Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #xixe tag

Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-

Publié le par Perceval

Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-
Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-
Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-
Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-

Livourne en Toscane nous a donné deux artistes remarquables dont la vie a enjambé les 19e et 20e siècles: Vittorio Corcos ( 1859-1933) et Amedeo Modigliani (1884-1920).

Corcos a connu une longue et prospère carrière internationale, il est mort à l'âge de 74ans en 1933. Modigliani a du se battre pour vendre ses tableaux, il est mort peu connu à l'âge de 35 en 1920.

Mais alors que Modigliani est aujourd'hui l'un des plus célèbres artistes du 20e siècle, Corcos, en dehors de l'Italie au moins, est presque oublié. Une des raisons sans doute, est qu'il a peint des portraits ''classiques'' d'une société en décadence ; mais c'est occulté le fait qu'il a également produit des images véritablement ''troublantes''.

Aujourd'hui ; nous y revenons par le biais du plaisir de contempler les images de la ''Belle Epoque '''

Comme beaucoup d'autres garçons nés de familles italiennes patriotiques en 1859, Vittorio doit son nom à la victoire de Victor Emmanuel II et ses alliés français sur les occupants autrichiens du nord de l'Italie dans la Seconde Guerre italienne d'Indépendance. 

Vittorio, dès son plus jeune âge a été reconnu comme un artiste naturellement doué. Il est admis à 16ans directement en deuxième année de l'Accademia di Belle Arti de Florence. Deux ans plus tard, financé par une subvention de sa ville natale, il part à Naples, où il est pris sous l'aile du premier artiste de la ville, Domenico Morelli, qui ouvre aux jeunes peintres de nouvelles perspectives …

En 1880, l'achat d'une des toiles de Corcos par le roi Humbert 1er d'Italie lui fourni juste assez d'argent pour faire le voyage à Paris.

Dans ses portraits, Corcos démontre une maîtrise précoce dans le rendu des tissus et des tons chair, sa technique est de plus en plus affinée de sorte que certains de ses portraits plus tard prendront sur une précision quasi photographique.

En arrivant à Paris, Corcos se présente à Giuseppe De Nittis qui, avec Giovanni Boldini, est une des plus belle réussite parmi les artistes italiens qui ont émigré à Paris. De Nittis tient un salon, auquel le jeune artiste est invité, ce qui lui permet de rencontrer Degas, Manet, Caillebotte, Daudet, Edmond de Goncourt et d'autres grandes figures artistiques....

L'influence de De Nittis sur Corcos est à ce moment évidente. Deux de ces toiles: - "Heures tranquilles," - la lecture d'une mère sur un banc de parc; et une "Femme avec un chien" habillée à la mode, ont d'ailleurs porté - en remplacement de la sienne -  la signature de 'de Nittis' pour augmenter leur valeur, mais ont été ensuite restaurés avec leur véritable auteur.

Les ''femmes'' de Vittorio Corcos -1/2-
Magasin Goupil, place de l'Opéra, Paris

Magasin Goupil, place de l'Opéra, Paris

Grâce à De Nittis, Corcos a été présenté à la Maison Goupil, fondée en 1829 par Adolphe Goupil et le marchand d'art allemand Joseph Henry Rittner. Cette opération très commerciale est devenue Goupil, Vibert & Cie au cours des années 1840, a ouvert des succursales à Londres et à New York, et commercialisé des toiles, dessins et des estampes conçues pour plaire à la bourgeoisie et aux nouvelles classes aisées. De 1871 à 1885, ils ont un contrat d'exclusivité avec le peintre Giovanni Boldini.

Les compétences techniques de Corcos en reproduisant la mode féminine de luxe et, avec subtilité, le teint blanc laiteux et rougissant des jeunes femmes, font de lui un fournisseur idéal pour Goupil, qui fait de son commerce les portraits décoratifs de séduisantes jeunes femmes . Prenons comme exemple, ces titres, tels que : ''Une élégante", "fille en blanc", "Jeune femme marchant dans le Bois de Boulogne" ou "La Vierge moderne."

Corcos est habile à représenter la sensualité, sans dépasser les limites de la bienséance bourgeoise, et Goupil le décrit avec admiration comme un peintre qui sait être « chastement impur »...

Corcos signe un contrat avec Goupil, qui le soulage des préoccupations matérielles. Il revient en Italie en 1886 et ouvre un atelier à Florence. Corcos est de plus en plus demandé comme peintre de portraits de femmes italiennes aristocratiques et de la haute-bourgeoisie...

Pourtant, au cours de cette dernière décennie du 19e et première du 20e siècle, Corcos produit par intermittence quelques représentations ''insolites'' de femmes dangereusement indépendantes qui constituent aujourd'hui la partie de son œuvre la plus séduisante...

Ainsi, "Dreams" , a un succès ''scandaleux'' quand ce tableau est exposé à Florence en 1896. Il représente une jeune femme - robe ample, assise sur un banc à côté de «livres jaunes» - qui fixe le spectateur avec un regard de sphinx énigmatique.

