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La mode: La restauration

Publié le par Perceval

A la chute du Premier Empire en 1814 succède la Restauration, qui couvre les règnes de Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) mais connaît une interruption entre le 20 mars et le 22 juin 1815, les « Cent Jours » pendant lesquels Napoléon reprend temporairement le pouvoir. En 1830, après les émeutes de « Trois Glorieuses », naît la Monarchie de Juillet, qui se prolonge jusqu’en 1848.  

La période est marquée par le romantisme. Les femmes tiennent des salons littéraires et rêvent de voyages en Orient ou de bals costumés.  

 

Histoire de la mode : La Restauration. page de l'Illustration, 10.03.1849.
Créateur : Henri Valentin

Ces gravures de 1849 montrent des exemples de mode feminine et de mode masculine sous la Restauration (1815-1830). A cette époque, les robes à taille haute qui caractérisent le style Empire ont disparu, et les robes des femmes sont devenues plus complexes et volumineuses. L'article qui va avec ces estampes déplore l'influence de la mode anglaise et l'utilisation de mots anglais (pour de nombreux termes techniques) dans le domaine de la mode.

Histoire-de-la-mode-DEPUIS-Un-siecle--Restauration.jpg

Pour les femmes, c’est le retour en force du corset conique, la ligne de taille, qui était sous la poitrine dans la mode empire, redescend à sa place normale en quelques années. Les jupes s’élargissent et deviennent plus raides, les femmes n’hésitent pas d’ailleurs à les lester. On voit apparaître le décolleté « bateau » qui laisse voir les épaules. Les chapeaux s’agrandissent.  

Les hommes restent dans des tons sobres et neutres, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils négligent leur toilette, le romantisme vaut aussi pour ces messieurs. Il est donc de bon ton d’être toujours bien habillé, sans faux-plis aucun (le fameux dandy).  

Par le biais de la mode, nous pouvons parler de la vie conjugale, et sexuelle des bourgeois(es) de cette époque. Vie  très codifiée et très répressive.  Le mariage est une transaction d'affaires ; à l'opposé le romantisme idéalise la Femme...

Le culte de la pudeur et de la pureté rendent les filles bourgeoises inaccessibles, et favorisent ainsi le développement de la prostitution.

Les épouses, destinées à la maternité, ne donnent pas de plaisir – et n’en éprouvent pas non plus –, le coït conjugal est associé à la notion de devoir.

Ainsi, si le modèle reste conjugal, on rêve d'y adjoindre l’érotisme. Cela explique que les ''filles entretenues'' sont de plus en plus nombreuses. La '' courtisane '' est une des grandes figures du XIXe siècle...

 

Il est amusant dans ce contexte de relever ces deux gravures licencieuces de cette époque qui évoquent un ''jeu à deux'', assez plaisant...

*****

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

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Le Moulin Merveilleux

Publié le par Perceval

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

'' Le moulin merveilleux '' propose une solution au difficile équilibre de la vie entre gens de sexes opposés ; il est une illustration métaphorique où les femmes passées au moulin rajeunissent et sont débarrassées de tous leurs vices :

 

« Le Meunier :

Approchez-vous, jeunes et vieux,

Dont les femmes laides, jolies,

Au caractère vicieux,

Ont besoin d’être repolies. 

 

Femme qui, du soir au matin,

Se bat, boit, et prise et caquette,

Amenez-la dans mon moulin,

Et je vous la rendrai parfaite .•• » 

 

 

Un moulin itinérant se déplace de village en village. Le meunier dresse sa machine sur la place, et avec son aide, hèle la population masculine. Chaque habitant est invité à conduire au moulin sa vieille femme tordue et acariâtre : pour quelques écus elle sera passée au moulin et le meunier vous la rendra parfaite et rajeunie. Ce thème est aussi développé en Hollande. Bientôt la plupart des pays d’Europe ont leur iconographie. La France n'y échappe pas avec au moins une image d’Épinal : '' le Moulin Merveilleux'' .

 

Le meunier, a succédé au forgeron dans sa dimension mythologique... Après le Moyen-âge, le fer n'est plus rare, alors le successeur de Vulcain se met à forger les outils de l'agriculture... Son aura se dissipe...

Le meunier travaille dans la paix, et pour la vie... Une culture de paix se substitue à une culture de guerre...

Quant au contexte sexiste de cette histoire, je vous laisse juger... Aujourd'hui, nous pouvons nous en amuser ...

*****

Une autre image d'Epinal, qui nous renvoie au dix-septième siècle...

Monsieur et Madame Denis, s'aiment toujours, et se souviennent ...

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Mais, cela ne se passe pas toujours aussi bien ....

Ici, c'est la querelle est appelée: '' Dispute pour la culotte '' ...

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

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'Beauté Révélée' – auto-portrait de Sarah Goodridge

Publié le par Perceval

Sarah Goodridge (1788-1853) a fait carrière à Boston où elle a gagné sa vie à peindre des portraits miniatures... Les portraits miniatures étaient alors en vogue et donnés en marque d'affection ou d'amour... 

Souvent même, il ne s'agissait que des yeux, ou de la bouche ; ainsi ces portraits ne révélaient pas l'identité des personnes ...

