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Articles avec #femme tag

Allégorie - La Femme Patrie

Publié le par Perceval

Francesco_di_Stefano : Allégorie de Rome, et en dessous: Allégorie de Carthage
Francesco_di_Stefano : Allégorie de Rome, et en dessous: Allégorie de Carthage

Francesco_di_Stefano : Allégorie de Rome, et en dessous: Allégorie de Carthage

Les premières figures allégoriques nationales du monde occidental furent très influencées par Minerve / Athéna, Déesse de la sagesse et de la Guerre, et prirent souvent le nom latin des anciennes provinces romaines. Ainsi en est-il de Britannia, Germania, Hibernia, Helvetia et Polonia ...

La Russie Impériale

L'Allemagne ( Germania 1948)

La Patrie fut généralement vue et dépeinte comme une femme puissante à travers plusieurs mouvements artistiques en Particulier depuis le XIXe siècle.

Columbia désigne une figure allégorique qui personnifie les États-Unis comme l'est Marianne pour la France.

Le traité de Francfort dépouille la France - Le 10 mai 1871

La Pologne

La Grèce sur les ruines de Missolonghi 1826 Eugène_Ferdinand_Victor_Delacroix

Mariano Gabriele, Gli alleati in Italia durante la Prima guerra mondiale, 1917-1918

L'Italia turrita è una personificazione o allegoria de ll'Italia

Carteles e iconografía sobre la República Española

20 de mayo de 1942. Revista Lux, alegoría de la República de Cuba

 

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Leonor Fini, oeuvres -2/2-

Publié le par Perceval

   

On a tissé autour de Leonor Fini, ce mythe de la sphinge, dévoreuse d'hommes ou de la dangereuse sorcière qu'elle est censée être. Pourtant, elle se contente d'exister vraiment comme femme, comme être humain, sans rien rogner de sa frémissante et superbe personnalité.

Pourtant, Leonor Fini est flattée d'être considérée comme une sorcière et femme dit à propos de La peine capitale que les femmes y étaient avisées dans leur refus de toute relation sexuelle avec les hommes : « le cou de l'oie est le phallus de l'homme. La femme au coteau coupe le cou et coupe court à la virilité. »

Le rôle social de la femme, son rôle sexuel en particulier, était le thème de bien d'autres tableaux...

L'Essayage 1 de 1966, représente une femme à qui l'on montre une grande variété de chapeaux chez une modiste ; mais en même temps son corps nu est étroitement lié avec une corde... dans l'Essayage II, de 1972, une femme presque nue est entourée d'assistants qui ajustent sa nouvelle robe... Immobilité, épingles, torture et aussi, travestissement, cérémonie et beauté...

Lointaine parente (1969) « La petite auréole ( du miroir) concentre à elle seule toute l'obscénité de la toile et donc toute sa force. Elle réalise la provocation enfantine, soude une alliance entre les deux fillettes et déclenche la réprobation extérieure, exhibant ce que le corps féminin a conservé d'inquiétant dans le regard des autres... cette scène parvient à exprimer avec délicatesse et discrétion toute la transgression contenue dans les limites d'un espace privé. » La critique Claude-Frédérique Sammer.

   

Connaissant la dévotion de Leonor envers les femmes et les chats, on peut penser que les jeunes filles des Mutantes troquent leur innocente enfantine contre l'excitation sexuelle que la métaphore féline symbolise. La leçon de paléontologie (1973) ainsi que la leçon de botanique et la Leçon de rhétorique ( 1974) sont d'interprétation aisée : chacun des tableaux représente une femme nue, ou quasi nue, instruisant une plus jeune fille. …. démontrant ainsi clairement aux jeunes filles en émoi les similitudes entre la beauté primitive de l'anatomie sexuelle de la femme et la structure de la fleur.

Rasch, rasch, rasch, meine Puppen warten ( 1975) montre cinq femmes nues, exhibant leurs charmes à une fillette, c'est elle-même – a t-elle expliqué – et le titre lui est venu quand elle eut fini le tableau, se remémorant soudain ces paroles qu'elle prononçait, enfant, pour se débarrasser de sa gouvernante allemande. Elle habillait ses poupées de tissus merveilleux... ici, les poupées sont devenues femmes, prêtes à mener le jeu du plaisir comme leur expression le laisse entendre …

Extraits de :Leonor Fini de Peter Webb, très beau et intéressant livre d'art

A lire aussi:

LÉONOR FINI -1/3-

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2/3-

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ÉONOR FINI ET ANDRÉ PIEYR DE MANDIARGUES-3/3-

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Leonor Fini - Oeuvres -1/2-

Publié le par Perceval

Léonor Fini

Une vie idéale ( autoportrait ) (1950)

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Autoportrait entourée de Sergio et Klot (1952)

sur un fond vert vif, symbole de la jalousie qui menaçait d'éclater entre ses deux admirateurs...

