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Articles avec #femme tag

Galanterie et Préciosité au XVIIe s.-3/3-

Publié le par Perceval

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Deux femmes de la famille Lake - Sir Peter Lely - vers 1660 - Visible au Tate Britain

Une précieuse parle autrement que le peuple, afin que ses pensées ne soient entendues que de ceux qui ont des clartés au-dessus du vulgaire.

Par bienséance, la préciosité, rejoignant Malherbe et Vaugelas, rejetait les termes réalistes, éveillant des images « insupportables », équivoques ou contenant des « syllabes déshonnêtes ».

Il fallait être précis, et dire « aimer une dame » mais « goûter le melon ». La préciosité qui aimait les nuances psychologiques fixa utilement les sens de termes comme bel esprit, galant, prude, précieuse, honnête homme. Inversement, on émaillait le langage de mots vagues ou inutiles comme joli, ma chère, car enfin, air (bon air, bel air, l’air de la cour). 

la périphrase était utilisée soit pour éviter un mot bas :

la main : la belle mouvante

les larmes : les perles d’Iris

les pieds : les chers souffrants

le pain : le soutien de la vie

le miroir : la conseiller des grâces

les joues : les trônes de la pudeur

la lune : le flambeau de la nuit

le nez : les écluses du cerveau

les yeux : le miroir de l’âme

On aimait beaucoup les métaphores...

   Les métaphores galantes comparaient souvent l’amour à la guerre (Précieuses, scène 9), aux duels, à la chasse, aux jeux de société. Le chef-d’œuvre du genre ? La Carte de Tendre, où l’amour est un voyage.   

Cette carte du tendre, célèbre et assez étrange, est tirée d’un des ouvrages féministes majeurs du XVIIème siècle français, Clélie, de Madame de Scudéry, écrit entre 1654 et 1660. Sa réalisation est attribuée à François Chauveau, dessinateur, graveur, peintre et donc cartographe.

La carte du Pays de Tendre, est un jeu de badinage auquel s'amusèrent, un jour de novembre 1653, Mlle de Scudéry, Pellisson et leurs amis.

Cette carte put fonctionner comme un jeu de société : chaque samedi, les habitués du cercle consignaient les progrès de tel ou tel couple vers Tendre. Par-delà le divertissement, la carte pose le problème de la liberté de l'individu face à l'amour : né d'un hasard ou d'une pulsion, l'amour peut-il se construire ? ou n'est-il qu'une passion fatale ?

Il s'agit d'aller de la ville de Nouvelle-Amitié à la ville de Tendre. À partir de la rencontre initiale, trois voies sont offertes : la plus rapide, au milieu, conduit au désastre ; celles qui, de part et d'autre, l'encadrent, assurent la solidité des lendemains (si l'on ne s'échoue pas sur l'écueil Orgueil). Entre la Mer d'Inimitié et le Lac d'Indifférence, le fleuve Inclination mène tout droit à la Mer dangereuse et aux Terres inconnues.

La carte est caractéristique de la préciosité : elle cherche à faire sortir les hommes de l'égoïsme et de la brutalité, leur apprendre l'estime, le respect, le raffinement. Cette figuration des théories précieuses connut un immense succès, grâce à sa représentation dans la Clélie(1654-1660) de Madeleine de Scudéry.

Voiture fut celui qui innovait les divertissements et le plus souvent, l'initiateur des jeux de société. Il fut considéré comme " l'âme du rond ".

Les jeux de société n'étaient pas de tout repos non plus et étaient loin de nos jeux de société actuels. Les jeux qui y furent joués sont, le coeur volé (comme son nom l'indique, cherchez la voleuse de coeur), la chasse à l'amour (trouver qui se cache dans les yeux d'une dame), du corbillon (" J'aime tel ou telle pour telles qualités ou tels défauts "), de la lettre (toutes les réponses doivent commencer par la lettre convenue...)

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Gravure (eau-forte) d’Abraham Bosse (1604-1676): « Les Vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains », extraite de la suite Les Vierges sages et les Vierges folles, (vers 1635).

