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Les femmes du XIXème, peintes par Alfred Stevens -1-

Publié le par Perceval

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Le Paris de Stevens est avant tout un Paris féminin. Le XIXème siècle cantonne la femme au domestique et à l'affectif., lui imposant un statut d'infériorité légale. Une fois mariée, la femme doit obéissance à son mari, également en charge de l'administration de ses biens. Exclue de la chose publique, la femme a bien du mal à gagner le droit d'exister par elle-même.

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Alfred Stevens 1823-1906

 

Alfred Stevens est un peintre belge du XIXème siècle. Il se fait connaître à Paris grâce aux expositions universelles avant d'être connu à travers le monde entier. Il côtoie de nombreuses personnalités du monde de l'art telles que Manet et il est même un invité de marque à la cour de l'empereur Napoléon III. Il mettra fin à son métier à cause de problèmes de santé qui entraîneront son décès à Paris.

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Dans la bourgeoisie et le grand monde, la femme n'en est pas moins réduite à une rôle de pure représentation, ce qui n'exclut certes pas un réel pouvoir d'influence. Ce sont de femmes en représentation dont Stevens se fait le peintre.

Pivot de la famille, la femme a en charge l'éducation des enfants.

alfred-stevens_2.jpgStevens représente aussi souvent la femme au sein des intérieurs bourgeois dans l'espace qui lui est réservé : le salon, une pièce incontournable dans le plan-type des immeubles haussmanniens qui se construisent alors. Au salon, la femme reçoit une fois par semaine, généralement de trois à sept heures ; c'est «  son jour ». Toute personne qui se présente est accueillie par la maîtresse de maison.

 

Le salon est aussi le lieu de la solitude et de la rêverie, le lieu où on lit son courrier et où l'on doit faire face à une oisiveté forcée. Bon nombre de ces parisiennes peintes par Stevens sont surprises dans des moments d'inaction... Au salon ou à leur toilette, elles expriment, par leurs poses mélancoliques, le statut « misérable et glorieux » de la femme au XIXème siècle, à la fois adulée et mythifiée et en même temps condamnée à rester inactive, enfermée dans le rôle que les hommes lui assignent... (…) les héroïnes de Stevens, derrière leur apparente frivolité, expriment toutes les ambiguïtés de leurs contemporaines, fussent-elles issues des classes les plus favorisées.

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Du reste, les repères sociaux se brouillent. On a souvent remarqué que, sous les second Empire, grandes dames et « petites femmes » se copiaient les unes les autres, au point qu'il était parfois difficile de les distinguer. « Le chic actuel d'une femme, c'est le mauvais goût distingué » déplorent les frères Goncourt.

Entre ces femmes déclassées, qui glissent vers la courtisanerie, et les mondaines à la réputation intacte, peu de différences à vrai dire, même si la société considère celles-ci avec respect et celles-là avec mépris.

La mélancolie et la rêverie renvoient-elles au regret de ce qui a été fait ou à l'appréhension de ce qui pourrait avoir lieu. ? Bien des parisiennes de Stevens – et là n'est pas leur moindre charme – gardent tout leur mystère.

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Les femmes peintes par Stevens appartiennent pleinement à leur temps par la richesse du milieu dans laquelle elles évoluent. A l'heure de la fête impériale, l'argent est roi. Il se manifeste notamment dans la splendeur du vêtement féminin.

Ce parti pris fait de lui le peintre de la vie moderne. Dans la haute société, une femme peut être amenée à changer de toilette sept à huit fois dans une seule journée !

De la tenue de soirée à la robe d'intérieur, il sait exprimer toutes les nuances de la mode féminine que sa peinture met en scène avec un plaisir sensuel évident.

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Alfred-Stevens-11.jpg Alfred-Stevens-Femme-pensive-pres-dune-fenetre.jpg

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Sources: Alfred Stevens 1823-1906: article de Jean-Claude Yvon.

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