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Articles avec #femme tag

James Montgomery Flagg, illustrateur.

Publié le par Perceval

James Montgomery Flagg, illustrateur.

James Montgomery Flagg (18 juin 1877 – 27 mai 1960) est un peintre et illustrateur Américain. Artiste éclectique, il fait aussi bien de la peinture classique que de la bande dessinée, mais il est surtout connu pour ses affiches.

 

Flagg est né à Pelham Manor, un village du comté de Westchester dans la banlieue de New York. Passionné par le dessin dès son jeune âge, à douze ans il voit ses premières illustrations publiées dans les magazines. À 14 ans il travaille pour Life Magazine, et l'année suivante il fait partie de l'équipe de Judge. À 20 ans, il étudie les arts plastiques à Londres et Paris, puis revient aux États-Unis, où il produit de manière prolifique des illustrations pour des livres, des couvertures de magazine, des dessins humoristiques politiques, de la publicité, et des croquis.

 

 

Son affiche la plus célèbre est créée en 1917 pour encourager le recrutement dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Elle montre l'Oncle Sam pointant son doigt vers l'observateur.

Le personnage de l'Oncle Sam a commencé à être utilisé pendant la guerre de 1812. Oncle Sam a toujours été dépeint comme un homme bourru, mais sympathique.

James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.James Montgomery Flagg, illustrateur.

L'un des sujets préférés de Flagg était celui des femmes. Pendant les années 1920, Flagg privilégiait dans ses dessins les courbes féminines, ce qui était contre la tendance du temps. Son image de sa femme idéale n'a jamais changé au fil des ans.  

Auto-portraits ...

James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
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James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.
James Montgomery Flagg, illustrateur.

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Le jeu d'échecs avec dames. -2/4-

Publié le par Perceval

Lecomte du Noüy nous plonge dans l'univers de volupté d'un harem ...
Lecomte du Noüy nous plonge dans l'univers de volupté d'un harem ...

Lecomte du Noüy nous plonge dans l'univers de volupté d'un harem ...

Quelques tableaux reprennent la lenteur, la langueur de l'Orient, qui incitent à imaginer l'abandon à ce jeu subtil de séduction où les femmes emprisonnent les hommes, l'abandon au relâchement des sens … Jean-Léon Gérôme peint des almées ou des arabes se livrant à ce jeu, et Lecomte du Noüy nous plonge dans l'univers de volupté d'un harem, comme plus tard Matisse qui aime à flanquer ses odalisques alanguies d'un échiquier, symbole d'une défaite à laquelle elles ont déjà consenti.

Un jeu de rois...

Les artistes médiévaux représentent parfois le roi jouant contre une autre roi, comme dans le roman réalisé pour Louis II d'Anjou, roi de Naples en 1352 ; ou avec un seigneur comme dans le célèbre livre de Moeurs des nobles de Jacques de Cessoles, moine lombard qui voit dans le jeu un moyen de corriger les mauvaises manières des rois et leur éviter le désœuvrement par la variété du jeu.

Ce livre peint le tableau de la société médiévale idéale calquée sur les mouvements des pièces. Le jeu devient un mode de communication délicat, mais aussi un artifice utilisé pour les déclarations courtoises et galantes.

Le jeu d’échecs, comme la chasse, serait un passe temps princier, un délassement , pas anodin, toutefois puisque la règle des Templiers interdisait les échecs et que l’Église a condamné à maintes reprises le jeu, au XIIIe s., jusqu'à obtenir de Louis IX son interdiction, en 1254... Si l'on représentait les rois jouant aux échecs, c'était pour montrer qu'ils étaient au-dessus des lois de l’Église.

Hans Muelich, Duke Albrecht V of Bavaria and his wife Anna of Austria playing chess, 1552  

On représente un roi, un prince, jouant avec son épouse – Othon IV de Brandebourg et sa femme ; Hans Mielich peint Albert II de Bavière et sa femme .. - Figures qui mettent en participation le couple dans le grand jeu du pouvoir, pour affirmer la supériorité stratégique du roi ( le doigt pointé du roi) ou qui évoquent de cette manière – la seule possible – d'autres jeux qui unissent roi et reine ; et que seuls l'artifice des échecs permet de représenter .

Les femmes jouent, et jouent certainement bien puisque, Ferdinand de Portugal, époux de Jeanne de Flandre à la fin du XIIe siècle, a la fâcheuse habitude de rosser sa royale épouse quand elle remporte la victoire !

Au Moyen Âge les femmes pratiquaient ce jeu autant que les hommes. « Aux Échecs, écrit Harold Murray dans son History of Chess, les gens des deux sexes se rencontraient sur un pied d’égalité et on appréciait beaucoup la liberté dans les rapports que permettait ce jeu. Il était même autorisé de rendre visite à une Dame dans sa chambre pour jouer aux Échecs avec elle, ou pour son amusement».