Dans un salon quelque peu désordonné, les Vierges folles se livrent à la frivolité. Deux d’entre elles jouent aux cartes ; une autre lit une partition de musique ; elles sont interrompues par une quatrième qui, une guitare à la main droite, leur montre de l’autre le roman qu’elle est en train de lire ; la cinquième se regarde dans le miroir placé sur le mur du fond, au-dessous d’un tableau représentant Danaé. […] Au premier plan, à droite, les lampes traînent à terre, et le vase à huile est manifestement vide. Le thème des Vierges sages et des Vierges folles, qui s’appuie sur un passage de l’Évangile (Matthieu, XXV, 1-13 : Parabole des dix vierges), est relativement rare dans l’iconographie. Que Bosse le traite ici avec un grand luxe de détail n’est cependant ni dû au hasard ni nécessairement lié à son protestantisme, dont on sait qu’il n’était pas intransigeant. Cela s’inscrit dans la lutte du temps à la fois contre les mondanités et contre la préciosité naissante, ce dernier sujet étant une des cibles favorites de notre graveur. Le thème est traité en sept planches, de façon symétrique.

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Galanterie et Préciosité au XVIIe s.-2/3-

Publié le par Perceval

Melle de Scudery (1607-1701)

Melle de Scudery (1607-1701)

La 'jeune femme précieuse' reçoit chez elle, dans sa chambre : à l'époque, ce n'est pas considéré comme inconvenant. Elle est allongée, sur le lit, au milieu de la pièce. Les hommes et les femmes qui lui rendent visite sont assis autour d'elle, dans l'espace entre le lit et le mur. Chacun, selon son rang, est assis sur une chaise, un tabouret, ou sur le sol... On nomme cet espace où se tiennent les invités "la ruelle".

A la suite de la Marquise de Rambouillet, Mlle de Scudéry tient, un salon moins aristocrate, plus bourgeois d'esprit, plus sérieux et plus intellectuel. Cette romancière célèbre mit à la mode le « jour » des femmes du monde, et se fit, à ses samedis, l'ordonnatrice d'une préciosité plus savante, plus littéraire, où les exercices de style l'emportaient quelque peu sur les plaisirs mondains, les préoccupations morales et les analyses psychologiques sur les badinages frivoles

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Dans le sillage de ces cercles illustres se multiplièrent à Paris, puis en province, des « ruelles » ou « alcôves » où nombre des femmes de la noblesse et de la bourgeoisie se mirent à recevoir, dans des chambres luxueusement décorées, leurs connaissances et amis, ces « précieuses » et ces « précieux » dont les satiriques ne tardèrent pas à se moquer.

Tous les salons ne sont pas précieux, cependant. Il en existe où l'on s'amuse 'simplement', de façon plus libertine, comme celui de Ninon de L'Enclos, une courtisane réputée.. La grande courtisane pleine d'esprit, traitait les précieuses de "jansénistes de l'amour"  

La relation amoureuse reste la grande affaire des cercles précieux. Paradoxalement, les précieuses ont paru à leurs contemporains tout à la fois craindre et exalter l'amour, passant tantôt pour prudes, tantôt pour coquettes. Elles refusaient en fait qu'il ne fût qu'une brutale jouissance ou une conquête égoïste qui les ravalent au rang d'objet, et elles prétendaient, pour sauvegarder ou conquérir leur dignité d'être humain, le spiritualiser en le dégageant de l'instinct naturel, vulgaire ou grossier.

Le célibat paraissait le meilleur moyen de préserver l'indépendance féminine ; le mariage devait être une alliance librement consentie et assurant l'égalité des partenaires ; d'ailleurs les amants de coeur permettraient à l'épouse de conserver son droit à l'amour. Ce n'est pas un hasard si cette Préciosité féministe fut surtout le fait de la seconde génération, plus bourgeoise, plus éloignée des libertés de la haute aristocratie et plus soumise aux vieilles contraintes.

Une fureur d'écrire s'empara des salons, où l'on tourna des lettres, des vers, des pages de roman, où l'on rivalisa en portraits, énigmes, rondeaux, bouts rimés, etc. Les romans d'une Mlle de Scudéry se voulurent le miroir de la nouvelle mondanité et le véhicule des idées modernes. En poésie — le jeu souverain, l'exercice roi — la manière l'emporta sur la matière ; primèrent le rare, le surprenant, l'ingénieux, le délicat, le fin ou le badin. Ce fut une esthétique de la virtuosité stylistique. 

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Galanterie et préciosité au XVIIe s.-1/3-

Publié le par Perceval

Portrait de Suzanna Doublet-Huygens par Caspar Netscher (1639-1684)

Portrait de Suzanna Doublet-Huygens par Caspar Netscher (1639-1684)

Le substantif ''galanterie'' prend en bonne part le sens de ''galant'' du XVe s. : ' vif, alerte, enjoué ', qui donne alors le courage, l'élégance et la distinction... C'est en 1640, que l'usage du mot se répand.