Pomeriggio-in-terrazza - Après-midi en terrasse -

Pomeriggio-in-terrazza - Après-midi en terrasse -

Voir les commentaires

Marie et P.S. Kröyer -1/2-

Publié le par Perceval

Portrait double, chacun peignant l'autre ...
Portrait double, chacun peignant l'autre ...

Portrait double, chacun peignant l'autre ...

Marie est née en 1867 de parents allemands à Frederiksberg. Elle souhaitait une vie passionnée ; elle le fut – en particulier – du fait de sa passion pour l'art. Le XIXe siècle, malheureusement ne facilitait pas la passion artistique des femmes. Jusqu'en 1888, les femmes n'étaient pas admises à l'Académie d'Art royale danoise. Ses parents l'ont soutenue dans ses efforts, et autorisée à s'inscrire dans des instituts privés. C'est ainsi qu'elle est entrée en contact avec le peintre Peder Severin Krøyer lors d'une exposition au 'Charlottenborg Art Museum' où il exposait...

En 1870, Peder Severin Kroyer (1851-1909) a achevé ses études à l'académie danoise royale d'art, où il a étudié avec Frederik Vermehren. En 1873, on lui a attribué la médaille d'or et une bourse.

Entre 1877 et 1881, Krøyer voyage beaucoup en Europe, rencontrant des artistes, étudiant l'art, et développant son métier. Il séjourne à Paris et étudie sous la direction de Léon Bonnat. Il subit l'influence des impressionnistes contemporains :Claude Monet, Alfred Sisley, Edgar Degas, Pierre-Auguste Renoir et Édouard Manet.

PS Krøyer, de 16 ans son aîné, deviendra son premier grand amour. Marie a commencé à étudier la peinture avec PS Krøyer en 1887. Elle a également été son modèle pour plusieurs de ses tableaux, en particulier '' Duo'' . Mais, à l'époque, le peintre fait peu attention à elle, et Marie, également, est centrée sur sa propre peinture. Elle ne souhaite pas se marier, le mariage étant pour elle la fin de sa vie d'artiste.

En 1882, de retour au Danemark, Krøyer passe la période de juin-octobre à Skagen, puis dans un village de pêche au Danemark. Il y peint des scènes de la vie locale et des portraits de personnalités de l'art ayant vécu à Skagen ou de passage pendant cette période. Il est longtemps associé à Skagen et à la scène artistique et littéraire qui y prospère. Parmi cette communauté artistique figurent des auteurs comme Holger Drachmann, Georg Brandes, et Henrik Pontoppidan, et des peintres comme Michael Peter Ancher ou Anna Ancher. Ils les peint dans plusieurs de ses œuvres, dont le tableau Hip, Hip, Hurrah! (musée des beaux-arts de Göteborg).

"Hip Hip Hip Hourra" - Skagen 1888

A partir de la gauche, dans le sens des aiguilles d'une montre : Martha Johansen, Viggo Johansen , Christian Krohg, Peder Severin Krøyer, Degn Brøndum, Michael Ancher, Oscar Björck, Thorvald Niss, Helena Christensen, Anna Ancher et sa fille Helga Ancher : les artistes du Groupe de Skagen

PS Krøyer est voyage à Paris en 1888, alors que Marie s'y trouve pour continuer ses études. Ils se fréquentent, il tombe immédiatement fou amoureux d'elle.

La jeune femme étudie alors dans l'atelier parisien de Pierre Puvis de Chavannes. Épris l'un de l'autre, ils se marient le 23 juillet 1889 et s’installent à Skagen, où à partir de 1890, Kroyer peignit de nombreux portraits de Marie.

Marie rencontre également l'artiste danoise Anna Ancher, qui avait séjourné à Skagen et épouse le peintre danois Michael Ancher.

Les deux femmes deviennent amies pour la vie. Anna Ancher a soutenu Marie quand son mariage avec PS Krøyer a commencé à se détériorer.

PS Krøyer, avant de se marier était un ''homme à femmes'', pas intéressé par le mariage. Mais, de par ses nombreuses expériences, il a contracté la maladie sexuellement transmissible la plus redoutée de l'époque: la syphilis. PS Krøyer n'en a pas parlé à Marie, ni de l'histoire de sa famille ( sa mère ) avec la maladie mentale.

En 1899, PS Krøyer réalise l'une de ses toiles les plus connues : "Soir d'été à Skagen » : Marie, sa femme et son chien Rap sur la plage :

Encore, une de ses oeuvres les plus célèbre, où figurent Anna Ancher et Marie Kroyer lors d'une promenade sur la plage de Skagen : "Sommer aften pa Skagen" "Nuit d'été sur la Plage de Skagen" 1899 - L'école danoise moderne se définit clairement dans cette toile.
Encore, une de ses oeuvres les plus célèbre, où figurent Anna Ancher et Marie Kroyer lors d'une promenade sur la plage de Skagen : "Sommer aften pa Skagen" "Nuit d'été sur la Plage de Skagen" 1899 - L'école danoise moderne se définit clairement dans cette toile.

