Perceval

Un lieu est le support privilégié du fantasme masculin, support imaginaire du Mythe de la Femme : ce lieu c'est le ''gynécée'' : l'appartement des femmes dans les maisons grecques et romaines. Au XVIIIe siècle, apparaît dans l'imaginaire libertin et au delà : le harem oriental... Ces lieux d’intimité féminine énigmatiques interdits à toute présence masculine...

Ces lieux offrent l'avantage – dans l'optique libertine – de tenir le corps féminin, disponible, enchanteur, désirable et multiple … !

L'Orient est à la mode, au XVIIIe siècle : Antoine Galland a traduit du syrien les contes orientaux des Mille et Une Nuits (entre 1703 et 1717) ; ce qui inspirera Les Lettres persanes de Montesquieu, et un corpus plus léger ...

Ainsi notons : le Sopha de Crébillon fils en 1742, Les Bijoux indiscrets de Diderot en 1748, Les Mémoires turcs de Godard d’Aucour en 1750, les Noeuds enchantés de Fanny de Beauharnais en 1789...

Les Bijoux indiscrets de Diderot évoquent la cour du sultan Mangogul en ces termes : « on entrait aussi librement dans leurs appartements que dans aucun couvent de chanoinesses de Flandres ; et on y était aussi sage» ; la narratrice d’un roman paru anonymement en 1754, Histoire de Mademoiselle Brion, utilise sans cesse la métaphore du sérail, parfois en l’associant à celle du couvent comme elle le fait lorsqu’elle évoque, dans une expression évocatrice de par son double sens, les « soeurs du sérail».

A noter que le ''couvent'', réunit lui aussi quelques unes de ces caractéristiques : il n'est pas exotique, mais il est relié au contexte français, et il est porteur d'un côté subversif...

Le fantasme du sérail, se développe naturellement dans les ''maisons closes'', ce qui est décrit dans Les sérails de Paris, ou Vies et portraits des dames Pâris, Gourdan, Montigny et autres appareilleuses. Ouvrage contenant la description de leurs sérails, leurs intrigues...

Se rajoute donc, la fonction économique du corps féminin... Le fantasme se raccroche alors au sérail, qui arrache les femmes au commerce des hommes...

Atalide, jeune Française enlevée par les Turcs pour devenir l’une des épouses d’Achmet Dely-Azet dans les Mémoires turcs de Godard d’Aucour, commente sa vie :

« Je suis maintenant à Constantinople dans un esclavage que vous avez su me rendre aimable. Le sérail vu de plus près, loin de me déplaire, me paraît un séjour délicieux. L’habitude d’y jouir d’une vie exempte de soins, et toute consacrée à l’amour, a totalement changé mon coeur. La liberté n’a plus de charmes pour moi. »

Saturnin, dans Le Portier des Chartreux, se réjouit à l’avance :

« […] l’espérance d’y goûter sans contrainte toutes les délices de l’amour dans les bras d’un nombre de jolies femmes dévouées à mes désirs offrait à mon coeur une immensité de plaisirs que tous les efforts de mon imagination ne me rendaient que faiblement »

Bien sûr difficile d'échapper, aux règles d'échange entre hommes et femmes, de ce modèle libertin. Cette circulation de la femme dans ce système animé par des hommes, fait d'elle un bien de consommation, et d'échange... Le rôle social du Souper, fait de la femme un point de rencontre entre des gens que rien ne lie...

Si le système économique et masculin semble dominé le principe libertin ( la femme est ''entretenue''), le principe de séduction est réglé par la figure féminine porteuse de ruses et de stratagèmes

Monsieur de Gr*** M*** et le frère Alexis prodiguent leurs « salutaires conseils » à Margot :

« Toute personne du sexe qui veut parvenir doit, à l’imitation du marchand, n’avoir en vue que ses intérêts et le gain. Que son coeur soit toujours inaccessible au véritable amour. Il suffit qu’elle fasse semblant d’en avoir, et sache en inspirer aux autres.

Que celui qui la paie le mieux ait la préférence sur ses rivaux. Qu’elle transige le moins qu’elle pourra avec les gens de qualité : ils sont la plupart hautains et escrocs. De gros financiers renforcés sont plus solides et plus aisés à gouverner ; il n’y a que manière de les prendre.