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Leonor Fini 

Dans la tour

Dora Maar -

Leonor Fini, Paris, 1936

''Dans la tour'' (1952) montre Leonor en longue robe noire avec une masse de cheveux noirs bouclés, conduisant Klot nu, en manteau rouge vif à travers une pièce délabrée de la tour vers la lumière éclatante de l'extérieur : image intense de domination et de sagesse féminine, exécutée avec un soin méticuleux.

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Toute une série de tableaux montre l'intérêt de Leonor Fini, pour la tradition hermétique.

« Si elle ne prononçait jamais le mot ''Dieu'', comme si la grandeur qu'il évoque eût empiété la sienne, ou qu'elles fussent incompatibles, elle ne dédaignait pas les divinités nocturnes de la mythologie et s’attribuait volontiers des affinités avec certaines déesses chthoniennes, avec une prédilection pour Hécate, mère de Circé et de Médée, divinité confuse, car double, présidant d'une part à la fertilité, aux victoires, aux accouchements et, d'autre part, aux terreurs infernales.... (..) Elle aimait la déesse ultérieure, la magicienne suprême, ma^tresse des sortilèges, que suivent des juments, des chiens et des louves dans la nuit qu'elle inspecte... » Hector Biancotti

  La gardienne à l'oeuf rouge (1955)

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Exploration de l'intimité entre des personnages, avec pour décor un compartiment de train...

 

 

 

 

Variations sur une peinture victorienne The Travelling Companions d'Augustus Egg (1859). Leonor Fini avait eu ce commentaire : « L'une est comme une jolie vache, très blanche et endormie, tandis que l'autre, bien plus vivante et alerte, tire le rideau. Elle ne sait pas ce qu'elle va faire ensuite, tuer l'autre ou faire l'amour avec elle ».

 

 Le critique George Melly, juge le tableau '' Le long du chemin '' (ci-dessus)(1967) comme le chef d'oeuvre érotique de Leonor.

En 1975, Léonor écrit : « Quoi de plus délimité qu'un compartiment de train où, en dehors de la position immobile, presque tout est défendu.(...) Les compartiments des trains sont ainsi, à la fois angoissants et protecteurs. Endroits de complicité passagères où l'on dort de faux sommeils, où l'on se laisse aller à des rêveries claustrophobes, extasiées ou criminelles. »

   

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D'où vient Mata Hari ? -2/2-

Publié le par Perceval

Mata Hari (1906)
Mata Hari (1906)

Sa performance au Musée Guimet a eu lieu le 13 Mars. A partir de ce moment, elle enchaîne les performances, les spectacles dans des maisons privées, dans les clubs les plus célèbres de Paris: le Moulin Rouge, le Trocadéro, le Café des Nations . Sa réputation cause une énorme curiosité sur sa vie personnelle, qu'elle fait coïncider avec son caractère. Mata invente une biographie qui va de pair avec sa performance...

En troupe, elle se produit bientôt à Madrid, Monte Carlo, Berlin, La Haye, Vienne et même Le Caire. La jeune et troublante artiste collectionne les protecteurs haut placés… Massenet la veut dans son théâtre, et Giacomo Puccini se déclare lui-même être l'un de ses grands admirateurs...

À Paris, elle mène grand train au Grand Hôtel où les uniformes chamarrés abondent.

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De Monaco, où elle joue dans un ballet, elle se rend à Berlin, où elle s'attache à un fonctionnaire riche, Alfred Kiepert, qui l'accompagne à Vienne, Londres, puis en Egypte.

A la fin de 1911, sa renommée atteint son apogée.. En 1913, elle a joue dans une tournée toute italienne, apparaissant sous la forme inhabituelle d'une belle jeune gitane. "La raison, dit-elle, qu'elle connaisse si bien les danses espagnoles: c'est que très jeunes, elle a épousé un noble écossais, avec qui elle vivait dans un ancien château.. Après l'échec de son mariage, elle a voyagé longtemps et particulièrement en Espagne, où un matador, par amour pour elle, s'est tué dans l'arène, au désespoir de ne pas être aimé. "… !

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En 1914, Elle s'installe à Berlin pour préparer un nouveau spectacle où elle interpréterait des danses égyptiennes. Mais le spectacle n'aura jamais lieu... Avec l'assassinat du prince héritier d’Autriche, c'est la Première Guerre mondiale qui commence... !.

 

 

Même la Guerre, ne l’empêchera pas de voyager dans toute l’Europe et de fréquenter de très près des hommes proches du pouvoir… En 1916, elle tombe éperdument amoureuse d’un pilote de chasse russe, qui a 20 ans de moins qu’elle ! C’est alors que commence la descente aux enfers de la belle.

