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La légende de Lady Godiva

Publié le par Perceval

La légende de Lady Godiva

Lady Godiva ( ou Godgyfu en saxon) est la très belle épouse de Léofric (968-1057), comte de Mercie et seigneur de Coventry. Elle est aussi une héroïne de la culture anglo-saxonne... Son mari, pour financer ses guerres, harcèle violemment ses sujets et les couvre de taxes ; et Lady Godiva – sensible aux conditions difficiles d'existence des habitants de Coventry- régulièrement plaide auprès de son époux, une réduction des impôts. A chaque fois, près de l'oreiller, Léofric promet de supprimer des taxes ; mais ensuite le besoin d'argent se fait sentir … Par ailleurs, si lady Godiva est fort belle, elle est aussi fort prude ; et malgré la vigueur de son mari, elle refuse de se montrer entièrement déshabillée, la dame ne se livre que dans l'obscurité …

lady Godiva Edmund Leighton dépeint point de décision (1892) Ce jour là, Léofric, exaspéré, fait comprendre à sa femme qu'il ne réduirait les impôts qu'à la condition, qu'elle-même traverse - nue à cheval – la ville de Conventry. Il pense qu'ainsi, lady Godiva ne l’ennuiera plus jamais avec cette question de taxes ... Après une longue réflexion, Godiva accepte le défi.

out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation
Lady_Godiva - Alfred Joseph Woolmer out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation

La dame demande alors aux habitants de rester chez eux lors de son passage, pour que personne ne puisse la voir nue. L'annonce à la population ajoute que toute personne qui enfreindrait cette règle serait durement puni... Il n'est pas précisé si la punition serait divine, ou séculière ...

Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865 Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865

 

Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847 http://www.tate.org.uk/art/work/N00390 Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847

 

Ainsi, vêtue uniquement de ses longs cheveux, qui cachent sa poitrine, lady Godiva passe à dos de cheval, accompagné d’une servante.

Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

On dit que seul un tailleur, du nom de ''Peeping Tom'' a osé transgresser cette règle. Effectivement, le malheur s’est abattu sur lui... Il devint aveugle pour le restant de ses jours. C'est de là que vient l'expression anglaise « Peeping Tom », que nous connaissons sous l’expression « voyeur ». On dit aussi, que le Conte lui aussi, a regardé ( enfin) sa femme nue... On ne sait quel malheur l'a frappé... Peut-être s'en est-il expliqué avec son épouse... Il tint parole, et l'on sait – documents historiques à l'appui, que le roi Édouard 1er (XIIIe ) lui-même, a pu vérifier dans les annales de Coventry, que l’impôt n’a plus été perçu à partir de 1057. Une forme plus ancienne de cette histoire raconte la traversée du marché de Coventry par Godiva, alors que le peuple était rassemblé, surveillée seulement par deux cavalières (vêtues). Cette version est narrée dans Flores Historiarum de Roger de Wendover (mort en 1236) [caption id="attachment_5255" align="aligncenter" width="873"]Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586 Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586

En 1586 : le peintre Adam van Noort a représenté l'épisode et a montré Léofric en train de regarder sa femme par la fenêtre...

godiva-modern Lady_Godiva_Jedburgh_Festival_2011
Lady-Godiva Affiche lady Godiva_1955_American_film_star_M

La légende de Lady Godiva donne lieu chaque année depuis 1678 à un festival annuel au cours duquel une jeune femme personnifiant la jeune comtesse parcourt sur un cheval blanc les rues de la ville de Coventry. La seule condition, absolue, est d'avoir des cheveux longs et dorés.Godiva_statue_Broadgate_Oct_2011 petit    

 

 

 

Une statue représentant Lady Godiva à également été élevée près de la place du marché de Coventry afin de rappeler l'événement.

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Nue pour dénoncer les agressions sexuelles

Publié le par Perceval

Nue pour dénoncer les agressions sexuelles

Nue pour dénoncer les agressions sexuelles à Cologne.

Nue dans le froid, sous le regard des passants et des policiers, l'artiste suisse Milo Moiré  a brandi une pancarte sur laquelle était inscrit:

"Respectez-nous ! Nous ne sommes pas du gibier, même quand nous sommes nues !"

On peut également lire, ICI, l'article sur Milo Moiré.