Les Échecs étaient peut-être le seul espace de rencontre d’égale à égale entre les hommes, guerriers et chasseurs, peu enclin à l’exercice intellectuel et les femmes confinées le plus habituellement à une fonction nourricière. « Et cette rencontre autorisait une liberté surprenante dans les comportements sexuels, où la femme tenait souvent le rôle le plus actif», notent Jacques Dextreit et Norbert Engel dans Jeu d’Échecs et sciences humaines.

« L’affrontement des joueurs est une métaphore à peine voilée de l’affrontement des amants lors de la conquête amoureuse », écrit Nicolas Coutant sur Images de l’amour courtois aux XIVe et XVe siècles. « Peu de temps après que la Reine apporta sa présence féminine sur l’échiquier, le jeu fut considéré comme le lieu de conquêtes romantiques autant que militaires », explique Marilyn Yalom dans son livre Birth of the Chess Queen. Un peu comme si l’existence de la Reine dans l’univers des soixante-quatre cases légitima la présence des femmes devant l’échiquier réservé jusque-là à la gent masculine.

 « Les filles de bonne famille, conclut Marilyne Yalom, pouvaient envisager ces rencontres mixtes, avec toutes les possibilités romantiques qu’elles pouvaient offrir. Les Échecs fournissaient un alibi pour les amoureux d’une rencontre dans l’intimité des jardins et des boudoirs, où ils pouvaient s’entraîner à leurs sentiments autant qu’à la pratique du jeu. Et contrairement aux dés, associés à la licence et au désordre, les Échecs devaient être joués avec une cérémonie prudente. C’était une métaphore parfaite pour l’amour… »

Au seizième siècle encore, les peintres comme Lucas de Leyde, Hans Muelich, Giulio Campi, Sofonisba Anguissola et bien d’autres immortalisent le beau sexe affrontant des adversaires masculins.

A suivre ...

Giulio Campi, 1550,  et Sofonisba Anguissola (1535 - 1625), femme peintre italienne...
Giulio Campi, 1550,  et Sofonisba Anguissola (1535 - 1625), femme peintre italienne...

Giulio Campi, 1550, et Sofonisba Anguissola (1535 - 1625), femme peintre italienne...

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Le jeu d'échecs avec dames. -1/4-

Publié le par Perceval

Le jeu d'échecs est né en Orient, probablement en Inde, avant la Chine.

Le livre des rois de Ferdowsi raconte qu'un rajah indien envoie un jeu d'échecs au grand roi persan Chosroès 1er ( VI e siècle) sans lui en dire les règles, le mettant au défi de les deviner à la seule vue des pièces.

La première référence écrite - on la doit à As-Suli - sur le jeu de Shatranj l’ancêtre des Échecs, remonte à l’an 600. On y lit une jolie histoire. Murwardi, un très auguste, mais quelque peu flambeur souverain, avait perdu toute sa fortune dans de précédentes parties contre un prince étranger. Il ne lui restait comme toute dernière possession que son épouse favorite, la divine Dilaram « confort de son cœur et de son âme ». Mais le démon du jeu et le désespoir le pousse une ultime fois devant l’échiquier dans l’espoir d’une fortune meilleure et la belle Dilaram est l’enjeu de cette partie de la dernière chance.  Flambeur, mais guère bon joueur, voilà notre prince de nouveau en difficulté et sur le point de perdre la partie. La belle, peu confiante dans les talents chatrengiques de son noble époux, épie cachée derrière le purdha, le rideau qui sépare l’espace persan entre les hommes et les femmes. Le pauvre roitelet tout penaud s’en va dire à sa belle qu’elle s’apprête à faire ses valises, sa position est perdue et il s’en revient à l’échiquier pour le coup de grâce !

Heureusement, Dilaram instruite des secrets du jeu derrière son écran chanta :

— Shaha do rukh bidayh, Dilaram ra madayh, peel-o-piyadah paysh kun -o- asp kisht maat

Ce qui signifie: « Noble seigneur, sacrifie tes Tours et non point Dilaram ! Avance ton Éléphant (le Fou persan) et ton pion et vaincs avec ton Cavalier ! » Le Roi suit les conseils de son astucieuse épouse et gagne !

Le jeu arrive en occident en passant par la Perse et le monde arabe. Comme en témoigne le Livre d'Alphonse X, qui représente des parties d'échecs fort amicales entre chrétiens et musulmans, c'est par l'Espagne que le jeu se popularise en Occident.