Encore, une de ses oeuvres les plus célèbre, où figurent Anna Ancher et Marie Kroyer lors d'une promenade sur la plage de Skagen : "Sommer aften pa Skagen" "Nuit d'été sur la Plage de Skagen" 1899 - L'école danoise moderne se définit clairement dans cette toile.

Voir les commentaires

Scènes de la vie de Bohème – H. Murger

Publié le par Perceval

Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger

Je viens d'achever la lecture de '' Scènes de la vie de Bohème '' d'Henry Murger (1822-1861) . J'ai beaucoup aimé.

Ce livre, qui parut en 1851, raconte une série d'histoires parisiennes au milieu du XIXème siècle. Précédemment, ces pages furent publiées en feuilleton dans une discrète feuille satyrique appelée « Le corsaire ». Puis, Henry Murger avec l’aide du dramaturge Théodore Barrière en fit une adaptation au théâtre sous le nom « La vie de bohème » qui connut un immense succès fin 1849 et fit d’Henry Murger un auteur reconnu à défaut d’être très célèbre.

Il est beaucoup question d'amour, dans ces pages. En 1880 Puccini adaptera lui-aussi la pièce tirée de ces feuilletons pour en faire son plus célèbre opéra « La bohème » ; les amours de Rodolphe et Mimi feront à partir de là le tour du monde.

« L’histoire relate les aventures de quatre amis tout « artistes » de cœur et d’âme :

– Le Musicien Schaunard tout occupé à composer sa grande œuvre musicale « l’influence du bleu dans l’art »
– Le philosophe Colline arpentant les rues parisiennes son grand manteau aux larges poches remplis de livres ou de papiers
– Le poète Rodolphe, héros central avec son amour avec Mimi, leur séparation et leurs retrouvailles douloureuses.
– Le peintre Marcel, celui qui refuse de vendre un tableau à un « amateur » ne connaissant rien de l’art (bien que l’on puisse se tromper à ce sujet comme le montrera l’un des épisodes les plus cocasses du livre)

Tout ce petit monde ayant en commun de mettre leur amitié et leur art (et l’amour) au-dessus de toute autre chose dans leur vie, partageant avec un égal mépris la moindre petite contingence les enlisant dans le réel alors qu’ils se vivent dans l’art et l’amour !!
Ce petit monde ayant aussi en commun de vivre sans le sou dans des mansardes où le maigre argent gagné se transforme bien plus souvent en peinture ou papier qu’en nourriture ou bois pour se chauffer, la vie de bohème est depuis restée dans le langage commun pour symboliser cette manière de vivre. » (Je recopie les mots de Bruno Piszorowicz sur culturopoing.com )

Une bonne partie de l'intrigue, se centre sur les amours tumultueux de Rodolphe et de Mimi. Passion amoureuse et lassitude de la demoiselle à vivre aussi pauvrement et précairement alors qu’un beau marquis lui fait une cour assidue. Elle s’en ira enfin vers lui mais pour au bout de quelques mois revenir s’enivrer l’espace de quelques jours avec son éternel amour puis de revenir en ces beaux quartiers, racontant son escapade au marquis de ces quelques lignes qui pour moi encore aujourd’hui sont sans doute les plus belles que j’ai jamais pu lire :

« Que voulez-vous ? fit Mimi, j’ai besoin de temps en temps d’aller respirer l’air de cette vie-là. Mon existence folle est comme une chanson ; chacun de mes amours est un couplet mais Rodolphe en est le refrain »

J'ai donc pris vraiment beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre. Pour l'amateur de la Comédie Humaine de Balzac- que je suis - , j'ai retrouvé le cadre de cette vie parisienne, où les artistes côtoient les bourgeois et les jolies dames, ou, comme ici rêvent de le faire, fascinés - même s'ils la critique ou la repousse - par la vie mondaine...

Ce livre est peut-être plus engageant qu'un tome de Balzac ; parce que l'auteur s'incarne dans le narrateur, qui partage lui-même cette vie de Bohème. L'écriture prend de la hauteur, et ne transige pas sur le style, et avec beaucoup humour. L'auteur ne manque pas de décrire ce monde de la Bohème avec dérision, humour et admiration … Cette Bohème, vit avec des valeurs, parfois paradoxales pour cette époque.

J'ai été agréablement surpris par les personnages féminins, qui humoristiquement frivoles, dégagent beaucoup de caractère et de passion...

 

Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger
Scènes de la vie de Bohème – H. Murger

Voir les commentaires

Le mariage selon le caricaturiste anglais J Gillray

Publié le par Perceval

Le grand caricaturiste anglais James Gillray (1756-1815) était un brillant dessinateur et un graveur habile, tourné essentiellement vers le dessin satyrique inspiré de sujets historiques ou contemporains comme la mode. Ses dessins sont légendés avec des titres et entrelacés de textes soigneusement formulées, ils reflètent sa familiarité non seulement avec l' actualité, les questions de société et les scandales, mais aussi avec l' histoire ancienne, la mythologie et la littérature contemporaine et classique. 