Son succès de peintre lui a permis d'être en mesure de s'acheter une maison sur Beacon Hill et de soutenir sa mère invalide et sa nièce orpheline.

Daniel Webster (1782-1852) était un avocat et homme politique, venu poser pour son portrait... Une amitié et un peu plus, a grandi entre Daniel et Sarah. Mais Daniel est marié et père de trois enfants...

Webster a envoyé à Sarah plus de quarante lettres entre 1827 et 1851, et ses 'salutations' sont devenus de plus en plus familières... Comme cela est souvent le cas, elle conserva ses lettres, tandis que lui, plus soucieux de sa réputation, les détruisit...

Elle, de son côté, l'a peint plus d'une douzaine de fois et peint ses enfants et petits-enfants. Elle lui a prêté de l'argent qu'il n'a jamais remboursé. Elle lui a rendu visite seule à Washington, au moins deux fois, une fois en 1828 après la mort de sa première femme - ce fut aussi l'année où elle a peint Beauté Revealed - et de nouveau en 1841-1842, lorsque Webster a été séparé de sa seconde épouse.

Sarah Goodridge a achevé ''Beauté Révélée ''en 1828...

Elle a envoyé cet auto-portrait à Webster quand il est devenu veuf, et, par son format miniature, il était destiné à ses seuls yeux...

'Beauty Revealed' est le nom d'un oeuvre très originale, et qui est un ''auto-portrait'' de Sarah Goodridge (1788-1853). Il s'agit d'une miniature (6,7 par 8 cm) peinte avec de l'aquarelle sur un morceau d'ivoire.

 

La peintre représente ses seins dénudés : des mamelons roses, et un point de beauté . Ils sont représentés avec une gradation de couleur, ce qui donne un effet à trois dimensions. Quand elle a peint cette miniature Sarah Goodridge était âgée alors de quarante ans, ses seins semblent plus jeunes, avec "équilibre, pâleur, et fermeté" rendu par l'harmonie de la lumière, la couleur, et l' équilibre. Les seins sont encadrées par un tourbillon de tissu pâle, qui , reflète la lumière.

 

 

Daniel Webster, n'a pas répondu à cette extraordinaire proposition de don de soi... Alors sénateur américain et perpétuellement en difficultés d'argent, il avait besoin de faire un mariage plus avantageux. En 1829 , il épousa Caroline LeRoy, une riche héritière de New York. Pourtant , même ce mariage n'a pas suffi à détruire son amitié avec Sarah, et ​​elle a continué à exécuter ses commandes, elle a revu Daniel à Washington. Sarah ne s'est jamais mariée. Lorsque sa vue défaillante l'a forcée à abandonner sa peinture, elle s'est retirée dans une ferme du Massachusetts, où elle est morte en 1853 après un AVC.

Quand Daniel Webster est mort après une chute en 1852, la miniature des seins de Sarah- connus maintenant sous le nom de ''Beauty Revealed''- a été découverte parmi ses effets personnels.

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L'Amour et le XIXe siècle -3/3-

Publié le par Perceval

Les illustrations - des 'curiosa' relégués à l'Enfer - d'Achille Devéria (1800-1857),

Les illustrations - des 'curiosa' relégués à l'Enfer - d'Achille Devéria (1800-1857),

Chez les hommes, on affirme sa sexualité. Et, il est intarissable! Dans les romans, les obscénités sont codées, et la littérature chansonnière est obsédée par l'organe viril. L'imaginaire masculin se nourrit des stéréotypes de l'amour vénal de l'Antiquité. Le vieux fond libertin travaille les hommes du XIXe: ils ont lu Sade. Une fois mariés, ils ont la nostalgie de leurs aventures avec les cousettes. Les maisons closes de quartier sont là pour soulager les maris frustrés, qui rentrent ensuite sagement à la maison. C'est la sexualité utilitaire.

Vers 1860, L'époque est à l'enrichissement, à l'urbanisation. Les bourgeois souffrent de cette morale qui les enferme. Le code romantique commence à se dégrader. On n'y croit plus. Il suffit de lire la correspondance de Flaubert. Finis l'angélisme et les femmes diaphanes! Le sentiment amoureux se dévalorise. 

Madame Bovary, c'est une dérision de l'adultère, une remise en question de l'imaginaire romantique. La femme n'est plus un ange. Elle fait peur. Après la Commune, on craint que l'animalité du peuple ne prenne le dessus. C'est le vice que décrit Zola dans Nana. Pensez aux Rougon-Macquart, mais aussi à l'oeuvre des frères Goncourt, ouvrages dans lesquels la femme est un être désaxé dont le portrait traduit l'anxiété biologique. On a peur aussi des grands fléaux vénériens. L'amour comporte des risques. Il devient tragique.

Le divorce, adopté en 1792 par les révolutionnaires puis supprimé en 1816, est rétabli en 1884. Les femmes le réclament par milliers. Mais l'adultère est le grand thème du moment.