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Les dames du XVIIIe s. et le cabinet des fées. -1/3-

Publié le par Perceval

La plupart des contes de fées sont écrits par des femmes qui trouvent dans les salons mondains une forme d'émancipation et la possibilité de prouver leur intelligence

Alors qu'un « Roi-Soleil règne sur une cour que des codes souverains régissent et dont les plaisirs des îles enchantées ont été eux-mêmes soumis à une étiquette rigoureuse. »... Dans ce même pays la plupart des « sujets de ce roi ignorent tout à la fois le français, l'usage de la lecture et la pratique de l'écriture. Ce qu'ils savent : leur pater et leur ave ; ce qu'ils connaissent : le profil de leur roi au revers de quelques doublons et les visages de leurs saints patrons aux vitraux de leur paroisse ; ce qui leur revient, au bout de la langue, comme la pluie et le soleil au bout du champ : des histoires, celle d'un homme à la barbe bleue qui égorgeait ses femmes au fond d'une chambre secrète ou celle encore de la fillette au bonnet rouge qui ne savait quel chemin prendre, celui des épingles ou celui des aiguilles. Ces histoires, ils les tiennent de la bouche d'une mère-grand ou d'un conteur qui les avaient entendues un soir de moisson ou qui les avaient lues dans un petit livre bleu avant de les redire, à leur façon, toujours semblable et toujours différente ; car à se répéter, on le sait, les histoires se retissent à la couleur du temps. »

 

Ainsi donc, une société tout entière se penche sur son 'folklore' et s'émerveille... Elle s'émerveille de ce temps où tout au fond de la forêt, il y avait un château de cristal dont la porte était d'or et où le boudin parfois se pendait au bout du nez des bûcheronnes ( conte des souhaits ridicules). Claude Perrault, le frère de Charles, collecte une version de « Mélusine », lors d'un voyage à Bordeaux et en parle à son frère. Une lettre de Mme de Sévigné datée de 1656 et adressée à Mlle de Montpensier rapporte l'histoire de la cane de Montfort qui fut autrefois demoiselle et qui, chaque année, sort de l'étang pour s'en venir avec ses canetons suivre l'office de la sainte messe. Une autre lettre de la Marquise, d'août 1677, rapporte à Mme de Coulanges comment ces dames de la cour s'amusent follement à « mitonner » des histoires à dormir assises sur des chaises d'or.

 

Sources : '' Où l'on voit ces dames aller aux champs, et le Conte s'écrire... L'oralité populaire mise en écriture par les lettrés du XVIIIe siècle par Elisabeth Lemirre.

Les Fées ont tenu conseil sous la présidence de Mauritiane : Florine a été enfermée dans le « cabinet du Crepuscule », où elle est condamnée à « filer la toile qui sépare le jour d’avec la nuit ». Une des Fées cependant la prend en pitié et lui rend visite :

    « mais elle fut bien surprise de trouver la Princesse qui se reposoit sur son lit, ayant achevé son ouvrage avec la dernière perfection. De Françoise Le Marchand, (17..-1754) - Florine, ou la belle Italienne (1713)  

 

''Le Cabinet des fées'' est une collection d’ouvrages parue tout au long du XVIIIe s. Elle se finalise dans une édition de contes rassemblés entre 1785 et 1786 et publiés à Amsterdam par Charles-Joseph Mayer et Charles-Georges-Thomas Garnier ; les 4 derniers vol. (t. 38-41) ont été publiés à Genève en 1788-1789 ; ils contiennent même une suite des “Mille et une nuits”.

Mayer poursuit deux buts essentiels : sauvegarder des contes risquant de tomber dans l’oubli et fournir aux générations futures des modèles et des sources d’inspiration. Sûr de lui, Mayer affirme ses choix, sélectionne et hiérarchise : une quarantaine de conteurs retenus, les contes libertins écartés et, bien entendu, la première place donnée à Perrault.

Les illustrations sont de Clément-Pierre Marillier. ( A noter que pas un volumes n'est exempt de charmes féminins offerts au lecteur en illustration et ce, même lorsque le texte est dénué de toute évocation suggestive...)

 

Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)

Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)

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Maléfique, de Tom Bagshaw

Publié le par Perceval

Maléfique, de Tom Bagshaw

Tom Bagshaw est un artiste originaire de Bath en Angleterre. Il crée des images d'une beauté envoûtante remplies de personnages féminins sombres et mystérieux qui jettent un sort envoûtant sur ceux qui les regardent...

Tom Bagshaw est fasciné par la beauté féminine, et cette force intérieure qui en émane. La femme est ici, sombre, envoûtante et puissante.

Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom BagshawMaléfique, de Tom Bagshaw

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Les Lettres d’une religieuse portugaise

Publié le par Perceval

Dans le monde des lettres, Beja est depuis trois siècles la ville de la religieuse portugaise, Mariana Alcoforado. Entrée au couvent des clarisses de la conception sur décision de ses parents, elle s’éprend d’un jeune officier de la marine française, le comte de Chamilly, qui, parti en 1661 faire campagne en Alentejo contre les espagnols, n’en revient qu’en 1668.

