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Rêve préraphaélite et enchanteur. -1/2-

Publié le par Perceval

Le point de départ est une exposition qui a depuis laissé son nom, à une série de tableaux : « Désirs & volupté à l’époque victorienne ». Aff-desirs-volupte-a-l-epoque-victorienne-paris-08.jpgMon interrogation se portent sur ces deux mots : désir et volupté : caractérisent-ils vraiment les impressions du spectateur... ?

Est indéniable : le sens esthétique, extrêmement décoratif. Cette exposition glorifie la femme anglaise blonde (ou rousse) et longiligne, et magnifie un temps révolu et idéal …. Sans doute tout cela nous apparaît aussi comme ' délicieusement' kitsch, suranné, péplum...

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Musee-Jacquemart-Andre  

Contrairement à son oncle George IV, ce noceur dépensier, débauché et mondain qui régna de 1820 à 1830, Victoria n'avait pas « mauvais genre ». Au contraire, elle représente le puritanisme, une certaine sagesse bourgeoise et religieuse, à des fins morales, le refus de la chair et de ses passions... Toutes choses qui semblent peu compatibles avec le désir et la volupté!

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Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912),  

Aussi, il me semble assez naturel, que nombreux artistes, s’attachent à rompre avec la trivialité du quotidien et de la vie bourgeoise pour mettre à l’honneur une sorte d’Âge d’Or : monde imaginaire et idéal...

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Le Quatuor Albert Joseph Moore 1868

Après avoir vu et apprécié ces belles images. Peut-on - cependant - vraiment parler de désir, alors qu'est manifestement valorisé la vertu, voire l'innocence ... ? Dans le Quatuor ( Joseph Moore) tout désir semble banni … Chez Elaine, de John Strudwick, abandonnée de Lancelot, il ne reste qu'obéissance et sage résignation . On lit de la patience sereine dans  L'absence fait grandir l'amour, de John William Godward, et de la sagesse maternelle, dans cette Scène de marché romain, d'Alma-Tadema.

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L'absence fait grandir l'amour, de John William Godward

Elaine, de John Strudwick

Serait-ce une célébration esthétisée de la vertu féminine selon la morale victorienne, ou une série d'abstractions idéalisantes visant à désincarner le sujet afin qu'il puisse devenir un archétype moral ?

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Scène de marché romain, d'Alma-Tadema

La séduction ici, exclue toute expression violente des passions. L'expression, n'est pas vraiment dans la chasteté, mais dans dans la retenue... Cette évanescence conduit-elle à la volupté... ? On retrouve même dans le traitement pictural, les canons plastiques d'une antiquité valorisée dans le néoclassicisme. Il y a un corps, mais point de chair ! Et donc, pas de passion, pas de désir, ni de volupté.

Une constante et douce mélancolie semble sourdre de ces visages.

Que ces muses, soient chastes ou aimantes, venimeuses ou hiératiques, objets de désirs ou de mélancolie, la figure féminine incarne la recherche d'un idéal de beauté absolu. La femme, loin de son foyer et du patriarcat ambiant, devient une héroïne, une déesse même …

A suivre ...

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