 

C'est à cette époque que le jeu d'échecs se féminise ( en orient aussi …). La pièce qui se tient aux côtés du roi était le vizir et elle porte encore ce nom en arabe : elle devient la reine... Pourquoi ? Peut-être par le désir du roi, de s'offrir, ou plutôt de jouer, de gagner ... la compagnie d'une femme ; consacrant définitivement l'élément féminin du jeu...

 

Dans son livre Birth of the Chess Queen, Marilyn Yalom, universitaire américaine signale que l’an mille voit le surgissement politique de femmes tel que Adélaïde de Bourgogne ou Theophano Skleraina ( princesse byzantine du Xe s.) . La promotion de la femme et le rôle politique de plus en plus grand de la reine au sein du couple royal ne pouvaient qu’entraîner cette mutation. 

 

Les femmes byzantines et musulmanes, de milieux sociaux très divers, jouaient aux échecs. Il est dit que Ali ibn Husayn, un arrière-petit-fils du prophète Mahomet, jouait avec son épouse et que le Caliphe Ma’mûn dépensa une fortune de deux mille dinars pour s’offrir une jolie esclave instruite dans le Jeu des Rois. La littérature islamique de cette époque fourmille d’historiettes opposant un homme et une coquette, en prélude à d’autres combats, s’affrontant sur l’échiquier. Dans l’une d’elles la belle Zayn al Maswâsif invite son soupirant à une partie sur un échiquier d’ébène et d’ivoire incrusté de rubis. Le pauvre amoureux, qui n’a d’yeux que pour son aimée, se déconcentre et perd rapidement, sans doute presser de passer à de plus doux assauts.

Et cet extrait des Mille et une Nuits : « Ce prince, s’étant fait apporter un jeu d’Échecs, me demanda par signe si j’y savais jouer et si je voulais jouer avec lui. Je baisai la terre et, en portant la main sur ma tête, je marquai que j’étais prêt à recevoir cet honneur. Il me gagna la première partie ; mais je gagnai la seconde et la troisième, et m’apercevant que cela lui faisait quelque peine, pour le consoler, je fis un quatrain que je lui présentai. Je lui disais que deux puissantes armées s’étaient battues tout le jour avec beaucoup d’ardeur ; mais qu’elles avaient fait la paix sur le soir, et qu’elles avaient passé la nuit ensemble fort tranquillement sur le champ de bataille. »

Dans un autre conte des Mille et une Nuits, la jolie (comme il se doit) princesse chrétienne Abrîza et ses non moins charmantes demoiselles de compagnie se livrent à un divertissement pourtant peu féminin : la lutte. Le prince (charmant comme il se doit) épie ces joutes gracieuses. Notre gaillard (on le comprend) se révèle aux donzelles et défie Abrîza en un combat à mains nues. Bien que très vaillant notre prince se trouble au contact de ce corps adorable et se fait rosser par la belle lutteuse. La princesse lui offre l’hospitalité. La nuit suivante Abrîza le défie à un combat moins brutal, une partie d’Échecs. Mais là encore, le prince est charmé par le visage exquis de la jeune fille et amoureux, il perd à nouveau, mais gagne (comme il se doit) le cœur de la ravissante chrétienne qui se convertit derechef à l’islam pour suivre son beau prince.

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Brigitte Lustenberger

Publié le par Perceval

Brigitte Lustenberger (1969, CH) a étudié l’histoire de la photographie à l’Université de Zurich.


Ses photographies se présentent en effet comme des mises en scène puisque leurs protagonistes sont appréhendés tels des personnages, selon une approche théâtrale. Elle les dirige avec soin à la manière d’un réalisateur de cinéma, en travaillant avec eux sur leurs gestes et leurs expressions faciales

Dans l’univers de Brigitte Lustenberger, tout est recherche du dépouillement pour mieux se focaliser sur les visages.

Elle sait combien ce genre photographique est par essence un mélange de connivence et de cruauté, destiné à obtenir en un temps succinct l’expression la plus juste et la plus sincère de la vérité du modèle. À la croisée de la matière et de l’esprit, du corps et de l’âme, du visible et de l’invisible, la face exprime les sentiments cachés, les humeurs et les affects. La multitude des expressions échappe à la répétition. Physiologiste de la psyché, la photographe traque et sonde la personnalité d’hommes et de femmes dans leurs attitudes et les inflexions de leur regard, afin de restituer l’irréductible singularité de leur présence. Mutiques, ils apparaissent dans la pleine intensité de leur être, tous saisis à la lumière naturelle dont Brigitte Lustenberger utilise l’action modelante à la façon d’un sculpteur maniant la glaise, puis qu’elle transcende plastiquement par la perfection des tirages.