 

 

 

A lire, ensuite:

15 OCTOBRE 1917: MATA-HARI EST FUSILLÉE.

Le lundi 15 Octobre 1917, à six heures du matin: Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle (1876 – 1917), plus connue sous le nom de Mata Hari, a été exécutée par la France pour espionnage. Elle était âgée de 41 ans.

MATA HARI, QUE S'EST-IL PASSÉ ? -1/2-

MATA HARI, QUE S'EST-IL PASSÉ ? -2/2-

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Eve Ventrue

Publié le par Perceval

Eve Ventrue
Eve Ventrue

 

Eve Ventrue, allemande, est née en 1986.

Elle est une artiste de peinture digitale, elle travaille principalement avec Photoshop sur des thèmes de science-fiction / fantastique, y compris le steampunk, space opera etc... 

Elle met l'accent sur l'étude de personnages. 

 

Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue
Eve Ventrue

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Novella d'Andréa

Publié le par Perceval

Novella d'Andrea par Marie-Eléonore Godefroid (1778-1849) , peintre française

Novella d'Andrea par Marie-Eléonore Godefroid (1778-1849) , peintre française

Novella d'Andréa, (n. 1312 à Bologne – d. 1333), était une juriste italienne de l'Université de Bologne.

Fille de Giovanni d'Andréa, professeur canoniste émérite à l'Université de Bologne, qui lui enseigne en privé le droit. Elle effectue des lectures juridiques à sa place, durant les jours de maladie de son père. Selon la poétesse Christine de Pisan, dans son ouvrage Le livre de la cité des Dames, elle doit enseigner aux étudiants, cachée derrière un rideau, afin de ne pas les distraire par sa beauté. Elle aurait épousé selon certains commentateurs le juriste Giovanni Calderinus ou le professeur de droit Giovanni Di Legnano. Mais selon d'autres sources elle épousa plus vraisemblablement le juriste Filippo Formaglini en 1326. Elle meurt assez jeune. Son père aurait donné à ses décrétales du pape Gregory IX le nom de Novella en sa mémoire.

Sa sœur, Bettina d'Andréa, enseigne, jusqu'à sa mort en 1335, le droit et la philosophie à l'Université de Padoue, où son mari, Giovanni Da Sangiorgio, est également employé.

Rappelons qu'au XIIIe siècle, Bettisia Gozzadini (1209-1261) a également, enseigné le droit à l'Université de Bologne et on dit qu'elle avait dû prendre ses cours habillée en homme... Pourtant - un siècle avant - habillée en femme au point d'attirer les regards d'Abélard, Héloïse (1100-1164) a suivi ses cours à Paris.

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La Belle et la Bête, une version adulte, en images.

Publié le par Perceval

La Belle et la Bête, une version adulte, en images.
La Belle et la Bête, une version adulte, en images.
La Belle et la Bête, une version adulte, en images.

Dans cet article, je reprends l'histoire de la Belle et la Bête, à son origine, écrite par dame Suzanne Allaire, qui a épousé le 9 février 1706 Jean Baptiste de Gaalon de Barzay, chevalier, seigneur de Villeneuve... Mais Jean-Baptiste est un mauvais mari, Mme de Villeneuve obtient du Présidial de La Rochelle la séparation de biens, à cause des pertes faites au jeu par son mari "et son mauvais ménagement"... Devenue veuve à 26 ans, et sans ressources, elle se lance dans la carrière littéraire, ce qui lui vaut l'amitié de plusieurs hommes de lettres, parmi lesquels Crébillon père avec qui elle vit quelques années. Son roman le plus apprécié est La Jardinière de Vincennes, paru en 1753.

Les illustrations, ici, sont d'une autre femme : Nicole Claveloux, née en 1940 à Saint-Étienne. Elle commence une carrière d’illustratrice pour enfants, ce qui lui impose souvent de la retenue, mais elle se lâche dès que possible. Déjà le magazine pour adolescents Okapi de Bayard lui permet d’inventer des personnages irrévérencieux comme Cactus Acide ou Louise XIV. Et parallèlement, Nicole Claveloux publie des BDs plus adultes, dont La Main verte (1978) et Morte saison (1979), pour Métal Hurlant, A Suivre ou les Humanoïdes Associés. Et se lance dans les années 2000 dans les livres érotiques avec entre autres une version de La Belle et la Bête qui dévoile tout…

Nicole Claveloux aime inventer des contes fantastiques avec des images grouillant de détails et des fouillis de personnages.

Le noir et blanc ici sont maîtres et l’illustratrice va nous emmener dans un monde remplis de détails, véritable broderie de lettrines, de plantes envahissantes, de franges de tapis, de détails architecturaux. Une bête inquiétante voir terrifiante dans un château rempli d’animaux fantastiques et étranges avec une belle tout droit sortie du XVIIème siècle.