L'habitude d’un comportement toujours respectueux envers les femmes; l'art de leur plaire en les louant avec esprit..., ces éléments définissent la pratique de la galanterie au milieu de XVIIe siècle.

On voit, dans L’Astrée (1607), des amoureux se faire chevaliers errants afin de devenir dignes de leur belle. Cependant dans le Dialogue, Chapelain résume l’opposition entre la galanterie médiévale et celle qui s’instaure de son temps : au Moyen Âge, on prouvait sa passion par la recherche des dangers, par du sang et par des victoires; aujourd’hui, on ne la prouve « que par des coquetteries et des assiduités ou, au plus, que par des collations, des musiques et des courses de bague ».

Astrée se dévoile à Céladon au temple de Vénus (L'Astrée, 1733, I, 4)

L'Astrée, c'est le roman de l'amour, l'amour de la beauté. Pour Honoré d'Urfé le symbole de la beauté, c'est la femme. Il la porte aux nues. Les femmes sont plus pleines de mérite que les hommes, écrit-il. Elles nous surpassent de tant en perfection que c'est leur faire tort que de les mettre en un même rang avec les hommes.

Je voudrais donc parler de cette ''galanterie'', qui - suite à l'amour courtois - retrouve vigueur avec les ''précieuses''.

Le plaisir galant, dont il est question est assez subtil pour naître à la fois du langage et de la pensée … La rencontre érotique au XVIIe s. exerce l’équivalent d'une force attractive et transgressive d’un acte réputé « bas ». Le langage du plaisir entre un homme et une femme ne peut abaisser ce plaisir au risque d'exclure les femmes qui seraient offensées à l'entendre...

La galanterie se veut joyeuse, entièrement positive, débarrassée de ce que le sujet humain, être de langage, peut y projeter de négatif : le trouble, l’inquiétude, le manque.

Les propos d'un galant homme à une dame se veulent être promesse d’une jouissance multipliée par ce qu'il peut en dire, et ne pas dire …

Pour dire le plaisir érotique, les galants et même les libertins parviennent à trouver des solutions dans la langue au moment où la censure est maximale. Non pas seulement parce qu’ils en ont intégré les contraintes, mais parce qu’ils disposent d’une langue élaborée dans les salons, riche paradoxalement de ses possibilités de refoulement et donc de ses capacités allusives.

Recueil de poésie du début du XVIIe siècle manuscrit sur papier, illustré d’enluminures à la gouache, daté 1604-1608 - Les histoires de coeur, tel est le thème de ce liber amicorum du début du XVIIe s

La Préciosité :

Ce phénomène de société ( daté du lendemain de la Fronde ~ 1650) est initié par des femmes. Des femmes de la bonne société qui voulaient imprimer une distinction éloignée du commun à leurs personnes, à leurs sentiments, à leurs gestes et aux choses qui les entouraient... Bien sûr, il prêtera à rire, puisqu'il s'agit de femmes, et à qui on prêtera des délicatesses outrées et des raffinements excessifs ou affectés.

Le salon de Catherine de Vivonne – marquise de Rambouillet - « l’incomparable Arthénice », anagramme (coutume très en vogue à cette époque dans le monde littéraire) de « Catherine », une des personnalités féminines les plus marquantes de son temps, fut l’un des plus brillants de son époque. De sa « chambre bleue», « Arthénice » recevra allongée sur un lit les beaux esprits de son époque, tel le Cavalier Marin, histrion intelligent, mais aussi des gens de lettres et les grands personnages de son époque : Richelieu, Malherbe, Vaugelas,Guez de Balzac, Racan, Voiture feront partie de ses familiers.

On raffolait de poésie et de romanesque. Le cercle rayonna sur la capitale entre 1620 et 1648.

On aimait les conversations, où l'on parlait de « galanterie » et de littérature ; on s'écrivait, on faisait des vers. 

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Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Publié le par Perceval

Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma
Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Après le Prélude à l’Après-midi d’un faune (1894), certaines œuvres de Claude Debussy (1862-1918) sont des succès : Chansons de Bilitis (1898), les Nocturnes (1899), etc. Depuis quelques temps, Ernest Chausson lui apporte un soutien financier, qui stoppera en 1894 lorsque la liaison entre Debussy (alors fiancé à Thérèse Roger et qui de plus s’endette) et la danseuse Gabrielle Dupont (jusqu’en 1899) sera révélée par des lettres anonymes.

