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Les « petites gens » de Paris au XIXème siècle -2-

Publié le par Perceval

Les immeubles au XIXe siècle étaient recouverts de peinture au plomb. C’est ce qui donne à Paris un aspect d’une blancheur immaculée, en arrière plan de cette peinture. Lorsqu’on découvrira l’aspect nocif du plomb, les façades seront modifiées mais le peuple se plaindra d’avoir perdu le blanc des immeubles.

La musique est également très appréciée. Les joueurs d’orgues servaient également de contacts à la police.

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cocher_de_fiacre.jpg decrotteur

Les conditions de précarité sont telles que certaines personnes peuvent basculer dans la pauvreté en cas de maladie, d’accident ou de chômage. On fait alors appel au Mont-de-piété en engageant ses effets contre un peu d’argent. La population qui se rend au Mont-de-piété est très variée : ouvriers, grisettes, dandys désargentés…

Le plus souvent, on engageait son matelas pour une raison très simple : ceux-ci étaient systématiquement nettoyés et débarrassés des puces et autres vermines qui l’infestaient. Il suffisait de le récupérer quelques jours plus tard.

les-chifonniers-de-paris.jpgLa figure du chiffonnier illustre bien cette précarité. Ceux-ci travaillent la nuit et inquiètent la police au point de devoir se faire référencer.

Au XIXe siècle, des piles de détritus dans les rues attendaient le passage des tombereaux au petit matin. Les chiffonniers récupéraient les chiffons mais également les os de boucherie. Les sucreries sont alors en pleine expansion et le sucre est extrait du raisin et de la betterave. Coloré à l’origine, on blanchit ce sucre en le filtrant avec de l’os calciné… ou du sang de cheval.
Les chiffonniers récupéraient également la suie et les boîtes en métal pour la fabrication des jouets. En 1883, M. Poubelle mettra leur activité en danger. On autorisera alors les chiffonniers à fouiller les piles dans les rues une heure seulement.

Les abandons d’enfants sont légion car les mères n’ont pas les moyens de les garder. Ils sont déposés à l’assistance publique.
Devant les couvents, on trouve une petite porte qu’on ouvre avant de déposer les nouveau-nés dans un tour d’abandon, on sonne une cloche pour prévenir de son « dépôt » avant de s’enfuir dans la nuit. Les orphelins sont pris en charge par l’Eglise puis mis dehors dès qu’ils sont en âge de se débrouiller seuls. Livrés à eux-mêmes, ces enfants sombrent très rapidement dans la délinquance.
Parallèlement, la philanthropie se développe ce qui n’est pas sans nous rappeler certains passages de Germinal (Cécile étranglée par le père Maheu alors qu’elle vient faire la charité avec ses parents) ou des Misérables (la visite de Jean Valjean et Cosette aux Thénardiers).

Hippolyte-Bellange--Les-Extremes-se-touchent--1823-.jpgAux yeux des classes supérieures, le peuple représente le danger.... La peur du crime va augmenter au cours du XIXe siècle. Peur qui s’accompagne d’une certaine fascination jusqu’à l’âge d’or du fait divers à la Belle Epoque.

C’est dans ce contexte que nous retrouvons le nom de Baptiste-Joseph Billoir dans l’affaire du crime de Saint-Ouen. Cet homme avait en effet assassiné sa compagne, une bretonne nommée Jeanne-Marie Le Manach, avant de la dépecer et de balancer les restes dans la Seine. Cette affaire, comme celle de l’incendie du Bazar de la Charité attirera de nombreuses personnes à la morgue qui viendront « en visite ».

Les barricades ont jalonnées le siècle : l’issue des trois Glorieuses de 1830, de février et juin 1848 et de la Commune en 1871 qui furent réprimées dans le sang.

Un bourgeois qui demande du feu à un chiffonnier sous les yeux amusées d’un témoin. Deux mondes qui se croisent, aux antipodes l’un de l’autre, sans vraiment se rencontrer. Ou la parfaite illustration de la lutte des classes.

( Sources: articles sur l'expo. du Carnavalet )

 

LE PEUPLE DE PARIS AU XIXe SIÈCLE: Des guinguettes aux barricades - MUSÉE CARNAVALET
5 octobre 2011 - 26 février 2012



Commenter cet article

Anis 12/10/2013 09:28

Article passionnant. C'est vraiment un siècle où sont nées les premières révoltes qui continueront avec encore plus de vivacité au 20e siècle. Vraiment le passage d'un monde à un autre.

Perceval 12/10/2013 15:14



Bonjour Anis... Oui, c'était vraiment à une autre époque! et pourtant qui n'a fini qu'il n'y a que cent ans ...! Ensuite ce sera ce XXe siècle ( européen ) idéologique et meurtrier... Et
aujourd'hui, nous avons du mal à déceler les passages ( Internet, c'est sûr ...) Cela va si vite ...!