Le conte présente comme situation initiale un riche marchand et ses six enfants, trois fils et trois filles, dont la cadette, Belle. Alors que ses sœurs sont gâtées et capricieuses, n'ayant goût que pour le luxe et la richesse, Belle est douce, modeste et s’intéresse à la lecture. Elle entretient une relation très forte avec son père, au point de se sacrifier à sa place lorsque ce dernier se retrouve condamné à mort par la Bête pour avoir cueilli une rose. Belle part vivre chez la terrible Bête et découvre, au delà de sa laideur, un être généreux qui ne demande qu'à aimer et se faire aimer en retour.

« Vous m'apprîtes à démêler les apparences qui déguisent toutes choses. Je sus que l'image trompe, et nos sens et nos cœurs. Vous m'apprîtes encore à ne point suivre les mouvements de l'esprit et que le monde ne me serait donné qu'en pensant (...) Absenté de votre corps d'homme, vous l'exhibiez au gré des tableaux et des rêves afin que j'en recueillisse les images éparses. Prisonnière de votre palais et de sa cour assoupie d'un sommeil minéral, je régnais à mon insu sur votre vie, puisque j'en détenais les fragments jetés de part et d'autre du miroir et que mon amour seul pouvait en rassembler le sens. »

La Belle est tous les soirs demandée en mariage part la bête, et chaque nuit elle fait un rêve ou elle voit un jeune homme (et parfois une fée) dont elle tombe amoureuse et dont l'amour est partagé. En explorant le château elle remarque des portraits du jeune homme qu'elle voit en rêve et elle en conclue que la Bête le retient prisonnier quelque part. Mais au fur et à mesure, (même si le jeune homme donne des indices à la belle, indices pour nous lecteurs éclairés) Belle s'attache de plus en plus à la Bête. Elle part voir sa famille pendant deux mois et lorsqu'elle revient elle trouve la Bête presque morte. Elle se rend compte qu'elle l'aime plus qu'elle ne le pensait. Elle consent à devenir sa femme. La Belle et la Bête se couchent et au petit matin, la Belle en se réveillant découvre avec stupéfaction que ce n'est plus la Bête qui dort avec elle mais l'inconnu qu'elle aimait en songe....

Ci-dessous, certains dessins reprennent une deuxième version illustrée par Nicole Claveloux qui reprend les deux mêmes personnages, et racontent explicitement leurs aventures intimes, pour les adultes cette fois. Ces « Morceaux choisis de la Belle et la Bête » ont un scénario assez simple : deux héros dans un décor unique, un parc et un château, le tout dans un XVIIIe siècle plus ou moins fantaisiste.

Tous les soirs, la Bête fantasme de coucher avec la Belle, et chaque nuit la Belle fait un rêve ou la Bête lui procure toutes sortes de plaisirs inavouables …

Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!

Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!

« On trouve à tous les coins de rue des analystes autoproclamés qui savent avec une certitude en béton que la couleur noire est « inquiétante », que la couleur blanche est « morbide » et que telle pose ou attitude est « avilissante » ou « méprisante ». Quand on est dans le domaine de la représentation des fantasmes, tout jugement moral ou social me semble hors de propos puisqu’on est dans un champ imaginaire privé. » (…) « En ce qui me concerne, les histoires et les images sexuelles m’ont toujours intéressée, depuis les époques lointaines où j’étais gamine (et où je n’avais pas grand-chose à me mettre sous la dent) et ça n’a pas cessé depuis. » Nicole Claveloux

« Je ne suis pas du tout dans une posture de provocation ou de transgression. Si je choque, j’en suis la première surprise ; j’ai parfois choqué dans l’illustration jeunesse où, pour certains, j’ai une réputation « d’illustratrice qui fait peur aux enfants » !! Je n’ai jamais bien compris pourquoi. J’aime bien représenter des animaux humanisés ou l’inverse, d’abord parce que nous sommes des animaux et puis parce qu’ils sont beaux, la plus part du temps. Mais je reconnais qu’il y a plus attrayant que le phacochère qui valse avec la Belle ! »N.C.

« Jean Cocteau a dit : « les histoires érotiques sont les contes de fées des grandes personnes ». »N.C.

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Article - Etty Hillesum – La rencontre femme-homme -3/3-

Publié le par Perceval

Lundi matin [le 15 juin 1942], 8 heures.