Thérèse Roger est une chanteuse et une pianiste... Thérèse Roger n’est pas passé à la postérité et semble avoir été une artiste bien moyenne à en croire une caricature la représentant chantant, juché sur une casserole ! Mais la médiocrité de la jeune femme importait peu à Debussy. Il y a – en effet - un projet de mariage entre Mlle Roger et Claude Debussy !

Debussy écrit: « je suis tout à fait libre, ma dernière petite amie s’étant en allée par un matin de février ». En réalité, Gaby (Gabrielle Dupont) vivait toujours avec le compositeur rue Gustave Doré et n’aurait peut-être pas apprécié d’être désignée avec légèreté comme la « dernière petite amie ». Le mariage devait avoir lieu le 16 avril et le couple devait s’installer rue Vaneau. En réalité, Debussy était surtout désireux de faire un mariage bourgeois pour être admis dans le monde comme il le sous-entend à Chausson tout en prétendant être très amoureux de Thérèse.

La comédie ne dura pas longtemps, car, quelques semaines plus tard, les fiançailles furent rompues. Chausson et d’autres proches des fiancés avaient reçu des lettres anonymes dénonçant le double jeu de Debussy, plus endetté qu’il ne le prétendait et encore en ménage avec Gaby dont les mauvaises langues disaient qu’elle avait usé de ses charmes pour faire vivre le couple. Juste avant cette rupture, Debussy tenta de soutirer 1 500 francs à Chausson pour rembourser quelques dettes et acheter une robe pour sa mère. Chausson fut peiné et furieux de cette lugubre affaire et se brouilla définitivement avec Debussy. Si Debussy perdit l’amitié de Chausson, celle qu’il avait nouée avec Pierre Louÿs se renforça. Dans l’affaire Thérèse Roger, Pierre Louÿs défendit Debussy dans une lettre à Mme de Saint- Marceaux, scellant ainsi leur amitié. Il poursuivit donc sa relation tumultueuse avec Gaby.

1890-1898, période, pendant laquelle il vécut avec Gabrielle Dupont, appelée par ses amis « Gaby aux yeux verts », qui partagea pendant plus de huit ans sa vie ; une vie très impécunieuse mais dont il devait avouer plus tard que c'était « tout de même du bon temps ». Cette belle normande, de 4 ans sa cadette a joué dans son existence un rôle de stabilité affective qui a permis l'éclosion d'œuvres majeures. Elle était de Lisieux, où son père travaillait dans une usine textile et sa mère était couturière. Debussy, avec sa cape flottante, son chapeau aux larges rebords et sa grâce féline et langoureuse, était une silhouette familière dans les rues et les cafés nocturnes de Montmartre.

Après avoir quitté ''Gaby''. En avril 1899, débute sa liaison avec Rosalie Texier (Lilly) qu'il épouse le 19 octobre 1899. Sa pauvreté était telle qu'il dû donner des leçons de piano le jour de ses noces, afin de payer le prix du repas. Ce fut une alliance passionnée avec la femme qui s’appelait « Lily-Lilo » ; il avait menacé de se suicider si elle refusait de le marier et lui a dédié les Nocturnes comme « preuve de la joie profonde et passionnée que je ressens à l'idée d'être son mari ». Le trouble était qu'il y avait, dans le couple, plus de joie que de passion.

Rosalie était une couturière qui ne possédait pas d'attirance ou de sensibilité particulière pour la musique mais qui était charmante et dévouée pour Debussy. Lilly, d'origine modeste et ''inculte'' avait pour elle « son esprit gavroche et sa beauté : elle avait d’abondants cheveux blonds qui recouvraient ses tempes en bandeaux et une taille particulièrement fine. » ( de Pasteur Vallery-Radot, qui fut l’intime et le confident de Debussy). Il croyait l’aimer, mais ses goûts et sa conversation le désarçonnaient. Dans une lettre adressée à son ami Robert Godet, il précise, quelque peu méprisant, qu’elle n’aime la musique que « selon sa fantaisie », sa chanson favorite étant « une ronde où il est question d’un petit grenadier à la mine vermeille qui porte comme un vieux troupier son chapeau sur l’oreille » (rime involontaire ?). En quelques années, les charmes de Rosalie s'étaient usés.

Octobre 1903 : Debussy offre à Emma Bardac un exemplaire dédicacé des Estampes pour piano.