L'adultère du mari ne peut guère être poursuivi; celui de l'épouse est toujours un délit, punissable en théorie jusqu'à deux ans de prison. Mais est-il aussi répandu? Sa mise en scène dans les romans et le théâtre n'est-elle pas encore une forme d'exorcisme? En même temps, les femmes ont une mobilité plus grande. La concentration urbaine, l'éclairage au gaz modifient les comportements; la vie nocturne s'intensifie, dans les bals, les spectacles, l'opérette. Se développe alors une pratique inédite entre jeunes gens: le flirt, qui emprunte à l'ancien code romantique et concilie la virginité, la pudeur et le désir...

A la fin du XIXe siècle se dessine un nouveau type de couple, plus uni: une femme plus avertie, un homme plus soucieux de sa partenaire. La contraception se développe (avec le coït interrompu, notamment). L'égoïsme masculin perd de sa superbe. Une sexualité plus sensuelle se dessine à la place de l'ancienne sexualité génitale et rapide vouée à la procréation. Entre époux, on s'appelle «chéri(e)». Certains romans pour jeunes femmes n'hésitent plus à esquisser un érotisme voilé.

Le roman de mœurs met en scène des bourgeois et des nobles débauchés, tandis que leurs femmes, livrées à elles-mêmes, seules et mal aimées succombent à leur tour à la tentation. Il n’est alors question que de femmes adultères, de jeunes filles à l’honneur perdu ou de mères coupables.

Hommes et femmes s’affrontent dans un univers où la femme est la proie et l’homme le chasseur. Le schéma en reste à la femme chrétienne, modèle de courage et de soumission, délaissée ou trahie par un homme soumis aux appétits de la chair et jouet de femmes perverses aux mœurs douteuses.

 

 Le roman populaire à sensation fait la part belle aux femmes qui font « naître le mystère, l’épaississent puis contribuent à le dévoiler". Elles sont souvent courageuses et ont du caractère . Elles ne sont pas dénuées d’une certaine perversité parfois pour parvenir à leurs fins.

Le XIXème est somme toute une période fascinante parce qu'il conduit le passage entre l’ancien monde et la modernité. Joséphine de Beauharnais et Germaine de Staël sont des femmes de l’Ancien Régime jetées dans la Révolution puis le monde neuf qui en est né. Charlotte Brontë est représentative du milieu du siècle, héritier du romantisme. Ce romantisme est alors vécu intellectuellement par les femmes, à travers la littérature et la représentation qu’elles ont d’elles-mêmes; la créature vierge et précieuse que l’homme doit conquérir tel un preux chevalier.

Dans leur vie réelle, après la trop brève parenthèse de liberté que furent les Lumières et le début de la Révolution, les femmes voient la chape de plomb du puritanisme religieux et social leur retomber sur les épaules dès le milieu du siècle...

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin ; 

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L'Amour et le XIXe siècle -2/3-

Publié le par Perceval

1860 - Soirée dans les salons de Paris
1860 - Soirée dans les salons de Paris

1860 - Soirée dans les salons de Paris

La multiplication des préceptes médicaux viennent normer le discours sur la sexualité conjugale.

Le cours d’"hygiène sexuelle" du docteur Montalban prévient que le sperme doit être économisé comme un précieux liquide de vie, "la perte de 30 grammes de cette substance équivalant à celle de 1.200 grammes de sang". A trop vouloir foutre, l’homme se dévitalise, tandis que la femme, elle, risque de "s’énerver" ou d’être "prise d’hémorragie effrayante". Les médecins hygiénistes du XIXe siècle la diagnostiquent volontiers comme une insatiable jouisseuse en puissance.

A l’époux donc de ne pas susciter ce désir féminin trop voluptueux. Les médecins recommandent deux ou trois coïts par semaine au jeune époux. Un toutes les trois semaines suffira au quinquagénaire. Ceinture aux messieurs trop âgés. Quelques minutes de coït rapide et vigoureux doivent suffire à procréer, en position 'recommandée' du missionnaire. Pour le docteur Montalban, c’est également la position qui procurera le plus de jouissance, "les points de contact multipliés procurant les sensations les plus agréables" et si la femme s’excite trop, il sera bon de la coucher sur le côté. Tout semble se liguer contre l’orgasme féminin. Les "postures illégitimes" sont bien sûr à proscrire. Tout comme l’onanisme - le péché ultime étant "l’onanisme conjugal" (ou la masturbation réciproque) qui peut conduire à la damnation des fidèles, dans un siècle empreint de morale chrétienne.

On ne doit batifoler que dans la chambre à coucher. Les miroirs doivent en être bannis, et on doit procréer dans l’obscurité. Le plus souvent, les partenaires gardent la chemise.

Si les paysannes batifolent parfois en plein jour dans la paille, à la maison, "Madame" se doit de souffler la bougie ou la lampe à pétrole avant de rejoindre Monsieur au lit. L’apparition de l’électricité et sa popularisation à la fin du XIXe siècle ne seront pas étrangères à une certaine érotisation des habitudes nocturnes entre époux.

Si le couple conjugal, socle du corps social bourgeois que promeut le siècle, semble réglementé par la pudeur, le plaisir lui, doit s’en exclure. Et se trouver ailleurs. Au bordel, sur les boulevards, ou chez la voisine.