Les Lettres d’une religieuse portugaise, sont publiées anonymement et traduites en français par Gabriel de Guilleragues. Le capitaine de Chamilly à qui elles sont adressées les lui aurait transmises, donnant son accord pour les publier. On a cherché aussitôt à connaître l’identité de l’auteur. Mais si certains tels Saint Simon en attribuent l’origine à une vraie religieuse nommée Marianne, d’autres, comme Jean-Jacques Rousseau, dénoncent une supercherie du traducteur, prétendant que c’est lui le véritable auteur

Dans un livre publié en 1672, on découvre que de Chamilly a bien été envoyé par Louis XIV sur le sol portugais pour combattre les espagnols durant la guerre d’indépendance. L’auteur du livre, dissimulé sous les initiales de L.C.d. V, un officier qui mène ses troupes en campagne de Toulon à Candie, raconte que sur le navire, de Chamilly garde toujours sur lui les lettres d’une jeune religieuse de Beja ; mais un jour que de Chamilly les relit, un ecclésiastique, le père Chavigny, les lui arrache des mains pour les jeter à la mer.

Une édition de Cologne, également de 1669, précise que le Marquis de Chamilly est leur destinataire, assertion reprise par Saint-Simon, puis par Duclos. On ne sait alors de la rédactrice que son prénom, celui qui figure dans sa première lettre : Marianna. En 1810, l'érudit Boissonade découvre un exemplaire des Lettres Portugaises ainsi annoté : '' La religieuse qui a écrit ces lettres se nommait Marianna Alcaforada, religieuse à Beja, entre l'Estramadure et l’Andalousie. Le cavalier à qui ces lettres furent écrites était le comte de Chamilly, dit alors le comte de Saint-Léger.'' Les recherches effectuées dans les archives du couvent de Beja, confirment qu'il y a eu effectivement, dans cette communauté, une religieuse du nom de Marianna Alcaforada, née le 22 avril 1640, morte en 1723, et âgée 25 ans au moment des faits. Tout ce qui est mentionné dans Les lettres au sujet de sa rencontre avec de Chamilly, les précisions sur des personnages ayant existé et sur les lieux décrits qu’elle seule peut connaître, suscitent un trouble qui n’a cessé depuis.

Cette publication d'une œuvre galante écrite par une religieuse, passionne l'Europe et scandalise les dévots. (20 éditions au XVIIè siècle... !).

Si les Lettres portugaises restent pour la plupart du temps attribuées à Guilleragues, de récentes recherches accréditent la thèse de Mariana Alcoforado. Myriam Cyr a notamment publié un ouvrage à ce sujet en 2006, et Philippe Sollers, dans sa préface d’une édition des Lettres en 2009, demeure lui aussi convaincu de leur authenticité.

Datées de décembre 1667 à juin 1668, ces pages pleines de feu, rédigées par la nonne pour déplorer son abandon par son amant, sont en effet d'une modernité stupéfiante ; par leur liberté de style, leur limpidité, leur élan de franchise, la netteté de l'aveu de sa passion contre les règles de la morale, elles tranchent sur la production du temps. On relève surtout la précision de la description clinique des transes auxquelles peuvent conduire un amour trop violent, et qui font passer la narratrice du doute à la colère, de la colère au désespoir, enfin à la résignation. Ce que Mme de La Fayette ne fait que suggérer, les Lettres le disent crûment ; d'où l'étonnement qu'elles suscitent chez Saint-Simon ou chez la marquise de Sévigné.

Il y a là, au milieu du Grand Siècle, un avant-goût du climat des Liaisons Dangereuses ou de La Religieuse...

Ce ''roman épistolaire'' est un monologue (le lecteur ne dispose pas des réponses) et n’est constitué que de cinq lettres, distantes de plusieurs mois. Il est aussi caractérisé par le refus du romanesque et de l’anecdote et s’apparente davantage aux cinq actes d’une tragédie : de l’histoire d’amour ne subsiste que l’épilogue tragique, seuls vivent en évoluant les sentiments, transcrits dans un style remarquable de simplicité et d’authenticité, d’une femme séduite et abandonnée qui s’achemine vers une lucidité désespérée.

  • 1ere Lettre
    Elle s’abîme dans la douleur. Elle s’installe dans un désespoir sans limite. Elle laisse s’écouler de cette béance radicale une longue plainte. Elle vit cette situation amoureuse comme une impasse douloureuse, une destruction d’elle même et en même temps en évoquant les souvenirs amoureux elle allonge le temps suspendu entre l’absence et la mort.