Hier après-midi, je me suis dit soudain : « On ne peut tout de même pas demander aux gens des choses qu'ils sont incapables de donner. On ne peut tout de même pas laisser son imagination divaguer à propos de ce qu'un autre devrait être pour vous. » Je crois que je lui demande une chose impossible, que je lui impose, souvent inconsciemment, des exigences qu'il ne peut pas satisfaire. Des exigences qui me dérobent mes forces et perturbent notre relation. Je me souviens d'une de nos conversations, il y a longtemps, sur la sensualité et la passion. « Tu es les deux, me disait-il, sensuelle ET passionnée. Moi, disait-il, je suis seulement sensuel, et passionné uniquement dans l'ordre intellectuel. » Et c'est bien ainsi que je le vois. Son esprit est embrasé par une passion et une inspiration permanentes, qui peuvent aller jusqu'à l'obsession. Il émane de ses mains et de ses caresses une tendresse qui vient de l'âme et non du corps. Et quant à ce qui lui reste à donner, sur le plan purement physique, au pur plaisir des sens, à lui-même et à sa partenaire? - Ah, ce n'est pas grand-chose, une fois qu'il s'est offert si totalement, n'est-ce pas, toujours et encore. Et c'est là qu'interviennent mes exigences et mes fantasmes. Au moment où il a donné toute la passion et la tendresse qu'il possède, voilà que j'exprime en plus une exigence purement physique, moi qui voudrais que cette même passion se propage de son esprit à son corps et que ce corps soit à moi. C'est là que commence ma fiction et par là même aussi mon chemin de souffrance. Le corps n'a plus d'importance pour lui, il le surmonte de plus en plus et moi, je voudrais qu'il continue à le trouver important. Pourquoi au juste ? Parce que je crains que la vie ne me donne pas entière satisfaction? N'avons-nous pas déjà souvent parlé du lien qui existe entre sexualité et conscience de soi ? Ou bien est-ce que je n'ose pas renoncer à l'importance que l'on attache traditionnellement au rôle du corps dans l'amour? Les points où je suis depuis longtemps d'accord avec lui dans nos conversations et aussi dans mes meilleurs moments sont-ils déjà profondément ancrés dans ma conception de la vie ? Suis-je seulement maintenant en train d'arriver au seuil d'un nouveau processus ?

Et le plus grotesque, dans tout cela, c'est que : les rares fois où son corps obéit justement aux lois de ses sens, je ne l'aime plus autant. Je ne veux même pas de sa sensualité, je veux sa tendresse et sa passion. Et celles-ci - ne les ai-je pas, justement, en permanence ? Et il y a aussi les moments, les plus méprisables et honteux, où je souffre parce que je n'ai envie de partager avec personne cette tendresse et cette passion. Or je dois les partager avec toute la création. Pourtant, ma propre conception de la vie va bien dans ce sens ? Mais on ne peut pas rester toujours au niveau de ses moments de grandeur d'âme. Il faut bien cependant que s'ouvre une période où les pires petitesses ne trouvent plus de place dans votre vie.

Je ne crois pas que ce soit aussi compliqué entre lui et moi, je pense seulement que je gâche parfois les choses en introduisant dans notre belle et productive relation de grands blocs de conceptions sclérosées. Et peut-être est-ce un reste de romantisme à l'eau de rosé qui se manifeste par là-dessus avec le plus d'obstination : Tout ou rien. –

Ainsi, il y a toujours de nouveaux terrains à défricher en soi. Il faut qu'il me laisse encore quelques jours de répit, je finirai par m'en sortir. Je devrai une fois de plus me montrer sévère envers moi-même et contrôler l'emballement de mes fantasmes et mes désirs, pour en vérifier la valeur et la sincérité. Il est maintenant 11 h 10. Je vais aller dans ma petite chambre pour m'y agenouiller dans le coin devant sa bibliothèque - il y a très longtemps que je ne l'ai pas fait. Je devrai une fois de plus me montrer sévère envers moi-même et me maîtriser. Mais la seule sévérité ne suffit pas. Il faut d'abord patiemment rechercher où toutes ces agitations, ces contrariétés et tous ces gaspillages inutiles d'énergie prennent leur source. Mais il ne faut pas non plus se contenter d'en trouver la source, une nouvelle compréhension doit savoir se frayer un chemin dans la vie quotidienne, descendre des hauteurs de cet instant de lucidité pour prouver sa viabilité dans la vie de tous les jours. Et maintenant, tu n'as pas le droit de te disperser tous azimuts, comme ces derniers jours, tu dois à présent vraiment prendre les choses au sérieux, qu'il s'agisse de toi-même, de ta vie ou de tes bonnes résolutions.

p. 584-586

Le 19 juin [1942]. Vendredi matin, 9 heures et demie.