Emma Bardac, est la femme d'un riche banquier et l'ancienne maîtresse de Gabriel Fauré. Emma est une femme du monde et une chanteuse accomplie. Elle rencontre Fauré et entame une relation passionnelle avec lui pendant l'été 1892. Fauré écrit sa suite Dolly pour Hélène et le cycle La Bonne chanson, d'après Verlaine, pour Emma elle-même. À la fin de l'année 1903, elle est présentée à Debussy par son fils, Raoul, un de ses étudiants.

En juin 1904, la vie personnelle de Debussy bascule : la dédicace des Fêtes galantes (2esérie) qu'il offre à Emma Bardac prouve que leur amour est scellé. Il a emprunté à Jules Laforgue le tendre qualificatif de « petite Mienne » avec lequel il désigne Emma.

Le 15 juillet, Debussy décide Lilly à partir pour Bichain. Et, début août-mi octobre, Debussy séjourne en cachette avec Emma au Grand Hôtel de Jersey. Puis ils s'installent à Pourville (Normandie).

Tout Paris bourdonna à propos de ce scandale et bourdonna encore plus fort lorsque la désespérée Rosalie tenta de se suicider (Cette rupture poussa Rosalie à tenter de se suicider en se tirant une balle dans la poitrine, à laquelle elle survécut).

Emma et Sigismond divorcent le 4 mai 1905, Debussy le 17 juillet de la même année, et Emma se remarie avec Debussy en 1908. Debussy a une fille avec Emma, Claude-Emma (née le 30 octobre 1905), surnommée « Chouchou ».

Le 20 janvier 1908, Debussy et Emma Bardac se marient à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Claude-Emma meurt de diphtérie en 1919, un an après son père.

 

Sources : 'Debussy / Les femmes' - LES GRANDS COMPOSITEURS dans LA REVUE DE LA MUSIQUE

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Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »

Publié le par Perceval

Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »

Quelle aurait été notre vie si nous avions fait d’autres choix ? Que serions-nous devenus, ou que deviendrions-nous... si nous avions rencontré un autre conjoint ?

La photographe tchèque Dita Pepe a répondu à cette question existentielle en images ... Mariée avec un homme et maman de deux filles, l’artiste de 41 ans a eu envie de se mettre en scène dans d’autres vies. Un livre en est né, qui s’appelle '' Self-Portraits ''.

Ce livre, c’est l’histoire d’un projet qui démarre en 1999 en République tchèque. Dita Pepe (alors âgée de 26 ans) décide d’imaginer les destins qu’elle aurait pu avoir. Elle se prend alors en photo avec des femmes, en se mettant en scène de façon minutieuse. Elle ne fait pas les choses à moitié. Vêtements, décor, attitude… tout est important pour elle. Elle commence sa série de clichés avec des amies ou des collègues de son mari puis, inspirée, continue avec des inconnues. Elle nomme cette série Self-Portraits With Women.

Mais pourquoi s’arrêter là ?

Dita Pepe étend son champ d’action et se photographie alors avec des hommes ainsi qu’en famille, avec des enfants. Là encore, avec de la mise en scène. Le résultat est parlant. Naît alors une seconde série de photos appelée Self-Portraits With Men. Si la plupart des photos ont été prises en République tchèque, certaines ont également prises en Italie, en Allemagne ou en Afrique du Sud. Aujourd’hui Dita Pepe compte plus d’une centaine de clichés pour ce projet. Ils s’enchaînent sur son site,

Ce travail fait penser à celui de Cindy Sherman... Dita Pepe – en s’incarnant en différentes identités de femme, se concentre peut-être, davantage sur la façon dont les relations peuvent complètement transformer une personne ...

Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
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Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
Avec Dita Pepe : « Et si je m'étais mariée avec ... »
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Chantal Akerman

Publié le par Perceval

La cinéaste Chantal Akerman, vient de se donner la Mort. Née en 1950, Chantal Akerman a grandi à Bruxelles et venait d'une famille juive de Pologne, qui fut déportée à Auschwitz. Sa mère y survécut.

 

 

 

 

Chantal Akerman a réalisé un très beau film sur la nature du lien qui peut se tisser entre un homme et une femme, sur le mystère du lien amoureux...

Chantal Akerman, cet été (2105) à Locarno. --->

Ce film '' La Captive '' est construit sur ce qui nous est donné par Proust avec '' La Prisonnière '', et sur ce que nous savons du Cinéma, comme avec Hitchcock, dans Vertigo...

Hauts talons d'une femme marchant dans la Place Vendôme. La caméra suit cette vision élégante jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans une voiture. Un jeune homme (Stanislas Mehrar) suit, en gardant les yeux sur les talons.