  • 2ème Lettre
    Elle oublie l’objet aimé pour aimer l’amour perdu. Elle exhale le souvenir amoureux, le corps tout entier érotique jouit de se souvenir. Elle s’apaise à désirer l’absent. Alors elle se sent coupable de cet oubli et s’oblige à souffrir à nouveau.

  • 3ème Lettre
    Elle s’épuise à attendre. L’autre s’éloigne, s’estompe, il est gagné par la nuit. Alors, elle perd le goût de souffrir, sa voix s’évanouit, son inflexion se déchire. Elle est comme fatiguée d’aimer.

  • 4ème Lettre
    Elle ravive le deuil qu’elle ne veut pas quitter, c’est sa propre parole qui l’a fait pleurer encore. Elle roule inlassablement sa douleur. Elle se livre, de nouveau, comme pour la retenir, à la violence des mouvements de son cœur.

  • 5ème Lettre
    Elle décide de renoncer à son état amoureux. Elle s’exile de son imaginaire. L’image aimée meurt pour qu’elle vive. Elle découvre avec tristesse qu’elle aimait plus le fait d’aimer que l’amant lui-même. Avec la perte du délire, elle entre dans sa propre vie, elle assume son exil comme une unique délivrance.

Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises

Henri Matisse, Lettres Portugaises

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Les femmes et les fées dans les salons du XVIIe s. -2/2-

Publié le par Perceval

Les femmes et les fées dans les salons du XVIIe s. -2/2-

Les salons formaient un monde socioculturel décentralisé qui avait existé avant la centralisation de la cour à Versailles. Un espace où les gens, parfois de classes sociales différentes, pouvaient se forger de nouvelles identités. Pour certains, les contes de fées représentent une échappée imaginaire, pour d’autres, une façon de critiquer le monde sociopolitique... N'oublions pas que les dernières décennies du règne de Louis XIV ( 1638-1715) étaient extrêmement dures.... ( la dette nationale, des conditions de vie difficiles, des mauvaises récoltes et de la grande perte de vies occasionnée par les combats, une austérité à tendance religieuse, la révocation de l’Edit de Nantes et l’exode des protestants ...etc)

Quoi qu’il en soit, les contes de fées littéraires sont nés dans ces salons du XVIIe siècle qui étaient organisés et dominées par des femmes, dont la situation à cette époque mérite d’être examinée.

 

Au XVIIe siècle, les femmes étaient largement exclues du monde socioculturel. Les lois limitant leurs droits existaient depuis longtemps. On les empêchait de voter dans les guildes mixtes, de se marier sans l’autorisation parentale, de revendre leurs biens, d’être maîtres de leur fonction reproductive, de décider des conditions d’une séparation conjugale. En tant qu’épouses, les femmes n’avaient guère de pouvoir...

Timothy Reiss propose quatre raisons pour cette exclusion. D’abord, au XVIIe siècle, on pensait que les femmes avaient un raisonnement différent de celui des hommes, d’où l’influence limitée qu’elles exerçaient dans le monde culturel. Deuxièmement, la femme était considérée seulement comme mère et épouse, et par conséquent confinée à la sphère domestique. Même Charles Perrault, qui prétend être l’avocat des femmes, partageait cette image. Troisièmement, les maris, voire les hommes, traitaient les femmes comme objets et possessions. Enfin, on croyait que les femmes étaient les consommatrices idéelles de la culture. On ne leur permettait pas de produire la littérature, mais on les respectait en tant que gardiennes du bon goût. Cette discussion s’inscrit dans le contexte de ce que l’on appelait la Querelle des Femmes.

L’instruction des filles à cette époque était basée sur l’idée que les femmes devaient rester à la maison, loin des dangers de la mondanité qui caractérisait les salons. François Fénelon, auteur célèbre de L’éducation des filles (1891), et Madame Maintenon, la deuxième femme morganatique de Louis XIV et fondatrice de Saint-Cyr, une école pour les filles, étaient des défenseurs de l’instruction conservative pour les filles... Les femmes ne vivaient pas pour elles-mêmes. Elles devaient penser d’abord à leur mari, à leurs enfants et à leurs domestiques. De plus, il fallait qu’elles soient modestes, simples, discrètes et sincères et qu’elles évitent l’affectation, l’égoïsme et la déception.