Les médecins dénoncent les conduites déviantes, la femme hystérique, l'homosexualité, la sexualité juvénile, toutes ces aberrations de l' «instinct génésique». La masturbation suscite leur effroi. Elle conduit, disent-ils, à un lent dépérissement. Le plaisir solitaire de la femme, c'est du vice à l'état pur. Jusqu'alors, on pensait que le plaisir féminin était lié aux nécessités de la reproduction. Soudain, en découvrant les mécanismes de l'ovulation, on réalise que ce n'est pas le cas. Il semble donc superflu, inutile, comme le clitoris.

Ce XIXe siècle, ne peut inciter qu'à la transgression...

Cette ''inquiétante étrangeté'' qu'est le sexe, devient manifeste... Le tabou prend la lumière des alcôves...

« Cette transgression des interdits, cette mise en relief des valeurs que l'on ne veut pas voir, est tout le suc du fantastique. C'est aussi la raison pour laquelle le fantastique est souvent une réflexion approfondie - car à vivre dans la chair - sur le Mal. Souffrance, folie, échec, transgression : ceci est un beau contre-courant à l'optimisme des Lumières, et c'est la raison pour laquelle le fantastique était tellement présent dans le XIXe littéraire français. »

Nombreux sont les écrivains qui aiment cultiver les expressions de la peur et de l’inconnu pour répliquer aux « certitudes » rationnelles et scientifiques de leur époque et renouer avec l’irrésistible plaisir associé à la transgression des lois de la Raison. Le goût de l’étrange et du surnaturel, inséparable de l’évocation d’un « ailleurs »

C’est aussi au XIXe siècle qu’apparaissent la psychiatrie et la psychanalyse, deux disciplines ayant pour objet l’étude et le traitement de la maladie mentale. Avant la naissance de leur clinique, on aimait se représenter l’homme comme un être cohérent, rationnel et maître de sa personne ; après elle, on sait celui-ci divisé, fuyant et habité par des forces inconnues. Le fantastique, véritable miroir de son époque, traduira bien les angoisses associées à cette nouvelle image de l’être humain. Il soulèvera, entre autres, la question qui nous concerne tous : « La normalité existe-t-elle réellement ? »

Sources :En particulier : - Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; - Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin ;

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L'Amour et le XIXe siècle -1/3-

Publié le par Perceval

Après la révolution, le XIXe s. s'ouvre avec un souffle romantique : « Hâtons-nous, jouissons!» déclame Lamartine ; et se termine sous la loi des médecins 'hygiénistes' et des prêtres 'confesseurs'.. !

Après le libertinage, le XIXe marque le retour du sentiment amoureux. Toute la littérature du siècle - l’âge d’or du roman - en témoigne: Lamartine, Hugo, Musset, Stendhal, les sœurs Brontë…, les grands romans dépeignent des amours romantiques et contrariées. "C’est la cristallisation" comme dit Stendhal, décrivant Julien Sorel succombant à Madame de Rênal dans Le Rouge et le Noir, ou Balzac inventant comment tomber amoureux d’une femme de dos avec Le lys dans la vallée.

Le romantisme domine l’imaginaire amoureux du premier XIXe siècle. Et préfère la sublimation à la consommation sexuelle… Souffrir par amour devient une étape nécessaire de l’éducation sentimentale des amoureux. Il semble même que le ce siècle romanesque commence à faire vaciller les grandes stratégies matrimoniales. C’est-à-dire à faire peu à peu entrer l’amour dans le mariage.

Le XIXe s. répond à l’égalité des sexes défendue par les lumières par la misogynie, ou la transgression...

Pour le 'bourgeois', après 1848, la femme est faite pour la procréation, et l’élevage des enfants.

La femme est le fondement de la famille et le point d’attache qui permet aux hommes de se positionner dans la société.

 

Mais, le XIXe s. est un siècle hypocrite qui réprime le sexe mais en est obsédé. Traque la nudité mais regarde par les trous de serrure. Corsète le couple conjugal mais promeut les maisons de plaisir. A ce moment là, la transgression bouscule le jeu amoureux...

On ne vit pas, et on ne dit pas, la sexualité de la même manière selon que l'on est homme ou femme.

- Côté féminin, l'imaginaire est centré sur la pudeur: une jeune fille de bonne famille ne se regarde pas dans le miroir, ni même dans l'eau de sa baignoire; on prescrit des poudres qui troublent l'eau pour éviter les reflets (en revanche, les miroirs tapissent les murs des bordels). Les femmes connaissent mal leur propre corps, on leur interdit même d'entrer dans les musées d'anatomie. Le corps est caché, corseté, protégé par des noeuds, agrafes, boutons (d'où un érotisme diffus, qui se fixe sur la taille, la poitrine, le cuir des bottines).

- Côté masculin, ce sont des rituels vénaux et une double morale permanente: le même jeune homme qui identifie la jeune fille à la pureté et fait sa cour selon le rituel classique connaît des expériences sexuelles multiples avec des prostituées, des cousettes (les ouvrières à l'aiguille dans les grandes villes) ou une grisette, jeune fille facile et fraîche qu'on abandonnera pour épouser l'héritière de bonne famille. 

