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Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Publié le par Perceval

Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma
Claude Debussy - Gaby, Lilly et Emma

Après le Prélude à l’Après-midi d’un faune (1894), certaines œuvres de Claude Debussy (1862-1918) sont des succès : Chansons de Bilitis (1898), les Nocturnes (1899), etc. Depuis quelques temps, Ernest Chausson lui apporte un soutien financier, qui stoppera en 1894 lorsque la liaison entre Debussy (alors fiancé à Thérèse Roger et qui de plus s’endette) et la danseuse Gabrielle Dupont (jusqu’en 1899) sera révélée par des lettres anonymes.

Thérèse Roger est une chanteuse et une pianiste... Thérèse Roger n’est pas passé à la postérité et semble avoir été une artiste bien moyenne à en croire une caricature la représentant chantant, juché sur une casserole ! Mais la médiocrité de la jeune femme importait peu à Debussy. Il y a – en effet - un projet de mariage entre Mlle Roger et Claude Debussy !

Debussy écrit: « je suis tout à fait libre, ma dernière petite amie s’étant en allée par un matin de février ». En réalité, Gaby (Gabrielle Dupont) vivait toujours avec le compositeur rue Gustave Doré et n’aurait peut-être pas apprécié d’être désignée avec légèreté comme la « dernière petite amie ». Le mariage devait avoir lieu le 16 avril et le couple devait s’installer rue Vaneau. En réalité, Debussy était surtout désireux de faire un mariage bourgeois pour être admis dans le monde comme il le sous-entend à Chausson tout en prétendant être très amoureux de Thérèse.

La comédie ne dura pas longtemps, car, quelques semaines plus tard, les fiançailles furent rompues. Chausson et d’autres proches des fiancés avaient reçu des lettres anonymes dénonçant le double jeu de Debussy, plus endetté qu’il ne le prétendait et encore en ménage avec Gaby dont les mauvaises langues disaient qu’elle avait usé de ses charmes pour faire vivre le couple. Juste avant cette rupture, Debussy tenta de soutirer 1 500 francs à Chausson pour rembourser quelques dettes et acheter une robe pour sa mère. Chausson fut peiné et furieux de cette lugubre affaire et se brouilla définitivement avec Debussy. Si Debussy perdit l’amitié de Chausson, celle qu’il avait nouée avec Pierre Louÿs se renforça. Dans l’affaire Thérèse Roger, Pierre Louÿs défendit Debussy dans une lettre à Mme de Saint- Marceaux, scellant ainsi leur amitié. Il poursuivit donc sa relation tumultueuse avec Gaby.

1890-1898, période, pendant laquelle il vécut avec Gabrielle Dupont, appelée par ses amis « Gaby aux yeux verts », qui partagea pendant plus de huit ans sa vie ; une vie très impécunieuse mais dont il devait avouer plus tard que c'était « tout de même du bon temps ». Cette belle normande, de 4 ans sa cadette a joué dans son existence un rôle de stabilité affective qui a permis l'éclosion d'œuvres majeures. Elle était de Lisieux, où son père travaillait dans une usine textile et sa mère était couturière. Debussy, avec sa cape flottante, son chapeau aux larges rebords et sa grâce féline et langoureuse, était une silhouette familière dans les rues et les cafés nocturnes de Montmartre.

Après avoir quitté ''Gaby''. En avril 1899, débute sa liaison avec Rosalie Texier (Lilly) qu'il épouse le 19 octobre 1899. Sa pauvreté était telle qu'il dû donner des leçons de piano le jour de ses noces, afin de payer le prix du repas. Ce fut une alliance passionnée avec la femme qui s’appelait « Lily-Lilo » ; il avait menacé de se suicider si elle refusait de le marier et lui a dédié les Nocturnes comme « preuve de la joie profonde et passionnée que je ressens à l'idée d'être son mari ». Le trouble était qu'il y avait, dans le couple, plus de joie que de passion.

Rosalie était une couturière qui ne possédait pas d'attirance ou de sensibilité particulière pour la musique mais qui était charmante et dévouée pour Debussy. Lilly, d'origine modeste et ''inculte'' avait pour elle « son esprit gavroche et sa beauté : elle avait d’abondants cheveux blonds qui recouvraient ses tempes en bandeaux et une taille particulièrement fine. » ( de Pasteur Vallery-Radot, qui fut l’intime et le confident de Debussy). Il croyait l’aimer, mais ses goûts et sa conversation le désarçonnaient. Dans une lettre adressée à son ami Robert Godet, il précise, quelque peu méprisant, qu’elle n’aime la musique que « selon sa fantaisie », sa chanson favorite étant « une ronde où il est question d’un petit grenadier à la mine vermeille qui porte comme un vieux troupier son chapeau sur l’oreille » (rime involontaire ?). En quelques années, les charmes de Rosalie s'étaient usés.

Octobre 1903 : Debussy offre à Emma Bardac un exemplaire dédicacé des Estampes pour piano.

Emma Bardac, est la femme d'un riche banquier et l'ancienne maîtresse de Gabriel Fauré. Emma est une femme du monde et une chanteuse accomplie. Elle rencontre Fauré et entame une relation passionnelle avec lui pendant l'été 1892. Fauré écrit sa suite Dolly pour Hélène et le cycle La Bonne chanson, d'après Verlaine, pour Emma elle-même. À la fin de l'année 1903, elle est présentée à Debussy par son fils, Raoul, un de ses étudiants.

En juin 1904, la vie personnelle de Debussy bascule : la dédicace des Fêtes galantes (2esérie) qu'il offre à Emma Bardac prouve que leur amour est scellé. Il a emprunté à Jules Laforgue le tendre qualificatif de « petite Mienne » avec lequel il désigne Emma.

Le 15 juillet, Debussy décide Lilly à partir pour Bichain. Et, début août-mi octobre, Debussy séjourne en cachette avec Emma au Grand Hôtel de Jersey. Puis ils s'installent à Pourville (Normandie).

Tout Paris bourdonna à propos de ce scandale et bourdonna encore plus fort lorsque la désespérée Rosalie tenta de se suicider (Cette rupture poussa Rosalie à tenter de se suicider en se tirant une balle dans la poitrine, à laquelle elle survécut).

Emma et Sigismond divorcent le 4 mai 1905, Debussy le 17 juillet de la même année, et Emma se remarie avec Debussy en 1908. Debussy a une fille avec Emma, Claude-Emma (née le 30 octobre 1905), surnommée « Chouchou ».

Le 20 janvier 1908, Debussy et Emma Bardac se marient à la mairie du 16e arrondissement de Paris.

Claude-Emma meurt de diphtérie en 1919, un an après son père.

 

Sources : 'Debussy / Les femmes' - LES GRANDS COMPOSITEURS dans LA REVUE DE LA MUSIQUE

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