A cette époque, l’instruction des filles se faisaient soit dans les écoles paroissiales, soit dans les couvents, soit dans les petites écoles. L’enseignement religieux y avait la priorité, mais les filles apprenaient aussi à lire, à écrire et à compter. L’instruction des filles ne dépassait jamais les premières années, car on disait que trop d’intelligence ne pouvait que leur nuire ...

Pour les femmes, les salons remplaçaient l’université, dont l’accès leur était interdite. Ils leur offraient le moyen de s’affranchir des rôles sociaux qui leur étaient réservés et la possibilité de se créer une identité par la force de leur intellect. C’était le seul endroit où on encourageait les femmes à développer leur esprit et à se mélanger aux hommes. Si une femme voulait accéder à l’enseignement supérieur, c’était à elle de le chercher, voire de le créer, grâce à l’aide des autres salonniers. Parce qu’elles se considéraient au même niveau intellectuel que les hommes, elles ont pu se permettre de s’engager dans la formation du monde culturel et social en produisant des contes de fées et de participer ainsi d’une élite nouvellement constituée qui ne se définissait plus par sa naissance. Marginalisées à cause de leur sexe et exclues des domaines masculins, les femmes ont créé des salons pour se doter d’un pouvoir et décider de leur rôle dans la société.

La chambre bleue de l’Hôtel de Rambouillet, qui a ouvert ses portes vers 1610, était le premier salon français. En fait, il y en avait beaucoup au XVIIe siècle et ils n’étaient pas tous identiques. Par exemple, celui de Mlle de Scudéry était plus littéraire et plus féministe que celui de l’Hôtel de Rambouillet. Mme d’Aulnoy, Mlle de L’Héritier, Mme de Murat et Mlle de La Force en fréquentaient plusieurs ; d’autres femmes ont même organisé leurs propres salons. Mlle de L’Héritier a repris le célèbre salon de Mlle de Scudéry. Le salon de Mme d’Aulnoy, que Mme de Murat fréquentait, a commencé vers 1690, rue Saint-Benoît. Mlle de La Force était la grande fidèle du salon de la marquise de Lambert, la dernière grande précieuse.

On a tendance à croire que les salons étaient réservés à la haute société, mais certains écrivains, comme Victor Cousin, explique que l’on laissant entrer « des personnages de différents ordres, auxquels pouvaient manquer la naissance, mais que relevaient le mérite et l’esprit. Car l’esprit était alors une puissance reconnue, avec laquelle toutes les autres puissances comptaient ».

La participation des femmes dans les salons servait à montrer qu’elles étaient dotées d’une capacité de raisonnement aussi grande que celle des hommes. En plus, les salons permettaient aux femmes de participer à la production et dissémination de la littérature, la science et la philosophie. Les salonnières ont aussi fait évoluer la langue française. De fait, elles ont redéfini l’aristocratie. Au début, parce qu’on croyait que les femmes étaient prédisposées au bon goût esthétique, les écrivains leur donnaient leurs œuvres à corriger. Malgré le respect qu’elles ont trouvé dans ce rôle, les salonnières n’étaient pas satisfaites d’être seulement des consommatrices culturelles. Elles voulaient aussi produire de la littérature.

L’aspect collaboratif des salons a contribué à créer une atmosphère d’égalité entre les sexes : « ce sont les salons lettrés et mondains, en marge de la cour versaillaise, où les auteurs de contes, de Saint-Evremond à Perrault, Mlle L’hériter, Mme d’Aulnoy, Mme de Murat, Mlle de La Force, Préchac ou encore le chevalier de Mailly, travaillent en étroite collaboration ». Dans ces assemblées, les gens passaient leur temps dans la conversation et dans les jeux. Les trois sujets les plus fréquents étaient l’amour, la littérature et la philosophie.

L’atmosphère des salons a beaucoup influencé la facture des contes de fées. Sur le plan de l’écriture, les contes des fées sont rédigés dans le style naturel de la conversation. Plus important encore, comme nous allons le voir, ces conteuses nous offrent des mondes merveilleux dans lesquels les femmes sont souvent égales aux hommes, voire plus puissantes qu’eux. Ainsi la réalité sociale des salons se reflétait-elle dans l’égalité que l’on trouvait dans leurs contes.

 

Sources : Une thèse de Deborah Amato : Les Contes de fées oubliés: vision d’un monde plus égal

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Martha Mayer Erlebacher

Publié le par Perceval

Le cycle de la vie
Le cycle de la vie
Le cycle de la vie

Le cycle de la vie

'' Je tente de faire de l'art, qui affirme au spectateur qu'il y a une valeur à la vie humaine. Le sens provient du fait que l'on est pas seul, et que l'on fait partie d'un groupe avec des besoins similaires, des désirs, des espoirs, des rêves ; des peurs et des désirs qui transcendent le temps, et qui sont les sujets de l'art ... »

Martha Mayer Erlebacher est née le 21 Novembre 1937 à Jersey City, dans le New Jersey. En 1961, elle a épousé le sculpteur Walter Erlebacher.

Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher
Martha Mayer Erlebacher

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Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière

Publié le par Perceval

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville naît vers 1650 non loin de Honfleur, dans une famille de petite noblesse normande.

Le 6 mars 1666, âgée tout juste de seize ans, elle est forcée de se marier à Saint-Gervais à Paris avec François de la Motte, baron d'Aulnoy. Ce valet de pied du duc de Vendôme a environ quarante-six ans, il est coureur de jupons, pilier de cabaret et est endetté. Il lui fait cinq enfants, ce qui donne à la jeune dame tout le temps de le détester et de prendre un amant.

En 1669, aidée de sa mère et de deux gentilshommes, elle le fait arrêter sous un faux prétexte : il est accusé d'outrage verbal contre la majesté royale... Parvenant à se disculper, le baron est rapidement libéré. Les deux gentilshommes normands responsables de la dénonciation ( dont l'amant …) sont décapités en place de Grève. Pendant que l'on a arrêté les deux hommes, Marie-Catherine est parvenue à s’échapper par un escalier dérobé. Elle s'est réfugiée dans une église voisine et a passé la nuit sous un catafalque qui reposait là. Elle demeure introuvable le temps que cessent les recherches et se réfugie en Angleterre. De là, elle passe en Espagne où, désireuse de rentrer en grâce, elle accepte de rendre au Royaume de France quelques discrets services.

Commencent alors pour Mme d’Aulnoy quinze années d’errance durant lesquelles elle sillonne l’Europe, des Flandres à l’Espagne en passant par l’Angleterre. On dit d'elle qu'elle espionne pour Louis XIV dans les cours européennes, en Angleterre, en Flandres, et surtout dans une Espagne encore orientale, qui la choque et la fascine; la comtesse séduit beaucoup, se laisse séduire, et à l'occasion manie le poison. ( cf l'Histoire De La Comtesse d'Aulnoy de Fernande Gontier)

En 1681, Madame d'Aulnoy devient veuve. En 1685, ayant obtenu le pardon de Louis XIV, elle rentre en France et s’installe rue Saint-Benoît à Paris où elle tient un salon littéraire fréquenté par Mme de Murat, Melle L’Héritier mais aussi Saint-Evremond et le prince de Conti. En 1690, paraît son premier livre, l’Histoire d’Hippolyte, comte de Douglas, dans lequel elle insère un conte de fées, "L’île de la Félicité", initiant ainsi la mode qui ne débutera que quelques années plus tard. Entre 1697 et 1698, la baronne écrit vingt-cinq contes, parmi lesquels La Chatte Blanche, L'Oiseau bleu ou Le Nain Jaune. La baronne est un auteur prolixe, publiant près d’un livre par an jusqu’à sa mort le 14 janvier 1705. Elle reste aujourd’hui l’auteur de contes de fées la plus publiée en France après Charles Perrault.

En 1699, elle est mêlée à un nouveau scandale, une tentative d'assassinat cette fois, dont l'intéressée est une amie intime, Mme Ticquet, femme d'un conseiller au parlement, qui sera décapitée pour avoir tué son époux . Elle s'en trouve quitte finalement, et meurt six ans plus tard.

Si de nos jours Mme d’Aulnoy est connue pour ses contes de fées publiés entre 1697 et 1698, elle fut surtout célèbre en son temps pour ses nouvelles et pseudo-mémoires ayant principalement pour cadre l’Espagne et l’Angleterre. Elle reçut de nombreux éloges dans les journaux et revues de l’époque et plusieurs de ses œuvres furent rapidement traduites à l’étranger. Son style témoigne d’un grand sens de l’observation, d’une remarquable finesse dans l’analyse des sentiments et d’une fantaisie extrême au point que Jacques Barchilon la présente comme un "Rabelais féminin".

Sources : Exposition Bnf – Les Contes de Fées.

 

Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière
Mme d'Aulnoy - La baronne aventurière

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Les Dames illustres: XVe s.