 

Comme le raconte Balzac dans Une double famille, il n'est pas rare de conserver, après le mariage, une «fille» entretenue.

La nudité complète entre époux sera proscrite jusque vers 1900 (la nudité, c'est pour le bordel !). 

On fait l'amour dans l'ombre, rapidement, dans la position du missionnaire, comme le recommandent les médecins, sans trop se soucier du plaisir de sa partenaire. 

Les femmes avouent-elles leur plaisir, surmontent-elles le mépris ou le dégoût que peut leur inspirer leur partenaire? Elles n'en parlent jamais dans leurs journaux intimes ou leurs correspondances avant les années 1860.

 

Dans les campagnes, on vit ses amours avec un peu plus de liberté.
La campagne, c'est un autre monde. Comme Jacques Solé l'a montré pour le XVIIIe siècle, on pratique une sexualité d'attente, on se déniaise dans les foins, on ferme parfois les yeux quand un cadet viole les petites bergères.

On se touche, on «fait l'amour», c'est-à-dire on se courtise. La fille abandonne au garçon le «haut du sac» ou elle se laisse «bouchonner». Dans certaines régions, on pratique le «mignotage» ou, en Vendée, le «maraîchinage», forme de masturbation réciproque. Dans les bals, les filles se laissent caresser sans que cela porte à conséquence. Curieusement, le baiser profond reste un tabou. De leur côté, les bourgeois rêvent de ces amours simples et libres. Mais ils en ont peur.

 

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin..

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Lettres d'amour: G. Flaubert – Louise Colet -3/3-

Publié le par Perceval

La santé d’Hippolyte Colet s’est dégradée. Toujours mariée, mais séparée de corps, Louise Colet l'héberge et s'occupe de lui jusqu'à sa mort, dans ses bras, le 21 avril 1851.

Louise se réconcilie avec Flaubert, dont elle redevient l’amante ; alors qu’elle est déjà celle de Musset.

Flaubert quitte Croisset pour s’installer avec Louise à Paris. Elle refuse de comprendre qu’il ait besoin de solitude pour écrire ce roman, Madame Bovary, dont on n’entrevoit jamais la fin.

 

Après un long intervalle de trois ans, la correspondance reprend en 1851, sur un ton plus apaisé.

« Comme je m’amuse à causer avec toi ! Cela me délasse de t’envoyer au hasard toutes mes pensées »

Sur Madame Bovary : « Tu n’as point, je crois, l’idée du genre de ce bouquin. Autant je suis débraillé dans mes autres livres, autant dans celui-ci je tâche d’être boutonné et de suivre une ligne droite géométrique. »

« Beaucoup de choses qui me laissent froid ou quand je les vois ou quand d’autres en parlent, m’enthousiasment, m’irritent, me blessent si j’en parle, et surtout si j’écris. C’est là l’un des effets de ma nature de saltimbanque ».

Madame Bovary rend Flaubert littéralement malade : « Ce livre au point où j’en suis, me torture tellement (et si je trouvais un mot plus fort, je l’emploierais) que j’en suis parfois malade physiquement. »

« Voilà une des rares journées de ma vie que j’ai passée dans l’Illusion, complètement, et d’un bout jusqu’à l’autre. Tantôt, à six heures, au moment où j’écrivais le mot attaque de nerfs, j’étais si emporté, je gueulais si fort, et sentais si profondément ce que ma petite femme éprouvait, que j’ai eu peur moi-même d’en avoir une. »

 

La lettre de rupture (1855), après 10 ans de liaison, est cinglante et glaciale, à l'image de cet amant distant et ingrat selon sa maîtresse...

« Madame,

J'ai appris que vous vous étiez donné la peine de venir, hier, dans la soirée, trois fois, chez moi.
Je n'y étais pas. Et dans la crainte des avanies qu'une telle persistance de votre part, pourrait vous attirer de la mienne, le savoir-vivre m'engage à vous prévenir : que je n'y serai jamais
.

J'ai l'honneur de vous saluer.

G.F »

Louise publie, en 1860, ''Lui, roman contemporain''. Elle s’y dépeint sous son plus beau jour, amoureuse injustement trahie par les hommes. Flaubert y est traîné dans la boue. À l’en croire, seul Musset savait apprécier les bienfaits de sa passion... Elle oublie de rapporter que le poète, à moitié ivre, avait tenté d’abuser d’elle dans une calèche, ou comment, lassé de sa fougue, il avait donné des ordres pour qu’elle ne fût plus jamais autorisée à mettre les pieds chez lui.

Après Gustave Flaubert, elle fut la maîtresse d'Alfred de Vigny, d’Alfred de Musset et d’Abel Villemain.

Après la mort de son mari à Paris, le 21 avril 1851, Louise Colet et sa fille subsistent grâce à ses écrits et à l'aide de Victor Cousin.

 

Autres extraits de lettres de Gustave Flaubert à Louise Colet

Samedi 8 Août 1846.