Si elle est sage, elle éconduira les greluchons : outre que ce sont des animaux qui n’apportent aucun profit à la maison, ils en éloignent souvent ceux qui la soutiennent.

Lorsqu’il se présentera pourtant quelque bonne passade, qu’elle ne se fasse pas scrupule d’une infidélité : c’est le casuel du métier.

Qu’elle imite autant qu’il lui sera possible, la frugalité de Mademoiselle Durocher, et ne se permette les bons morceaux que quand ils ne lui coûteront rien.

Qu’elle ait soin de placer son argent à mesure qu’il lui viendra, et s’en fasse de bonnes rentes.

Si un étranger et un Français, également à leur aise, se trouvent en concurrence auprès d’elle, qu’elle n’hésite pas à se déclarer en faveur du premier.

Indépendamment de ce que la politesse le requiert, elle y trouvera mieux son compte, surtout si elle a affaire à quelques mylords de la Cité de Londres ; Ce sont des gens qui, quoique des cancres au fond, sont capables de se ruiner par orgueil pour qu’on les croie plus riches que nous […]. »

Margot la ravaudeuse de Louis-Charles Fougeret de Monbron (1800)

La femme, alors, n'est plus seulement ''objet''...

« Quoique je n’eusse encore ruiné qu’un seul homme, j’avais déjà assez de bijoux et de précieuses nippes pour pouvoir tenir mon rang parmi nos principales sultanes, et occuper comme elles une chaise au bord de l’orchestre, la jambe nonchalamment croisée sur le genou. Il faisait froid alors. Jamais on ne se montra dans un négligé plus fastueux et plus imposant. Mollement enveloppée sous l’hermine et la martre zibeline, j’avais les pieds dans une boîte couverte d’un velours cramoisi, […]. Dans cet orgueilleux appareil, je faisais d’un air distrait des noeuds avec une navette d’or. Quelquefois je regardais à ma montre, et la faisais sonner. J’ouvrais toutes mes tabatières l’une après l’autre, et me portais de temps en temps au nez un superbe flacon de cristal de roche pour des vapeurs que je n’avais pas. Je me penchais pour dire des riens à mes compagnes, afin que les lorgneurs curieux pussent juger de la tournure élégante de mes membres. En un mot, je commis ce soir-là cent impertinences, dont les benêts de spectateurs étaient enchantés. »

Cette comédie doit s'adresser à un certain baron, qui est alors « plongé dans une espèce de ravissement extatique » Margot la ravaudeuse, précise qu’elle n’était « point fâchée [que le baron qu’elle cherche à séduire la] vît. »

Cette ''Femme'', devient dans un réseau de concurrences et de sociabilités proprement masculines, et surtout son corps, ne sert finalement que de faire-valoir à ces fiertés. Ainsi que le remarque Godard d’Aucour, « il en est de ces femmes comme d’un équipage, certaines gens auraient honte d’être vus à pied et de n’avoir point de maîtresse».

La femme, devient l’objet de la conversation des hommes :

« Eh bien ! mon pauvre Rondain, dit-il à mon monsieur, en lui frappant sur l’épaule, c’est donc cette petite personne-là qui est la souveraine de ton coeur ? Je t’en fais mon compliment, elle est d’une beauté à ravir, elle est faite pour faire tourner la tête à tout l’univers. Mais, mais, marquis, disait-il en s’appuyant négligemment sur un de ceux qui l’accompagnaient, de grâce admire-moi ce minois-là, c’est une divinité ! c’est un prodige ! un miracle ! Ah ! parbleu, cela vaut mieux qu’un Rondain. » Les Mémoires de deux amis. Roman attribué à Paul Baret et paru en 1758.