Publié le par Perceval

« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
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« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle
« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais.  Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle

« Les XXI Epistres des Dames illustres traduicttes d’Ovide par le Reverend Pere en Dieu Monseigneur l’Evesque de Angoulesme », c'est à dire traduites par Octovien de Saint-Gelais. Octovien de Saint-Gelais traduisit pour Charles VIII entre 1490 et 1493 les 21 Heroides d’Ovide en décasyllabes à rimes plates. Très vite, l’imprimerie s’empara du texte dont elle produisit de nombreuses rééditions pendant la première moitié du XVIe siècle

Au XIIe siècle, Ovide exerce sur les clercs médiévaux une attraction telle qu’on peut parler de fascination. Ovide va pénétrer la matière des écoles, jusque là exclusivement constituée des écritures saintes et des écrits de Pères de l’Eglise. Avec Virgile, il sera l’auteur antique le plus lu et imité de tout le Moyen Âge.

Chrétien de Troyes lui-même, d’après le prologue de son Cligès, aurait commencé son activité d’écrivain en « translatant » (c’est-à-dire en traduisant au sens médiéval du terme, en adaptant) des fables ovidiennes :

« Cil qui fist d’Erec et Enide, / Et les comandemanz Ovide / Et l’art d’amors en romanz mist / Et le mors de l’espaule fist, / Del roi Marc et d’Iseut la Blonde, / Et de la hupe et de l’aronde / Et del rossignol la muance, / Un novel conte recomance. » (vers 1 à 8)  

 

Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.
Les Dames illustres: XVe s.

Les recueils de Vies de femmes illustres se développent et se multiplient aux XVe et XVIe siècles au point de constituer un véritable genre littéraire à succès. Écrits ou traduits en français et rendus ainsi accessibles au public féminin, ils sont souvent adressés à de grandes dames dont ils font l’éloge.

La mise en lumière des femmes célèbres s’avère en effet un moyen de réfuter les attaques contre les femmes, particulièrement intenses à partir de la fin du Moyen Âge.

La Cité des dames (1405) de Christine de Pizan, qui emprunte à la fiction-cadre du songe (Dans le prologue, Raison, Droiture et Justice incitent Christine à défendre l’honneur féminin en édifiant la Cité. ), est d’abord un éloge des femmes et une réfutation des arguments misogynes, les exemples de femmes illustres jouant ici un rôle de narration à l’appui du discours...

Martine Vasselin, « on constate à travers ce corpus littéraire le caractère confus de la notion d’héroïne. […] les femmes atteignent à la notoriété, justifient l’admiration, aux yeux des auteurs, pour des raisons multiples, parfois d’une façon dont elles ne sont pas responsables volontairement ou directement ».

Jean Dufour, dont le splendide manuscrit enluminé des Vies des femmes célèbres qu’il offre à Anne de Bretagne, en 1504, présente une sèche suite chronologique de quatre-vingt onze notices (Comme chez Boccace, les femmes y sont exemplaires car représentatives d’un vice à fuir ou d’une vertu à rechercher.), de la Vierge à Jeanne d’Arc.

Dans le prologue allégorique de la Nef des dames vertueuses, que Symphorien Champier dédie à Anne de France et à sa fille en 1503, dame Prudence demande à l’auteur de défendre les dames contre leurs détracteurs. Il se compose de quatre livres très différents : une liste de femmes célèbres, un traité sur le mariage,un livre de prophéties et une anthologie du commentaire de Ficin sur le Banquet de Platon. Dans le premier livre qui nous intéresse ici, les louenges fleurs et deffenssoir des dames, les vies de cent trente-trois femmes antiques, bibliques puis saintes sont classées par ordre chronologique.

Chez l’universitaire Pierre de Lesnauderie, c’est une Louenge de mariage qui introduit le Recueil des hystoires des bonnes, vertueuses et illustres femmes (1520) compilant « environ deux cens » exempla de la bonté des femmes regroupés dans six chapitres thématiques  (Par exemple « De la sagesse, prudence, sapience et devotion des femmes », « De [leur] litterature, clergie et science », « De [leur] patience, charite et liberalite », « De [leur] force, vertu, prouesse et chevalerie ».) qui visent à convaincre maître Zacharie le Gouez, « voisin familier et disciple » de l’auteur, d’opter pour le mariage.

L’ouvrage  Les Controverses des Sexes Masculin et Femenin (1534) est écrit contre les idées nouvelles et les formes littéraires raffinées en l’honneur des femmes.

 

Sources : Etude de Tatiana Clavier 

Les Dames illustres: XVe s.
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Galanterie et Préciosité au XVIIe s.-3/3-

Publié le par Perceval

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Une précieuse parle autrement que le peuple, afin que ses pensées ne soient entendues que de ceux qui ont des clartés au-dessus du vulgaire.