« A quelque jour j'irai vivre loin d'ici, et l'on n'entendra plus parler de moi. Quant à ce qui d'ordinaire touche les hommes de plus près, et ce qui pour moi est secondaire, en fait d'amour physique, je l'ai toujours séparé de l'autre. Je t'ai vu railler cela l'autre jour à propos de B***, c'était mon histoire. Tu es bien la seule femme que j'ai aimée et que j'ai eue. Jusqu'alors j'allais calmer sur d'autres les désirs donnés par d'autres. Tu m'as fait mentir à mon système, à mon coeur, à ma nature peut-être, qui, incomplète d'elle-même, cherche toujours l'incomplet. »

 

Nuit de samedi au dimanche, minuit. 8-9 AOût 1846

« Non, je t'embrasse, je te baise. Je suis fou. Si tu étais là, je te mordrais ; j'en ai envie, moi que les femmes raillent de ma froideur et auquel on a fait la réputation charitable de n'en pouvoir user, tant j'en usais peu. Oui je me sens maintenant des appétits de bêtes fauves, des instincts d'amour carnassier et déchirant ; je ne sais pas si c'est aimer. C'est peut-être le contraire. Peut-être est-ce le coeur, en moi, qui est impuissant. »

 

Mercredi soir. 12 Août 1846.

« O Louise, je vais te dire un mot dur, et pourtant il part de la plus immense sympathie, de la plus intime pitié. Si jamais vient à t'aimer un pauvre enfant qui te trouve belle, un enfant comme je l'étais, timide, doux, tremblant, qui ait peur de toi et qui te cherche, qui t'évite et qui te poursuive, sois bonne pour lui, ne le repousse pas, donne-lui seulement ta main à baiser, il en mourra d'ivresse. Perds ton mouchoir, il le prendra et il couchera avec ; il se roulera dessus en pleurant. Ce spectacle de tantôt a rouvert le sépulcre où dormait ma jeunesse momifiée ; j'en ai ressenti les exhalaisons fanées, il m'est revenu dans l'âme quelque chose de pareil à ces mélodies oubliées que l'on retrouve au crépuscule, durant ces heures lentes où la mémoire, ainsi qu'un spectre dans les ruines, se promène dans nos souvenirs. Non, vois-tu, jamais les femmes ne sauront tout cela. Elles le diront encore moins, jamais ; elles aiment bien, elles aiment peut-être mieux que nous, plus fort, mais pas si avant. Et puis suffit-il d'être possédé d'un sentiment pour l'exprimer ? Y a-t-il une chanson de table qui ait été écrite par un homme ivre ? Il ne faut pas toujours croire que le sentiment soit tout. Dans les arts, il n'est rien sans la forme. Tout cela est pour dire que les femmes qui ont tant aimé ne connaissent pas l'amour pour en avoir été trop préoccupées ; elles n'ont pas un appétit désintéressé du Beau. Il faut toujours, pour elles, qu'il se rattache à quelque chose, à un but, à une question pratique ; elles écrivent pour se satisfaire le coeur, mais non par l'attraction de l'

Art, principe complet de lui-même et qui n'a pas plus besoin d'appui qu'une étoile. Je sais très bien que ce ne sont pas là tes idées ; mais ce sont les miennes. »

 

Lettre du 27 mars 1853

« La femme est un produit de l'homme. Dieu a créé la femelle, et l'homme a fait la femme ; elle est le résultat de la civilisation, une œuvre factice. Dans les pays où toute culture intellectuelle est nulle, elle n'existe pas (car c'est une œuvre d'art, au sens humanitaire ; est-ce pour cela que toutes les grandes idées générales se sont symbolisées au féminin ?) Quelles femmes c'étaient que les courtisanes grecques ! Mais quel art c'était que l'art grec ! Que devait être une créature élevée pour contribuer aux plaisirs complets d'un Platon ou d'un Phidias ? Toi, tu n'es pas une femme, et si je t'ai plus et surtout plus profondément aimée (tâche de comprendre ce mot profondément) que toute autre, c'est qu'il m'a semblé que tu étais moins femme qu'une autre. Toutes nos dissidences ne sont jamais venues que de ce côté féminin. Rêve là-dessus, tu verras si je me trompe. Je voudrais que nous gardassions nos deux corps et n'être qu'un même esprit. Je ne veux de toi, comme femme, que la chair. Que tout le reste donc soit à moi, ou mieux soit moi, de même pâte et la même pâte. Comprends-tu que ceci n'est pas de l'amour, mais quelque chose de plus haut, il me semble, puisque ce désir de l'âme est pour elle presque un besoin même de vivre, de se dilater, d'être plus grande. Tout sentiment est une extension. C'est pour cela que la liberté est la plus noble des passions. »

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Lettres d'amour: G. Flaubert – Louise Colet -2/3-

Publié le par Perceval

Louise Colet est devenue célèbre... Elle fréquente les salons les plus cultivés, et de nombreux écrivains s’intéressent à son œuvre. Elle est reçue aux Tuileries et l’Académie lui accorde en 1843 un nouveau prix de poésie pour Le Monument de Molière. Elle publie des romans, des biographies, des récits de voyage et des vers, n’oubliant jamais de se rappeler au bon souvenir des chroniqueurs littéraires, quitte à les harceler et à se venger s'ils n'obtempèrent pas.