« Chez un homme, c'est une sorte de mécanisme, a-t-il dit dernièrement, chez une femme c'est un processus. » Voilà pourquoi la femme doit être la partie qui dirige et qui éduque dans une relation amoureuse. Et dans des instants comme hier soir, ma bouche est prête à l'abandon, mais mon corps est loin de l'être, c'est véritablement un processus. Chez un homme, c'est différent, cela ne parcourt pas tout son être, le moment sexuel, cela le libère un instant, et aussitôt après il a oublié, tout se passe plus vite. Il prend plus vite, parfois son corps a déjà pris, obéissant à ses propres lois mécaniques, avant qu'il en soit lui-même conscient. Tandis que chez nous, les femmes - généralisons pour une fois -, le moment d'abandon se situe à la fin d'un long processus, où toute la vie intérieure joue un rôle au moins aussi grand que le corps seul. Nous ne devons donc pas trop surestimer le fait qu'un homme prenne une femme. Chez nous, il s'agit de l'acte qui peut-être couronne et parachève une relation, chez un homme il s'agit d'un moment qui n'est pas aussi organiquement imbriqué dans le tout. Et nous devons nous garder de trop mesurer son amour pour nous au degré de désir physique qu'il a de nous. Ce désir suit parfois ses propres lois mécaniques. Et son amour, nous devons plutôt le chercher ailleurs.

Pour notre amour-propre féminin, le désir exprimé ou non par le corps de l'homme ou la fréquence de ce désir ne doit pas être un critère.

Son corps va presque automatiquement réagir à chaque corps de femme qui s'allonge à côté du sien, chez lui les choses se passent autrement. Et ce phénomène est, à mon avis, une source de malentendus entre un homme et une femme. Le fait qu'une femme accorde trop d'importance à un moment qui, pour l'homme, est loin d'en avoir autant ou qui, du moins, ne permet pas de connaître un aspect de sa vie affective. Je sais que je m'exprime encore de façon confuse, mais pour moi cela commence à devenir très clair, si clair que je vais peut-être à nouveau me débarrasser de beaucoup de superflu et que la voie va se libérer, toujours plus, pour un travail et une vie vraiment productifs. J'espère à présent qu'un jour, je me serai expliquée « définitivement » avec ces choses, pour ne pas avoir à toujours les traîner comme un boulet avec moi. –

p. 600

Le 27 juin [1942], samedi matin, 8 heures et demie.

Ah oui - et pour revenir à ces moments de jalousie : « Ce sont des atavismes, qui de temps à autre montent en vous et qu'il faut éradiquer. Nous, les êtres humains, nous devons supporter le poids d'une puissante tradition, d'un ensemble figé de conceptions, sur les conditions à réunir pour qu'un bonheur parfait existe entre un homme et une femme. Et chaque individu doit à son tour briser cette tradition et ces idées stéréotypées à travers sa propre relation, qui devrait se développer selon des lois uniques, faites pour lui. Chaque relation humaine obéissant aux lois des possibilités propres de chacun. C'est ainsi que cela devrait se passer. Et les instincts de possession, les idées stéréotypées sur la "fidélité", que l'on devrait commencer par tester pour en vérifier la légitimité - autant d'atavismes qu’il faut éradiquer en soi. Et il faut briser les siècles anciens présents en soi pour pouvoir entamer un siècle rénové. »

p. 630

Illustrations de Egon Schiele

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Article - Etty Hillesum – La rencontre femme-homme -2/3-

Publié le par Perceval

Voir sa biographie dans l'article précédent

Extraits du Journal

Le 25 avril 1942. Samedi après-midi.

Hier soir. Je le tenais à une longueur de bras de moi - il était tard, et après une soirée de travail, nous nous étions retrouvés allongés par terre côte à côte - et je regardais sa chère et bonne tête, où la bouche était si agressive - et j'ai probablement dit à peu près ceci : « On ne peut pas, non, on ne peut pas exprimer charnellement ce que l'on éprouve pour l'autre. Et c'est pourquoi, à vrai dire, je suis toujours triste chaque fois que nous avons eu un contact charnel. Un tout petit geste peut parfois en dire plus long que les nuits d'amour les plus folles et les plus passionnées. » Et je me suis jetée presque avec désespoir contre lui. Pourtant ce n'est plus aussi grave qu'avant. J'aime bien sentir ses étreintes et pourtant la crainte revient toujours d'atteindre tout à coup une frontière au-delà de laquelle il n'y a plus de possibilités. Je lui ai dit aussi qu'il m'arrivait de me sentir liée à lui de façon plus intime et plus forte au cours d'une conversation téléphonique que dans l'étreinte physique la plus intense. Encore une forme de raffinement exagéré ? Pourtant il y a là les sources éternelles de souffrances humaines. Je ne l'éprouve plus aussi fortement dans ma chair qu'auparavant, mais je suis encore entourée comme d'un écho lointain [de cette souffrance]. Et maintenant, ceci. Comment donc expliquer que, chaque fois que j'ai eu le soir un contact physique avec Spier, je passe la nuit suivante avec Han ? Culpabilité ? Avant, peut-être, mais plus maintenant.