Le mariage selon le caricaturiste anglais J Gillray

Dans ces deux gravures, Gillray illustre l'harmonie dans le couple, puis le ''désaccord'' dans le mariage sous la forme d'un récital d'amateur, une forme populaire de divertissement que Gillray a plusieurs fois représenté.

Dans 'Harmony before Matrimony ', tout est en accord parfait: dans un tableau ovale, Cupidon s'occupe de colombes amoureuses;les chats jouent; les poissons rouges nagent l'un vers l'autre; même un papillon est attiré par son reflet dans le miroir. Le couple s'harmonise dans un chant d' amour en duo, et entre eux sur la table, une copie d'Ovide 'L'Art d'Aimer '

Le mariage selon le caricaturiste anglais J Gillray

Mais dans 'Matrimonial-Harmonics' il faut supporter l'inverse des situations... A présent, La dame a quitté son siège pour battre le piano, elle chante trop fort, et met chacun à la torture … Le mari est assis dans le coin d'un canapé, s'éloignant d'elle, sa main sur son oreille, la nourriture fourré dans sa bouche, avec pour lecture le ' Calendrier Sportif '.

Derrière le piano une servante accourt dans la pièce tenant un bébé braillard, et agite un hochet bruyant.

Sur ​​le piano et au sol sont d' autres chansons avec des titres comme , "Séparation: une Finale pour deux voix avec accompagnement "et" The Wedding Ring: A Dirge ". Le bébé pleure, tandis que le chat siffle et le chien aboie, et les tourtereaux se tournent le dos. Cupidon dort sur ​​la cheminée, et le feu dans la cheminée ne peut pas venir à bout du froid, indiqué par l'inscription du thermomètre. Ovide est remplacé sur la chaise par 'L'Art de tourmenter'...  . Etc ...

 

Voir les commentaires

La mode: La restauration

Publié le par Perceval

A la chute du Premier Empire en 1814 succède la Restauration, qui couvre les règnes de Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) mais connaît une interruption entre le 20 mars et le 22 juin 1815, les « Cent Jours » pendant lesquels Napoléon reprend temporairement le pouvoir. En 1830, après les émeutes de « Trois Glorieuses », naît la Monarchie de Juillet, qui se prolonge jusqu’en 1848.  

La période est marquée par le romantisme. Les femmes tiennent des salons littéraires et rêvent de voyages en Orient ou de bals costumés.  

 

Histoire de la mode : La Restauration. page de l'Illustration, 10.03.1849.
Créateur : Henri Valentin

Ces gravures de 1849 montrent des exemples de mode feminine et de mode masculine sous la Restauration (1815-1830). A cette époque, les robes à taille haute qui caractérisent le style Empire ont disparu, et les robes des femmes sont devenues plus complexes et volumineuses. L'article qui va avec ces estampes déplore l'influence de la mode anglaise et l'utilisation de mots anglais (pour de nombreux termes techniques) dans le domaine de la mode.

Histoire-de-la-mode-DEPUIS-Un-siecle--Restauration.jpg

Pour les femmes, c’est le retour en force du corset conique, la ligne de taille, qui était sous la poitrine dans la mode empire, redescend à sa place normale en quelques années. Les jupes s’élargissent et deviennent plus raides, les femmes n’hésitent pas d’ailleurs à les lester. On voit apparaître le décolleté « bateau » qui laisse voir les épaules. Les chapeaux s’agrandissent.  

Les hommes restent dans des tons sobres et neutres, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils négligent leur toilette, le romantisme vaut aussi pour ces messieurs. Il est donc de bon ton d’être toujours bien habillé, sans faux-plis aucun (le fameux dandy).  

Par le biais de la mode, nous pouvons parler de la vie conjugale, et sexuelle des bourgeois(es) de cette époque. Vie  très codifiée et très répressive.  Le mariage est une transaction d'affaires ; à l'opposé le romantisme idéalise la Femme...

Le culte de la pudeur et de la pureté rendent les filles bourgeoises inaccessibles, et favorisent ainsi le développement de la prostitution.

Les épouses, destinées à la maternité, ne donnent pas de plaisir – et n’en éprouvent pas non plus –, le coït conjugal est associé à la notion de devoir.

Ainsi, si le modèle reste conjugal, on rêve d'y adjoindre l’érotisme. Cela explique que les ''filles entretenues'' sont de plus en plus nombreuses. La '' courtisane '' est une des grandes figures du XIXe siècle...

 

Il est amusant dans ce contexte de relever ces deux gravures licencieuces de cette époque qui évoquent un ''jeu à deux'', assez plaisant...

*****

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.
'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

'Les Heures de la Parisienne'' : ces lithographies furent initialement publiées en 1840.