Par bienséance, la préciosité, rejoignant Malherbe et Vaugelas, rejetait les termes réalistes, éveillant des images « insupportables », équivoques ou contenant des « syllabes déshonnêtes ».

Il fallait être précis, et dire « aimer une dame » mais « goûter le melon ». La préciosité qui aimait les nuances psychologiques fixa utilement les sens de termes comme bel esprit, galant, prude, précieuse, honnête homme. Inversement, on émaillait le langage de mots vagues ou inutiles comme joli, ma chère, car enfin, air (bon air, bel air, l’air de la cour). 

la périphrase était utilisée soit pour éviter un mot bas :

la main : la belle mouvante

les larmes : les perles d’Iris

les pieds : les chers souffrants

le pain : le soutien de la vie

le miroir : la conseiller des grâces

les joues : les trônes de la pudeur

la lune : le flambeau de la nuit

le nez : les écluses du cerveau

les yeux : le miroir de l’âme

On aimait beaucoup les métaphores...

   Les métaphores galantes comparaient souvent l’amour à la guerre (Précieuses, scène 9), aux duels, à la chasse, aux jeux de société. Le chef-d’œuvre du genre ? La Carte de Tendre, où l’amour est un voyage.   

Cette carte du tendre, célèbre et assez étrange, est tirée d’un des ouvrages féministes majeurs du XVIIème siècle français, Clélie, de Madame de Scudéry, écrit entre 1654 et 1660. Sa réalisation est attribuée à François Chauveau, dessinateur, graveur, peintre et donc cartographe.

La carte du Pays de Tendre, est un jeu de badinage auquel s'amusèrent, un jour de novembre 1653, Mlle de Scudéry, Pellisson et leurs amis.

Cette carte put fonctionner comme un jeu de société : chaque samedi, les habitués du cercle consignaient les progrès de tel ou tel couple vers Tendre. Par-delà le divertissement, la carte pose le problème de la liberté de l'individu face à l'amour : né d'un hasard ou d'une pulsion, l'amour peut-il se construire ? ou n'est-il qu'une passion fatale ?

Il s'agit d'aller de la ville de Nouvelle-Amitié à la ville de Tendre. À partir de la rencontre initiale, trois voies sont offertes : la plus rapide, au milieu, conduit au désastre ; celles qui, de part et d'autre, l'encadrent, assurent la solidité des lendemains (si l'on ne s'échoue pas sur l'écueil Orgueil). Entre la Mer d'Inimitié et le Lac d'Indifférence, le fleuve Inclination mène tout droit à la Mer dangereuse et aux Terres inconnues.

La carte est caractéristique de la préciosité : elle cherche à faire sortir les hommes de l'égoïsme et de la brutalité, leur apprendre l'estime, le respect, le raffinement. Cette figuration des théories précieuses connut un immense succès, grâce à sa représentation dans la Clélie(1654-1660) de Madeleine de Scudéry.

Voiture fut celui qui innovait les divertissements et le plus souvent, l'initiateur des jeux de société. Il fut considéré comme " l'âme du rond ".

Les jeux de société n'étaient pas de tout repos non plus et étaient loin de nos jeux de société actuels. Les jeux qui y furent joués sont, le coeur volé (comme son nom l'indique, cherchez la voleuse de coeur), la chasse à l'amour (trouver qui se cache dans les yeux d'une dame), du corbillon (" J'aime tel ou telle pour telles qualités ou tels défauts "), de la lettre (toutes les réponses doivent commencer par la lettre convenue...)

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Dans un salon quelque peu désordonné, les Vierges folles se livrent à la frivolité. Deux d’entre elles jouent aux cartes ; une autre lit une partition de musique ; elles sont interrompues par une quatrième qui, une guitare à la main droite, leur montre de l’autre le roman qu’elle est en train de lire ; la cinquième se regarde dans le miroir placé sur le mur du fond, au-dessous d’un tableau représentant Danaé. […] Au premier plan, à droite, les lampes traînent à terre, et le vase à huile est manifestement vide. Le thème des Vierges sages et des Vierges folles, qui s’appuie sur un passage de l’Évangile (Matthieu, XXV, 1-13 : Parabole des dix vierges), est relativement rare dans l’iconographie. Que Bosse le traite ici avec un grand luxe de détail n’est cependant ni dû au hasard ni nécessairement lié à son protestantisme, dont on sait qu’il n’était pas intransigeant. Cela s’inscrit dans la lutte du temps à la fois contre les mondanités et contre la préciosité naissante, ce dernier sujet étant une des cibles favorites de notre graveur. Le thème est traité en sept planches, de façon symétrique.

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