Enfin, après le sérail, le couvent, ou le bordel ; n’oublions pas parmi les lieux saturés de la présence féminine : les jardins du Palais-Royal :

« C’est dans cette espèce de jardin de franchise que nous usons, en toute liberté, du droit de faire les femmes de conséquence, et de braver impunément l’oeil du spectateur par nos grands airs et notre orgueilleux étalage. […] Une multitude infinie de jolies femmes de toute espèce en font un des principaux ornements. Les espaliers qu’elles forment sur des sièges le long des arbres de la grande allée offrent à l’oeil émerveillé un spectacle aussi pompeux que riant et récréatif, et dont l’admirable variété est au-dessus de toute description.. » Margot

« On était alors dans la belle saison, et nous allions nous promener le soir au Palais-Royal, mon gouverneur et moi. […] Le jardin était déjà peuplé d’un grand nombre de femmes ; mais il en vint sur les huit heures un renfort considérable. A la quantité de leurs pierreries, à la magnificence de leurs ajustements, et à la foule de leurs poursuivants, je les prie au moins pour des duchesses. » Sélim, dans Les Bijoux indiscrets de Diderot

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l’ambiguïté féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

Promenade du Jardin du Palais Royal

Promenade du Jardin du Palais Royal

Voir les commentaires

Bande Dessinée - Ana Moralles -

Publié le par Perceval

Ana Miralles (orthographié Mirallès en français) est une illustratrice espagnole de bande dessinée. Elle est née en 1959, et se lance professionnellement dans la BD et l'illustration en 1982 en publiant sa première histoire dans la revue espagnole Rambla.

Son premier album Corps à corps sur scénario de son compagnon Emilio Ruiz est publié par Glénat. Entre 1991 et 1994, elle publie la trilogie Eva Medusa : sur un scénario d'Antonio Segura, une histoire située dans le Brésil des années 1920

Avec Emilio Ruiz, elle a adapté en BD le roman à succès de Juan Eslava Galán : À la recherche de la licorne.

Son œuvre se décline en une multitude de livres illustrés, cartes postales, couvertures de livres inclassables, expositions, etc.

En 2001, elle crée la série Djinn avec Jean Dufaux, sa série la plus populaire à ce jour.

En juin 2009, Mirallès est devenue la première femme à remporter le « Gran Premio del Salón » au Festival de la BD de Barcelone (la plus haute distinction).  

 

 

Eva MedusaEva MedusaEva Medusa

Eva Medusa

Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn
Djinn

Djinn

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 4/. -

Publié le par Perceval

* Le corps féminin: ''terra incognita''

« Le personnage féminin du roman libertin se caractérise souvent par une identité fluctuante, qu’il s’agisse, pour la femme, de se conformer au caractère de son amant et à ses désirs, ou de ne pas se dévoiler pour ne pas se soumettre. Ainsi Illyrine, dans l’autobiographie romancée de Suzanne Giroust, change-t-elle de prénom avec chaque nouvel amant, comme si elle devenait chaque fois une autre femme, une femme différente, auprès de chaque homme. »

Cette ambiguïté, s'attache au fait que la femme libertine est ici, courtisane et cherche à donner à son corps la forme que souhaite lui voir revêtir son amant ou leur client, et prend l’identité qu’il convient à l’homme d'endosser... « Enfin et pour conclusion, qu’elle n’ait point de caractère à elle ; mais qu’elle étudie avec soin celui de son amant, et sache s’en revêtir comme si c’était le sien propre » Madame de Morency, Illyrine ou l’Écueil de l’inexpérience

Ce « que l’on retrouve de façon récurrente dans le roman libertin, c’est le décalage entre le personnage féminin et ses observateurs, entre ce qu’est véritablement le personnage féminin et l’homme qui cherche à l’observer, à le percer à jour ou à la connaître pense qu’il est. »

Au XVIIIe siècle, la femme est donc un être essentiellement inconstant... Cette ambiguïté devient fantasme et participe au mystère féminin ( ce ''continent noir'' : Freud) …

Elle devient instrument de pouvoir, pour donner à la femme les moyens d'obtenir ce qu'elle désire... La marquise de Merteuil a appris à jouer de son corps avec une grande virtuosité pour son propre plaisir et afin d’exercer son pouvoir sur les hommes, sur ses amants, ainsi est-elle : « tour à tour enfant et raisonnable, folâtre et sensible, quelquefois même libertine, je me plaisais à le considérer comme un Sultan au milieu de son Sérail, dont j’étais tour à tour les Favorites différentes. En effet, ses hommages réitérés, quoique toujours reçu par la même femme, le furent toujours par une Maîtresse nouvelle. » Laclos