Avec ces faces qui semblent surgir de mémoires perdues, Brigitte Lustenberger joue de la temporalité en imaginant leur fuite prématurée dans l’oubli. Si elles cristallisent le sentiment d’identité de l’homme, l’artiste suggère également qu’elles ne cessent de se dérober, d’échapper aux tentatives de les cerner et de les fixer une fois pour toutes. « Miroir des mouvements de l’âme », le visage dévoile le moi profond sans jamais l’exhiber ou l’épuiser.


Cette mise en relief de l’épiderme fournit un autre reflet de nous mêmes, de notre précaire humanité. Peu à peu les expressions s’altèrent, les flétrissures apparaissent, les joues se creusent, les cheveux blanchissent. Révéler le vieillissement nous aide à accepter notre impuissance devant l’avancée inexorable du temps, à affronter ce déclin inéluctable que les valeurs occidentales font redouter. Ces portraits constituent un moyen de retenir ces visages et de lutter contre leur anéantissement. Ainsi leur existence ne disparaîtra pas complètement, elle sera prorogée par les regardeurs, dépositaires de la mémoire.

Ce texte est de Julia Hountou pour - Bscnews.fr/


« Un miracle que nous ne voyons même plus, tellement il est commun, c’est qu’aucun visage humain, autant qu’il en existe et qu’il en ait existé, n’en reproduit un autre. […] Il n’y a pas un seul vivant qui reproduise exactement et trait pour trait l’un des milliards de visages qui nous ont précédés. Un être humain est tiré à un exemplaire unique et jamais reproduit depuis que le monde est monde. » (François Mauriac, Ce que je crois, Grasset, Paris, 1962, p. 34.)

 

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Lettres d'amour: Diderot – Sophie Volland -2/2-

Publié le par Perceval

En 1755 Sophie Volland devient la maîtresse de Diderot. Elle s’appelle « Louise-Henriette » mais Diderot la rebaptise '' Sophie '', en grec 'sagesse'.. Leur relation passionnée dure cinq ans. Puis, Madame Volland surprend les amoureux ensemble, et surcroît de malchance, Madame Diderot découvre une lettre de Sophie à son mari. Madame Volland emmène Sophie sur ses terres et Madame Diderot menace, en cas de divorce, d’interdire à Diderot de voir Angélique, sa fille chérie !

C’est à partir de ce moment que Diderot développe la métaphore d’Héloïse et Abélard pour évoquer leur amour. Les deux amants n’ont plus qu’une solution pour continuer à communiquer : s’écrire !

Le libertin et Sophie, échangent alors une correspondance passionnée et savante … Sophie, curieuse de tout, au courant des écrits des philosophes comme de ceux des scientifiques. Son intelligence vive, son jugement pertinent en font la correspondante privilégiée de Diderot pendant 14 ans.

À la cour de Versailles, Diderot peut compter sur de puissants protecteurs, à commencer par la marquise de Pompadour et Malesherbes, le directeur de la librairie.

Plus fort encore, la tsarine Catherine II de Russie lui apporte son soutien et, pour le libérer de ses tracas financiers, lui achète sa bibliothèque tout en lui en laissant l'usage. Diderot va rendre visite à sa bienfaitrice en 1773 à Saint-Pétersbourg.

En 1769, Diderot devient l’amant de madame de Maux.

En 1773-74 il effectue le voyage à Saint-Petersbourg auquel Catherine II l’invitait depuis des années. Il en revient épuisé et affaibli.

Denis Diderot décède le 31 juillet 1784, six mois après sa maîtresse Sophie Volland.

Sans doute, dans cette correspondance, Sophie par ses retards, ses lenteurs , n’y exprimait peut-être qu’une « liaison douce », toujours en deçà des attentes du philosophe. Si cette correspondance a pu s’accomplir dans la durée, c'est que Sophie était une destinataire à la hauteur.

Cette relation est exigeante, de la part des deux amants : Diderot ne s’adresse pas à Louise-Henriette, le véritable prénom de mademoiselle Volland, mais à Sophie, la sagesse, pseudonyme qui évoque cette muse parfaite dont rêve tout philosophe. Lectrice enthousiaste, sensible et indépendante, telle est Sophie. Diderot écrit d’elle qu’elle a « de l’esprit comme un démon » (15 septembre 1760)…

« Jamais passion ne fut plus justifiée par la raison que la mienne. N’est-il pas vrai, ma Sophie, que vous êtes bien aimable ? Regardez au-dedans de vous-même. Voyez-vous bien, voyez combien vous êtes digne d’être aimée, et connoissez combien je vous aime » (Paris, le 23 juillet 1759 )