Voir les commentaires

Le Moulin Merveilleux

Publié le par Perceval

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1837

'' Le moulin merveilleux '' propose une solution au difficile équilibre de la vie entre gens de sexes opposés ; il est une illustration métaphorique où les femmes passées au moulin rajeunissent et sont débarrassées de tous leurs vices :

 

« Le Meunier :

Approchez-vous, jeunes et vieux,

Dont les femmes laides, jolies,

Au caractère vicieux,

Ont besoin d’être repolies. 

 

Femme qui, du soir au matin,

Se bat, boit, et prise et caquette,

Amenez-la dans mon moulin,

Et je vous la rendrai parfaite .•• » 

 

 

Un moulin itinérant se déplace de village en village. Le meunier dresse sa machine sur la place, et avec son aide, hèle la population masculine. Chaque habitant est invité à conduire au moulin sa vieille femme tordue et acariâtre : pour quelques écus elle sera passée au moulin et le meunier vous la rendra parfaite et rajeunie. Ce thème est aussi développé en Hollande. Bientôt la plupart des pays d’Europe ont leur iconographie. La France n'y échappe pas avec au moins une image d’Épinal : '' le Moulin Merveilleux'' .

 

Le meunier, a succédé au forgeron dans sa dimension mythologique... Après le Moyen-âge, le fer n'est plus rare, alors le successeur de Vulcain se met à forger les outils de l'agriculture... Son aura se dissipe...

Le meunier travaille dans la paix, et pour la vie... Une culture de paix se substitue à une culture de guerre...

Quant au contexte sexiste de cette histoire, je vous laisse juger... Aujourd'hui, nous pouvons nous en amuser ...

*****

Une autre image d'Epinal, qui nous renvoie au dix-septième siècle...

Monsieur et Madame Denis, s'aiment toujours, et se souviennent ...

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Estampe de la fabrique de Pellerin, imprimeur-libraire, à Epinal. - 1852

Mais, cela ne se passe pas toujours aussi bien ....

Ici, c'est la querelle est appelée: '' Dispute pour la culotte '' ...

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

La grande querelle du ménage Pacher, Jules. Dessinateur de l'oeuvre reproduite Editeur Pellerin 1871

Voir les commentaires

'Beauté Révélée' – auto-portrait de Sarah Goodridge

Publié le par Perceval

Sarah Goodridge (1788-1853) a fait carrière à Boston où elle a gagné sa vie à peindre des portraits miniatures... Les portraits miniatures étaient alors en vogue et donnés en marque d'affection ou d'amour... 

Souvent même, il ne s'agissait que des yeux, ou de la bouche ; ainsi ces portraits ne révélaient pas l'identité des personnes ...

Son succès de peintre lui a permis d'être en mesure de s'acheter une maison sur Beacon Hill et de soutenir sa mère invalide et sa nièce orpheline.

Daniel Webster (1782-1852) était un avocat et homme politique, venu poser pour son portrait... Une amitié et un peu plus, a grandi entre Daniel et Sarah. Mais Daniel est marié et père de trois enfants...

Webster a envoyé à Sarah plus de quarante lettres entre 1827 et 1851, et ses 'salutations' sont devenus de plus en plus familières... Comme cela est souvent le cas, elle conserva ses lettres, tandis que lui, plus soucieux de sa réputation, les détruisit...

Elle, de son côté, l'a peint plus d'une douzaine de fois et peint ses enfants et petits-enfants. Elle lui a prêté de l'argent qu'il n'a jamais remboursé. Elle lui a rendu visite seule à Washington, au moins deux fois, une fois en 1828 après la mort de sa première femme - ce fut aussi l'année où elle a peint Beauté Revealed - et de nouveau en 1841-1842, lorsque Webster a été séparé de sa seconde épouse.

Sarah Goodridge a achevé ''Beauté Révélée ''en 1828...

Elle a envoyé cet auto-portrait à Webster quand il est devenu veuf, et, par son format miniature, il était destiné à ses seuls yeux...

'Beauty Revealed' est le nom d'un oeuvre très originale, et qui est un ''auto-portrait'' de Sarah Goodridge (1788-1853). Il s'agit d'une miniature (6,7 par 8 cm) peinte avec de l'aquarelle sur un morceau d'ivoire.

 

La peintre représente ses seins dénudés : des mamelons roses, et un point de beauté . Ils sont représentés avec une gradation de couleur, ce qui donne un effet à trois dimensions. Quand elle a peint cette miniature Sarah Goodridge était âgée alors de quarante ans, ses seins semblent plus jeunes, avec "équilibre, pâleur, et fermeté" rendu par l'harmonie de la lumière, la couleur, et l' équilibre. Les seins sont encadrées par un tourbillon de tissu pâle, qui , reflète la lumière.