Dans '' La Captive '', Ariane (Sylvie Testud) et Simon partagent un grand appartement parisien. Sage, oisive, un peu molle, Ariane va de musée en exposition et de concert en réception. L'inquiétude de Simon est permanente ; il sait qu'avant de le rencontrer, Ariane a aimé des femmes... L'aime-t-elle vraiment ? En est-elle seulement capable ?

Il veut tout savoir d'elle, la suit, la fait accompagner dans ses sorties, et la soumet à un questionnement incessant. Il se doute qu'elle a une double vie, et cela ne fait qu'exacerber sa douleur, son impuissance et sans doute son désir d'elle.

Ci-dessous : ce que Chantal Akerman, disait dans un entretien sur ce film :

« Dans La Prisonnière, Albertine est libre, elle aime les femmes, et le Narrateur est totalement démuni par rapport à ça...(...) Proust montre combien l’amour homosexuel est une vraie prise de risques, qui te prend toute ta vie. (…) Charlus, c’est l’absolue perte de soi, alors que même Swann finit par sortir de sa douleur, mais lui est juif, encore quelque chose qui me concerne de très près.

 Et j’ai toujours été fascinée par le récit de sa mort, quand Proust décrit comment ses traits de juif ressortent de son visage à l’approche de la mort… Le tout début de La Recherche aussi m’intéresse beaucoup, tout le rapport avec sa mère, mais j’en ai marre de faire des choses liées à la mère, même si je sais qu’on n’en a jamais fini…

(…) Pour les relations sexu

elles entre le Narrateur et Albertine, par exemple, j’ai repris quasiment point par point ce que Proust écrit, comment il se tient derrière elle, comment il la frôle, comment il l’appelle dans sa chambre, ou va dans la sienne, comment il la caresse quand elle dort, ou fait semblant de dormir, comment elle dit “Andrée” dans son sommeil, mais c’est sa main à lui qu’elle tient, et comment les deux jouissent. C’est une des choses les plus fortes jamais écrites pour montrer combien au fond, c’est toujours l’imaginaire qui te fait jouir. C’est une situation qui fait fonctionner leur imaginaire à tous les deux, et il n’y a pas besoin de pénétration, c’est une jouissance provoquée par leur imaginaire, une cérémonie sexuelle qui les lie, un cérémonial très au point entre eux deux, jusqu’à ce que sa jalousie à lui et son questionnement permanent devienne plus pesant que le plaisir partagé pris à ce cérémonial. C’est pour ça que quand on dit “C’est un bon coup” ou des trucs comme ça, ça ne veut rien dire, c’est ridicule. L’important est que le partenaire fasse fonctionner ton imaginaire, sinon il n’y a pas de jouissance.

Et c’est bien pour ça qu’Albertine reste chez lui, et ne parvient pas à le quitter, part pour mieux revenir, malgré sa jalousie et ses interrogatoires permanents, parce qu’elle jouit. »

Chantal Akerman observe sans ironie ce drôle de couple où les amants s'étreignent tout habillés et ne paraissent jamais si proches que bavardant à travers la vitre d'une douche ou mêlant leurs ombres au cours d'une promenade.

*****

Ce besoin de percer le secret de l'autre et les filatures qui en résultent font écho à l'intrigue de Vertigo (Sueurs froides) d'Alfred Hitchcock. À l'instar de Scottie (James Stewart), Simon suit Ariane dans un musée et l'observe en train de contempler une œuvre d'art. La coiffure de la Femme slave d'Auguste Rodin (1906) évoque le chignon de Madeleine (Kim Novak) et de Carlotta, le personnage du tableau, dans le film d'Hitchcock.

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Geneviève Thauvette - Dorothea Tanning

Publié le par Perceval

Geneviève Thauvette est une jeune artiste 'franco-ontarienne' basée à Toronto (Canada). Elle a exposé ses œuvres lors de plusieurs événements internationaux...

Ici, nous passerons en revue sa série «Beheld» qui met en vedette huit artistes femmes ayant vécues pendant le XXe siècle. Dans leurs portraits, plusieurs éléments, qui peuvent être retrouvées dans leurs propres œuvres, sont utilisées. Elles sont aussi représentées avec le portrait d’un homme dans leurs mains. Ces portraits représentent leurs partenaires, qui souvent furent plus connus ou respectés que leurs amoureuses dans le monde des arts. Par contre, ici, la femme est en couleurs vives et domine la composition. C’est elle qui règne et possède son amant.