L’oeuvre de Montaigne, auteur de prédilection de la jeune femme, a pu servir de guide ou d’emblème à la relation entre les deux amants, si l’on en croit le testament de celle-ci et l’association qu’elle fera, comme Diderot des années auparavant, entre un ouvrage intellectuel et un objet de faveur évoquant le corps de l’aimée :

« Je donne et lègue à Monsieur Diderot sept petits volumes des Essais de Montaigne, reliés en maroquin rouge, plus une bague que j’appelle ma pauline. »

Si l’écrivain invoque très tôt le modèle héloïsien pour définir la relation de maître à disciple qui l’unit à Sophie, c’est pour lui donner bientôt un rôle égalitaire au sein de leurs joutes intellectuelles, favorisées par une certaine androgynie physique et morale du personnage : « Ma Sophie est homme et femme quand il lui plaît » ( 10 mai 1759 ).

La correspondance révèle un personnage très important : Marie-Charlotte Volland, la sœur benjamine de Sophie, surnommée ''Uranie''... la sœur de Sophie rêvait l'amour mais était dans l'incapacité de la vivre. Elle eaimait les galanteries sans céder aux hommes de peut d'être abandonnée. La relation Diderot-Sophie-Uranie en devient étrange, insolite, complexe. Uranie semble « se fondre » dans leur amour et sa présence est ambiguë :

« Je vous félicite toutes deux, chères sœurs, de vous posséder. Je serai souvent en esprit entre l’une et l’autre, mettant vos mains entre les miennes, ne sachant laquelle des deux j’aime le plus ; autant ami de l’aînée que de la cadette ; partageant également mon respect et mon estime. »

« Votre sœur vous aime bien ; j’admire comme elle se prête à votre délire. Ne levons pas tout à fait ce petit rideau ; c’est bien assez d’en avoir écarté un point. Si vous saviez, mon amie, combien les discours les plus passionnés sont maussades pour ceux qui les écoutent de sang-froid ! Uranie nous voit tous deux dans la cahutte à travers les barreaux ; elle vient s’appuyer sur le trou, et causer gaiement avec nous. » (le 22 septembre 1761 )

La mort des amants

Lettre de Diderot à Sophie Volland

"Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l'un à côté de l'autre ne sont peut-être pas aussi fous qu'on pense.
Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s'unissent. Que sais-je? Peut-être n'ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état.
Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière du fond de l'urne froide qui les renferme.[...]
Ô ma Sophie, il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m'unir, de me confondre avec vous lorsque nous ne serons plus.
S'il y avait dans nos principes une loi d'affinité, s'il nous était réservé de composer un être commun; si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous; si les molécules de votre amant dissous venaient à s'agiter, à se mouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature!
Laissez-moi cette chimère. Elle m'est douce. Elle m'assurerait l'éternité en vous et avec vous...
" (Lettre du 15 octobre 1759)

Lettre de Diderot à Sophie Volland

Lettre de Diderot à Sophie Volland

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La légende de Lady Godiva

Publié le par Perceval

La légende de Lady Godiva

Lady Godiva ( ou Godgyfu en saxon) est la très belle épouse de Léofric (968-1057), comte de Mercie et seigneur de Coventry. Elle est aussi une héroïne de la culture anglo-saxonne... Son mari, pour financer ses guerres, harcèle violemment ses sujets et les couvre de taxes ; et Lady Godiva – sensible aux conditions difficiles d'existence des habitants de Coventry- régulièrement plaide auprès de son époux, une réduction des impôts. A chaque fois, près de l'oreiller, Léofric promet de supprimer des taxes ; mais ensuite le besoin d'argent se fait sentir … Par ailleurs, si lady Godiva est fort belle, elle est aussi fort prude ; et malgré la vigueur de son mari, elle refuse de se montrer entièrement déshabillée, la dame ne se livre que dans l'obscurité …

lady Godiva Edmund Leighton dépeint point de décision (1892) Ce jour là, Léofric, exaspéré, fait comprendre à sa femme qu'il ne réduirait les impôts qu'à la condition, qu'elle-même traverse - nue à cheval – la ville de Conventry. Il pense qu'ainsi, lady Godiva ne l’ennuiera plus jamais avec cette question de taxes ... Après une longue réflexion, Godiva accepte le défi.

out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation
Lady_Godiva - Alfred Joseph Woolmer out of; (c) Herbert Art Gallery & Museum; Supplied by The Public Catalogue Foundation

La dame demande alors aux habitants de rester chez eux lors de son passage, pour que personne ne puisse la voir nue. L'annonce à la population ajoute que toute personne qui enfreindrait cette règle serait durement puni... Il n'est pas précisé si la punition serait divine, ou séculière ...

Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865 Sir Edwin Landseer - La prière de Lady Godiva, 1865

 

Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847 http://www.tate.org.uk/art/work/N00390 Godiva Preparing to Ride through Coventry exhibited 1833 George Jones 1786-1869 Presented by Robert Vernon 1847

 

Ainsi, vêtue uniquement de ses longs cheveux, qui cachent sa poitrine, lady Godiva passe à dos de cheval, accompagné d’une servante.

Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens Lady Godiva, huile sur toile de Jules Lefebvre, 1890, 620 x 390 cm, Musée de Picardie, Amiens

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

William Holmes Sullivan - Lady Godiva, 1877

On dit que seul un tailleur, du nom de ''Peeping Tom'' a osé transgresser cette règle. Effectivement, le malheur s’est abattu sur lui... Il devint aveugle pour le restant de ses jours. C'est de là que vient l'expression anglaise « Peeping Tom », que nous connaissons sous l’expression « voyeur ». On dit aussi, que le Conte lui aussi, a regardé ( enfin) sa femme nue... On ne sait quel malheur l'a frappé... Peut-être s'en est-il expliqué avec son épouse... Il tint parole, et l'on sait – documents historiques à l'appui, que le roi Édouard 1er (XIIIe ) lui-même, a pu vérifier dans les annales de Coventry, que l’impôt n’a plus été perçu à partir de 1057. Une forme plus ancienne de cette histoire raconte la traversée du marché de Coventry par Godiva, alors que le peuple était rassemblé, surveillée seulement par deux cavalières (vêtues). Cette version est narrée dans Flores Historiarum de Roger de Wendover (mort en 1236) [caption id="attachment_5255" align="aligncenter" width="873"]Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586 Lady Godiva, tableau d'Adam van Noort, 1586

En 1586 : le peintre Adam van Noort a représenté l'épisode et a montré Léofric en train de regarder sa femme par la fenêtre...

godiva-modern Lady_Godiva_Jedburgh_Festival_2011
Lady-Godiva Affiche lady Godiva_1955_American_film_star_M

La légende de Lady Godiva donne lieu chaque année depuis 1678 à un festival annuel au cours duquel une jeune femme personnifiant la jeune comtesse parcourt sur un cheval blanc les rues de la ville de Coventry. La seule condition, absolue, est d'avoir des cheveux longs et dorés.Godiva_statue_Broadgate_Oct_2011 petit    

 

 

 

Une statue représentant Lady Godiva à également été élevée près de la place du marché de Coventry afin de rappeler l'événement.

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Nue pour dénoncer les agressions sexuelles

Publié le par Perceval

Nue pour dénoncer les agressions sexuelles

Nue pour dénoncer les agressions sexuelles à Cologne.

Nue dans le froid, sous le regard des passants et des policiers, l'artiste suisse Milo Moiré  a brandi une pancarte sur laquelle était inscrit:

"Respectez-nous ! Nous ne sommes pas du gibier, même quand nous sommes nues !"

On peut également lire, ICI, l'article sur Milo Moiré.

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Les dames du XVIIIe s. et le cabinet des fées. -1/3-

Publié le par Perceval

La plupart des contes de fées sont écrits par des femmes qui trouvent dans les salons mondains une forme d'émancipation et la possibilité de prouver leur intelligence

Alors qu'un « Roi-Soleil règne sur une cour que des codes souverains régissent et dont les plaisirs des îles enchantées ont été eux-mêmes soumis à une étiquette rigoureuse. »... Dans ce même pays la plupart des « sujets de ce roi ignorent tout à la fois le français, l'usage de la lecture et la pratique de l'écriture. Ce qu'ils savent : leur pater et leur ave ; ce qu'ils connaissent : le profil de leur roi au revers de quelques doublons et les visages de leurs saints patrons aux vitraux de leur paroisse ; ce qui leur revient, au bout de la langue, comme la pluie et le soleil au bout du champ : des histoires, celle d'un homme à la barbe bleue qui égorgeait ses femmes au fond d'une chambre secrète ou celle encore de la fillette au bonnet rouge qui ne savait quel chemin prendre, celui des épingles ou celui des aiguilles. Ces histoires, ils les tiennent de la bouche d'une mère-grand ou d'un conteur qui les avaient entendues un soir de moisson ou qui les avaient lues dans un petit livre bleu avant de les redire, à leur façon, toujours semblable et toujours différente ; car à se répéter, on le sait, les histoires se retissent à la couleur du temps. »

 

Ainsi donc, une société tout entière se penche sur son 'folklore' et s'émerveille... Elle s'émerveille de ce temps où tout au fond de la forêt, il y avait un château de cristal dont la porte était d'or et où le boudin parfois se pendait au bout du nez des bûcheronnes ( conte des souhaits ridicules). Claude Perrault, le frère de Charles, collecte une version de « Mélusine », lors d'un voyage à Bordeaux et en parle à son frère. Une lettre de Mme de Sévigné datée de 1656 et adressée à Mlle de Montpensier rapporte l'histoire de la cane de Montfort qui fut autrefois demoiselle et qui, chaque année, sort de l'étang pour s'en venir avec ses canetons suivre l'office de la sainte messe. Une autre lettre de la Marquise, d'août 1677, rapporte à Mme de Coulanges comment ces dames de la cour s'amusent follement à « mitonner » des histoires à dormir assises sur des chaises d'or.