Spier a-t-il libéré en moi des choses qui n'ont pas encore retrouvé le calme et qui poursuivent leur vie auprès de Han ? J'ai peine à le croire. Ou est-ce de la perversité ? Une forme de facilité ? Passer des bras de l'un à ceux de l'autre ? Quelle vie suis-je donc en train de mener ? Hier soir, en rentrant à vélo de chez Spier, j'ai déposé toute ma tendresse, toute la tendresse qu'on ne parvient pas à exprimer à un être humain, si fort que soit l'amour qu'on lui porte, dans la grande et vaste nuit printanière qui m'enveloppait de toutes parts. Je me suis arrêtée sur le petit pont et j'ai regardé loin à la surface de l'eau, je me suis fondue dans le paysage et j'ai déposé toute ma tendresse dans cette nuit, je l'ai donnée au ciel tout constellé, à l'eau et au petit pont. Et ce fut mon meilleur moment de la journée. Et j'ai senti que c'était la seule façon de réaliser ce sentiment multiple, lourd et tendre, que l'on porte en soi pour un autre: le déposer dans la nature, le laisser s'écouler sous le ciel d'une nuit de printemps et savoir qu'il n'est pas pour lui d'autre issue. Et c'est ainsi que ma journée aurait dû se terminer, j'aurais dû aller me coucher dans mon étroit petit lit d'adolescente devant la surface brillante de la fenêtre sans rideaux, j'aurais retrouvé les arbres. –

Mais en rentrant à la maison, je trouve Han, seul et un peu esseulé dans sa chambre, en train de se déshabiller, et soudain j'ai dit, sans grande conviction : «Tu veux que je reste dormir avec toi ? » Et Han aussitôt, avec un grand empressement : « Oui, fais-le, je t'en prie... » 

Un être humain est une chose étonnante. On ne le connaît jamais complètement. Soudain, cette nuit, je suis tombée sur une tranche de vie nue chez Han, qui d'une manière ou d'une autre m'a très fortement marquée. À propos de ses petites tentatives érotiques en direction d'une Léonie alarmée, nous avons eu toute une conversation - en pleine nuit, sous la couette bleu vif - pour nous demander si la fidélité entre un homme et une femme n'était pas un bien digne d'être poursuivi, si contraire qu'il soit au « tempérament de chasseur » inné chez l'homme. Tout cela, chez Han, est tellement inconscient. 

L'homme est tout simplement un chasseur, il ne faut pas aller contre la nature, et au fond, ce n'est pas si important. 

Avec un homme, on doit toujours recommencer à faire de très près sa connaissance, et l'on est toujours forcée de constater avec étonnement combien, chez lui, les points forts de la vie sont éloignés de ce qu'ils sont pour nous autres femmes, et nous, les femmes, nous gâchons peut-être beaucoup de bonnes relations en cherchant de l'essentiel dans ce qui, parfois, compte à peine pour l'homme. - Je lui ai dit aussi combien j'admirais S. pour son combat héroïque contre ce que, dans ces conditions, on pourrait appeler sa « nature ». Et Han, en substance : « Oui, mais ce serait sa ruine et il ne pourrait plus exercer sa profession s'il ne le faisait pas. » Enfin, c'est sans importance ici. À un moment donné, nous en sommes venus à parler d'une chose aussi puérile que la femme « idéale ». « Oui, dit Han, on pourrait peut-être arriver à une fidélité parfaite, si on avait trouvé la femme idéale. »

« Et où as-tu trouvé des femmes qui s'approchaient le plus de ce type "idéal"? » lui demandai-je. Et alors il a dit - et cela m'a saisie jusqu'aux moelles, à la fois par la tournure inattendue de la conversation et par cette sensation de ne connaître au fond jamais vraiment quelqu'un: « Peut-être surtout chez les servantes. Parce qu'elles sont tellement naturelles. 

On ne peut pas converser ni vivre avec elles, et c'est dommage, mais c'est chez elles que j'ai le mieux trouvé ce "naturel". » Han, avec ses tendres yeux gris-bleu, qui peuvent lancer un regard très conquérant dans un visage fin et sensible, un visage qui prend peu à peu, et de plus en plus, l'aspect fragile d'un vieil homme, mais tout en conservant quelque part une allure conquérante et juvénile. Quelque chose en lui qui refuse de vieillir. Tout à coup, j'ai bien peur qu'il n'ait une vieillesse solitaire. Et je me demande si je n'ai pas là une tâche à accomplir, en trouvant avec lui une philosophie de la vie dans l'éventualité de cette vieillesse solitaire. Mais il faut que je me reprenne moi-même sans arrêt, que je me garde de voir les autres plus compliqués et plus tragiques qu'ils ne sont, entraînée par ma propre complexité.

Han trouve la vie simple et bonne et les incertitudes matérielles de l'avenir l'inquiètent plus que les incertitudes intérieures. Mais parfois, tout à coup, je le trouve si fragile, si friable, je m'inquiète et je ressens pour lui quelque part une pitié profonde et protectrice. Le sentiment de culpabilité a disparu. Le sentiment que j'éprouve pour lui a sa nature propre, il est bien délimité, il n'est pas mêlé de culpabilité, d'irritation ou de quoi que ce soit. Je l'ai absorbé dans ma vie, il en est devenu une composante qu'on ne pourra plus en extraire sans faire chanceler tout l'édifice.

p. 484-486

Illustrations de Dennis Ziliotto.