Dorothea Tanning, née à Galesbourg (Illinois) expose depuis peu chez Julian Lévy quand elle rencontre les surréalistes. En 1946, elle épouse le peintre Max Ernst et vit avec lui en France. 

Ses toiles, d'abord très léchées, représentent généralement des jeunes filles, comme somnambules, dans des pièces vides. Ses principales toiles sont Jeux d'Enfants (1942), Une Petite Musique de Nuit (1944),Scène d'intimité accompagnée de joie subite (1946),Birthday (1942), Un après-midi à Paris et Maternité (1946) ...

** Voir aussi:

DOROTHEA TANNING ET MAX ERNST

 

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Julia Margaret Cameron - King Arthur

Publié le par Perceval

Julia Margaret Cameron  (11 juin 1815 à Calcutta – 26 janvier 1879 à Ceylan), est issue de la grande bourgeoisie, avec même du sang aristocrate français. Née en Inde, elle a vécu en France, Angleterre et à Ceylan (actuel Sri Lanka). Elle rentre sur Londres en 1848 à la retraite de son mari, de 20 ans son ainé. Sa carrière photographique est courte, environ 12 ans, mais lorsqu’elle s’installe en 1860 sur l’île de Wight, elle dispose déjà de tous les atouts nécessaires à une carrière artistique.  

C'est à l'âge de 48 ans que Julia Margaret Cameron se met à la photographie, en 1863.

Avec des cadrages audacieux et parfois très serrés, la portraitiste anglaise photographie sa famille, ses voisins sur l'île de Wight et des grands noms de l'époque victorienne, comme l'astronome John Herschel ou le biologiste Charles Darwin. Elle se moque du rendu du détail et préfère le flou artistique, particulièrement dû à la faible profondeur de champ et aux longs temps de pose qui oscillent entre trois et sept minutes.
Les images de Cameron, empruntes de mysticisme et de sensualité, sont influencées par l'esthétique du mouvement britannique des préraphaélites (admirateurs de la pureté artistique des primitifs italiens). Elle met ainsi en scène des épisodes historiques et des allégories, avec l'illustration du livre des poèmes de Tennyson, "The Idylls of the King", en 1875, où elle réalise plus de deux cents images pour les douze illustrations finales.
En 1879, Cameron laisse derrière elle une oeuvre profondément sensible et avant-gardiste, qui influencera le mouvement pictorialiste, dont les amateurs essaieront eux aussi de hisser la photographie au rang des beaux-arts

Sources: http://www.photo.rmn.fr/

Julia Margaret Cameron - King Arthur
Julia Margaret Cameron - King Arthur
Julia Margaret Cameron - King Arthur
Julia Margaret Cameron - King Arthur

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Bella et Marc Chagall -2/2-

Publié le par Perceval

Le 2 septembre 1944, Bella décède brutalement d'une infection virale, Marc est anéanti.

"Tout m'est devenu ténèbres" dira t-il. Il sombre dans une dépression qui va durer plus de neuf mois. Une période de deuil durant laquelle il sera incapable de tenir un pinceau. Toutes les toiles inspirées par sa femme sont retournées contre les murs et il lui est impossible de se rendre dans aucun des endroits qu'ils avaient coutume de fréquenter ensemble.

Dans son éloge funèbre, le chroniqueur du New-York Times déclara que Bella avait été le seul modèle de son mari pendant la trentaine d'années de leur vie commune, ce qui avait considérablement marqué son œuvre.

De plus … Il reste inconsolable des ravages de la Shoah, sa famille a été exterminée dans les camps en Pologne.

Hommage au Passé Marc Chagall - 1944-45

Après la disparition de celle qui fut « le sens de ma vie, mon inspiratrice.», Chagall continuera inlassablement à peindre sa Muse. Dans l'hommage qu'il lui rend ci-dessus (un tableau commencé avant la date fatidique, puis remanié après la période de deuil) Chagall représente sa femme à Vitebsk, l'inspirant toujours par delà la tombe.

Autour d'Elle Marc Chagall - 1945

La carrière de l'artiste n'est pas finie : aidé et porté par l'amour de deux autres femmes, Virginia McNeil dont il aura un fils, David ; et surtout, Valentina Bridski, dite "Vava".

Chagall avec Virginia Haggard McNeil Valentina Brodsky with Marc Chagall

Célèbre et reconnu, Chagall rentrera définitivement en France en 1949, et s'installera à Saint Paul de Vence, retrouvant la sérénité et expérimentant de nouvelles techniques, céramiques, vitraux et des oeuvres monumentales, à l'instar du plafond de l'Opéra de Paris ( 220 m2), que lui commande Malraux, avec lequel une belle amitié personnelle artistique et admirative s'est nouée dans les années 20.