 

Sources : '' Où l'on voit ces dames aller aux champs, et le Conte s'écrire... L'oralité populaire mise en écriture par les lettrés du XVIIIe siècle par Elisabeth Lemirre.

Les Fées ont tenu conseil sous la présidence de Mauritiane : Florine a été enfermée dans le « cabinet du Crepuscule », où elle est condamnée à « filer la toile qui sépare le jour d’avec la nuit ». Une des Fées cependant la prend en pitié et lui rend visite :

    « mais elle fut bien surprise de trouver la Princesse qui se reposoit sur son lit, ayant achevé son ouvrage avec la dernière perfection. De Françoise Le Marchand, (17..-1754) - Florine, ou la belle Italienne (1713)  

 

''Le Cabinet des fées'' est une collection d’ouvrages parue tout au long du XVIIIe s. Elle se finalise dans une édition de contes rassemblés entre 1785 et 1786 et publiés à Amsterdam par Charles-Joseph Mayer et Charles-Georges-Thomas Garnier ; les 4 derniers vol. (t. 38-41) ont été publiés à Genève en 1788-1789 ; ils contiennent même une suite des “Mille et une nuits”.

Mayer poursuit deux buts essentiels : sauvegarder des contes risquant de tomber dans l’oubli et fournir aux générations futures des modèles et des sources d’inspiration. Sûr de lui, Mayer affirme ses choix, sélectionne et hiérarchise : une quarantaine de conteurs retenus, les contes libertins écartés et, bien entendu, la première place donnée à Perrault.

Les illustrations sont de Clément-Pierre Marillier. ( A noter que pas un volumes n'est exempt de charmes féminins offerts au lecteur en illustration et ce, même lorsque le texte est dénué de toute évocation suggestive...)

 

Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
Le cabinet des fées ou, Collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux (1785)
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Maléfique, de Tom Bagshaw

Publié le par Perceval

Maléfique, de Tom Bagshaw

Tom Bagshaw est un artiste originaire de Bath en Angleterre. Il crée des images d'une beauté envoûtante remplies de personnages féminins sombres et mystérieux qui jettent un sort envoûtant sur ceux qui les regardent...

Tom Bagshaw est fasciné par la beauté féminine, et cette force intérieure qui en émane. La femme est ici, sombre, envoûtante et puissante.

Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
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Maléfique, de Tom Bagshaw
Maléfique, de Tom Bagshaw
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Les Lettres d’une religieuse portugaise

Publié le par Perceval

Dans le monde des lettres, Beja est depuis trois siècles la ville de la religieuse portugaise, Mariana Alcoforado. Entrée au couvent des clarisses de la conception sur décision de ses parents, elle s’éprend d’un jeune officier de la marine française, le comte de Chamilly, qui, parti en 1661 faire campagne en Alentejo contre les espagnols, n’en revient qu’en 1668.

Les Lettres d’une religieuse portugaise, sont publiées anonymement et traduites en français par Gabriel de Guilleragues. Le capitaine de Chamilly à qui elles sont adressées les lui aurait transmises, donnant son accord pour les publier. On a cherché aussitôt à connaître l’identité de l’auteur. Mais si certains tels Saint Simon en attribuent l’origine à une vraie religieuse nommée Marianne, d’autres, comme Jean-Jacques Rousseau, dénoncent une supercherie du traducteur, prétendant que c’est lui le véritable auteur

Dans un livre publié en 1672, on découvre que de Chamilly a bien été envoyé par Louis XIV sur le sol portugais pour combattre les espagnols durant la guerre d’indépendance. L’auteur du livre, dissimulé sous les initiales de L.C.d. V, un officier qui mène ses troupes en campagne de Toulon à Candie, raconte que sur le navire, de Chamilly garde toujours sur lui les lettres d’une jeune religieuse de Beja ; mais un jour que de Chamilly les relit, un ecclésiastique, le père Chavigny, les lui arrache des mains pour les jeter à la mer.