En juin 1846, Louise rencontre dans l’atelier du sculpteur Pradier un grand gaillard moustachu, une force de la nature : Gustave Flaubert, alors âgé de vingt-quatre ans. Elle en a trente-cinq. Il écrit – quelques nouvelles et une première version de L’Éducation sentimentale –, mais n’a encore rien publié.

Entre deux escapades à Paris, il vit avec sa mère et sa nièce à Croisset, près de Rouen, où il sacrifie au « culte fanatique de l’art », unique consolation à « la triste plaisanterie de l’existence ». En juillet, ils deviennent amants. Ils sont très amoureux.

Ils s’écrivent quotidiennement des lettres, de plusieurs pages pour la plupart. Celles de Louise Colet restant introuvables, c’est aux lettres de Flaubert qu’il faut s’en remettre pour savoir ce qui s’est passé

Cette correspondance, ne se limite pas aux griefs et autres considérations sur l’amour. Plus qu’une maîtresse, Louise Colet est pour Flaubert une confidente, à laquelle il s’ouvre de ses affres de créateur.

Leurs amours seront les seules de l'existence de Flaubert, prisonnier qu’il est de son travail, de sa haute idée de la littérature et des contraintes qu’il s’impose.

Pour Flaubert, seule compte réellement l’oeuvre à venir :

« l’amour ne saurait être le mets principal de l’existence, mais son assaisonnement ».

« Je me suis creusé mon trou et j’y reste ayant soin qu’il y fasse toujours la même température. » et de pouvoir descendre « au fond de ces gouffres intérieurs qui ne tarissent jamais pour les forts ».

L'Amour … ? « un lit où l’on met son coeur pour se détendre. Or on ne reste pas couché toute la journée. Toi tu en fais un tambour pour régler le pas de l’existence. Non, non, mille fois non. »

Louise s'impatiente …

Flaubert : « Tu me demandes une explication franche, nette. Mais ne te l’ai-je pas donnée cent fois, et j’ose dire, dans chaque lettre depuis des mois entiers ? »

Il affirme: « Puisque tu m’aimes je t’aime toujours »... Il s’étonne de l’amour qu’on lui porte et éprouve « des ébahissements singuliers à voir ces trésors de passion... »

Il sait que Louise recherche le monde: « Tu aimes l’existence, toi [...] tu respectes les passions et tu aspires au bonheur »...

« Oui je me sens maintenant des appétits de bêtes fauves, des instincts d'amour carnassier et déchirant, je ne sais pas si c'est aimer. C'est peut-être le contraire. Peut-être est-ce le cœur en moi qui est impuissant. La déplorable manie de l'analyse m'épuise. Je doute de tout, et même de mon doute. Tu m'as cru jeune et je suis vieux. (…) Je ne suis pas fait pour jouir. Il ne faut pas prendre cette phrase au sens terre à terre mais en saisir l'intensité métaphysique. »

« J’ai en moi, au fond de moi, un embêtement radical, intime, âcre et incessant qui m’empêche de rien goûter et qui me remplit l’âme à la faire crever. » (...) « J’aime l’art et je n’y crois guère. On m’accuse d’égoïsme, et je ne crois pas plus à moi qu’à autre chose. J’aime la nature, et la campagne me semble souvent bête. J’aime les voyages, et je déteste me remuer. »
Il reproche à Louise son sentimentalisme en art : « Il n’y a rien de plus faible que de mettre en art ses sentiments personnels. »... (…) Les femmes, dit-il: « prennent leur cul pour leur cœur et croient que la lune est faite pour éclairer leur boudoir. ».

« Il aurait mieux valu pour toi ne pas m’aimer. Le bonheur est un usurier qui pour un quart d’heure de joie qu’il vous prête vous fait payer toute une cargaison d’infortunes. »

Flaubert ne déteste rien tant que « la poétisation » des choses, qui est par essence « anti-artistique, anti-plastique, anti-humaine, anti-poétique par conséquent. » : « Dans Aristophane, on chie sur la scène. Dans l’Ajax de Sophocle, le sang des animaux égorgés ruisselle autour d’Ajax qui pleure. »

Lui, il a la religion de l’art : « Tu n’admires pas assez, tu ne respectes pas assez. Tu as bien l’amour de l’art, mais tu n’en as pas la religion. »

Il trouve trop académique l'écriture de Louise et tente de la convaincre de « viriliser » sa prose, il lui conseille de relire La Fontaine ou Montesquieu et de remplacer l’esprit de société par l’esprit des maîtres. Ce qui fait le plus envie à Flaubert en tant qu’écrivain est « le comique arrivé à l’extrême, le comique qui ne fait pas rire » : « Le Malade imaginaire descend plus loin dans les mondes intérieurs que tous les Agamemnon. » Mais il admire par-dessus-tout Shakespeare : « Ce n’était pas un homme, mais un continent. Il avait des grands hommes en lui, des foules entières, des paysages. » et le Don Quichotte est pour lui le livre de ses origines, le livre « qu’il savait par coeur avant même de savoir lire. » Louis Lambert de Balzac « le foudroie ». Il s’identifie à « cet homme qui devient fou à force de penser à des choses intangibles ».