 

En 1952, Ida Chagall se marie. C'est à cette occasion que Valentine Brodsky, qui se trouvait parmi les invités à la réception du mariage, rencontra Marc Chagall. C'est Ida, bien entendu, qui a présenté cette jeune femme de quarante ans à son père... allant vers les soixante-cinq. Issue d'une famille juive de Russie, Valentine est une femme d'affaire qui tient une grande boutique de modiste à Londres. Elle devient la secrétaire de Marc, qui ne tarda pas à succomber au charme de sa Valentine. Marc et Valentine s'épousèrent le 12 juillet 1952. Cependant celle qu'il appellera affectueusement "Vava" ne remplaça jamais tout à fait Bella dans l'imaginaire et le cœur de Marc Chagall.

Vava (qui garde en elle deux amants...), Marc Chagall

Marc n'oubliera pas pour autant "sa mariée" qu'il continuera de peindre jusqu'à la fin, inlassablement...

Marc Chagall vivra presque centenaire aux côtés de Vava. Ils reposent tous les 2 dans le cimetière catholique de Saint Paul de Vence.

1953-1960 : Série de peintures murales "message biblique"
1959 : Dessine des vitraux pour la cathédrale de Metz
1962 : Inauguration des douze vitraux de la synagogue du Centre Médical Hadassah à Jérusalem
1964 : Inauguration du plafond décoré de l’Opéra Garnier à Paris
1967-1977 : Projets de vitraux et également de tapisseries et de mosaïques
1973 : Le Musée National du Message Biblique Marc Chagall ouvre ses portes à Nice
1985 : Décède à Saint-Paul-de-Vence

Le Songe, ci-dessus, a été peint par Chagall en 1984, un an avant son décès et très exactement soixante-dix ans après Les Amants Bleus de 1914.
Le Songe, ci-dessus, a été peint par Chagall en 1984, un an avant son décès et très exactement soixante-dix ans après Les Amants Bleus de 1914.

Le Songe, ci-dessus, a été peint par Chagall en 1984, un an avant son décès et très exactement soixante-dix ans après Les Amants Bleus de 1914.

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Il y a 150 ans : Suzanne Valadon naît à Bessines ( Limousin)

Publié le par Perceval

 

Pour célébrer les 150 ans de la naissance de Suzanne Valadon, La Poste émet un timbre ( 1,90 € ) reproduisant '' Femme aux bas blancs '' une œuvre de 1924.

 

Marie-Clémentine, dite Suzanne VALADON, est née à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne - Limousin) le 23 septembre 1865 et décédée à Paris le 7 avril 1938.


Fille d'une blanchisseuse et d'un maçon, elle abandonne le métier d'acrobate à la suite d'une chute et devint modèle.
A 18 ans, elle donne naissance à un enfant, qui deviendra célèbre lui aussi, Maurice UTRILLO.

L'émission de ce timbre est un événement dans le village natal de Suzanne Valadon, où elle a vécu jusqu'à 7 ans, quand elle s'appelait encore Marie-Clémentine Valadon

L'oblitération "premier jour" s'effectuera les 18 et 19 septembre dans un bureau de poste temporaire installé à la mairie de Bessines, salle des mariages, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures.

Bessines-sur-Gartempe S Valadon - Reconstitution d'un atelier de peintre dans l'Espace Valadon de Bessines

Modèle, elle posa pour Renoir, Toulouse-Lautrec et Degas. Mais ce dernier ayant remarqué ses dessins lui prodigua des conseils et l'encouragea à dessiner. Vers 1908, autodidacte, elle commença à peindre, exécutant des natures mortes et des paysages, des nus féminins, dans un style très franc.

 

Suzanne Valadon - Autoportrait, 1883

Suzanne Valadon - Autoportrait, 1898

 

L'œuvre représentée sur le timbre est la femme aux bas blanc dont l'original figure au Musée de Nancy.

Beaucoup d'indices sur ce tableau font penser qu'il ne s'agit pas d'une femme dans son intimité mais plutôt la représentation d'une prostituée : La robe rouge, trop courte pour l'époque, l'expression fatiguée du visage, les escarpins rouges à talon, la teinte rousse de ses cheveux souvent assimilée à la prostitution...

 Il y a 150 ans : Suzanne Valadon naît à Bessines ( Limousin)

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