Une édition de Cologne, également de 1669, précise que le Marquis de Chamilly est leur destinataire, assertion reprise par Saint-Simon, puis par Duclos. On ne sait alors de la rédactrice que son prénom, celui qui figure dans sa première lettre : Marianna. En 1810, l'érudit Boissonade découvre un exemplaire des Lettres Portugaises ainsi annoté : '' La religieuse qui a écrit ces lettres se nommait Marianna Alcaforada, religieuse à Beja, entre l'Estramadure et l’Andalousie. Le cavalier à qui ces lettres furent écrites était le comte de Chamilly, dit alors le comte de Saint-Léger.'' Les recherches effectuées dans les archives du couvent de Beja, confirment qu'il y a eu effectivement, dans cette communauté, une religieuse du nom de Marianna Alcaforada, née le 22 avril 1640, morte en 1723, et âgée 25 ans au moment des faits. Tout ce qui est mentionné dans Les lettres au sujet de sa rencontre avec de Chamilly, les précisions sur des personnages ayant existé et sur les lieux décrits qu’elle seule peut connaître, suscitent un trouble qui n’a cessé depuis.

Cette publication d'une œuvre galante écrite par une religieuse, passionne l'Europe et scandalise les dévots. (20 éditions au XVIIè siècle... !).

Si les Lettres portugaises restent pour la plupart du temps attribuées à Guilleragues, de récentes recherches accréditent la thèse de Mariana Alcoforado. Myriam Cyr a notamment publié un ouvrage à ce sujet en 2006, et Philippe Sollers, dans sa préface d’une édition des Lettres en 2009, demeure lui aussi convaincu de leur authenticité.

Datées de décembre 1667 à juin 1668, ces pages pleines de feu, rédigées par la nonne pour déplorer son abandon par son amant, sont en effet d'une modernité stupéfiante ; par leur liberté de style, leur limpidité, leur élan de franchise, la netteté de l'aveu de sa passion contre les règles de la morale, elles tranchent sur la production du temps. On relève surtout la précision de la description clinique des transes auxquelles peuvent conduire un amour trop violent, et qui font passer la narratrice du doute à la colère, de la colère au désespoir, enfin à la résignation. Ce que Mme de La Fayette ne fait que suggérer, les Lettres le disent crûment ; d'où l'étonnement qu'elles suscitent chez Saint-Simon ou chez la marquise de Sévigné.

Il y a là, au milieu du Grand Siècle, un avant-goût du climat des Liaisons Dangereuses ou de La Religieuse...

Ce ''roman épistolaire'' est un monologue (le lecteur ne dispose pas des réponses) et n’est constitué que de cinq lettres, distantes de plusieurs mois. Il est aussi caractérisé par le refus du romanesque et de l’anecdote et s’apparente davantage aux cinq actes d’une tragédie : de l’histoire d’amour ne subsiste que l’épilogue tragique, seuls vivent en évoluant les sentiments, transcrits dans un style remarquable de simplicité et d’authenticité, d’une femme séduite et abandonnée qui s’achemine vers une lucidité désespérée.

  • 1ere Lettre
    Elle s’abîme dans la douleur. Elle s’installe dans un désespoir sans limite. Elle laisse s’écouler de cette béance radicale une longue plainte. Elle vit cette situation amoureuse comme une impasse douloureuse, une destruction d’elle même et en même temps en évoquant les souvenirs amoureux elle allonge le temps suspendu entre l’absence et la mort.

  • 2ème Lettre
    Elle oublie l’objet aimé pour aimer l’amour perdu. Elle exhale le souvenir amoureux, le corps tout entier érotique jouit de se souvenir. Elle s’apaise à désirer l’absent. Alors elle se sent coupable de cet oubli et s’oblige à souffrir à nouveau.

  • 3ème Lettre
    Elle s’épuise à attendre. L’autre s’éloigne, s’estompe, il est gagné par la nuit. Alors, elle perd le goût de souffrir, sa voix s’évanouit, son inflexion se déchire. Elle est comme fatiguée d’aimer.

  • 4ème Lettre
    Elle ravive le deuil qu’elle ne veut pas quitter, c’est sa propre parole qui l’a fait pleurer encore. Elle roule inlassablement sa douleur. Elle se livre, de nouveau, comme pour la retenir, à la violence des mouvements de son cœur.

  • 5ème Lettre
    Elle décide de renoncer à son état amoureux. Elle s’exile de son imaginaire. L’image aimée meurt pour qu’elle vive. Elle découvre avec tristesse qu’elle aimait plus le fait d’aimer que l’amant lui-même. Avec la perte du délire, elle entre dans sa propre vie, elle assume son exil comme une unique délivrance.

Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
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Henri Matisse,  Lettres Portugaises
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Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
Henri Matisse,  Lettres Portugaises
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