 

 

Daniel Webster, n'a pas répondu à cette extraordinaire proposition de don de soi... Alors sénateur américain et perpétuellement en difficultés d'argent, il avait besoin de faire un mariage plus avantageux. En 1829 , il épousa Caroline LeRoy, une riche héritière de New York. Pourtant , même ce mariage n'a pas suffi à détruire son amitié avec Sarah, et ​​elle a continué à exécuter ses commandes, elle a revu Daniel à Washington. Sarah ne s'est jamais mariée. Lorsque sa vue défaillante l'a forcée à abandonner sa peinture, elle s'est retirée dans une ferme du Massachusetts, où elle est morte en 1853 après un AVC.

Quand Daniel Webster est mort après une chute en 1852, la miniature des seins de Sarah- connus maintenant sous le nom de ''Beauty Revealed''- a été découverte parmi ses effets personnels.

Voir les commentaires

L'Amour et le XIXe siècle -3/3-

Publié le par Perceval

Les illustrations - des 'curiosa' relégués à l'Enfer - d'Achille Devéria (1800-1857),

Les illustrations - des 'curiosa' relégués à l'Enfer - d'Achille Devéria (1800-1857),

Chez les hommes, on affirme sa sexualité. Et, il est intarissable! Dans les romans, les obscénités sont codées, et la littérature chansonnière est obsédée par l'organe viril. L'imaginaire masculin se nourrit des stéréotypes de l'amour vénal de l'Antiquité. Le vieux fond libertin travaille les hommes du XIXe: ils ont lu Sade. Une fois mariés, ils ont la nostalgie de leurs aventures avec les cousettes. Les maisons closes de quartier sont là pour soulager les maris frustrés, qui rentrent ensuite sagement à la maison. C'est la sexualité utilitaire.

Vers 1860, L'époque est à l'enrichissement, à l'urbanisation. Les bourgeois souffrent de cette morale qui les enferme. Le code romantique commence à se dégrader. On n'y croit plus. Il suffit de lire la correspondance de Flaubert. Finis l'angélisme et les femmes diaphanes! Le sentiment amoureux se dévalorise. 

Madame Bovary, c'est une dérision de l'adultère, une remise en question de l'imaginaire romantique. La femme n'est plus un ange. Elle fait peur. Après la Commune, on craint que l'animalité du peuple ne prenne le dessus. C'est le vice que décrit Zola dans Nana. Pensez aux Rougon-Macquart, mais aussi à l'oeuvre des frères Goncourt, ouvrages dans lesquels la femme est un être désaxé dont le portrait traduit l'anxiété biologique. On a peur aussi des grands fléaux vénériens. L'amour comporte des risques. Il devient tragique.

Le divorce, adopté en 1792 par les révolutionnaires puis supprimé en 1816, est rétabli en 1884. Les femmes le réclament par milliers. Mais l'adultère est le grand thème du moment.

L'adultère du mari ne peut guère être poursuivi; celui de l'épouse est toujours un délit, punissable en théorie jusqu'à deux ans de prison. Mais est-il aussi répandu? Sa mise en scène dans les romans et le théâtre n'est-elle pas encore une forme d'exorcisme? En même temps, les femmes ont une mobilité plus grande. La concentration urbaine, l'éclairage au gaz modifient les comportements; la vie nocturne s'intensifie, dans les bals, les spectacles, l'opérette. Se développe alors une pratique inédite entre jeunes gens: le flirt, qui emprunte à l'ancien code romantique et concilie la virginité, la pudeur et le désir...

A la fin du XIXe siècle se dessine un nouveau type de couple, plus uni: une femme plus avertie, un homme plus soucieux de sa partenaire. La contraception se développe (avec le coït interrompu, notamment). L'égoïsme masculin perd de sa superbe. Une sexualité plus sensuelle se dessine à la place de l'ancienne sexualité génitale et rapide vouée à la procréation. Entre époux, on s'appelle «chéri(e)». Certains romans pour jeunes femmes n'hésitent plus à esquisser un érotisme voilé.

Le roman de mœurs met en scène des bourgeois et des nobles débauchés, tandis que leurs femmes, livrées à elles-mêmes, seules et mal aimées succombent à leur tour à la tentation. Il n’est alors question que de femmes adultères, de jeunes filles à l’honneur perdu ou de mères coupables.

Hommes et femmes s’affrontent dans un univers où la femme est la proie et l’homme le chasseur. Le schéma en reste à la femme chrétienne, modèle de courage et de soumission, délaissée ou trahie par un homme soumis aux appétits de la chair et jouet de femmes perverses aux mœurs douteuses.

 

 Le roman populaire à sensation fait la part belle aux femmes qui font « naître le mystère, l’épaississent puis contribuent à le dévoiler". Elles sont souvent courageuses et ont du caractère . Elles ne sont pas dénuées d’une certaine perversité parfois pour parvenir à leurs fins.