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Etty Hillesum – La rencontre femme-homme -1/3-

Publié le par Perceval

Etty Hillesum est née le 15 janvier 1914 à Middelburg, en Zélande province des Pays-Bas. Elle est morte à Auschwitz, le 30 novembre 1943. Elle avait 29 ans.

Etty est reconnue pour sa spiritualité. Egalement, Etty a analysé sa sensualité.

Etty est l’aînée d’une famille de trois enfants et elle a grandi, comme ses deux frères cadets, dans une ambiance étrangère à toute référence religieuse. Etty provient d’une famille juive qui semble tout à fait adaptée à la modernité européenne de la première moitié du XXe siècle.

Dès la fin de son adolescence, puis à l’Université d’Amsterdam, où elle fait des études de droit, ainsi que l’étude de la langue et de la littérature russe, Etty fréquente un milieu d’intellectuels de gauche, où les mœurs et les valeurs sont plutôt libérales... Elle se questionne toutefois sur son existence ''tumultueuse'', face à des périodes de dépressions et de malaises physiques récurrents.

Etty vit chez un homme Han Wegerif à Amsterdam, elle y est engagée pour s'occuper de l'intendance de la maisonnée où vivent le propriétaire, son fils, une servante allemande, qu'elle aime comme sa mère et une jeune étudiante. Etty est la maîtresse de Han Wegerif, mais mène une vie sentimentale mouvementée. Elle explore en funambule ces espaces venteux, accidentés de la rencontre amoureuse.

Un des pensionnaires de la maison, Bernard Meylink, lui conseille alors d’aller consulter un psychologue-chirologue, Julius Spier. Il a 27 ans de plus qu’Etty. Juif allemand, il a, comme beaucoup d’autres, émigré aux Pays-Bas en 1939, et sa réputation de thérapeute commence à se répandre à Amsterdam. Cette rencontre est décisive. Sous sa conduite elle décide de commencer à rédiger un journal.

Spier a suivi pendant deux ans à Zurich l'enseignement de C. G. Jung et fait une analyse avec lui. Il a un charisme profond. Julius Spier fait une très forte impression sur Etty, elle devient très vite très proche de Spier - elle sera sa secrétaire, rédactrice de ses rapports d'analyse, sa maîtresse et son amie. La relation de ces deux êtres d'exception ne peut se passer sans heurt et sans une certaine souffrance.

« Avec ce coeur de soufre et cette chair d'étoupe, avec ces os qui sont pareils à du bois sec, avec une âme qui dédaigne freins et rênes, avec un désir prompt à trop d'ardeur, avec une raison aveugle, débile et boiteuse et les gluaux, les pièges dont le monde est plein, ce n'est pas grand merveille si, en un éclair, je flambe au premier feu qu'on rencontre en chemin. »

« Ce que je trouvais beau, je le désirais de façon beaucoup trop physique, je voulais l'avoir. Aussi, j'avais toujours cette sensation pénible de désir inextinguible. »

« Sa vie sexuelle, libre et désordonnée, a longtemps masqué son besoin de tout prendre et de tout donner, son besoin de vivre incarnée. Femme à l'insatiable curiosité érotique, elle a besoin de goûter, de se « gaver » de l'autre, de tous les autres. Elle communique par son corps. Pourtant, sans le savoir, sa « fichue » sensualité dissimule les prémisses de son désir d'absolu : elle constate en elle « un lent mais constant déplacement du physique au spirituel [...]. Je sais que les possibilités du corporel atteignent bientôt leurs limites. »

Apprivoisant progressivement le tempérament impétueux - tant physiquement qu'intellectuellement - d'Etty, Julius Spier l'éduquera à un « amour plus large que celui qui se concentre sur une seule personne » et la guidera, jusqu'à son dernier souffle, dans le chemin pour se trouver et aller vers l'autre. Julius, fiancé à une femme à Londres, pose et impose sa fidélité à la volcanique Etty qui accepte le “défi”. L'homme lui échappe à moitié, mais le désir qui la déchire pendant des mois sera fécond : c'est de l'amour qui flambe entre eux qu'est né sa force spirituelle d'Etty. Derrière son amour pour lui, elle découvre, un amour impersonnel, démultiplié, pour tous les autres et pour Dieu. L'avancée inéluctable de la menace qui pèse sur les juifs d'Europe et la frustration de cet amour sans retour charnel expliquent sa vertigineuse conversion du cœur. » Extraits d'un article de Anne Ducrocq : Etty , une vie bouleversante

 

Illustrations de Liu Ye, et de Chagall

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