 

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

 

* * Notes sur Suzanne Giroust de Morency :

Issue d'une riche famille de négociants, Barbe-Suzanne-Amable Giroust voit le jour, rue Saint-Denis, le 16 novembre 1770. Elle est mariée à dix-huit ans pendant la révolution à un avocat Bertrand Quinquet... Suzanne Giroust qui osa faire paraître un roman autobiographique un peu leste, sous le nom de G...de Morency, en 1799 :"Illyrine, ou l'écueil de l'inexpérience" (Paris an VIII, Rainville.).

Courtisane.. ? ou femme libérée ? Elle revendiquer le droit de disposer de son corps, et fait, grâce à ses relations, lire un texte à l'Assemblée demandant le droit au divorce. Elle revendique l’adultère et réclame pour les femmes le droit de maîtriser leur destin.

Dans son roman ''Illyrine ..'', elle met en scène ses nombreux amants révolutionnaires ; « le vécu prime sur l'imaginaire et toutes les bibliographes s'accordent à considérer le roman comme une authentique autobiographie, que viennent agrémenter les exagérations et les fantasmes romanesques... L'intérêt de l'ouvrage réside à la fois dans le témoignage (vécu) que l'auteur nous apporte sur la vie quotidienne d'une aventurière sous la Révolution et le Directoire, dans les portraits de ses amants ( on a bien plus l'habitude de rencontrer leurs noms dans les manuels d'histoire que dans les récits d’alcôve), mais surtout dans l'orientation autobiographique du roman du libertinage, qui semblait jusqu'alors assez rare et réservé aux auteurs masculins » Sexualité, mariage et famille au XVIIIe siècle, par Olga B. Cragg, Rosena Davison

 

« Illyrine, ou l’écueil de l’inexpérience est une fiction romanesque remarquable par la pensée libre de tout préjugé de Suzanne Giroust : un parti pris de vérité dénote une sorte de sagesse épicurienne, proche parfois d'une pensée sceptique. Le regard plein d'humour porté sur la société et les relations humaines est d'une rare lucidité... Si l'amour est le bonheur suprême, il ne s'entend que dans la volupté et dans le renouvellement : « j'aimais sans jouir, je jouissais sans aimer ; mais bientôt je jouis et j'aimais. ».

L'héroïne de la fiction est une femme émancipée, indépendante, qui affiche ses conquêtes, parle de sensualité ardente et de ses jouissances avec bonheur. Les expériences successives lui révèlent son être féminin, sa sensualité, le désir , le plaisir. La liberté sexuelle pour laquelle la romancière plaide, sa remise en cause du mariage et du couple sont un écho de certaines revendications féministes de la Révolution. (..) Suzanne Illyrine, déçue par son mariage, trouve sur son chemin le député Hérault de Séchelles, le duc de Biron, général des armées de Belgique, le général Dumouriez.

Impulsive, elle vit passionnément ses idylles d'un jour ou de plusieurs mois. Après un divorce qu'elle obtint sitôt les lois civiles modifiées, elle suit Fabre d'Eglantine, puis de nouveau Hérault de Séchelles dans quelque temple d'amour, avant d'être sauvée des prisons de la Terreur par le citoyen Corbières-Dorat. L'héroïne n'éprouve aucun remords, la vertu pour elle une pure convention sociale. Dans le contexte conservateur du Directoire, le roman a des avancées très originales sur les droit des femmes à la sexualité, à l'amour et sur leur liberté. » Vivre libre et écrire: anthologie des romancières de la période … publié par Huguette Krief

 

« Ce monde est une comédie. / Où chaque acteur vient à son tour./ Amuser les hommes du jour. / Des aventures de sa vie. » Suzanne Giroust

A suivre...

Voir les commentaires

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 3/. -

Publié le par Perceval

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

Lancret - Le nid d'oiseaux et la cage à oiseaux...

* La Jeune Fille devient femme, par une ''rupture'' : la violence du dépucelage.