Le XIXème est somme toute une période fascinante parce qu'il conduit le passage entre l’ancien monde et la modernité. Joséphine de Beauharnais et Germaine de Staël sont des femmes de l’Ancien Régime jetées dans la Révolution puis le monde neuf qui en est né. Charlotte Brontë est représentative du milieu du siècle, héritier du romantisme. Ce romantisme est alors vécu intellectuellement par les femmes, à travers la littérature et la représentation qu’elles ont d’elles-mêmes; la créature vierge et précieuse que l’homme doit conquérir tel un preux chevalier.

Dans leur vie réelle, après la trop brève parenthèse de liberté que furent les Lumières et le début de la Révolution, les femmes voient la chape de plomb du puritanisme religieux et social leur retomber sur les épaules dès le milieu du siècle...

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin ; 

Voir les commentaires

L'Amour et le XIXe siècle -2/3-

Publié le par Perceval

1860 - Soirée dans les salons de Paris
1860 - Soirée dans les salons de Paris

1860 - Soirée dans les salons de Paris

La multiplication des préceptes médicaux viennent normer le discours sur la sexualité conjugale.

Le cours d’"hygiène sexuelle" du docteur Montalban prévient que le sperme doit être économisé comme un précieux liquide de vie, "la perte de 30 grammes de cette substance équivalant à celle de 1.200 grammes de sang". A trop vouloir foutre, l’homme se dévitalise, tandis que la femme, elle, risque de "s’énerver" ou d’être "prise d’hémorragie effrayante". Les médecins hygiénistes du XIXe siècle la diagnostiquent volontiers comme une insatiable jouisseuse en puissance.

A l’époux donc de ne pas susciter ce désir féminin trop voluptueux. Les médecins recommandent deux ou trois coïts par semaine au jeune époux. Un toutes les trois semaines suffira au quinquagénaire. Ceinture aux messieurs trop âgés. Quelques minutes de coït rapide et vigoureux doivent suffire à procréer, en position 'recommandée' du missionnaire. Pour le docteur Montalban, c’est également la position qui procurera le plus de jouissance, "les points de contact multipliés procurant les sensations les plus agréables" et si la femme s’excite trop, il sera bon de la coucher sur le côté. Tout semble se liguer contre l’orgasme féminin. Les "postures illégitimes" sont bien sûr à proscrire. Tout comme l’onanisme - le péché ultime étant "l’onanisme conjugal" (ou la masturbation réciproque) qui peut conduire à la damnation des fidèles, dans un siècle empreint de morale chrétienne.

On ne doit batifoler que dans la chambre à coucher. Les miroirs doivent en être bannis, et on doit procréer dans l’obscurité. Le plus souvent, les partenaires gardent la chemise.

Si les paysannes batifolent parfois en plein jour dans la paille, à la maison, "Madame" se doit de souffler la bougie ou la lampe à pétrole avant de rejoindre Monsieur au lit. L’apparition de l’électricité et sa popularisation à la fin du XIXe siècle ne seront pas étrangères à une certaine érotisation des habitudes nocturnes entre époux.

Si le couple conjugal, socle du corps social bourgeois que promeut le siècle, semble réglementé par la pudeur, le plaisir lui, doit s’en exclure. Et se trouver ailleurs. Au bordel, sur les boulevards, ou chez la voisine.

Les médecins dénoncent les conduites déviantes, la femme hystérique, l'homosexualité, la sexualité juvénile, toutes ces aberrations de l' «instinct génésique». La masturbation suscite leur effroi. Elle conduit, disent-ils, à un lent dépérissement. Le plaisir solitaire de la femme, c'est du vice à l'état pur. Jusqu'alors, on pensait que le plaisir féminin était lié aux nécessités de la reproduction. Soudain, en découvrant les mécanismes de l'ovulation, on réalise que ce n'est pas le cas. Il semble donc superflu, inutile, comme le clitoris.

Ce XIXe siècle, ne peut inciter qu'à la transgression...

Cette ''inquiétante étrangeté'' qu'est le sexe, devient manifeste... Le tabou prend la lumière des alcôves...

« Cette transgression des interdits, cette mise en relief des valeurs que l'on ne veut pas voir, est tout le suc du fantastique. C'est aussi la raison pour laquelle le fantastique est souvent une réflexion approfondie - car à vivre dans la chair - sur le Mal. Souffrance, folie, échec, transgression : ceci est un beau contre-courant à l'optimisme des Lumières, et c'est la raison pour laquelle le fantastique était tellement présent dans le XIXe littéraire français. »

Nombreux sont les écrivains qui aiment cultiver les expressions de la peur et de l’inconnu pour répliquer aux « certitudes » rationnelles et scientifiques de leur époque et renouer avec l’irrésistible plaisir associé à la transgression des lois de la Raison. Le goût de l’étrange et du surnaturel, inséparable de l’évocation d’un « ailleurs »

C’est aussi au XIXe siècle qu’apparaissent la psychiatrie et la psychanalyse, deux disciplines ayant pour objet l’étude et le traitement de la maladie mentale. Avant la naissance de leur clinique, on aimait se représenter l’homme comme un être cohérent, rationnel et maître de sa personne ; après elle, on sait celui-ci divisé, fuyant et habité par des forces inconnues. Le fantastique, véritable miroir de son époque, traduira bien les angoisses associées à cette nouvelle image de l’être humain. Il soulèvera, entre autres, la question qui nous concerne tous : « La normalité existe-t-elle réellement ? »

Sources :En particulier : - Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; - Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin ;

Voir les commentaires

L'Amour et le XIXe siècle -1/3-

Publié le par Perceval

Après la révolution, le XIXe s. s'ouvre avec un souffle romantique : « Hâtons-nous, jouissons!» déclame Lamartine ; et se termine sous la loi des médecins 'hygiénistes' et des prêtres 'confesseurs'.. !