Lui-même a dix-neuf ans a eu l’idée de se châtrer : « Il arrive un moment où l’on a besoin de se faire souffrir, de haïr sa chair, de lui jeter de la boue au visage tant elle vous semble hideuse. Sans l’amour de la forme, j’eusse peut-être été un grand mystique. »

Ils se voient à Paris, tous les deux mois en moyenne, ou à Mantes. Elle en veut plus. Il tente de la contenir. L’énergie dépensée à faire l’amour, estime Flaubert, nuit à celle qu’exige l’écriture. Elle insiste.

Première rupture en août 1848.

A suivre …

 

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Lettres d'amour: G. Flaubert – Louise Colet -1/3-

Publié le par Perceval

Gustave Flaubert, est né à Rouen le 12 décembre 1821, il est décédé à Croisset (Seine-Maritime) le 8 mai 1880.

Flaubert ( il a vingt quatre ans )rencontre pour la première fois en juin 1846, la blonde poétesse de dix ans son ainée. ''On dit '', que c'est le 29 juillet 1846, après une promenade au Bois de Boulogne (en fiacre, bien entendu, comme plus tard Mme Bovary), que Louise Colet succombe, le lieu choisi pour la chute étant l’Hôtel du Bon La Fontaine, 64, rue des Saints-Pères, à Paris...

De 1846 à 1848, c'est la passion entre les deux amants, une première rupture est datée du 21 août 1848, puis Flaubert voyage en Orient, de 1849 à 1851. Ils reprennent leur relation de juillet 1851 (à Rouen) jusqu’au 5 mars 1855, date de la dernière lettre, ou, peut-être même dès novembre ou décembre 1854, date à laquelle l’irascible Muse n’hésite pas à venir jusqu’à Croisset relancer son amant indigné.

Louise Révoil (Colet), est née à Aix-en-Provence le 15 septembre 1810, elle se prétend (faussement) noble ; et en 1832, elle rencontre Hippolyte Colet, qui effectue de fréquents séjours à Nîmes, dans sa famille ; il se dit ( faussement) professeur de composition au Conservatoire de Paris... Contre l'avis de ses parents, pour fuir la province et partir à la conquête de Paris, Louise se marie avec Hippolyte en 1834. Louise Colet est belle, elle a de l'esprit et écrit de la poésie. En 1836, ce ''Rastignac'' en jupons publie un premier recueil de vers, Fleurs du Midi. Prise en amitié par Mme Récamier, dont elle fréquente le salon, elle sollicite une préface du vieillissant Chateaubriand. Il refuse, par lettres, et Louise les insère en ouverture de l’ouvrage. Et parvient à décrocher une subvention du roi Louis-Philippe, qui n’avait pourtant que faire de la poésie.

Louise Colet concourt avec succès pour un prix de poésie de l’Académie française. Elle devient d’ailleurs la maîtresse de l’un d’eux, le très docte et sérieux Victor Cousin, presque cinquantenaire, qui ne manque pas de la recommander avec insistance au Tout-Paris littéraire.

En 1840, la poétesse, qui tient un salon littéraire 2 rue Bréda est enceinte. Son mari Hyppolite Colet,refusait toute idée de paternité, et Victor Cousin refuse tout aussi catégoriquement une quelconque reconnaissance.

Le journaliste Alphonse Karr révèle dans un pamphlet la liaison adultère .

Chroniques policières

« Mademoiselle R…, après une union de plusieurs années avec M. C…, a vu enfin le ciel bénir son mariage, elle est prête de mettre au monde autre chose qu’un alexandrin.

Quand le vénérable ministre de l’Instruction publique a appris cette circonstance, il a noblement compris ses devoirs à l’égard de la littérature. Il a fait pour Mme C… ce qu’il fera sans doute pour toute autre femme de lettres à son tour. Il l’a entourée de soins et d’attention ; il ne permet pas qu’elle sorte autrement que dans sa voiture… Il est allé lui-même chercher à Nanterre une nourrice pour l’enfant de lettres qui va bientôt voir le jour et on espère qu’il ne refusera pas d’en être le parrain. »

Ce n’était pas diffamatoire, mais reconnaissons que Victor Cousin, chef de l’école spiritualiste éclectique, pour lors ministre, en prenait pour son grade. Mais les philosophes sont si facilement étourdis.

Un mot courut alors dans les milieux littéraires qui ne sont pas généralement tendres pour leurs confrères masculins ou féminins, réduisant la piqûre des guêpes à celle d’un cousin. » A. Karr

Alors, que le journaliste est présent chez elle, Louise Colet, prise d'un accès de rage, prend un couteau, et le plante dans le dos de l'infortuné auteur du "Voyage autour de ma Chambre". La blessure est sans gravité, mais Alphonse Karr, conserve l'arme du crime qu'il exposera sur un mur de sa chambre du 46 rue Vivienne, avec une étiquette portant l'inscription : "Donné par Louise Colet....dans le dos !"

A suivre ...

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