« Son pied glissa sur la voie lactée, elle tomba à la renverse ; je volai à son secours, mais inutilement. Une puissance plus forte que moi m’empêcha de la relever et m’entraîna dans sa chute… J’avais quinze ans et Aline quatorze. C’était à cet âge et dans ce lieu que l’amour nous attendait pour nous donner ses premières leçons. Mon bonheur fut d’abord troublé par les pleurs d’Aline, mais bientôt sa douleur fit place à la volupté, elle lui fit aussi verser des larmes ! Et quelles larmes ! ce fut alors que je connus vraiment le plaisir, et le plaisir plus grand d’en donner à ce qu’on aime » . BOUFFLERS, Stanislas de, La Reine de Golconde, s.l., 1761 - cf note (1)

 

« Déjà tout ce que j’avais souffert était oublié ; je jouissais réellement, sentant que je possédais celui qui m’était si cher, et qu’après avoir payé le bizarre tribut auquel la nature a voulu soumettre notre sexe infortuné, j’allais moissonné à mon aise dans le vaste champ des voluptés »… La Reine de Golconde

 

« La douleur aiguë que l’intromission de ce monstre, à jamais vénérable, me causa, m’aurait arraché les hauts cris si je n’avais appréhendé de donner l’alarme au voisinage. Néanmoins, le mal fut bientôt oublié par les délicieuses agonies où il me plongea. Que ne puis-je exprimer les ravissantes convulsions, les charmantes syncopes, les douces extases que j’ai éprouvées alors! »

« Je fus bien et dûment déflorée. Depuis ce temps-là, je dormis beaucoup mieux. Mille songes flatteurs présidaient à mon repos » . Margot la ravaudeuse. (2)

 

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.
La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue...  Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

La cage ouverte, l'oiseau envolé, c'est la virginité perdue... Parfois ; l'oiseau c'est l'amant ; l'amant désiré, l'amant envolé lui aussi … L'oiseau correspond à l'attribut masculin, et la cage à l'attribut féminin.

(1) Stanislas Jean de Boufflers, marquis de Remiencourt (1738-1815) à Paris en France) est un libertin, un poète lorrain puis français. Il est le fils de Louis François, marquis de Remiencourt, et de la marquise, la belle et spirituelle Marie Françoise Catherine de Beauvau-Craon (1711-1786).

Stanislas grandit à la cour de Lunéville où il eut pour parrain le roi Stanislas, dont sa mère était la maîtresse en titre :  au grand déplaisir du Père de Menoux, confesseur de Stanislas : « [...] La marquise était fort jolie femme, plus galante encore et, s'il est possible, encore plus incrédule. Elle ne concevait pas comment on pouvait aimer Dieu » Souvenirs du comte de Tressan

Douée « d'un charme à nul autre pareil [...], de beaucoup de gaieté naturelle, de bonne grâce et de finesse [...], d'un esprit supérieur, juste, original »  elle sera la maîtresse de quelques hommes qu'elle distingua : l’avocat et poète François-Antoine Devaux, l’intendant de Lorraine Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, le poète Jean-François de Saint-Lambert. « Pour Tressan, on a des doutes. On cite encore le vicomte d'Adhemar et le comte de Croy. C'est tout. », peut-on lire dans une étude de la revue Le Pays lorrain (Maurice Payard ).

D’abord destiné à l’Église, son fils, Stanislas de Boufflers passe deux ans au séminaire de Saint-Sulpice où il compose un conte légèrement licencieux, Aline, reine de Golconde, qui connut un grand succès.

***

(2) Louis-Charles Fougeret de Monbron (1706 - 1760), est un homme de lettres français.

'Margot la ravaudeuse' est née dans une famille des bas-fonds parisiens, elle répare, chaussures et vêtements dans un tonneau, sorte de modeste échoppe, sur la voie publique avant d'être repérée par une maquerelle et de devenir "demoiselle du beau-monde" ; le lecteur suit les péripéties de cette fille du peuple reconvertie... Il s'agit d'une satire misanthrope et pessimiste de Fourgeret qui s'exprime avec humour aussi, c'est sa dénonciation d'un monde cruel ( Eglise comprise...) où le peuple est ignoré...

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>