Après le libertinage, le XIXe marque le retour du sentiment amoureux. Toute la littérature du siècle - l’âge d’or du roman - en témoigne: Lamartine, Hugo, Musset, Stendhal, les sœurs Brontë…, les grands romans dépeignent des amours romantiques et contrariées. "C’est la cristallisation" comme dit Stendhal, décrivant Julien Sorel succombant à Madame de Rênal dans Le Rouge et le Noir, ou Balzac inventant comment tomber amoureux d’une femme de dos avec Le lys dans la vallée.

Le romantisme domine l’imaginaire amoureux du premier XIXe siècle. Et préfère la sublimation à la consommation sexuelle… Souffrir par amour devient une étape nécessaire de l’éducation sentimentale des amoureux. Il semble même que le ce siècle romanesque commence à faire vaciller les grandes stratégies matrimoniales. C’est-à-dire à faire peu à peu entrer l’amour dans le mariage.

Le XIXe s. répond à l’égalité des sexes défendue par les lumières par la misogynie, ou la transgression...

Pour le 'bourgeois', après 1848, la femme est faite pour la procréation, et l’élevage des enfants.

La femme est le fondement de la famille et le point d’attache qui permet aux hommes de se positionner dans la société.

 

Mais, le XIXe s. est un siècle hypocrite qui réprime le sexe mais en est obsédé. Traque la nudité mais regarde par les trous de serrure. Corsète le couple conjugal mais promeut les maisons de plaisir. A ce moment là, la transgression bouscule le jeu amoureux...

On ne vit pas, et on ne dit pas, la sexualité de la même manière selon que l'on est homme ou femme.

- Côté féminin, l'imaginaire est centré sur la pudeur: une jeune fille de bonne famille ne se regarde pas dans le miroir, ni même dans l'eau de sa baignoire; on prescrit des poudres qui troublent l'eau pour éviter les reflets (en revanche, les miroirs tapissent les murs des bordels). Les femmes connaissent mal leur propre corps, on leur interdit même d'entrer dans les musées d'anatomie. Le corps est caché, corseté, protégé par des noeuds, agrafes, boutons (d'où un érotisme diffus, qui se fixe sur la taille, la poitrine, le cuir des bottines).

- Côté masculin, ce sont des rituels vénaux et une double morale permanente: le même jeune homme qui identifie la jeune fille à la pureté et fait sa cour selon le rituel classique connaît des expériences sexuelles multiples avec des prostituées, des cousettes (les ouvrières à l'aiguille dans les grandes villes) ou une grisette, jeune fille facile et fraîche qu'on abandonnera pour épouser l'héritière de bonne famille. 

 

Comme le raconte Balzac dans Une double famille, il n'est pas rare de conserver, après le mariage, une «fille» entretenue.

La nudité complète entre époux sera proscrite jusque vers 1900 (la nudité, c'est pour le bordel !). 

On fait l'amour dans l'ombre, rapidement, dans la position du missionnaire, comme le recommandent les médecins, sans trop se soucier du plaisir de sa partenaire. 

Les femmes avouent-elles leur plaisir, surmontent-elles le mépris ou le dégoût que peut leur inspirer leur partenaire? Elles n'en parlent jamais dans leurs journaux intimes ou leurs correspondances avant les années 1860.

 

Dans les campagnes, on vit ses amours avec un peu plus de liberté.
La campagne, c'est un autre monde. Comme Jacques Solé l'a montré pour le XVIIIe siècle, on pratique une sexualité d'attente, on se déniaise dans les foins, on ferme parfois les yeux quand un cadet viole les petites bergères.

On se touche, on «fait l'amour», c'est-à-dire on se courtise. La fille abandonne au garçon le «haut du sac» ou elle se laisse «bouchonner». Dans certaines régions, on pratique le «mignotage» ou, en Vendée, le «maraîchinage», forme de masturbation réciproque. Dans les bals, les filles se laissent caresser sans que cela porte à conséquence. Curieusement, le baiser profond reste un tabou. De leur côté, les bourgeois rêvent de ces amours simples et libres. Mais ils en ont peur.

 

Sources :En particulier : Juliette Goudot ( journaliste 'Le moustique') ; Dominique Simonnet, écrivain et journaliste, avec Alain Corbin..

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 > >>